Coming home – Une histoire d’amour avant tout


Coming home… Une histoire d’amour avant tout

 

(par Althéa)

On pouvait  craindre toutes sortes de dérives à cause du sujet de l’épisode, mais le ton reste sobre, le jeu des acteurs est juste, les images soignées et certaines scènes vraiment émouvantes. Avec une mention spéciale pour les deux jeunes filles, Susan, la sœur cadette du soldat tué, et Mattie, éloignées tout de même de l’image des ados « types », plus mûres puisque déjà confrontées auparavant l’une et l’autre, à la perte d’un de leur parent.
Et il y a les scènes entre Harm et Mattie, un vrai régal…

J’ai le sentiment que cet épisode, s’il nous raconte le retour d’un soldat mort au combat, nous parle surtout d’amour filial, et par extension d’amour. L’amour et la vie par opposition à la mort.
Et du risque qu’il y a à aimer malgré tout…

La mère du soldat tué est l’antithèse d’Harm. Elle fait partie d’une famille à tradition militaire comme lui. Comme lui son grand-père, son père ont été tués au combat. Pour madame Smithfield il faut ajouter son mari et à présent son fils. Mais sa conception de l’amour fait qu’elle accepte et respecte leur choix de vie et prend, elle, le risque de les perdre et de souffrir.

Harmon Rabb est resté des années « paralysé » par la mort de son père qu’il n’a jamais acceptée, ni enfant, ni adolescent, ni adulte. Jusqu’au jour (Gypsy Eyes) où devant l’évidence de son décès, il a dû commencer à composer avec cette perte. Aimer c’est prendre ce risque insensé de souffrir et il n’a jamais été capable de le faire. (De Diane à Jordan, de Mac à Sergueï son demi frère)

Et c’est là qu’il faut rendre hommage aux scénaristes parce que toute la ligne directrice de la saison 9 est sous-tendue par l’évolution d’Harm, en partant de Tangle Webb 2 où il n’a pas été capable de dire à Mac qu’il l’aimait bien que ses actes l’aient prouvé cent fois. L’arrivée de Mattie dans son existence a été un déclencheur, il s’est senti capable d’aimer sachant qu’il pouvait perdre la jeune fille si son père en reprenait la garde. Il a accepté ce risque, et la souffrance qui va, (qui ira ?)  avec.

Les 4 scènes entre Harm et Mattie sont révélatrices.

A l’arrivée au collège, elle le quitte subitement pour rejoindre son amie en marmonnant un « Je dois y aller !» auquel Harm, la regardant s’éloigner, répond par « Moi aussi je t’aime… » avant de se résigner à partir, avec un petit sourire d’autodérision.  Quand avons-nous entendu Harm prononcer ces mots « Je t’aime » ?
A ma connaissance jamais.

A la sortie des cours elle lui demande d’apporter son aide à la famille de Susan, de persuader les reporters de ne pas la harceler. Elle lui dit qu’il a bien su la persuader elle de bien agir (en revoyant son père je suppose ?) et qu’il avait raison. On a connu longtemps un Harm, trop protecteur, décidant à la place de ceux qu’il aime, pour leur « bien ». Non seulement, il sait aimer Mattie mais la soutenir dans ses choix, la persuader d’aller dans telle ou telle direction sans se substituer à elle.

Ensuite il y a la scène à la fin du dîner où ils parlent du décès de la mère de Mattie, de ce qu’elle a ressenti alors et depuis. Il lui confie ces propres sentiments sur la mort de son père et son influence sur lui, le fait qu’il n’a jamais pu être proche de quiconque ensuite. « Sauf de moi ? » Oui reconnaît-il sauf d’elle. Et la discussion arrive sur Mac. Mattie lui pose la question de savoir s’il l’aime et il répond calmement oui. Etape supplémentaire, il admet ses sentiments, même si ce n’est pas devant l’intéressée, peu importe. Les confier à Mattie c’est reconnaître dans les faits son statut, la personne la plus proche de lui c’est elle jusqu’à présent. Comme à une adulte il lui explique que sa relation avec Mac est compliquée, mais il est explicite que son objectif est là et qu’il ne compte pas s’en détourner.

Enfin le lendemain le moment très touchant où ils se préparent pour assister à la veillée en l’honneur du frère de Susan. Ces petits gestes affectueux de part et d’autre, et encore une fois il ne décide pas pour elle en l’emmenant contre son gré, Mattie étant réticente, appréhendant la situation, ne sachant pas quoi dire à son amie et à la mère de celle-ci. Harm la place devant ses responsabilités mais en lui expliquant aussi que c’est moins une soirée pour accompagner un mort que pour célébrer une vie, celle trop courte du soldat tué, et que sa seule présence auprès de Susan suffira à la réconforter. (A peu près dans ces termes… ceci n’est pas une traduction.)

« Célébrer une vie ». Je crois qu’après toutes ces années Harm a enfin fait le deuil de son propre père et peut donc avancer et construire.

La boucle est bouclée.
On pensait qu’il déclarerait son amour à Mac pour ensuite accomplir le deal et devenir père.
Harm est devenu « père » avant et sans elle mais c’est grâce à cela qu’il admet ses sentiments pour Mac et est prêt à construire quelque chose avec elle.
On pourrait revenir d’ailleurs sur la scène symbolique devant le « Wall » où Mac, grâce à son intervention auprès du père de l’adolescente, offre à Mattie et à Harm la réalisation de leur plus cher désir, celui d’être ensemble.

Maintenant… cela ne signifie pas que l’on va avoir le « Yep ! » de Mimi* tout de suite.
(* La trilogie humoristique de Mimi : Yet dans « What if », « Yes » dans « Coming home et “Yet” …un jour peut-être pour la réalisation du vœu des shippers ! )

Où en est la damoiselle Mackenzie ? Eh bien c’est ce que l’on saura bientôt, dans une, deux semaines ou au mois de septembre… Ou même à la fin de la 10ème saison. Peu importe… L’essentiel étant l’ivresse et non le flacon, je prends beaucoup plus de plaisir à suivre l’évolution des personnages, et celui de Mac a aussi été intelligemment développé dans cette saison, qu’à savoir quand le « Yep » va suivre le « Yet» et le « Yes »…

En attendant  je vais repenser au « Boys, what boys ? » de Harm !  En  père  dépassé par l’évolution de son « adolescente de fille » il est absolument désopilant … et terriblement séduisant !

Mister D.J.E , vous pourriez nous jouer la comédie plus souvent s’il vous plaît ?

 

Althéa d’Uberville
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