Innocence lost and found

Chapitre 3

Il n’y avait qu’une voiture de police dans l’allée des Harper, et puisque qu’elle appartenait à l’un des occupants de la maison, ses lumières ne clignotaient pas. Cependant en dépit de l’apparence calme de la rue, il y avait une activité intense à l’intérieur de la maison. Deux officiers de la police municipale et deux agents du NCIS étaient déjà en train de passer au peigne fin le rez-de-chaussée à la recherche d’indices au moment où les officiers du JAG arrivèrent. Harm et Mac se présentèrent eux-mêmes à Lise Harper, qui relata les évènements de la soirée.

« Rachel et moi étions en train de regarder ‘Cendrillon’ dans le salon quand j’ai entendu du bruit à la porte du garage. J’ai appelé John à l’étage, juste pour être tranquille, et puis j’ai entendu la porte s’ouvrir. Alors j’ai tiré Rachel derrière le canapé, et John est descendu avec son arme. Aussitôt que le type a vu ça, il est parti comme un dératé. »

« Est-ce que l’un de vous l’a bien vu ? »

Elle secoua la tête. « Il portait un masque cette fois. Je pense qu’il n’est pas stupide. »

« Où est Rachel ? » demanda Mac.

Lisa soupira. « Elle n’est pas sortie de sa chambre depuis que c’est arrivé. Elle ne pouvait pas entendre ce qui s’est passé. Tout ce qu’elle savait c’est que je l’ai plaquée au sol…et puis elle a vu John avec le pistolet, et…. »

Harm hocha la tête, comprenant. Les armes étaient en train de devenir un thème récurant dans la vie de cette pauvre gamine. « Je pense que nous pouvons présumer que ce n’est pas un cambrioleur sain d’esprit qui pourrait essayer de cambrioler une maison avec une voiture de police dans l’allée. A moins que l’un de vous ne se soit fait de dangereux ennemis dernièrement, nous devons présumer que celui qui a tué le Capitaine Marks est en train d’essayer de régler quelques détails. »

« Nous avons besoin de trouver à une maison sans danger pour Rachel » approuva Faulkner. « Ou tout du moins de songer à augmenter sa protection. »

« Capitaine, peut être que vous pouvez aider à calmer Rachel » suggéra Lisa. « Il semble que vous êtes tout ce dont elle parle depuis qu’elle est arrivée ici. »

A ce commentaire, Mac souleva un sourcil, mais Harm prétendit ne pas le remarquer et hocha la tête. « Je vais faire de mon mieux. » Il traversa le salon vers la porte de la chambre, où silencieusement John Harper montait la garde. L’autre homme s’effaça pour le laisser entrer.

Rachel était blottie au sol près du lit, son visage enfoui dans son trésor d’ours en peluche. Harm s’agenouilla à coté d’elle et gentiment lui toucha le bras, essayant de ne pas la surprendre. Quand elle leva les yeux et le reconnut, le gouffre de pur désespoir visible dans ses yeux s’estompa. Elle pense réellement que je peux la protéger, réalisa t’il. Seigneur, j’espère qu’elle a raison.

« C’est fini maintenant, Rachel. » signa t’il simplement, juste comme elle se jetait dans ses bras. Il resta là avec elle durant plusieurs minutes, caressant ses cheveux soyeux et priant pour trouver en quelque sorte la voie à suivre. Quand finalement elle se recula sa main était ferme.

[Je ne veux pas rester ici.]

« Je sais mon cœur. Nous allons imaginer quelque chose d’autre. Pourquoi tu ne rassemblerais pas tes affaires ? » Il se releva, mais elle le saisit par la manche.

[Puis je aller avec toi ?]

Surpris, il tâtonna à la recherche du bon signe pendant une seconde. « Tu veux aller où avec moi ? »

[Là où tu vis. S’il te plait. Je promets que je serai sage. ]

« Je sais que tu seras sage. Ce n’est pas le problème. C’est juste…. » Il s’interrompit lui-même, prenant le temps de réfléchir à cela. Quel excuse avait il l’intention de lui donner ? Qu’il n’avait pas la moindre idée de quoi faire de quelqu’un de sept ans ? Qu’il avait bien assez d’autres soucis ? Ces réponses n’étaient pas suffisamment bonnes. Elle avait besoin de quelqu’un, et pour une fois il avait simplement à faire passer quelqu’un d’autre avant lui. « Je vais demander aux agents, d’accord ? »

Hochant la tête vigoureusement, elle bondit sur ses pieds et commença à mettre le peu qu’elle avait dans son petit sac à dos. Harm soupira, se demandant combien de fois il pourrait regretter cela, et s’en retourna vers le salon.

« Nous avons contacté une maison sécurisée du FBI juste en bordure du Maryland » rapporta Faulkner. « Ils peuvent prendre Rachel pendant un certain temps. »

« Agent Faulkner, je réalise que ceci n’est pas très orthodoxe, mais si je la prenais à la maison avec moi ? »

Mac tourna la tête brusquement de surprise, mais ne dit pas un mot. Holstrom était déjà en train de secouer la tête. « A Washington ? Pas question. »

« Nous pourrions nous arranger pour qu’un garde surveille le bâtiment, et elle pourrait rester au JAG durant la journée. Aucune autre maison ne peut être plus sécurisée qu’une installation militaire. »

« Capitaine, j’apprécie que vous preniez un intérêt personnel à ce cas, mais c’est une mauvaise idée. Laissez le bureau prendre soin d’elle. Elle ne sera pas loin. »

« Non ! »

Tout mouvement dans la pièce cessa immédiatement comme les adultes entendaient la voix de Rachel pour la première fois. Le mot n’avait pas été exactement bien articulé, mais sa signification était claire pendant qu’elle se tenait sur le pas de la porte avec la détermination née de la peur et de l’espoir. Même si elle n’avait pas été capable de lire chaque mot de leur discussion, elle pouvait voir où cela l’avait conduit. [Je ne vais pas aller avec eux. Cela m’est égal ce qu’ils disent.]

« Rachel, ils veulent juste t’aider » essaya de dire Harm, mais elle secoua la tête, le regardant avec des yeux implorants.

[Tu as promis, Harmon. Tu as dit que nous étions collés ensemble. S’il te plait ne me laisse pas.]

En entendant cela, les défenses d’Harm s’effondrèrent et il la souleva dans ses bras. Elle s’installa contre lui, sa tête reposant sur son épaule, et il se tourna vers les agents. « Elle reste avec moi, les gars. L’un de vous peut m’aider en appelant un détachement de Marines pour la garde, et vous pourrez débattre de juridiction avec mon Commandant demain matin. Je doute qu’il soit très heureux si vous l’appelez maintenant. »

Avec d’évidentes réserves, les agents acquiescèrent, et commencèrent à mettre en place les tours de garde sur le bâtiment de l’appartement d’Harm. Bientôt lui et Mac se retrouvèrent en train d’attacher Rachel sur le siège arrière de sa Lexus. Une fois qu’ils furent en route, et que Rachel regardait à travers la vitre, Mac parla enfin. « Je ne veux pas vous saper le moral, mais je ferais aussi bien de le dire maintenant. Avez-vous la moindre idée de ce que vous faites ? »

« Pour être honnête, pas vraiment. Mais…bon sang, Mac, je ne pouvais pas la laisser partir comme ça……. Quand j’ai travaillé sur le dossier Lewis il y a trois ans de cela, Jordan m’avait prévenu sur le fait que je bouleversais continuellement la vie de Darlyn, en la déplaçant d’un endroit à l’autre. »

« Ce n’est pas la même chose. Rachel n’a pas été victime de maltraitance comme Darlyn. Elle est plus forte. »

« Elle a aussi sept ans, et actuellement rien dans sa vie ne la fait se sentir en sécurité. Excepté moi, pour une raison bizarre. Quelqu’un a besoin d’être une constante pour elle, Mac. Quelqu’un doit prendre soin d’elle. Pourquoi cela ne serait il pas moi ? »

« Ce n’est pas seulement cela. Vous réalisez le risque que vous amenez pour vous-même en la gardant avec vous, n’est pas ? Si ce type veut tuer un enfant, vous pouvez être sûr que cela ne lui fera pas perdre le sommeil de devoir tuer un autre officier naval. »

« Je sais. Mais au moins cette fois il devra s’attendre à un combat équilibré. »

Elle soupira. « Je suis toujours inquiète de vous voir vous impliquer trop » répliqua t’elle doucement bien que très sérieuse. « Mais vous êtes un grand garçon, et je vais me tenir en retrait et vous laisser faire ce que vous avez besoin de faire. Laissez moi juste être un peu paranoïaque, d’accord ? »

Avec un bref sourire de compréhension, il tendit le bras et toucha sa main. « Mac, je ne peux pas vous expliquer pourquoi j’ai besoin de le faire ou pourquoi je suis sûr que je peux le faire. Je crois que j’ai juste besoin que vous me croyez. »

« Je l’ai toujours fait, flyboy. »

Quand ils arrivèrent à son appartement, elle l’embrassa rapidement et fit un geste de bonsoir à Rachel. Puis, avec efficacité elle traversa la rue pour donner des instructions à l’officier de sécurité des Marines qui venait d’arriver. Rachel descendit de la berline et glissa sa petite main dans celle d’Harm, heureuse de le suivre où qu’il aille.

Et maintenant que fait on ? n’arrêtait pas de se demander l’avocat comme ils prenaient l’ascenseur. Son expérience avec les enfants était au mieux des plus limitées : le bébé A.J et Josh Pendry en étaient les principaux temps forts, et Josh pouvait difficilement être considéré comme un brillant succès. Il avait pleinement conscience que son passé ne l’avait pas vraiment qualifié pour prendre en charge quelqu’un, laissé seul à l’age de sept ans avec des besoins particuliers. Mais il pensait vraiment ce qu’il avait dit à Mac. Quelque chose, quelque part lui disait que c’était le bon moment, cette enfant avait besoin de lui et seulement de lui.

Rachel jeta un regard de curiosité autour de l’appartement, l’explorant un petit peu dès qu’ils eurent retiré leurs manteaux. Il y eut un gloussement dans le voisinage de son bureau, et il leva la tête pour la voir brandir son nouveau dictionnaire de langage des signes. [Je t’y prends.]

Harm haussa les épaules, seulement à peine embarrassé. « Et bien, je n’avais pas confiance dans ma mémoire. Je ne voulais pas faire d’erreur et que tu te moques de moi, tu vois ? »

[Tu t’es déjà embrouillé deux fois. Mais je savais ce que tu voulais dire. Et puis, tu es le seul qui essaye.]

Il ébouriffa ses cheveux avec tendresse. « Il est tard. Va te préparer pour dormir, d’accord ? »

Pendant qu’elle se brossait les dents et mettait sa chemise de nuit, il sortit les couvertures et oreillers qui avaient servi tout récemment pour Sergei. Il faut reconnaître que cela n’avait totalement pas de sens de mettre une petite fille dans un lit immense pendant qu’un homme de près de 2m couchait sur un canapé, mais il n’était pas question de la priver de son propre lit.

[Je peux garder la lumière allumée ?] demanda Rachel timidement comme elle montait sur le lit et tirait la couverture.

« Bien sûr, tu peux. Comme cela ? » Il alluma la lumière dans la salle de bain et revint s’asseoir près d’elle. « Tout va bien ? »

Elle acquiesça tout en s’installant sur l’oreiller. [Toi et Mac vous êtes bien ensemble] l’informa t’elle, de façon tellement inattendue qu’il dut vérifier mentalement sa traduction.

« Tu as remarqué que je l’appelle Mac, hein ? »

[Je remarque beaucoup de choses. Comme quand tu te tiens toujours près d’elle quand tu penses que personne ne regarde.]

« Tu es assez sournoise quelque fois, tu sais ça ? » la taquina t’il, tentant de s’évader du sujet.

[Je ne le suis pas. Je vois juste plus de choses parce que je ne peux pas les entendre. Est-ce que Mac est ta petite amie ?] insista t’elle.

Harm soupira. « C’est un peu compliqué en ce moment » lui dit il avec honnêteté. « Elle est ma meilleure amie et j’aimerais qu’elle soit ma petite amie, mais c’est difficile parce que nous travaillons ensemble. »

[C’est difficile parce que vous êtes officiers ? Maman disait que les officiers ne peuvent pas toujours faire ce qu’ils veulent, à cause des règlements et autres.]

« C’est une partie de ça. Je pense que nous allons avancer, cependant. Mais maintenant, c’est l’heure pour toi de dormir. » Presque par instinct, il se pencha et l’embrassa sur la joue. « Bonne nuit, trésor. »

Il était seulement 22h, alors il enfila un pantalon de jogging et se dirigea vers son bureau pour re-consulter les dossiers qu’il avait apportés à la maison. Le Capitaine Marks avait travaillé sur une poignée de projets liés entre eux, surveillant les mouvements et les opérations de quelques groupes spécifiques ayant des camps dans la région du Sahara. La plupart d’entre eux étaient des éléments parfaitement bien documentés, des groupes que le Département de la Défense avait pistés depuis longtemps avant le début de ‘la guerre de terreur’. Deux d’entre eux, cependant, ne lui étaient pas familiers. Il y avait très peu d’indices pour l’aider à déterminer lequel de ces cas avait été la plus grande priorité de Marks : le monde du renseignement ne tenait pas à s’abaisser à communiquer ce genre d’information à un simple avocat du JAG. Peut être qu’il devrait appeler Webb après tout.

Il s’appuya sur le dossier de sa chaise, essayant de rassembler les morceaux pour arriver à une sorte de théorie dans son esprit. Une chose à la fois. Pourquoi tuer quelqu’un ? En dehors de l’argent et de la colère, le motif le plus probable c’était pour garder le silence. Ils avaient besoin de l’empêcher de dire ou de faire quelque chose. Quelle est la chose la plus dangereuse que peut faire un analyste du renseignement ? Découvrir un secret. Et la question la plus importante dans tout cela – A qui le secret pouvait il profiter ? Quelqu’un d’impliqué avec un ou plusieurs groupes de terroristes, plus probablement……

Une possibilité effrayante le frappa alors. Quelque soit le tueur du Capitaine Marks il était ici, et non dans le désert Nord Africain, et il avait d’assez bonnes informations pour pister Rachel dans la maison des Harper. Un membre étranger bien entraîné pouvait certainement faire cela, mais cela ne ressemblait pas à une action typiquement terroriste. Et si le tueur était Américain ? Le secret découvert pouvait il être le fait d’une trahison ?

Jolie théorie, pensa t’il avec une pointe de sarcasme. Totalement inattendue. Par où fichtre pourrais je même commencer pour prouver cela ?

Son train de pensées dérailla brutalement au son de quelques gémissements étouffés venant de la chambre. Harm traversa l’appartement en longues enjambées et trouva Rachel recroquevillée en boule sous les couvertures. Elle leva les yeux, sentant son poids près d’elle sur le lit. « Qu’est ce qu’il y a, trésor ? » demanda t’il, connaissant déjà la réponse.

[Je suis désolée] signa t’elle sans conviction, toujours en reniflant. [Je vais essayer d’être courageuse, je le promets.]

« Ne soit pas désolée » lui dit il fermement en soulevant son menton pour qu’elle rencontre son regard. « Rachel, crois moi. Tu ne dois jamais t’excuser pour ce que tu ressens. Si tu es triste, ou effrayée, c’est ok. Tu ne dois rien cacher, spécialement à moi. D’accord ? »

Elle baissa les yeux pendant un moment et se confessa. [Je suis plus triste qu’effrayée actuellement, je pense.]

« Viens ici, mon cœur. » Il la souleva et la berça avec protection pendant quelques minutes. Comme elle reposait sa tête dans le creux de ses bras, il lui vint à l’esprit qu’il y avait quelque chose de naturellement bon dans ce sentiment. Il avait toujours gardé à l’idée dans le fond de son esprit d’avoir des enfants, mais à travers les années régulièrement cela avait semblé se repousser de plus en plus loin, remplacé par sa carrière et un grand nombre d’incertitudes. Maintenant, pour la première fois dans sa mémoire, il trouvait qu’il pourrait s’imaginer dans ce rôle.

Rachel se tourna et toucha sa joue pour attirer son attention. [Je peux te demander quelque chose, n’est ce pas ?]

« Bien sûr » répondit il légèrement dérouté.

Elle le regardait presque avec un air coupable. [Pourrais tu rester ici cette nuit ?]

Regardant ses yeux bleus remplis de ferveur, Harm en vint rapidement à la conclusion que cette petite fille pourrait très facilement le faire marcher au doigt et à l’œil.

« Naturellement je veux bien. »

Il se glissa dans le lit à coté d’elle et s’allongea sur le dos. En réponse, elle lova son petit corps dans ses bras, et il remonta la couverture jusqu’à son menton. Comme il fermait les yeux et tentait de trouver le repos, la dernière pensée qui resta dans son esprit fut que c’était décidément une nouvelle expérience.

Chapitre 4

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