Aftermath

TRADUCTION AFTERMATH

PART 2

AJ releva la tête en entendant quelqu’un frapper abruptement à sa porte. « Entrez », répondit-
il.

La porte s’ouvrit. Le Capitaine de Frégate Rabb s’avança dans le bureau en tenant toujours la
poignée de la porte. Il tenait un dossier dans son autre main et avait une expression bizarre sur
le visage. A.J. le regarda curieusement. Il était rare de voir Rabb hésitant.

« Entrez Capitaine », lui dit A.J. « Prenez un siège. »

Quand Harm se fut exécuté, il continua, « Que puis-je faire pour vous ? »

Harm souleva la chemise. « Vous vouliez le statut de l’affaire Carter. »

A.J. croisa les mains sur son bureau. « Effectivement ». Il écouta le capitaine décrire les
détails marquants de l’affaire, et bien qu’il n’hésita ni ne bafouilla lorsqu’il expliqua les pistes de
l’enquête et leur possible conclusion et impact sur l’affaire, A.J. eut l’impression distincte que son
meilleur juriste n’avait pas la tête à ça aujourd’hui.

Quand Harm eut terminé, A.J. acquiesça d’un signe tête. « Merci Capitaine ». Dans un élan de
curiosité peu ordinaire, il décida de continuer. « Y a-t-il quelque chose d’autre ? »

Harm hésita. A.J. regarda avec intérêt les longues mains serrer les accoudoirs de la chaise, seul
signe visible de la lutte qui faisait rage à l’intérieur de son officier.

« Oui Monsieur »

Une pause. Harm était apparemment mal à l’aise, et lui donna l’impression de se tordre sur son
siège même s’il ne bougeait pas d’un pouce.

« Puis-je vous poser une question personnelle, Amiral ? »

A.J. souleva ses deux sourcils de surprise et un peu de consternation. Il n’aimait pas les
questions personnelles. Mais si Harm lui en posait une, ça devait être sérieux. Le « Personnel »
était un endroit où le Capitaine allait rarement.

A.J. se rassit confortablement dans son fauteuil. « Vous pouvez y aller, Capitaine ». Il ne
garantissait toutefois aucune réponse tant qu’il n’aurait pas entendu la question.

Harm lui lança un sourire qui disparut presque aussitôt. Il prit une grande inspiration pour se
préparer. « Comment était-ce lorsque vous avez rencontré Francesca ? »

A.J. le regarda fixement, visiblement étonné par la nature de la question. Au nom de quoi Rabb
lui poserait-il des questions sur sa rencontre avec Francesca ? A moins que… Une intense
suspicion commença à se former, une qui expliquerait très certainement l’expression de l’animal
pris au piège qui se voyait dans les yeux de l’autre homme.

Masquant sa surprise, A.J. regarda le plafond pensivement. Un sourire apparut sur son visage en
repensant au souvenir. « Et bien, ce fut probablement l’une des choses les plus terrifiantes que
j’ai jamais eu à faire », admit-il après un moment. « Il y avait cette fille -cette magnifique jeune
femme – qui était ma responsabilité, et non seulement je n’avais jamais rien fait pour remplir
cette responsabilité, mais je ne le savais même pas. Je crois que j’étais convaincu qu’elle me
haïrait. » Il jeta un regard hésitant sur Harm et le vit regarder fixement son supérieur avec
consternation. A.J. essaya rapidement d’atténuer le commentaire. « Bien sur, Francesca était
une adulte lorsque je l’ai rencontrée… Les enfants sont beaucoup plus inconditionnels dans leurs
acceptations. » Il étudia Harm avec précision, tentant de trouver sur le visage de l’autre homme
une confirmation de sa supposition.

Le regard de Harm était voilé. « Elle a vingt et un ans Amiral »

A.J. s’étrangla un peu, regardant son officier avec des yeux ronds et ahuris.

« Vous n’avez pas menti à la Marine sur votre âge, n’est-ce pas ? » demanda-t-il une fois son
sang-froid retrouvé.

Il reçut un autre sourire charmeur qui était loin d’être réel. « Non Monsieur. » Il marqua un
temps d’arrêt. « Sa mère est Vietnamienne. »

Cela prit un peu de temps à A.J. pour faire le lien, puis il comprit. Ils s’étaient assis et avaient
parlé autour de quelques bières un jour – lui-même, Harm, et un tireur du Corps des Marines qui
un jour avait sauvé la vie d’A.J. Bien que Harm ait été là-bas une dizaine d’années après eux, son
histoire n’était pas si différente de celles des deux hommes. Les jungles du Vietnam avaient été
un enfer pour tous.

A.J. prit sa décision sur-le-champ et se réajusta dans son fauteuil. « Allez la voir Capitaine.
Vous le regretterez si vous ne le faites pas. »

Apparemment surpris, Harm acquiesça. « Merci Monsieur »

A.J. fit un signe de la main signifiant que ce n’était pas la peine de le remercier. Rabb serait
inutile jusqu’à ce qu’il rencontre cette fille, donc c’était à peine un acte de générosité.

« Combien de temps dois-je m’attendre à vous voir parti ? » S’il devait quitter le pays,
réassigner tous ses dossiers devrait créer un certain bouleversement au bureau.

Harm se mit debout. « Juste quelques jours je pense, Monsieur. » Pendant un bref instant, le
mur érigé par l’autre homme tomba et A.J. put apercevoir à quel point cela le travaillait
intérieurement. « Elle est à Annapolis… ». Il cligna des yeux. « Elle veut piloter des avions de
combat. »

A.J. gloussa malgré lui. « Un autre pilote dans la Marine ? » Il regarda le ciel. « Epargnez-
nous ».

La blague fit naître un vrai sourire. « Merci, Monsieur. Je vous ferai connaître mon emploi du
temps une fois qu’il sera établi. »

A.J. approuva. « Très bien. Vous pouvez disposer. »
Il regarda Harm saluer et s’en aller, fixant la porte une fois fermée. Bonne chance, pensa t’il
après le départ du capitaine.

#

Harm quitta le bureau de l’amiral et traversa les locaux précipitamment, avec la ferme intention
de finir tout ce dont il avait besoin et de partir pour Annapolis avant le déjeuner. Il était
tellement concentré sur ses pensées qu’il faillit entrer en collision avec sa partenaire qui
traversait les bureaux dans l’autre sens avec une pile de livres et de classeurs plein les bras.

« Hé ! »

L’interpellation cinglante tira Harm de sa rêverie. Il réussit à agripper Mac pour l’empêcher de
tomber lorsqu’il lui rentra dedans. Ils firent un demi-cercle, s’arrêtant avec les mains de Harm
sur les hanches de Mac, la pile de dossiers entre eux.

L’expression étonnée de Mac fit place à un sourire. « Bien joué, matelot. »

Il réussit à sourire légèrement. Il la relâcha, se sentant timide. « Désolé – je ne faisais pas
attention où j’allais. »

Elle haussa un sourcil, le visage amusé. « J’avais remarqué. »

Harm ne releva pas son invitation implicite à flirter. Même si c’était l’un de ses passe-temps
préférés, il était trop préoccupé par la fille qu’il n’avait pas su qu’il avait jusqu’à hier pour pouvoir
y prêter vraiment attention. Donc il n’essaya pas.

« Puis-je vous aider avec ça ? » demanda t’il en indiquant la pile de dossiers.

Un bref air de déception passa sur le visage de Mac, mais elle lui donna facilement le haut de la
pile et se dirigea vers son bureau. Harm la suivit. Il déposa son fardeau sur la tornade qu’était
son bureau, en haut d’un tas de choses qui devrait être placé sur d’autres tas. Comme ça, ça ne
dérangerait pas son système unique de classement. Il se retourna pour partir.

« Harm ? Vous allez bien ? »

Il se retourna, croisant le regard inquiet de Mac par-dessus son bureau. « Oui … » Elle lui jeta
un regard dubitatif et il hésita. Mentir à Mac était une mauvaise idée. « Et bien, non… » Il
s’arrêta, se demandant ce qu’il était prêt à lui dire. « C’est…personnel. »

Les sourcils de Mac se soulevèrent, formant deux arcs parfaits au-dessus de ses yeux sombres.
« Trop personnel pour en parler à votre meilleure amie ? » Elle se mordit la langue, puis pencha la
tête sur le coté pour l’étudier un peu. Harm pouvait voir qu’elle était blessée.

Il força ses mains à rester nonchalantes sur ses cotés. La vérité entre eux était toujours un
sujet délicat à aborder et le bureau était loin d’être un lieu idéal pour en parler, mais il détestait
voir cette expression sur le visage de Mac. Il l’avait ignorée trop souvent dans le passé et avait
du en payer le prix.

« Vous êtes un peu plus que ma meilleure amie, Mac », répondit-il doucement.

Il la regarda prendre conscience de ses mots, ne sachant pas trop comment lire l’expression qui
s’était installée dans ses yeux.

« Est-ce que c’est à propos d’une femme ? ». La question était cinglante.

Et bien, elle avait compris ce qu’il disait au moins, mais comment pouvait-il répondre à cette
question ? Il acquiesça finalement. « Mais pas dans le sens que vous pensez. »

Quand elle ne répondit pas, il continua. « Je prends quelques jours de congés. Quand je
rentrerai… » Il se passa la main dans les cheveux. « Je ne sais pas. Quand je reviendrai, j’aurais
probablement besoin de vous parler de tout ça. » Il fit un vaste geste, butant sur les mots.
« Seulement, pas avant que je ne sois sûr. »

Mac lui lança un regard déconcerté. « Jusqu’à ce que vous sachiez quoi de sûr ? »

Harm secoua la tête. Il n’était pas prêt à le dire à haute voix. L’Amiral avait deviné, le lui
évitant, et il lui en était reconnaissant.

Il se redirigea vers la porte. « J’ai besoin d’y aller. Je vous appelle quand je reviens ? »

Mac pinça ses lèvres en une mince ligne de frustration, puis après un moment, elle approuva.

Rassuré, Harm partit. Cela lui prit environ quarante minutes pour mettre toutes ses affaires en
ordre, puis il s’en alla, se dirigeant vers le parking et un avenir auquel il était sûr qu’il n’était pas
préparé.

Chapitre 3

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