Fly me to the moon

Et si une touriste française rencontrait par hasard un avocat du JAG lors de ses vacances à  Washington ?

Cette fanfic a été commise par les modératrices du forum jag-en-ligne à  l’occasion de l’anniversaire de la malheureuse webmestre ….. à  qui tout ce qui est décrit n’est pas arrivé lors de son voyage à  Washington et Anapolis – Le prénom utilisé à  l’occasion n’a bien entendu rien à  voir avec la webmestre ….. Ceci n’est que le fruit de l’imagination totalement débridée de quelques amies .

Operation Tomcat
Confidential
For your eyes only…
“Fly me to the moon”

à Brigitte avec toute notre amitié et pour lui rafraîchir la mémoire…
Althéa, Caline, Marji, Samh, Soize et Tigrette

Avec tous nos remerciements à Lise

Chapitre 1
Washington
Vendredi 23 septembre 1995
13 heures
Sortant du Congrès, enchantée mais un peu saoulée par la visite, Brigitte flânait un peu à l’écart du bâtiment, s’accommodant peu à peu à la lumière éblouissante de ce chaud après-midi automnal.
Un léger souffle d’air faisait voler le bas de sa robe et la plaquait contre ses jambes.
« Quelle idée tordue ! Un jean aurait été plus pratique ! Et ce guide qui glisse maintenant ! » pensa t-elle en rattrapant de justesse le livre qu’elle avait coincé sous son bras.
« Au moins il va me servir pour me protéger du soleil, j’aimerais bien profiter de la perspective… »
Elle leva le guide au-dessus de sa tête dans un large geste…

– Aïe !… Faîtes attention !

Brigitte dut lever les yeux pour découvrir la haute silhouette de l’homme dont elle venait bien involontairement d’égratigner la tempe. A contre-jour, elle ne parvenait pas à distinguer son visage et sa tenue semblait refléter la lumière, l’éblouissant davantage.

– Je suis désolée… excusez-moi, je ne vous avais pas vu…je ne vous vois d’ailleurs toujours pas ! baragouina-t-elle en cherchant ses mots, un peu décontenancée.

Un rire joyeux lui répondit alors qu’elle réussit enfin à voir ce qui était à l’origine du rayon lumineux provenant de sa poitrine: des ailes dorées.

– Et moi, je ne voulais pas vous effrayer, pardonnez-moi ! répliqua t-il en passant derrière elle de façon à ce qu’elle puisse le voir.

Brigitte se tourna lentement, prise d’une certaine appréhension, sa silhouette et sa voix grave étaient avenantes, les ailes dorées sur son uniforme blanc lui faisaient penser à…Devant elle se tenait le plus séduisant des officiers de la Navy en Dress Whites, une publicité vivante pour le recrutement ! En un éclair, elle incrusta dans sa mémoire ses cheveux bruns que le vent décoiffait, ses yeux d’un bleu profond, l’harmonie de son visage et son sourire, franc et… irrésistible.
« Seigneur, il ne devrait pas être permis d’être si beau… » songea t-elle estomaquée. Ses pensées ne purent aller plus avant.

– Mais, vous saignez, constata t-elle, en désignant sa tempe. Un dommage collatéral… Attendez !

Elle sortit un mouchoir en papier de son sac à main et le pressa délicatement contre la coupure laissée par le guide. Ce faisant, son regard accrocha le sien et malgré la petite voix qui lui soufflait qu’elle ne devait pas, elle se laissa couler dans la profondeur du bleu de ses yeux. Elle lisait dans son âme et lui dans la sienne. Ce qu’il y vit lui plut instantanément : une femme chaleureuse, sensuelle, intelligente, drôle. Elle ne cherchait pas à dissimuler la fascination qu’il exerçait sur elle ; il avait l’habitude d’avoir cet effet sur la gente féminine, mais contrairement aux autres, elle ne s’offrait pas, c’était une femme indépendante, mais très féminine, à conquérir. Elle l’attirait d’autant plus.

– Harmon, lieutenant Harmon Rabb Junior, pour vous servir, Madame ?
– Brigitte… j’ai peur que le reste ne soit imprononçable pour vous.
– Brigitte me convient. Vous êtes française alors. Cela ne m’étonne pas vraiment.
– Pourquoi ? demanda t-elle intriguée tout en continuant à maintenir la compresse improvisée.
– Votre robe. Une touriste américaine porterait plutôt un jean et un t-shirt pour visiter la capitale, plus pratique, mais une française privilégie naturellement l’élégance et le charme dans toutes les circonstances.
– Vous plaisantez ou vous voyez réellement les françaises ainsi ? lui répliqua t-elle sarcastique.

Il lui sourit malicieusement usant de son pouvoir de séduction.

– Toutes les françaises, je ne sais pas…mais pour vous je ne me trompe pas, Brigitte.

Deux fois qu’il prononçait son prénom de sa belle voix grave et avec cet accent irrésistible. Elle sentit des frissons courir le long de son échine. Elle devait réagir, cet homme était beaucoup trop dangereux !

– Là, je crois que c’est fini. Vous survivrez, lieutenant, lui annonça t-elle d’un ton léger. A propos de tenue vestimentaire, vous promenez-vous toujours ainsi ou est-ce seulement à l’intention des belles touristes étrangères ?
– Ni l’un ni l’autre, je sors d’une réception mais je suis ravi que vous appréciiez mes efforts pour représenter mon pays, la taquina t-il. Qu’avons-nous de prévu cet après-midi, Brigitte ?

« Ce lieutenant a un aplomb incroyable, comment peut-il croire que je le suivrais aussi facilement !» enrageait-elle.

– Si ce sont les officiers qui organisent la visite de la capitale, alors qui défend le pays ? le taquina t-elle, cherchant désespéramment à retarder sa reddition dont lui ne semblait pas douter une seule seconde.
– Ma patrie se passera de moi jusqu’à lundi matin ! Et en effet, je connais un excellent moyen pour vous faire visiter Washington et les environs…Vous n’aurez pas de meilleur guide, Madame, affirma t-il en se mettant au garde à vous.
Quelque part au dessus de Washington
Vendredi 23 septembre 1995
15 heures
« Comment ai-je pu en arriver là ? »

Cent fois qu’elle se posait la question et la réponse était invariablement : « Je suis devenue complètement folle ! » !
En une heure de temps son guide l’avait emmenée chez lui pour qu’il s’y change, un jean et une chemise noire, et prenne d’autres affaires. Surprise, Brigitte n’avait pipé mot, faisant mine de n’avoir rien vu et d’être entièrement absorbée par la contemplation de son appartement, clair et chaleureux. Ce lieu, qui en disait long sur son propriétaire, l’avait définitivement confortée dans son jugement: elle ne visiterait pas Washington au bras d’un psychopathe !
Il lui avait offert une part de pizza, un coca light et l’avait fait remonter dans sa corvette rouge cramoisie pour, avait-il dit, lui présenter Sarah !

Maintenant, elle survolait les environs de Washington à bord du biplan du lieutenant, partagée entre la peur et l’exaltation. « Pas de meilleur guide ! Pfff !»
Malgré ces sentiments contradictoires, elle appréciait la promenade, son pilote restait sage, il avait promis de ne pas se lancer dans des acrobaties inutiles, et elle goûtait chaque seconde du vol comme un cadeau inattendu. Ils suivirent un instant la Severn et elle admira au passage un très joli cottage qui n’aurait pas dépareillé la campagne anglaise, et dont les jardins venaient mourir sur la berge dans une débauche de roses.

– C’est magnifique, qu’est-ce que c’est ?
– Une auberge, je crois. On peut s’approcher si vous voulez !

Il piqua vers le cottage et elle poussa un cri d’effroi :

– Tout va bien, Brigitte, respirez ! Ouvrez les yeux !

De la Severn s’envolaient des cygnes et des canards effrayés par l’apparition du Stearman, soulevant des gouttelettes d’eau qui faisaient apparaître des centaines de petits arcs-en-ciel. Elle sourit à ce spectacle. Mais déjà son pilote changeait de cap, prenant garde à ne pas se trouver sur la trajectoire des volatiles.

– Cet endroit est paradisiaque, comme j’aimerais y aller.
– A vos ordres, Madame.
Auberge « Rose Garden »
Sur les bords de la Severn
Vendredi 23 septembre 1995
17 heures
« Mais comment ai-je pu en arriver là ? »

Elle se le demandait encore alors qu’Harmon sortait sa valise de la corvette, avec l’air atterré de tous les hommes qui soulèvent le bagage de leur compagne. En moins de deux heures, ils étaient passés à son hôtel, avaient pris sa valise et roulé jusqu’à ce petit paradis sur terre qu’était l’auberge « Rose Garden ». Brigitte avait l’impression de perdre complètement le contrôle de son existence : « Y a-t-il un pilote dans ma vie ? Ben oui, justement ! Et il l’emmenait à mach2 dans un tourbillon vers… vers quoi au juste ?».
Elle se moquait d’elle toute seule, cette histoire était insensée ! Elle–même était insensée ! Seule la séduction de ce « Flyboy » avait un sens !
A chaque minute supplémentaire passée en sa compagnie, elle tombait davantage sous le charme. Etait-ce les effets secondaires du vol ? Elle se sentait libre, légère.
Harmon lui tint galamment la lourde porte d’entrée pendant qu’un chasseur se chargeait des bagages.

« Il est encore temps de faire demi-tour !» lui hurlait la petite voix. Brigitte frissonna en passant de la terrasse ensoleillée à l’ombre du charmant hall d’accueil.
« I l est encore temps ! » Mais c’était trop tard, le réceptionniste s’adressait à eux.

– Madame, Monsieur Rabb, vous avez eu de la chance. J’ai eu une annulation depuis votre coup de téléphone et je peux vous proposer deux belles chambres communicantes qui donnent sur la Severn.
– Ce sera parfait, répondit-elle précipitamment. Elle respirait déjà plus librement.
– Je vous y conduis. Permettez.

Les deux chambres de style étaient ravissantes. Brigitte s’approcha de la fenêtre et se plongea dans la contemplation des jardins pour se relaxer; elle entendait vaguement les explications que le réceptionniste donnait à Harmon dans l’autre pièce.

– Le dîner est servi à partir de 19 heures, mais si vous préférez prendre vos repas ici, il suffit d’appeler le maître d’hôtel au téléphone, monsieur Kirk, James.T. Kirk.

Le nom du maître d’hôtel la fit sourire. « Le pauvre, ça ne doit pas être facile tous les jours ! »

Soudain le silence l’enveloppa, elle humait avec délice le parfum des roses qui fleurissaient à profusion dans le parc. Un autre parfum vint se mêler au premier, celui du soleil, du vent et des nuages, elle savait qu’Harmon se tenait derrière elle, sans l’avoir vu ni entendu approcher.

– Vous aviez raison, c’est vraiment paradisiaque ? lui confia-t-il juste au-dessus de son épaule.
– Oui… Harmon, je…Je ne devrais pas être là…

Il la fit pivoter doucement vers lui, elle leva lentement la tête : une larme glissait sur son visage. Il posa délicatement sa main le long de sa mâchoire, caressant la joue mouillée de sa paume, essuyant de son pouce la trace de cette larme unique.

– Reste, Brigitte. C’est important. Je ne peux pas me l’expliquer, mais je sais que c’est important.

Brigitte lui sourit timidement, immobile. Il était sincère. Elle le sentait, elle le savait. Son pouce se déplaça de sa joue à sa bouche effleurant ses lèvres, de son autre main il l’attira vers lui en douceur. Elle posa les mains sur sa poitrine comme pour le maintenir à distance, mais ce n’était que pour glisser dans l’encolure de sa chemise noire entrouverte et aller au contact de sa peau. Ils échangèrent un premier baiser, jouant à découvrir, à goûter les lèvres de l’autre sans hâte. Elle le repoussa légèrement pour plonger dans son regard qui l’emprisonna, tout comme ses mains qui parcouraient maintenant sa nuque et ses reins. Elle laissa descendre les siennes le long de sa chemise, déboutonnant un à un les obstacles à ses caresses puis écartant le tissu soyeux, elle prit possession de son torse, s’égarant sur sa peau bronzée, flattant ses muscles du bout des doigts. Il l’embrassa plus passionnément l’obligeant à lui livrer sa bouche tout en la plaquant contre lui. Il ne relâcha son étreinte que pour ouvrir la fermeture éclair de la robe qu’il fit glisser savamment, caressant au passage de l’étoffe la peau qui s’exposait à lui. Harmon ressentit avec satisfaction le frisson qui la parcourait, faisant écho à son propre désir.

– Brigitte ? lui demanda t-il d’une voix étranglée par l’émotion.

Elle lui sourit en retour, un sourire qui était une promesse de plaisir et l’embrassa avec gourmandise pendant qu’il dégrafait son soutien-gorge puis l’ôtait, s’appropriant sa poitrine avec des caresses légères. Elle n’était plus que sensations. Seule l’intensité de leur désir la rattachait à la réalité. Brusquement il la souleva de terre et se dirigea vers le lit tout en l’embrassant ; elle s’envolait dans ses bras puissants, quelques notes d’une chanson qu’elle adorait lui traversèrent l’esprit.
Alors que son dos effleurait la douceur de la couette, elle lui chuchota dans un sourire : « Fly me to the moon, Harmon »…

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