A question unanswered II – Of faith and trust

Titre original : A question unanswered, part 2 : of faith and trust

Traduit de l »anglais par : Anne

Résumé : Alors que commence la cour martiale de Andrew Halloway, Harm et Mac doivent faire face aux conséquences de leur enquête sur le Phoenix. Harm doit répondre à  la plus importante question de sa vie sous serment.

Traduit avec l »autorisation de l’auteur

Spoilers : Pfff, un peu tout. Précisément, une TRES importante référence à  » Death Watch / En mémoire de Diane  » – si vous n »êtes pas au courant pour LE baiser, vous êtes totalement perdu dès le départ. Aussi  » People vs. Mac / Un passé encombrant « ,  » Touch and Go / De vieilles connaissances « , et  » Boomerang/ Boomerang « . Et si vous voulez vraiment tout savoir, il y a une référence à  » Wilderness of Mirrors / Hallucinations « . Mais ne cherchez pas trop, ça n »a absolument aucun rapport avec l »histoire.

Disclaimer : comme d »habitude – les personnages ne sont pas à moi, sauf Kara Donnell, Scott Fairfield, le capitaine de vaisseau Andrew Halloway, Lisa Jensen (précédemment Halloway) et le capitaine de frégate Brian Jensen. Si ça intéresse quelqu »un.

Notes de l »auteur : Vous devriez VRAIMENT lire la première partie sinon ça n’aura aucun sens. Non, je suis sérieuse – elle fait quarante pages et quelques, et cette partie se trouve être encore plus longue. Honnêtement, je ne voulais pas qu’elle soit si longue. Ne dites pas que je ne vous ai pas prévenus. Mais si vous insistez pour vous rendre la vie plus difficile, voici la version Cliffs Notes de là où on en est

Harm et Mac enquêtaient sur l’échec d »un vol d’essai avec l’aide de deux ingénieurs civils ( Kara Donnell et Scott Fairfield ). C’est devenu une sale affaire quand ils eurent compris que le pilote ( capitaine de vaisseau Halloway ) mentait sur l’incident, et en réalité il devint clair qu’Halloway avait orchestré tout ça pour se venger d’un autre pilote. Malheureusement, cela ne devint clair qu’après que Harm ait été lui-même salement amoché. Mais hey, c’est notre héros, après tout. Il peut supporter ça. Pas vrai ?

Et enfin, un avertissement : si les aspects légèrement shippers de la première partie vous ont tapé sur les nerfs, vous feriez mieux d’abandonner maintenant,  »  »cause baby, I »m just getting warmed up « ?

 

Chapitre 1
Six jours après la fin de la première partie
16h05 EST
Centre médical
Base aéronavale ( NAS ) de Patuxent River
Le plafond au-dessus de son lit était composé de trois cent cinquante-quatre carreaux. En fait, il n’y avait que trois cent vingt-huit carrés complets mais Harmon Rabb, Jr. avait passé assez de temps à les observer pour se rappeler de ses cours de géométrie du lycée et définir les carrés partiels. Aucun endroit au monde n’était aussi ennuyeux qu’un hôpital. Même les prisonniers ont parfois la possiblité de voir la lumière du jour. Quand Bud lui avait apporté un portable pour commencer ses rapports, il n’avait jamais été aussi heureux de toute sa vie de voir un ordinateur.

Il s’était écoulé presque une semaine depuis les événements qui l’avaient envoyé dans ce lit d’ennui, mais chaque fois que le besoin de se plaindre devenait trop fort, il se rappelait combien il avait eu de chance en réalité. Le mystérieux sabotage du prototype du Phoenix avait été causé par un pilote trompé et en colère, et quand Harm s’était trop approché de la vérité, il avait rencontré le bout utilitaire d’un couteau du Corps des Marines. Et cela n’avait été que le commencement de cette nuit en enfer.

Maintenant, le capitaine de vaisseau Halloway était sous les verrous, Mac et les civils étaient sains et saufs, et il pouvait enfin respirer plus facilement. Au sens figuré – il n’y avait rien de facile à respirer avec quarante-deux points de suture juste sous sa cage thoracique.

– Bonjour, capitaine.

– Amiral, bonjour.

Instinctivement, Harm se redressa et son épaule se chargea de lui faire regretter son effort.

L’amiral Chegwidden secoua la tête.

– Repos, pour l’amour du ciel. Je ne voudrais pas être la cause de points de suture supplémentaires.

– La force de l’habitude, monsieur. Je ne vous attendais pas. Vous êtes venu avec Mac ?

– Je l’ai conduite, comme ça elle pourra ramener en même temps votre voiture et vous. Elle s’occupe de vos papiers de sortie, ainsi on sera prêt dans quelques minutes.

– Quelle douce musique, amiral.

Le JAG étudia son avocat pendant un moment. Il savait que les médecins de la Navy faisaient très bien leur boulot, mais il ne pouvait oublier cette première et effrayante nuit aux soins intensifs. Harm avait repris un peu de couleurs, et alors qu’il tambourinait sur la table, il avait l’air assez bien pour quitter l’hôpital. Cependant ça prendrait du temps avant qu’il ne redevienne le crack plein de charme que tout connaissaient. A.J. le regarda un moment, notant l’expression de souffrance et de fatigue qui semblait avoir élu domicile dans ses yeux bleus, et se demanda si cette partie de lui reviendrait un jour complétement.

– Comment vous sentez-vous, Harm ? demanda l’amiral avec franchise.

– Bien, monsieur…

Mais il fut vite interrompu.

– Votre réponse par défaut ne m’intéresse pas. Il est inconcevable d’être  » bien  » après ce qui vous est arrivé. Répondez-moi franchement.

Harm hésita.

– Je vais bien, tout bien considéré. Je veux dire, je ne peux pas bouger mon bras gauche, et rire me fait mal, mais je peux vivre avec. Ce qui m’ennuie, c’est cette perpétuelle sensation de…

– Faiblesse ?

Il leva les yeux et acquiesça.

– Quelque chose comme ça. Je pensais me remettre assez facilement sur pieds mais je me suis finalement convaincu que je n’avais plus vingt ans. C’est très dur à accepter.

– Quoi donc ? Que vous approchez de la quarantaine ?

Son aîné haussa les épaules.

– Ce n’est pas si mal. L’âge n’a plus autant d’importance qu’avant.

– Bien sûr que non, monsieur, mais ça amène un type à se poser des questions sur ce qu’il est advenu de sa vie.
Il y avait quelque chose d’inhabituel dans sa voix, quelque chose qui ressemblait beaucoup à de la défaite. A.J. n’avait jamais entendu ça venant de lui durant toutes les années où ils avaient servi ensemble. En fait, il l’avait entendu une seule fois auparavant ; quand il avait représenté un pilote de chasse de vingt-huit ans lors de l’enquête sur le crash mortel de son Tomcat. Le lieutenant Rabb d’alors avait surmonté ça et le capitaine de frégate Rabb de maintenant surmonterait ceci de la même manière.

– Capitaine, je vais vous dire quelque chose que vous n’avez probablement pas besoin d’entendre mais écoutez une seconde. Vous n’avez absolument aucune raison d’être déçu de vous-même. Vous avez fait plus que certains amiraux auxquels je pense. Vous aidez les gens, dans les airs et au tribunal, depuis aussi longtemps que je vous connais. De plus, vous êtes extrêmement loyal envers vos amis, vous avez un filleul qui vous adore… Je ne vois pas comment on pourrait remettre en question vos choix.

Il s’arrêta en réalisant que son officier le regardait avec étonnement.

– Quoi ? Votre mère ne vous dit jamais qu’elle est fière de vous ?

– Si, elle le fait.

Harm voyait son commandant sous un jour légèrement nouveau.

– Mais je ne vous avais jamais entendu me le dire auparavant.

– Eh bien, ce n’est pas le genre de chose dont je suis susceptible de parler aux réunions d’état-major. De plus, c’était probablement peu judicieux d’attendre que vous soyez à trois pouces d’une visite précoce à Arlington.

Soudain mal à l’aise, il secoua la tête.

– Bon sang, fiston, vous le saviez déjà. N’est-ce pas ?

– Oui, monsieur, je pense.

Malgré l’embarras de cet échange, il était touché.

– Et je vous en remercie.

– Mais ce n’était pas ça que vous cherchiez, hein ?

On ne pouvait décidément rien cacher à l’amiral.

– Comment Renee prend-elle tout ça ?

– Elle est toujours en tournage à Chicago. J’ai…heu…minimisé la chose quand je lui en ai parlé. Elle croit que je me suis juste démis l’épaule.
Embarrassé, il détourna les yeux.

– Vous allez avoir du mal à lui expliquer ces cicatrices.

– Je lui dirai quand elle rentrera la semaine prochaine. Elle ne comprend toujours pas comment un avocat peut se fourrer dans de telles situations, de toute façon. C’est juste que je ne veux pas qu’elle panique et saute dans le premier avion.

A.J. ne demanda pas pourquoi il avait raconté un mensonge aussi stupide à celle qui était sa petite amie depuis plus d’un an. Rien de bon ne pouvait en sortir. A ce moment-là, Mac apparut dans l’embrasure de la porte, l’air joyeux dans son pull couleur corail.

– Hey, matelot, prêt à abandonner votre position ?

– Plus que jamais.

Harm se leva avec précaution, Mac à côté de lui offrant son soutien silencieux. La demi-douzaine de pas jusqu’au fauteuil roulant fut assez simple, mais l’effort d’ensemble qu’ils demandaient était irritant.

– Je comptais les minutes.

– Colonel, avez-vous besoin que quelqu’un promène votre chien cette semaine ?

– Merci, monsieur, mais mon voisin s’occupe de Jingo.

Le futur ex-patient tourna la tête pour la regarder tout en s’installant dans le fauteuil.

– Mac, vous n’avez vraiment pas besoin de rester avec moi. Je m’en sortirai.

– Mais bien sûr. Vous ne pouvez même pas boutonner votre chemise. De plus, les docteurs ne vous auraient jamais laissé sortir si je n’avais pas promis de ne pas vous perdre de vue.

La gracieuse Marine posa la main sur son bras valide.

– Ce n’est pas comme si vous vous étiez foulé la cheville, Harm. Ça va prendre du temps et ça va être dur.

Ils échangèrent un regard et il se rendit immédiatement.

– Je déteste vous causer des problèmes, s’excusa-t-il faiblement.

– Depuis quand ?

Elle rit et attrapa les poignées du fauteuil roulant.

– Accrochez-vous. Je n’ai pas grand chose d’un pilote.

L’amiral Chegwidden regardait ses officiers, un sourire exaspéré sur les lèvres. Il ne les comprendrait jamais ces deux-là. Ils ne semblaient jamais contents à moins de se taquiner l’un l’autre d’une manière ou d’une autre. Il espérait juste qu’ils pourraient traverser cette semaine sans en venir aux poings.
18h38 EST
Nord d’Union Station
Washington, D.C.

D’une main, Mac poussa les portes de l’ascenceur, son autre bras fermement passé autour de la taille de son équipier. Harm avait passé la plus grande partie des deux heures de trajet à dormir – il subissait encore les effets de sédatifs assez puissants – et son équilibre était plutôt précaire quand ils eurent atteint son immeuble. Elle ouvrit la porte de son appartement et l’aida à s’installer sur le canapé, le débarrassa adroitement de ses chaussures et lui plaça un coussin sous le bras, tout ça avant même qu’il ait eu le temps de dire ouf.

– Vous voulez du thé ?

– Oui. Merci.

Il parcourut brièvement des yeux le living room. Ça faisait presque deux semaines qu’il était parti pour Pax River mais tout semblait parfaitement en ordre. Son courrier était posé en une pile nette sur le bureau, il y avait des provisions sur le comptoir, et Mac avait posé son paquetage dans un coin.

– Vous êtes terriblement bien préparée.

– Eh bien, j’ai eu quelques jours pour ça.

Elle remplit la bouilloire, alluma le brûleur et attrapa une paire de mugs passablement usés marqués USS Seahawk.

– Vous auriez dû voir la formation que m’ont donnée les médecins. Je sais changer les pansements, et bander votre épaule, et chercher les signes d’infection… Je suis une vraie Florence Nightingale maintenant. Demandez-moi n’importe quoi.

– OK. Vous pouvez faire que ces points de suture arrêtent de gratter.

– Désolée, je ne fais pas de miracles.

Mac lui tendit un mug et s’assit dans le fauteuil en face de lui.

– Je sais que vous allez vous ennuyer à mourir mais ne forcez pas. L’amiral a redistribué vos dossiers alors vous n’avez pas à vous en inquiéter.

– Et vos dossiers ?

– Je remonte sur le ring lundi. Vous ne pouvez pas me garder si occupée que ça.

Il haussa un sourcil.

– Normalement je prendrais ça comme une provocation, mais là je suis trop fatigué.

Elle avait ouvert une énorme brèche avec cette remarque, elle devait l’admettre. Et le fait qu’il n’ait fait aucun commentaire méritant une fusée rouge en disait des tonnes sur son état d’esprit actuel.

– Vous avez besoin de quelque chose ? Des anti-douleur, un livre, quelque chose à manger ?

Il secoua la tête.

– Je ne vous mérite pas, vous le savez ?

– Harm, je sais que ça fait longtemps qu’on ne compte plus les points mais vous m’avez sauvé la vie la semaine dernière. C’est le moins que je puisse faire.

Elle lui serra la main et ce bref contact lui permit de sentir la faiblesse qui avait envahi son corps tout entier.

– Vous n’allez pas tarder à vous endormir, hein ? Allons vous mettre au lit.

– Je vais dormir ici…vous pouvez prendre le lit.

Il ne voulait pas bouger, elle le voyait bien.

– Pas question, flyboy. Je ne suis pas ici en tant qu’invitée et vous n’allez vous faire aucun bien en restant sur ce petit canapé. Il est beaucoup trop court. Venez.

Elle lui prit le bras et le guida jusqu’au coin chambre où elle l’aida à enlever l’écharpe qui protégeait son épaule blessée. Il se laissa faire alors qu’elle lui ôtait son T-shirt, révélant ainsi une impressionnante parure de bandages. Quand elle hésita légérement à la ceinture de son pantalon, il lui offrit la plus pâle imitation de sourire possible.

– Je peux faire ça d’une seule main.

Et il se glissa hors de son pantalon, la laissant sourire à la vue des étoiles rouges et bleues de son caleçon.

– Hey, la ferme. Je les aime bien.

– C’est bien de vous, ça.

Elle tira la couverture sur lui et lui ébouriffa les cheveux.

– Ecoutez, si vous avez besoin de quoi que ce soit, criez. Et ne vous inquiétez pas de l’heure qu’il peut être.

– OK. Merci, Mac.

– Bonne nuit.

Il s’endormit en quelques secondes. Elle resta un moment dans l’embrasure de la porte à regarder sa poitrine se soulever dans un rythme parfait. C’était étrange dele voir ainsi. Dans tout ce qu’ils avaient traversé jusque là, c’était la détermination de Harm qui lui avait donné sa force. Il avait livré bataille jusqu’au bout, soutenu par une volonté de fer, et maintenant cette volonté semblait décliner. Elle savait qu’il la retrouverait – il n’était pas un lâcheur, il lui serait impossible de le croire. Mais ces quelques jours à venir seraient difficiles pour tous les deux.

Son portable sonna à l’autre bout de l’appartment et elle se précipita pour y répondre avant que la sonnerie ne le dérange.

– Mackenzie. Mic, salut. Tu n’as pas eu mon message ? Eh bien, on est arrivé il n’y pas longtemps. J’allais t’appeler…Il va bien, je pense – toujours un peu sonné. Il dort déjà…Mic, ne commence pas. C’est mon meilleur ami, et il n’est absolument pas en état de rester seul pour le moment…Ton avis ne m’intéresse pas. C’est ma décision, et soit tu vis avec, soit je raccroche…Très bien, excuses acceptées. Vraiment, Mic, ne me fais pas ce numéro de la jalousie. Je te vois lundi pour déjeuner, d’accord ?…Je t’aime aussi. Bonne nuit.

Elle appuya sur le bouton  » fin  » et lança le téléphone dans son sac. Pourquoi les deux personnes les plus importantes de sa vie se faisaient toujours une telle concurrence ? Parce qu’ils sont tous les deux trop fiers pour admettre à quel point ils pouvaient être semblables – deux fortes têtes, arrogants jusqu’à la faute, lui répondit sa conscience. Mais ils pouvaient être aussi très différents. Mic essayait tellement de lui plaire, mais le plus souvent ses charmes lui semblaient forcés. Harm, de l’autre côté, parlait à son esprit ; c’était juste que parfois elle ne voulait pas entendre ce qu’il avait à dire. Aucun des deux ne pouvait comprendre comment elle supportait l’autre, et les garder hors de ligne de mire de l’autre devenait le principal défi de sa vie.

S’installant sur le canapé, elle ouvrit son porte-documents et commença à préparer son audience de lundi matin. Il était à peine huit heures et elle n’avait pas particulièrement envie de penser plus longtemps à la perpétuelle jalousie de Mic Brumby. Elle jeta un rapide regard vers la chambre plongée dans l’obscurité et replongea dans le monde du JAG.

La sonnerie du téléphone avait réveillé Harm, et même dans le brouillard provoqué par les sédatifs, il savait que c’était une conversation qu’il n’avait pas besoin d’entendre. Le ton de Mac était très clair cependant, et une fois de plus il regretta les sacrifices qu’elle avait fait pour lui…et faisait toujours. Qu’est-ce qui l’avait rendue si loyale ? La même chose qui te rend si loyal envers elle, se répondit-il immédiatement. La même chose qui t’a fait tirer sur l’homme qui la menaçait. Quoi que ça puisse être.

N’ayant plus d’énergie pour continuer cette discussion philosophique avec lui-même, il se laissa de nouveau envahir par le sommeil.
Chapitre 2

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