Elle n’aurait pas dû

Elle n’aurait pas dû par ADADAS

Trop de questions sans réponse !

Vol Washington-LaJolla
Avion American Airlines

Cela faisait un moment que Harm avait abandonné l’idée de dormir. Trop de pensées plus ou moins joyeuses envahissaient son esprit. Tout en soupirant, il regarda sa montre toujours à l’heure de Washington. »Mac doit avoir trouvé la cassette et doit avoir saturé ma messagerie. Demain ce sera au tour du reste du JAG, à commencer par Harriet. Ils n’ont pas compris il y a une semaine, je ne m’attends pas à ce qu’ils comprennent aujourd’hui. Sauf Sturgis enfin peut-être. L’amiral avait raison, je me laisse conduire par mes sentiments. Mac sera sûrement la plus touchée, mais je ne me fais pas de soucis pour elle, Webb saura la réconforter. » Il ferma les yeux et secoua la tête. Il regarda autour de lui. Tous les âges se côtoyaient autour de lui. A côté de lui se trouvait un adolescent qui faisait ses devoirs et apparemment il avait du mal.
_Besoin d’aide?
_Vous vous y connaissez en maths?
_Ouais, quelle partie? Algèbre ou géométrie?
_Algèbre, les complexes.
_Montres moi çà. Je m’appelle Harm.
_Et moi Rob.
Harm finit le trajet en aidant l’ado dans plusieurs matières.
_Merci Harm. J’ai plus compris en un vol Côtes Est-ouest qu’en 2 ans au lycée. Vous devriez changer de métier et faire prof.
_Merci Rob, j’y penserai.
Après avoir récupéré ses bagages, Harm se dirigea vers le domicile de ses parents à bord d’une voiture louée. Il y arriva vers les 20H heure locale. Il gara la voiture derrière la maison et, alors qu’il allait ouvrir la porte, celle-ci s’ouvrit sur sa mère.
_Oh?! Bonsoir Maman. Il l’embrassa sur la joue.
Alors que sa mère, après avoir eu Mac en ligne, avait prévue d’engueuler son fils, celle-ci renonça en voyant la tête d’Harm. Elle ne l’avait pas vu comme çà depuis son premier crash, et même à ce moment-là, il avait encore dans ses yeux, une petite étincelle. Mais là, rien, son regard était vide et d’après ce que Mac lui avait dit au téléphone, il avait fait son sac et prit toutes ses affaires importantes.
_Bonsoir Harm. Entres, tu as mangé?
_Non, mais ça va allez.
Trish le fit entrer et fit signe à Franck de ne rien dire. Elle savait que dans ces moments là, il ne fallait rien dire et laisser son fils parler de lui-même. C’est dans ses moments-là qu’Harm lui ressemblait le plus. Elle aussi réagissait comme ça quand des situations la dépassaient ou qu’elle voulait faire le point.
_Bonsoir fiston. Tu as fait bon voyage?
_B’soir Franck. J’ai fait des révisions de lycée, mais ça m’a permis de penser à autre chose.
Ses parents esquissèrent un sourire. C’était déjà un premier pas connaissant l’obstination et le côté secret d’Harmon.
_Je t’ai préparé ta chambre.
_Merci m’man, je vais monter, le voyage m’a un peu fatigué.
_Bonne nuit mon grand.
Après avoir embrassé sa mère, il monta. En entrant dans sa chambre, il la regarda. Sa mère n’avait touché à rien, elle l’avait laissé comme quand il avait quitté le lycée pour partir à l’académie. Il y avait toujours les posters de Tomcat, les maquettes de bâtiments de la Navy et aussi une carte des Etats-Unis avec les bases militaires. Il soupira. La vision de la vie qu’à un ado n’est pas la même qu’à un adulte. Tout ce dont il rêvait quand il était ado, s’est réalisé. Il a été un excellent pilote de l’aéronavale, un très bon officier. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et les rêves d’un ado de la côte ouest n’échappent pas à la règle. Si sa vie sociale fut une réussite, sa vie privée non. Il jeta son sac dans un coin et fit le tour de sa chambre, il ouvrit son armoire, regarda son étagère et finit par son bureau. Il y avait des papiers dessus: des lettres, des appels téléphoniques. Il regarda ceux-ci et vit le dernier appel « Sarah Mackenzie, rappeler d’urgence chez toi à propos d’1 colis ».
_Elle peut courir. « Elle me reproche de ne m’intéresser à elle uniquement quand je suis sur le point de la perdre, mais elle c’est une fois perdu, que je l’intéresse. » Il alla dans la salle de bain et se mit en caleçon pour dormir. Il prit son courrier et se mit au lit. Il y avait des cartes des anciens de l’équipe de football, dont plusieurs de son meilleur ami au lycée et partenaire au foot Daniel « Dany cop » Hilling. Il lui annonçait la naissance de son fils ainsi que la mort de sa femme. En temps normal, Trish faisait suivre le courrier mais comme elle savait qu’il allait venir, elle ne l’avait pas fait. Il avait fait des études poussées dans le domaine sportif et après quelques postes prestigieux, il était finalement rentré au bercail et officiait maintenant au poste de responsable du département sport du prestigieux lycée de LaJolla.
_Harm, je peux entrer?
_Bien sûr.
_Tu as vu tes messages?
_Oui et non je n’ai aucune envie de la rappeler.
_Au moins pour la rassurer, je sais qu’elle peut être aussi têtu que toi, et elle m’a dit qu’elle resterait chez toi jusqu’à ce que tu la rappelles. Alors, rappelles la.
_Ok, je vais le faire. Demain, il faudra que je vous parle à tout les deux.
_Fais le quand tu t’en sentiras capable. Nous comprenons avec Franck.
_Merci m’man. Je vais téléphoner au colonel, ne t’inquiètes pas.

Appartement d’Harmon Rabb JR
Nord d’Union Station
23h36 HL

Cela faisait un moment que Mac attendait le coup de fil de son ex-partenaire. Elle s’était mise à ranger le loft de son (meilleur) ami. Il y avait des papiers du JAG, de l’armée, des cartes postales et des lettres ainsi que quelques magazines et journaux. Elle ramassa tout les papiers et les posa sur le bureau en piles plus ou moins égales, puis balaya les morceaux de verres qui jonchaient le parquet du loft. Elle s’assit sur le canapé en tenant dans ses mains le cadre du baptême de leur filleul. Comment allait elle expliqué aux autres qu’en plus de ne plus être au JAG, Harmon Rabb Jr était aussi partit de la capitale. « Pourquoi? Pourquoi es-tu parti Harm? J’ai besoin de toi tout comme AJ. » Une larme perla le long de sa joue, le plus dur ne serait pas de l’annoncer au JAG mais au petit AJ. Comment trouver les mots pour expliquer à un gamin de 4 ans que son parrain, son héros est partit sans lui dire au revoir et que l’on ne sait pas s’il sera là pour son 5ème anniversaire. « Son 5ème anniversaire! Il sera là, il tient toujours ses promesses. » En pensant à cela, le colonel Mackenzie craqua. Des larmes ravagèrent son visage et épuisé, elle s’endormit. Ce fut la sonnerie de son portable qui la réveilla.
_Harm?
_Non, ce n’est que Sturgis. Vous avez réussit à joindre Harm? Son portable ne répond pas.
_Je suis chez lui. Sturgis, il est partit. Il a prit ses affaires et il est partit.
_Calmez-vous Mac. Partit où?
_Chez sa mère, j’attends son coup de fil. Ca ne lui ressemble pas, j’ai peur, il m’a laissé une cassette, mais je n’ai pas tout suivis.
_Dès que vous en savez plus, rappelez moi. Je vais me renseigner de mon côté.
Elle raccrocha et se servit un verre d’eau. Tout d’un coup, le téléphone fixe sonna.
_Allô?
_Bonsoir Mac.
_Harm! Où êtes-vous?
_Chez mes parents à LaJolla.
_Pourquoi êtes-vous partit? Sans nous dire au revoir, sans rien nous dire.
_Ca c’est fait assez vite. Je n’ai pas envie d’en parler.
_Pas envie d’en parler, et moi vous y pensez, et Sturgis, les Roberts, P’titAJ. On a rien à dire.
_Jusqu’à preuve du contraire, c’est encore ma vie ! J’ai besoin de faire le point et si je ne veux pas parler de ça, je ne le ferais pas. De toutes façons, vous avez ma cassette.
_Mais…
_Non, la discussion est close. J’avais besoin de faire le point et ce n’était pas à Washington que je pouvais le faire. Je ne sais pas quand ou si je reviendrais à Washington un jour. Mais dites à AJ que je serais là pour son anniversaire, en tout cas.
_N’oubliez pas que ce sera son 5ème.
_Je sais. J’aurais pensé que cela serait un jour particulier pour tout le monde, mais comme d’hab’ je me suis trompé. Au revoir Mac.
_Harm, attendez…
Mais le pilote avait déjà raccroché. Mac ne comprenant pas le sens de sa dernière phrase, tenait toujours le combiné du téléphone. Elle ne l’avait jamais entendu lui parlé comme ça. Même lorsqu’ils avaient connus des périodes de froid, ils ne se parlaient que pour le strict minimum mais Harm avait toujours une certaine chaleur dans la voie. Là, elle était froide, vide. »Qu’est ce qui est arrivé? Jamais il n’a été comme ça. »
Elle décrocha son portable et rappela Sturgis. Elle était complètement bouleversée.
_Sturgis, c’est Mac. Je viens d’avoir Harm. Il m’a dit qu’il comptait rester à LaJolla, mais il ne m’a pas dit pourquoi. Quand il m’a parlé, je ne l’ai pas reconnu. Il était si froid, si distant. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais…
_Harm a toujours été champion pour garder la face devant tout le monde, y compris ses amis. Il ne « craque » que devant les gens en qui il confierai sa vie les yeux fermés. Vous en faites partis tout comme…
_Diane?
_Non, il a toujours donné le change face à Diane. Mais Keeter, Harm et moi partagions la même chambre à l’académie. Cela crée des liens.
_Mais pourquoi est-il partit?
_Il est arrivé au point de rupture. Trop de choses en même temps, vous l’avez vu au Jag. Il a pris sur lui, pour que tout le monde garde le souvenir d’un officier respecté et respectable. Maintenant il faut comprendre pourquoi il est partit.
_Vous voulez dire en plus du fait de démissionné pour venir me chercher, et que l’amiral fasse suivre sa lettre.
_Oui. Rendez-vous demain dans votre bureau. On y verra peut-être un peu plus clair après une nuit de sommeil.
_Oui à demain. « Une nuit de sommeil, ouais, on peut rêver! »
A partir du lendemain, ils cherchaient pourquoi leur meilleur ami avait décidé de quitter Washington. Lorsque Mac avait annoncé aux Roberts que Harm était partit et qu’il ne comptait pas revenir avant un bon bout de temps. Bud avait baissé la tête et Harriet s’était figé puis a regardé tour à tour Sturgis et Mac avant de dire:
_Mais pourquoi? Comment?
_Pourquoi, on ne sait pas. Il est actuellement chez ses parents à LaJolla. On n’a pas plus de nouvelles ou d’explications.
Bud releva la tête et dit:
_Si on n’a pas d’explications, c’est qu’il n’y a rien à dire. C’était couru d’avance cette situation.
Et il partit dans son bureau. Harriet prit la parole.
_Depuis que le capi..Harm est partit du JAG, il est comme ça. Je sais qu’il l’a toujours considéré comme son mentor et il ne s’attendait pas à ce qu’il parte aussi rapidement du JAG.
_Je sais, c’est dur pour nous aussi.
_Est ce que l’amiral est au courant?
_Au courant de quoi?
Perdu dans leur discussion, aucuns d’entre eux n’avaient entendus l’amiral arriver.
_Des raisons qui ont poussées Harm à quitter Washington.
Si l’amiral fut touché par cette réponse, il n’en montra rien.
_Non, j’ignorais qu’il était partit. A vrai dire…Non rien. Retournez au travail.
Ses subordonnés obéirent et l’amiral rentra dans son bureau.
_Tiner, je ne veux être dérangé sous aucuns prétextes.
_Monsieur, moi c’est Coates. Jason a terminé son service la semaine dernière.
_Oh, excusez-moi Coates. L’ordre est toujours en vigueur.
_A vos ordres.
Il s’affala dans son fauteuil et regarda par la fenêtre. Il défit légèrement sa cravate, chose qu’il n’avait pas fait en service depuis qu’on lui avait annoncé l’accident de sa fille en Italie, il y a de ça environ 10 ans. »C’est normal que je le fasse, je considérais Harm comme mon propre fils. En fait c’était ça, Harm était le fils que je n’ai jamais eu. Mais nom d’un chien, qu’est ce qu’il lui a prit de partir comme ça, de tout quitter sans rien dire. Il ne se rend pas compte du mal et de l’impact de sa décision sur ce service. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas Mac qui est la plus touchée, c’est le lieutenant Roberts. » Remettant son uniforme impeccable, il parla dans son interphone.
_Coates, allez me chercher le colonel Mackenzie.
_A vos ordres.

Lycée de LaJolla
Californie

Harm se trouvait devant son ancien lycée, les murs n’avaient pas bougés depuis qu’il l’avait quitté. Les peintures avaient été refaites comme pour chaque rentrée scolaire. Il se dirigea vers le stade du lycée où il savait qu’il pourrait trouver Daniel. Il le trouva sur la pelouse du terrain de football.
_Eh Dany cop! On fait du jardinage?
_Squid!
Les 2 amis s’étraignèrent.
_De retour au bercail?
_Longue histoire. Pas trop envie d’en parler maintenant.
_Ok, mais je suis là, si tu changes d’avis.
Tout en plaisantant, ils se dirigèrent vers le bureau du Coach Hilling.
_Café?
_Oui s’te plait. Pour faire court, je me suis fait jeté par celle que je considérais comme ma future femme et j’ai démissionné.
_Oh??! Assis toi.
Harm savait que s’il se confiait à Daniel, celui-ci ne le jugerait pas. Il connaissait Harm avant que celui-ci ne soit officier de l’aéronavale.
_Il s’agit de Mac. Je t’en ai déjà parlé. Elle a été embarquée dans une mission avec la CIA et comme d’hab, elle a mal tournée. Quand l’amiral me l’a dit, j’ai voulut y aller, il m’a tout refusé et la dernière solution qui s’offrait à moi était la démission. Une fois arrivé sur place, je les ai tiré de la merde dans laquelle ils étaient, elle et l’agent de la CIA. Mais, c’est vers lui alors qu’il était à l’origine de tout ce merdier qu’elle s’est tournée. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais pas ça. Quand elle a appris que j’avais démissionné pour aller la chercher, elle n’a pas compris, pourquoi je l’avais fait. Et juste avant de repartir pour Washington, elle m’a dit qu’un nous ne serait jamais possible, parce qu’on avait tout les 2 une forte personnalité. Le lendemain, l’amiral nous a appris qu’il avait fait suivre ma lettre et que j’étais officiellement un civil, puis elle m’a demandé à ce que je l’accompagne voir l’agent à l’hôpital. A peine arrivé, ils ont commencés à flirter ensemble, j’aurais été transparent que s’aurait fait la même chose. Bref, j’ai craqué, tout envoyé balader, et je suis là.
_Tu lui as expliqué au moins?
_Sur une cassette, je n’avais aucune envie de la voir.
_Bière?
_Non, merci.
_Donc ce que tu me dis, c’est que tu es ici, sans emploi, chez ta maman.
_Oui, mais je ne leur ai pas encore parlé. Tu es le premier.
_Très honoré. J’ai peut-être quelque chose qui pourrait te convenir.
_Oh tu sais pour l’instant…
_Ce n’est pas encore fait. Tu veux venir dîner à la maison, un de ses soirs?
_Au fait j’ai appris pour Molly. Toutes mes condoléances.
_Ouais. Ce n’est pas comme si on ne s’y attendait pas. Elle est morte heureuse. C’est tout ce qui compte. Ta mère était présente, elle m’a dit qu’elle n’avait pas réussit à te joindre.
_La mission. Comment va Harm?
_Bien, je m’en occupe du mieux que je peux. La mère de Molly est très présente, Dieu merci.
_Pour le dîner, je veux bien, dis moi quand.
_Demain soir, y’a un match amical. Tu viens au stade et on se fait la bouffe après La mère de Molly doit venir prendre le petit pour le WE.
_Bon choix que de garder à porter le poste d’entraîneur du foot. Au fait, tu lui as évité le pire à ton fils, heureusement que tu as pris le diminutif parce que Harmon, ce n’est pas facile à porter. Tu peux me croire.
_Oui. Oh c’est bientôt l’heure de l’entraînement, tu veux venir voir.
_Non merci, il fait que je parle aux parents.
_Ok à demain, ici 19h.
_A demain.
Il reprit la voiture pour le domicile de ses parents. Il leur redit la même chose qu’à Daniel, ils posèrent quelques questions puis Harm les laissa pour aller faire un tour sur la plage. Faire ses révélations à ses parents ne fut pas facile. Il avait peur de les décevoir. De leurs côtés, Franck et Trish étaient peinés. Il n’était pas facile pour Harm de dire ses sentiments et le fait que Mac lui disent non les avaient autant étonnés que révoltés. Son attitude ne correspondait pas à ce que Harm leur en avait dit.
_Qu’est ce qu’il va faire?
_Je ne sais pas. Je peux toujours lui trouver un poste à la direction juridique. Vu ses capacités, on ne crachera pas dans la soupe.
_Il lui faut de l’action, travailler dans les bureaux, tu sais que cela ne va pas lui plaire. _Attendons, peut-être que tout va rentrer dans l’ordre.
Harm en rentrant, fila au grenier pour y chercher sa guitare et les quelques compositions qu’il avait faites avec Daniel. Ils les avaient même enregistré sur cassette avec un magnétophone.
Daniel et lui s’étaient connus depuis le cours de musique chez Mme Porter. Ils avaient tout deux pris des cours de piano. Puis Daniel avait continué mais Harm tout en gardant un très bon niveau s’était mis à la guitare. Ils composaient ensemble; quand l’un écrivait la musique, l’autre écrivait les paroles et vice-versa. Il trouva la malle où tout était rangé pêle-mêle. Il la descendit dans la chambre. Il trouva, après un peu de classement, la partition qu’il voulait. Celle-là, il avait tout écrit comme quelques autres, où le sujet était trop personnel pour que l’autre, si proche soit-il ne pouvait composer à sa place. Daniel en avait aussi, chez lui. Il descendit au salon, où trônait encore le piano à queue. En descendant, il croisa Franck.
_Est ce que le piano est accordé?
_Oui. Harm, ça va?
_Oui, ne t’inquiète pas. Au fait Franck, je ne te l’ai pas assez dit mais, merci d’être comme un père pour moi.
_C’est normal Harm, je t’assure.
_Merci.
Il continua à descendre. Il souleva le couvercle et appuya sur les touches. Des notes sortirent. Il ne vit pas Trish et Franck qui s’étaient appuyés sur le chambranle de la porte. Harm s’assit sur le tabouret, installa la partition et commença le morceau. Les notes emplirent le salon. Et Harm chanta sur la mélodie qu’il jouait:
« Il suffirait simplement
Qu’il m’appelle, qu’il m’appelle
D’où vient ma vie, certainement pas du ciel.

Lui raconter mon enfance
Son absence, tous les jours
Comment briser le silence, qui l’entoure.

Aussi vrai que de loin
Je lui parle, j’apprends tout seul
A faire mes armes
Aussi vrai qu’j’arrête pas, d’y penser
Si seulement, je pouvais lui manquer.

Est-ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’amour, n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement, je pouvais lui manquer.

J’vous dirais simplement
Qu’à part ça, tout va bien
A part d’un père, je ne manque de rien
Je vis dans un autre monde
Je m’accroche tous les jours
Je briserai le silence, qui m’entoure.

Aussi vrai que de loin
Je lui parle, j’apprends tout seul
A faire mes armes
Aussi vrai qu’j’arrête pas, d’y penser
Si seulement, je pouvais lui manquer.

Est-ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’un père, n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement, je pouvais lui manquer.

Est-ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’un père, n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement, je pouvais lui manquer. »

Les dernières notes finirent de dissiper leurs sons dans le salon. Mr et Mme Burnett quittèrent leur place, conscients d’avoir été des témoins privilégiés. Ils savaient que Harm et son copain composaient quand ils étaient jeunes, Daniel avait même chanté une de leur chanson lors de l’enterrement de sa femme. Mais, à part, une ou deux, ils n’en avaient jamais entendus.
_Il est doué.
_Ne le prend pas personnellement, c’était un ado.
_Je sais. Il m’a dit merci pour le rôle de père que j’ai joué auprès de lui. Notre fils, est quelqu’un de bien.
_Je sais. Merci d’avoir été là pour lui, et pour moi.
_Je t’aime.
Le lendemain, Harm se préparait à aller au match au lycée quand Franck s’approcha de lui et lui tendit une paire de clés.
_Ta voiture t’attend dehors.
_Je sais c’est moi qui l’ai garé hier. Ca va?
_Ta NOUVELLE voiture. La dernière née de chez Chrysler, il faut juste que tu remplisses un questionnaire pour voir les améliorations à apporter.
_Et c’est tout?
_Ne sois pas méfiant et en plus tu touches une participation financière.
_Et la voiture de location?
_Rapportée à l’aéroport.
_Merci Franck. Ce n’est pas la peine de m’attendre ce soir, j’ai mes clés. (Il sera son beau-père dans ses bras.)
_Amuses-toi bien.
Il arriva un peu en avance, et alla dans le bureau de Daniel. Ce dernier était déjà là et discutait avec un joueur.
_Le fait que tu joues dans l’équipe n’est pas un privilège, ne l’oublies pas. Le foot, n’est pas tout dans la vie. Mais gardes à l’esprit que ton poste dépend aussi de tes notes.
_Oui coach. Ne vous inquiétez pas. J’ai compris.
Il sortit mais ne regardant pas où il allait et il rentra dans l’ancien capitaine de frégate.
_Excusez-moi.
_Rob?
_Harm? Qu’est ce que tu fais là?
_Je suis venu voir un copain. Et toi? Tu as des problèmes avec le coach.
_Non, rien tout va bien.
_Non Rob, tout ne va pas bien. Pense aussi à tes notes. Si tu te blesses, tu n’auras aucuns échappatoires et l’entrée à l’université…psi out…sous le nez.
_Il a raison Rob. Et crois moi, il est bien placé pour te le dire. Hein Dany cop?
_Squid! Un mot de plus, et…
_Attendez, vous êtes LE Harmon Rabb Jr. Le capitaine Squid.
_Heu…oui.
_Alors là! Si j’avais su que Harm était LE Harmon Rabb Jr, j’aurai laissé les révisions de côtés, et demandé des conseils en foot.
_C’est toi qui l’a aidé?
_Oui, il n’avait pas tout compris dans les matières scientifiques.
_Tu sais que tu as de la chance. Harm est le parfait exemple de ce qu’il faut faire. Excellent élève et excellent sportif.
_Tu sais Rob je suis là pour un bon moment, si tu veux des cours de soutien ou autres choses, demandes au coach. Il me préviendra.
_Merci. A tout à l’heure coach. Harm, vous serez sur le terrain, pour le match.
_Non, je ne crois pas.
_Mais si, faut qu’on parle tout les deux. Rob, vestiaire, équipe.
Le match prit fin en faveur de l’équipe du lycée de LaJolla « Les LaJolla’Cows ». Rob vient serré la main d’Harm à la fin du match, comme au coach Hilling qui se trouvaient sur la touche.
_Merci d’avoir été là Squid.
_Pourquoi?
_Les gars et moi, ça nous a motivé. Coach, cette année, on va faire aussi bien que vous, et si Harm pouvait nous donner un coup de main, et bah…
_T’emballes pas Rob. Penses à la saison, et à tes études, le reste je m’en occupe.
Sur ce, Daniel prit Harm par le bras pour le mener vers les dirigeants du lycée.

QG du JAG
Falls Church, VA
Une semaine plus tard

Comme il en avait pris l’habitude, Sturgis et Mac se retrouvaient dans le bureau de l’un ou de l’autre pour faire le point à propos d’Harm.
_Ca ne mène à rien.
Mac se leva et regarda par la fenêtre.
_Mac, asseyez vous. On va faire ce qu’on aurait du faire depuis le début.
Mais le colonel Mackenzie ne répondit pas.
_Venez ici. On va faire son emploi du temps des derniers jours qu’il a passé ici.
_Vous voulez dire depuis qu’il a reçu sa lettre de retour à la vie civile.
Il acquiesa de la tête. Il était dans le bureau du colonel et il aperçut sur le bureau de celle-ci une photo qui ni était pas auparavant. Elle représentait Harm et elle en tenue camouflage lors de leur séjour en Afghanistan. Mac ne montrait pas combien le fait qu’Harm soit partit, mais le simple fait qu’elle mette une photo de lui sur son bureau montrait sa détresse et son attachement pour l’homme qui était aux yeux de tous son meilleur ami.
_Nouvelle photo?
_Oui. Sturgis…vous croyez qu’il reviendra un jour?
_Je ne sais pas, on le saura quand on aura trouver le pourquoi du comment.
_Pour l’instant, je veux seulement savoir qu’il va bien, qu’il m’appelle pour me donner de ses nouvelles. Qu’il… (Des larmes coulèrent le long de ses joues.)
_Ok, ok. On en reste là pour aujourd’hui. Rentrez chez vous, vous êtes épuisée.
_Merci Sturgis. Vous êtes un véritable ami. A demain.
_A demain. Je m’occupe de l’amiral.
Mac prit ses affaires et rentra chez elle. Elle interrogea son répondeur. »Vous n’avez aucun nouveau message. Comme d’hab, avant y’en avait au moins toujours un d’Harm. Mais maintenant… » En y repensant, des larmes s’échappèrent de ses yeux. La voix du répondeur l’interpella.
« Vous avez un nouveau message. Message 1, aujourd’hui 16h34: Bonjour colonel Mackenzie, c’est Trish Burnett. Je vous appelle au sujet d’Harm. Est ce que vous pouvez me rappelez demain entre 13h et 21h de votre plage horaire à ma galerie au 555-687-234. Merci. » Elle se retourna vers la machine. Elle réécouta le message, persuadée d’avoir rêvé.
Le lendemain, le colonel Mackenzie trouva un mot sur son bureau en arrivant au JAG. C’était Sturgis qui l’invitait à déjeuner pour parler de leur ami. La matinée fut vite passée pour l’officier des Marines, en effet, après avoir passer des coups de fils pour une enquête, elle avait plaidé un dossier facile et avait réussit à avoir un verdict non coupable pour son client. Vers midi et des poussières, le capitaine Turner passa la tête dans son bureau.
_Vous êtes prêtes? On peut y aller?
_Oui, je prends mon calot et on y va.
Il la conduisit dans un petit restaurant situé non loin du bureau.
_C’est Harm qui me l’a montré, un peu avant de partir pour le Paraguay.
_C’est OK.
_Alors, vous êtes prêtes à vous soumettre à mon interrogatoire?
_Oui, mais pourquoi moi?
_Vous êtes une des dernières personnes à l’avoir vu.
_Allez-y
Pendant tout le repas et au fur et à mesure que Mac lui racontait les derniers moments où elle était avec lui, Sturgis dressait l’emploi du temps d’Harm et essayait de trouver l’élément déclencheur qui avait précipiter la fuite de son ami.
_Et la dernière fois que je l’ai vu, on était passé voir Clay à l’hôpital et après plus rien.
_Mais quand il est partit, il ne vous a pas semblé bizarre?
_C’est à dire, maintenant que vous en parlez, je ne l’ai pas vu partir. On…On discutait avec Clay et il est partit sans qu’on le voit.
_La discussion devait être vachement importante et intéressante pour que vous ne voyiez pas Harm partir.
_Oui…euh…en fait Clay me racontait quelques anecdotes à propos de la mission.
_Est ce que Harm a pris part à la conversation?
_Non. Il a voulut jouer avec la télécommande mais Clay lui a prit des mains et après…
_Après???
_Bah on a discuté de la mission.
_Est ce que vous êtes proche de l’agent Webb?
_???
_Je dis ça parce que avant de partir en mission, c’était Webb, et maintenant vous l’appelez Clay.
_Non, on est juste amis. Clayton a été torturé à ma place, il est normal que des liens se créer entre nous.
_Vous dites la même chose à propos d’Harm; « On est juste amis. » Avouez que cela prêtes à confusions. Monsieur vous apporterez l’addition et 2 cafés.
_Ce n’est pas pareil. Vous savez ce que je ressens pour Harm. Vous croyez que Harm, a pu…a pensé…
_Mac, vous savez comment il est. Et au Paraguay?
_Clayton m’a avoué ressentir des sentiments pour moi, et juste avant qu’il ne parte avec Gallindez, je l’ai embrassé sur la bouche pour lui souhaiter bon voyage, mais il sait que rien ne pourra se passer entre nous.
_Moi je le sais, mais Harm se fie trop aux apparences. Vous pouvez me laissez la cassette qu’il vous a laissé. Peut-être qu’il a dit des choses allant dans ce sens. Je dois aller à l’extérieur cette après-midi, vous me l’a posée sur mon bureau, je l’a récupérerais ce soir. Et si j’ai du nouveau je vous appelle.
_Je dois rappeler la mère d’Harm en fin d’après-midi, elle m’a laissé un message sur mon répondeur.
_Ok, on en reparle demain.
Elle finit ses rapports et appela Trish à sa galerie.
_Allô?
_Bonjour Mme Burnett, c’est le colonel Mackenzie.
_Bonjour, comment allez-vous Mac?
_Bien étant donné les circonstances. Et Harm? Je lui ai envoyé des mails, mais il n’a pas répondu.
_Il dit qu’il a surmonté tout ça, mais je sais qu’au fond il est perdu. Vous lui manquez mais il ne l’avouera pas, il est trop fier. Il se lance à fond dans le travail.
_Il a trouvé un travail?
_Oui, il est entraîneur dans son ancien lycée. Ca à l’air de lui plaire. Si vous pouvez prendre quelques jours pour venir, ça nous ferait plaisir.
_Pour le travail est ce que Harm passe tout son temps là-bas, même quand il n’a pas de raisons d’y aller?
_Oui, comment vous savez?
_Alors Sturgis avait raison. Est-ce que Harm vous a parlez des raisons qui l’ont poussés à quitter aussi vite Washington?
_Oui, mais je crois que vous devriez vous expliquer tout les deux en tête à tête.
_Il croit que je suis avec Webb, c’est çà.
_Oui. Mais ce n’est pas le cas, n’est ce pas?
_Non, bien sûr que non. Clayton est un ami, rien de plus. Personne n’aura plus d’importance pour moi qu’Harm. Je croyais qu’il le savait mais il est vrai qu’avec les évènements de ces dernières semaines, je n’ai rien fais pour continuer à lui faire savoir. Il…Il m’a envoyé une cassette avant de partir, et j’étais trop bouleversé pour comprendre la totalité de ce qu’il me disait mais je vais essayé de prendre quelques jours ou d’avoir une affaire prés de chez vous. Je…je ne veux pas le perdre.
Mac lui donna son numéro de portable. Une fois la conversation terminée, Mac avait les larmes aux yeux, elle se tourna vers la fenêtre. Cette situation lui fit se rappeler une chanson d’une artiste française dont Chloé lors d’un échange languistique, lui avait ramené le dernier CD.
« On ne dit pas
Mais on sait bien ce que ça laisse
Toutes nos petites maladresses
Tous les faux-pas
Les ratés et les quiproquos
Qu’auraient pu chasser trois mots
Mais quelquefois on laisse un silence
Comme un lambeau d’espérance
Tout c’que nos voix gardaient prisonnier en nous
Qui nous rendait à moitié fou

Mais dis moi comment les dire
Même si les peurs au fond nous chavirent
Les mots parfois c’est tout c’qu’on a pas, tu vois..

On ne dit pas
Ces aveux qu’on laisse aux enfants
Qui sont si purs et si blancs
Mais quelquefois nos p’tits coeurs s’avancent
Tous pleins d’élan et d’innocence
Des petites voix qui parlent et nous font rougir
De tout ce qu’on aurait eu à se dire

Mais quelquefois nos p’tits coeurs s’avancent
Tous pleins d’élan et d’innocence
Des petites voix qui parlent et nous font rougir
De tout ce qu’on aurait eu à se dire. »

Elle sécha ses larmes, et se dirigea vers le bureau de l’amiral.
_Coates, est-ce que l’amiral peut me recevoir?
Elle demanda dans l’interphone.
_Allez-y Colonel.
Mac rentra dans le bureau et se mit au garde-à-vous.
_Repos colonel. Asseyez-vous. J’ai une affaire de dernière minute qui me tombe dessus. A première vue, elle ne présente aucuns intérêts, mais vu sa situation géographique, je veux que vous y alliez.
_A vos ordres. De quoi s’agit-il?
_Un suicide. Le petit-fils d’un héros de la seconde guerre mondiale, et fils d’un responsable de la marine sur la Côte Ouest. Il faut du doigté, mais l’amiral Green veut des réponses. Je compte sur vous. Coates a vos billets pour San Diego. Vous partez ce soir. Mais qu’est ce que vous vouliez me demander?
_Je voulais prendre quelques jours pour aller voir Harm mais vous m’avez devancé.
_Prenez quelques jours après cette enquête. Et donnez des nouvelles.
_Bien monsieur.

A suivre…

La première chanson est de Calogero « Si seulement je pouvais lui manquer » de l’album « 3 »
La seconde chanson esr de H. Ségara  » On ne dit pas » de l’album « Humaine »

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