Back in the saddle … plutot deux fois qu’une


« Back in the saddle… Plutôt deux fois qu’une !

 

Pourquoi est-ce un épisode particulièrement réussi ?
Parce que l’écriture des dialogues est brillante. (Bravo Stephen Zito !)

 

Et je dis bien dialogues. En mettant de côté les scènes de tribunal, l’épisode n’est qu’une succession de conversations à deux entre les personnages. Et chacune d’elles apporte un éclairage sur leur caractère, une sorte d’état des lieux. Je me suis fait la réflexion que quelqu’un ne connaissant pas la série pourrait facilement entrer  dans l’histoire avec cet épisode et comprendre l’essentiel des relations entre les protagonistes.
Sturgis, Mac, Jen, Bud, A.J, Harm sont révélés en quelques répliques, d’autant plus efficaces qu’elles prennent le ton de la comédie (Tout ce que j’aime, un vrai plaisir !).
Chaque dialogue est un petit bijou, je ne vais pas tous les lister, visionnez l’épisode sous cet angle et vous le constaterez avec joie. La « donneuse de leçon » de Sturgis, la « communication » avec l’amiral selon Bud, « il m’engueule, je m’excuse, comme dans un mariage », Jen et son « vous le savez déjà amiral », « Ma vie est une succession de surprises, en particulier pour moi… » de Harm, la « famille toute faite » de Catherine, « le chauve qui vous a viré » de Mattie, etc, etc…
Parce que l’on y voit Harm «  à nu ». (Pas de faux espoirs mesdames ! Son âme uniquement…)
« Un pilote effondré », la réflexion de la mère de Catherine Gayle décrit bien la situation.
« Quelqu’un dont la vie est toute retournée » lui avoue-t-il.
« Devant quelqu’un dont le cœur s’est arrêté. » réplique-t-elle.
Ne lui donne-t-elle pas la voie à suivre en lui faisant comprendre qu’il est vivant et en bonne santé et ce faisant, qu’il a toujours l’opportunité d’accomplir quelque chose de bien de son existence.
Un Harm qui ne sert plus son pays…
« J’en ai assez de bosser pour le gouvernement ! » lâche-t-il avec rage et amertume.
Pour la première fois depuis trois générations un Rabb n’est plus au service de sa patrie !
Après le crash sur le porte-avion et à cause de sa vision nocturne alors défaillante, Harm avait « rebondi » en se tournant vers le droit et était devenu un brillant élément du JAG. Jamais il n’a cessé de servir son pays, même après avoir démissionné puisqu’il était rentré à la CIA pour y piloter.
A noter au passage que nous avons la réponse à la question posée par Mac lors de la 8ème saison.
« Qu’êtes-vous prêt à sacrifier pour moi ? ». Le service de sa patrie… c’est essentiel pour Harm, une composante importante de sa personnalité.
Mais voilà. « La vie change Mac. » déclare Harm. Constat lucide et douloureux.
Message très clair aussi pour celle qui l’a rejeté. Leurs relations passent désormais sur un autre plan.
Et on le voit triste, désabusé, cherchant le réconfort en dehors de sa « famille » du JAG, prenant conscience de ce qui est important dans l’existence et qui lui manque cruellement, une famille bien à lui.
Là je rejoins complètement l’amiral et son syndrome de Peter Pan.
Grandis Harm ! Souviens-toi, tu viens d’avoir 40 ans ! (Ce dont il n’est pas fait mention d’ailleurs…)
Et cette énorme bûche n’est là que pour t’obliger à évoluer !
Et par quel chemin tortueux passe la réhabilitation de Harmon Rabb ?
Par son arme secrète, sa potion magique personnelle… Sarah, son Stearman. Quelle belle idée Mister Zito !
Ça avait été le cas après le crash qui avait brisé ses ailes de pilote de chasse. Et c’est le cas une fois encore.
Vous avez remarqué ? Sarah reste « clouée » au sol tout au long de l’épisode et ne s’envole qu’une fois Harm ayant décidé de retourner au JAG, quand il retrouve ses « ailes » en quelque sorte ! Tout un symbole non ?
Et c’est grâce à Sarah qu’il rencontre Mathilda Grace, « Grace » un autre symbole.
Comme ces points communs entre ces deux êtres, leur passion pour l’aviation, leurs prénoms « tordus »,  leur deuil, leur solitude. Surtout leur solitude.
Que dire de l’énergie déployée par ce petit bout de femme s’en sortir ?
Même si ce n’est qu’une fuite en avant puisque Mattie est assez intelligente pour savoir que sa situation ne peut rester ignorée. Qu’espère-t-elle ? Un miracle ?
Qui se concrétise par l’apparition d’Harm dans son existence. Quel bel ange gardien ma foi…
Si la décision de Harm de demander à devenir son tuteur paraît, et est, subite c’est aussi parce que la situation l’exige. Une fois porté à sa connaissance le fait que Mattie vive seule, il ne peut l’occulter.
Soit il signale son cas aux services de l’enfance et s’en lave les mains, soit il agit comme il le fait.
Considérant sa personnalité, ses principes et sa prise de conscience récente du vide qu’il y a dans sa vie, il est logique que le capitaine réagisse ainsi. Il ne reste qu’à souhaiter à ces deux « éclopés » de retrouver, en s’appuyant l’un sur l’autre, la sérénité et le bonheur.
Quitte à évoquer des relations quasi « filiales », évoquons la scène très forte entre l’amiral et Harm.
D’abord dans le hangar Harm tourne le dos à A.J pendant le début de leur rencontre et ne lui fait pas l’aumône d’un regard. Tout comme A.J l’avait fait lorsque après avoir adressé une fin de non-recevoir à sa demande de réintégrer le JAG, il l’avait laissé partir de cette façon.
Et puis cet « A.J » appuyé, répondant au « Capitaine » de l’amiral pour lui signifier que Harm n’est plus sous ses ordres, et que leur conversation va se dérouler dans un autre cadre, avec de nouvelles règles.
D’ailleurs A.J renâcle au point que Harm soit obligé de lui mettre les points sur les « i ».
« Je suis un civil A.J. Je ne suis plus sous vos ordres. »
Réponse du berger à la bergère… Dans « Tangled Webb II » A.J n’avait-t-il pas fait remarquer sèchement à Harm qu’il ne devait plus l’appeler  « Amiral », son retour à la vie civile étant déjà effectif !
Et pourtant la conversation ne tourne pas comme on n’aurait pu l’attendre.

«         Je croyais que c’était fini les discussions.
–         C’est vrai. Cela dit il s’avère que l’on a un peu plus à se dire
–         Ouais j’imagine déjà ce que ça va être…

–         Bon sang ce que vous pouvez être agaçant ! »
L’attitude d’Harm qui se met à jouer aux fléchettes fait vraiment penser à celle d’un ado obligé de subir les remontrances de son père ! Et parce que A.J après avoir proposé à Harm de revenir « dans de bonnes conditions » s’engage dans un discours  qui ressemble plus à celui d’un père  qu’à celui d’un supérieur hiérarchique!
« Harm, (A.J a accepté les règles du jeu, ce n’est plus « capitaine », et il se rapproche de son interlocuteur) le moment est venu d’arrêter de jouer les Peter Pan, ce gamin qui adorait voler et ne grandissait pas. Vous n’aurez jamais la vie que vous voulez tant que vous n’assumerez pas la responsabilité de vos agissements, que ce soit au travail, avec les femmes… ou dans tout autre aspect de votre vie !

Seules une dénégation de la tête et une moue acerbe répondent à ces paroles, et Harm pioche dans le plat de cacahouètes comme si il s’en fichait et ignore son interlocuteur. Un vrai gamin !

« _Dites-moi ce que vous avez décidé.

Si vous êtes venu Amiral (Tiens donc ! A.J obtient là une réponse implicite, le fait que Harm l’appelle Amiral trahit sa pensée), c’est parce que vous avez besoin de moi. Parce que je suis un excellent avocat.

Et parce que l’officier que vous avez choisi pour me remplacer risque sept années de travaux forcés.
– C’est juste. Revenez et on recommence à zéro. Tenez-moi au courant.

Enfin, les deux ont sauvé la face. Et là aussi les bases d’une nouvelle relation sont jetées.

Parce que Harm porte des tenues  civiles de plus en plus… de moins en moins… civilisées.
Je m’explique.
On a connu essentiellement Harm, militaire en uniforme, (et c’est ainsi que je le préfère…),
puis engagé à la C.I.A avec des costumes seyants, pantalon, veste en cuir… chemise mouillée par la pluie… Bref une garde-robe plus décontractée. A présent qu’il n’est plus du tout au service de son pays, il porte avantageusement T-shirts et jeans moulants… pour le plaisir de nos yeux.
Si sa situation empirait dans quel tenue le retrouverait-on ? En caleçon de bain sur la plage de Malibu ?
Je ne vais pas me sauver sans parler de la moto…

 

Dois-je avouer à quel point j’ai ri ? Harm sur une Harley nous faisant un remake de quoi au juste ?

 

Il a trop lu Kerouac sans doute ! Ridicule… D’accord dans l’imaginaire collectif américain, le motard sur sa Harley représente une certaine liberté, un être sans attache, un peu paumé aussi… et il est vrai que Harm exécute « sa » traversée du désert. Mais tout de même !

 

Il ne manquerait plus qu’on le fasse aller de Washington à Blacksburg en passant par l’Ouest américain ! Harley Davidson et pulvérisation de champ de coton ! J’en ris encore…

 

Pour conclure, un épisode à voir et à revoir, avec ou sans le son,

 

mais toujours avec autant de plaisir !

 


Althéa d’Uberville

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