A question unanswered II – Of faith and trust

Chapitre 5

18h48 EST
Appartement de Mac
Georgetown

– Mac, je ne peux pas assez vous remercier de me supporter. Vous êtes sûre que ça ne va pas vous poser de problèmes?

Kara avait ôté ses vêtements de travail encore plus vite que Mac n’avait ôté son uniforme.

Le colonel cligna des yeux, impressionnée.

– Bon sang, comment vous avez fait?

– J’ai été danseuse, vous vous rappelez ? Les maîtres du changement rapide. En outre, on ne peut pas me complimenter pour savoir faire du crochet ou autre chose.

– Vous avez de la chance. Non, ça ne me posera pas de problèmes. Techniquement, je ne fais même pas partie de l’équipe de l’accusation. Je suis juste là pour aider Bud.

Elle traversa l’appartement et se rendit dans la cuisine.

– Je vous proposerais bien de vous rendre la pareille de notre soirée à Pax River, mais vu que nous savons tous comment ça s’est terminé, peut-être qu’on devrait juste rester ici. Des spaghetti, ça vous dit ?

– Fantastique. Vous êtes sûre que vous n’avez pas besoin d’aide ?

– Tenez-moi juste compagnie. Ça fait longtemps que je n’ai pas pu discuter de trucs de filles avec quelqu’un âgé de plus de douze ans.

Kara s’installa en boule sur le canapé avec un sourire.

– Une Marine et une ingénieur, discutant de trucs de filles. On démolit les stéréotypes ou quoi?

– Plutôt, oui.

– Alors parlez-moi du futur mari. Vous avez fixé une date ? On peut parler robes et fleurs ?

– Pas encore.

Mac se rappela leur dernière vraie conversation, aux urgences de Pax River, et se demanda si le sujet reviendrait sur le tapis. Sa relation avec Harm n’était certainement pas devenue beaucoup plus claire depuis lors – c’était tout le contraire. Cependant elle ne voulait pas particulièrement replonger là-dedans.

– Il s’appelle Mic, c’est le diminutif de Michael. On s’est rencontré alors qu’il faisait partie d’un programme d’échange avec la Royal Australian Navy, mais il vit ici maintenant. C’est une relation quelque peu compliquée.

– Ne le sont-elles pas toutes, commenta sa cadette en levant les yeux. Le dernier type avec qui je suis sortie n’arrêtait pas de faire des histoires parce que je ne pouvais pas lui dire sur quoi je travaillais, comme si c’était classé top secret juste pour le fun. Votre copain n’a pas de problèmes avec ça?

– Habituellement non, mentit-elle.

Leur façon de communiquer était définitivement unique.

– Bien que la fois où la CIA et le KGB se sont retrouvés devant ma porte l’a bien mis en boule.

Kara siffla.

– Et dire que je pensais que notre petite aventure était différente. Je ne savais pas que la vie d’avocat était si excitante.

– C’était différent, c’est vrai. Regardez Harm.

– Très juste. Comment va-t-il réellement ? Il n’avait pas tout à fait l’air prêt à affronter le monde si je me rappelle bien.

– Eh bien, vous l’avez vu au mauvais moment. Il avait rompu avec sa petite amie environ quinze minutes avant que vous ne vous montriez.

– Vous plaisantez. Eh ben mon timing laisse à désirer. C’est quoi l’histoire, à moins que ce ne soit privé ?

– Encore une fois, c’est compliqué. Il va aller bien, en fin de compte. Comme d’habitude.

Mac repéra un pot de sauce à spaghetti et essaya de ne pas penser à Harm pendant quelques minutes. Ce fut une vaine tentative. Elle l’avait emmené à Bethesda cet après-midi, pour lui faire enlever ses points de suture. Le médecin l’avait prévenu que ce serait douloureux, tout en se penchant sur la table d’examens avec un objet qui ressemblait à des pinces coupantes. Harm avait hoché la tête d’un air impassible, et avec hésitation elle avait glissé sa main dans la sienne pour le soutenir. Alors qu’il était étendu là, le regard fixé sur le plafond, il lui avait serré la main de plus en plus fort à chaque coup de ciseaux. Elle avait encore les doigts douloureux de son inconscient effort pour éloigner la douleur. En fin de compte, il ne faisait pas bon être Harmon Rabb aujourd’hui. Elle espérait qu’il allait bien.

Il y eut un coup à la porte, et Kara bondit.

– Allez ouvrir. Je garde un œil sur les pâtes.

Mac lui tendit la cuillère et ouvrit la porte tout en se demandant qui pouvait bien venir un lundi soir.

Mic était là, élégamment vêtu d’un costume gris foncé. Son sourire chancela quand il réalisa qu’elle était en jogging, et elle eut une illumination.

– Oh non. On avait prévu quelque chose, c’est ça ?

– Seulement depuis avant que tu ne partes. Tu as vraiment oublié ?

Il entra et remarqua immédiatement les bagages par terre.

– Tu as de la compagnie, chérie?

Kara apparut dans l’embrasure de la porte, l’air légérement coupable.

– Salut, moi c’est Kara. Vous devez être Mic ?

Il observa le maillot de foot trop grand de la jeune femme et son jean délavé sans aucun commentaire.

– C’est moi. Tu as combien de petites sœurs, Sarah ?

– En fait, Kara est de NavAir. C’est un des principaux témoins du procès Halloway.

– Et justement, je m’en allais, ajouta Kara avec hâte en sentant l’embarras entre les deux. Je vais arrêter de vous ennuyer pendant un moment.

– Vous n’êtes pas obligée de…

– Il n’y a pas de problèmes. Je connais le coin. Je vais aller au Beltway Burgers.

Elle enfila ses chaussures et attrapa ses clés.

– A plus tard.

Ils se regardèrent pendant une minute après son départ.

– Elle reste combien de temps ? demanda-t-il finalement.

– Juste pour le procès, peut-être une semaine. Elle n’a pas pu avoir de chambre et après la façon dont elle a aidé Harm à comprendre le petit jeu d’Halloway…

Mac haussa les épaules.

– Ça me semblait le moins que je puisse faire. Je suis désolée d’avoir ruiné tes projets. Je n’y avais pas pensé.

– Eh bien, entre t’occuper de ton partenaire et diriger un hôtel pour témoins, je ne vois pas où tu pourrais caser autre chose.

Il essayait de garder un ton léger mais elle savait ce qu’il disait.

– Mic, je suis vraiment désolée. C’est juste que tout ça me rend un peu folle. On pourra rattraper quand tout ça sera fini ?

– Je ne sais pas, chérie, dit-il doucement. Est-ce que ce sera jamais fini ? Ou est-ce qu’on va juste se contenter de passer à la crise suivante ?

Il secoua la tête.

– Ce n’est pas de ta faute, Sarah… je le sais bien. Tout allait si bien pendant un temps. Pas de grandes aventures, juste des enquêtes normales et des procès. Je crois que je me suis habitué à la paix et au calme. Et maintenant, il y a ça et tout à coup je me retrouve sur le côté à regarder. Je veux dire, je peux vivre avec le fait que tu ne sois pas là de temps à autre ; je le peux vraiment. Mais si tu ne peux pas me parler même quand tu es là…Seigneur, Sarah, que sommes-nous en train de faire ? Tuer le temps ?

Déconcertée, elle attendit un moment avant de répondre.

– Je sais que ce n’est pas facile d’être avec moi, commença-t-elle lentement. C’est difficile pour moi de m’ouvrir sur certains sujets. Mais ça ne veut pas dire que je n’essaie pas, et ça ne veut certainement pas dire que je ne t’aime pas.

– Alors prouve-le.

Il s’assit et la regarda attentivement.

– Raconte-moi ce qui s’est passé à Pax River. Et pas seulement ce que tu as mis dans ton rapport. Raconte-moi ce qui t’a fait si peur.

Elle se laissa tomber dans le canapé, se sentant de nouveau totalement submergée par tout ça.

– Tu sais ce que c’était, dit-elle doucement. C’était de voir mon ami le plus proche au monde à trois pouces de la mort. C’était une attente de six heures dans une chaise d’hôpital en plastique sans savoir si je n’avais pas aidé à le tuer en le laissant jouer au héros. C’était le retour dans ma chambre et la vision de ce sang partout…

Elle se secoua pour chasser ces horribles images et se tourna vers lui, les yeux brillants de colère.

– Tu pensais que ça ne me ferait rien juste parce que je suis un Marine? Tu pensais que je pourrais reprendre le boulot normalement?

Mic attendit un peu avant de répondre avec franchise :

– Non, je ne le pensais pas. Mais tu semblais faire de très gros efforts pour convaincre tout le monde du contraire.

Cela l’arrêta net.

– Je faisais ça, vraiment?

Ne trouvant pas ses mots, elle se contenta de secouer la tête d’un air impuissant.

– Ce n’est pas que je ne veuille pas que tu saches ce que je ressens. Mais ce n’est pas comme si nous avions toujours été très doués pour communiquer. Je savais juste que tu ne comprendrais pas…

– Pour l’amour du ciel, Sarah, accorde-moi un peu de crédit. J’ai dépassé le stade d’être jaloux parce que tu tiens à quelqu’un en dehors de moi. Je sais ce que Harm signifie pour toi. Bien sûr que ça t’a bouleversée que sa vie ait été en danger. Bon sang, je l’ai su quand tu m’as appelé le lendemain. C’est juste que…j’aimerais que tu ne te sentes pas obligée de me cacher tant de choses. J’aimerais que tu puisses avoir confiance en moi.

– J’essaie, Mic. Je ne vois pas quoi dire d’autre.

Il n’y avait rien qu’elle haïssait plus que l’incertitude, mais c’était précisément ce qu’elle ressentait. Comment pouvait-il savoir ce que Harm signifiait pour elle alors qu’elle-même ne le savait pas avec certitude ? Comment pouvait-elle porter la bague de Mic quand elle ne pouvait pas lui parler de ses peurs ?

– Je suis désolé, chérie, dit-il tout à coup. Je ne suis pas venu pour te crier dessus. Je sais que tu l’as eu dure ces derniers temps. Oublie tout ça, d’accord ? Allons dîner et profiter de la soirée.

Il avait un regard suppliant – il savait que quelque chose n’allait pas. Elle soupira.

– Je n’ai pas trop envie ce soir. Demain peut-être ?

Le fossé entre eux venait juste de s’élargir, et tous les deux le savaient. Ça n’avait pas été intentionnel, mais ça avait tout de même eu lieu.

– D’accord, acquiesça-t-il, le regard blessé. Je crois que je peux attendre.

Encore, entendit-elle. Il pouvait encore attendre.

– Je suis désolée, murmura-t-il en posant la main sur sa joue. Je dois juste surmonter tout ça. Il y a des choses que j’ai besoin de résoudre toute seule. Tout ira bien. Je te le promets. On s’en sortira.

Il se pencha pour l’embrasser et elle ferma les yeux. Elle ne voulait pas le regarder partir ; elle savait que ses doutes étaient aussi forts que les siens. Quand la porte se ferma, elle s’y adossa, souhaitant désespérément une lueur d’inspiration pour l’aider à comprendre sa vie.

Quelques minutes plus tard, quelqu’un frappa doucement à la porte. Kara entra avec deux pots de crème glacée.

– Je pensais que vous apprécieriez de trouver un peu de réconfort dans la nourriture, dit-elle tranquillement en allant à la cuisine chercher des cuillères. Pour l’instant, on oublie les hommes, d’accord ?

– Ça me va.

Si seulement ça pouvait être aussi simple.

Chapitre 6

1349 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*