10.17 JAG San Diego

10.17 – « Jag: San Diego »

Scenario: Larry Moskowitz et Don McGill

Réalisation: Vern Gillum

Diffusé aux Etats-Unis le 11/03/2005  et en France le 1er janvier 2006


 

15h50 GMT, El Astillero, Nicaragua

Un aéroglisseur arrive sur une plage : une foule l’attend  comme un sauveur et tous se précipitent
vers la berge. Deux camions sont débarqués qui viennent se stationner sur la plage et sont
aussitôt assaillis par cette foule bigarrée et manifestement affamée, la bousculade est
indescriptible ; un Marine monte à l’arrière et s’efforce de calmer les gens, leur parlant en
espagnol, « Attendez, attendez, »  pour procéder à la distribution de vivres ; mais rien n’y fait ;
la pression est  telle que d’autres Marines sont obligés d’intervenir ; une fillette, dans les
premiers rangs, tente désespérément de se faire une place au milieu des adultes ; sur
l’aéroglisseur, le chef de l’expédition ne souhaite pas intervenir, il s’étonne qu’un délégué
nicaraguayen ne soit pas là, mais ce sont des Marines, ils s’en sortiront !
Au moment où la bousculade est à son comble, le Marine saute du camion à terre en voyant que la
petite fille va être écrasée ; appuyé par les autres, leur fusil  barrant le passage, ils tentent de
faire reculer la foule et soudain, une femme hurle : un homme, probablement son mari, gît au sol,
le front ensanglanté.

14h05 GMT, Quartier général du JAG, Falls Church, Virginie

Le Quartier-maître Coates entre dans le bureau du Général Cresswell en lui disant qu’elle a battu
le rappel des troupes.
Le général est devant la fenêtre et regarde tomber une neige drue au point qu’elle commence à
s’amonceler sur les encadrements :
– Mon Dieu, que je hais la neige, soupire-t-il

Il entre dans la salle de réunion où sont rassemblés, le  Capitane Rabb, le Colonel Mackenzie, les
Capitaines Turner et Roberts ainsi que le Lieutenant Mayfield ; il invite Coates à s’asseoir.
s’étonne de l’absence de Vukovic – pris dans les embouteillages, annonce, Bud – et prend la
parole : Il a de bonnes et de mauvaises nouvelles !
Il sait qu’ils sont impatients d’assister à la conférence annuelle du JAG, ses discours sans fin sur
les subtilités du Code de Justice militaire, ses nombreux articles et ses sous-sections !- Bud
trouve que parfois ces discours sont très instructifs et se fait traiter de fayot par Mac !-
– Vous avez dit de bonnes nouvelles, Monsieur ? demande Harm
– Je veux changer de lieu
– L’Islande sera une nette amélioration, souligne Sturgis ce qui fait rire tout le monde
– Que diriez-vous de San Diego ?
– J’imagine qu’il vous faudra une personne sur place, avance Jen Coates
– J’y ai envoyé le Lieutenant Graves- elle a assisté le Capitaine Rabb à China Lake –
merci de me l’avoir recommandée, elle s’est montrée très efficace, quoique un peu
fatigante pour les oreilles !-
– Oui, elle parle beaucoup !
– Quels sont les sujets cette année ?demande Sturgis

Il demande au Lieutenant Mayfield de les énumérer, la liste est longue, le thème général étant
les façons dont le JAG est impliqué dans les opérations de combat.
– ça fait beaucoup de plats au menu, commente Harm
– Le nombre de couverts est malheureusement limité à ce repas, dit le Général,
Mackenzie, Vukovic et Mayfield feront le voyage avec moi ; Roberts et Turner vous
avez des procès ici, Capitaine Rabb, vous prendrez l’intérim du Jag en mon absence
Ceux qui partent sont tout sourire et Harm lève les sourcils d’étonnement et de cette marque de
confiance..

On retrouve Mac et le Lieutenant Vukovic dans le bureau de leur supérieur : il présente ses
excuses, il est resté coincé derrière un chasse-neige ; mais Mac l’a briefé sur San Diego.
– Merci  de m’inviter, Monsieur, ça semble amusant !
Mac lui jette un regard en coin, le Général le regarde par-dessus ses lunettes
–    Ce n’est pas des vacances, Lieutenant ! Une unité de Marines a eu des ennuis alors
qu’elle apportait de l’aide à la suite d’une tempête tropicale au Nicaragua ; le Caporal
Karel Duran, avait pour mission de contrôler la foule ;  il est censé avoir frappé un  des
civils, l’homme est mort. Duran est accusé d’homicide involontaire par négligence coupable.
Les Marines et l’aéroglisseur sont basés à Pendleton, nous règlerons cette affaire, les
autorités locales étant débordées ! Mackenzie vous serez partie civile, Lieutenant vous
assurerez la défense
–   Et pour ce qui est de la conférence, demande Mac
–   Faites preuve de polyvalence !
–   Je gagne sur tous les tableaux, Monsieur, ajoute Vukovic, en jetant un bref regard à
Mac ; je pars à San Diego et j’affronte pour la première fois le Colonel !
Un léger sourire se dessine sur les visages de Mac et du Général à cette remarque !

15h30 GMT, Base aéronavale de North Island, San Diego, Californie

L’avion atterrit sous un soleil éclatant; le général est accueilli par un gradé,  et son équipe par une
jeune femme qui arrive au volant d’une décapotable rouge; elle salue Mac, se présente :
Lieutenant Graves
– Une belle journée pour conduire ! dit-elle
– C’est une voiture de service, demande Mac
– A vrai dire de « mon » service ! Vu les circonstances, je l’ai louée à mes frais !
– J’apprécie la touche personnelle, la complimente Vukovic, qui après avoir mis les
bagages dans la malle ajoute : Lieutenant, vous permettez que je conduise ?
– Oh, mais bien sûr ! sourit-elle, je vous ai réservé des quartiers qui donnent en plein
sur la plage !

17h10 GMT, Quartier général de région du JAG, San Diego, Californie

Le Lieutenant Graves accompagne le général jusqu’à son bureau ; elle le saoule d’informations sur
l’organisation de son séjour, de la conférence et fait parfois les questions et les réponses ; on la
sent désireuse de bien faire, elle ajoute qu’elle a rempli son frigo ; il s’arrête, lève un sourcil ; oui,
on lui a dit qu’il était végétarien, alors il est plein de tofu, de graines de millet, de.. ; il arrive à lui
demander qui est « on » ? Le Quartier-maître  Coates ! Elle n’a rien oublié ? Non, elle s’en sort
très bien.
L’attendent les Lieutenants Mayfield et Vukovic :
– Le Lieutenant Mayfield vous assistera dans l’affaire Duran ; cela pose un problème à
l’un de vous ?
– Absolument pas, Monsieur, répondent-il en choeur
– D’après la rumeur, vous avez eu des relations, leur dit-il, en les regardant droit dans
les yeux… quoiqu’il en soit, je m’en fiche ! J’ai besoin de bons avocats dans mon équipe
et j’ai également besoin de coopération ; dites-vous que c’est un test auquel ni l’un ni
l’autre ne doit échouer !

Jen Coates vient frapper à la porte du bureau du JAG : elle a reçu un appel de l’hôpital pour
Harm ! Elle ajoute que Mattie a eu un accident ; Harm, stupéfait,  est cloué sur place.

Les deux Lieutenants interrogent le Caporal Duran : il raconte ce qu’il a vécu et vu. Il les a vus qui
attendaient l’aéroglisseur, la plage était noire de monde :
– Les nouvelles vont vite, souligne Vukovic, quand on a rien à manger pendant trois
jours !
Ils ont fait descendre les camions,  ont commencé à distribuer la nourriture, c’était dingue ! Il se
souvient c’était pareil dans son quartier, quand le marchand de glace arrivaient, il était pris
d’assaut par les gamins ! 9a a tourné à l’émeute, tout le monde  jouait des coudes, se bousculait ;
il a même vu une femme tenant un bébé dans les bras recevoir des coups…
– ça ne justifie pas de frapper un civil, remarque le Lieutenant Mayfield
– Ce n’est pas ce qui s’est passé, Madame. Y a un grand costaud qui a piétiné une
fillette, il se battait pour un sac de riz, et il voulait rien savoir, j’ai essayé de
l’arrêter… mais il voulait rien savoir, alors, je l’ai frappé !
– Vous vouliez sauver la fillette ?
– Oui, Monsieur ! Il faut me croire !
– La partie civile vous accusera d’avoir fait preuve de force excessive
– C’est peut-être vrai, Madame, j’étais troublé, mais je ne voulais faire de mal à
personne… On veut les aider !
– Vous avez fait ce que vous croyez juste, dit Vukovic, c’est ce que nous allons
démontrer au jury

18h30 GMT, Hôpital St Vincent, Blacksburg,  Virginie

Harm se rend au chevet de Mattie Johnson, elle est dans une chambre sous assistance
respiratoire. Tom est là aussi, au pied du lit, il la regarde, sans la voir, les yeux perdus et
explique d’une voix monocorde qu’elle prenait un cours de pilotage que l’instructeur a abrégé en
raison de la tempête, ils se préparaient à atterrir juste quand un autre appareil traversait la
piste ; Harm remarque qu’avec ces conditions météo, ils n’ont pas dû se voir. A la dernière minute,
mais il était trop tard ! L’instructeur est décédé. Tom pleure, des larmes perlent aux yeux de
Harm à ce récit ; que lui ont dit les médecins ? Qu’elle souffre de lésions multiples à la colonne
vertébrale ; ils lui ont fait passé un scanner pour lui examiner le cerveau mais ils ne peuvent rien
dire avant q’un spécialiste n’arrive.. Quand ? D’ici deux jours peut-être ! Harm, éprouvé, dut d’une
petite voix, pour le réconforter dit qu’il est persuadé qu’ils lui donnent les meilleurs soins
possibles ! Il lui a appris à être forte, elle va probablement s’en sortir :
– Ils savent des choses, Capitaine, et ils ne me le disent pas, je sais qu’ils savent des
choses !

5h30 GMT Quartier Gaslamp San Diego, Californie

Musique, ambiance festive : sur la piste de danse, au rythme d’une musique très cadencée, le
Lieutenant Vukovic danse de façon très suggestive une lambada, collé serré, avec une jeune
femme, puis deux,  sous les yeux du Général et du Lieutenant Graves et, à un autre endroit, de
Mac, qui le regarde avec plaisir: en le voyant, le Général Cresswell s’exclame
– ça ne se fait pas ! Je vais prendre l’air ! Un scotch soda demande-t-il
– Oui, avec plaisir, répond le Lieutenant Graves, ailleurs… elle est médusée par le
spectacle qu’offre le Lieutenant
A l’écart, Mac regarde et hoche la tête, amusée. Elle s’éloigne, mais alors le Lieutenant aussitôt
quitte la piste, comme s’il voulait auparavant, en fait, attirer son attention et la voyant
disparaître, la rejoint et lui parle de très près :
– Vous aimez la soirée, Colonel ?
-A vrai dire, je n’aime pas beaucoup les soirées, répond-elle le visage à quelques
centimètres du sien
-Moi non plus, dit-il d’une voix sourde
-On ne vous attend pas sur la piste, Travolta ?
Ils sont les yeux dans les yeux et le jeune homme tente de pousser son avantage :
– Seulement si vous venez avec moi !
– Pas ce soir !
– Je connais un endroit que… que vous pourriez apprécier !
Il l’entraîne sur une hauteur, près d’un phare qui domine la ville et la baie
– Ah, c’est fantastique, s’exclame Mac, comment avez-vous découvert cet endroit ?

Les deux officiers sont côte à côte, très près l’un de l’autre, on sent que le courant passe entre
eux ; Mac a les lèvres brillantes et pulpeuses à souhait ; il explique que c’était son port d’attache
quand il servait sur le Stilitz.
– Vous avez amené beaucoup de femmes ici ?
– Celles que je voulais attendrir uniquement !
– Pourquoi ?
Pendant cette conversation il est manifeste que chacun tente de séduire l’autre, leurs regards
passent de leurs yeux à leur bouche :
– le Caporal Duran, argumente le Lieutenant, était en mission humanitaire, il ne mérite
pas une peine d’emprisonnement…
– Il a agressé un civil innocent, il l’a tué !
– Ouais, soi –disant ! Nous accepterons une rétrogradation et une amende quelconque !
– Au vu des circonstances humanitaires, nous demanderons 2 ans au lieu de 4 !
– Je vous en prie, Mac !… Colonel ! se reprend-il ; il ne purge pas de peine, aucun
emprisonnement ni exclusion déshonorante, au pire, on le renvoie à la vie civile avec sa
pension complète…
– Hors de question !
– D’accord !… Tant pis, accepte le Lieutenant Vukovic en se rapprochant un peu plus
d’elle, – leurs visages se touchent presque-  alors, et pour cette danse ?
– Il n’y a pas de musique, rétorque-t-elle doucement en le regardant droit dans les yeux
– Oh, dit-il, je crois que si !
Elle le regarde, légèrement tentée, mais se détourne de lui, le laissant dépité.

17h20, GMT, Camp de Pendleton, Californie

Mac se présente au Premier-maître Pudero, qui commandait la manœuvre sur la plage du
Nicaragua. Elle dit qu’elle est partie civile dans cet incident. Permission de monter à bord ? Oui,
les Marines sont toujours les bienvenus ! Elle s’extasie devant le bâtiment, ils sont toujours aussi
impressionnants ; oui, et ils peuvent transporter 60 tonnes de matériel, des chars, et de quoi
ravitailler un village pendant un mois, ajoute Mac. Grâce à eux, 75 % des côtes dans le monde leur
sont accessibles ! A-t-il assisté à l’incident ? A une partie : le Caporal voulait seulement
repousser les gens. Au passage, il lui propose de l’emmener à bord un jour, elle refuse arguant du
fait qu’elle a déjà eu  ce genre d’expérience douloureuse à bord d’un F 14 ! C’était une situation
mauvaise, très tendue, la population était incontrôlable, mais il termine en lui disant que le
Caporal n’aurait pas dû utiliser la crosse de son fusil contre un civil.

Nous retrouvons les Lieutenants Graves et Vukovic en train de se promener au bord de la mer,
les pieds dans l’eau :
– Y a de quoi faire pleurer Otis Redding
– ‘Sitting on the dock of the bay’, rétorque le Lieutenant
– Je vous aurais plutôt pris pour un fan de Smoky Robinson

Il précise qu’il adore le vieux Rythm & blues, elle aussi ! Elle aborde l’affaire, pour elle les
homicides ont toujours paru très mystérieux.
– Rien de mystérieux là-dedans ! il s’agit tout simplement de l’approche « Cro-
Magnon » ! un homme en croise un autre et le massacre ! C’est sur le contexte que je
vais m’appuyer
– Donc vous avez déjà établi votre stratégie ?
– En effet ! Je vais baser ma stratégie sur le comportement de la  foule, les gens
d’habitude pacifiques deviennent violents et dangereux quand ils sont en meute, en
particulier quand l’atmosphère est électrique ou après une catastrophe naturelle…Aux
dernières nouvelles, à la NBA, ça se passe à peu près pareil !
– Moi, je me serais tout  de suite intéressée à l’aspect médico-légal, j’aurais peut-être
perdu beaucoup de temps ?
– Ça a été ma première étape
– C’est vrai ?
– Mais ça ne m’a pas apporté grand-chose La victime  est morte d’une hémorragie
cérébrale due à un violent traumatisme…. comme je l’ai dit l’approche Cro-Magnon !
– Plus les choses ont une apparence Cro-Magnon, plus je trouve ça excitant, dit la jeune
femme
– Eh bien, je tacherai de m’en souvenir !

Cour martiale du Caporal Duran : témoignage du Premier-maître Pudero : il reprend  ce qu’il a dit
à Mac : les gars ont dit de reculer mais ils n’ont rien voulu savoir ! Ils n’étaient pas vraiment
hostiles, mais très certainement agressifs et sans aucun doute, désespérés. Qu’est-ce qui l’a
poussé à frapper la victime ? Objection du Lieutenant Vukovic pour fait présumé qui n’a pas
encore été prouvé ! Accordé ! Deuxième faux pas de Mac, dans la reformulation et le juge
demande au Premier-maître ce qu’il a vu : le  Caporal Duran un M16 dans les mains  a sauté du
camion à terre, il s’est frayé un chemin dans la foule tout en parlant en espagnol mais personne
n’écoutait. Il se trouvait à bord de l’aéroglisseur et a le Caporal avec c’autres Marines a fait
reculer la foule et un homme était là, allongé sur le sable alors que le Caporal se tenait juste au
dessus de lui l’arme à la main.
Contre interrogatoire du Lieutenant Vukovic qui évoque son angle de vision : de là où il était, il n’a
pas vu le Caporal frapper l’homme, n’est-ce pas ? Non.
Mac alors fait une démonstration, elle montre son style, le laisse tomber à terre et demande où il
est ? A ses pieds, bien sûr ! Comment le sait-il ? Où pourrait-il être ? Le Premier-maître a conclu
qu’il avait frappé l’homme avec son fusil comme il a conclu que son stylo était par terre !

18h15 GMT, base aéronavale de North Island, San Diego, Californie

Altercation entre les deux défenseurs: elle veut réexaminer la proposition du Colonel
– Pas question, je peux la battre !
– Il n’y a que ça qui compte pour toi, hein ? gronde-t-elle. Tu ne penses qu’à battre
Mackenzie
– Non, je ne pense qu’à gagner !
– J’ignore ce qui te pousse le plus, ton ego ou ta libido !
– N’en fais pas une affaire personnelle !
– Mais nous  avons un devoir envers notre client, s’insurge-t-elle
– Tu vas me faire un sermon ?
– Prendre des risques avec ta propre vie est une chose, le faire avec celle d’un autre en
est une autre !!!
– Je ne veux pas faire d’esbroufe, je veux me montrer accrocheur !
– Tu parles ! je te vois à l’oeuvre avec Cresswell, je te vois à l’oeuvre avec Mackenzie !
– Tu es jalouse ???
– Non, écoeurée plutôt ! Tu joues à la roulette russe avec l’avenir de notre client !
– Je suis prêt à en assurer les conséquences !
– Ça mettra du baume au coeur du Caporal Duran quand il croupira en prison J’ai une
présentation à préparer ! et elle le quitte.
– Vas-y ! Prends la fuite ! t’as toujours été douée pour ça ! dit le jeune homme, à bout
d’arguments
Elle se retourne, revient sur ses pas :
– Te servir des autres ne te suffit pas, tu les vampirises en plus !

Hôpital St Vincent Blacksburg, Virginie

Le Docteur Daniel Rosenblaum se présente à Harm, il arrive de Baltimore ; Harm s’étonne que
cela fasse trois jours qu’il l’attend : des cours, des visites, des interventions, des patients… Il lui
parle de l’état de Mattie, elle a des hématomes au cerveau ce qui explique le coma. La colonne
vertébrale a été touchée ; il attend de plus amples résultats après une IRM ; pour lui, c’est déjà
un miracle qu’elle soit en vie. Pour Harm, ça ne suffit pas ! Le médecin lui demande qui il est : il a
été son tuteur légal pendant un temps et maintenant, c’est un ami ; où sont ses parents ? Sa mère
est décédée et son père est resté tard hier soir, il est allé se reposer. Il fera de son mieux et le
médecin le voyant épuisé, le dit d’aller aussi se reposer. Harm revient au chevet de Mattie, lui
prend la main et lui parle de ce qu’elle a encore à faire dans la vie, grandir, se marier, des
projets…survoler le mont Mac Kinley,  des tas de choses à faire….

Côte à côte, assez proches,  les Lieutenants Graves et Vukovic traversent les hangars :
– oh, elle est tellement douée, s’écrie la jeune femme, tellement intelligente ! Je
voudrais être comme elle
– Qui ?
– Le Colonel Mackenzie ! oh, elle vous a écrasé au tribunal aujourd’hui !
– Oh, elle ne m’a pas écrasé, d’accord ! dit rageusement le Lieutenant Vukovic
– Pourtant, c’est ce qui m’a semblé d’où j’étais ! Elle vous a littéralement écrabouillé,
ratatiné, humilié, cloué le bec
– C’est bon, d’accord, j’ai compris !
– Et en plus, elle est extrêmement séduisante !
– Elle est aussi deux fois plus gradée que moi, il y a des règles !
–  Comme si ça comptait pour vois, lui rétorque la jeune femme
– Vous ovulez savoir ce qui compte pour moi, continue-t-il en marchant d’un bon pas
– Non ! Non… non… N’essayez même pas !
– Quoi ? quoi…quoi ?
– Il n’est pas question que je vous laisse rentrer ; je suis en période sans !
– Sans quoi, au juste ?
– Sans garçon, bien sûr !
– Il ne faut pas jeter tout un panier de pommes parce qu’il y en a deux de pourries !
badine le jeune homme
– D’accord ! Laissez votre sang remonter bien tranquillement dans votre cervelle ; j’ai lu
le rapport d’autopsie
– Ah, oui ? Vous jouez les détectives amateurs  et qu’ests-ce que vous avez trouvé ?
– La victime a reçu un coup sur le sommet du crâne, Monsieur le condescendant !
– Et alors ?
– Trois mots : horizontal pas vertical !

Et de lui expliquer que les Marines quand ils utilisent leur M16 pour frapper, on leur a appris à le
faire en le tenant horizontalement, donc ils frappent sur le côte  ou sur le visage ! Et ce n’est pas
tout : A-t-il fait faire un test sur le sang de la victime sur la crosse ? La situation était plutôt
chaotique, non ? Il la regarde fixement pendant quelques secondes ; qu’il arrête, il lui fait peur,
rit-elle ; Il la prend par la taille, l’embrasse sur la bouche et dit :
– Je vous revois lundi, je dois partir !

Lundi matin : au tribunal, tout le monde l’attend, au point que le juge propose au Lieutenant
Mayfield d’assurer la suite : il arrive alors, précédé d’un homme qu’il pousse devant lui.
LE Lieutenant Vukovic présente ses excuses pour son retard, non Il ne s’agissait pas d’un week-
end mouvementé, mais la météo était mauvaise et leur vol a été retardé ! Il revient du Nicaragua
et présente à la cour Fonseca Godoy, son témoin ; Mac proteste, elle n’a pas été avertie ; on
interroge le témoin : il était sur la plage à l’arrivée des camions et il raconte que lui et Carlos se
battaient pour une grosse caisse ; il a dérapé, la caisse  est tombée sur sa tête. le Caporal l’a
frappé, lui et il montre –radio à l’appui- sa pommette tuméfiée
Mac demande alors une suspension de séance pour procéder à certaines recherches ; a-t-elle des
raisons de douter de lui, demande le juge ? Oui, en effet, dit Mac, qui regarde le lieutenant
Vukovic !

A la sortie, Mac attend le lieutenant :
–    Qui est-ce ? demande-t-elle fermement
-L’individu que le Caporal Duran a frappé
– Non, je veux dire, qui est-ce, un autre acteur ? C’est bien l’homme en question ???
– Oui, c’est vrai, j’ai utilisé un imposteur dans l’affaire Genuzzi, je l’ai admis, Colonel !
– Vous l’avez comme par hasard découvert là-bas en vous baladant !
– Je suis allé le chercher exprès au Nicaragua !

Et il tente d’expliquer que c’est à la suite d’une remarque du Lieutenant Graves – ah bon, elle
travaille pour lui ?- elle a mis le doigt sur des anomalies dans le rapport d’autopsie ; une fois là-
bas, ça a été facile de retrouver l’homme !
– Il dit la vérité, Madame, dit le lieutenant Mayfield
– Le Lieutenant Vukovic et la vérité sont rarement en très bons termes ! et vous me
surprenez, Lieutenant, jette Mac, je croyais que vous aviez un certain sens moral !
– Je connais mieux que n’importe qui les supercheries dont Vukovic est capable,
madame, mais cette fois, il ne ment pas !
– Est-ce que l’on pourrait parler de moi comme si j’étais présent ! proteste le
Lieutenant
– Retirez votre témoin
– Hors de question !
– C’est un escroc ! et je le prouverai !
– Approfondissez tant qu’il vous plaira, Madame !
– Nous verrons !
Elle les quitte rapidement.
– Nous allons gagner cette affaire, dit fermement Vukovic
– Ce n’est pas un imposteur, n’est-ce pas ? demande le Lieutenant Mayfield
– Est-ce que je t’ai déjà menti !
Elle le regarde, estomaquée par son aplomb !

Le Lieutenant Graves se présente dans le bureau de Mac qui veut lui confier un travail ; mais
peut-elle compter sur sa discrétion, Pourquoi ça ? A cause de la façon dont elle regarde le
Lieutenant Vukovic ! La jeune femme proteste :
– Quels que soient les sentiments que je puisse avoir envers le Lieutenant Vukovic, ou non,
oms n’affectent en rien l’accomplissement de mon devoir !
– Lieutenant, j’aimerais vous croire !
– Sauf votre respect, Colonel, je vous demande combien de fois on vous a accusée de
laisser vos émotions influencer votre jugement ? Accusée à tort ?
– Message reçu, dit Mac en souriant
– Que dois-je faire, Madame ?

A l’hôpital, le Docteur Rosemblaum explique à Harm, effondré et le visage las, que Mattie
pourrait rester paralysée  à partir du cou ; on ne le saura que quand elle aura repris connaissance,
cela peut durer des semaines, des mois ; Tom, présent, le visage ravagé, agresse le médecin et
larmoie ; le médecin explique qu’avec ce genre de lésion, elle pourrait dépendre d’un respirateur
pour le restant de ses jours et q’un jour ou l’autre, ajoute-t-il devant leurs visages pleins
d’incompréhension, qu’un jour ou l’autre, si elle devait rester dans le coma, une décision devra
être prise pour savoir si on continue à la maintenir en vie ou pas…Après le départ du médecin, les
deux hommes restent seuls : Harm reproche véhémentement à Tom d’être ivre, et de s’apitoyer
sur son sort ; elle est vivante, il doit lutter !

Le Lieutenant Graves revient vers Mac, un feuillet à la main : les résultats des tests demandés ;
et oui, elle a été discrète !
Le Juge demande à Mac si elle est prête pour le contre interrogatoire du témoin : Non
Le Lieutenant Vukovic commence à protester quand elle poursuit :
– En revanche, je souhaite obtenir le report, je vais demander à l’autorité convocatrice
d’abandonner les poursuites contre le Caporal Duran, pour manque de preuve, Votre
Honneur !
A la demande du juge, elle explique que cherchant à discréditer le témoin, elle a demandé des
tests sanguins qui se sont révélés positifs : le sang sur la crosse du M16 du Caporal et celui de
Monsieur Godoy sont bien les mêmes !
La C Our martiale est suspendue, le Caporal remercie ses défenseurs, Mac jette un regard
tranquille vers le Lieutenant Vukovic et le Lieutenant graves regarde amoureusement ce dernier !
– ça, c’est le sens de l’éthique ! souffle le Lieutenant Mayfield au Lieutenant Vukovic

La nuit est tombée sur San Diego : le lieutenant graves en civil et le Général descendent de sa
belle décapotable rouge ; on entend de la musique !
En traversant la rue, le général Cresswell complimente la jeune femme pour l’organisation de la
conférence ; elle a fait du bon travail ! Il croit savoir qu’elle doit changer prochainement
d’affectation ? Oui, en effet ; et il lui propose de faire partie de son équipe :
– Wow ! Tout l’honneur serait pour moi, arrive-t-elle à articuler et ajoute, Oh, j’ai une
envie folle de faire une révérence – regards gênés du général !

Elle rejoint, dans les toilettes du restaurant, Mac et le Lieutenant Mayfield
– le Général est là !
– De quelle humeur est-il
– C’est un amour !
– Ce n’est pas le mot que j’aurais choisi, dit le Lieutenant Mayfield

Et Mac de remarquer que parfois certaines lueurs brillent dans ses yeux ! Elles en viennent, tout
naturellement, à parler du jeune lieutenant : Pour Le Lieutenant Mayfield, il représente une
inversion de la théorie de l’évolution : du Prince au crapaud ! Cette dernière et Mac tentent de
mettre en garde le Lieutenant Graves, ça dépend de quel type de relation elle veut, etc… mais
rien n’y fait, elle les remercie pour leurs avis,  elle veut se rendre compte par elle-même !

Quand Mac sort sur la terrasse, il est immédiatement près d’elle, très… présent et très proche
– Dieu, vous êtes époustouflante ! Désolé, je ne voulais pas dire ça, je voulais dire, la
table est prête !
– Que vais-je faire de vous, Vukovic ? demande-t-elle en lui souriant
– ça, je peux m’en occuper ! dit-il en appuyant ses regards

A ce moment, sonne le portable de Mac, c’est Harm ; elle lui annonce qu’ils vont aller dîner ; mais
elle note qu’il y a quelque chose de bizarre dans sa voix ? Non, tout à l’heure ! Elle insiste, il
refuse ; elle le rappellera plus tard !
–    On y va ? propose Mac au Lieutenant

Il la retient : il lui dit trouver admirable son attitude au tribunal, l’abandon des poursuites… il est
admiratif devant son intégrité et sa morale ; ce n’était que justice, pour elle ; l’histoire du sang,
c’était brillant !
Elle proteste, c’est qui a tout mis en évidence ! Il aurait pu le faire, alors pourquoi l’a-t-elle fait ?
Parce qu’il était innocent ! Elle le surprendra toujours, dit-il ;
– je m’incline devant votre sagesse et votre éthique, ajoute-t-il
Alors, tout à coup, ça met la puce à l’oreille de Mac : cette avalanche de compliments…. Elle a tout
à coup un doute :
– Vous n’auriez pas osé ?
– Quoi ?
-Trafiquer les preuves !
Il lui reproche d’être parano et elle le menace, si jamais elle découvre, quoi que ce soir ; il est
tranquille, elle ne découvrira rien !

A l’hôpital, on voit Harm, assis, une photo de Mattie entre les doigts, il la regarde, les épaules
voûtées, image de la désolation et du chagrin.

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