Disparition

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
21 mai 2002
9h00

J’étais tranquillement installé à mon bureau quand je vis débarquer deux policiers en uniforme. Le Sergent Galindez leur indiqua le bureau de Chegwidden. Ils se dirigèrent rapidement vers celui-ci et en ressortirent une bonne demi-heure après. Je les vis se diriger vers le bureau de Mac qui était absente depuis déjà 48h, puis j’entendis quelqu’un frapper à ma porte.
 » _L’Amiral souhaite vous voir dans son bureau immédiatement, me dit Tiner en passant sa tête par l’entrebaillement de la porte.
_Merci Tiner, j’y vais.  »
Je me levais.
 » _Entrez, me dit l’Amiral après que j’eus frappé à sa porte.
_Bonjour Monsieur.
_Asseyez-vous Capitaine.
Je m’exécutais.
_Je suppose que vous avez vu ces deux policiers.
_C’est exact Monsieur.
_Cela fait maintenant 48h que Mac ne s’est pas présentée à son poste, est-ce exact ?
_Oui Monsieur.
_La police locale a décidé d’ouvrir une enquête sous mon ordre. J’espère qu’ils la retrouveront… Cela dit, je souhaitais seulement vous tenir au courant des faits. Si Mac venait à vous voir, je suppose que vous me mettriez au courant, n’est-ce pas ?
_Bien sûr Monsieur.
_Bien vous pouvez disposer.
_A vos ordres.  »
Je sortis de son bureau et me dirigeais vers le mien. Je me demandais ce qui avait bien pu pousser Mac à agir ainsi. Elle n’avait pourtant plus de problèmes relationnels depuis qu’elle avait décidé de quitter Mic. Ou bien était-ce autre chose, mais quoi ?
J’entrais dans mon bureau, fermais la porte, pris le 1er dossier de la grande pile qui m’attendait et m’assis dans mon fauteuil. Mes pensées dérivaient peu à peu, je repensais à ce court baiser sous la véranda de l’Amiral, aux peu de moments intimes que nous avions eu ensemble…
 » _Toc toc.  »
Je ressortis brusquement de mes pensées.
 » _Entrez, fis-je entre le rêve et la réalité.
_Bonjour Capitaine, je suis le Sergent Saez, officier de la police municipale de Washington. J’aimerais vous posez quelques questions au sujet de la disparition du Lieutenant-Colonel Mackenzie.
_Oui, bien sûr, asseyez-vous, fis-je en lui montrant le fauteuil en face de mon bureau.
_Merci… Tout d’abord j’aimerais savoir à quand remonte la dernière fois que vous l’avez vue.
_Il y a deux jours.
_Bien… Je crois savoir que vous et le Colonel étiez amis.
_Oui, c’est exact.
_Elle ne vous a pas téléphoné ?
_Non, je n’ai pas eu de contact avec ma collègue depuis 2 jours.
_Avez-vous une idée de la raison qui l’a poussée à agir ainsi ?
_Pas la moindre idée, Sergent Saez.
_Vous ne m’aidez pas beaucoup Capitaine.
_Je ne vais pas pouvoir faire mieux que ça, et croyez bien que j’en suis désolé.
_Je m’en doute… Vous et le Colonel n’avez jamais eu d’autre relation que professionnelle et amicale ?
_Non jamais, et intérieurement : « si je n’avais pas été aussi têtu, ça aurait été possible. »
_Eh bien, je pense que je vais m’en tenir à ces faits, du moins pour le moment. Au revoir Capitaine.
_Au revoir Sergent.  »
Il sortit et je me remis à mon dossier en évitant de penser à Mac.

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
21 mai 2002
20h00

Je finissais de rédiger un rapport avant de rentrer chez moi. J’avais travaillé sur ce dossier qui m’avait pris toute la journée et ne m’en étais débarrassé que vers 19h00.
Les moments où j’arrêtais de travailler sur cette affaire, des pensées de Mac m’envahissaient. Je travaillais donc sans arrêt pendant toute la journée.
Je rentrais chez moi, exténué, je pris une douche rapide puis allais me coucher pour m’endormir tout de suite.
Ma nuit était peuplé de rêves qui avaient tous un point commun… : Mac.

Chaque jour, j’allais au travail pensant à Mac sans arrêt. Je n’arrêtais pas de me demander ce qui avait bien pu la pousser à quitter son poste comme ça sans rien me dire.
Je passais une semaine horrible, je dormais de moins en moins à cause de cauchemars qui me hantaient toutes les nuits. Chaque jour, je demandais des nouvelles de l’enquête au Sergent Saez, et chaque jour il me répétait la même chose :  » Nous n’avons aucune nouvelle du Colonel Mackenzie.  »
Des pensées de Mac et moi ensemble au lit n’arrêtaient pas de me passer par la tête à chaque fois que je me retrouvais en cour martiale. J’avais l’impression que cela allait me hanter jusqu’à ce que Mac réapparaisse, si elle daignait bien réapparaître un jour.
Au fur et à mesure que les jours passaient le Sergent Saez désespérait de la retrouver un jour.
Et moi, je m’inquiétais de plus en plus, mais sans désespérer.

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
28 mai 2002
7h45

Une semaine plus tard.
J’étais en train de m’habiller lorsque quelqu’un frappa à ma porte :
 » _Bonjour Capitaine, me dit l’Amiral après que j’eus ouvert la porte.
_Bonjour Monsieur, entrez je vous en prie.
_Merci Capitaine, je n’en aurais pas pour longtemps.  »
Il entra et commença à m’expliquer la raison de sa venue :
 » _Vous savez déjà que Mac a disparu depuis plus d’une semaine.
_Oui, Monsieur c’est exact. Mais où voulez-vous en venir ? fis-je inquiet d’entendre ce qu’il allait m’annoncer.
_Une femme nous a signalé sa présence à Los Angeles dans un bar.
_Un bar, Monsieur ?
_Oui un bar Capitaine, je vois que vous êtes aussi inquiet que moi quant à cette découverte. Je veux que vous vous rendiez dans ce bar et que vous me rameniez ce satané Marine avant qu’elle ne soit accusée de désertion.
_Désertion Monsieur ?
_Ce n’est pas moi qui fait les lois Capitaine… Vous partez en fin d’après-midi. Tiner s’est occupé de vous trouver un avion.
_Bien Monsieur.
_Je vous veux au bureau tout à l’heure, vous quitterez le JAG vers midi pour préparer vos baggages. Votre avion décolle à 17h30.
_A vos ordres Monsieur.  »
Il ouvrit la porte et sortit de mon appartement. Je refermais la porte et terminais de m’habiller.

Je travaillais sur un dossier toute la matinée avant de rentrer chez moi afin de préparer mes affaires pour aller à Los Angeles.

Bar
Los Angeles
29 mai 2002
10h30

Mon voyage s’était bien passé et le lendemain matin, je me dirigeais vers le bar dont m’avait parlé l’Amiral.
Il faisait sombre dans le bar malgré l’heure matinale. Il y avait seulement deux clients en plus d’une serveuse et du barman. Mais pas de Mac en vue, à mon grand désespoir.
Je m’assis à une table. La serveuse s’approcha :
 » _Bonjour Monsieur, que souhaitez-vous ?
_Rien hormis quelques renseignements.
Elle s’assit en face de moi.
_Je pourrais peut-être vous aidez.
_On m’a informé qu’une femme Lieutenant-Colonel des Marines était venue ici.
_Oui c’est moi qui ai informé votre Amiral. A moins que vous ne soyez celui-ci.
_Non je ne suis que l’officier chargé de ramener cette femme à Washington DC. Savez-vous où elle se trouve actuellement ?
_Certainement à l’Hôtel Victoria en face… Je l’ai vu y entrer hier soir.
_Merci.
_De rien, je suis à votre disposition si vous avez besoin d’autres informations.
_Merci.  »
Elle se leva et retourna vaquer à ses occupations. Je me levais cinq minutes après elle, traversais la route et entrais dans le hall de l’Hôtel Victoria.
 » _Bonjour, fis-je au réceptionniste, j’aurais besoin de savoir si une de mes amies du nom de Sarah Mackenzie a une chambre dans votre hôtel.
_Je ne vais pas pouvoir vous donner cette information, je suis désolé.
_Faites un effort c’est très important.
_Bon je vais voir, mais n’en parlez pas à mon patron.
_Aucun problème.  »
Il s’éloigna, s’assit un peu plus loin à une table et pianota sur son PC. Puis, il revint vers moi :
_Non désolé Monsieur, mais nous n’avons personne de ce nom-là dans notre hôtel.
_Bien merci  » fis-je pensif. Je ressortais de l’hôtel sans rien demander de plus au réceptionniste. Mac n’était donc pas ici, pourtant la serveuse m’avait bien dit qu’elle l’avait vu entrée ici, peut-être s’était-elle trompée. Je décidais malgré tout de retourner la voir.
J’entrais dans le bar, cette fois il était vide, je me dirigeais vers la serveuse qui préparait je ne sais trop quoi.
 » _Excusez-moi, vous m’avez dit tout à l’heure que vous aviez vu ma collègue entrer dans cet hôtel en face, mais elle ne s’y trouve pas. Vous êtes sûre de ne pas vous être trompée ?
_Oui, peut être s’est-elle inscrite sous un autre nom.
_Oui peut être… fis-je songeur, « comment se faisait-il que je n’y avait même pas pensé ? »
_Vous avez l’air de tenir beaucoup à elle. Elle m’a parlé d’un homme qu’elle aimait. Ça vous intéresserait de savoir ce qu’elle a dit ?
_Oui bien sûr, mais d’abord a t’elle mentionné un nom ?
_Non, mais elle le décrivait comme étant grand, brun, séduisant, en vous voyant j’ai pensé que peut être vous étiez celui-ci, mais si vous dites que vous êtes tous les deux collègues je ne pense pas que ce soit possible.
_Vous savez il peut se passer bien des choses même quand on est collègue.
_Vous voulez dire que tout les deux, vous…
_Non… Ou du moins pas encore…
_Peut être que vous devriez l’attendre, si elle sort de l’hôtel vous la verrez.
_Et si elle ne sort pas ?
_Elle vient ici tous les soirs, on peut dire qu’elle a besoin de parler à quelqu’un et comme on a rarement beaucoup de clients, je suis là pour l’écouter.
_Au fait est-ce qu’elle a bu denièrement de l’alcool ici ?
_Non pas une seule fois, ça m’a étonné d’ailleurs, les militaires boivent souvent beaucoup d’alcool et on en croise beaucoup par ici, vous savez.  »
Je ne pus m’empêcher de laisser s’échapper un ouf de soulagement en entendant ces mots.
 » _Bien je reviendrais ce soir, vers quelle heure vient-elle habituellement ?
_Vers 20h00.
_Bien alors à ce soir.
_A ce soir.  »
Je sortis du bar et allais me ballader sur la plage. Je repensais aux paroles de la serveuse :  » Elle m’a parlé d’un homme qu’elle aimait… elle le décrivait comme étant grand, brun, séduisant…  »
« Ça ne peut pas être Mic » pensais-je, il n’est pas séduisant. En pensant ces mots, j’étouffais un petit rire. Comment est-ce que cela pourrait être Mic ? Mac et lui avaient rompu il y a déjà pas mal de temps, je ne me souviens même plus du nombre de jours, d’heures, de minutes et de secondes, pourtant je les avais calculées soigneusement : j’étais trop content que Mac ait enfin décidé de rompre, même si c’était méchant vis-à-vis d’elle.
Malgré tout je n’arrivais toujours pas à trouver une explication rationnelle sur la disparition de Mac.
Je passais ma journée sur la plage à errer sans but précis jusqu’à ce qu’il soit 20h00. Je retournais au bar.

Bar
Los Angeles
29 mai 2002
20h10

J’arrivais au bar et demandais à la serveuse où se trouvait Mac, elle m’expliqua qu’elle était venue plus tôt aujourd’hui et qu’elle était ensuite repartie. Très déçu je décidais de prendre une chambre d’hôtel et d’aller dîner. Pour ensuite aller me coucher, enfin si j’arrivais à trouver le sommeil.
Je me levais de bonne heure malgré le peu de temps pendant lequel j’avais dormi. J’allais déjeuner, puis me dirigeais vers la plage afin de prendre un peu l’air frais du large.
J’espérais y trouver Mac, mais mon espoir fut vain. Je rentrais insatisfait et presque désespéré. J’essayais, tout en rentrant à l’hôtel, de trouver le pseudonyme que Mac aurait pu utiliser, mais une fois de plus ce fut en vain.
Je montais dans ma chambre et essayais de dormir un peu. Je me réveillais après un affreux cauchemar qui ne vaut même pas le coup d’être raconté. Je descendis en ville afin de marcher un peu.
Un peu plus tard, j’eus l’idée d’aller jeter un coup d’œil au bar où Mac avait été censée venir hier. Malheureusement je n’y trouvais personne. Je passais le restant de ma journée à me ballader et à réfléchir.
Le lendemain soir, je décidais de retourner au bar. Je demandais à la serveuse si elle avait vu Mac. Elle me répondit qu’elle s’était dirigée vers la plage après avoir bu un café.
Je me dirigeais donc vers la plage. Je marchais pendant une bonne dizaine de minutes avant de voir Mac assise dans le sable non loin d’une sorte de digue.
Avant même que je l’atteigne, elle se leva et se dirigea vers le bout de la digue qui était immergée dans l’eau bleu clair de l’océan.
Je la suivais, elle s’assit sur le rebord de la jetée. J’était juste derrière elle, elle ne m’avait pas encore vu, je m’assis à côté d’elle. Elle tourna la tête et me vit, elle n’eut pas l’air étonnée. J’étais soulagé de la trouver là en pleine forme, même si j’eus préféré ne pas avoir à faire la traversée des Etats-Unis pour ça.
 » _Bonjour Mac.
_Bonjour Harm.
_Je crois que vous avez des choses à m’expliquer.
_Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
_Mac, s’il vous plaît ne m’obligez pas à vous supplier à genoux.
Elle sourit.
_Ce ne sera pas nécessaire Harm.
_Alors ?
_J’avais seulement besoin de vacances.
Elle se leva à moitié mais je la pris par le bras, je sentis sa chaleur m’envahir durant un très court instant. Elle se rassit et dégagea vivement son bras.
_Et c’est tout ? Vous n’avez pas jugé bon de prévénir l’Amiral ? continuais-je.
_Harm… S’il vous plaît. J’avais seulement besoin de réfléchir, je n’ai rien à vous dire de plus… Et puis d’abord pourquoi devrais-je me justifier ?
_Mais Mac je suis votre ami et j’aimerais bien savoir ce qui a pu vous arriver pendant tout ce temps. Vous savez, on s’est fait du souci pour vous au JAG.
_Je suis désolée, Harm, mais…  »
Elle s’arrêta.
J’éprouvais l’envie de la prendre dans mes bras, mais une nouvelle fois elle tenta de se lever, cette fois je ne la retins pas. Elle descendit de la digue et marcha sur la plage. Je la suivis et marchais à côté d’elle. On marcha comme ça pendant quelques minutes sans rien dire.
Elle s’arrêta et s’assit dans le sable, je m’assis à côté d’elle. Elle se tourna vers moi et me scruta de ses magnifiques yeux marrons. Elle sourit et passa ses bras autour de mon cou. Je la pris dans mes bras tout en prenant ses lèvres entre les miennes.
Nous restâmes ainsi à nous embrasser pendant quelques secondes, puis elle mit sa tête dans le creux de mon épaule et je passais un bras autour de sa taille…
 » DRIIIINGGGG  »
Je sortis mon téléphone portable de ma poche :
 » _Rabb, fis-je énervé qu’on me dérange dans un moment pareil.
_Capitaine, avez-vous retrouvé le Colonel ? me demanda l’Amiral au bout du fil.
_Oui, Monsieur.
_Bien et que vous a t’elle dit ?
_Pas grand chose, Monsieur.
_Bien alors employez-vous à ce que ces problèmes, quels qu’ils soient, se réglent rapidement, vous avez du boulot qui vous attend au JAG.
_A vos ordres, Monsieur.
_Clac.  »
Il avait raccroché sans même prendre le temps de me dire quelque chose de plus.
 » _Alors ? fit Mac une fois que j’eus rangé mon téléphone dans ma poche.
_C’était l’Amiral, il voulait savoir si je vous avais retrouvé.  »
Elle ne dit rien de plus et se leva. Je ne la retint pas je compris en lisant dans son regard qu’elle souhaitait dormir. Je la suivis malgré tout jusqu’à la porte de sa chambre pour veiller à ce qu’elle aille effectivement se coucher. Ensuite j’allais moi aussi me coucher pour m’endormir rapidement.

Mac et moi passâmes 2 jours paisibles durant lesquels on entreprit de retrouver le calme qui règnait dans notre relation amicale avant sa disparition.

Hôtel Victoria
Los Angeles
2 juin 2002
13h00

L’Amiral m’appela dans ma chambre pour me dire que j’avais une semaine de permission, je le remerciais et raccrochais. Mac et moi avions convenu de déjeuner ensemble ce midi, je descendais à la salle de restrauration. J’y trouvais Mac assise à une table. Je la saluais et m’assis en face d’elle.
 » _L’Amiral me donne 1 semaine de permission…
_A t’il parlé de moi ?
_Non il ne m’a rien dit à votre sujet, je pense que vous devriez l’appeler pour le lui demander.
_Oui vous avez certainement raison. Je vais y aller maintenant si ça ne vous dérange pas.
_Non, allez-y.  »
Elle se leva et je la suivis du regard jusqu’à ce que je ne la voie plus. Jusqu’à aujourd’hui nous n’avions pas reparlé de la raison de son départ. Je ne souhaitais pas engager la conversation là dessus par crainte de je ne sais trop quoi. C’est vrai je pourrais le lui demander après tout qu’est ce qu’il pourrait m’arriver ? Le pire pour moi serait de ne pas la revoir, mais cela ne risque pas d’arriver puisque nous travaillons ensemble. A moins que…
Je n’eus pas le temps de finir ma pensée, Mac se rassit en face de moi sans rien dire.
 » _Alors ? demandais-je.
_Il ne veut pas me revoir avant que j’ai réglé mes problèmes.
_Ce qui signifie ?
_Que j’ai des vacances jusqu’à ce que mes problèmes soient réglés.
_Et d’après vous ça va durer combien de temps ?
_Je ne sais pas, mais est-ce si important ?
_Oui bien sûr, j’aimerais tout de même savoir quand est-ce qu’on pourra retravailler ensemble.
_Eh bien disons une semaine peut être plus.
_Et qu’allez-vous faire pendant une semaine ?
_Je ne sais pas encore et vous ?
_Je vais rester ici je pense, l’air du large me fera du bien.  »
Nous déjeunâmes sans rien ajouter de plus, je me demandais ce que Mac allait faire réellement, mais je ne le lui demandais pas.
Après le déjeuner nous allâmes faire une promenade digestive sur la plage.
Après une dizaine de minutes de marche, Mac s’assit dans le sable et scruta l’océan :
 » _C’est beau n’est ce pas ? me demanda t’elle.
_Oui, c’est beau, fis-je.  »
Elle passa ses bras autour de mon cou et m’embrassa. Cette fois je savais qu’on ne nous dérangerait pas car j’avais laissé mon téléphone portable dans ma chambre. Enfin, Sarah et moi allions pouvoir avoir un moment intime sans être gênés. Elle me poussa doucement de façon à ce que je m’allonge sur le sable, elle passa une de ses jambes de l’autre côté de mon corps et s’allongea sur moi tout en m’embrassant. A cette heure-là il n’y avait pas grand monde sur le plage, mais le peu de personne qui passait par là, tournait un regard interrogatif et envieux vers nous.
Je me retournais de manière à la faire rouler sur le dos et cette fois c’est moi qui m’allongeais sur elle. J’allais reposer mes lèvres sur les siennes, mais elle posa son doigt sur ma bouche.
 » _Et si nous rentrions à l’hôtel.  »
Sans rien lui répondre je me levais et l’aidais à se mettre debout. Nous marchâmes la main dans la main jusqu’à l’hôtel.
Arrivés devant ma chambre, je sortis la clé de ma poche pendant que je sentais la langue de Sarah zigzaguer dans mon cou. J’ouvris la porte et la laissais passer devant. J’entrais à sa suite et fermais le porte derrière nous. Elle remis ses bras autour de mon cou et m’embrassa à nouveau tout en me faisant reculer jusqu’à ce qu’on soit à côté du lit. Je sentis ses mains glisser le long de ma colonne vertébrale. Elle me déshabilla lentement, puis je fis de même. Elle me poussa sur le lit et s’allongea par-dessus moi. Mon pénis s’engouffra dans son vagin humide, elle gémit de plaisir. Je commençais alors mon va-et-vient jusqu’à ce que l’orgasme nous envahisse tous les deux en même temps.
Nous nous endormîmes ensuite lentement.

Hôtel Victoria
Los Angeles
2 juin 2002
19h00

Après avoir dormi quelques heures je me réveillais et ne sentis pas Mac à mes côtés. Soudain, je pris peur me rappelant l’angoisse dans laquelle j’avais été plongé lorsque Mac avait  » disparu « . Le lit était froid, j’en déduisis donc qu’elle devait être partie depuis un bon bout de temps. Je me levais rapidement pour ensuite m’habiller. Je sortis de ma chambre et descendis les marches de l’hôtel quatre à quatre avant de demander, encore tout bouleversé, au réceptionniste s’il avait vu Mac. Il me répondit qu’elle était allée faire un tour sur la plage.
Toujours aussi inquiet, je me dirigeais vers la plage et trouvais Sarah assise dans le sable au bord de l’eau. Elle avait l’air de dessiner quelque chose avec son doigt, je m’assis à côté d’elle et vu que le dessin n’était autre qu’un cœur. Elle tourna son visage vers moi, me fit un sourire :
 » _Bonjour Harm, bien dormi ?
_Oui, mais j’aurais préféré que tu sois avec moi ce matin.
_Désolé, il fallait que je prenne l’air.
_Mac je crois que nous devons parler.
_Oui.
_D’abord je voudrais savoir pourquoi, réellement, tu es partie.
_Il fallait que je réfléchisse, Harm je te l’ai déjà dit.
_Oui mais réfléchir à quoi ?
_Lorsque Mic et moi avons rompu, j’ai pensé que tous les deux on pourrait…
Silence.
_Enfin, tu vois… Ce qu’on a fait tout à l’heure. Comme tu étais encore avec Renee, je me suis dit qu’il valait mieux que j’oublie. Que j’essaye de ne plus penser sans arrêt à toi, je suis venue ici pour m’aider. J’ai pensé que peut être l’air de l’océan me ferait du bien, et puis en même temps j’étais loin de tout : de toi, du JAG et du reste.
_Si tu n’étais pas partie, tu aurais su que Renee et moi avions rompu avant même toi et Mic. Je ne te l’avais pas dit parce que je ne voyais pas en quoi cela te concernait.
_Je crois que même sachant cela je serais partie quand même.
_Pourquoi ?
_Peut être parce que j’avais peur de me retrouver en face de toi sachant que nous n’avions plus d’obligations envers Renee et Mic.  »
Je ne répondis rien, elle avait raison, même moi j’avais eu peur que cela puisse arriver.
 » _Harm, je ne sais pas si c’est encore possible aujourd’hui, je veux dire qu’on a des obligations au JAG et je ne crois pas avoir envie de t’affronter en court martiale après ce qui vient de nous arriver.
_Je sais Mac moi-même je ne suis pas sûr d’avoir le courage de t’affronter au bureau, mais il y a une chose dont je suis sûr : je t’aime et j’ai besoin de t’avoir prêt de moi tout le temps. S’il le faut je démissionnerai.
_Harm, moi aussi je t’aime… Mais crois-tu vraiment que démissionner soit la meilleure solution ? Je veux dire, l’Amiral pourra t’il comprendre que toi et moi on peut quand même essayer de travailler ensemble malgré tout, comme Bud et Harriet.
_Je ne sais pas…  »
Elle se pencha vers moi et déposa un léger baiser sur mes lèvres avant de poser sa tête au creux de mon épaule. Je caressais ses cheveux et sa joue quand je sentis une larme couler sur sa peau. Je l’essuyais avec mon pouce et pris le visage de Sarah entre mes mains, elle se releva doucement jusqu’à ce que son visage soit à la hauteur du mien. Je pris ses lèvres entre les miennes et l’embrassais tendrement.
Nous avions une chance d’être ensemble tous les deux même si ça allait être difficile, nous avions une chance quand même. L’Amiral comprendrait certainement, il avait compris pour Bud et Harriet alors pourquoi pas pour nous ?
J’étais heureux malgré tout, nous avions quand même quelques jours de vacances, suffisamment pour rattraper le temps perdu durant ces cinq dernières années.
Après être resté enlacés pendant quelques minutes nous retournâmes à l’hôtel pour dîner, puis nous remontâmes dans ma chambre […]
Le reste, je vous laisse l’imaginer je n’ai plus la force de vous raconter quoi que ce soit, et puis Sarah elle est restée en pleine forme, même après la naissance de notre petite fille, alors il faut bien que je sois encore un peu à la hauteur…

FIN…

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