3.03 – The good of the service

6h05 GMT Village de Palma Christi, Haïti

La nuit dans un village, quelques lueurs de feux, des hommes se déplacent, une cage de bambous dans lesquels des hommes à même le sol dorment ; atmosphère étouffante. Un photographe s’approche des prisonniers, un flash déchire la nuit ; non loin de là, un groupe de Marines sur le pied de guerre, camouflés, s’arrête à intervenir. Leur chef s’approche de la cage, l’ouvre et éveille l’un des hommes,
– Hey, hey, réveille-toi, allez, soldat, debout ! »
– et le sergent ? » demande l’homme, un peu ahuri
– il est mort !
– Attendez, je vais pas le laisser tout de même, et il le charge sur ses épaules.
Au moment où ils parviennent à l’éloigner, un Marine tire, donnant l’alarme et, aussitôt, tout s’accélère, coups de feu, cris, allers et venues dans tous les sens, le village est pris entre deux feux et c’est l’apocalypse ; un photographe présent ne cesse de prendre des clichés, le dernier étant celui d’une femme, en larmes un enfant mort dans les bras !

14h55 GMT, Quartier général du JAG, Falls Church, Virginie

Dans le bureau de l’Amiral, se trouvent Harm et Mac :
– Hier, le corps expéditionnaire des Marines a envoyé une section de reconnaissance à Haïti
– Il était temps, commente Harm, cela fait une semaine que les rebelles ont fait prisonniers des Marines
– Je crois savoir que la mission a été un succès, ajoute Mac
– D’une certaine façon, oui, nous avons récupéré nos hommes, du moins ceux qui étaient encore en vie mais il y a eu des pertes, plus d’une vingtaine de villageois ont été tués au cours de l’intervention, la presse parle d’un combat sanguinaire. La Maison Blanche veut savoir ce qui a poussé nos troupes à envahir un pays étranger ! et à tuer autant d’innocents !
– L’Etat-major, j’imagine à donner ordre de ne pas intervenir, dit Mac
– Mais qui commande cette unité ? demande Harm
– Le Lieutenant-colonel John Farrow
Haut le corps de Mac qui écarquille les yeux, Harm s’en rend compte, tout comme l’Amiral.
Quand ils sortent du bureau, Harm se retourne vers elle :
– Alors, vous voulez me parler du Colonel Farrow ?
– C’était le commandant du Quartier général et de l’équipement à Okinawa
– Et ?
– J’étais sa secrétaire, comment le savez-vous ?
– Votre bouche fait toujours un drôle de petit rictus quand vous cachez quelque chose ! Alors ?
– C’est un excellent chef, un homme d’honneur, en résumé, un officier extraordinaire !
– Quoi d’autre ? dit Harm, s’appuyant sur le chambranle de la porte et la regardant droit dans les yeux
– Comment ç, quoi d’autre ?
– Vitre bouche vous trahir encore, là !
– C’est grâce au Colonel Farrow que l’armée m’a fait faire des études de droit, ils ont suivi sa recommandation
– Et c’est tout, insiste Harm
– Mais qu’est-ce que vous cherchez ?!
– Rien, je tiens à m’assurer que nous entamons cette enquête avec l’esprit ouvert !
– Il est toujours ouvert, dit Mac en rentrant dans son bureau et en refermant la porte… Mais – elle vient de la rouvrir – si les politiciens veulent un bouc émissaire, il est hors de question que je leur livre le Colonel Farrow !
– Ben tant que vous gardez l’esprit ouvert, réplique, goguenard Harm

16h55 GMT USS Wake Island, Océan Atlantique

Les deux avocats interrogent les hommes du commando, notamment le Capitaine Banes au sujet de l’opération nom de code Manta Raie. Le but en était de libérer les Marines retenus prisonniers par des forces rebelles à Haïti ; c’est bien le Lieutenant-colonel Farrow qui a donné l’ordre ; non, il ne lui a pas fait part que l’ordre était suspendu.
Un Marine introduit le Capitaine Rabb et…
– Mac !!! ou devrais-je dire Major Mackenzie ?
Accueil très chaleureux, Harm remarque qu’il se passe quelque chose entre ces deux-là ; le Colonel prend les mains de Mac, elle lui sourit, ils se regardent dans les yeux. Ils s’assoient.
– Content de vous revoir !
– J’en suis ravie aussi, Colonel
– Alors, à quel point suis-je dans la panade, Mac ?
– Cela dépend de ce que vous allez nous dire, intervient Harm. Colonel, nous enquêtons sur les circonstances ayant précédé l’exécution de l ‘opération Manta Raie
– Je vais vous faciliter la tâche, j’ai donné l’ordre, j’en accepte les conséquences !
– Colonel, personne ne vous accuse de quoi que ce soit
– Je pense que si ! Si on fait faire 2000 Kms à deux officiers du JAG c’est qu’il y a des raisons !
– Par j’en accepte les conséquences, dit Harm, reconnaissez-vous avoir désobéi à un ordre direct ?
– Capitaine ! dit Mac, Colonel, je vous conseille de ne faire aucune déposition à propos du délit dont vous êtes soupçonné car toute déclaration pourrait être utilisée contre vous devant une Cour Martiale !
Harm la regarde, inquiet
– Je crois…
– Il a le droit de consulter un conseiller et je vous le conseille fortement, Colonel, le coupe Mac
Quand ils sortent de là, Harm se rapproche d’elle, elle a mis fin à l’entrevue bien tôt ; et ils se disputent ; Harm explique qu’il ne s’agissait que d’une enquête préliminaire, il ne portait aucune accusation…Il n’a rien fait qu’ils n’aient déjà fait une bonne douzaine de fois auparavant!
– Qu’est-ce qu’il représente pour vous vraiment ?
– Ça, ça ne vous regarde pas du tout !
– C’est comme ça que vous le prenez ?

21h25 GMT, Ministère de la Marine, Washington DC

L’Amiral est dans le bureau du SECNAV
– Amiral, est-ce que le Colonel Farrow a ignoré l’ordre de suspendre l’attaque ?
– Nous l’ignorons pour l’instant, Monsieur le Secrétaire
Alors qu’est-ce qu’il attend ? l’Amiral explique que Rabb et MacKenzie sont ses meilleurs éléments, s’il faut entamer des poursuites, on peut compter sur eux. Le SECNAV est furieux, des femmes et des enfants sont morts, la presse fait le parallèle entre ça et Mi-Laï
– Sauf votre respect, Monsieur, ce n’est pas le Vietnam !
– Le Président est inquiet et je le suis également !
– D’un autre côté, a joute doucement l’Amiral, je ne peux que douter que les Marines torturés et capturés partagent votre inquiétude !
– Le bien-être de nos hommes a pesé lourdement sur notre décision de ne pas intervenir !
– Notre gouvernement veut résoudre des problèmes diplomatiques en négociant avec des truands ?!!
– On s’occupe de la situation ; j’ai demandé à l’Amiral Colter de porter plainte contre le Colonel Farrow !
– Je trouve que c’est prématuré », Monsieur ! répond l’Amiral fermement
– Le Président veut que les coupables soient châtiés et que des mesures soient prises pour éviter que ce type de comportement ne se reproduise !
– Je comprends, Monsieur le Secrétaire
– En êtes-vous sûr, Amiral ?

03h10 USS Wake Island, océan Atlantique

– Entre, Sarah, je t’en prie!
– Tu as l’air fatigué, John ?
– Et bien, la semaine a été i… intéressante !
– Comment tu vas ?
– Bien !
Mac et John Farrow sont les yeux dans les yeux, et se regardent avec tendresse
– J’ai souvent pensé à toi, dit Mac doucement
– Moi aussi ! J’ai suivi ta carrière avec attention
– C’est grâce à toi que j’ai une carrière
– Tu t’en es très bien sortie toute seule, je pense ! Tu as un instinct de tueuse que je n’avais pas remarqué jusqu’à aujourd’hui!
– Je ne te suis pas !
– C’est l’Amiral qui l’envoie, dit-il en lui remettant une feuille, pour « désobéissance à un officier supérieur » ! Tu as l’air surpris ?
– Je le suis
– Tu as fait la recommandation !
– Non !!!
– Je n’étais pas au courant, John, je ne t’ai jamais menti une seule fois !
Il lui annonce qu’il demande à être entendu en Cour martiale.

Mac, en fureur, se présente devant la cabine de Harm, elle frappe et entre :
– Vous m’avez piégé souvent, des coups plus ou moins tordus, mais là, c’est trop ignoble ! Même pour vous !!
– Mettez la pédale douce, répond Harm, allongé sur sa couchette, et dites-moi ce qui ne va pas !
– Vous avez contacté Chegwidden et vous lui avez recommandé une punition, l’article 90 ça vous rappelle quelque chose ?
– J’ai envoyé un rapport, oui, mais…
– SANS M EN PARLER !!!
– En tant qu’enquêteur principal, c’est une de mes prérogatives ! Mais je n’ai fait aucune recommandation !
– Pourquoi n’en a-t-on pas discuté avant ?
– Parce que, en toute franchise, je ne crois pas que vous soyez objective !
– C’est bien possible ! Mais vous auriez dû me laisser le bénéfice du doute !
Harm ne dit mot, mais son expression révèle qu’il a quelques regrets.

15h00 GMT, Quartier général du JAG, Falls Church, Virginie

Mac est dans le bureau de l’Amiral Chegwidden :
– C’est déjà réglé, Mac
– Sauf votre respect nous n’avons pas encore rendu notre rapport final
– Je ne vous dois aucune explication, mais sachez que le SECNAV s’intéresse beaucoup à cette affaire

Harm vient d’entrer : il leur apprend alors qu’il va mettre ses meilleurs éléments sur le dossier, de plus l’avocat de la défense sera un formidable adversaire : et qui est-ce ? Lui-même !
Stupéfaction des deux avocats qui tentent, mais en vain de dire que ce n’est pas possible, que… Tous deux montent au créneau mais rien n’y fait !
– Ecoutez ! le gouvernement veut prouver qu’il contrôle toujours les militaires mais, en même temps, il ne veut pas donner l’impression de sacrifier un officier respecté ! C’est de la politique !!!
– Amiral, intervient Harm, je demande officiellement que le Major soit dépossédée du dossier pour cause de relations personnelles avec l’accusé !
– Major ?
– Mes relations personnelles avec le Colonel Farrow n’affecteront pas l’accomplissement de mon devoir, Amiral !
– Bon ! Nous nous retrouverons devant le juge !

Une fois sortis
– Mais à quoi vous jouez ?
– Je voulais vous aider à vous en sortir !
– En m’accusant d’être de parti pris ! La prochaine fois, ne m’aidez pas, d’accord !!

Harm retrouve Bud et commence à lui demander des recherches quand ce dernier l’interrompt : il aurait bien aimé travailler avec lui, mais l’Amiral l’a requis comme assistant. Ils retrouvent le Lieutenant Sim, Harm la taquine, elle l’espionne déjà ?… Puis, il lui souhaite la bienvenue.

L’Amiral va voir son client, les deux hommes conviennent de tout se dire afin de mener la stratégie de défense. Et le Colonel raconte à l’Amiral tous les évènements qui ont conduit à l’intervention : c’est 10 minutes avant l’heure H, alors que ses hommes étaient prêts depuis deux heures que l’ordre est arrivé. Un message disant que le département d’Etat tentait de résoudre la crise, arrêt jusqu’à nouvel ordre. Son capitaine est venu lui demander s’il savait qu’un autre Marine venait d’être exécuté ? Oui ! Il a confirmé qu’ils étaient prêts à attaquer ; le Colonel a demandé quelques instants, le capitaine a surenchéri en disant qu’ils exécutaient leurs Marines et traînaient leurs dépouilles dans les rues, bientôt, a ajouté le Capitaine Banes, il n’y aura plus personne à sauver ! ! Et il a donné l’ordre.
– Avez-vous envisagé d’envoyer un message à l’Amiral Colter ? demande l’Amiral Chegwidden

Le Colonel Farrow lui répond que le temps qu’il passe par toutes les instances intermédiaires, il aurait été trop tard ! Il lui demande ce qu’il risque ? En plaidant non coupable, ils le renverront pour conduite déshonorante, il aura la perte de sa solde et 5 ans de prison fédérale. Et s’il plaide coupable ? On pourra négocier mais sa carrière est terminée et on ne pourra peut-être pas éviter la prison.
– Je ne pouvais pas laisser mes hommes se faire massacrer, même si ça implique de désobéir aux ordres! Je veux que ce soit noté dans le rapport.
– Alors, nous en ferons notre ligne de défense, la vie de vos hommes passe avant votre carrière !

14h00 GMT, Quartier général du JAG, Falls Church, Virginie

Début de la Cour martiale. Mac, d’un ton ferme, lit l’acte d’accusation, évoque la violation de l’article 90, désobéissance à un officier supérieur ; l’accusé plaide non coupable.
Mac poursuit : l’accusé a fait attaquer un village d’Haïti ; l’Amiral rétorque que le Colonel Farrow a fait preuve d’initiative et de courage dans une situation difficile ; il a fait ce qu’un bon Marine a appris à faire, à ré »agir vite et il a gardé, toujours à l’esprit d’épargner la vie de ses hommes.

Interrogatoire de l’Amiral Colter par Harm : pourquoi a-t-il donné l’ordre de suspendre l’exécution de l’opération ? Les diplomates voulaient encore une fois essayer de résoudre la crise, de plus ils craignaient que les informations concernant les civils ne soient incomplètes.
L’Amiral Chegwidden procède au contre-interrogatoire : savaient-ils qu’il y avait des Marines tués et mutilés ? Oui, sur 5 pris, 3 avaient été tués. Oui, il connaissait le sort des survivants, ils seraient aussi exécutés.
Puis vient le Capitaine Banes : il ignorait que l’ordre de suspendre l’opération était arrivé ; A sa place, qu’aurait-il fait ? Il aurait continué, ces Américains avaient la charge de nourrir les habitants… les morts civiles, ça arrive dans une guerre.

Bud et Harriet sont ensemble, ils déballent des cartons, et trinquent tout en s’embrassant, quand cela devient plus passionné, Bud, bafouillant à son habitude, fait comprendre à Harriet qu’il ne peut pas aller plus loin ; il a fait faire des tests ; oh, ce n’est pas qu’il ait eu des aventures à la pelle, non, mais il veut faire les choses comme il faut, vis-à-vis d’elle ; elle répond qu’elle va en faire autant ! » J’ai l’impression que le meilleur est à venir ! »
A la reprise de l’audience, Mac interroge le photographe et il raconte ce qu’il a vu, en conclusion apparaît la photo terrible de la mère éplorée, tenant son enfant mort dans les bras … Cela fait une énorme impression !
La défense met en évidence qu’un rebelle s’est servi de l’enfant comme d’un boucler humain ! et l’Amiral de fulminer contre un gouvernement qui veut négocier avec ce genre d’hommes ! Peut-il dire avec certitude que cet enfant a été tué par un Marine ? Non.
– Si le Colonel Farrow n’avait pas désobéi aux ordres, est-ce que cet enfant serait encore en vie, demande Mac
– Objection ! spéculations !
– Nous connaissons la réponse de toutes façons, jette Mac en regagnant sa place
Harm lui jette un regard d’appréciation.

Dehors, Mac et Farrow se retrouvent nez à nez : elle a fait fort, il la complimente. Elle n’en tire aucun plaisir. Le ton monte, elle lui dit qu’elle n’a, légalement, pas le droit de lui parler.

A la reprise de l’audience, le Colonel Farrow demande la parole et déclare vouloir plaider « coupable » au grand étonnement de tous, et surtout de l’Amiral.

19h30 GMT, Quartier général du JAG

Le juge dit ne pas aimer les surprises. Tous approchent : le défenseur avoue être tout aussi surpris et demande un report d’audience pour parler à son client Mac, d’emblée, accepte, mais Harm bataille ferme, les deux avocats finissent par s’adresser ensemble au juge, dans une cacophonie incroyable. Report d’une journée accordé !

Mac et Harm sortent ensemble du JAG et se dirigent vers leurs voitures :
– Etes-vous suicidaire ?
– Pourquoi dites-vous ça ?
– Vous vous êtes comporté comme un idiot !
– Je faisais juste mon devoir, asticoter l’adversaire fait partie de la joute légale.

A ce moment, arrive l’Amiral au volant de sa voiture, il apostrophe Harm
– Hey, Rabb très adroit !! dit-il en souriant-
Et il les laisse, Mac est stupéfaite, ses regards vont de l’un à l’autre, incrédule puis légèrement admirative.

21h30 GMT Ministère de la Marine, Washington DC

Le SECNAV félicite l’Amiral. Pourquoi, son client s’est effacé sans prévenir ? Il pourra plaider la clémence ! Quand tout à coup, il regimbe : il comptait sur sa défaite, n’est-ce pas ? Aucune importance ! Justement non, hurle l’Amiral, et il le quitte en disant « j’ai un client à défendre » !

22h30 GMT, Leesburg, Virginie

A.J Chegwidden se présente chez le Colonel Farrow, il sorite un bourbon sur sa terrasse.
Pourquoi abandonner le combat, fuir ? Le Colonel lui répond que ça n’a rien d’un combat, ce n’est qu’une mascarade des politicien, des medias qui veulent casser du militaire !
Il prétend avoir quelque chose à dire, alors qu’il le dise, bon sang ! A quoi bon, ceux qui savent, le savent et les autres s’en fichent !
– Il faut que je me retire en douceur pour le bien du service !
– John, ce pays ne peut pas se permettre de sacrifier des hommes tels que vous ! il fait rester et se battre !

Dans la voiture, Bud et Harriet évoquent leur situation, les tests de Bud sont négatifs, Harriet attend les siens… Ils vont pouvoir penser à autre chose et aller de l’avant.

La Cour martiale reprend et la défense annonce que le Colonel Farrow plaide non coupable
AJ Chegwidden interroge son client : Il a nié les ordres de l’Amiral Colter ?
– Au contraire, je les ai considérés avec beaucoup d’attention et j’ai décidé de désobéir
– Pourquoi ?
– En obéissant, je n’aurais pas rempli mon devoir envers mon pays et mes hommes
– Votre devoir exige d’obéir aux ordres en mettant en péril de votre carrière ? Pourquoi l’avez-vous fait ?
– Les diplomates à 2000 Kms de là ne faisaient que discuter alors que mes Marines se faisaient massacrer.

En entendant ses mots, Harm devient songeur.
Contre interrogatoire de Mac : il a désobéi aux ordres
– Si je n’avais rien fait, comment aurais-je pu commander à nouveau ? De nombreux officiers quittent l’armée tous les jours parce que les politiciens placent leur intérêt personnel au dessus de l’intérêt général, avant nous avions des héros dans ce pays, maintenant il faut toujours protéger ses arrières sinon les bureaucrates vous descendent en flammes ! je ne suis qu’un homme qui a été forcé de prendre une décision !
Mac lance un regard vers Harm, mal à l’aise à son tour. Il se lève après quelques secondes pendant lesquelles il cherche sa stratégie.
– Je n’aurai q’une question, Colonel : avez-vous désobéi à un ordre direct ?
– J’ai obéi aux ordres toute ma vie, si j’avais obéi à celui-là, j’aurais été coupable ! La réponse est oui !
– Votre Honneur, la défense se retire !

Plaidoyers pour le lundi matin à 9 heures.

Harm et l’Amiral sont dans le bureau : AJ Chegwidden est le dos à lui, vers la fenêtre, les bras croisés.
– Vous l’avez laissé tranquille…
– J’ai obtenu ce que je ovulais, dit Harm, inutile de frapper un homme à terre…
– Capitaine, vous pensez sincèrement que c’est un héros, n’est-ce pas ?
Il se retourne furieux !
– Je me contrefiche que vous pensiez que ce soit un héros ou pas ! Je veux que vous attaquiez en faisant feu de toutes pièces !
– Amiral, les jurés pensent qu’il est coupable!
Vous n’avez rien compris !!! c’est le public qui va juger cette affaire !!! -il est hors de lui- ils ont un scandale, pas de cadeau !!! je ne veux pas d’un acquittement dû à une accusation trop molle ! -ils sont les yeux dans les yeux, très proches- faites votre travail ou retirez-vous ! Ai-je été assez clair ?
– Très clair…
– Rompez !
– A vos ordres !

On retrouve Harm attablé à un bar ; il attend quelqu’un qui arrive, le photographe et le félicite pour son cliché, le Pulitzer est pour lui ! Harm aimerait faire témoigner cette femme ; le journaliste signale que c’est en Haïti ! S’il l’y conduit, il aura l’exclusivité !

13h10, GVMT, Village de Palma Christi, Haïti

On les retrouve tous les deux accueillis par une patrouille, heureusement ce sont des hommes de l’armée régulière. Sous prétexte de prendre des photos, Harm réussit à entrer dans l’école et se présente à la mère de l’enfant, Antoinette Malidor, en train de faire classe avec des enfants. Et il lui demande son aide.

14h10 GMT, Quartier général du JAG, Falls Church, Virginie

Harm annonce qu’il n’est pas prêt pour le plaidoyer final ; Objection de l’Amiral, mais l’accusation humblement à la Cour d’entendre un nouveau témoin. Ils approchent ; de quoi s’agit-il
Harm dit qu’il y a une version de l’incident qui n’a pas été encore considérée ; laquelle, demande la défense. ? Antoinette Malidor, la mère de l’enfant sur la photo.

– C’est sans rapport, proteste l’Amiral, quelles informations cette malheureuse pourrait-elle nous faire partager ?
– Le témoignage de la mère établira les conséquences des actions du Colonel Farrow, dit Harm, ce qui concerne au premier chef la question du bon droit
– Pourquoi ne l’avez-vous pas présentée avant, demande la juge
– Elle était difficilement joignable !
– On ne sait même pas si sa présence ici est légale, proteste l’Amiral
– ça, ça regarde l’immigration, dit la juge

Mac enfonce le clou :
-elle a subi une perte irréparable à cause d’un acte militaire des Etats-Unis, alors le moins que l’on puisse faire c’est de l’écouter, je trouve.
– Votre Honneur, ceci est une Cour martiale, pas une émission à scandale
– Je sais très bien ce que c’est, Amiral, dit la juge, vous pourrez faire un contre-interrogatoire ! On peut rouvrir le dossier !

Harm commence en lui disant qu’il partage son deuil pour son fils décédé ; non il n’est pas décédé, il a été tué par la balle d’un militaire ! Elle raconte les évènements ; tous dormaient quand ils ont entendu des cris, puis des coups de feu ; ils sont sortis par derrière, un rebelle s’est emparé du petit Peter et l’a pris comme bouclier. Qui a tué son fils, les soldats ? Harm observe quelques secondes de silence et enchaîne
– Le Colonel Farrow a-t-il tué votre fils ?
– Oui ! … Mais vous êtes responsable vous aussi, dit-elle à Harm qui retournait vers son banc, ainsi que vous, et vous ! vous êtes responsables, tous autant que vous êtes, accuse-t-elle. Vous ne faites rien !! Il y a des viols, des massacres, vous ne faites rien ! Oh, vous nous envoyez de la nourriture, des outils, mais vous ne nous protégez pas ! et même quand c’est vos propres soldats, vous ne faites rien… Finalement, celui-là, finalement, dit-elle en montrant le Colonel Farrow, celui-là, celui-là, il envoie des soldats pour se battre et voilà que vous ovulez le punir à présent ! je ne comprends rien à votre pays !
Harm, assez content de lui, reste silencieux.

Dans le parc Mac rejoint Harm sur un banc :
– Vous auriez pu me prévenir !
– Je n’ai pas eu le temps
– Menteur ! Vous m’avez écartée de cette affaire depuis le début !
– Je savais que vous aviez des intérêts d’ordre sentimental !
– Est-ce que mes sentiments m’oint déjà empêchée de faire mon travail ?
– En tous cas, ils ne vous ont pas empêchée aujourd’hui, sourit Harm ; belle reprise de volée devant le juge, tout à l’heure !
– Merci, dit-elle ; elle est toute proche de lui
– Peut-être que je ne vous ai pas accordé le bénéfice du doute, dit Harm doucement
– Non, en effet !
– Et bien, ce qui est certain c’est que je préfère vous avoir dans mon camp plutôt que contre moi
– Dois-je prendre ça pour une excuse ?
– Disons plutôt une reconnaissance des faits
– Hé ! reconnaissance des faits acceptée !

Son biper les rappelle pour le verdict !

Les jurés déclarent le Colonel Farrow coupable de trous les chefs d’accusation. Mac tend le dos ! Ont-ils une sentence ? Oui :
– Lieutenant-colonel Farrow, cette Cour martiale ne vous condamne à aucune peine ni châtiment !
– La Cour martiale est levée.

Harm semble intérieurement content ! Le Colonel demande à son avocat ce que ça signifie ? L’opinion publique a changé, il est un héros ! Harm félicite son adversaire avant de quitter la salle d’audience.

L’Amiral se tourne vers Mac
– C’est une erreur d’étudiant de droit de 1ère année, dit-il goguenard, ne jamais poser au témoin une question dont on ignore la réponse !!!

Tous deux regardent la haute silhouette de Harm s’éloigner et Mac répond, doucement, dans une moue :
– Il la connaissait, Amiral !

13593 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*