9.09 – The boast

9.09- The boast – Le vantard

19h30 GMT, Camp Pow Centre de l’Irak, lieu classé secret défense

C’est la nuit dans le camp, deux Marines arrivent en discutant quand tout à coup éclatent des coups de feu et l’on entend des cris ; ils se précipitent vers l’origine des coups de feu, le camp de prisonniers : un homme gît au sol, face contre terre, les mains liées derrière le dos : il a reçu une balle derrière la tête et son sang forme une flaque qui se mêle au sable ; un Marine s’exclame « Monsieur, je n’ai rien pu faire ! » à l’officier, arrivé sur les lieux et qui demande d’établir un cordon de sécurité.

18h18 Pentagone Washington DC

L’Amiral Chegwidden se tient debout dans le bureau du Secrétaire d’Etat ; ce dernier veut connaître le fond de l’affaire : il y a eu une autre affaire identique de meurtre de prisonnier irakien restée sans explication. Là, c’est un cauchemar, un Marine est accusé à la suite d’un article paru dans le ‘Norfolk Sun’ qui fait grand bruit : Le Caporal Peter Kelly s’est vanté auprès d’un reporter d’avoir mis une balle derrière la tête d’un prisonnier ! Oui, l’Amiral le sait bien, il a immédiatement mis le Colonel MacEnzie et le Lieutenant Roberts sur ce cas ; pourquoi pas Rabb ?demande le Secrétaire. Il a un projet pour lui, il parle de base-ball et du match qui se déroule à Los Angeles entre les Marines et la Navy ; le Secrétaire lui envoie la balle qu’il tient à la main, il la reçoit et dit « Go Navy ! ».

22h48 Stade de Blair field, Long Beach, Californie

Parmi les spectateurs de ce match de base-ball, deux spectateurs, connaisseurs, assis côte à côte : l’Amiral AJ Chegwidden et le Capitaine de Corvette Harmon Rabb, en civil bien sûr !

Lancer de la Navy, : on voit le batteur se préparer en assurant son assise au sol, le receveur qui fait des signes de la main au sol en direction du lanceur – l’index vers la droite, puis vers le sol, et tous les doigts vers la gauche, assentiment discret de la tête du lanceur et la balle part ; on en suit au ralenti la trajectoire dans le ciel, elle retombe à une vitesse incroyable et vient frapper le batteur derrière la tête ; « Ho ! » soupire la foule des spectateurs, l’entraîneur des Marines se précipite, le batteur ne se relève pas, k.o au sol ; on appelle les secours au plus vite.

21h04 Base des Marines de Quantico, Virginie

Mac interroge le Caporal P. Calley : il a tué quelqu’un, il en est malade mais pourquoi avoir raconté ça à un reporter ? Cette femme lui posait la question à ‘un million de dollars’, il ignorait qui elle était. Quelle est cette question, demande Mac ?

Flash Back : on voit le Marine aux côtés d’une jeune femme, ils sympathisent, puis elle lui demande « as-tu déjà tué quelqu’un ? Il répond oui, un prisonnier de guerre qui avait tué deux Marines auparavant et il raconte son « meurtre », il l’a abattu derrière la tête ; elle est scandalisée et lui dit alors qu’elle est journaliste …

Mais, dit-il à Mac, tout ce qu’il a vu c’est un homme avec une balle dans la tête à terre, il ne l’a pas tué ! Il a raconté une histoire idiote pour l’impressionner, mais elle n’a plus voulu croire ses dénégations par la suite.

Quartier Général du Jag

Harm rejoint l’Amiral dans son bureau : le Lieutenant Felps est fortement commotionné et son entraîneur porte plainte contre le lanceur de la Navy : cela fait rire l’Amiral, Harm le détrompe, l’entraîneur n’est autre que le Major… Felps, le père de la victime ; il prétend que le Quartier-maître a lancé la balle avec intention de blesser.

12h45 Norfolk Sun

Bud rencontre la journaliste responsable de l’article sur le Caporal ; elle confirme à Bud le contenu de son reportage, elle a fait des recherches, et personne ne confirme l’alibi du Caporal.

13h57 GMT Hôpital naval de Bethesda, Bethesda, Maryland

L’Amiral vient trouver le Major Felps, non pas en tant qu’Amiral, en tant qu’amateur de base-ball; le Major lui dit savoir pourquoi il est là, il veut lui faire abandonner les charges: une balle à 150 Km/heure mais il n’y a aucun moyen de prouver le fait intentionnel, réplique l’Amiral ; le Major n’en démord pas : il doit payer pour sa responsabilité.

Mac interroge le Capitaine, supérieur du Caporal : le camp abritait 400 prisonniers de guerre ; la victime Omar Billah aurait tué deux soldats américains, poussait-il ses compagnons à l’émeute ? Le Capitaine raconte avoir vu le prisonnier interpeller ses compagnons, deux heures avant d’être tué, mais avoue sa méconnaissance de la langue arabe. Un Marine a ordonné de les disperser, l’a fait mettre à genoux et menotté ; Mac s’étonne, il avait des menottes au moment où il a été tué ? Le Capitaine ajoute que le Marine Kelly est un bon soldat, qu’il n’a pas pu commettre ce meurtre. Bud intervient et oriente ses questions vers un point : les Marines vivent là-bas dans un stress permanent, n’est-ce pas, ils ont eu de lourdes pertes, dans ce cas il arrive qu’on fasse n’importe quoi… Silence…

Grace Aviation : Harm arrive auprès de Mattie avec trois énormes pizzas, une végétarienne, une aux boulettes de viande et une aux fruits de mer, Mattie goûte la première – délicieuse- pais lui dit que la prochaine fois, il pourra choisir une pizza aux poivrons !

Il lui montre la convocation qu’il a reçue pour passer devant le juge pour enfant, dans trois semaines ! Elle lit le papier, découvre le mot ‘ pupille’ et lui en demande le sens : un pupille est soit un mineur soit un incapable confié à un tuteur ; elle espère qu’il ne la considère pas comme une incapable !

– Tu connais Batman et Robin ?

– Non, c’est des trucs pour enfant et moi, je travaille pour vivre !

Elle le regarde droit dans les yeux et lui demande :

– Qu’est-ce que ça te rapporte ?

– …Toi, répond-il, mi sérieux, mi souriant

Quand Jen Coates arrive dans le bureau de l’Amiral, il regarde un match de base-ball sur son écran : elle l’informe qu’il a reçu des messages du Général Morane, deux fois du député Redstone, mais il reste cloué devant son écran, puis s’écrie :

– Là, là, c’est vrai, le lanceur envoie la balle derrière la tête du batteur, mais quand même… ! J’en conviens, mais risquer une Cour martiale pour une balle effleurante, ça symbolise le déclin de la civilisation occidentale !!!

– Vous devriez passer au décaféiné, annonce le Secrétaire d’Etat sur le seuil de la porte ! AJ, je voulais vous dire bonjour en me rendant au travail…Eh bien, vous ne vous accordez pas le moindre répit, on dirait !

– Monsieur le Secrétaire, je souhaite assurer moi-même la défense dans l’histoire du match de base-ball

– Pourquoi vous impliquer dans une affaire aussi mineure, AJ ?

– Avec cette enquête préliminaire, on va repousser à l’extrême les limites de la jurisprudence et cela pourrait créer un précédent désastreux pour l’avenir de notre sport national….

– Je ne suis pas venu pour parle de base-ball, mais du Caporal Kelly…

– Mes collaborateurs travaillent 24/24h sur ce dossier et vous aurez mon rapport à midi au plus tard…

– Voilà, nous ne considérons plus cette situation comme prioritaire ; j’ai rencontré les chefs d’Etat-major hier soir, ils ont décidé d’abandonner l’enquête pour cette affaire de meurtre ; nous ne voulons pas que vous engagiez des poursuites contre ce Marine tant que vous n’aurez pas les preuves pour le faire, nous ne souhaitons surtout pas donner à l’ennemi de quoi alimenter sa propagande

L’Amiral manque s’étrangler !

Dans la salle de travail, il rend compte à Mac, Bud et Harm :

Bud remarque que

– toutes considérations politiques mises à part, nous ne pouvons pas laisser nos Marines exécuter des prisonniers pour quelque raison que ce soit !

– Donc vous pensez vous-même que le Caporal Kelly a exécuté le prisonnier ?

– Il n’y a pas assez de preuves

– Il y en a bien assez, réplique Mac

– Il y a surtout eu des exagérations ou des mensonges, dit Bud

L’Amiral tranche, Mac défendra et Bud poursuivra, il les couvrira face à la hiérarchie.

Pendant tout cet échange, Harm ne dit rien, il triture son stylo un demi sourire aux lèvres. Il semble attendre. L’Amiral précise que comme on manque de personnel au Jag, il va demander à Coates d’épauler le Colonel et quand Harm propose son aide, il ajoute qu’il a toute confiance en Mac et Bud.

Par manque de place, l’audience préliminaire concernant le match de base-ball se déroulera dans cette salle.

Il leur annonce alors qu’il assurera la défense, lui-même et comme il est impliqué, il laisse le soin au Colonel de désigner la partie adverse :

– Y a-t-il un amateur pour se mesurer à Monsieur Muscle, dit Mac en soupirant ?

Et comme les trois avocats se regardent, Mac désigne un absent Sturgis Turner, elle le fera revenir de Seattle ! Mais Harm intervient :

– Je pense que l’Amiral a organisé tout ça de façon délibérée, plus précisément, j’ai l’impression qu’il veut se mesurer à moi

– Il doit penser que vous êtes un adversaire facile, dit Mac

– Ou alors, il veut se mesurer au meilleur ! J’accepte le défi…enfin, si vous n’y voyez pas d’inconvénient !

– Epargnez-moi vos sarcasmes, je sais pourquoi vous voulez cette affaire !

– Oui, contre la violence qui sévit dans le sport professionnel !

Harm évoque alors le hockey, le base-ball,

– C’est vrai, dit Mac, mais vous voulez punir l’Amiral de vous avoir exclu pendant trois mois ! dit-elle en partant.

Face à Harm, Bud hoche la tête, il partage le point de vue de Mac.

17h21 GMT Base aéronavale de Norfolk, Virginie

L’Amiral interroge l’entraîneur du lanceur sur les qualités du Quartier-maître Crawford : c’est un joueur très sollicité, capable de lancer la balle à 150k/h pratiquement où il veut ; l’Amiral lui explique que si c’est exact, c’est malheureusement l’argument que va employer la partie adverse ; lors des deux dernières saisons le Quartier-maître Crawford n’a blessé personne délibérément ; lui a-t-il donné l’ordre d’envoyer la balle à la tête du batteur ? Cela aurait été une mauvaise stratégie, ils n’avaient que deux points d’avance et cela aurait permis aux autres d’égaliser.

Quand l’Amiral rencontre le Quartier-maître, il lui annonce qu’il va le défendre ; oh, alors ce doit être grave ! L’Amiral l’informe que le Lieutenant Felps se rétablit ; le Quartier-maître explique qu’il voulait lancer la balle à l’intérieur et qu’il a raté son lancer. L’Amiral remarque que ces rencontres entre la Marine et les Marines sont intenses… la réponse fuse :

– Je ne lancerais pas une balle rapide sur un adversaire, Monsieur, même si c’était un Marine !

– Je ne vous recommande pas de dire cela à l’audience.

Dans la salle de sport, l’Amiral va voir le Matelot Johnson : l’autre jour, pendant le fameux match, il était receveur – oui, les Bulldogs ont eu chaud !- ils vont les devancer de trois points l’an prochain… L’Amiral lui dit avoir remarqué qu’il lui faisait des signes de la main ; que signifient-ils ? Il ne sait pas ! Comme l’Amiral insiste, – veut-il voir la vidéo ?- le Matelot regarde autour e lui et par-dessus son épaule : c’est l’entraîneur qui lui en a donné l’ordre ; frapper le batteur à la tête ? Non, que la balle l’effleure.

Harm présente le cas : le receveur a avoué avoir demandé une balle effleurante sans intention de blesser ; le Major Felps souhaite dans ce cas poursuivre également le receveur et l’entraîneur ! Le fils, le Lieutenant Felps réagit ; l’impact sur sa carrière personnelle serait désastreux, quel avenir aurait-il chez les Marines ? Harm renchérit : l’audience préliminaire est un moment éprouvant, il faut rester aussi objectif que possible ; le Major répond que ce n’est pas le père qui parle mais l’entraîneur ; Harm lui demande s’il n’a jamais demandé une balle effleurante en tant qu’entraîneur ? Il n’a jamais demandé à quiconque de casser des crânes !

Mac interroge le Caporal Kelly : il semblerait que Omar Billah lui a craché au visage ? Omar Billah préparait-il une émeute ; il n’en a aucune idée ; il ajoute qu’il ne l’a pas tué ; Mac se fâche alors :

– Donc si nous ne trouvons pas quelque choses comme la vérité, vous risquez 20 ans à Leavenworth !

14h12 GMT Quartier général du Jag, Falls Church, Virginie

Mac va voir Jen et demande si l’Amiral est arrivé ; non, il est au tribunal, aujourd’hui ; elle voudrait bien échanger son procès contre le sien ! Un problème ? Elle aimerait prendre le Caporal Kelly par les pieds et le secouer un bon coup ! A-t-elle trouvé quelque chose auprès de la journaliste sur Omar Billah ? Coates avoue se heurter à un mur. Curieux, le Capitaine des Marines qui dirigeait le camp ne savait pas grand-chose sur lui non plus !

Elle va le voir pour qu’il lui communique les deux noms des Marines qu’il a soi-disant tués : il ne peut pas avoir accès à ce genre d’informations ; mais pourtant, il était bien dans ce camp !

– Quel est ce grand mystère qui entoure Omar Billah ?!! Savez-vous que vous faites obstruction à une enquête menée par le Jag !

– Pas de mon propre chef, Madame

– Je veux la vérité sur Billah!

– Il va falloir que vous trouviez de plus hauts gradés que moi !

– Hauts comment ?

– Très, très hauts !

Audience préliminaire du Quartier-maître Crawford

Harm demande au Lieutenant Felps :

– Lors de la première balle, j’ai fait tomber le bloqueur en 2ème base assez brutalement avec mes chaussures à crampons

– pourquoi ?

– Pour qu’il ne renvoie pas la balle en 1ère base

– Comment a-t-il réagi ?

– C’est là que Crawford m’a lancé un regard méchant !

L’Amiral objecte, un regard méchant !!! Harm demande à son client un peu plus d’objectivité dans sa description :

– Il a pointé un index dans ma direction, m’a fixé avec intensité, il me défiait ; quelques secondes plus tard, quand j’ai rejoint l’abri des joueurs, il me suivait toujours du regard ; c’est là que j’au qu’il en avait sûrement après moi !

– Pure spéculation, dit l’Amiral qui demande que le témoignage ne soit pas retenu. Accordé !

Harm demande au Lieutenant s’il n’a pas esquivé ? Si il l’a fait, mais il a lancé la balle derrière lui, pour qu’il la reçoive en reculant.

L’Amiral n’a qu’une seule question à poser au Lieutenant :

– Pensez-vous que vous devriez être poursuivi en Cour martiale pour avoir fait tomber le bloqueur ?

Argumentatif, objecte Harm : retenu !

16h02 Pentagone, Washington DC

Mac se trouve dans le bureau du Secrétaire d’Etat, elle le malmène : il a demandé une enquête puis l’a arrêtée ; il répond qu’il veut se montrer prudent ; il a eu une conversation avec l’Amiral, y a-t-il autre chose qu’elle devrait savoir ?

-S’agit-il d’une accusation, lui demande le Secrétaire ?

– Non, mais j’ai une obligation envers mon client et si nécessaire, je vous ferai comparaître comme témoin !

– Vous avez un incroyable culot, Colonel !

– Monsieur, j’ai besoin de savoir ce que vous et le Capitaine Rappoport vous savez !

– Cela met en jeu notre sécurité nationale !

– Je comprends, je ne ferai rien pour compromettre notre sécurité mais il y a un Marine qui se bat pour sa liberté et personnellement, je soupçonne que cet homme n’a rien d’autre à se reprocher que sa bêtise !

Le Secrétaire d’Etat va prendre contact avec les chefs d’Etat-major.

– Merci, Monsieur, et veuillez leur dire clairement que je n’abandonnerai jamais !

L’audience se tient sous haute surveillance : Le Capitaine Rappopport confie que Omar Billah n’était pas un prisonnier irakien, c’était un ancien exilé, infiltré dans le camp pour servir d’informateur ; infiltré par qui ? La CIA et les services secrets de la marine : il devait recueillir des informations sur d’éventuels plans militaires de Saddam.

Mac lui demande combien de prisonniers renfermait le camp ? Environ 400.

400 hommes qui pouvaient tous avoir une bonne raison de tuer Billah s’ils avaient su qui il était. Bud lui demande s’il y avait le moindre indice permettant de penser qu’ils connaissaient son identité ? Non, tous semblaient le respecter. Où se trouvait le Caporal au moment où Billah a été tué ? Personne ne le sait avec certitude. Il était l’un des premiers sur les lieux du crime, qu’a-t-il dit, demande Bud, en voyant son corps ?

– eh bien maintenant, il ne tuera plus de soldats américains !

A la suspension de séance, Mac félicite Bud pour cette dernière intervention ; il répond qu’il a appris ça d’elle et elle s’en va, en riant « au temps pour moi ! »

Coates lui apprend qu’un prisonnier du camp, Khaled Fahdani a fait une tentative d’évasion après avoir volé une arme ; il a été tué, cela s’est déroulé deux semaines après que Billah a été tué, il pourrait être le meurtrier ?

A l’audience préliminaire sur le match, l’entraîneur du Quartier-maître est sur la sellette ; il a demandé une balle effleurante, il est sûr que la balle lui a échappé tout simplement. Pourtant remarque Harm, le Quartier-maître avait fait preuve, ce jour-là, d’une grande maîtrise ! Il n’a laissé passer aucun but sur balle, non ? Aucun. Il n’était pas loin de la perfection, n’est-ce pas ? Il suppose que oui. A-t-il vu l’enregistrement vidéo ? A-t-il vu quoi que ce soit dans ses mouvements qui pourrait lui donner l’impression que la balle lui avait échappé ? Non ! comment doit-on lancer la balle quand on veut blesser le batteur ? Avec réticence, il finit par dire : derrière la tête du batteur ; l’endroit exact où le Quartier-maître a envoyé la balle ? Oui, mais il n’est pas prouvé qu’il l’a fait délibérément… et même si c’était le cas… ça fait partie du base-ball !

Mac, en l’absence des jurés qui sont sortis, parle du cas Fahdani et de l’éventualité de sa culpabilité mais Bud tient bon – la pertinence de la preuve n’est pas suffisamment établie, et Fahdani n’est plus là pour témoigner ; Mac s’obstine, les jurés doivent avoir tous les faits pour se déclarer en conscience ; la juge trouve que la valeur probante de la preuve est assez marginale et refuse sa demande.

L’Amiral interroge son client : En premier lieu, il présente ses excuses au Lieutenant pour les souffrances qu’il lui a fait subir. Il a visé juste devant, pourquoi ? Il a visé la poitrine du batteur pour ne pas le frapper. Et pourquoi le visait-il à l’intérieur ? Simplement pour préparer la balle suivante qui devait être une balle courbe. A-t-il touché le Lieutenant Felps à la tête intentionnellement ?

– Non, Monsieur ; je n’aime pas lancer de balle effleurante ; au cours du match avant celui où j’ai blessé le Lieutenant par erreur, mon entraîneur m’a demandé de frapper un batteur, je ne l’ai pas fait !

– Que vous a dit votre entraîneur quand vous avez refusé de frapper le batteur, demande Harm

– Il a dit que je devais obéir aux ordres et que si je voulais jouer en 1ère division, il fallait que je m’endurcisse !

– I a joué sur votre peur de ne pas pouvoir accéder aux clubs importants, vous aviez quelque chose à prouver dans l’abri des joueurs, vous deviez en sortir !

– Je voulais juste qu’on gagne, Monsieur !

– Vous aviez peur que votre entraîneur ne vous casse auprès des grands clubs ! vous vouliez prouver que vous pouviez être membre de l’équipe et vous avez envoyé une balle à 150k/h ! rapide, derrière sa tête !

– Je vous assure que je ne voulais pas lui faire de mal !

Mac interroge la journaliste qui témoigne : Jenny Serrano raconte dans quelles circonstances elle a rencontré le Caporal ; il lui a dit qu’il avait tué un terroriste et il a ajouté « je l’ai emmené seul à l’autre bout du camp, je l’ai fait s’agenouiller dans le sable et je l’ai abattu d’une balle derrière la tête ! »

Mac lui demande si le Caporal n’a pas exagéré, elle est jolie, il s’est vanté ; elle est catégorique, il ne s’est pas vanté ; elle a tout vérifié ; Mac point après point prouve qu’elle n’a eu aucune confirmation – l’Armée est une grande muette – ses sources ? Les ONG, des civils, des sources irakiennes… D’habitude, elle est plutôt cantonnée dans les réunions de parents d’élèves, les expositions canines, n’est-ce pas ? Oui, mais elle vient d’obtenir un poste intéressant ; elle a donc intérêt à ce que son histoire soit vraie ! Elle jure ses grands dieux qu’elle ne ferait pas envoyer un homme innocent en prison pour favoriser sa carrière…

Devant la machine à café, Mac retrouve l’Amiral et lui demande des nouvelles de son affaire, comment se présente-t-elle ? On ne peut mieux, répète-t-il deux fois et la sienne ? Le Lieutenant Roberts va devenir un avocat de premier plan ! Et ça lui pose un problème ? Non, elle se rappelle la période où Harm et elle l’ont pris sous leur aile et voilà qu’il lui donne du fil à retordre ! Il compatit !

Harm plaide : s’il envoyait ici une balle à 150k/h sur n’importe lequel d’entre eux, ce serait un délit ; le sport devient une agression perpétuelle, dans e hockey, le base-ball, la course automobile, on l’accepte sous prétexte que ce sont des sports.

L’Amiral explique que lorsque le batteur met son casque, d’une manière implicite il reconnaît qu’il court un risque ; les lancers à l’intérieurs sont fréquents, notamment chez de très grands joueurs ; si aujourd’hui, on donne suite à ces charges, cela entraînera d’autres procès, et ce sera la fin de ce sport national ; il conclut en disant :

– Ne laissez pas les avocats tuer le base-ball !

Face à son client mac dit qu’elle est convaincue que Khaled Fahdani est le meurtrier, mais il n’y a pas de preuve ; elle ajoute :

– Faites- leur comprendre pourquoi vous avez raconté une histoire insensée à une fille

– Je ne suis pas certain de le savoir !

– Il va bien falloir qu’on le découvre pourtant !

Dans le litige sur le match de base-ball, le juge donne son verdict : sans contestation, le Lieutenant Felps a souffert des conséquences d’un acte violent ; mais au-delà des faits la frontière entre l’agression et l’accident de sport est trop ténue pour être débattue en Cour martiale. En conséquence, il recommande que l’autorité convocatrice cesse toutes poursuites contre l’accusé ; la séance est levée.

– Beau travail Amiral pour quelqu’un qui n’a pas plaidé depuis longtemps !

– Je vous accorde le bénéfice du doute, Capitaine et je prends ça comme un compliment !

Harm sourit à cette réponse.

Le Major demande ce qu’il en est : dans la plupart des cas, l’autorité convocatrice suit les recommandations de l’officier enquêteur. Mais il veut continuer ; le Lieutenant l’arrête : il ne veut plus se battre, ce serait mauvais pour le base-ball si ils gagnaient ; s’il veut qu’il prenne sa revanche sur lui, il fera un tour de terrain la prochaine fois qu’on jouera ! le principal, il est vivant.

Le Caporal Kelly témoigne devant la cour en répondant aux questions de Mac : il a connu les combats de Nasryah, puis ils ont marché sur Bagdad, c’était assez intense, leur colonne de blindés n’avait aucun appui aérien, ils sont tombés dans une embuscade, seuls, ils ont eu de lourdes pertes ; il n’a pas la moindre idée du nombre de blessés et de tués. A-t-il tué lui-même ?

Ils étaient quatre dans un véhicule d’assaut et ils tentaient d’avancer le plus vite possible sur cette route quand ils ont été atteints par une grenade ; le chauffeur a été sérieusement touché, les tirs pleuvaient de partout ; il s’est défendu, il voulait le mettre à l’abri, mais il n’a pas pu le sauver. L’histoire à Jenny Serrano ?

– J’ai tué des gens en Irak, au moins ces deux hommes sur la route et d’autres encore probablement mais ce n’est pas ça qui a empêché Randy, notre chauffeur de mourir

– Caporal, quand les vétérans parlent de la question à un million de dollars, qu’est-ce que ça veut dire ?

– C’est la question que vous m’avez posée, madame, et Jenny Serrano me l’a posée aussi. Avez-vous tué quelqu’un là-bas ?

– Combien de fois vous l’a-t-on demandé

– Je suis rentré depuis 4 mois et depuis on me l’a demandé entre 100 et 200 fois !

– Ça doit finir par vous exaspérer ?

– Ça finit par me donner la chair de poule !

– Que répondez-vous à ceux qui vous posent ce genre de questions ?

– Je plaisante, Madame, ou je change de sujet ; parfois, même j’invente une histoire pour choquer ceux qui me le demandent, peut-être pour qu’ils aient la chair de pouole, eux aussi !

– Et c’était le cas avec Jenny Serrano ?

– Difficile de parler des gens qu’on a tués mais je suis fier d’avoir participé à notre mission en Irak

– Avez-vous abattu Omar Billah dans la tête ?

– Non, Madame, je ne pourrais pas déshonorer mes compagnons d’armes de cette façon ; ce serait faire preuve d’un manque de respect pour la mémoire des marines qui sont morts.

Le jury fait part de ses conclusions : il est jugé non coupable.

Quand Mac et Bud s’apprêtent à quitter la salle d’audience, Bud demande :

– A vous observer au cours de ce procès, Madame, il m’est venu une idée : on vous a déjà posé la question à un million de dollars ?

– De toutes façons, Lieutenant, je ne dis jamais la vérité !

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