Fallout

Traduction par Annick

Le rideau tombe

8h45 – Appartement de Mac
Georgetown
Son horloge interne la réveilla sans l’informer des raisons pour le faire. Plutôt impoli pour un samedi matin, décida t’elle. Néanmoins, elle était réveillée et il n’y avait aucune probabilité pour qu’elle se rendorme à nouveau, non plus.
Sarah Mackenzie roula sur le coté, en prenant soin de ne pas déranger le bras posé autour de sa taille, et regarda le propriétaire du dit bras pendant qu’il dormait. Après deux semaines, elle ne pouvait toujours pas vraiment croire au fait qu’il était ici avec elle, partageant sa vie et oui, son lit. Elle avait su dès cette première nuit qu’elle était perdue pour de bon ; jamais plus elle ne serait capable de dormir en paix sans sa présence.
Et Harm s’était fondu dans cette routine d’une façon si touchante. Au début, il remuait et se tournait si bien qu’elle avait eu l’impression que bouger autant était une pratique habituelle pour lui. En moins de deux ou trois nuits, cependant, il avait commencé à se rapprocher d’elle et à s’endormir tout simplement sans aucune agitation. Il avait totalement admis qu’il n’avait jamais aussi bien dormi de toute sa vie, et il en résultait qu’ils avaient pris toutes les opportunités disponibles pour dormir plus longtemps que d’habitude le matin.
Et ce n’était donc pas une surprise qu’il soit actuellement mort pour la terre entière, les cheveux en bataille et la bouche légèrement ouverte. Incapable de retenir un sourire, Mac se pencha pour déposer un baiser sur son épaule nue et sur sa joue. Comme prévu, elle ne reçut aucune réponse. Quoi qu’il en soit, elle était complètement réveillée et avait faim, aussi elle se glissa hors du lit et se dirigea à pas feutrés vers la cuisine.
Après avoir récupéré le journal sur le pas de la porte et s’être préparé pour elle-même d’un bol de céréales, elle s’installa dans un coin du canapé pour méditer sur leur nouvelle relation. Même l’emploi du mot ‘leur’ était encore une nouveauté. Elle et Harm. Ensemble. Le bien être simple qu’elle avait toujours espéré qu’ils pourraient partager, et la brûlante passion qu’elle aurait difficilement osé rêver à ce propos. Tout cela était, faute de meilleur mot, parfait.
Avant qu’elle se laisse submerger par le sentiment de combien elle aimait la vie, un coup frappé à la porte attira son attention. A neuf heures moins le quart un samedi matin, qui de par le monde pouvait bien frapper à sa porte ?
Mac ferma la porte de la chambre et vérifia que son pyjama était bien boutonné avant d’aller jeter un coup d’œil à travers le judas. Sur le palier, Harriet attendait patiemment, une main posée sur son gros ventre de femme enceinte.
Mac se figea. Elle et Harm n’avaient pas encore mentionné leur relation auprès de l’équipe du JAG ; en fait ils avaient brouillé leur piste avec assez d’efficacité, par peur de quelques maladresses au bureau. Mais ils allaient tous avoir à le découvrir tôt ou tard, et elle n’allait pas laisser son amie debout sur le palier en attendant de trouver un plan d’attaque.
« Harriet » l’accueillit elle chaleureusement en ouvrant la porte. « Est-ce que tout va bien ? »
« Bonjour » répondit la femme blonde avec un sourire d’excuse. « Je suis désolée, je suis arrivée un peu tôt, mais je devais quitter la maison avant qu’AJ se réveille et recommence à me réclamer un chien. Il semble penser qu’il aimera davantage un chien plutôt qu’un petit frère ou une petite sœur. » Puis elle remarqua comment était vêtue Mac et elle cligna des yeux. « Oh, zut, j’arrive complètement sans crier garde. »
« Non, c’est bon, entrez » Mac fit un geste d’invite et referma la porte derrière elle, son esprit travaillant. « Etions nous supposées aller au centre de remise en forme aujourd’hui ? Je pensais que c’était la semaine prochaine. »
« Le dix neuf c’est aujourd’hui. Ils m’ont appelé hier pour confirmer. Est-ce qu’il y a un empêchement ? Je suis sûre que nous pouvons annuler… »
« Non…..non, nous y allons. Si quelqu’un mérite un massage aujourd’hui, c’est bien vous. » Mac s’obligea à ne pas laisser ses yeux dériver vers la chambre. « C’est juste que… je…. »
Mais Harriet avait remarqué une paire de chaussures d’homme en place près de la penderie, et sa main couvrit sa bouche quand elle réalisa. « Oh, mon Dieu, je suis désolée. Je n’ai pas réalisé que vous aviez de la …….compagnie. »
Mac eut un haussement d’épaules à moitié conscient. « Croyez moi, je peux comprendre pourquoi cela ne devrait pas être la première idée qui traverse votre esprit. Tout va bien. Il est encore endormi. »
Harriet baissa la voix, ses yeux bleus brillants de curiosité. « Alors vous avez quelqu’un ? Depuis combien de temps maintenant ? »
« Environ deux semaines. »
Si la jeune femme eut des questions concernant cette période, elle ne le montra point. « Et cela se passe bien ? »
Mac permit à une lueur de satisfaction d’apparaître. « Très bien. »
« Si cela ne vous ennuie pas de m’en parler, où est ce que vous l’avez trouvé ? Je veux dire, est ce que je le connais ? »
Nous y voila. Se sentant justement un peu malicieuse, Mac traversa la pièce pour saisir une chemise blanche d’uniforme de la Navy qui était posée sur le dossier d’une chaise. Elle inclina les épaulettes de façon qu’Harriet puisse voir les trois galons et l’insigne du JAG, puis elle tourna la chemise ce qui en cette matinée ensoleillée fit briller les ailes dorées au-dessus des décorations.
Les yeux d’Harriet s’ouvrirent comme des soucoupes, et elle chercha ses mots. Mac prit l’opportunité de s’excuser pendant un moment et s’esquiva dans sa chambre, s’agenouillant à coté du lit pour embrasser Harm sur la tempe.
« Harm » dit elle doucement à son oreille. Le résultat donna un inintelligible grognement de la part de son partenaire et amant, pendant qu’il bougeait pour entourer son bras plus fermement autour de l’oreiller. « Harm, Harriet est ici. »
Résultat garanti. Un œil s’ouvrit, et une fois qu’il vit qu’elle ne plaisantait pas, l’autre suivit. « Tu dis quoi ? » répondit il, d’une une voix adorablement brouillée. « Tout va bien ? »
« Ouais, super. Excepté que j’ai complètement oublié que j’avais des projets avec elle aujourd’hui. Ne t’inquiète pas à propos de tout ça… Je veux juste être certaine que tu sais qu’elle est là, en cas qu’il te vienne à l’idée de déambuler en dehors de la chambre avec rien d’autre que ce caleçon. »
« Tu penses qu’elle ne l’aimerait pas ? »
Apparemment il était suffisamment réveillé pour faire l’imbécile. « Oh sûrement, mais je ne te partage pas. » Elle passa sa main à travers ses cheveux, les ébouriffant davantage, et se releva. « Sérieusement Harm. Ne t’inquiète pas de ça. Peut être que ce n’était pas de cette façon que nous avions prévu de le rendre public, mais cela va bien se passer. »
« Mac. » Toute plaisanterie avait disparu dans son ton. « Est-ce que j’ai l’air particulièrement inquiet ? »
Elle le fixa avec intensité, et ne trouva rien d’autre que du contentement dans ses yeux toujours changeants. Un doux sourire traversa son visage. « Ok » dit elle doucement. « Harriet et moi serons probablement parties d’ici une demi-heure, et je serai de retour à la mi journée. Lève toi et viens lui dire bonjour avant que nous partions. »
Elle enleva rapidement son pyjama en faveur d’un chemisier et d’un jean, pensant qu’elle pourrait toujours prendre une douche au centre de remise en forme. Quand elle retourna au salon, Harriet était assise sur le canapé, ses yeux brillants de questions.
« Je ne peux pas croire que ce soit arrivé et personne n’est au courant ! Alors depuis ces deux semaines passées, chaque fois que vous deux disparaissiez dans l’un ou l’autre de vos bureaux….. »
« Absolument pas ! » Le rouge monta aux joues de Mac. « Le bureau est le bureau. Si nous ne pouvons pas y garder une attitude professionnelle , nous allons sombrer avant même d’avoir commencé. Je le promets, pas de drame au JAG. Tout du moins, pas plus que d’habitude. »
Un petit rire s’échappa des lèvres d’Harriet, et elle posa une main sur sa bouche pour l’étouffer. « Je suis désolée. Je suis juste tellement excitée pour vous ; Je veux dire, c’est une de ces choses que nous tous avons envisagé à une époque ou une autre, et maintenant que c’est finalement arrivé….. »
« Tout va bien. Je suis terriblement excitée moi aussi. » Mac ravala son sourire. « Ecoutez, nous n’avons pas planifié de garder tout le monde à l’écart pour l’éternité. C’est juste que le travail étant ce qu’il est, nous voulons être sûrs d’avoir nos aises avant de nous soumettre à cette sorte de microscope. Vous comprenez, n’est ce pas ? »
« Oh, bien sûr que je comprends. Cela veut t’il dire que je suis la première à savoir ? A coté de vous deux, naturellement ? »
« Je crois. Pour le moment, à ce sujet vous n’en parlerez à personne en dehors de Bud ? Nous allons parler à l’Amiral cette semaine, je pense, et nous l’annoncerons à partir de là. »
« Certainement. Mes lèvres seront scellées. » Puis un éclair de malice apparut dans ses yeux, une lueur dont Mac aurait juré qu’Harriet était incapable d’avoir. « Je vais probablement me faire jeter de vous demander quelque chose d’aussi frivole, mais c’est comment ? »
« Comment ?» Elle imagina qu’elle devrait probablement tenter de rester bien sage sur ce sujet, mais après tout pourquoi pas ? L’honnêteté, ça avait aussi un bon côté. « Tout ce que j’ai espéré et même plus » répondit elle, essayant de ne pas apparaître trop suffisante.
Harriet poussa un petit cri et enfouit rapidement son visage dans un des coussins du canapé. Depuis l’autre pièce, elles entendirent le bruit de la douche qui s’enclenchait. « Il n’est pas ennuyé que je sois là, n’est ce pas ? »
« Non. Je lui ai juste dit de mettre quelques vêtements avant de venir vous dire bonjour. »
« Bonne idée. Je ne pense pas que j’aurais été capable de le voir de la même façon à nouveau, si je devais le voir dans une tenue aussi éloignée de son uniforme. Mais en parlant de ça, comment allez vous gérer cela? Quand il montera à la barre pour sa plaidoirie, n’avez-vous pas peur de vous retrouver à l’imaginer … ? »
Mac haussa les épaules en soulevant un sourcil. « Et bien, ce n’est pas comme si je ne l’avais pas fait auparavant. Maintenant j’ai juste une référence. »
La bouche d’Harriet forma un O parfait, et elle jeta le coussin à son amie. Juste à ce moment le téléphone sonna, et Mac récupéra une contenance suffisante pour répondre. « Allô. »
« Bonjour, Mac » dit Sturgis. « Je suis désolé de vous ennuyer si tôt un week-end, mais j’avais l’espoir que vous pourriez m’aider à retrouver la trace d’Harm. »
Oh super, Sturgis aussi ? Un peu plus fort, Mac demanda. « Heu, vous ne pouvez pas le joindre ? »
« Il a dit qu’il n’avait pas de projet ce week-end, mais j’ai essayé d’appeler à son appartement la nuit dernière pour lui poser des questions sur l’appel de Willingsley, et il n’a jamais rappelé. Aucune autre réponse ce matin, non plus, et son téléphone portable vous renvoie juste sur la messagerie vocale. Maintenant, j’ai bien conscience qu’il est un grand garçon et qu’il n’a pas besoin que ses amis veillent sur lui, mais ce n’est pas dans ses habitudes d’être injoignable toute la nuit, aussi j’ai imaginé que je pourrais justement vérifier avec vous. »
« Parce que lui et moi avons une sorte de mécanisme secret de communication ? »
« Allons, Mac, je posais juste la question. »
Harriet était en train d’étudier ses ongles, essayant de donner l’impression qu’elle n’écoutait pas, mais une pointe de son sourire espiègle la trahit. Mac leva les yeux au ciel. Ok, essayons juste de rigoler un peu avec ça. Forçant sur la note d’humour dans sa voix, elle demanda. « Sturgis, il ne vous est pas venu à l’esprit qu’il aurait pu, heu, passer la nuit ailleurs ? »
La voix de son ami devint immédiatement sérieuse, et elle eut l’impression d’entendre le froncement de ses sourcils. « Mac, vous ne pensez vraiment pas qu’il puisse faire ce genre de choses, n’est ce pas ? »
« Quel genre de choses ? »
« Avoir une aventure d’une nuit. Vous le connaissez mieux que ça. »
Mac se mordit la lèvre pour retenir un grand sourire. C’était mesquin, en considérant combien Sturgis avait été merveilleux avec elle après qu’elle lui eut confessé ses sentiments pour Harm il y avait si longtemps. Mais l’opportunité était trop bonne pour la laisser passer. « Je n’ai pas parlé d’une aventure d’une nuit. Pour tout ce que nous en savons, il pourrait avoir une nouvelle petite amie. Ce n’est pas une possibilité hors de la réalité, n’est ce pas ? »
« Sûrement pas » protesta Sturgis. « Nous aurions été au courant. »
« Nous l’aurions été ? » Cette fois, Harriet était pratiquement en train de s’étouffer sur le canapé pour s’empêcher de rire trop fort. Mac se tourna à l’opposé d’elle pour avoir une chance que cela ne devienne pas contagieux. « Vous devez admettre qu’il a été assez enjoué dernièrement. »
« Il y a eu aussi un manque de dispute inhabituel au bureau cette semaine » admit il. « Mais il faut être deux pour danser le tango, à ce qu’on dit… »
Elle put entendre le moment exact quand la réalisation se fit dans son esprit.
« Pourquoi, Sarah Mackenzie, faites vous une chose aussi sournoise ! Passez le moi. »
« Sturgis… »
« Passez le moi au téléphone ! Cet homme a besoin d’une chaude poignée de main et d’une claque sur la tête. »
Mac laissa tomber et éclata de rire. « Vous pensez que ça pourrait attendre un petit peu ? Il est sous la douche. »
La réponse fut un soupir théâtral. « Oh, tout a fait. J’ai besoin de lui parler au sujet de Willingsley, mais cela peut attendre. Pour le reste, cependant, je peux vous garantir que j’obtiendrai tous les détails de ce qui s’est passé entre vous deux… »
« Etes vous sûr de vouloir tous les détails, Capitaine ? »
« Oh, grand Dieu. Je peux déjà entendre mon père venir me laver la bouche avec du savon. Profitez de votre week-end, et dites à Harm de me donner un coup de fil cet après-midi. »
« Ce sera fait. » Elle raccrocha et rejeta le coussin en direction d’Harriet. « Vous n’avez pas été d’une grande aide dans cette petite tentative, vous savez cela ? »
« J’étais supposée être une aide ? » demanda Harriet innocemment.
Mac secoua la tête comme elle localisait le téléphone portable d’Harm et qu’elle le rallumait. Le voyant indiquant un message clignotait, probablement en raison des appels un peu plus tôt de Sturgis. « Je ne suis pas sûr de vous emmener encore nous faire masser ……. »

La salle de bain de Mac était plutôt agréable. C’est ce qu’il avait décidé au cinquième matin de leur relation, après la première nuit qu’ils avaient passée chez elle. Il n’avait pas apporté de trousse de toilette cette fois là, ce qui aurait pu sembler présomptueux, quelque part. Aussi il avait utilisé son shampoing et son savon et avait fini par sentir comme quelque chose sortant de chez Victoria Secret. Et le plus drôle dans tout ça, était que cela ne l’avait même pas dérangé parce qu’il sentait comme elle. Ce fut ainsi qu’il réalisa pleinement qu’il était la tête à l’envers, bêtement amoureux de Sarah Mackenzie.
Naturellement, depuis lors, il avait appris à garder son sac aux alentours. Harm jeta son rasoir dans son sac et récupéra un T-shirt, en se demandant comment Harriet avait réagi à ce nouveau sujet de commérage. Cependant il ne voulait pas dépenser d’énergie à s’inquiéter de ce que la nouvelle s’ébruite. D’une certaine façon, cela serait un soulagement d’avoir fait cette révélation et de passer à autre chose. Ils pourraient répondre à toutes les questions sur le sujet et juste être un couple comme les autres. Bien, peut être pas comme tous les autres.
Et s’il était honnête avec lui-même, il était un peu désappointé que Mac ait dû le réveiller avec précaution à propos d’Harriet, parce qu’il avait eu l’intention de réveiller Mac d’une façon légèrement différente. Pourquoi était elle toujours réveillée la première, de toute façon. Il avait réussi à chambouler son horloge interne deux fois déjà, ce qui l’avait ravi pour finir, mais cela n’avait jamais duré bien longtemps.
Harm mit son sac dans sa place maintenant habituelle dans un coin et ouvrit la porte de la chambre. « Est-ce la partie où je suis supposé avancer en piquant la honte ? » demanda t’il aux deux femmes avec bonne humeur.
Harriet eut un sourire rayonnant vers lui. « Bonjour, Monsieur. »
« Harriet, puisque actuellement vous êtes en possession de plus de renseignements au sujet de ma vie amoureuse que ma mère, j’aimerais autant ne plus entendre le mot ‘monsieur’ sortir à nouveau de votre bouche aujourd’hui. » Il se pencha pour l’embrasser. « Je suis sûr que Mac vous a déjà dit tout ça, mais nous sommes désolés de ne pas vous l’avoir dit plus tôt. »
« Elle l’a fait et c’est très bien. Je comprends totalement. »
« J’ai besoin d’un peu de café, je pense……puis je vous offrir du thé ou autre chose ? »
« Merci, mais nous allons franchir le seuil de la porte dans peu de temps. » Comme il déambulait dans la cuisine, Harriet se tourna vers Mac. « Il est chez lui dans votre cuisine maintenant ? »
« J’ai entendu » cria t’il depuis là-bas.
« Désolé. C’est juste trop mignon. »
« Mignon, heu.. ? »
Aussitôt qu’il eut branché la cafetière une autre sonnerie retentit. Mac saisit les deux téléphones portables sur le coin de la table et les étudia. « C’est le tien. »
Harm traversa rapidement l’appartement et lui récupéra le bon téléphone. « Rabb. »
« Heureux de savoir que vous êtes toujours en vie, Capitaine. »
Instinctivement il se redressa. « Bonjour Amiral. Heu, vous avez cherché à me joindre ? »
« Seulement depuis un peu plus d’une heure. » La voix de l’Amiral Chegwidden était calme, avec seulement un léger ennui sous jacent. « Il y a eu un problème à Oceana la nuit dernière – Classe B, seulement des blessures légères, mais je me suis laissé dire que c’est un vrai sac de nœuds. A moins que vous sentiez le besoin de ruiner le week-end de quelqu’un d’autre, vous pouvez considérer ce cas comme le votre. Un hélicoptère quitte Andrews à 11h20. J’aimerais vous voir au bureau avant que vous décolliez. »
Harm vérifia sa montre. Et, merde. « Monsieur, cela risque d’être un peu serré. »
« Pourquoi ça ? »
« Et bien, j’ai besoin de récupérer un uniforme avant de venir au JAG, et …..bien, je ne suis pas exactement à la maison en ce moment. »
« Vous n’êtes pas à l’aérodrome, n’est ce pas ? »
« Non, Monsieur. J’ai mon uniforme d’hier, mais…heu, cela est… »
Mac et Harriet était en train de se faire de grands sourires l’une l’autre, ce qu’il ignora avec obstination. Il y eut une pause à l’autre bout du fil, et il se représenta leur officier en chef en train de plisser les yeux. « Capitaine, est ce que je peux savoir où vous avez passé la nuit dernière ? »
« En toute probabilité, sûrement pas, Monsieur. »
Une autre pause suivit, et quand la voix de l’amiral revint, elle était étonnamment froide. « Mr Rabb » commença t’il avec raideur, « j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas m’impliquer profondément dans les affaires de mes officiers, mais il y a des fois où j’éprouve le besoin irrésistible de mettre les pieds dedans. »
Harm sentit une pointe de menace. Avaient ils mésestimé l’opinion de leur commandant sur ce point ? Etait il déjà inquiet d’une conduite inconvenante ?
« Monsieur ? » demanda t’il faiblement.
« J’avais l’impression que vous seriez arrivé à une sorte de décision au sujet du colonel après l’incident du Paraguay. »
Où veut il en venir ? « Je dirais que c’est une opinion qui tient la route, Monsieur. »
« Alors comment par tous les diables vous pouvez lui faire cela ? » Chegwidden s’emportait. « Elle a eu de nombreuses opportunités de vous laisser tomber, mais elle est encore là, ce qui devrait vous dire plusieurs choses. Est-ce que ce fait n’a jamais été à votre portée ? »
« Monsieur, je pense qu’elle l’a été…. »
« Et c’est ainsi que vous la payez en retour ? Si vous avez même considéré amener cette nouvelle femme aux environs du bureau, votre cerveau doit singulièrement manquer d’oxygène. »
Comme il était en train de comprendre, Harm ferma les yeux et se frotta l’arête du nez. Il savait qu’il devrait au moins se sentir légèrement insulté par les accusations volant dans sa direction, mais l’entière situation était juste trop bizarre pour même l’ennuyer. « Pouvez vous rester en ligne juste une seconde, Monsieur ? »
Il couvrit le téléphone avant d’entendre l’amiral piétiner, et il le tendit à Mac. « Tu lui parles. Actuellement il veut me tuer. »
« Pourquoi cette fois ? »
« Il est convaincu que je vais apparaître au bureau avec une nouvelle petite amie et briser le cœur de son chef d’état major. »
Harriet s’écroula de rire. « D’abord le Capitaine Turner, maintenant… »
« Sturgis aussi ? Seigneur, est ce que tout le monde au JAG pense que je ne me rends compte de rien. »
« Apparemment oui. » Mac eut un petit gloussement, puis redevint sérieuse et saisit le téléphone. « Bonjour, Amiral. » Elle attendit pour qu’il absorbe la situation avant de continuer. « J’ai vraiment apprécié votre inquiétude, Monsieur, mais je pense que vous pouvez comprendre pourquoi ce n’est pas nécessaire……Pas longtemps, Monsieur. Justement nous ne voulions pas faire une grosse annonce au bureau…….non, Monsieur, il a été un parfait gentleman. Je ne pense pas que les gens lui donne suffisamment de crédit…… »
Harm leva les mains en l’air et s’écroula sur le canapé en signe de reddition.
« Oui, Monsieur…….merci » Mac sourit avec tendresse et lui tendit le téléphone.
« Merci pour la vibrante approbation » grommela t’il dans sa direction. « Amiral ? »
La voix de Chegwidden était distinctement plus prudente cette fois. « Capitaine, je crois que je vous dois des excuses. »
« Pas du tout, Monsieur. »
« Non, j’ai sauté aux conclusions » insista t’il, plutôt bourru. « Il faut noter que je suis heureux pour vous deux. A condition que vous n’utilisiez pas le bureau comme terrain de bataille pour des prises de bec d’amoureux. »
« Absolument pas, Monsieur. »
« Très bien. Vous pourrez aussi bien aller chez vous faire votre paquetage et vous rendre à Andrews depuis là. Je vous enverrai toutes les informations qui sont parvenues à mon bureau là-bas. Pouvez vous prendre ce vol ? »
Harm soupira. Cela ne faisait pas beaucoup pour un week-end de relaxation avec Mac. « Oui, Monsieur. 11h20 à Andrews. »
« Très bien. Faites moi savoir quand vous aurez vos premières constatations. »
« A vos ordres, Monsieur. »
Quand il raccrocha, les deux femmes avaient arrêté de glousser et le regardaient avec sympathie. « Le service n’est jamais en sommeil, hum ? » demanda Harriet.
« Quelque chose comme ça. » Il secoua la tête et s’extirpa du canapé. « Classe B enquête sur un contre temps. Je dois y aller. Pendant que vous deux vous allez apprécier votre journée au centre de remise en forme ayez une pensée pour moi, en route dans ce – oh -si pépère hélicoptère vers Oceana. »
« Désolé, chéri » offrit Mac, en grimaçant.
Harm fit de son mieux pour ne pas rougir de son premier emploi de ce terme d’affection. « Bah, c’est très bien. Je vais avoir quelque chose à faire ce week-end. » Il rentra dans la chambre en traînant les pieds pour saisir son sac. De retour, il enfila ses chaussures comme Mac se levait pour le rejoindre à la porte. « Je t’appelle ce soir, d’accord ? »
« Ok. » Ils hésitèrent tous les deux un moment, et Harriet immédiatement saisit le message.
« Je ne suis pas là » déclara t’elle, en tournant la tête. « Faites vos affaires. »
« Qu’est ce que tu en dis. » Harm sourit à Mac, un sourcil soulevé, et se pencha pour lui donner un doux et tendre baiser.
Le soupir de contentement d’Harriet plutôt audible leur parvint, mais Harm prétendit ne pas l’avoir entendu, choisissant à la place de se concentrer sur la superbe femme qui se trouvait actuellement aux creux de ses bras. « J’ai presque oublié » ajouta Mac, suivant l’inévitable au revoir. « Sturgis avait une question à propos du cas Willingsley. »
« Je pense que je l’appellerai depuis Oceana, aussi. Personne d’autre n’éprouve le besoin de se pointer ce matin ? »
« Non, je pense que ce sera tout. »
« Je dois y aller » répéta t’il. « Je te revois demain soir ou lundi, d’accord ? »
Mac acquiesça. « Fais un bon voyage. » Elle se recula à regret, mais il l’attira de nouveau très près pour un autre, plus long baiser.
« Je t’aime » dit il doucement, avec un tendre sourire. « Passez un bon week-end, Harriet. »
Là-dessus, il ouvrit la porte et avança dans l’entrée. Peut être que ce n’était pas le week-end idéal, mais tout instant qui commençait et finissait avec elle ne pouvait pas être mauvais.
Harriet regarda Mac fermer la porte derrière lui, et fut surprise de voir combien elle apparaissait abasourdie. Mal interprétant, elle se dépêcha de rassurer son amie. « Hé, vous savez combien il est bon pour fouiner dans ce genre d’enquête. Il aura probablement cette fois tout bouclé demain. »
« Hummm ? » répondit Mac absente, le regard ailleurs.
« Mac vous allez bien ? »
Sans prévenir, elle se jeta vers Harriet. « Est ce que j’entends des voix ? Qu’est ce qu’il a dit au juste ? »
« Et bien, il a dit qu’il vous verrait demain soir ou lundi, et qu’il vous aimait, et vous…. » La jeune femme s’interrompit. « Oh….c’était la première fois ? »
Mac hocha la tête ayant perdu la parole.
« Avez-vous vous vraiment pensé qu’il y avait la moindre chance sous le soleil qu’il ne vous aime pas ? »
Elle lança ses mains dans de grands gestes de complet ahurissement. « Je ne sais pas….Je veux dire, je pense que je le sais, en quelque sorte, mais je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il dise cela…… » Elle s’interrompit elle-même au milieu de la phrase et la démarche assurée s’avança vers la fenêtre et l’ouvrit. « Harm ! »
Presque à sa voiture, il se tourna et regarda vers la fenêtre une question dans les yeux.
« Je t’aime, moi aussi » cria t’elle, se sentant totalement ridicule et s’en fichant.
En réponse, il décocha simplement son parfait sourire et monta dans sa voiture.
Harriet regardait avec un regard connaisseur. « Ah la phase du cri à la fenêtre. C’est terriblement adorable, n’est ce pas ? » Ne recevant pas de réponse verbale, elle se mit sur ses pieds et ferma la fenêtre, en tirant par la main une Mac toujours stupéfaite. « Allons y. Vous semblez avoir besoin d’un massage. »

FIN

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