1.20 – The prisoner

8hGMT Garnison de Nantou, Chine

Deux officiers chinois sont en train de parler : le colonel s’adresse à une femme capitaine et lui donne ses instructions : « durant les cinq jours à venir, vous allez vous occuper uniquement de lui  » oui, il est important : Pékin est parvenu à le faire arrêter au prix d’énormes difficultés ; il doit savoir si les Américains interviendront au cas o »ù nous récupèrerons Mazhou et Comoï ». Ils parcourent les couloirs d’une prison, dans la semi- obscurité ; c’est tout ce qu’elle doit obtenir de cet homme, oui, mais il va résister et essayer de se jouer d’eux ,il répondra oui quand c’est non et inversement, bien sûr. Son avenir dépend de ce qu’elle aura obtenu. Ils se font ouvrir une cellule, et leur lampe torche éclaire une silhouette, couchée à terre et un visage, ébloui, celui du Capitaine Rabb !

8hGMT, Consulat général des Etats-Unis, Hong-Kong

Le Capitaine Krennick et le Lieutenant Austin accueillent le Sous-secrétaire d’Etat, Monsieur Behr : il se souvient d’elles, n’est ce pas ? Ils se sont connus à Cuba (épisode Smoked). Ce qu’il commente d’un « Ah, oui, le grand cirque Jag, sans oublier le Capitaine Rabb, d’ailleurs où est-il ? Il n’est pas là. Fureur du Sous-secrétaire qui dit que Taiwan aimerait savoir ce que ferons les Etats-Unis si les Chinois envahissent Mazhou et Comoï et les experts du Jag en matière juridique sont tous en vacances !

Elles lui apprennent qu’il n’est pas en vacances, il a disparu : samedi soir, il devait aller faire de la voile avec une amie, dit Meg, Maria Elena Gutierrez… Moreno, complète, le Capitaine Krennick – plutôt furieuse !- une hôtesse de l’air ; son vol a été décalé, il est parti faire de la voile dimanche matin, et depuis, Meg ne l’a plus revu. Non, ce n’est pas un jeu idiot : son dériveur a été retrouvé ce matin, ou du moins ce qu’il en restait, flottant dans la Mer de Chine. Oui, cela l’affecte aussi : son opinion en ce qui concerne la position des Etats-Unis à l’égard de ces deux îles est indispensable pour qu’il formule ses recommandations au Président ! Le Capitaine Krennick fait valoir qu’elle est également experte en matière maritime ; c’est parfait ! Elle confie les recherches que devaient faire le Capitaine Rabb au Lieutenant Austin et elle, elle l’aide à rédiger les propositions.

10GMT, Garnison de Nantou, Chine

Le Capitaine chinois interroge Harm, dans une pièce seulement éclairée par une lampe de bureau, blafarde :

– Je me demande pourquoi je n’ai encore vu aucun membre de l’Ambassade américaine, ce que je n’ai pas arrêté de réclamer depuis les dernières 24 heures !

– Vous êtes accusé d’espionnage !

– Ridicule ! je ne suis qu’un Américain qui goûtait au plaisir de la voile dans les eaux internationales ! Les forces navales chinoises ont détruit mon bateau et m’ont fait enlever.

– Vous êtes un officier du Jag et nos services de renseignements savent ce que vous êtes venu faire en Asie, Capitaine, dit la femme, d’un ton doucereux

– De la voile !

Elle poursuit en disant qu’il doit donner des conseils juridiques avisés à son Département d’Etat pour de futurs entretiens avec le gouvernement « renégat » de Taiwan :

– Vous faîtes une énorme erreur !

Elle lui envoie le spot dans les yeux :

– Comoï et Mazhou, chose que vous devez déjà savoir ?

– Oui !

– Prouvez-le ! Certains de ses collègues sont parvenus à faire parler des Américains depuis la perte du Vietnam et qu’il est même possible que quelqu’un qu’il connaît sont passés par « ici », avant vous, se pourrait même être votre père !

Harm jette un regard éperdu vers elle.

– jJe vous en dirai plus à propos de votre père, bien sûr ; mais je ne saurai jamais si ce que vous me dîtes est la vérité ; il y a un moyen : dîtes-moi si les Etats-Unis prévoient d’intervenir ? Et sachez que les mots oui ou non ne réussiront pas à me convaincre ; la réponse tombe :

– Harmon Rabb Jr, Capitaine de Corvette de la Marine des Etats-Unis, matricule 9.8.9.5.4.8.3.0.1, né le 25 octobre 1963.

Elle lui tourne autour pendant tout l’interrogatoire mais ajoute qu’elle n’a pas le temps de jouer à ce petit jeu et lui fait une injection dans le bras.

Meg et le Capitaine Krennick sont avec un officier de Hong-Kong, l’inspecteur Chang : il leur raconte, en les conduisant par de petites ruelles, qu’un bateau de pêche a récupéré dans ses filets, des morceaux du dériveur du Capitaine, probablement touché par un pétrolier. Cela suffit pour arrêter les recherches, s’étonne Meg ; oui, les garde-côtes américains auraient fait la même chose. Pas tant qu’il y avait des chances de le retrouver ; c’est un bon nageur et les eaux sont plutôt chaudes…Quand elles découvrent l’épave, elles sont consternées et demandent qu’elle soit expédiée à leur service le plus tôt possible quand Meg tombent sur un morceau avec des traces de peinture grise : les pétroliers seraient-ils peints en gris, ici alors que cette couleur est réservée, internationalement, aux bâtiments de guerre ? Il ne s’agit pas d’un accident, donc.

Le Capitaine chinois interroge Harm : cette fois-ci, il a les mains attachées derrière le dos de la chaise.

Elle lui parle toujours d’un ton très doux, lui plaisante en lui répondant sur tout et « à côté », il délire un peu ; il en « remet » :

– A l’heure qu’il est, six transporteurs de troupes ont appareillé, dont deux pour cette région, l’Independance et le Nimitz. Ils vont défendre Mazhou et Comoï ! Ils ont aussi fait appareiller 27 sous-marins, dit-il d’une voix molle, ce sont des sous-marins de type Los Angeles…

– ça suffit, dit-elle furieuse. Gardes, ramenez-le dans sa cellule !

Entretien entre les deux officiers chinois : il a réussi à résister à la drogue ; elle aurait dû insister davantage ; non, la Marine leur apprend à donner des informations non classées… alors il faut augmenter les doses. S’il ne donne pas les réponses correctes, ce sont eux qui paieront !

Harm a été jeté dans une cellule dont les murs sont faits de blocs ; par des interstices filtre un rai de lumière, il s’en approche et découvre un horizon sans fin. Il se cogne la tête contre une poutre et se retrouve au sol ; il tombe sur des bouts de verre, se fait une légère entaille mais en prend un pour marquer un trait sur la pierre quand il entend des coups ; c’est du morse !

– Es-tu Américain ?

– Oui, répond-il en tapant sur son bidon d’eau, les yeux exorbités

– Prouve-le !

Un silence.

– Comment ça va ? Il y a des situations auxquelles on ne peut pas échapper ; ils sont quatre fois plus nombreux..

Harm est réticent, il discute avec « la voix » ; on l’entend se dire :

– je perds la tête

– Un jour, tu te retourneras et je serai prêt à m’occuper de mon pote !

– Qui êtes-vous ?

20h GMT, Consulat général des Etats-Unis, Hong Kong

Meg et Allison Krennick et l’inspecteur Chang transmettent leurs conclusions au Sous-secrétaire, qui prend le thé. Officiellement l’enquête de l’Inspecteur est terminée ; le laboratoire américain sait que la peinture était chinoise, dont la Chine a endommagé le bateau du Capitaine Rabb ; le Sous-secrétaire comprend la situation mais les officiers sont entraînés pour résister à un interrogatoire ; résister, oui, mais pas si longtemps avec les drogues d’aujourd’hui, dit le Capitaine Krennick. Elle demande d’avertir la Chine et que l’on dise officiellement qu’ils savent qu’ils détiennent le Capitaine Rabb. Le Sous- secrétaire balaie sa remarque

– Tout ça c’est de la théorie et mon devoir est d’éviter tout incident international

– Alors, vous refusez de nous aider?

– Pas assez de preuves !

Elles quittent la pièce, furieuses !

Harm est dans sa cellule, couché sur une paillasse ; il se réveille, trace un trait sur le mur, se coupe

– Tu t’es fait mal à nouveau, dit « la voix », tu es blessé

– Non !

– Pas si fort sinon ils te feront transférer ; je vais t’aider à ne pas perdre la raison, à avoir un jeu d’avance dans la joute psychologique. C’est ce qu’on fait, tu ne dois croire personne, même pas moi !

– Où êtes-vous ?

– Quelque part en dessous ; je suis prisonnier, de la Marine, comme toi, je l’ai appris en les écoutant…

– Vous parlez chinois ?

– J’e suis depuis longtemps dans cette geôle ; tu ne me crois pas ?

– Depuis combien de temps êtes-vous ici ?

– Des années, j’ai perdu la notion du temps, je suis captif depuis 1969.

Un militaire entre et trouve Harm allongé ; il lui fait une injection.

20hGMT Commissariat central de Hong-Kong

Meg et le Capitane Krennick retrouvent l’Inspecteur Chang ; ils vont aller faire un tour, les Chinois ont mis sous surveillance la totalité des commissariats… Elles avaient vu juste : le Capitaine est prisonnier dans une garnison chinoise. Ils vont bientôt l’envoyer à Pékin mais il y a une possibilité qu’il leur soit rendu avant, contre de l’argent ; la période est instable à Hong Kong, avant la remise du territoire à la Chine, et chacun essaie de tirer les marrons du feu ! Elles seront contactées directement dans les prochaines heures, lui, il doit classer cette affaire.

10h GMT, Garnison de Nantou, Chine

Harm se réveille couché sur un vrai lit, un médecin chinois, le Capitaine sont à son chevet ; non ce n’est pas un interrogatoire, sa mémoire est affectée ? C’est normal, il a passé 27 jours dans le coma ; on l’a rasé quotidiennement, on lui a coupé les cheveux ; Harm demande si sa mère sait qu’il est là ? Tout le monde pense qu’il a disparu en mer. Ils n’ont reçu qu’une protestation écrite des Etats-Unis le concernant ! C’est la stricte vérité : alors ils n’ont qu’à le relâcher ! Non, sa libération se révèlerait fort embarrassante ; Harm conclut que s’ils continuent à le garder autant lui mettre une balle dans la tête.

Ils le reconduisent à sa cellule où il trouve une toile d’araignée énorme ; il s’allonge sur la paillasse et « la voix » se manifeste

– où étais-tu passé ?

– Combien de temps ai-je été absent?

– Deux jours, deux semaines, un mois

– C’est vrai, alors ?

– C’est un de nos jeux psychologiques ?

– Vous en faites partie ?

– On va mettre ça sur le compte de ta faiblesse et des drogues… Le Colonel Han m’a fait la même chose

Harm découvre alors son entaille au doigt, la coupure est fraîche ; cela ne fait donc pas plus de un jour ou deux. Et il se met à faire des pompes, ce que « la voix » encourage : il faut éliminer la drogue de son corps et surtout ne pas les laisser deviner qu’il a compris. Harm se présente  » Harmon Rabb Jr, Capitaine de Corvette « et « la voix » lui répond en riant :

– Non ! Le Capitaine de Corvette Harmon Rabb, c’est moi, de la Marine des Etats-Unis

13h GMT Hong-Kong

Meg et le Capitaine Krennick retrouvent leur interlocuteur qui n’est autre que l’Inspecteur Chang ; il travaille à sa reconversion ! Qui est l’autre personne qui va les aider ? Elle se trouve dans la garnison ; elle veut l’asile politique en échange de son aide, quant à lui, la seule chose qu’il veuille, c’est un numéro de téléphone à l’Ambassade qu’il puisse appeler jour et nuit en cas de besoin. Il leur laisse un lieu de rendez-vous, à 3 heures à la Cloche de la Liberté.

Dans sa cellule, Harm continue à poser des questions à « la voix » qui répond sans erreur ; ses date et lieu de naissance, le nom du bateau sur lequel son père se trouvait avant sa disparition ; Harm est debout, on le sent perdu et troublé. Harm doit trouver une question spéciale que seul lui connaît : qu’ont-ils fait avec son père la veille de son départ pour le Vietnam ; ils sont allés dans une fête foraine et ont gravé des initiales sur un wagonnet. Harm sanglote à ce souvenir et à l’espérance que soulève cette réponse. Qu’ont-ils gravé ? Un H et un R avec un petit ². Harm pleure, c’est dingue !

– je n’ai compris que bien plus tard ce que ça voulait dire, dit Harm ému

La voix l’achève :

– il faut que tu les mènes en bateau comme moi je l’ai fait depuis des années !

Harm s’assoit, effondré.

15-30 GMT Cloche de la Liberté

Meg et le Capitaine Krennick attendent depuis plus d’une demi-heure ; Krennick pense qu’elles perdent leur temps et devraient aller voir Behr :

– Comment pouvez-vous dire ça ? dit Meg, ulcérée

– Il faut être réaliste, notre mission est terminée

– On voit bien que ce n’est pas votre collègue !

– Il servait sous mes ordres, Lieutenant ! Vous voulez qu’on se batte pour savoir laquelle des deux l’apprécie le plus ; je suis moins démonstrative que vous, c’est tout ! Harm compte beaucoup pour moi

– Oui, je le savais, dit Meg

Meg lui demande s’ils ont couché ensemble ; c’est non et elle ? Meg dit qu’elle n’a eu aucune relation personnelle avec lui ; y a-t-elle pensé ? Oui !

– Dommage que vous me l’ayez avoué ! Vous ne me le diriez pas si vous pensiez qu’il est toujours en vie !

Pendant cette conversation, une femme a laissé une poussette devant elles : elles s’en approchent et découvrent à l’intérieur le portefeuilles de Harm et ses papiers !

16h20 Consulat Général des Etats-Unis, Hong-Kong

Le Capitaine Rabb est prisonnier dans une garnison chinoise, à Nantou dans les nouveaux territoires ; une personne va le faire évader demain en échange d’un droit d’asile politique ; le Sous-secrétaire fait encore des difficultés : l’asile politique, c’est long à obtenir ; le Capitaine Krennick avance sur lui et le menace de tout révéler à sa femme : elle et lui ont une liaison torride depuis Cuba… ce n’est pas vrai ? Mais il cède.

Le Capitaine chinois pénètre dans la cellule de Harm ; la lumière est soudain coupée ; c’est elle qui s’est arrangée pour le faire afin que le Colonel ne puisse pas voir sur ses écrans : elle vient le faire échapper ! Ils vont se sortir d’ici : elle, lui et son Père ! Harm n’y comprend plus rien, il semble perdu par tout ça ; mais il sera demain à Hong-Kong ! Pourquoi fait-elle ça ?

Quand elle le quitte, Harm dans sa cellule parle avec « la voix » ; derrière son écran le Colonel est satisfait : il parle vraiment avec son père ! Son imagination devient complètement logique à l’intérieur de ses propres normes… on entend « papa, es-tu là ? »

18h GMT Garnison de Nantou, Chine

Harm dans sa cellule attaque le geôlier qui venait lui faire une injection et le pique avec la seringue ; l’homme s’écroule, il lui prend son pistolet. Il cherche la cellule au-dessus de la sienne, l’ouvre « papa, c’est moi ! » Mais elle est vide, il effleure du doigt les lettres  » H R ² « quand surgit le Capitaine ; son père est déjà en route pour la frontière ; sur ses ordres, il abat un garde que l’on voit se relever quelques secondes après; une fois dehors, malgré ses questions et ses réticences , elle parvient à le faire monter dans une fourgonnette. Le Colonel a tout suivi sur ses écrans.

21h GMT Frontière entre la Chine et Hong-Kong

Meg et le Capitaine Krennick sont du côté anglais et attendent impatientes ; dans ses jumelles, Meg voit arriver la fourgonnette ; Harm en descend ; il croit que son père est dans la voiture devant, mais elle est vide ; quand Meg le voit, elle veut se précipiter, le Capitaine Krennick la retient, elles ne peuvent rien faire d’ici ! Harm, devant la voiture vide, pointe son pistolet sur le Capitaine chinois, il peut le poser, elle a mis des balles à blanc à l’intérieur ! Où est son père ? Dans son esprit ! Il a parlé à la drogue : il a suffi qu’elle lui mette cette idée en tête, ce sont les drogues qui ont fait le reste !

Une voiture arrive d’où descend le Colonel Han qui accuse le Capitaine d’avoir passé un accord avec les Américains et lui demande son arme ; elle se révolte, on la met en état d’arrestation. Mais elle proteste, elle ne faisait que suivre son plan ! Le Colonel pousse Harm devant lui « allons-y » et fait lever la barrière frontalière ; il faut qu’ils se dépêchent ; le Capitaine chinois s’empare d’une arme et leur tire dessus ; le Colonel est touché mais Harm revient le chercher et ils passent la frontière.

– est-ce que vous avez parlé, demande le Colonel

– Impossible, Colonel Han; je n’avais pas encore formulé mes recommandations quand vous m’avez capturé !

– Moi, je suis le Colonel Yang Chee ; j’ai remplacé le Colonel Han, il y a dix ans !

– Il y a dix ans ?

– Mais qui vous a parlé du Colonel Han ?

– Mon père ! dit Harm, tout doucement, incrédule et regardant en arrière, vers la Chine…

 

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