Fly me to the moon

Chapitre 2

Auberge « Rose Garden »
Sur les bords de la Severn
Vendredi 23 septembre 1995
19 heures
Brigitte l’entendit se rhabiller en silence. Elle lui tournait le dos, n’osant lui faire face.

– « Il est 19h00, on descend dîner ? Ou bien on peut se faire monter quelque chose, si tu préfères… Brigitte ?

Elle ne pouvait répondre, tellement les sanglots et la honte l’étouffaient. « Mon dieu ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Que va t-il penser de moi ? Que s’est-il passé ? Je ne suis pas une fille facile et pourtant, je lui ai cédé si vite ! Mais il est si séduisant et charmeur ! »

– Brigitte ?

Déjà il faisait le tour du lit. Rapidement elle essuya son visage humide de sa main et se tourna vers lui en essayant de sourire bravement. Il avait remis sa chemise mais ne l’avait pas boutonnée et à chaque mouvement, elle s’écartait, laissant apparaître la peau dorée. Brigitte crispa les doigts sur le drap pour s’empêcher de tendre la main vers cette peau douce et soyeuse, merveilleusement bronzée.

Eh, tu pleures… Pourquoi ? Je t’ai déçue ?

Il s’approcha et posa sa main contre sa joue, elle ferma les yeux et se morigéna intérieurement. « Allons, reprends-toi, il suffit qu’il pose une main sur toi et tu as de nouveau envie de lui ? »

– Oh non Harmon, pas du tout ! Seulement, c’est que…Eh bien, je n’ai… Je ne… « Oh ! Tu t’empêtres dans des explications et il va te prendre pour une idiote ! »

Il souleva un sourcil, sourit et s’assit sur le lit.

– Bon, du calme, et explique-toi. Ça ne t’a pas plu, tu regrettes ? Et appelle-moi Harm, je préfère.
– Non, non tu n’y es pour rien, c’est moi au contraire…
– Ah là ! Je t’arrête tout de suite ! Crois-moi j’ai déjà entendu parler de la réputation des françaises dans ce domaine et tu es bien au-dessus de tout ce qu’on a pu me dire.

Brigitte se mit à rougir comme une jeune vierge, ce qui provoqua un rire délicieusement rauque de la part de son amant.

– Ce que je veux dire, c’est qu’il y a quelques heures encore on ne se connaissait pas et que ce n’est pas vraiment mon style de suivre un inconnu, aussi séduisant soit-il et de sauter dans son lit aussitôt, voilà !
La tirade était sortie d’un coup et elle se rendit compte qu’elle était à bout de souffle. « Ou bien était-ce parce qu’il était trop près ? »

L’éclat de rire fut tonitruant cette fois.

– Et tu crois que moi j’ai l’habitude de draguer les jolies touristes, de les emmener dans mon Stearman, puis de les entraîner dans une auberge pour leur faire passionnément l’amour ? Tu as raison, je fais ça tous les week-ends !

Brigitte hésita… Etait-il sérieux ? Oh, cela ne l’étonnerait qu’à moitié. Il était très joli garçon, du charme à revendre, de plus il portait l’uniforme impeccablement et possédait une voiture qui était un véritable piège à filles, sans parler de l’avion… Quelle femme serait capable de lui résister ? Pas elle en tout cas…

Il se rapprocha un peu plus, ce qui eut pour effet de faire glisser le drap, Brigitte s’y accrocha désespérément, mais sa détermination faiblit lorsqu’il se pencha pour poser sa bouche sur son épaule et faire glisser ses lèvres le long de sa clavicule. Il suivit ensuite la ligne du cou pour enfin capturer son lobe d’oreille entre ses dents.

– Hhharm…

Son instinct lui disait de filer le plus vite et le plus loin possible de cet homme. Il était néfaste pour sa santé mentale.

– Humm… ?

Ses mains caressaient délicatement ses épaules à présent, puis l’une d’elles partit à la découverte d’un sein tandis que l’autre se faufilait au creux de sa nuque pour l’attirer à lui.

– Nous… Nous allons être en retard pour le dîner. « Seigneur ce qu’il pouvait être doué de ses mains ! »
– Et sache que ce n’est pas dans mes habitudes de craquer sur les jolies touristes dans ton genre. Mais lorsque je t’ai vu dans ta petite robe en train de te débattre avec ce que tu tenais à la main, j’ai eu envie de te connaître. En fait, lorsque tu m’as heurté avec le guide, je m’apprêtais à t’aborder sous un prétexte bidon comme te demander l’heure par exemple.

Brigitte ouvrit la bouche, indignée puis la referma, ne trouvant pas ses mots. « Quelle idiote ! Et moi qui culpabilisais de l’avoir amoché ! »

– Tu avais l’air si innocente, si douce et si perdue là dans la foule ! Je n’ai pas pu résister !

Il plaqua sa bouche sur la sienne et elle entrouvrit ses lèvres sous la douce pression… Le baiser s’intensifia…

– Euh… Je crois que je vais aller prendre une douche et m’habiller et ensuite on descendra dîner, qu’en penses-tu ?
– On pourrait manger ici, c’est simple, il me suffit d’appeler le maître d’hôtel et il nous fera monter un repas dans la chambre.

Brigitte se glissa de l’autre côté du lit tout en prenant soin de s’entortiller dans le drap et en priant le ciel pour ne pas se prendre les pieds dedans. Arrivée à la porte de la salle de bains, elle se retourna. Il n’avait pas bougé, il était assis sur le bord du lit et l’observait. Il lui sourit. Voilà ! C’était ce sourire qui l’avait fait craquer, qui devait les faire toutes craquer d’ailleurs. Et elle refusa de se demander combien il y en avait eu avant elle, et combien il y en aurait après…

– Mr Kirk. Avec le même nom que le commandant de l’Enterprise, ce pauvre homme mérite bien qu’on fasse l’effort de descendre dîner, non ?
– Sans doute, tu as raison. Mais au fait, si tu as besoin d’aide pour la douche…?

Déjà il passait de l’autre côté du lit et Brigitte entra précipitamment dans la salle de bains et referma prestement derrière elle. « Ouf !! Ce type pouvait faire d’elle ce qu’il voulait, dès lors qu’elle lui permettait de la toucher ! »

Brigitte l’entendit rire de l’autre côté de la porte et lui promettre,

– Tu ne perds rien pour attendre !

Un frisson d’excitation lui parcourut le bas des reins. Elle soupira et regarda autour d’elle. La salle de bain était simple mais élégante, sur le mur face à elle, il y avait une fresque qui représentait une vue de l’auberge sur fond de faïence blanche. Elle ouvrit le robinet de la douche, se glissa sous le jet et retint son souffle lorsque l’eau la frappa. Tout en la laissant couler sur elle, elle s’autorisa à penser à cet après-midi de folie. Une douce folie, certes, mais une folie quand même. Elle si sensée, si raisonnable, elle avait suivi un inconnu dans cette auberge, elle avait fait l’amour avec lui et recommencerait certainement encore avant la fin de ce week-end. Elle rougit au souvenir de ses mains sur elle. Il était un amant extraordinaire. « Ce qu’il pouvait faire avec ses mains, c’était… Waouh !! » Un coup frappé à la porte la fit sursauter et la ramena à la réalité.

– Mon ange, dépêche-toi ! Sinon on va être très en retard ! Je descends quelques minutes, comme cela tu pourras t’habiller tranquillement.

Elle entendit la porte claquer, puis le silence. Elle arrêta l’eau, sortit et se sécha. Elle ouvrit la porte et chercha sa valise. Elle choisit ce qu’elle avait de plus sexy dans sa lingerie, puis enfila une jupe blanche légèrement fendue sur un côté et un petit haut en crêpe rouge à pois blanc qui lui laissait les épaules dénudées… Ensuite, elle se coiffa et se remaquilla légèrement. Elle était tout juste prête quand il revint.

Son regard glissa sur sa silhouette et rien qu’à l’expression de son regard d’un bleu si particulier, elle sut qu’il appréciait.

– Joli, très joli…Il se pencha et déposa un baiser sur sa joue. A moi maintenant !

Il prit son sac et disparu dans la salle de bains, non sans lui avoir fait un clin d’œil ravageur avant.

Brigitte sourit et s’approcha de la fenêtre comme elle entendait l’eau couler dans la pièce d’à côté. Son regard s’attarda sur les jardins et elle observa les gens qui s’y trouvaient. Là, un père qui jouait au ballon avec son fils. Ici, un couple qui se promenait main dans la main, puis plus loin une vieille dame qui parlait à son petit chien. Brigitte se dit que ces moments resteraient gravés dans sa mémoire à tout jamais, même quand elle serait vieille et que tout cela lui semblerait avoir été un rêve. Un rêve merveilleux et l’heure du réveil allait bientôt sonner, mais elle repoussa cette idée, elle ne voulait profiter que de l’instant présent.

Tout à coup, un bras enserra sa taille et un parfum poivré lui chatouilla les narines.

– Eh bien alors … Tu rêves ? Tu pensais à moi, j’espère !

Brigitte se retourna dans ses bras et malgré ses talons de 8 cm, elle lui arrivait à peine au menton. Dieu qu’il était grand ! Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur le bout de son nez.

– Bien entendu !

Elle se recula légèrement et l’étudia. Il portait un costume gris clair sur une chemise d’un bleu profond avec une cravate bleu foncé. Il était magnifique ! « Est-ce qu’il le sait ? Est-ce qu’il est conscient de l’effet qu’il produit sur moi ? »

Il lui sourit de cette façon adorable qu’elle aimait tant, pencha la tête sur le côté et lui dit

– On y va ?

773 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*