1.14 – Smoked

smoked123h15 à 80 kilomètres des côtes de Cuba

Un pilote de F 14, on distingue à peine son nom sur son casque ‘Keeter’ prévient la tour de contrôle ; il essuie un orage terrible – des éclairs de grande intensité éclairent par instants son cockpit – et vient d’être touché par la foudre ; il tente de se placer selon le vecteur 2.3.0. mais plus rien tout à coup ; la tour de contrôle a perdu le contact, il semble que sa radio soit aussi en panne.

La tour transmet le message selon lequel un Tomcat en provenance de Pax River a été touché par la foudre, a perdu tous ses instruments de navigation et de communication et se trouve maintenant dans l’espace aérien cubain ; d’après leur écran radar, il a de la compagnie !

« hello, Tomcat, dit une voix dans les écouteurs, vous violez l’espace aérien de Cuba, sortez votre train d’atterrissage et suivez-nous, sinon nous ouvrons le feu …. Tout de suite, piloto ! » et l’on voit la main du pilote américain abaisser la manette, le train commencer à descendre « Muchas gracias, piloto, sage décision » et dans la tour de contrôle battue par des pluies diluviennes, le contrôleur annonce « il a disparu, Monsieur »

7h50 224B, 80 ème rue – Washington D.C

Le Lieutenant Rabb, qui revient de son jogging matinal, se prépare des oeufs dans la règle de l’art, séparant les blancs des jaunes, tout en écoutant de la musique classique, quand on frappe à la porte ; ce n’est pas fermé, et entre le Capitaine Krennick, elle revient de faire du vélo, manifestement – et s’exclame « oh, quelle joie, aucun modèle réduit ! » Harm, très surpris de son intrusion, répond sur le même ton « ils sont tous dans ma chambre ! »

Elle lui tourne autour, demande s’il est maniaque, à quoi ça sert de séparer les blancs des jaunes ; Harm rétorque « cela rend l’omelette plus légère, Capitaine » « Allison, pas capitaine » elle n’est pas en uniforme….et a une faim de loup ! A-t-il entendu parler de l’Amiral Chegwidden ? oui, il dirige le Jag dans le Pacifique, elle répond « à partir de lundi, il dirige le Jag tout court, c’est notre nouveau supérieur ! Il paraît qu’il est très ambitieux, ancien commando, il a fait la guerre du Vietnam commandé un destroyer, fait sa licence de droit puis est passé au Jag » Tout en parlant, elle tourbillonne, fait l’inventaire de l’appartement, ouvre toutes les portes et poursuit « il a toujours été au sommet de la vague et l’Amiral à un second très dangereux, elle se sent menacée. C’est elle son assistante » Harm calmement répond qu’il n’est ni très doué ni très ambitieux et Krennick riposte :

– mais si vous l’êtes, c’est une des raisons qui me pousse à vouloir coucher avec vous

Rabb rit comme gêné, tourne sa langue dans sa bouche et finit par dire :

– est-ce que dans cette situation, le manuel ne conseille pas de tirer une fusée orange ?

– Seulement si vous vous sentez harcelé sexuellement

– Je sens, en effet, quelque chose de sexuel »

Mais elle ne se démonte pas :

– tant mieux !… une autre mise en garde : tant que vous serez sous mes ordres, vous aurez un mal fou à gagner du galon ! » lui susurre-t-elle et d’ajouter :

– j’ai droit au petit déjeuner ou je dois pédaler jusqu’à un restaurant ? »

– Repos, Capitaine Rabb ! dit l’Amiral en consultant le dossier ; vous êtes un cocktail de Top Gun et des Hommes d’Honneur… »

– Oui, et j’en suis navré, Amiral-

– Pas moi… l’Aéronavale a besoin de héros et maintenant plus que jamais ; la presse nous cloue au pilori, et le Congrès ne cesse de diminuer notre budget…sans parler de ces affaires d’homosexualité…

Pendant qu’ils parlent, le Capitaine Krennick, juchée sur un tabouret, accroche un portrait d’un militaire au mur au-dessus de la cheminée. Oui, le Capitaine Rabb sait de qui il s’agit, de l’Amiral Burke qui commandait la flotte du Pacifique, s’est confronté aux Japonais et est à l’origine d’un grand tournant dans la guerre du Pacifique. Puis est devenu, parmi 92 autres grands officiers, le chef des opérations navales sous les ordres de Eisenhower ; il était très agressif et « nous allons suivre sa méthode ; nous allons attaquer ; puisque vous êtes le N°1 au JAG, je vais vous confier toutes les enquêtes les plus juteuses ; vous en sentez-vous capable ? »Il veut des résultats, qui occupent les premières pages avec de gros titres ; s’il échoue, il disparaîtra plus vite que ce qu’il jette aux ordures….

Ils abordent l’objet de la réunion : hier soir, vers 23h50 , un Tomcat en provenance de Pax River a disparu dans l’espace aérien de Cuba ; il s’agit d’un modèle D du Tomcat précise le Capitaine Krennick équipé de notre radar d’attaque et du système C.M.E. N’importe quel expert peut décrypter le logiciel en moins d’une journée.

Harm demande s’il n’est pas possible de commander à distance la destruction de l’avion et l’Amiral réplique qu’il n’y aura ni destruction, ni opération de commando ni bombe, ni missile de croisière : « on va le récupérer par la parlotte ! » Le Capitaine et un envoyé du Département d’Etat à la Défense vont négocier côte à côte pendant que lui s’assurera que le logiciel est intact et si c’est le cas, il a ordre de le détruire.

Le Capitaine Rabb sort et quand le Capitaine Krennick est prête à en faire autant, l’Amiral la retient : « vous n’éprouvez aucune rancune vis-à-vis du Capitaine Rabb parce qu’il vous a coiffée au poteau ? » Elle se retourne au moment de franchir le seuil et ajoute les yeux brillants : « c’est exactement l’émulation dont j’ai besoin »

14h direction 182, 20.000 pieds au-dessus de la Floride

La conversation roule sur les mérites comparés de l’électronique et d’un pilote de chasse ; on devine ce que défend le Capitaine Rabb. Meg le titille un peu : il y a cinq puces dans le logiciel, un atout que les Iraniens sont prêts à payer très cher pour équiper les F14 vendus au Shah ; mais c’était il y a longtemps, ils ne sont plus opérationnels, ils sont plus dangereux pour leurs pilotes ; pourquoi, dans ce cas, les Cubains ont-ils fait appel à un expert russe ? un de ces techno – mercenaires, Alexi Barkhov il y a moins de trente minutes a atterri à La Havane. Le délégué du Département à la Défense est surpris que le Capitaine Krennick ait emmené Rabb avec elle ; elle répond que c’est un très bon pilote et un avocat .

Harm décide de se rendre dans le poste de pilotage et demande en y arrivant « où se trouve le manche ? » Le pilote lui répond en souriant la phrase classique « les pilotes de l’Air Force naissent avec ! »

« Vol diplomatique 7 Zoulou, tour de contrôle de La Havane, demandons la permission d’atterrir à Los Baños ; pas d’autorisation, on ne peut pas vous laissez passer ». Le délégué du Département à la Défense est ulcéré, il a, là, le fax envoyé par l’ambassade de Suisse, signé de la main même de Fidel Castro ! Refus catégorique ; le Sous-secrétaire d’Etat donne l’ordre d’atterrir sur l’aéroport le plus proche, le temps de réglé ce malentendu ; dans le poste de pilotage, le pilote suggère Miami, mais Harm refuse, le plus proche ? c’est Los Baños et prend possession des commandes ; « c’est mon avion, maintenant » et il entre dans l’espace aérien cubain ; « avons urgence à bord, demandons l’autorisation d’atterrir prioritaire ; urgence médicale, arrêt cardiaque ». La tour de contrôle ordonne de faire demi-tour, tout de suite. « Ils vont nous intercepter avec des « Mig » redoute le pilote. Harm répond qu’il va devoir l’aider, cet avion n’est pas un Tomcat, et il va falloir les semer. Le Sous-secrétaire est mort de peur dans la cabine ; le Capitaine Krennick s’amuse beaucoup ; Harm en rajoute : « ils veulent s’amuser… et il fait bien le tonneau votre oiseau ! » Le délégué est vert « on va tous mourir ! »

7 Zoulou réalise son approche prioritaire mais l’escorte militaire menace de les abattre s’ils ne remontent à 5000 pieds ; Harm s’exécute, dans la cabine c’est l’affolement ! puis il finit par se poser, le pilote du Mig lui envoie ses félicitations, cependant la vitesse est excessive, les deux pilotes enfoncent leurs pieds sur les freins et la piste semble tout à coup trop courte ; finalement, ils y arrivent, tout juste ; « ouf » de soulagement du pilote de l’Air Force auquel Harm dit qu’il est désolé, il avait oublié qu’il n’y avait pas de crosse là-dessus !

Tout ce petit monde se retrouve dans un hangar ; le Sous-secrétaire, au bord de l’apoplexie, hurle sur Harm ; Meg tente de lui expliquer que la crise cardiaque est la seule façon d’atterrir en urgence, selon les lois internationales ; le Sous-secrétaire continue, on lui a fait une piqûre dans les fesses, Harm esquisse un sourire ; eh bien, s’il continue, il va le faire muter au fin fond de l’Alaska !

Harm tout à coup est sur le qui-vive : il entend les réacteurs d’un Tomcat tourner au ralenti, dans un hangar de l’autre côté du terrain ; les turbines chauffent parce qu’ils n’ont pas d’UPR compatible ; Meg précise alors que les turbines s’alimentent avec un circuit interne.

« Complimento, piloto » lance une voix derrière eux, je n’aurais jamais cru qu’un Lear puisse faire ça ! »dit-il au pilote de l’Air Force ; « moi, non plus, Capitaine, c’est le Capitaine Rabb qui était aux commandes ! » Le capitaine Fuente, très souriant s’adresse au Sous-secrétaire Behr, ils ont enfin reçu l’autorisation d’atterrir, il s’excuse, elle s’était perdue dans les arcanes administratives…Pour qu’ils puissent se rafraîchir il met des chambres à leur disposition dans son Hacienda, ils sont ses hôtes pour le dîner.

Le Capitaine Krennick tente de faire presser le pas aux évènements, elle veut voir l’avion, le pilote qu’ils retiennent au mépris de toutes les lois internationales ; le Capitaine répond que pour satisfaire son instinct maternel, il invitera également le pilote à dîner. « Votre instinct maternel » se moque Harm, vous connaissez la fable du Tigre et de la jeune fille ? » « Non, répond-elle, vous pourrez toujours me la susurrer à l’oreille après l’extinction des feux, ajoute-t-elle, laissant Harm médusé.

Dans l’Hacienda, un petit garçon vient offrir un énorme cigare cubain – un vrai bâton de chaise- à Meg qui commence à le humer et à le porter à sa bouche quand Harm survient : « ce cigare est illégal, Lieutenant, si vous commencez à accepter des cadeaux compromettants notre position sera intenable et en tant que votre supérieur, il est de mon devoir de vous le confisquer ! » Et comme elle résiste « Allons, Meg, franchement, vous ne sauriez pas apprécier ! J’adore les cigares » Meg réplique : « pas ce type de cigare là » (on devine qu’il est en chocolat) ; le père du gamin s’approche à son tour et en offre un à Harm ; il y beaucoup d’hommes braves ici, leur dit-il, prêts à faire tout ce que vous voudrez, señor ! dit-il en se caressant le menton d’une façon spéciale (une façon simple d’éviter de dire le nom de Fidel Castro.

Les deux officiers se demandent s’il s’agit de contras ou d’un piège quand arrive le pilote du Tomcat ; Harm se retourne et s’écrie « Keeter ! » ; les deux hommes s’étreignent chaleureusement, puis Harm fait les présentations : « c’est toi le pilote ! Jack Keeter était mon copain de chambrée à l’Académie et c’est le 2ème meilleur pilote de l’Aéronavale » Meg demande, bien sûr, qui est le 1er ? puis s’éloigne. Keeter trouve que son ami a très bon goût ; Harm joue les modestes et répond qu’elle lui a été commise d’office ! puis les deux amis passent aux choses sérieuses : il est pilote d’essai à Pax River, pourquoi ne s’est-il pas éjecté ? Keeter dit qu’il l’a été deux fois déjà, et a mis un an avant de pouvoir piloter à nouveau ; il affirme que la foudre a grillé toute l’électronique ; Harm dit qu’il espère que c’est vrai ; Keeter lui dit qu’il ne va pas le blouser.

L’expert russe est avec le Capitaine Fuente qui lui montre les dégâts sur le Tomcat ; l’expert dit qu’il aura le temps de copier le logiciel, d’ici demain tout sera transféré.

C’est le soir : toute l’équipe est auprès du Capitaine Fuente et regarde Fidel Castro dans un de ses discours – fleuves à la télévision ; Meg traduit au fur et à mesure; le Capitaine Krennick prend un cigare, le prépare dans les règles, le coupe, le frôle d’une flamme ; il est assez énorme.

Le Capitaine Fuente demande la levée de l’embargo sur le pétrole en échange du Tomcat ; le Capitaine Krennick songeait plutôt à une compensation financière ; le sous-secrétaire dit qu’il pourrait appeler son gouvernement, il y a une ligne directe dans l’avion. Le Capitaine Fuente demande au Lieutenant Austin si elle peut rester ; Harm suggère qu’une fusée orange est inutile, il faut passer tout de suite à une fusée rouge ; Meg explique au Capitaine cubain qu’il s’agit d’un code de conduite sexuelle, employé dans l’Aéronavale et contrairement à ce qu’il a l’air de penser c’est assez efficace ! Lieutenant, demande-t-il alors, il ne vous arrive jamais de lancer des fusées vertes ?

Tous se retrouvent dehors et le constat est simple, ils perdent un temps précieux : les Cubains n’ont pas l’intention de négocier ; le Sous-secrétaire veut demander le feu vert de Washington, les officiers sont contre, ils manquent de temps, le logiciel sera transféré. Behr s’éloigne et Krennick demande à Harm s’il a une autre idée ; oui, il veut utiliser les contras pour approcher de l’aéroport.

Keeter et Harm se retrouvent : ils évoquent des souvenirs galants, à Barcelone, ils suivaient deux filles, leur seul souci était d’éloigner leur tante… Harm veut jeter un coup d’œil sur le Tomcat. Pourquoi les Iraniens ont-ils envoyé un expert ; il le bombarde de questions : tu as posé l’avion, de nuit, sans tes instruments ? oui, je suis un pilote génial ! et devant le visage de Harm, il ajoute : « tu crois que j’ai lâché le manche ? » « Oui, répond Harm en colère, c’est exactement ça ; ce qui me gêne le plus c’est que cela ne se fait pas par hasard ce genre de choses. » Les deux hommes se défient du regard et Keeter cède, s’éloigne.

C’est la nuit ; le vieil homme du début se rapproche de Harm en train de se rafraîchir dans sa chambre ; oui, il a besoin de lui, il veut s’approcher de l’avion ; la prochaine fois qu’ils coupent les moteurs pour laisser le système se reposer, il lui faut deux minutes sans que personne ne puisse le voir dans le hangar.

Il lui faudra faire diversion. Comment, à lui de trouver, il recevra une récompense ; l’homme se fâche alors, il ne le fait ni contre Castro, ni pour de l’argent, il veut un Cuba libre. Harm s’excuse pour sa méprise.

Harm enlève le ceinturon de son uniforme, une fois aux abords du hangar ; quand les turbines se taisent, des chevaux sont lâchés dans le hangar attirent l’attention des deux gardes. Harm se glisse le long de l’avion, s’engouffre par l’arrière, fixe la ceinture sur les palettes d’une turbine, la cisaille à moitié et s’échappe ; l’homme rappelle ses chevaux en sifflant.

On retrouve le Capitaine Fuente en train de hurler devant le groupe d’Américains ébahis ; on cherche le Capitaine Rabb partout ; il met toute l’hacienda sous surveillance ; quand ils rentrent dans le salon, Harm est là, assis tranquillement devant la télévision où Fidel Castro continue son discours.

Où était-il ? cela le met dans une situation délicate, le Capitaine Fuente insiste ; eh bien, c’est vrai, je n’étais pas dans ma chambre mais dans celle du Lieutenant Austin, avec elle.

Le Capitaine Fuente ne manque pas de rappeler que les fusées orange ne sont pas pour tout le monde, le Capitaine Krennick s’excuse et d’un ton sec dit « je veux vous voir tous les deux immédiatement! »

Une fois dans la chambre, Harm s’empresse d’aller ouvrir le robinet de la douche pour couvrir les micros éventuels. Harm raconte qu’il a pénétré sur la base, les Iraniens n’auront pas le logiciel, il a saboté le Tomcat ; le Sous-secrétaire laisse échapper un « qu’est-ce que vous dîtes ? oh, mon Dieu ! »terrifié.

« On » voulait que les Iraniens aient ce logiciel, justement ; il hurle après Harm, il ne sait pas les ravages qu’il vient de causer ; Krennick et Harm sont furieux ; Harm le malmène : pourquoi on ne les a pas mis au courant, pourquoi, qu’y a-t-il ? Meg devine : un virus dans le logiciel, c’est le radar d’attaque qui l’active, complète Behr ; il détruira tout appareil qui veut attaquer les avions américains ; Harm le saisit au col, qui est-il enfin ? et comme il résiste, il le transporte sous la douche et le maintient jusqu’à ce que l’homme cède : il appartient à la Sécurité nationale, personne n’était au courant, ni l’Amiral d’ailleurs et le Capitaine Keeter a été volontaire pour cette opération secrète ; tout a été falsifié, les dégâts, la panne.

Meg, Harm et Krennick et Behr sortent sur le balcon : Harm explique ce qu’il a fait ; la boucle de cuivre de la sangle, déchiquettera les lames de la turbine qui éclateront comme des shrapnels dans les réservoirs provoquant l’explosion du Tomcat. Le « sous-secrétaire » remarque qu’il n’y a pas eu d’explosion encore ; alors, il peut encore tout arrêter, Harm réplique : « faites-le vous-même, agent Behr ». Harm se prépare un cigare en prenant tout son temps ; ce qu’il va faire, fumer un cigare et admirer le feu d’artifice ; mais Behr ajoute : le virus se trouve dans la dernière puce ; si l’avion explose avant, ils auront le logiciel mais pas le virus !

Les turbines se remettent en marche, l’expert russe est content, il ne reste plus qu’une seule puce à faire ; dans la turbine, on voit la bouche frôler les lamelles.

Harm retrouve le Capitaine Fuente au salon : il annonce qu’il risque la Cour Martiale pour ce qu’il va faire, être jugé comme un traître ; il a menti, il n’était pas dans la chambre avec le Lieutenant Austin, il était occupé à saboter « leur » Tomcat.

Tout le système que Barkhov est en train de pirater est entièrement faux ; Monsieur Behr n’est pas Sous-secrétaire d’Etat mais appartient à la Sécurité Nationale, il dirigeait cette opération sans que l’Aéronavale soit au courant. Il a mis une bombe dans le Tomcat ; il est dans l’intérêt de Cuba de l’aider ; il faut être réaliste, si près des élections, le Président ne lèvera pas l’embargo car les votes anti-castristes sont trop importants. Les Cubains recevront le pétrole iranien en échange du Tomcat ; il n’est pas obligé de leur dire quoi que ce soit.

Il faudra faire diversion, en faisant exploser un camion de kérosène, par exemple et pour bien confirmer qu’il a essayé de détruire le Tomcat, il s’échappera avec le Lear et Keeter pour compléter l’illusion. « Vous savez que je serai forcé de vous donner la chasse, Capitaine » dit le Cubain. » « Oui, je comprends », dit Harm, magnanime. Il lui donne sa parole d’officier de l’aéronavale, d’un officier de l’Aéronavale à un autre ; affaire conclue par une poignée de main.

Tout se déroule selon le scénario prévu : l’explosion du camion, Harm se faufile à nouveau, détache le ceinturon, s’échappe dans la pagaille suivant l’explosion, monte dans le Lear où se trouve déjà Keeter « allez, on met les voiles ». De son balcon, dans l’Hacienda, Behr s’exclame « l’imbécile, il a tout fait sauter ! »

La tour de contrôle avise le Lear qu’il n’a pas la permission de décoller ; ils poursuivent leur route au sud, puisqu’on les attend au nord, vers Miami ; dans 12 ou 13 minutes, ils auront quitté l’espace aérien de Cuba ; le capitaine Fuente décolle à leur poursuite. Dans30 minutes, ils seront aux îles Caïmans, pour passer un bon week-end ; les deux compères sont ravis de l’aubaine et parlent de leurs conquêtes espagnoles ; Keeter se souvient de sa petite amie mais pas de son nom ; Harm lui rafraîchit la mémoire ‘Maria Elena Carmelita Moreno Gutierrez’ ; en fait, il est sorti avec elle quand le Seahawk a fait escale à Barcelone pour sa 1ère affaire. Ce n’était plus sa petite amie, alors…

Les « Gardiens de Los Baños » sont sur leur trace ; ils leur demandent de faire demi-tour sinon ils ouvrent le feu ; Keeter observe que dans quatre minutes, ils auront quitté l’espace aérien cubain ; les deux Américains croient toujours leurs poursuivants entre La Havane et Key West ; en fait, ils sont juste derrière eux ! on leur donne dix secondes pour obéir.

Harm pique alors vers l’eau et la descente est si vertigineuse, qu’en bout de course, il demande à Keeter de l’aider à redresser ; il s’en est fallu de peu. Il parvient de justesse à éviter la surface de la mer où un missile vient exploser dans une gerbe d’eau.

Ils quittent enfin l’espace aérien cubain et prennent contact avec la tour de contrôle des Îles Caïmans ; le capitaine Fuente, tout sourire les salue d’un « tout le plaisir est pour moi, bonne chance et bon vent ! »

Les deux complices se serrent la main.

Une semaine plus tard :

Appartement de Harm, une musique des Caraïbes effrénée a envahi la pièce ; Harm tape avec des baguettes sur tous les ustensiles qu’il peut trouver ; c’est rythmé et assez bruyant ! quand le Capitaine Krennick entre ; elle a déposé Meg chez elle, et elle a envie de prendre un bain, très chaud, un énorme petit déjeuner, et d’avoir un week-end au lit « y –a-t-il des amateurs ? » Harm bafouille des ‘mais, mais’ c’est alors que le Capitaine Krennick qui a ouvert la salle de bains, se retourne vers lui, furieuse « mais il y a une femme sous votre douche ! » Harm a à peine le temps de dire « Capitaine, je vous présente ‘Maria Elena Carmelita Moreno Gutierrez’ » que la porte d’entrée claque !

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