Fly me to the moon

Chapitre 3

Auberge « Rose Garden »
Sur les bords de la Severn
Vendredi 23 septembre 1995
Salle du restaurant
19h45
Ils étaient tous deux installés à une table, dans un petit coin à l’écart des autres, dans cette salle si pittoresque, Brigitte se sentait si mal à l’aise, face à Harm dont les yeux la fixaient par dessus le menu que leur avait apporté Mr Kirk…Il est vrai qu’ils n’étaient pas arrivés sans mal dans ce restaurant …rien que d’y penser un sourire se dessina sur ses lèvres qu’elle humidifia sans s’en rendre compte…

– Ne fais pas ça, lui dit il, ou je risque de ne plus me contrôler tu sais …
– Oh …

Elle repensa en même temps à la scène qui venait de se dérouler quelques instants auparavant lorsqu’ils avaient pris l’ascenseur pour venir se restaurer….Elle en rougissait encore…

– Quel dommage qu’il ne soit pas resté bloqué…. lui murmura-t-il

« Bloqué ? » C’est elle qui avait été bloquée contre la paroi, lorsqu’il l’avait embrassée et que ses mains avaient commencé à la caresser « Je ne pourrais jamais lui résister c’est vraiment affreux, mais en ai-je envie ? »

– Vous avez choisi, monsieur, madame ? demanda le jeune serveur
– Eh bien, as tu décidé, chérie, de quoi as tu envie ?
– De toi !

« Oups… Mais qu’est-ce que je dis ? » Brigitte n’osait plus bouger, les mots résonnaient encore dans ses oreilles, à cet instant elle aurait préféré être sourde ou bien avoir une otite….

Le serveur esquissa un sourire en regardant Harm d’un air complice…

– Je suis flatté, mais peut-être pas ici ? Non, qu’en penses- tu ? demanda-t-il tout bas.

Brigitte ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Voyant l’embarras de sa jeune compagne, et bien que cela l’amusait beaucoup, Harm prit l’initiative de la commande, afin de ne pas prolonger cette situation.

– Eh bien….Disons… un crabcake pour mon invitée, et pour moi ce sera vos lasagnes végétariennes avec deux salades, s ‘il vous plait, et en dessert deux bavarois chocolat-cerise, ce sera parfait…

Il lui rendit les deux menus

– Et en boisson, je vous sers ?
– Champagne, choisit le beau lieutenant, en ton honneur… ajouta-t-il à voix basse.

Mr Kirk disparut avec la commande, laissant un silence pesant autour d’eux.

– Je suis …
– Pardon… dirent ils ensemble
– Vas-y …
– Non toi, vas-y……Brigitte
– je suis désolée… Je ne voulais pas dire ça,….
– Dommage… répondit Harm, un peu déçu
– C’est que tout est allé si vite, je sais plus où j’en suis, tu comprends ?
– Parle moi de toi, j’ai envie de tout connaître sur toi…
– Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…Harm

Le serveur revint avec la bouteille de champagne et la commande. Les verres se remplirent et le plat semblait … comment dire… intéressant !

– C’est quoi, au juste ? demanda Brigitte
– Goûte, tu verras ça devrait te plaire…
– Ah oui ? fit elle du bout des lèvres. Non seulement l’aspect ne la tentait pas, mais l’odeur …On était loin des crêpes et du cidre dont elle raffolait.

La première bouchée fut difficile à avaler, heureusement le champagne était là….Harm, lui, semblait se régaler.
Brigitte jouait avec sa fourchette, ses pensées étaient si loin. « Oh mon Dieu, que m’arrive-t-il ? Je suis là dans une auberge si romantique, avec un homme si… si… fascinant… si beau…Mais qu’est ce qui m’arrive ? Je ne peux pas rester, je ne peux pas faire ça… Ce n’est pas possible… »
Elle laissa tomber la fourchette et se leva précipitamment de table, bousculant sa chaise. Elle traversa la salle sans se retourner, ne voulant qu’une seule chose : fuir le plus loin possible…
Harm la suivit.

– Brigitte…attends.

Mais elle se refusait à l’entendre, écouter une fois de plus cette voix si chaude qui lui avait susurré des mots si tendres cet après midi pendant qu’ils faisaient l’amour…Il fallait qu’elle soit forte, qu’elle résiste. Elle sortit dehors dans le parc, et courut se réfugier derrière un gros chêne, son cœur battait la chamade, elle était essoufflée. L’air frais de cette nuit d’automne lui permit de rassembler ses idées. « Je dois partir d’ici. Je…Je vais appeler un taxi et… »

Une main chaude vint lui toucher l’épaule, elle n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qui c’était. Cette main lui était familière, cette peau si douce, elle la reconnaîtrait dorénavant entre mille… Cette peau, qui, il y a quelques heures encore, lui était inconnue.

– Brigitte …

Il s’approcha d’elle, si près qu’elle sentait son parfum, son odeur, son corps frôlait le sien désormais, elle ne bougeait plus. « Que dois-je dire ou faire ? Comment tout ça va-t-il finir… ? »
Ses bras vinrent s’enrouler autour d’elle.

– Chut, je suis là…

Elle était blottie au creux de ses bras, contre ce torse si puissant et si viril qui la rassurait. Elle se détacha bien malgré elle…

– Harm il faut que je parte, réussit-elle à dire… Tout cela n’a aucun sens, cela ne nous mènera nulle part.

De petites perles coulaient le long de ses joues … Il la prit à nouveau dans ses bras.

– Chut…je comprends… Brigitte, je ne sais pas non plus ce qui m’arrive…Je me sens si bien avec toi, j’ai l’impression qu’on se connaît depuis si longtemps … Et si on jouait, si pendant ce week- end, on était deux autres personnes ….Si on oubliait qui nous sommes vraiment, il n’y aurait que Brigitte et Harm, et le reste du monde n’existerait plus… Qu’en dis tu ?

Elle lui fit face. Leurs yeux se rencontrèrent, ce regard si bleu …la paralysait, et en même temps, elle rêvait de s’y noyer à nouveau…

– Vivons ce moment sans nous poser de questions, ça n’arrive qu’une fois dans une vie tu sais, jusqu’à lundi matin, plus rien d’autre que nous n’existe, et après… Et bien ce sera un merveilleux souvenir, je peux t’assurer que je ne t’oublierai jamais …

En disant ces mots, ses lèvres vinrent effleurer celles de Brigitte, toujours immobile, encore sous le charme de ce beau discours, et en proie au doute. Le contact la fit frémir. A nouveau, elle ressentit ce désir qu’il l’avait troublée depuis leur rencontre et qui ne l’avait pas quittée de la journée. Sans se poser plus de questions, elle y répondit, ce baiser en disait long… Harm posa sa main gauche sur sa taille puis la fit descendre doucement sur sa hanche et continua son chemin le long de sa cuisse. D’un petit mouvement de doigts agiles, il fit remonter la jupe, son autre main caressait doucement cette poitrine si sensuelle dont il avait encore envie. La puissance de son corps plaqua Brigitte contre le chêne, sa bouche finit par glisser sur la joue puis dans le cou de sa partenaire. L’écorce de l’arbre lui brûlait le dos, mais qu’importe, elle avait trop envie de lui…

– Brigitte si on rentrait ? J’ai envie de me perdre en toi….
– Pourquoi, on est bien ici…non ? Elle le regarda, droit dans les yeux, et avec un petit sourire enjôleur, elle ajouta « Harmon Rabb vous êtes si prude ? »
– Prude non… !!!

Ses caresses s’intensifiaient.

– Mais, tu as froid … Tu frissonnes !
– De désir, Harm, seulement de désir… réussit-t-elle à dire entre deux gémissements

Il l’embrassa à nouveau, ses baisers étaient plus doux que la caresse d’une plume, elle le voulait lui, là, maintenant….
La lune brillait haute dans la nuit étoilée, seule complice de leurs ébats charnels, dans les jardins du « Rose Garden ».
Auberge « Rose Garden »
Sur les bords de la Severn
Samedi 24 Septembre 1995
7h30
L’eau coulait dans la douche, Harm décrocha le téléphone.

– Allô ? Oui, ici chambre 116… Ah, Mr Kirk!! Bonjour, oui merci, bien dormi…Serait-il possible d’avoir un panier pique-nique pour le petit déjeuner s’il vous plait ? Oui café …oui, tout cela me semble très bien dans une demi-heure à la réception. Parfait. Merci.

Harm raccrocha, la douche avait cessé et Brigitte apparut, vêtue d’une simple serviette autour d’elle.

– Tu es magnifique ainsi, tu sais que cette vision fait partie de mes fantasmes les plus fous…

Il s’approcha et l’embrassa passionnément, puis, reculant, il ajouta :

– J’ai commandé le petit déjeuner. Dépêche toi de t’habiller: c’est une surprise…

« Une surprise ? » Décidément cet homme était incroyable ! Qu’était-il capable d’inventer pour la surprendre ? Songeuse, elle se mit à repenser à leur rencontre si percutante, son survol de Washington en Stearman, l’auberge romantique, leurs câlins si doux et si fougueux à la fois, leur étreinte dans le parc, leur nuit d’amour sans fin…

– Eh oh ! Tu es avec moi ?
– Euh oui, j’y vais…

En peu de temps elle enfila une petite robe fleurie, légère à brettelles, prit son sac et dit :

– Voilà je suis prête !

Elle crut défaillir en l’apercevant. « Bon sang que cet homme est séduisant avec sa petite chemise noire et son jean ! »

– Après vous mademoiselle…

Elle le regarda, puis sourit. Elle avait décidé de jouer le jeu jusqu’au bout…..
Au bord de la Severn
Sur l’herbe
11h30
Il avaient pris un petit déjeuner fantastique au bord de l’eau et avait passé la matinée à discuter de tout et de rien : des avions, de l’armée, du métier d’avocat, de la France… Ils décidèrent ensuite d’aller visiter les environs. Main dans la main, ils se dirigèrent vers la voiture. Harm lui ouvrit la portière, et monta à son tour.

Il tourna la clef, une fois deux fois mais rien, le moteur toussota mais ne démarra pas…

– Le coup de la panne !!!! dit Brigitte. Alors là …Bravo !!
– Je t’assure, je crois que je suis vraiment en panne.

En riant, il poussa une petite manette et le capot se débloqua. Il fit le tour du véhicule et souleva le morceau de tôle rouge cramoisie de sa petite merveille.

– Alors… Voyons voir…

Brigitte sortit à son tour, et vint se positionner juste à côté de lui, elle se pencha sur le moteur et jeta un rapide coup d’œil.

– Tu t’y connais en mécanique ? demanda t- il surpris
– Non et toi ?
– Eh bien un peu.
– Ça me rassure, dit elle avec ironie…et malice

Il lui adressa un de ses sourires dont lui seul avait le secret, et qui la troubla profondément.
Près d’une heure s’était écoulée quand Harm referma enfin le capot.

– Voilà qui est réglé !

Il remonta en voiture, les mains et le visage barbouillés de graisse. Brigitte sourit et sortit de son sac un mouchoir avec lequel elle essuya les marques noires sur son visage, Harm l’observait pendant ce temps. « Elle est si jolie…si douce, une femme si sensuelle et si mystérieuse qui fait de ce week-end, un moment inoubliable… »

– Voilà pilote….Vous êtes plus présentable maintenant….Alors ça marche ?
– On va voir…

La voiture démarra sans problème cette fois-ci.

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