Aftermath

AFTERMATH

CHAPITRE 3

Quand Harm arriva à l’Académie, il alla directement au Département d’Ingénierie
Aéronautique. Un jeune lieutenant lui sourit depuis derrière le bureau d’accueil. Son rire
disparut lorsqu’elle aperçut son insigne de JAG.

« Puis-je vous aider Monsieur ? » demanda-t-elle en se levant.

« Capitaine de Frégate Rabb » Harm resserra son étreinte sur sa casquette. « Je recherche
une aspirante de 3ème année … Audrey Le. Il me semble qu’elle est en Aéronautique, mais je
n’en suis pas certain. »

Le sourire s’affaissa un peu plus. « Oui, Monsieur. L’Aspirant Le fait parti du programme. »
Son expression montrait une inquiétude curieuse. « Capitaine Seward est le chef du
département. Je vais lui faire savoir que vous êtes là. »

« Merci. » Mal à l’aise, Harm arpenta le petit bureau extérieur pendant que le Lieutenant
décrochait le téléphone. Des photos couvraient les murs – principalement des photos
d’avions. Harm sourit à une magnifique photo prise des Blue Angels.

« Capitaine Rabb. »

Harm se retourna à l’appel de son nom. La porte derrière le lieutenant était ouverte, l’
encadrement vide de la porte était rempli par l’imposante forme du Capitaine Seward. Le
capitaine fit penser à Harm à un ours. Il ne devait pas mesurer plus, mais sa carrure suggérait
qu’il pesait probablement autant que le grand pilote, sinon plus. Ses cheveux noirs étaient
parsemés de gris, et son visage avait les traits d’un homme qui avait vu du terrain. Il ne
ressemblait absolument pas à un ingénieur.

« Capitaine » Harm hocha la tête en guise de salutation.

Seward fit un geste vers le bureau derrière lui. « S’il vous plait, entrez »

Harm le suivit dans son bureau et se tint debout devant le grand meuble pendant que le
capitaine s’installait dans son fauteuil.

Seward se pencha en arrière, posant des coudes sur les accoudoirs de la chaise et croisant ses
doigts sur son estomac. « Et bien, qu’est-ce que l’aspirant Le a fait cette fois ? » demanda-t-
il. « Surtout pour mériter la visite d’un officier du QG du JAG ».

Cette fois ? Harm ne put complètement masquer sa surprise. « Rien, d’après ce que je sais.
J’ai juste besoin de lui parler. »

« De quoi ? »

Harm hésita. Il ne pouvait pas mentir, mais c’était un sujet qu’il ne voulait pas aborder.
« C’est personnel, Capitaine »

Seward lui jeta un regard pénétrant. Puis son regard s’abaissa, prenant note des ailes d’Harm,
de ses médailles, puis finalement de sa bague d’Académie. « Vous êtes un ancien élève de
l’Académie ? »

Harm acquiesça. « Oui »

« Quelle était votre matière principale ? »

« Ingénierie Aérospatiale »

Le capitaine secoua la tête, une pointe d’humour dans le regard. « On gâche plus de diplômes
d’ingénieries en pilotes… »

Harm rit à la remarque.

« Que pilotez-vous, Capitaine ? »

« Des Tomcats »

Les sourcils touffus se levèrent pendant un instant. « Le JAG a ses propres pilotes de nos
jours ? »

Harm imita l’expression. « Non, juste les services d’un pilote hâbleur vieillissant et qui par la
même occasion se trouve être avocat. »

Le visage du capitaine Seward se changea en un large sourire. « Très bien. Je ne crois pas
que vous aurez trop de problèmes avec l’aspirant. Vous la trouverez dans la classe de
Stabilité et Contrôle du Capitaine de Corvette Robnick – salle 104. »

Harm ne dit rien sur la déclaration énigmatique lorsqu’il remercia le capitaine et s’en alla.

#

Harm se tenait juste à l’embrasure de la porte de la petite salle de conférence, écoutant
discrètement. La salle n’avait presque pas changé en 17 ans, depuis qu’il était lui-même un
de ces aspirants assis dans ces sièges face à l’orateur. Un grand écran de projection prenait
place au devant de la salle. Le capitaine de corvette se tenait devant, utilisant un laser pour
montrer certaines parties des équations de six –degrés –de liberté de mouvement qui étaient
l’enfer pour tout étudiant de 3ème année en aéronautique. Sa voix remplissait la petite salle.
Harm parcourut la salle sombre des yeux, espérant distinguer le visage qu’il était venu
chercher, mais sans succès. Son estomac soudainement lui donna l’impression qu’il avait des
papillons en train de se catapulter.

L’instructeur s’arrêta puis regarda vers la porte. « Puis-je vous aider ? »

Se reprenant, Harm avança. « Je suis désolé de l’interruption, Capitaine », commença-t-il.

« Pas du tout. » L’instructeur sourit. « Y avait il un intervenant surprise dont on ne m’aurait
pas parlé ? »

Harm le regarda fixement pendant un moment avant de comprendre. « Oh … non » Il fit un
large sourire un peu timide. « J’ai bien peur que mes seuls souvenirs de cette classe sont
combien je haïssais les dérivées partielles. »

Un gazouillement de rire se répandit dans la salle.

« Je suis le Capitaine de Frégate Rabb, du JAG. » Harm s’avança en se présentant.

L’instructeur fit un signe de tête en guise de salut, mais ses manières devinrent tout de suite
plus formelles. « Capitaine. Que puis-je faire pour vous ? »

Harm se força à rester en place, bien qu’une grande partie de lui voulut s’enfuir de la pièce.
« Je suis à la recherche de l’une de vos étudiantes – l’aspirant Le. »

Il y eu un bref mouvement au second rang.

« Aspirant Le, garde à vous ! » Au commandement du Capitaine Robnick, une jeune femme
assise au second rang se mit précipitamment debout et se mit au garde à vous devant son
instructeur. Harm réalisa avec stupeur qu’elle était grande. Elle était presque aussi grande
que le Capitaine Robnick, et était mince de façon très féminine. Son visage était celui qu’il
avait vu sur la cassette.

« Prenez vos affaires, aspirant », dit Robnick à la jeune femme.

« Oui, Monsieur ». Audrey Le lança à Harm un regard curieux, quelque peu alarmé avant de
retourner à sa place pour prendre son sac. Ensuite, elle se tourna vers son instructeur, se
tenant au garde à vous jusqu’à ce qu’il la laisse sortir.

Harm attendit patiemment pendant que les faits se déroulaient, observant Audrey. Il ne
voyait rien qui d’emblée indiquait qu’elle était sa fille. Elle ne lui ressemblait absolument
pas, à l’exception de sa grande taille peu commune. Pouvait-il s’être trompé ?

« Venez avec moi, aspirant », dit Harm une fois que le Capitaine Robnick l’eut libérée. Il
tourna ensuite sur ses talons et quitta la salle. Guidé par les nombreux doutes et la peur qui le
tenaillaient, Harm ne prêta pas attention à son allure. Il marcha à grands pas dans les couloirs
familiers, remettant sa casquette par habitude en passant la porte pour dévaler les escaliers. Il
sortit en trombe sous la luminosité du soleil à l’extérieur du bâtiment, fit encore environ
quatre pas, puis s’arrêta brusquement parce qu’il n’avait aucune idée d’où il allait.

« Monsieur ? »

A sa surprise, Audrey était juste sur ses talons. Elle semblait plus qu’un peu concernée par sa
santé mentale.

Harm se reprit en main. « Veuillez m’excuser, aspirant. » Il risqua un coup d’œil en sa
direction et rencontra un regard fixe et sûr. Ses yeux étaient d’une couleur sombre presque
impossible – plusieurs teintes plus foncés que Mac, même – et l’évaluaient. « Marchons dans
la cour. Nous pourrons parler en chemin. »

Harm se résolut à une allure moins soutenue. Audrey le suivit.

« Monsieur, ai-je des ennuis de quelque sorte que ce soit ? » demanda-t-elle après une minute.

« Pas avec moi » répondit-il, son sens de l’humour reprenant le dessus. « Vous attirez-vous
souvent des ennuis, Aspirant Le ? »

« J’en ai mon compte, monsieur » Ses yeux pétillèrent pendant qu’elle souriait. C’était un
sourire sans peur qu’elle lui montrait, un qui transformait son visage comme si la force
titanesque de sa personnalité brillait à travers cette unique expression. Sexy, confiante,
charmante… si Harm n’avait pas déjà en tête qu’ils étaient parents, ce sourire l’aurait conquis,
peu importe la différence d’age. Il la regarda fixement choqué.

Est-ce à ça que ressemble mon sourire ? Il avait toujours pris pour argent comptant le
pouvoir qu’il semblait exercer sur le sexe opposé avec cette simple expression. L’avoir
retourné contre lui était une expérience particulière. Cela dissipa par la même occasion ses
derniers doutes.

Avec ses doutes partis, la peur s’installa. Harm détourna son regard d’Audrey, espérant avoir
une idée pour amorcer la discussion. Pour un homme connu pour ses discours passionnés et
éloquents, les mots semblaient toujours lui faire défaut aux moments les plus inopportuns.

Harm retourna le salut d’un enseigne qui passait sans faire attention, les yeux rivés vers
l’horizon. « J’ai vu l’interview que vous avez faite avec la chaîne de télévision locale à
Kansas City. »

Audrey se tourna pour le voir, n’ayant pas tellement besoin de lever sa tête pour accrocher son
regard. Elle faisait plus d’1m80, estima Harm. Elle ne répondit rien, bien que son expression
soit clairement curieuse.

Harm se mordit l’intérieur des lèvres, hésita un moment puis soupira. Il n’y avait pas de
manière douce ou délicate pour approcher le sujet. « C’est à propos… de votre père. »

Audrey s’arrêta net en chemin, et dans ses yeux, Harm vit le monde entier s’écrouler.
Chapitre 4

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