De retour sur l’USS Patrick Henry

Quartier général du JAG
Falls Church, Virginie
29 avril 2002
19h30

J’étais installé à mon bureau, comme si souvent ces derniers temps, je travaillais sur un rapport d’enquête que l’Amiral voulait le plus tôt possible.
Alors que je m’apprêtais à aller me faire un café, mon téléphone sonna. Je décrochais :
 » _Rabb ?
_Bonjour Capitaine, me dit une voix à l’appareil.
_Bonjour, qui êtes-vous, demandais-je même si je reconnaissais un peu la voix.
_Je suis le Commandant de l’USS Patrick Henry, vous vous souvenez ?
_Ah ! Oui bien sûr… Que puis-je faire pour vous ?
_Venir sur mon navire et aider mes pilotes qui sont en sous-effectif pour une mission relativement importante.
_Je me ferai un plaisir de venir, mais j’ai du travail…
_Oh ça ce n’est pas un problème : j’en ai parlé à Chegwidden et il a approuvé.
_Et bien dans ce cas, j’accepte. Quand dois-je venir ?
_Dès demain, j’ai apprêté un hélicoptère pour vous.
_D’accord, alors à demain.
_A demain Capitaine.  »
Je raccrochais le téléphone et refermais mon dossier. Je me dirigeais vers la sortie avec mon dossier. Je passais devant le bureau du Sergent Galindez et lui remis mon affaire avec l’ordre de la donner à Bud le lendemain.
 » _C’est d’accord Capitaine je la lui remettrai. A plus tard et bonne chance !
_Merci Sergent, je compte sur vous, à plus tard… Oh et puis vous préviendrez le Colonel que je n’assisterai peut-être pas à la petite fête que l’Amiral donne pour ses fiançailles.
_Bien Monsieur, au revoir.
_Au revoir Sergent  » lui répondis-je avant de m’éloigner.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
30 avril 2002
14h00

Je sortais de l’hélicoptère qui venait d’apponter sur l’USS Patrick Henry, quand un Quartier-Maître s’approcha de moi pour me conduire à l’intérieur.
 » _Bienvenue à bord Capitaine.
_Merci, Quartier-Maître.
_Je crois que vous connaissez déjà les lieux, alors je vais simplement vous indiquer votre cabine. Ensuite, le Commandant désirerait vous voir.
_Très bien.  »
Il m’indiqua donc ma cabine. Je posais mes affaires sur mon lit et rejoignis le Commandant dans son bureau.
 » _Bonjour Commandant, dis-je en m’approchant de lui.
_Bonjour Capitaine heureux de vous revoir.
_Merci, Commandant, moi de même.
_Je vous en prie asseyez-vous.
_Merci Monsieur.
_Vous vous demandez certainement pourquoi vous êtes ici, Capitaine ?
_Oui, c’est exact Monsieur.
_Le Secrétaire d’Etat à la Marine nous a chargés de surveiller des escadrilles de vols japonaises en formation dans le Pacifique. Et de les intercepter si nécessaire. Ils volent sur des F-2 armés de missiles air-air et air-sol. Ils sont chargés de missions diverses pour leur pays qui n’ont rien à voir avec notre présence dans le Pacifique.
_Oui, mais quel est le rapport avec moi Monsieur ?
_Vous êtes un excellent pilote, Capitaine, et mes hommes sont en sous-effectif ce qui nous fait perdre une grande marge de manœuvre. Et vous savez aussi que le SecNav n’apprécie pas beaucoup les japonais. Il dit qu’ils sont encore pires que les Nazis. Personnellement je ne suis pas d’accord avec lui, mais quand le SecNav nous demande de faire quelque chose il vaut mieux le faire immédiatement.
_Oui, je suis parfaitement d’accord avec vous.
_C’est donc pour ça que vous resterez ici près de deux semaines voire plus. Et que vous accompagnerez mes pilotes dans la plupart de leurs missions. Ai-je été assez clair, Capitaine ?
_Oui Monsieur.
_Bien… Vous pouvez disposer, Capitaine.
_A vos ordres  » fis-je en me levant et en saluant comme il se doit le Commandant.
Je sortis du bureau et retournais à ma cabine. Je pris mon sac et le posais par terre. Je m’allongeais ensuite sur le lit et pensais à tous ce que j’allais peut-être manquer à Washington : la réception de l’Amiral pour les fiançailles de Mac et peut-être même son mariage. Elle risque d’être extrêmement déçue, je sais qu’elle aurait aimé que je sois là. Mais peut-être qu’elle comprendra la nécessité de ma mission sur le Patrick Henry.
Mais malgré tout, elle me manquait terriblement et ce pour la première fois de ma vie. Je n’avais jamais éprouvé autant de manque dans toute mon existence et ce qui me frustrait le plus c’était que je n’avais pas la moindre idée de la raison qui pouvait me faire penser à ça. Mac est une amie et rien de plus, du moins c’est ce dont j’ai toujours essayé de me persuader. Mais aujourd’hui pour je ne sais trop quelle raison je doutais de moi.
Je sortais de mes pensées au moment où quelqu’un frappa à ma porte. Je me levais et allais ouvrir.
 » _Bonjour Capitaine. Comment allez-vous ?
_Buxton, quelle bonne surprise… Je vais très bien merci, mais entrez je vous en prie, dis-je avec étonnement en voyant X-Man sur le pas de ma porte.
_Merci, Capitaine.
_Et bien pouvez-vous me dire ce que vous faites ici ?
_J’ai été réhabilité il n’y a pas longtemps et on m’a demandé de venir ici pour la mission qui nous attend.
_Ah ! C’est une très bonne chose mais que me voulez-vous ?
_Je passais seulement pour vous dire bonjour et bonne chance étant donné que nous allons voler ensemble ! dit-il avec un petit rire.
_Et bien merci Buxton, bonne chance à vous aussi. Et à tout à l’heure !
_A tout à l’heure Rabb !  » dit-il avant de sortir de ma cabine et de refermer la porte.
Je me rallongeais sur mon lit et en attendant le départ de ma première mission à bord, j’essayais de dormir un peu.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
30 avril 2002
17h00

Après avoir dormi pendant deux petites heures, je mis ma combinaison de vol et allais voir comment se portait mon appareil.
Le RIO qui m’avait été attribué était déjà là et elle vérifiait déjà le moteur de notre avion.
 » _Bonjour Capitaine, me dit-elle en me voyant arriver.
_Bonjour vous êtes nouvelle à bord ? lui demandais-je en ne la reconnaissant pas.
_Oui, je suis Samantha Howard,  » Sam  » pour les intimes, et je ne suis là que depuis 2 semaines, mais avant j’étais sur l’USS Enterprise, où j’ai volé pendant plusieurs années.
_Bien, on a sûrement dû vous dire que ça faisait un bon moment que je n’avais pas volé.
_Oui on me l’a dit, on m’a aussi donné votre dossier pour plus d’informations à votre sujet.
_Ok, alors on va pouvoir y aller maintenant.
_Oui, en route !  » dit-elle avant de s’éloigner et de monter à bord de notre appareil.
Je fis de même après avoir vérifié que la photo que j’avais mise un peu plus tôt dans ma combinaison y était encore. La photo de Mac à la réception de l’ambassade soudanaise était encore là, même si je ne savais toujours pas pourquoi je l’y avais placée !

A bord de mon F-14 Tomcat
Au-dessus du Pacifique
30 avril 2002
17h15

Nous survolions la zone de formation des F-2 japonais, après quelques petites rencontres qui faillirent mal tourner. Mais, n’avions malgré tout pas engagé le combat. Après tout nous ne devions que les surveiller et non pas engager la 3ème Guerre Mondiale avec eux !
 » _Un japonais à 6h, m’avertit Sam.
_Ok, je remonte de 3 pieds !  »
Je m’exécutais de suite et remontais à temps afin de ne pas être vu par le F-2 juste derrière moi.
 » _Ils ont l’air de s’agiter là-dessous ! me dit Sam, on ferait mieux de rentrer, on n’a presque plus de kérosène.
_Oui, vous avez raison  » approuvais-je en regardant ma jauge de carburant.
Je contactais le navire avant de m’approcher pour apponter.
J’amorçais ma descente pendant que Sam me donnait nos coordonnées au fur et à mesure. Le pont approchait de plus en plus vite devant moi…

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
30 avril 2002
18h15

 » _Très joli l’appontage, Capitaine ! me dit Sam alors que nous étions dans la cafétéria pour prendre un petit café après notre 1ère mission, et un appontage, je l’avoue, plutôt bien réussi !
_Merci Sam !
_Dites Capitaine, ça vous a paru normal notre manque de carburant ?
_Non, mais je suppose que l’officier chargé de faire le plein n’avait pas rempli notre jauge à ras-bord. Ce n’est pas si grave que ça, nous sommes quand même en vie, c’est ce qui compte le plus !
_Oui vous avez raison.  »
Nous finîmes notre pause, puis un Quartier-Maître me pria de venir voir le Commandant.
J’entrais dans son bureau et aperçus Mac assise en face de lui.
 » Commandant… Bonjour Mac. Content de vous voir.
_Moi de même, me répondit-elle.
_Asseyez-vous, Capitaine, me pria le Commandant en me montrant d’un signe de tête la chaise à côté de Mac, vous vous demandez sûrement pourquoi le Lieutenant-Colonel MacKenzie est ici ? continua t’il à mon intention.
_Oui c’est exact.
_Il y a 3 jours, avant que vous arriviez un de mes pilotes s’est fait tuer. J’ai tout de suite pensé à un meurtre, mais il restait à l’élucider. C’est pour ça que le Colonel est là.
_Pourquoi ne pas me l’avoir demandé ?
_Mais parce que j’avais besoin de vous pour le remplacer ! me dit-il de la façon la plus évidente, le Colonel va s’occuper de l’enquête pendant que vous, vous continuerez votre mission à bord. Ai-je été assez clair ?
_Oui, mais est-ce que j’aurais au moins la possibilité d’aider le Colonel lors de mes pauses et en dehors de mes missions ?
_Ca, il faut le demander au Colonel, pas à moi ! Vous pouvez disposer maintenant.
_A vos ordres  » fîmes-nous en nous levant tous les deux en même temps.
Nous sortîmes du bureau du Commandant et nous allâmes à la cafétéria pour parler, même si j’en sortais à l’instant.
 » _Alors ? demandais-je après que nous nous sommes assis.
_Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? me dit Mac sur la défensive.
_Je ne sais pas moi. Peut-être la raison pour laquelle vous êtes ici ?
_Le Commandant vous l’a déjà dit, Harm.
_Oui mais moi c’est votre version des choses que je veux, Mac
_C’est la même version, Harm !
_Ok… mais qu’avez-vous l’intention de faire ?
_Faire cette enquête et rentrer chez moi pour la réception de l’Amiral et j’espère que vous serez de la partie, Harm.
_J’en doute Mac… Je vais devoir rester ici encore un bon moment.
_C’est dommage, j’aurais aimé que vous soyez là. Mais vous serez à mon mariage, n’est ce pas ?
_C’est déjà plus probable !
_Vous êtes en train de me dire que vous ne viendrez peut-être pas ? me demanda t’elle avec un air de déception sur le visage.
_C’est possible, cela dépend de l’avancement de ma mission.
_Bien… Maintenant si vous voulez bien m’excuser, je vais aller interroger certains témoins possibles du meurtre.
_Oui bien sûr, vous me tiendrez au courant ?
_Oui pas de problème ! A plus tard.
_A plus tard, Mac.  »
Elle se leva et partit en direction du pont supérieur. Je fis de même quelques instants après elle et allais interroger le Quartier-Maître qui s’était occupé de faire le plein de kérosène de mon appareil histoire de savoir ce qui s’était passé.
 » _Je n’ai pas dû faire attention, me dit celui-ci après que je lui eus posé la question, veuillez m’excuser Capitaine cela ne se reproduira plus.
_Je l’espère Quartier-Maître !  » dis-je avant de retourner à mon avion pour ma seconde mission.
J’y trouvais Sam qui m’attendait déjà. Je pris les commandes de notre appareil et me dirigeais vers la rampe de lancement suivi de près par Buxton et son RIO.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
30 avril 2002
21h30

Après une banale mission de surveillance de nuit, j’appontais sur le pont puis me dirigeais, suivi de Sam, de Buxton et de son RIO, vers la cafétéria pour notre dîner.

Quand nous eûmes fini de manger, je me dirigeais vers ma cabine pour un repos bien mérité.
Le lendemain je me réveillais pour refaire la même journée que la veille et ceci se reproduisit pendant 4 jours, jusqu’à ce que Mac vienne me faire le compte-rendu de son enquête.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
3 mai 2002
10h00

J’étais dans ma cabine quand elle vint frapper à ma porte.
 » _Bonjour Mac, fis-je en ouvrant la porte.
_Bonjour Harm.
_Entrez, je vous en prie.
_Merci, dit-elle en entrant puis en s’asseyant sur le bord de ma couchette.
_Alors ? lui demandais-je.
_Je crois avoir une petite idée du meurtrier de Jenkins.
_Ah oui ! Et d’après vous qui est-ce ? demandais-je un peu étonné qu’elle l’ait trouvé si vite. Même si je sais combien Mac est perspicace et intelligente.
_Son RIO.
_Quoi ? Vous voulez dire Paringa ? demandais-je encore plus étonné qu’avant.
_Oui… Pourquoi cela vous étonne que ce soit lui ?
_Et bien je ne pensais pas qu’il pouvait être impliqué dans cette affaire. Mais si vous en êtes sûre…
_Il n’a plus qu’à passer aux aveux et je serai fixée.
_Et s’il nie tout ?
_J’en doute…
_Vous m’avez l’air bien sûre de vous Mac.
_Toutes les preuves sont contre lui, Harm.
_Dans ce cas…
_Vous m’excuserez je dois y aller, dit-elle en regardant sa montre.
_Alors, on ne sait plus dire l’heure sans montre maintenant ?
_Le décalage horaire m’a perturbé, et de toutes les façons je me débrouille moins bien quand nous sommes tout le temps en mouvement, me répondit-elle en se levant et en ouvrant la porte de ma cabine, à plus tard, Harm.
_Oui… A plus tard.  »
Elle sortit et referma la porte. Je sortis de mes quartiers quelques secondes après Mac et me dirigeais vers le hangar pour voir comment se portait mon appareil avant que Sam et moi nous repartions pour une autre mission.

A bord de mon F-14 Tomcat
Au-dessus du Pacifique
3 mai 2002
10h30

Nous venions d’écarter deux F-2 japonais des eaux territoriales américaine, quand je reçus un appel radio pour me dire que je devais immédiatement rentrer pour assister à l’interrogatoire de Paringa.
 » _Alors ? me demanda Sam qui n’avait pas entendu ma conversation avec le commandant.
_On doit rentrer, lui dis-je simplement.
_Pourquoi maintenant ?
_Je dois assister à un interrogatoire.  »
Elle ne répliqua rien et nous rentrâmes au bercail.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
3 mai 2002
11h45

 » _Capitaine… Je vous en pris asseyez-vous  » me dit le Commandant qui assistait à l’interrogatoire de Paringa.
Je m’assis donc, sans rien dire, à coté de Mac et en face du suspect.
 » _Lieutenant Paringa… Pouvez-vous nous dire où vous étiez le 13 mai au soir ? commença Mac.
_Je rentrais d’une mission de reconnaissance avec Jenkins, Madame.
_Qu’avez-vous fait après que vous et Jenkins ayez dîné ?
_Jenkins est retourné dans ses quartiers et moi dans les miens, Madame.
_Vous êtes-vous couché tout de suite ?
_Je suis resté debout pour lire un peu, puis je suis allé me coucher.
_Vous êtes-vous endormi immédiatement après ?
_Oui, Madame, j’étais fatigué et je devais me lever tôt le lendemain.
_Vous êtes-vous levé durant la nuit ?
_Oui, je me suis levé vers minuit car j’avais soif, je me suis recouché environ 10 minutes après.
_Et pourquoi pas avant, lieutenant ?
_Je suis allé boire un coup à la cafétéria et j’ai discuté avec un ami qui était de garde ce soir là.
_Oui, mais manque de pot pour vous, cet ami là ne se souvient pas vous avoir parlé cette nuit là.
_Il a dû oublier, Madame, il a dû voir beaucoup de personnes et il ne s’en est pas souvenu.
_Pourtant, en 10 min vous aviez amplement le temps d’aller dans la cabine de Jenkins et de le tuer pendant son sommeil.
_Madame, vous n’avez pas de preuves de ce que vous avancez là ! s’emporta Paringa en se levant brusquement.
_Veuillez vous asseoir Lieutenant, ordonna le Commandant.
_Oui Monsieur… Excusez-moi, répondit Paringa à son supérieur, en se rasseyant.
_Mac il a raison, vous n’avez pas de preuves, dis-je à mon tour.
_Harm, vous n’avez pas de preuves pour avancer le contraire, me répondit-elle sur la défensive.
_Soit, mais vous ne pouvez quand même pas l’accuser.
_J’accuse qui je veux, Harm…
_Colonel, je suis parfaitement d’accord avec le Capitaine Rabb. Alors cessez vos élucubrations !
_Bien Monsieur, lui répondit-elle sur un ton de déception, Lieutenant, veuillez m’excuser, vous pouvez disposer, reprit-elle.
_Bien Madame.  »
Il se leva et sortit de la pièce.
 » _Colonel, je vous prierai à l’avenir de ne pas accuser mes officiers, sans preuves fondées, me suis-je bien fait comprendre ?
_Oui, Monsieur, c’est parfaitement clair !  »
Il se leva lui aussi et sortit.
 » _Ce n’est pas dans vos habitudes ça Mac, lui dis-je une fois la porte fermée.
_Oui je sais Harm, pourtant j’étais convaincue qu’en le forçant un peu il finirait par tout avouer.
_Ce n’est pas vos méthodes habituelles ça… Je me demande ce qui vous a pris.
_Je ne sais pas ce qui m’a pris… Je ne crois pas avoir d’excuses…
_Je pense que vous pouvez oublier Paringa maintenant, l’interrompis-je.
_Oui vous avez raison, Harm, je crois qu’il faut que je revoie totalement cette enquête.
_Oui ça c’est sur !
_Vous devriez oublier les pilotes ou copilotes en tant que suspects, Mac, je pense avec certitude qu’ils sont tous innocents.
_Si vous le dites, mais d’après vous où dois-je chercher alors ?
_Dans le personnel de bord du style Quartiers-Maîtres s’occupant des missiles ou autres choses de ce genre. Si vous voyez ce que je veux dire.
_Oui surement, me répondit-elle songeuse.
_Bien, je vais déjeuner, si vous voulez bien m’excuser.
_Oui bien sûr, me dit-elle après être sortie de ses pensées, je vais d’ailleurs en faire tout autant après un petit détour à ma cabine.
_Bien dans ce cas vous n’aurez cas me rejoindre à la cafétéria.
_Oui.  »
Elle se leva et sortit puis j’en fis autant et me dirigeais vers la cafétéria.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
9 mai 2002
9h30

Il s’était passé 6 jours depuis l’interrogatoire de Paringa, et j’avais seulement fait quelques fructueuses missions en ne voyant Mac que de temps en temps. Ce matin était une matinée qui s’annonçait être comme les autres pour moi. Je m’étais levé il y avait à peine quelques minutes que quelqu’un vint frapper à ma porte.
 » _Bonjour Capitaine, le Colonel MacKenzie demande à ce que vous la rejoigniez à la salle de détente pour un interrogatoire.
_Bien j’y vais tout de suite merci, Lieutenant.
_Pas de quoi Monsieur  » me répondit-il avant de s’en aller.
Je sortis de ma cabine juste après lui et me dirigeais vers la salle de détente.

 » _Bonjour Capitaine… Asseyez-vous, je vous en prie.
_Merci Commandant.  »
Je pris place en adressant un sourire à Mac en signe de bonjour alors que je m’asseyais à ces côtés. Pendant que j’essayais de trouver l’identité de la suspecte dans ma mémoire, Mac commença son interrogatoire :
 » _Quartier-Maître, pouvez-vous tout d’abord nous décliner vos nom, prénom et grade pour que le Capitaine Rabb ici présent puisse savoir qui vous êtes? dit-elle en se tournant vers moi et en me faisant un sourire.
_Quartier-Maître Anna Waters.
_Bien merci… Maintenant j’aimerais savoir ce qui vous liait vous et le Capitaine Jenkins.
_On se voyait de temps en temps quand nous n’avions pas encore terminé de mettre en place les missiles.
_Est-ce que vous étiez amis ?
_Je ne pourrais pas dire ça comme ça. On discutait de temps en temps lors de nos pauses communes, mais c’était tout.
_Vous a-t’il demandée de sortir avec lui ?
_Oui, il l’a fait mais j’ai refusé, lui répondit-elle un peu étonné qu’elle soit au courant.
_Pour quelle raison ?
_Je ne voulais pas mélanger travail et vie privée, dit-elle de façon évidente, et c’est toujours valable aujourd’hui, ajouta t’elle.
_Bien… A-t’il retenté ces avances ?
_Oui plusieurs fois…
_Vous a-t’il harcelée durant vos permissions.
_Euh… Oui enfin il a tenté plusieurs fois de m’embrasser sans mon consentement. Mais c’est tout ce qu’il a fait, Madame.
_Cela ne l’innocente pas, Quartier-Maître.
_Oui, je sais, répondit-elle d’une petite voix.
_Quartier-Maître, lui en avez-vous voulu de ce qu’il avait fait ?
_Oui bien sûr, Madame et je lui en veux encore.
_Au point de le frapper ?
_Oui enfin je l’ai gifflé juste après sa première tentative.
_Et ?
_C’est tout, Madame, dit-elle sur la défensive.
_Auriez-vous été capable de le tuer ?
_Non !
_En êtes-vous sûre ?
_Euh… Ecoutez, Madame je ne l’ai pas tué si c’est ça que vous voulez savoir.
_Vous savez que si vous me mentez le JAG est capable de vous défendre durant la court martial, vous avez des circonstances atténuantes. Tenez-en compte.
_Je peux y aller ? demanda t-elle à Mac un peu mal à l’aise.
_Oui, Quartier-Maître, allez-y.
_Merci, Madame. Au revoir… Capitaine.
_Au revoir  » lui répondis-je.
Elle sortit de la salle de détente. Le Commandant accorda Mac d’un sourire et moi d’un signe de tête puis il s’en alla.
 » _Croyez-vous que la forcer à vous faire ses aveux est une bonne solution ? demandais-je à l’adresse de Mac.
_C’est la meilleure que j’ai trouvé.
_Etes-vous sûre qu’elle est coupable ?
_Oui… Enfin c’est la dernière suspecte sur ma liste.
_Au fait quand est-ce que vous rentrez à Washington ? demandais-je en changeant de sujet.
_Je rentre aujourd’hui si mes plans fonctionnent comme prévu. Et vous ?
_D’après le Commandant je dois encore rester au moins une semaine, mais il n’en est pas sûr.
_Oh ! Cela veut dire que vous n’assisterez pas à la réception de mes fiancailles.
_Euh oui effectivement… Mais j’assisterai à votre mariage, je vous le promets, lui dis-je bien que je ne tenais pas du tout à y assister. Voir Mac, ma meilleure amie et peut être plus, se marier à un type que je n’apprécie pas vraiment, ne m’enchantait pas tellement.
_ Oui évidemment… Vous n’êtes jamais là quand je le désire, Harm, me dit-elle d’un air de déception qu’elle ne cachait pas.
_Pas jamais… Ca n’arrive que de temps en temps et c’est très rare, m’emportais-je.
_Ca c’est vous qui le dites !
_Mac, écoutez tout ça n’a aucun intêret. Se disputer n’avancera à rien.
_Oui vous avez raison. Je vais y aller, j’ai encore pas mal de chose à faire avant de rentrer alors…
_Oui moi aussi d’ailleurs  » ajoutais-je en me levant.
Je me dirigeai vers la porte suivi de Mac. Je l’ouvris et fis passer ma collègue avant moi.
 » _Au revoir, Harm, dit-elle en se tournant vers moi.
_Oui à plus tard  »
Elle se retourna et partit en direction de sa cabine pendant que j’allais dans la direction opposée, vers le hangar.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
11 mai 2002
9h45

Cela faisait deux jours que Mac était repartie, après avoir eu une petite discussion avec Anna Waters, qui avait finalement décidé de tout lui avouer : elle avait tué Jenkins pendant la nuit alors qu’il dormait, elle n’avait pas d’excuses. Bien que Mac lui ait dit qu’elle serait acquittée par le juge.
Bref, elle était partie sans même me dire au revoir, mais étant donné que j’étais en mission je ne pouvais pas lui en vouloir.

Je venais à peine de me lever quand j’entendis quelqu’un frapper à ma porte :
 » _Bonjour Capitaine, me dit le Commandant en entrant dans ma chambre.
_Bonjour Monsieur.
_Capitaine je viens vous dire que vous allez pouvoir repartir aujourd’hui même.
_Vraiment ? C’est génial, Monsieur. Mais qu’est-ce qui a précipité votre décision ?
_Cela n’a pas d’importance, Capitaine. Un hélicoptère vous attend dans une demi-heure, vous le prendrez et il vous ramènera sur la côte, là où vous prendrez un avion pour Washington.
_Bien Monsieur.
_Alors à bientôt, Harm, dit-il en me tendant sa main que je serrais amicalement.
_Oui a bientôt.  »
Il sortit et je fis immédiatement mes affaires pour partir.
 » Mac sera sûrement contente de me voir à sa réception de fiançailles », pensais-je.

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
11 mai 2002
17h30

Mon avion avait atterri sans faute à l’aéroport. J’étais immédiatement allé chercher mes affaires, puis j’avais pris un taxi qui m’amena directement chez moi.

J’ouvris ma porte et entrais chez moi, puis je posais mon sac sur mon lit et rangeais mes affaires dans mon placard. Cela fini je ressortis pour faire un petit jogging dans le parc,
puis je pris une douche rapide et m’habillais pour aller chez l’Amiral pour la petite réception.

Maison de l’Amiral
Virginie
11 mai 2002
20h00

Je garais ma voiture derrière les autres et me dirigeais vers la porte d’entrée. Je frappais :
 » _Ah ! Capitaine quelle bonne surprise !
_Bonjour Amiral.
_Entrez. Mais comment se fait-il que vous soyez là si tôt ?
_J’ai fini ma mission plus tôt que prévu, lui répondis-je en entrant.
_Mac est très déçue, elle croyait que vous ne viendriez pas. Vous feriez mieux d’aller la voir.
_Oui vous avez raison. Où est-elle ?
_Sous la véranda  » me répondit-il en me montrant une porte-fenêtre du doigt.
Je me dirigeais vers la porte, puis l’ouvris. J’aperçu Mac appuyée contre la rambarde.
 » _Bonjour, Mac, lui dis-je en m’approchant. Elle se retourna et ouvrit des yeux ahuris.
_Harm, et moi qui croyais que je ne vous verrais pas aujourd’hui.
_J’ai terminé plus tôt que prévu… Comment allez-vous ?
_Bien merci. Et vous ?
_Ca peut aller… Ils ont l’air de bien s’amuser, fis-je en scrutant l’intérieur de la maison de Chegwidden.
_Oui effectivement…  »
Sur ces mots, elle se retourna et se mit à marcher vers l’autre côté de la maison. Je la suivis et elle s’arrêta un bref instant plus tard. A ce moment là, nous commençâmes à retracer tous nos moments passés ensemble, le bon vieux temps.
Elle me reparla de la promesse que je lui avais faite après la naissance du petit A.J, de notre discussion sur le pont d’un petit bateau de promenade à Sydney, de notre rencontre dans ces roseraies, et de pleins d’autres choses encore.
Nous nous trouvions, à cet instant précis, face à face, à côté de la porte-fenêtre. Je lui avais gentiment offert ma veste car il faisait froid dehors, elle l’avait simplement déposée sur ces épaules. Elle m’expliquait qu’elle regrettait mon refus à Sydney, je lui avais presque avoué que je l’aimais mais nous savions tous deux que c’était déjà trop tard. Au moment où elle se hissa sur la pointe des pieds et se pencha doucement vers moi, je fut un peu surpris au début. Mais curieusement, je me mis à me pencher aussi, puis je pris ses lèvres entre les miennes. Elle passa ses bras autour de ma taille et m’attira à elle, je passais à mon tour mes bras autour de sa taille et l’amenais contre ma poitrine. Notre baiser était le souffle de toutes ses années d’attente.
Nous restâmes là à nous embrasser pendant quelques secondes qui me parurent interminables. Puis, elle se détacha doucement de moi et recula d’un pas pendant que je reprenais ma respiration. Elle enleva ma veste de ces épaules et me la donna juste avant de passer derrière moi et d’ouvrir la porte-fenêtre :
 » _Nous devenons de plus en plus doués pour nous dire adieu…  »
Elle rentra à l’intérieur juste après ces simples mots qui voulaient tout dire.
Je rentrais à mon tour après un bref instant de rêve.
L’Amiral fit apporter un gâteau pour fêter les fiançailles de Mic et de la femme, que de toutes évidences, j’aimais.
Nous finîmes rapidement la soirée et je partis avant tous les autres pour la simple et bonne raison que je n’avais pas envie de m’éterniser auprès de Brumby, Renee et Mac. Je rentrais immédiatement chez moi et allais me coucher.

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
18 mai 2002
9h45

J’avais passé une semaine à travailler comme un fou au JAG, l’Amiral m’avait gentiment offert mon week-end pour que je me repose. Donc, j’étais chez moi à ne rien faire. Je venais de me réveiller quand quelqu’un frappa à ma porte :
 » _Bonjour Amiral.
_Bonjour Harm, comment allez-vous ? me demanda t-il en entrant.
_Ca va bien, je vous remercie. Et vous ?
_Ca peut aller. Si je suis là, c’est parce que je viens de recevoir la demande du Commandant du Patrick Henry. Il veut que vous passiez deux jours sur son navire pour la mise à jour de votre quota d’heures de vol, ou je ne sais trop quoi de ce genre.
_Et quand dois-je partir ?
_L’hélicoptère vous attendra à l’héliport vers 11h00, aujourd’hui. Il vous emmènera en plein océan Pacifique et vous rentrerez le lundi après-midi si tout est bien calculé.
_Mais je vais devoir rater le mariage de Mac, Monsieur.
_Avec un peu de chance vous rentrerez juste à temps. Mais je la préviendrai, ne vous en faites pas pour ça.
_C’est gentil, Amiral.
_Bon, j’y vais j’ai du travail. Au revoir, Capitaine.
_A plus tard, Monsieur.  »
Il ouvrit la porte, sortit et la referma derrière lui. Je fis mes affaires et pris ma voiture pour aller immédiatement à l’héliport, sinon j’allais rater mon hélico.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
18 mai 2002
19h30

Je sortis de l’hélicoptère qui venait d’apponter, quand un officier vint à ma rencontre une fois rentré à l’intérieur :
 » _Capitaine, dit-il en se mettant au garde à vous.
_Repos, Quartier-Maître.
_Je vais vous indiquer vos quartiers, si vous voulez bien me suivre.
_Je vous suis  » lui répondis-je malgré le fait que je commençais à connaître le navire par cœur.
Je déposais mes affaires sur ma couchette une fois que le Quartier-Maître fut sorti et m’eut dit que je devais aller voir le Commandant.
Le Commandant était très occupé à scruter l’océan avec ses jumelles il m’aperçut donc que lorsque l’officier lui signala ma présence. Samantha Howard était postée un peu derrière lui les bras croisés, quand elle me vit entrer, elle me salua :
 » _Bonjour Capitaine, déjà de retour parmi nous ?
_Eh oui !  »
Le Commandant se retourna et me salua avant de m’expliquer la façon dont allait se dérouler la mise au point de mon quota d’heures de vols : je devais partir en mer, avec Sam, à bord de mon appareil, et faire tout un tas de passages avant de fixer la cible, au sol ou en l’air, puis de tirer, et de préférence, ne pas la rater. Je devais effectuer ceci deux fois : une fois de nuit c’est-à-dire ce soir, et une autre fois de jour le lendemain matin.

Une fois notre petit briefing terminé, Sam et moi allâmes préparer notre appareil à une mission air-sol et air-air.
Je m’installais à l’intérieur de mon cockpit et attendis que Sam en ait fait de même avant de le refermer et d’avancer notre appareil jusqu’à la rampe de catapultage.
L’officier qui se tenait sur le pont à l’extérieur me fit signe de relâcher les aérofreins et de mettre en route la post-combustion. Ce que je fis, puis l’instant d’après je décollais au dessus du porte-avion alors que la pluie tombait et que le vent soufflait au dehors. On aurait dit une simili tempête.
 » _Ca souffle dehors, me dit Sam.
_Oui je me demande comment ils veulent qu’on détruise des cibles si on ne voit rien.
_Ce sont les risques du métier, Harm.
_Oui vous avez raison.  »
Je me trouvais à quelques mètres de ma 1ère cible, après un vol pour le moment sans embrouilles.
 » _Cible à 5 m, me signala Sam, engagez Maverick.
_Maverick engagé cible en visuel. Je tire.
_Cible touché, beau tir, Harm.
_Merci.
_Nous sommes à 16.35 km de la 2nd cible.  »
Je venais de toucher ma 1ère cible au sol, et je m’aprettais à rejoindre la 2nd en l’air, quand un violent éclair passa juste à côté de nous et transperça notre aile gauche. Je perdais de l’altitude quand Sam me signala qu’on avait un moteur en feu.
 » _Ejectez  » fis-je à Sam alors que nous n’étions plus qu’à 20 pieds de la mer.
Elle s’éjecta immédiatement après mon ordre, puis moi à sa suite. Mon parachute s’ouvrit et le siège se laissa tomber dans le sombre océan qui se déroulait sous mes pieds. Je suivis Sam du regard jusqu’à ce qu’elle tombe dans l’immensité de l’océan. Je tombais une bonne dizaine de mètres sur sa gauche et ne l’aperçus plus du tout à partir du moment où je me retrouvais dans l’eau. Immédiatement après ma chute, je détachais mon parachute.
A ce moment là, je me rappelais que nous n’avions pas prévenu le navire et qu’il ne pourrait pas envoyer d’hélicoptère à notre secours. Je me sentis soudain très petit avec toute cette eau glacée autour de moi. Je n’avais pas la moindre idée où pouvait se trouver Sam et espérais, que comme moi, elle avait survécu à son éjection.
Je nageais depuis une bonne dizaine de minutes, et je commençais à ne plus sentir mes pieds. Mes jambes me faisaient terriblement souffrir mais je m’efforçais de continuer à avancer dans cet océan gelé.
Je pensais à Mac qui devait être heureuse auprès de Mic et de tous nos amis à la répétition de son mariage. Je me l’imaginais déjà enceinte d’une petite fille ou d’un petit garçon. Je me sentais stupide à un point inimaginable, j’aurais pu l’avoir pour moi, vivre avec elle, faire ma vie avec elle, peut être même avoir des enfants. Mais moi idiot comme je suis je n’ai pas été foutu de m’apercevoir avant que j’étais fou d’elle. Je l’aime Sarah.
Je chassais toutes ces idées de ma tête et me dit qu’elle serait bien mieux avec Mic qui avait tout quitté pour elle.
Cela faisait au moins une heure que je nageais et aperçu une île au loin. Elle ressemblait plus à une sombre masse noire qu’à autre chose mais cela ne pouvait être qu’une île. Faites que ce soit une île…

Une île
Quelque part dans l’Océan Pacifique
18 mai 2002
21h15

J’étais assis dans le sable, sur cette île que j’avais aperçue un peu plus tôt. Je repris mon souffle puis m’allongais sur le sable fin en remerciant le ciel de m’avoir permis de rester un peu plus longtemps sur cette Terre. Cela me donnera peut être la possibilité de dire ce que je ressens réellement à Mac, même si pour cela je devais gâcher son mariage : c’était la résolution que j’avais prise si j’arrivais à m’en sortir et à retourner vivant à Washington.
Je m’endormis après ces courtes pensées alors que mes jambes continuaient à me faire souffrir.

Je me réveillais le lendemain matin alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Je regardais ma montre, miraculeusement restée intact après l’accident : il était 11h30.
J’essayais tant bien que mal à me mettre debout, mais mes jambes me faisaient extrêmement mal. Malgré la douleur je réussis à tenir debout et à marcher suffisamment longtemps pour aller chercher un bâton pour me tenir en équilibre.
Il y avait pas mal de végétation : un simili bois dans lequel j’entrais en boitant à l’aide de mon bâton qui me servait de canne, il y avait deux chemins, j’empruntais celui de gauche.
Les feuilles et les branches laissaient place à d’autres feuilles et d’autres branches, puis j’aperçus une sorte de ruisseau surplombé d’une petite cascade d’eau douce. Je trouvais tout autour toutes les sortes de fruits et de baies, je goûtais quelques uns d’entres eux : ils étaient très bons et pourraient surement m’être utiles s’il s’avérait que je devrais rester un peu plus longtemps que prévu.
Je ramassais quelques branches et brindilles pour prévoir un feu de camp pour la nuit. Je rejoignis ensuite la plage où j’avais atterrit. Je posais les branches et les brindilles non loin de mon parachute, puis m’assis sur le sable. A ce moment là, j’aperçus une silhouette dans l’eau. Je pensais tout de suite à Sam et me levais pour aller à son secours.
Je l’aidais à se relever, elle était complètement épuisée. J’avais de l’eau jusqu’au genoux, elle était trempée et gelée.
 » _Merci, me dit-elle une fois assise correctement sur le sable.
_De rien, comment ça va ?
_Comme ci comme ça. Et vous ?
_Ca peut aller.
_Vous êtes là depuis longtemps ?
_Hier soir.
_D’après vous, combien de temps on va rester ici ?
_Je ne sais pas. Mais si on doit s’éterniser, il y a à manger, de quoi faire du feu et un joli ruisseau surplombé d’une cascade.
_Vous croyez qu’ils ont envoyé les secours par hélico ?
_Pas encore, ils vont attendre un peu et s’ils voyent que nous ne revenons pas, ils enverront un hélico. Mais, on en a bien pour au moins 24h.  »
Elle soupira.
 » _Qu’est ce qu’on fait ? me demanda t-elle.
_Je ne sais pas, vous devriez vous reposer. Moi je vais continuer à explorer l’île.
_Oui, vous avez peut être raison.  »
Elle s’allongea, puis je lui passais mon parachute sec et plié sous la tête pour lui servir d’oreiller. Je me levais de nouveau avec l’aide de mon bâton, et me dirigeais vers le petit bois. Avant d’y entrer, je vérifiais que Sam était toujours allongée sur le sable. Elle avait fermé les yeux.
Cette fois, je passais par l’autre chemin et continuais à marcher. Tout autour de moi se trouvait la même chose que la dernière fois : des feuilles et des branches, toujours des feuilles et des branches.
Au bout d’une petite demi-heure, je me retrouvais de l’autre côté de l’île avec une plage et de l’eau à perte de vue.
Je fis demi-tour une fois m’être aperçu qu’il n’y avait rien d’autre. Je pris le chemin qui menait au ruisseau.
Je m’assis sur une pierre et admirais la cascade. Quand, j’entendis un bruit derrière les buisson, je me levais et allais vers le buisson en question. Je poussais les branches et vis Sam en train de boire juste derrière.
 » _Alors, on ne dort pas ? fis-je. Elle se retourna vivement.
_Vous m’avez fait peur, me dit-elle, je n’arrivais pas à dormir et j’avais soif. Vous m’aviez dit qu’il y avait un ruisseau alors j’y suis allée.
_Comment est l’eau ?
_Elle est bonne.  »
Je m’approchais et m’agenouillais sur la pierre à côté de Sam. Je pris de l’eau dans mes mains et bus : c’est vrai, elle était bonne.
 » _J’ai faim, vous avez dit qu’il y avait à manger, me dit Sam
_Oui c’est vrai, regardez autour de vous  » lui répondis-je en lui montrant les arbres pleins de fruit.
Elle se leva et cueuilli quelques baies, puis vint se rasseoir à côté de moi en posant les fruits sur la pierre.
Nous mangeâmes à notre faim, puis nous retournâmes sur la plage pour faire une petite sieste.

Une île
Quelque part dans l’Océan Pacifique
23 mai 2002
9h00

Nous venions de passer 4 jours sur cette île à manger des fruits et à faire un simili campement avec les moyens du bord. Cela faisait cinq bonnes minutes, que le bruit d’hélices d’un hélico nous parvenait. Nous nous étions tous deux réveillés à ce moment là.
Nous l’aperçûmes juste au dessus de nous. C’était un hélicoptère marqué de l’insigne de la Marine des Etats-Unis. Nous lui faisions des signaux de fumée avec le feu qui était resté allumé. Il s’approcha puis atterrit sur la plage en faisant voler le sable autour de nous.
Sam et moi nous nous levâmes, puis aidés de deux officiers, nous montâmes à l’intérieur de l’hélico.
 » _Alors comment c’était ? nous demanda un des officiers avec un sourire.
_Très bien vous auriez dû être là, Quartier-Maître  » lui répondit ironiquement Sam.
Nous volions depuis au moins une heure, quand je vis le navire au-dessous de nous.

USS Patrick Henry
Quelque part dans l’Océan Pacifique
23 mai 2002
10h15

Le Commandant était assis à son bureau, Sam et moi en face de lui.
 » _Capitaine, on va vous renvoyer à Washington où vous serez examiné par les médecins de l’hôpital de Bethesda.
_Et mon quota d’heure ? demandais-je.
_On va dire que vous l’avez terminé, le JAG s’est inquieté, vous savez.
_Ils ont été mis au courant ?
_Oui bien sûr cela fait 4 jours que vous aviez disparu en mer avec Sam, alors nous avons été obligés de les prévenir. On ne savait pas si vous étiez encore en vie.
_Je pars quand ?
_Tout à l’heure, juste le temps pour vous de faire vos affaires. On vous ramène sur la côte et vous prenez, ensuite un avion pour Washington.
_Bien.
_Vous pouvez disposer, Capitaine, me dit-il, Sam vous vous restez ici, j’ai deux mots à vous dire.
_A vos ordres  » fis-je, puis je saluais Sam pour lui dire au revoir. Elle me rendit mon sourire.
Je préparais mes affaires, puis je rejoignis l’hélico sur la plate-forme.

Hôpital naval de Bethesda
Washington DC
23 mai 2002
19h15

 » _Vous pouvez y aller, me dit le médecin après m’avoir examiné, pensez à prendre du repos.
_Oui bien sûr, au revoir.
_Au revoir, Capitaine.  »
Je sortis de son bureau et vis la silhouette sombre de Mac au fond du couloir. Quand elle me vit sortir, elle se dirigea d’un pas ferme vers moi.
 » _Bonjour Harm, comment allez-vous ?
_Ca peut aller, merci.  »
Elle ne dit rien de plus et passa ses bras autour de mon cou et me serra contre elle. Je sentis sa poitrine contre mon torse et je passais mes bras autour de sa taille. Nous restâmes là enlacés pendant un bref instant.
 » _Vous m’avez fait peur, Harm, me dit-elle en reculant d’un pas.
_Je sais.
_Vous venez, je vous ramène au JAG, l’Amiral veut absolument vous voir.
_D’accord.  »
Nous prîmes sa voiture garée sur le parking, puis elle se dirigea vers le bureau.

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
23 mai 2002
19h45

 » _Bonjour Capitaine, comment allez-vous ? me demanda l’Amiral une fois rentré dans son bureau et Mac rentrée chez elle.
_Ca va bien, je vous remercie.
_Asseyez-vous.  »
Je m’assis en face de lui me demandant ce qu’il pouvait bien avoir à me dire.
 » _Mac vous a t’elle parlé de la répétition ?
_Non elle ne m’a rien dit. Pourquoi ?
_Mic l’a quitté, me dit-il tout simplement.
_Quoi ? Mic ? Non ce n’est pas possible !
_Et pourtant c’est vrai. Il le lui a dit lors de la répétition devant tout le monde.
_Et pour quelle raison ?
_Il dit que Mac et vous êtes trop proches et qu’il aura beau essayer, il n’arrivera jamais à vous séparer.
_Et Mac, comment elle va ?
_Elle n’en parle pas, elle continue à travailler. Mais ce qui m’étonne le plus c’est qu’elle n’a pas l’air d’être triste.
_Vous savez Mac sait bien cacher ses sentiments. Elle ne doit pas vouloir le montrer.
_Oui peut être. Enfin quoi qu’il en soit, j’aimerais que vous alliez lui parler pour savoir.
_Oui bien sûr j’irai.
_Ce soir.
_D’accord.
_Vous pouvez y aller maintenant. Et je ne veux pas vous voir demain au bureau, il faut que vous vous reposiez. Compris ?
_Oui. Au revoir, Monsieur.
_Au revoir, Capitaine.  »
Je me levais et sortis. J’attendis le taxi que m’avait appelé Galindez, puis je rentrais chez moi pour déposer mes affaires et prendre ma voiture pour aller rendre une petite visite à Mac.

Appartement de Mac
Georgetown, Virginie
23 mai 2002
20h45

Je m’arrêtais devant l’immeuble de Mac et garais ma voiture.
 » _Rebonjour Mac, dis-je une fois qu’elle eut ouvert la porte.
_Harm, que faites-vous ici ?
_Je peux entrer ? lui demandais-je sans répondre à sa question.
_Oui bien sûr mais vous ne m’avez pas répondu.
_Je viens prendre des nouvelles  » dis-je en m’asseyant sur son canapé.
Elle s’assit à côté de moi.
 » _Que voulez-vous savoir ?
_Comment s’est passé la répétition ? lui demandais-je pour voir comment elle réagirait.
_Bien. Mais pourquoi voulez-vous savoir ça?
_C’est pas ce que m’a dit Chegwidden pourtant.
_Où voulez-vous en venir, Harm ? me demanda t-elle un peu énervée.
_Pourquoi ne pas me dire le vérité ? lui demandais-je en ignorant sa question.
_Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, Harm.
_Mac, s’il vous plaît, dites-moi la vérité.
_Et bien quoi Mic m’a quittée et alors ? s’emporta t-elle.
_Pourquoi le nier ?
_Je ne le nie pas, je n’ai pas envie d’en parler, c’est tout.  »
Elle tenta de se lever, mais je la pris par le bras et la fit se rasseoir.
 » _Mac, l’Amiral dit que vous continuez à travailler comme si de rien n’était.
_Et alors ? La vie continue, non ?
_Oui bien sûr… Il dit aussi que vous n’êtes pas triste d’avoir perdu Mic.
_Non c’est vrai, je ne sais pas pourquoi, mais je me sens plus soulagée qu’autre chose.
_Mac ce n’est pas logique ce que vous me dites là. Vous l’aimiez pourtant, non ?
_Je me le demande maintenant, Harm. Je n’en suis plus si sûre.  »
Elle était sur le point de verser une larme, mais je la pris dans mes bras. Elle posa sa tête dans le creux de mon épaule et m’entoura de ses bras. Je me demandais ce que je devais faire : profiter de la situation ou attendre. J’optais pour la 2nd proposition. Mais elle n’en avait vraisemblablement pas envie : elle releva sa tête et pris mes lèvres entre les siennes, ses bras toujours autour de mon cou. Sa chaleur m’envahissait petit à petit, elle commença à descendre ses mains, puis à soulever mon t-shirt. Elle les glissa sur ma peau, elles étaient tièdes.
A partir de cet instant, je commençai à perdre la raison, je glissais mes lèvres sur des lignes imaginaires le long de son cou, mais je n’osais pas aller plus loin. Ce fut elle qui fit le premier pas, elle fit descendre ma veste le long de mes bras tout en m’embrassant. Ensuite, elle m’enleva mon t-shirt, je dus me détacher de ses lèvres et de la chaleur de son corps pendant un court instant, durant lequel j’essayais de reprendre mon souffle.
Une fois mon t-shirt par terre au pied du canapé, elle posa ses mains chaudes sur ma poitrine et me caressa de haut en bas tout en reposant ses lèvres sur les miennes pour m’embrasser.
Elle descendait lentement sa langue, avec une immense tendresse, de ma bouche à mon torse tout en passant par mon cou.
Je ne pensais plus à rien, une seule envie me submergeait : me laisser porter par le désir que j’avais pour cette femme où que cela puisse nous mener. Je lui enlevais sa chemise et m’apprêtais à faire de même avec son soutien-gorge, mais elle se leva et me tira par la main. Je la suivis jusque dans sa chambre, elle resta debout devant le lit, je m’approchai d’elle et l’embrassai avec tendresse. Je défis son soutien-gorge et le laissais tomber à nos pieds. Puis, je descendis mes mains le long de ses hanches et déboutonnais son jean que je lâchais sur le sol. Elle fit glisser ses mains le long de mon dos, puis déboutonna mon jean comme je venais de le faire avec le sien. Sa culotte emprunta le même chemin que son jean, tout comme mon caleçon d’ailleurs. Elle s’allongea sur le lit et avant de la rejoindre j’admirais son corps somptueux.
 » _Viens  »
Je ne pus résister à cet appel de détresse qui sortit de sa bouche, je m’allongeais par dessus son corps, puis elle m’attira encore plus près et m’embrassa, je la pénétrais délicatement. Je l’entendis pousser un petit cri étouffé. Je commençais mon va-et-vient au dessus d’elle, en la sentant frémir sous mon corps.
Je n’en revenais pas, j’étais en train de faire l’amour à la femme de ma vie. Ce moment que j’avais attendu pendant cinq ans, sans jamais oser faire le premier pas.
Je sentais le plaisir monter en moi au fur et à mesure qu’elle glissait ses mains le long de ma
colonne vertébrale. Je ne pensais plus à rien, je continuais mon mouvement de va-et-vient quand je sentis l’orgasme s’intensifier en moi ce qui me fit jouir instantanément. Je sentis Sarah palpiter sous moi. Je restais, là au-dessus d’elle un bref instant, durant lequel je repris mon souffle, puis je m’allongeais sur le dos à côté d’elle. Elle se blottit contre moi et posa sa tête sur ma poitrine, je passais mon bras autour de ses épaules et l’attirais encore plus près de moi, puis je m’endormis quelques secondes après elle.

Appartement de Mac
Georgetown, Virginie
24 mai 2002
10h15

Je me réveillais allongé dans le lit de Sarah. Ne sentant pas sa présence, je me retournais pour voir si elle était là. Mais, elle n’était pas là. Je me levais, ramassais mon caleçon au pied du lit et allais dans le salon.
Sarah était debout devant la fenêtre, elle portait mon t-shirt qui lui descendait juste au-dessus des genoux. Je vis, en regardant le canapé, qu’elle avait ramassé nos affaires pour les poser dessus.
Je m’approchais d’elle sans bruit, passais mes bras autour de sa taille et l’embrassais dans le cou. Je la sentis sursauter, je me détachais un peu, mais elle me pris la main et se retourna pour m’embrasser à son tour. Je sentis sa langue dans ma bouche. Nous restâmes là enlacés en
nous embrassant pendant un court instant puis elle se détacha de moi.
 » _Bien dormi ? me demanda t-elle.
_Oui et toi ?
_Oui. Tu veux du café ?
_Oui. Pourquoi pas.  »
Elle se dirigea vers la cuisine, prit deux tasses et nous servit du café qui était déjà dans la cafetière.
 » _Tiens, dit-elle en me tendant la tasse.
_Merci.  »
Je pris la tasse chaude en effleurant ses doigts. Elle me regarda dans les yeux et sourit. Elle alla s’asseoir sur le divan, mais avant elle posa nos vêtements sur la petite table devant elle. Jingo s’allongea à ses pieds et ferma les yeux.
Je m’approchais, puis m’assis à côté d’elle. Elle se blottit contre moi et but une gorgée de son café.
 » _Tu vas aller travailler ce matin ? lui demandais-je.
_Oui, il va bien falloir.
_Hum, c’est dommage dis-je en l’embrassant sur la tempe. Elle leva sa tête vers moi.
_Oui c’est dommage…  » Elle prit mes lèvres entre les siennes et m’embrassa longuement.
Nous restâmes là enlacé pendant une petite demi-heure. Puis, après que Mac eut prit sa douche et qu’elle se soit habillée, elle se dirigea vers la porte de sortie et se retourna vers moi.
 » _Est-ce que je peux espérer te revoir ce soir ? me demanda t-elle.
_Je ne sais pas, peut être…
_Que vas-tu faire aujourd’hui ?
_Aucune idée. J’aurais préféré aller au boulot mais bon… L’Amiral était très strict, il ne voulait pas que je vienne aujourd’hui alors…
_Qu’est-ce qui va se passer maintenant entre nous ? m’interrompit-elle.
_Je ne sais pas, Mac…  »
Je la pris dans mes bras et l’embrassais pendant un court instant.
 » _Tu devrais y aller l’Amiral va se poser des questions. Je fermerais la porte quand je partirais. Je déposerais la clé sur ton bureau pendant la journée. D’accord ?
_Oui, a plus tard, Harm.
_A plus tard, Mac.  »
Elle se mit sur la pointe des pieds et m’embrassa. Puis, elle ouvrit la porte et sortit. Je refermais derrière elle, une fois qu’elle eut descendu les escaliers.
Je me postais à la fenêtre et la regardais partir avec un soupir de déception.
Ensuite, j’allais m’habiller puis je sortis en fermant la porte à clé derrière moi.

East Potomac Park
Washington DC
24 mai 2002
12h30

J’étais passé chez moi pour me changer, puis j’étais allé en voiture jusqu’à la presqu’île de la Potomac River, là où j’avais décidé de faire un petit jogging avant de déposer la clé au JAG.

Je courais donc sur un chemin dans un sous-bois non loin du terrain de golf. J’aperçus au fond de la simili forêt, une silhouette qui ne m’était pas inconnue. Je n’arrivais pas à distinguer correctement la personne en question, et je continuais de m’approcher. Je la vis s’asseoir sur un banc, je m’arrêtais devant Mac qui fut étonnée de m’apercevoir là.
 » _Harm… Qu’est-ce que tu fais ici ?
_Un jogging, répondis-je en m’asseyant à côté d’elle et en reprenant mon souffle. Et toi ?
_J’avais besoin d’être un peu seule avant d’aller au bureau.
_Pour quelle raison ?
_J’avais besoin de réfléchir, Harm, me dit-elle de façon évidente.
_A quel sujet ?
_Tu poses trop de questions, s’énerva t-elle.
_J’ai envie de savoir, Mac, me défendis-je.
_Je voulais prendre un peu de temps pour repenser à ce qu’on a fait cette nuit, finit-elle par avouer.
_Et as-tu trouvé une conclusion ?
_Malheureusement non. Mais, toi, tu en as peut être une.
_Peut être… Mac, écoute je ne sais pas comment on va devoir s’y prendre au bureau, mais une chose est sûre : je veux être avec toi tout le temps, lui dis-je en me retournant pour la regarder dans les yeux. J’ai perdu trop de temps.
_Harm…  »
Elle m’embrassa lentement avec une tendresse incroyable, la même tendresse avec laquelle nous avions fait l’amour la veille au soir. Je voyais les passants, qui circulaient devant nous, tourner la tête pour nous regarder avec un air envieux, Mac et moi devions avoir l’air heureux.
 » _Moi aussi, je veux être avec toi, Harm. Mais, comment est-ce qu’on va faire au bureau, quand on devra travailler ensemble ?
_Je ne sais pas, Mac… On continuera à travailler comme avant, il le faudra bien de toutes les façons.
_Hum… Oui, tu as raison.
_Je t’aime, Mac et jamais je ne laisserais passer la chance que j’ai de vivre avec toi, après ce que nous avons fait.
_Moi aussi, Harm… Je t’aime.  »
Une nouvelle fois, nous nous perdîmes tous les deux, dans un long baiser savoureux.
 » _Il va falloir que j’y aille, me dit-elle.
_Oui, c’est vrai, il se fait tard, répondis-je en regardant ma montre. « 13h30″
_A plus tard alors…
_Oui… Je ne sais pas si je viendrais te voir ce soir.
_Pourquoi tu as mieux à faire ?
_Non, mais je pense que c’est quand même mieux si je ne viens pas. Tu ne crois pas ?
_Si tu as raison, de toute façon l’Amiral risque de me faire travailler cette nuit.
_Bon… Bah peut être à demain.
_Oui à demain.  »
Elle m’embrassa, puis se leva et se dirigea vers la sortie du parc. Je me levais un peu après elle et repartis en sens inverse en courant. J’allais au JAG pour déposer la clé et passais le restant de la journée à faire le ménage chez moi.

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
25 mai 2002
9h45

J’arrivais un peu en retard au JAG. Je passais devant le bureau de Galindez, et m’arrêtais.
 » _Bonjour Sergent.
_Ah Capitaine ! Déjà de retour ?
_Et oui ! Vous n’êtes pas encore débarrassé de moi, fis-je avec un sourire. Le Colonel est là, lui demandais-je enfin.
_Non, elle est partie en hâte ce matin pour une enquête au Mexique, je crois.
_Bien merci, Sergent.  »
J’entrais dans mon bureau mécontent que Mac n’ait même pas eu le temps de me dire au revoir. Je m’assis sur mon fauteuil et pris le 1er dossier qui était posé sur mon bureau, un peu en désordre d’ailleurs !

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
27 mai 2002
21h30

Je venais de passer deux jours extrêmement désagréables du fait que Mac n’était toujours pas rentrée. Mais, ces deux jours m’avaient quand même servis à comprendre, combien je pouvais tenir à Sarah. Elle me manquait encore plus depuis que nous avions fait l’amour.

Je glissais la clé dans la serrure de la porte de mon appartement, tournais, mais la porte était déjà ouverte, ce qui était plutôt rare. J’ouvrais la porte, il faisait sombre hormis une petite source de lumière au fond de la pièce.
 » _Bonjour Harm, me dit une voix que je connaissais très bien.
_Mac ? Que fais-tu ici ?
_Je te prépare le dîner  » me répondit-elle pendant que je fermais la porte derrière moi. Je la sentis juste en face de moi, je pouvais respirer son parfum. Elle m’embrassa et me dit de poser mes affaires et de venir manger. Ce que je fis immédiatement.

Nous dinâmes pendant une petite heure, puis nous nous étions installés dans le canapé avec, chacun, notre verre de vin à la main.
 » _Alors comment s’est passé ton séjour au Mexique ? lui demandais-je alors que je n’avais pas encore voulu aborder le sujet du travail à table.
_Monotone sans toi  » me répondit-elle en m’embrassant.
Elle ne dit rien de plus et continua à m’embrasser. Je me séparais d’elle un instant pour reprendre ma respiration. Sarah poussa un gémissement de contrariété et se rapprocha encore de moi pour m’embrasser à nouveau.
 » _Sarah…
_Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? me demanda t-elle étonnée, que je la repousse ainsi.
_Mac, on devrait parler.
_De quoi, Harm ? De ce qu’on va faire demain quand on se retrouvera au bureau ?
_Par exemple… Mac, écoute, je veux vivre avec et toi, et je ne vois rien qui puisse m’en empêcher.  »
Mac leva des yeux surpris vers moi.
 » _Epouse-moi… Je n’ai pas prévu de texte comme Mic a pu le faire quand il t’a demandé en mariage, je n’ai pas non plus de bague de fiançailles, bien que je puisse y remédier. C’est tout ce dont j’ai besoin et je ne crois pas que tu aies besoin que je t’en dise plus.  »
Silence.
 » _Non, c’est vrai je n’ai pas besoin que tu m’en dises plus, Harm… Je ne demande pas mieux… Tu me laisses quand même le choix ?
_Oui bien sûr.  »
Elle me regarda dans les yeux, puis m’embrassa avec désir.
 » _Oui je le veux, Harm. Le plus tôt possible  » fit-elle en m’embrassant à nouveau.
Cette fois, nous restâmes enlacés bien plus longtemps jusqu’à ce que mon téléphone ce mette gentiment à sonner.
 » _Rabb, dis-je énervé qu’on m’ait dérangé dans un moment pareil.
_C’est Chegwidden, je vous veux au bureau tout de suite et c’est un ordre.
_A vos ordres, Monsieur.  »
Il raccrocha et je fis de même une fois que je m’étais rendu compte que je devais laisser Mac toute seule pendant que j’irais voir l’Amiral.
 » _C’était l’Amiral, me demanda Sarah.
_Oui, il veut que je vienne tout de suite au bureau.
_Pourquoi ?
_Je ne sais pas, il n’a rien dit.
_Tu reviens après ?
_Je ne sais pas, à plus tard, Mac, je file.
_A plus tard, Harm, dépêches-toi.
_Oui.  »
Je sortis rapidement après avoir pris ma veste, sans même embrasser Mac.

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
27 mai 2002
22h45

 » _Capitaine enfin… Dites qu’est ce que c’est que ça ? me demanda t-il en me tendant un dossier.
_C’est un dossier, Monsieur.
_Ne jouez pas avec moi, Capitaine ! Vous allez me terminer ce rapport tout de suite. J’ai été assez clair ?
_Oui, Monsieur, parfaitement clair.
_Rompez !
_A vos ordres.  »
Je sortis de son bureau après avoir pris le dossier. J’allais m’installer sur mon fauteuil et décrochais le combiné.
 » _Oui ? fit la voix de Mac.
_C’est moi, je ne rentrerais peut être pas, il faut que je termine un rapport urgent.
_ Dommage, moi qui te réservais un traitement de faveur à ton retour.
_Oh ! Mon dieu je vais devoir rater ça. Oh non !!!
_Si tu es sage et que tu te dépêches, tu auras peut être la chance de me trouver encore réveilléer.
_Alors je te laisse je m’y mets tout de suite en espérant rentrer bientôt.
_Tu as interêt.
_A plus tard.
_A tout à l’heure, Harm.  »
Je raccrochais juste après elle et me mis à bosser.

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
28 mai 2002
7h45

Je travaillais pendant toute la nuit et ne rentrais que le matin pour trouver Mac endormie sur le canapé près du téléphone.
Je me penchais sur elle, puis l’embrassais dans le cou en prenant soin de laisser glisser ma langue sur un petit chemin. Elle poussa un soupir.
 » _Harm, enfin.
_Oui c’est moi. Rendors-toi, je vais t’amener sur le lit.  »
Elle referma ses yeux. Je la pris dans mes bras et allais la poser délicatement sur le lit.
Je m’allongeais à ses côtés, après avoir enlevé mon uniforme que je gardais toujours depuis hier soir.
On se réveilla vers 11h00, on prit le petit-déjeuner ensemble avant de partir pour le bureau, toujours tous les deux, avec ma voiture.
Les gens qui nous virent sortir de ma voiture ne nous adressèrent pas la parole, ils continuaient leur chemin sans se soucier de nous.
Nous passâmes une journée paisible au bureau, pendant laquelle Mac et moi prîmes le temps d’expliquer ce qui nous arrivait à nos collègues et amis.
Trois mois plus tard, Sarah et moi nous mariâmes. Elle était enceinte de deux mois et demi et j’étais le plus heureux des hommes.
Le 26 février naquit Jess MacKenzie Rabb, qui vécut heureuse avec ses deux parents enfin réunis.

FIN…

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