Innocence lost and found

Chapitre 2
14h02 Hickory Drive
Arlington

Mac balaya le rez-de-chaussée de la petite maison d’un regard critique. « Je déteste dire cela, mais comme témoignage, Rachel n’apporte pas grand-chose. »

« Je sais. Pour tout ce que nous en savons, Alison Marks pourrait avoir eu toute une conversation avec le gars avant qu’il l’ait tuée. » Harm se pencha pour examiner le sol de la cuisine, marqué par les traditionnelle lignes délimitant le corps. « Mais j’en doute. Il n’y avait pas beaucoup de temps. Aucun signe de lutte, non plus. Vous pensez qu’il l’a eue par surprise ? »

« Ou peut être qu’elle le connaissait » suggéra t’elle, se déplaçant vers le pas de porte. « Pourquoi la porte n’aurait pas été verrouillée à cette heure de la nuit ? Peut être qu’il avait les clés ? »

« Je voterais non à ces deux suggestions » émit l’agent Faulkner comme lui et Holstrom entraient dans la maison. « Le verrou était griffé. Avec un outil lisse, sûrement. Les rayures étaient à peine détectables. » Il tendit un lot de photographies que Mac survola. « Vous avez obtenu quelque chose en échange ? »

Harm souleva le rapport balistique. « Neuf millimètres, rien de spécial. A moins que votre équipe découvre une arme autour d’ici, cela ne nous aidera pas beaucoup. »

« Nous faisons toujours des recherches dans les bennes à ordures dans le voisinage, mais je doute que nous ayons cette chance. Tout a été complètement nettoyé. Ce qui nous amène à chercher le mobile. Vous avez tous les deux une habilitation secret défense ? »

« Nous avons tous les deux une habilitation de premier » répondit Mac. « Toutefois au-delà de ça….et bien, il y a des personnes que nous pouvons questionner. »

« Alors vous pouvez être à même de vérifier le travail de la victime. Le service de Renseignement de la Défense est en train d’analyser le disque dur de son ordinateur personnel, juste au cas où elle aurait ramené à la maison quelque chose qu’elle ne devrait pas avoir. Au bout du compte, ils nous donneront une version épurée, pour ce que ça vaudra. »

« Des données satellites » dit Harm d’un air songeur. « Même si vous avez besoin de garder quelque chose secret, cela sert à quoi de tuer l’analyste ? Personne n’a rapporté la moindre disparition ou le traficotage d’un dossier, d’accord ? »

« Vous devrez le vérifier avec le bureau du J-2, mais je ne pense pas. » Holstrom fit un grand geste de la main autour de la pièce. « Si vous avez besoin de nous, criez. »

Harm hocha la tête d’un air distrait et commença à monter à l’étage, essayant de se mettre à la place de Rachel cette nuit là. Depuis le haut de l’escalier, seule la moitié de la porte principale était visible, donnant sur une partie du hall d’entrée qui menait vers la cuisine. Elle pourrait avoir eu seulement quelques secondes pour voir l’intrus, et puis elle est partie vers la chambre de sa mère…..

Mac le suivit dans la chambre de Rachel : une pièce pour une parfaite petite fille avec des murs lavande et des rideaux arc-en-ciel. Il jeta un coup d’œil aux piles de livres qui remplissaient les étagères, l’ours en peluche couché sur son lit toujours défait….le cadre de photo sur la commode. Apparemment Rachel avait les yeux et les cheveux de sa mère. Quand elle serait suffisamment vieille pour le réaliser, cette photo pourrait être le seul lien vers la vie merveilleuse qu’elles avaient autrefois partagée.

Impulsivement, il récupéra l’ours en peluche et choisit plusieurs livres sur les étagères. Devant le regard interrogateur de Mac, il expliqua. « Il pourrait s’écouler beaucoup de temps avant qu’elle puisse revenir ici. Peut être qu’elle aimerait avoir quelques unes de ses propres affaires. »

Sa partenaire sourit seulement, elle garda pour le moment les autres questions pour elle-même. S’il avait besoin de le faire, pour essayer de l’aider, alors qu’il le fasse. A la façon dont ce dossier prenait tournure, cela pourrait bien être leur seule utilité.

Le lendemain
9h21 Quartier Général du JAG.

« Monsieur, j’ai des dossiers pour vous » annonça Harriet, pénétrant dans le bureau d’Harm avec une pile importante de chemises en carton. « Le courrier du Pentagone vient juste de les apporter. »

« Merci, Harriet. S’ils ne rentrent pas en haut du meuble de rangement, planquez les là-dessus pour le moment. » Harm leva son attention de son écran d’ordinateur et se frotta les yeux. Selon les supérieurs du Capitaine Marks, sa récente zone de spécialité avait été l’Afrique du Nord. Obtenir davantage d’informations de leur part, toutefois, commençait à ressembler à une vaine tentative. Ils avaient l’intention de questionner Rachel un peu plus sur le travail de sa mère, mais réellement, leurs meilleurs espoirs pour mener l’enquête étaient probablement enfouis dans ces fichiers. « Avez-vous vu apparaître les gars du NCIS ? »

« Je ne les ai pas vus…. » Le lieutenant coupa court en remarquant une petite fille se tenant patiemment sur le pas de porte. « En y réfléchissant à deux fois, monsieur, est ce que ceci répond à votre question ? »

Harm suivit son regard et sourit. « Salut, Rachel » signa t’il. « Tu t’es éclipsée d’avec tes nouveaux amis, n’est ce pas ? »

Rachel haussa les épaules, semblant seulement légèrement coupable. [Parler avec eux est difficile. Je préfère parler avec toi.]

« Ok, mais la prochaine fois, dis à quelqu’un où tu vas, d’accord ? » Comme elle hochait la tête, il leva les yeux. « Ce sera tout, Harriet. Merci. »

« A vos ordres, monsieur. » Harriet sortit sur le plateau, son amusement initial fut tempéré par la réalité des faits. Elle avait entendu parler de l’enquête, et elle avait de la compassion pour l’enfant comme seule une mère peut en avoir. Mais le Capitaine Rabb avait d’évidence commencé à forger des liens tenus avec elle. C’était certainement un pas dans la bonne direction.

A l’intérieur de son bureau, Harm avait partagé sa viennoiserie matinale et en offrait une moitié à Rachel. Elle sourit légèrement et la dévora avec plaisir pendant qu’il envoyait par email la requête qu’il avait écrite. Une minute après, elle commença à déambuler autour du bureau, regardant les photos sur sa table et sur les murs. [Ton bébé est sourd, lui aussi ? »] demanda t’elle soudainement. [C’est pourquoi tu me comprends ? »]

Surpris, il leva les yeux vers la photo qu’elle montrait du doigt, le petit A.J pour son premier anniversaire. Il secoua la tête. « Non, je n’ai pas d’enfant. Ce bébé est mon filleul, A.J, et il peut entendre. J’ai appris le langage des signes à cause d’un ami. Il y a longtemps. » Il ne rajouta pas qu’il avait passé une heure et demi la nuit précédente à rafraîchir sa mémoire.

Rachel hocha la tête, acceptant sa réponse et elle continua son exploration. Elle semblait sentir qu’Harm la regardait, mais cela ne l’ennuyait pas. Elle récupéra le journal qui était posé sur un coin de la table et étudia la photo en première page. [C’est là où Maman travaillait.]

« C’est le Pentagone » dit Harm simplement. « Ils sont en train de le réparer. »

[Parce que l’avion l’a frappé ?]

« C’est vrai. Est-ce que ta mère t’a parlé de ça ? »

Elle hocha la tête de nouveau. [Elle n’y était pas ce jour là. Elle était sur le point de faire un voyage scolaire avec moi. A la place nous sommes restées à la maison, et elle a beaucoup pleuré. Ses amis étaient là-bas.]

« Je sais ce qu’elle ressentait » dit il doucement. Le destin était une chose étrange. Alison Marks y avait peut être échappé quand elle avait manqué son travail en cette journée de septembre, mais celui-ci l’avait rattrapé juste quelques mois plus tard. « Rachel, je sais que cela ne veut pas dire grand-chose, mais tu devras être très fière de ta mère. Elle a passé sa vie à aider tout le monde à rester en sécurité. »

Elle regarda vers lui avec une sorte d’incrédulité. [C’est facile pour toi de dire ça. Tu as toujours ta mère, n’est ce pas ?]

« Ainsi que toi » commenta t’il fermement, se demandant exactement comment il allait s’en sortir. « Elle sera toujours ta mère, c’est ce qui compte. C’est juste que tu ne peux pas être avec elle maintenant. Et tu as raison. J’ai encore ma mère, mais j’ai perdu mon père quand j’étais un peu plus jeune que toi actuellement. Aussi je sais que rien de ce que je peux te dire ne t’aidera beaucoup. Je veux juste t’aider comme je le peux. »

Rachel joua avec ses mèches châtain clair pendant une seconde avant de répondre. [Je ne me rappelle pas de mon père. Il y a les photos et les lettres, mais….] Les signes se mélangeaient avec un haussement d’épaules d’impuissance. [Qui est ce qui va prendre soin de moi ?]

Harm avait trente ans d’expérience de vie de plus qu’elle, et il se sentait aussi profondément désarmé qu’elle l’était. « Je ne sais pas, mon cœur » lui dit il en toute honnêteté. « Mais qui que ce soit, ils t’aimeront autant que ta mère et ton père le faisaient. Et pour le moment, au moins tu m’as, moi. Ok ? »

En réponse, elle marcha vers le bureau et saisit sa main pour une poignée de main bien appuyée. En dépit de lui-même, il éclata de rire. « Marché conclu. On est lié l’un à l’autre maintenant. » Se rappelant les livres qu’il avait récupérés chez elle, il se pencha sous sa table. « J’ai presque oublié. Je t’ai apporté quelques affaires. »

Les yeux de Rachel s’illuminèrent comme elle tendait les bras vers les livres et l’ours en peluche. En un rien de temps, elle grimpa sur son bureau et tout en laissant ses pieds pendre sur le coté, elle se plongea dans la lecture du Lapin Veloutine. Satisfait, l’avocat se glissa contre le dossier de sa chaise et commença à parcourir les documents qu’Harriet avait apportés.

« Hé, Harm, avez-vous vu….. » Mac apparut dans l’embrasure de la porte et s’interrompit en voyant la fillette installée sur son bureau. « Heu, ce n’est pas grave. »

Harm offrit un sourire penaud. « Désolé. J’allais venir vous rejoindre dans une minute. C’est vrai. »

« Ne vous inquiétez pas pour cela. J’imagine qu’elle vous a localisé. » Mac se tourna vers Rachel, qui avait son ours chéri cramponné sous le bras, et sourit. « Bonjour, Rachel » dit elle, prenant soin de bien articuler sans exagération. « Je vois que tu as trouvé un ami. »

Rachel jeta un œil vers son ours, puis vers Harm. [Je pense que j’en ai trouvé deux.]

Mac regarda Harm pour la traduction et vit ses traits instantanément s’adoucir aux paroles de Rachel. Elle avait pensé que la période de quête impossible était finie pour Harm …..mais cette fois ci, cela ne ressemblait pas à une de ses précédents obsessions. Son partenaire était en train de craquer totalement pour cette petite fille.

« Très bien, j’arrive. Tu descends, Rachel » Il tendit une main que Rachel saisit consciencieusement pour descendre du bureau. Comme ils se partaient vers la salle de conférence, Mac se pencha pour lui parler en privé.

« Vous me devez une sérieuse discussion, Flyboy. Pensez vous être libre à déjeuner ? »

« A la façon dont cela se déroule, j’en doute. Qu’est ce que vous diriez de dîner chez moi ? A 19h ? »
Son cœur s’accéléra légèrement à cette suggestion. Ils n’avaient pas eu l’opportunité de se voir beaucoup en dehors du travail dernièrement. Mais même depuis la discussion qui avait redéfini leur relation, ils s’étaient réaffirmés comme les meilleurs amis, alors que la promesse de quelque chose de plus subsistait toujours en arrière plan. « Qu’est ce que j’amène ? » demanda t’elle à voix basse.

« Juste vous-même. »

Il était précisément 18h50 quand elle frappa à la porte de son appartement, se frottant les mains vigoureusement pour les réchauffer. « C’est ouvert » cria Harm de l’intérieur, et elle pénétra dans l’appartement, se dirigeant directement vers le radiateur.

« Je pensais que l’hiver était supposé être presque fini. C’est qu’il gèle dehors » l’informa t’elle catégoriquement, se blottissant le plus près possible de la sortie d’air chaud. Il leva les yeux en guise d’accord pendant qu’il remuait la sauce pour les pâtes.

« Sans blague. Quand il fait ce temps là, j’en viens à souhaiter d’être resté à la maison. »

« Mais vous êtes à la maison, matelot. »

« Non, je veux dire il y a vingt ans, quand j’ai quitté la Californie. » Il lui adressa un grand sourire, et elle éclata de rire. « Est ce que vous avez mis la main sur des informations géniales cet après-midi ? »

« Pas vraiment. Tout ce que je sais est que le capitaine Marks était une autorité sur les activités à grande échelle d’armement en Afrique du Nord. Nous sommes en train de parler de tests de missiles, de toutes sortes, par des groupes gouvernementaux et non gouvernementaux.»

« Autrement connus comme cellules terroristes » répondit Harm, comprenant ce qu’elle voulait dire. « La Somalie ? »

« Non cette fois c’est dans les environs. Tout le monde semble plus inquiet à propos de certaine zone en Libye. »

« Eux de nouveau ? »

« Hé, peut être qu’ils veulent se rappeler à votre bon souvenir pour la petite manœuvre que vous avez faite chez eux il y a quelques années. » Mac leva un sourcil tout en continuant. « Le fait est, que les infos truc que le bureau du J-2 a envoyé là dessus ont été tellement nettoyées qu’il n’y a pour ainsi dire rien à en tirer. Je comprends le besoin de prendre la sécurité au sérieux, mais c’est comme si nous nous tapions la tête contre le mur. » Commençant finalement à se réchauffer, elle enleva son manteau et le posa sur un bras du canapé. « Je suis tentée d’appeler Webb pour voir s’il peut tirer quelques ficelles pour nous laisser jeter un coup d’œil sur la version non censurée. »

« Je pense que nous pourrons faire cela en dernier ressort, car je lui suis déjà redevable pour le restant de ma vie. » Harm retira la casserole du gaz et commença à servir les pâtes. Mac se déplaça vers la cuisine pour aider.

« En parlant de ça, comment va Sergei ? »

« Plutôt bien. Il aime avoir des voisins russes – il dit que c’est comme avoir le meilleur des deux mondes. Son appartement a besoin de quelques travaux, aussi j’ai promis que je viendrai l’aider un prochain week-end. » Il lui tendit un verre d’eau minérale avec un sourire. « Il s’est écoulé un bon moment depuis que nous avons fait quelque chose comme ça » remarqua t’il doucement.

« Trop longtemps » approuva t’elle, faisant tinter son verre avec le sien. « Allons y. Je suis affamée, et cela sent merveilleusement bon. »

Leur conversation durant le dîner fut animée, chacun racontant des récits de procès et des ragots de bureau que l’autre avait manqués pendant qu’il travaillait sur des dossiers différents. Mac tomba presque de sa chaise de rire quand Harm lui raconta e la rencontre de Sergei avec le Lieutenant Singer.

« Ce n’est pas drôle, bon sang ! Mon petit frère, ayant le béguin pour la reine de l’ambition de l’Aéronavale ? ? »

« Bien sûr que c’est drôle. Vous êtes maudit, Flyboy. » Mac essuya les larmes sur ses joues et parla d’un ton dramatique. « Bonne nouvelle : votre frère revient. Mauvaise nouvelle : vous allez vous retrouver avec une belle-sœur vraiment très intéressante ! »

« Ne plaisantez pas avec ça ! Si j’y suis obligé, je lui ordonnerai de se tenir loin de lui, mais il est hors de question que je laisse cela arriver, bon sang. » Il lui jeta le torchon le plus proche. « Du coup, vous allez m’aider à faire la vaisselle. »

« Comme si ça n’avait de toute façon pas été le cas. »

Après plusieurs minutes de lavage et d’essuyage dans un silence complice, elle leva le regard vers lui. « Alors » commença t’elle calmement. « C’est le moment pour l’histoire complète. Vous avez appris le langage des signes pour un ami à l’école. Des détails ? »

Il haussa les épaules, et elle pouvait voir la lumière dans ses yeux s’atténuer même très légèrement. « L’année où j’ai commencé la sixième, tout le monde était en train de faire toute une histoire avec cet enfant sourd qui allait venir dans notre école. Les professeurs faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour essayer de l’aider, aussi tous les gamins automatiquement présumaient qu’il en avait besoin, mais en fait non. Je veux dire, il avait besoin d’un peu d’aide, mais il était plus intelligent que la plupart de la classe, et cela a pris un moment pour que les gens le comprennent. Toutefois, deux semaines après le début des cours, j’étais dans le vestiaire et l’alarme incendie s’est déclenchée. Quand je me suis dirigé vers la porte, j’ai vu J.J se tenant juste devant son vestiaire parce qu’il n’avait aucune idée de ce qui arrivait. Je suis revenu et j’ai essayé de lui dire qu’on devait avancer, mais cela a pris cinq bonnes minutes de totale confusion avant que j’aille vers le mur et pointe du doigt l’alarme.»

« C’est pourquoi ils ont des alarmes lumineuses de nos jours » remarqua Mac

« Hé, c’était dans les années soixante dix. Mais vous m’avez fait perdre le fil. Après que nous soyons sortis avec le reste des gamins, J.J commença à signer quelque chose pour moi, mais je n’avais pas d’indice sur ce qu’il essayait de me dire. Finalement, il a récupéré une feuille de papier et a écrit, ‘La prochaine foi, fait juste cela’. Il était en train de me montrer le signe pour le feu. Après ça, ça s’est juste comme qui dirait développé. Je l’aidais à prendre ses notes, parce qu’occasionnellement il ratait des mots quand il lisait sur les lèvres, et il m’aidait en chimie, matière dans laquelle j’étais absolument nul. Et une fois que j’ai réussi à signer de façon à moitié convenable, nous n’avons jamais eu de souci à nous passer des informations dans le dos des professeurs. Nous nous sommes même fait parfois passer un savon pour avoir ‘discuté’ en classe. »

Elle sourit largement. « Je suis en train d’imaginer le tableau d’un Harmon Rabb âgé de quinze ans, souriant pour se sortir d’affaire et pouvant pratiquement se permettre de faire n’importe quoi en toute impunité au collège. »

« Je ne me suis permis rien du tout. Contrairement à ce que vous pouvez penser, je n’étais pas exactement le golden boy du collège de La Jolla. Spécialement après que tout le monde ait entendu parler de mon escapade estivale non autorisée avant ma dernière année. »

« Avez-vous gardé le contact avec votre ami depuis tout ce temps ? »

Il baissa le regard vers le sol. « Etre sourd était loin d’être le seul obstacle dans la vie de J.J. Il est mort durant ma seconde année à Annapolis. Crise cardiaque, techniquement, mais avec son système immunitaire, cela pouvait être juste n’importe quoi. »

« Je suis désolée. Je devrais laisser tomber le sujet. »

« Pas du tout. Il a participé grandement à la façon dont j’ai traversé la vie scolaire. J’avais beaucoup de soucis à rester suffisamment motivé pour maintenir les standards de l’Académie, mais chaque fois que je voulais abandonner et que je m’apitoyais sur moi-même, alors je le regardais simplement. Il pouvait aller dans une école privée et il aurait eu une vie beaucoup plus facile, mais il ne le voulait pas. Il avait à se battre pour des choses qui pour moi venaient tout simplement, mais il trouvait toujours un moyen. » Il se tourna légèrement vers elle, et fut intrigué de voir le sourire narquois qu’elle lui renvoyait. « Quoi, qu’est qu’il y a maintenant ? »

« Je suis juste surprise, c’est tout. J’avais cet image dans la tête de vous comme le président de la classe, le quarterback vedette, et le roi de la fête annuelle le tout en un. »

Il leva seulement les yeux au ciel. « J’ai essayé d’être au conseil d’élève et j’ai détesté cela, j’étais sur le banc de touche de l’équipe de football, et ……ok, j’étais aussi le roi de la fête annuelle, mais…. »
Quoiqu’il ait voulu dire d’autre, cela fut noyé par le rire triomphant de Mac. « Je le savais ! » Il répondit en l’éclaboussant avec l’eau savonneuse et elle fit claquer le torchon vers lui. Avant qu’elle puisse le faire tournoyer pour un autre coup, cependant, il réussit à saisir l’extrémité du torchon et à le tirer, lui faisant perdre son équilibre en la tirant brusquement vers lui. Et brusquement, ils se retrouvèrent à seulement à quelques centimètres l’un de l’autre.

Après un moment, Mac ravala la bouffée de chaleur qui montait vers ses joues et parla doucement. « Cela devient de plus en plus dur, n’est ce pas ? »

« Si vous vous voulez dire que c’est plus dur de justifier le fait de rester loin de vous, j’approuve sans réserve. » L’intensité de ce commentaire, ainsi que son regard, l’avait un peu surprise. Elle l’avait vu dans des moments passionnés auparavant, des temps où il bataillait farouchement pour la justice….mais là clairement on n’était pas au tribunal. Pour la première fois, elle pouvait voir que ce qu’il voulait si fortement c’était elle. Si elle n’avait pas été rien moins qu’un Marine, ses genoux auraient très bien pu chanceler.

« Vous savez à quel point se serait une mauvaise idée pour l’instant » lui rappela t’elle d’une voix à peine audible. « Deux officiers haut gradés qui doivent se faire face au tribunal chaque semaine…..adversaire le jour, partageant le même lit la nuit… »

« On crie à ‘la conduite inconvenante’ » admit il, reculant d’un demi pas. « Je ne suis pas sûr justement du temps pendant lequel je peux garder l’idée de mettre nos vie en suspens en attendant un meilleur moment. Cela semble…..Je ne sais pas, cela semble comme si peut être nos priorités sont chamboulées. »

« Harm, nous sommes en train de faire ce choix à cause de l’importance qu’il a, non dans l’esprit qu’il représente. Si tout ce que je voulais de vous était une nuit ou deux dans ce lit là-bas, ce serait loin d’être aussi compliqué. » Les yeux d’Harm s’ouvrirent en grand à son ton décontracté – ceci n’était pas exactement un sujet qu’ils avaient couvert en profondeur – mais elle continua. « Mais cela ne l’est pas. Si nous voulons être ensemble, réellement ensemble, nous allons avoir à imaginer une meilleure façon de gérer notre travail. C’est tout ce qu’il y a à voir. »

Ils restèrent juste là pendant une minute ou deux, chaque once de volonté concentrée à garder cette petite distance entre eux intacte. Tous les deux quelque part savaient d’instinct que s’ils succombaient juste pour un instant, juste pour un baiser, les vannes s’ouvriraient, et il n’y aurait pas de point retour. Alors, ils se tenaient là, lisant les mêmes pensées et espoirs chacun dans les yeux de l’autre.

Finalement il parla, une pointe d’humour se glissant dans sa voix. « Des moments comme ça, Marine, sont des moments qui me font considérer sérieusement de laisser tomber et de prendre le premier transfert que je peux trouver, juste pour que nous n’ayons pas à continuer comme ça. »

« Méfiez vous de ce que vous souhaitez » retourna t’elle d’un air narquois. « Vous faites ça et vous vous retrouvez cuistot sur une frégate quelque part. »

« Je pourrais être un peu plus perspicace, alors. Je pense que le Patrick Henry pourrait me reprendre ? »

Le ton de plaisanterie s’évanouit immédiatement, et il regretta même d’avoir fait ce commentaire. « Ce n’était pas drôle » dit elle doucement.

« Vous avez raison. Je suis désolé. Chaque fois qu’il semble que nous allons quelque part, je réussis à tout foirer en jetant un avion au milieu de ça. »

« Tout va bien. Promettez moi juste de ne pas partir de nouveau sans un ordre direct de l’état major. »

« Aussi longtemps que vous ferez de même » répondit il solennellement.

Le téléphone les interrompit, et Harm le maudit intérieurement en décrochant le combiné. « Allô ? » A la façon dont il pâlit instantanément à la réponse, Mac comprit que ce n’était pas un appel mondain. « Quand ? Très bien, donnez moi l’adresse, et nous serons là dans quinze minutes. »

« Qu’est ce qui se passe ? » demanda Mac, déjà en alerte.

« C’était l’agent Faulkner. Quelqu’un vient d’essayer de pénétrer dans la maison des officiers de police John et Lisa Harper à Rosslyn. »

Il y avait une seule raison pour que cette information soit pertinente pour eux. « Rachel ? »

Harm hocha la tête tristement. « Ils vont bien, mais l’intrus est parti sans encombre. Est ce qu’il y a des chances que ce soit une coïncidence ? »

« Pas vraiment. Nous ferions mieux d’y aller. » Elle saisit son manteau, mais la main d’Harm sur son bras suivit son geste.

« Nous finirons cette conversation un jour ou l’autre, n’est ce pas ? » dit il avec précaution.

« Dans quelque temps » promit ’elle avec un doux sourire. « Allons y. Nous ferions mieux de prendre votre voiture, au cas où la route serait verglacée. »
A SUIVRE

1218 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*