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Innocence lost and found

Chapitre 7

« Rachel, il est 8h30 » dit il avec patience un peu plus tard dans la soirée, comme elle était en boule dans un coin du canapé. « C’est la dernière fois que je vérifie que c’est l’heure d’aller au lit. »

[Je veux juste finir ce livre.] Si le langage des signes pouvait exprimer un ton, le sien était dangereusement proche d’une pleurnicherie. [Pourquoi je peux pas rester juste encore quelques minutes ?]

« Parce que la dernière fois que tu as demandé ’juste quelques minutes’, c’est devenu quarante minutes et nous étions en retard le lendemain. Allez, Au lit. »

Elle regarda vers son livre, prétendant ne pas avoir vu sa directive. Harm referma rapidement le livre sur le marque page, et quand elle leva les yeux, l’expression sur son visage ne laissa pas de place pour la discussion. [Rachel Anne. Au lit. Maintenant.]

Avec une attitude boudeuse, elle le suivit vers la chambre, et il soupira. C’était diablement dur de ne pas la laisser faire ce qu’il lui plaisait, après tout ce qu’elle avait traversé. Mais il ne l’aiderait pas en faisant ça. Cela ne pourrait pas lui rappeler son ancienne vie, cela pourrait seulement rendre plus difficile l’établissement d’une sorte de normalité.

Et pourtant, en ce moment, son attitude typiquement enfantine le faisait s’interroger pour savoir si les réactions qu’elle avait eues un peu plus tôt n’avaient pas été faussées par le Fait qu’elle était une enfant ? Avait il été fou de prendre sa démonstration d’amour pour argent comptant ? Pouvait elle réellement l’accepter aussi complètement et aussi tôt ?

Les doutes persistants furent mis de coté quand il pénétra dans la chambre pour la border, et qu’elle leva les bras promptement pour une étreinte. Expirant une courte prière de gratitude, il se dépêcha d’obtempérer. Il leva la main, étendant son pouce, l’index et l’auriculaire dans le symbole universel de ‘je t’aime’. Rachel le répéta en touchant sa main. [Dans quelques jours, j’aurai mon propre lit et alors tu pourras revenir dans le tien.]

« Et si nous avons de la chance, nous n’aurons que le couloir entre nous » dit il en ébouriffant ses cheveux. « Bonne nuit, mon cœur. »

Encore un peu énervé par la légère confrontation, aussi brève qu’elle ait été, il traversa l’appartement et se glissa sur le canapé en se saisissant du téléphone. Précisément deux sonneries plus tard, son ange gardien lui répondit. « Allô ? »

« Salut » dit il doucement. « C’est juste moi, recherchant la confirmation que je n’ai pas perdu l’esprit. »

« Si tu ne l’as pas perdu après tout ce temps, j’ai très peu de doutes que tu le perdes maintenant » répondit Mac facilement. « Qu’est ce qui ne va pas ? Rachel te donne du souci ? »

« Rien d’important, mais quand il s’agit d’elle, tout me perturbe. » Il frotta ses yeux avec lassitude. « Je pense que je perçois davantage la masse de responsabilité stupéfiante que je suis en train d’entrevoir. »

« Que nous allons voir » lui rappela t’elle gentiment. « Ensemble. Nous nous en sommes toujours sortis avec des problème de sécurité nationale. Je pense que nous pourrons gérer une gamine de sept ans. »

« Alors tu n’es pas au moins un peu effrayée ? »

« Je n’ai pas dit cela. »

Il sourit avec mélancolie. Le simple fait de parler avec elle suffisait à améliorer son humeur. Comment diable cela avait il pris si longtemps pour eux d’arriver à ce point ? « Alors qu’est ce que Webb avait à dire cet après-midi ? »

« Il semble un peu dubitatif à propos de notre théorie impliquant Mason, mais il va vérifier sur le propre système de l’Agence, pour voir s’il y a des notes sur lui ou sur les évènements mentionnés par Bud. Peut être que nous pourrons établir une sorte de lien. »

« Un lien est une chose, mais une preuve concrète en est une autre. Nous ne pouvons accuser personne si justement nous devons par la suite la relâcher à nouveau. Bon sang, si Mason est impliqué, le genre d’allusion qui nous a mis sur sa trace devrait déclencher quelque chose que nous nous préférerions éviter. »

« Je sais. Toute cette histoire justement ne semble nous mener nulle part. » soupira Mac. « Nous n’avons toujours pas répondu à la première question. Pourquoi le Capitaine Marks ? Même si nous avons raison, et que Mason soit en cheville avec des extrémistes, quelle raison aurait il de la tuer ? »

« Nous n’avons toujours pas d’indice. Si elle a découvert quelque chose de dangereux, une chose est sure, c’est qu’elle n’en a pas parlé. Je ne sais pas…cela sonne faux quelque part, comme si la totalité du truc était une vaste pagaille. Tu penses que c’est possible ? Que ce serait un cas de fausse identité ou quelque chose du genre, et maintenant quelqu’un essaye juste de recouvrir sa piste ? »

« Mais quelqu’un a pénétré les données sur le Kharasala. Je doute que ce soit une coïncidence. »

Mais l’attention d’Harm avait été distraite, son esprit travaillait à toute vitesse. « Mac, j’ai besoin de réfléchir à quelque chose » dit il soudain. « Je peux te rappeler dans quelques minutes ? »

« Tu promets ? »

« Dans un quart d’heure. Je promets »

« D’accord, bye. »

Après avoir raccroché, il récupéra sa mallette et ouvrit le dossier de Mason à nouveau, déterminé à le voir avec des yeux différents. Il y avait une lueur de quelque chose dans un coin de sa tête, une faible voix lui disant que la reconnaissance de donnée avait été le motif de ce meurtre. Si l’accès aux dossiers était simplement une inattention, ou bien un piège délibéré……peut être qu’ils avaient à faire à un adversaire plus intelligent, et plus rude qu’ils ne le pensaient.

Un coup à la porte interrompit brusquement le train de ses pensées. Il l’ouvrit pour révéler un Marine de garde, se tenant sur le palier avec une légère expression de nervosité. « Bonsoir, monsieur. Je suis le Caporal Monroe – Je suis votre homme de sécurité pour ce soir. Je, heu…..je me demandais si vous pourriez me donner une tasse de café. »

Harm sourit. « Je pense que c’est le moins que je puisse faire. Entrez. » Le Caporal sembla se détendre en refermant la porte derrière lui. « Où est Perkins ? »

« Heu, il est de repos ce soir, monsieur. Vous aurez affaire à moi. » Comme l’officier supérieur allumait la cafetière, Monroe fourra ses mains dans les poches de son treillis, embarrassé. « Ecoutez, Capitaine, ce n’est pas comme si j’étais en train de m’assoupir pendant ma veille ou un truc du genree. J’ai juste besoin de la caféine, vous savez ? »

« Relax, Caporal. Je sais ce que c’est. » Harm récupéra deux tasses dans le placard. « Ceci ne doit pas être le service le plus excitant que vous ayez jamais eu à faire. »

« Hé, je ne peux pas me plaindre, monsieur. C’est mieux que d’être de corvée de latrines » dit Monroe avec résignation. « Cette petite fille, est ce qu’elle va bien ? »

« Je le pense. Nous voulons tous que ce soit fini, justement. » Harm versa le café et tendit la tasse au garde. Quand le téléphone sonna, il leva les yeux au ciel : c’était probablement sa partenaire exaspérante de ponctualité. « Excusez moi une seconde. » Il quitta la cuisine rapidement pour saisir le combiné, mais le temps qu’il le fasse, il n’y eut qu’une seule sonnerie au bout du fil. Alors peut être que ce n’était pas Mac. « Ce n’est pas grave. Vous êtes fin prêt ? »

« Tout à fait, monsieur. Merci encore une fois. » Monroe saisit sa tasse et se dirigea vers la porte. « Je vais roder là devant, si vous avez besoin de moi. »

Quand il fut parti, Harm prit sa propre tasse et retourna à son bureau et fixa longtemps et avec attention l’organigramme de commandement du bureau des Services de Renseignement. Il pourrait encore y avoir une autre connexion, quelque chose à coté des données satellites. Personne en dehors de ce bureau ne pouvait avoir accès aux données, d’accord ? Y avait il une autre piste qu’ils avaient oubliée ? Quelque part, d’une manière ou d’une autre…..

Le rappel de Mac fut temporairement oublié comme il se replongeait dans les dossiers de l’équipe du J-2. En très peu de temps, les vérifications croisées commencèrent à l’user et le texte devenait trouble devant ses yeux. Bon sang, je me fais vieux. Il n’est même pas 22h. Peut être que Monroe n’était pas le seul à avoir besoin de caféine.

Comme il se levait pour remplir sa tasse à café, la pièce tangua dangereusement et il saisit le bureau pour maintenir son équilibre. Ok, par tous les diables ? En dépit de son inaptitude à penser clairement, il était évident maintenant que quelque chose n’allait pas. Il trébucha et tomba sur un genou en étant pris de vertiges. La tasse glissa d’entre ses doigts et s’écrasa sur le plancher ; et à cet instant il se rappela à travers la brume qui l’envahissait que Rachel était toujours endormie, évidemment, dans la pièce à coté.

Il essaya de se diriger vers le téléphone, mais son corps refusa d’obéir. Comme l’inconscience le gagnait, la dernière pensée cohérente dans son esprit fut effrayante, il pria désespérément pour qu’elle puisse s’en sortir.

……Rachel se réveilla au léger éclat de la lumière de la salle de bain, et prit un moment pour reconnaître son environnement, comme elle l’avait fait souvent durant la semaine passée. Elle descendit du lit à la recherche d’un verre d’eau, et fut assaillie par une sensation de froid. Si elle avait été familière du terme ‘ déjà vu’, elle aurait été capable d’y faire référence. Toutefois, la seule idée qu’enregistrait son jeune esprit était que quelque chose n’allait pas.

Où était Harmon ? A travers l’appartement, elle pouvait voir la lampe du bureau encore allumée, et le canapé vide, mais son gardien n’était nulle part en vue. Elle ne fut pas immédiatement apeurée : elle avait foi en lui, et elle savait avec cette certitude qu’ont les enfants qu’il ne la quitterait jamais. Mais maintenant elle avait besoin d’être rassurée, et descendit les marches dans l’espoir d’une simple étreinte.

Un cri silencieux s’échappa de ses lèvres quand elle accrocha du regard sa silhouette immobile, étalée sur le sol. Tous les souvenirs de cette autre hideuse nuit l’assaillirent, et elle se mit à trembler violemment, les larmes glissant de ses yeux. Il ne pouvait pas être mort – il ne pouvait pas être…….

La fillette se rua sur lui et posa sa tête contre sa poitrine, sentant le lent mais régulier rythme de son cœur. Il n’y avait pas de sang : il n’avait pas partagé le destin de sa mère. Et pourtant elle savait qu’il avait besoin d’aide, et immédiatement elle chercha le téléphone.

Son doigt se positionnait sur le ‘9’, mais une autre idée lui vint et elle changea d’avis. Le 911 pourrait l’aider, mais il y avait quelqu’un d’autre qui pourrait mieux faire qu’eux. Elle chercha dans la liste des numéros mémorisés un nom familier, pressa le bouton, et commença à répéter un seul mot encore et encore : « au secours »

Elle ne savait pas si quelqu’un aller répondre à l’autre bout, et elle ne savait pas si sa propre voix serait entendue, mais elle avait vu le mot se former assez de fois. Peut être que cela serait suffisant pour rendre son appel compréhensible. Une tache de lumière apparut contre le mur comme la porte d’entrée commençait à s’ouvrir, et elle lâcha le téléphone, secouée par une peur noire. L’homme qui se tenait là portait un treillis de Marine et ses cheveux était coupés plus court, mais en le voyant instantanément elle fut transportée dans la maison d’Arlington, où elle se tenait en haut de l’escalier et le regardait lui enlever sa mère pour toujours.

Il ferma la porte et se pencha pour saisir le téléphone et le raccrocher. « Qu’est ce que tu voulais faire avec ça, Rachel ? » dit le Caporal Monroe de façon désagréable. « Qui penses tu pourrait t’aider si tu ne peux pas leur dire ce qui va pas ? Ta bonne fée ? »

……Mac tapotait avec les doigts sur l’accoudoir du fauteuil avec impatience. Peut être qu’elle pourrait juste le rappeler. Il avait dit quinze minutes, et maintenant cela en faisait trente huit. S’il était au milieu de quelque chose, elle ne voulait pas le déranger, mais il était en retard, et après tout, il avait promis.

Comme elle tendait la main vers le téléphone, il sonna, la surprenant légèrement. Transmission de pensées. « J’avais presque renoncé à toi, flyboy » dit elle, mais la voix à l’autre bout du fil n’était pas celle d’Harm. C’était une fillette apeurée, répétant un mot qu’elle ne pouvait totalement comprendre. « Rachel ? Qu’est ce qui ne va pas ? » demanda t’elle instinctivement. Une demi seconde plus tard, son cerveau rattrapa sa bouche. Rachel ne pouvait pas l’entendre. Si la gamine avait utilisé le téléphone, cela voulait dire qu’Harm n’était pas là, ou qu’il n’était pas capable de le faire lui-même.

Oh, seigneur……

Il y eut un brusque déclic comme le téléphone était raccroché, et Mac sauta sur ses pieds et se dirigea vers le coffre verrouillé qu’elle gardait dans sa penderie. Comme elle ouvrait le loquet d’une main, de l’autre elle composait le numéro du détachement local de sécurité des Marines. « Oui, je suis le Lieutenant Colonel Sarah Mackenzie, du Quartier Général du JAG. J’ai besoin de l’envoi d’une équipe pour un appel d’urgence à cette adresse…. » Elle dicta l’adresse d’Harm pendant qu’elle retirait du coffret son arme de service et les munitions. « Je suis bien au courant que vous avez déjà un homme sur place. Envoyez en davantage, maintenant. »

Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, elle glissa l’arme dans la ceinture de son jeans et saisit ses clés de voiture, soudainement reconnaissante d’avoir la corvette à sa disposition. Tous leurs efforts pour trouver ce tueur avaient été fait en pure perte, puisque celui-ci les avait déjà retrouvés. Essayant de ne pas penser aux issues morbides qui pourraient en découler à l’autre bout de la ville, elle se rua vers la sortie. Accrochez vous, tous les deux.

….Monroe donna un petit coup de pied dans le corps d’Harm, un sourire satisfait apparaissant sur son visage. « Vous devriez avoir honte de vous, Capitaine » déclara t’il avec désinvolture à l’officier inconscient. « Vous n’avez même pas demandé à voir ma plaque d’ identité avant de me laisser entrer. Voyez, ce qu’il y a de bien avec le café, c’est que son goût est si prononcé que vous pouvez y verser à peu près n’importe quoi sans que personne le remarque. C’est une bonne chose que vous soyez avocat – vous n’auriez pas tenu une semaine en opérations spéciales ou dans le renseignement. »

Il ouvrit le petit sac qu’il avait apporté avec lui et retira un silencieux fait sur mesure qu’il ajusta au canon de son arme. « Ceci devrait t’expédier au niveau des pâquerettes » dit il à Rachel, qui s’était reculée contre le comptoir de la cuisine. « De cette façon, si je finis par devoir te tirer dessus, personne n’entendra. Est-ce que tu ne te sens pas bien ? » Son petit rire cruel fit écho dans la pièce spacieuse.

Les pensées de Rachel étaient en conflits, partagées entre la terreur et la haine. Elle n’avait jamais eu l’expérience du diable dans le monde avant que cet homme jaillisse dans sa vie. Elle ne comprenait pas pourquoi il voulait la blesser ainsi que tous ceux qui prenaient soin d’elle. Mais comme il cherchait dans son sac à nouveau, elle remarqua une ombre à travers l’éclat de lumière sous la porte, et elle retint sa respiration dans l’espoir d’un sauveur.

La porte s’ouvrit violemment, et Monroe pivota se retrouvant face à face avec un Beretta et les yeux d’acier de son propriétaire. Mac instantanément évalua la situation, se forçant elle-même à ne pas réagir trop visiblement à la vue de la silhouette immobile de l’homme qu’elle aimait sur le plancher. « Nous n’avons pas été présenté » dit elle froidement. « Je ne pense pas que vous allez prendre soin de me dire qui vous êtes ? »

Malheureusement, il avait réagi très rapidement et comme il se tournait pour lui faire face, son arme s’écarta brusquement vers Harm. « Je réfléchirais avec précaution à votre prochain geste si j’étais vous. » répondit il juste aussi calmement. « Le Capitaine n’est pas encore mort, mais je pourrais y remédier très vite. »

« C’est ce vous êtes venu faire ici ? Mettre des balles dans deux personnes de plus ? »

« Non, je suis venu ici pour faire un court-circuit et mettre le feu au bâtiment. Les balles sont le plan B. »

« Aucune de ces choses ne va couvrir votre piste éternellement. Nous avons des amis qui ne vont pas abandonner facilement. »

« Ne gaspillez pas votre temps à essayer de me faire peur, Colonel. Je vais faire ça pendant qu’il est temps. » Un éclat dans ses yeux trahit sa surprise, et il secoua la tête. « Est-ce que vous pensez que je suis stupide ? Je sais qui vous êtes. Je sais aussi que cela serait parfaitement crédible de votre part de rendre visite à votre ‘partenaire’ tard dans la nuit. Diable, peut être que je vais faire en sorte que ce soit vous qui ayez mis le feu. »

En réponse, Mac repoussa le cran d’arrêt. « Vous pensez vraiment avoir cette chance ? »

« Oh, j’en suis sûr. Voyez vous, j’apprends de mes erreurs, Colonel Mackenzie. J’ai été négligeant la dernière fois – je n’ai pas vérifié mon info comme je l’aurais dû, aussi je dois m’occuper de cette gamine. Mais j’ai bien fait mon travail au sujet du Capitaine Rabb et de toutes vos petites aventures ensemble. Et j’ai pris le pari que vous ne serez pas capable de vous tenir là et de me regarder le descendre. » Il visa avec soin la tête d’Harm avec des yeux froids. « Vous voulez me pousser à bout ? »

Quelque part, cette vision poussa Rachel à l’action. Avec la vue à court terme de l’enfance – ou peut être de l’idéalisme – elle courut vers Harm et jeta son petit corps sur lui, comme si elle croyait qu’elle pouvait actuellement le protéger. Monroe eut un petit rire. « C’est si mignon que je pourrais craquer. Laissez tomber, Colonel, où ils y passent tous les deux là. »

Elle pouvait voir qu’il allait le faire : même si elle faisait feu, il avait encore le temps de tirer. Jeter son arme lui donnerait ce qu’il voulait, mais peut être alors serait elle capable de gagner suffisamment de temps pour penser à quelque chose. « D’accord » dit elle en se penchant lentement pour déposer le pistolet sur le sol. « Vous gagnez. »

« J’ai l’habitude de le faire. » Il se déplaça vers elle pour s’asseoir à coté du bureau, près de l’endroit où Harm était tombé. Après la confirmation que Harm était effectivement vivant, elle embrassa le front de Rachel pour la rassurer et parcourut la zone du regard pour chercher quelque chose qu’elle pourrait utiliser comme arme. Les éclats de la tasse à café cassée étaient éparpillés à proximité, mais ils ne semblaient pas assez tranchants pour être utile. Elle soupira et regarda leur ravisseur se déplacer vers la boite à fusibles, le canon de son armé toujours pointé sur elles.

« Alors pourquoi Alison Marks ? » demanda t’elle terre à terre. « Avait elle découvert quelque chose à propos de vos copains en Afrique, ou autre chose ? »

« Je n’ai pas de ‘copains’, Colonel. Je ne suis pas là-dedans pour la gloire d’Allah ou pour ces cinglés idéologues. Je recherche juste le plus offrant, et cette semaine, Habr Gidr était celui là. »

Mac garda son expression soigneusement neutre comme son esprit tourbillonnait. Il n’avait pas mentionné Kharasala du tout. Habr Gidr faisait partie d’un des clans dominant de Somalie, un groupe corrompu et instable à la fois, mené par le chef de guerre Aidid. Depuis la débâcle de Mogadiscio en 1993, les forces américaines avaient été obligées de passer au large dans la région, mais les récents combats contre le terrorisme avaient ramené la Somalie une fois de plus sous l’objectif du microscope. Cela n’avait pas de sens. Si ce type n’était pas celui qui avait fouiné dans le dossier de Kharasala, qui était ce ? « Et Marks savait à propos de ça ? »

« Je ne sais pas ce qu’elle savait, et je m’en fous. Le fait est qu’elle parlait aux mauvaises personnes, et je n’étais pas désireux de me mesurer au gars de l’Agence si je pouvais l’éviter. »

A cet instant, il y eut une telle rage à l’intérieur d’elle-même qu’il n’y eut plus de place pour rien d’autre. Cet homme ne croyait en rien. Il vendait des informations, la sorte d’information qui mettait la vie de ses propres compatriotes en danger. Et quand une personne avait été sur le point de découvrir sa trahison, il l’avait simplement éliminée sans le moindre battement de cils.

J’aurais dû te descendre quand j’en ai eu la chance, pensa t’elle à son encontre, les idées meurtrières.

Monroe – ou quelque soit son nom – traversa la pièce pour se tenir au dessus d’eux trois. De la poche de son treillis il retira une aiguille hypodermique et leva un sourcil en guise de challenge. « Voici comment cela va se dérouler. Vous allez recevoir une dose du même truc qui a mis ce bon capitaine dans cet état, et vous allez faire ça comme un Marine ou autrement la gamine va suivre les pas de sa maman. Est-ce assez clair ? »

« Vous n’avez pas la moindre idée de ce que cela représente d’être un Marine » dit elle furibarde.

« Ouais, ouais, semper fi. Vous allez vraiment me briser le cœur. » Il s’agenouilla à coté de Rachel et leva le pistolet vers elle, et Mac lui tendit son bras, ses yeux brillants de défi. « C’est mieux. Bonne nuit, Colonel. »

Sarah Mackenzie avait toujours eu un grand timing.

Comme il posait l’aiguille sur sa peau, elle ramena son bras et sa jambe ensemble dans une version boiteuse de son mouvement favori de kickboxing. Son avant-bras frappa la main portant le pistolet en la déviant sur le coté et son pied l’accrocha carrément sous le menton. Le pistolet fit feu sans conséquence dans le mur, et Monroe tomba en arrière pendant que Mac pivotait sur un genou et lui plantait l’aiguille dans son propre bras. Ses yeux s’écarquillèrent en grand comme il réalisait ce qui se passait, mais l’action rapide de la drogue agissait déjà dans son système sanguin, et son cerveau ne sembla plus travailler.

Le maintenant au sol avec un bras autour du cou et un genou sur les cotes, Mac leva les yeux vers une Rachel abasourdie. « Rachel, s’il te plait va dans l’autre pièce » demanda t’elle calmement. La fillette obéit, tremblante sur ses pieds en se dépêchant d’enfouir son visage dans son ours en peluche favori. Mac se pencha et parla à l’oreille de l’homme avec un ton qui pourrait couper la glace. « Je ne voulais pas qu’elle voit ce que je vais faire de toi, toi misérable petite merde. Elle a été suffisamment traumatisée à cause de toi. Mais maintenant, je vais te pourrir la vie, et puisqu’il n’y a personne aux alentours pour m’arrêter, tu vas découvrir à quelle point tu m’as mise en rogne. »

Il était toujours conscient, et la terreur dans ses yeux était paradoxalement une satisfaction. Elle n’avait pas l’intention de le tuer : bien que c’aurait été effroyablement facile de se laisser aller à cette sombre envie qui la tenait, mais elle savait qu’elle valait mieux que cela. Encore que…..Elle récupéra son pistolet et l’étudia pendant une seconde, lui laissant monter les sueurs froides. Puis, rapidement, elle le laissa tomber sur sa tempe avec la force née d’une pure colère.

« Bonne nuit toi-même, trou du cul » cracha t’elle d’une voix méprisante.

L’ensemble de l’incident avait duré moins d’une demi heure, mais elle avait que l’adrénaline régissait son corps depuis des jours. Mac se relâcha un moment en fermant les yeux. Puis elle poussa le corps de Monroe sur le coté et se concentra sur celui d’Harm. « Allez, flyboy » murmura t’elle en caressant tendrement sa pâle figure. « La plaisanterie est terminée. Reviens parmi nous, ok ? »

Elle l’embrassa sur la joue, mais il ne bougea pas. Quoique était cette drogue, c’était plutôt une assez bonne camelote. Un brouhaha sur le pallier signala l’arrivée à la rescousse de l’équipe des Marines, et Mac secoua la tête pas gênée pour quitter sa position actuelle. « Vous êtes un peu en retard les gars. Mais faites moi une faveur et coupez le jus à cet étage. Ce fumier a trafiqué le système électrique. »

Comme les Marines sécurisaient le bâtiment, Clayton Webb fit son entrée dans l’appartement et passa en revue le bazar autour de lui. « Est-ce qu’il va bien ? » demanda t’il avec un froncement de sourcils en étudiant l’officier naval allongé simplement en travers de ses genoux.

« Je pense qu’il le sera quand il aura évacué la drogue de son corps. Qu’est ce que vous faites ici, Webb ? »

« Vous avez appelé les Marines, les Marines ont appelé le J-2, le J-2 m’a appelé moi. » Le représentant de la CIA se tenait au dessus du sombre traître. « Merde. Je vous dois vingt dollars, Capitaine. »

Mac leva les yeux pour voir un autre officier rentrer dans la pièce, un homme portant un uniforme de Marine Classe A avec un badge où l’on pouvait lire ‘Mason’. Elle plissa les yeux. « Quelqu’un aurait mieux fait de me dire que le diable allait venir ici. »

« Lieutenant Colonel Sarah Mackenzie, voici le Capitaine Robert Mason. »

Mason se pencha pour lui serrer la main. « Madame, je ne peux pas commencer sans vous dire combien je suis désolé que les choses aient tourné de cette façon. Nous avions espéré le débusquer avant qu’il puisse faire quelque chose comme ça. »

Elle accepta sa main tendue quelque peu sur ses gardes : jusqu’à il y a une heure encore cet homme avait été leur principal suspect. « Webb. Racontez moi. »

Webb prit une profonde inspiration. « Le Capitaine Mason a deux casquettes. Il travaille pour le J-2, mais aussi pour notre compte. Nous suspections depuis un moment que quelqu’un au J-2 vendait du renseignement, mais nous n’avions aucune preuve. Puis le Capitaine Marks a été tué, et vous avez commencé à poser des questions à propos de l’équipe…….nous ne voulions pas prévenir notre vendeur, aussi nous avons donné à Mason l’accès à des dossiers verrouillés et tout fait pour qu’il ait l’air suspect, de façon à ce que le vrai vendeur soit moins sur ses gardes. »

« D’accord. Je peux avaler cela. Mais vous nous l’avez laissé croire à nous aussi ? »

« Désolé. J’ai essayé de vous prévenir que le Capitaine Mason était une fausse piste. »

Mac secoua la tête avec lassitude. « Alors qui est ce type? »

« Il se nomme Anthony Laskin » ajouta Mason. « Il est quartier maître première classe, travaillant comme officier administratif au J-2. Avant cela, il a effectué deux rotations dans l’équipe du CENTCOM. Notre idée est qu’il s’est fait plein d’amis dans le Golfe qui lui ont montré combien pouvait être lucratif le négoce du renseignement. »

« Et j’avais parié sur un autre des techniciens des satellites » grommela Webb. « Apparemment Marks avait programmé un entretien avec son Commandant pour le lendemain de sa mort, pour discuter de problèmes personnels. Des personnes de haut niveau devaient être aussi présentes. Laskin a probablement eu la frousse et pensé qu’elle avait quelque chose sur lui. »

« C’était le cas ? »

Il soupira. « Je doute que nous le sachions un jour. »

Comme deux infirmiers arrivaient pour s’occuper de la condition d’Harm, Mac se releva et se dirigea vers la chambre. Elle trouva Rachel recroquevillée sur le lit, la tête sous l’oreiller. Mac s’assit à coté d’elle et toucha son épaule doucement, la petite fille leva les yeux vers elle avec une part égale de peur et d’espoir. « C’est fini, trésor. Vraiment fini. Plus personne ne te blessera ou chassera à nouveau. »

Rachel toucha sa tempe avec son pouce, les doigts étirés, et Mac se rappela la signification de ce signe. « Il va bien. Les docteurs sont en train de l’ausculter, et ils disent que nous pourrons aller avec eux, comme cela nous serons là-bas quand il se réveillera. Est-ce que cela te va ? »

Elle acquiesça et posa sa tête sur l’épaule du colonel. Mac l’entoura de ses bras, et toute la tension et la folie des jours passés se dissipèrent comme elles se tenaient l’une l’autre. Pour Rachel, le cauchemar n’était pas totalement fini. Cela ne pourrait jamais l’être, parce que la femme qui l’avait mise au monde ne reviendrait jamais vers elle. Mais maintenant, au moins, ils n’auraient plus à regarder par-dessus leur épaule. Comme Mac regardait son visage d’ange, elle se demanda si peut être la cicatrisation avait déjà commencé.

Chapitre 8

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