Le destin est ainsi fait

CHAPITRE 1 : Mise au point

Appartement de Harm
Nord d’Union Station
1er septembre 2002
21h35

Après être arrivé chez lui, Harm s’était immédiatement allongé sur son lit. Il avait eu une dure journée, pas à cause de son travail, mais à cause des sentiments qu’il éprouvait avec une certitude presque inavouable à sa collègue de travail et meilleure amie, Sarah MacKenzie.
En ce 1er du mois de septembre, Mac était toujours fiancée à ce satané Capitaine brise-miche. Harm n’en était que plus dégoûté. Il aurait souhaité lui avouer ses sentiments, mais chaque jour qui passait lui révélait un peu plus du bonheur que Mac vivait avec Brumby.
Un jour pourtant, il avait essayé : il était venu chez elle un soir alors qu’il venait juste de quitter son bureau, il avait frappé à sa porte dans l’espoir qu’elle serait seule et accepterait de l’écouter. Tous ses espoirs se sont envolés lorsque Mic a ouvert la porte, un grand sourire sur les lèvres. Et là pour aucune raison, il s’est de nouveau défilé, il a bredouillé une vague excuse et est parti en courant. Arrivé dans sa voiture, il s’est mis à frapper le volant avec rage dans l’espoir d’oublier son malheur. Une fois un peu plus calme, il est rentré chez lui et a vidé une bouteille de vodka qui lui restait dans son placard. Le lendemain, il n’est pas venu au bureau ce qui a inquiété au plus haut point sa collègue. Mais ça, il ne l’a pas su, et de toutes les façons il s’en fichait, il ne voulait plus continuer. Ce jour-là, il avait décidé, malgré sa gueule-de-bois, de dire la vérité à Mac et lorsque ce jour arriverait, il obtiendrait toute son attention coûte-que-coûte. Il savait pertinemment qu’il risquait de gâcher sa vie de couple avec Mic, mais il devait absolument sortir de cette impasse.
Ce jour-là, c’était hier. Aujourd’hui, il avait passé sa journée à travailler comme un dingue. Mac lui avait posé tout un tas de questions, mais il s’était toujours débrouillé pour ne pas y répondre. De fil en aiguille, Mac ne savait toujours pas la raison de l’absence de son partenaire la veille.
Finalement, il était rentré chez lui, avait défait ses chaussures, enlevé sa veste, sa cravate, déboutonné le haut de sa chemise et s’était immédiatement allongé sur son lit.
Cela faisait déjà une heure qu’il était couché, à penser à Mac bien sûr, mais surtout à se poser des questions : pourquoi était-elle si inquiète après son absence ? Après tout, elle aimait Mic et n’avait aucune raison de lui demander des comptes au sujet de ses absences non-justifiées.
Tout à coup, il perdit le fil de sa pensée, il se revit quelques mois plus tôt sous la véranda de l’Amiral, tenant dans ses bras la femme de sa vie, sentant toute la chaleur de son corps transportée dans le sien tel un souffle brûlant.
TOC TOC
Il ressortit brutalement de sa rêverie et alla ouvrir :
« _Mac ! Que faites-vous ici à cette heure-ci ?
_Je peux entrer ? lui répondit-elle feignant de ne pas avoir entendu sa question.
_Oui bien sûr. » lui dit-il en s’écartant pour la laisser passer. Il était encore tout étonné de la voir ici, mais en même temps il était content qu’elle soit là. Il l’aimait tellement que par moment il en oubliait le reste, il se déconnectait de la réalité, se contentait de penser à elle, à ce corps qu’il avait tenu dans ses bras durant quelques secondes, si inoubliables à ses yeux.
Sortant de ses pensées, il lui demanda :
« _Que puis-je faire pour vous ?
_Tout d’abord dites-moi où vous étiez hier ?
_Chez moi.
_Pourquoi ne pas être venu au bureau ?
_Vous posez beaucoup de questions, Sarah. »
Sarah sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale comme à chaque fois qu’il prononçait son prénom.
« _Je n’en suis qu’à la seconde, Harm.
_Oui je sais, ça fait une de trop ! » Sans le vouloir, il avait haussé la voix. Sarah frissonna, elle n’aimait pas lorsqu’Harm et elle se disputaient, elle avait toujours l’impression de s’éloigner de lui.
« _Je suis désolée, Harm, je ne voulais pas vous énerver, fit-elle.
_Non c’est moi, je n’aurais pas du m’emporter. Mais asseyez-vous, ne restez pas debout ! retorqua-t-il en lui indiquant son canapé des bras.
« _Si je ne suis pas venu hier, commença-t-il en s’asseyant près d’elle, c’est parce que j’avais un peu trop bu.
_Ah oui ! Et à quelle occasion ?
_Le désespoir, Mac.
_De quoi parlez-vous ? »
DRIIIINNNGGG !!!!
Harm se leva et alla décrocher :
« _Rabb !
_Capitaine, c’est Chegwidden !
_Monsieur !
_J’ai une bonne et une mauvaise nouvelles pour vous.
_De quoi s’agit-il ?
_Je commence par la mauvaise : vous partez pour Hawaii, résoudre une affaire de suicide, je n’ai pas tous les éléments ici, mais vous en saurez davantage là-bas.
_Et la bonne, Monsieur ?
_La bonne, c’est que vous partez à Hawaii pour commencer et que Mac vous accompagnera.
_A quelle heure décolle notre avion, Monsieur ?
_Vous avez tout juste le temps de préparer vos affaires et d’aller à l’aéroport, je vous laisse le soin de prévenir le Colonel, bon voyage Capitaine !
_Merci, Monsieur.
_CLAC. »
Il posa à son tour le combiné et se tourna vers Mac.
« _Alors ? demanda-t-elle avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit.
_On part tout de suite pour Hawaii, une affaire de suicide, lui répondit-il en se dirigeant vers son placard pour préparer son sac.
_Bien je rentre chez moi, on se voit à l’aéroport.
_OK ! »
Mac sortit et Harm resta seul dans son appartement. Il prépara ses affaires sans oublier son maillot de bain au cas où, puis il prit la route de l’aéroport.

Boeing 777 de Dulles à Honolulu
1er septembre 2002
00h00

Cela faisait déjà 1h30 qu’ils étaient partis que Mac somnolait déjà. Harm, lui, repensait à cette discussion, il avait failli révéler ses sentiments à Sarah. Si seulement le téléphone n’avait pas sonné, si seulement il s’était tu, pour une fois. Mais non, le téléphone avait bien sonné, obligeant Harm à ne rien lui dire ce soir-là, l’obligeant à prendre un peu de distance. Harm avait été si proche de répondre à sa question, de lui dire que le désespoir était du à son amour pour elle et le simple fait qu’elle en aime un autre. Mais non, il avait fallu que le téléphone sonne, Harm en avait encore un goût d’amertume dans la bouche.
Il tourna la tête pour la regarder dormir, elle était si belle lorsqu’elle dormait. Non, pas que lorsqu’elle dormait, tout le temps… Sans arrêt Harm rêvait de cette femme, de ce corps qui ne lui appartiendrait peut être jamais.
Ah si seulement le téléphone n’avait pas sonné, alors peut être… Mais peut être quoi ? Peut être qu’elle se serait jetée dans ses bras. Oui peut être, Harm en doutait, mais c’était toujours possible, une chance sur mille. Ou alors, elle lui aurait parlé, lui aurait dit que Mic n’était rien pour elle, qu’elle voulait faire sa vie avec Harm et Harm seul… Ou alors, tout simplement, elle lui aurait expliqué gentiment que ce n’était plus possible, qu’elle partirait vivre avec Mic en Australie, ou qu’elle resterait à Washington, mais qu’elle se serait mariée quand même, c’est à ça que s’attendait Harm, si le téléphone n’avait pas sonné…
Harm se prit la tête dans les mains, se la secoua un peu et se dit à lui-même qu’il devrait trouver la chance de lui parler avant leur retour à Washington. Quoi qu’elle en pense, il le ferait. C’était décidé et têtu comme il était, il se le garantissait au fond de lui-même.
Au pire, qu’est-ce qu’il perdrait ? La femme qu’il aime, mais peut être pas l’amie, qui sait…

Pendant qu’Harm réfléchissait, Sarah, elle, rêvait. Un rêve heureux comme elle en faisait souvent ses derniers mois. Le rêve aurait pu être peuplé des enfants qu’elle et Mic auraient eu, mais non au lieu de ça, elle rêvait d’Harm. Il venait la voir, lui avouait tous ses sentiments, la prenait dans ses bras, l’embrassait avec une ferveur qu’elle ne connaissait chez aucun des hommes qu’elle avait connu, pas même Mic. Harm la transportait dans sa chambre, l’allongeait sur le lit, lui faisait l’amour durant toute la nuit. Puis, elle s’endormait dans les bras de son amant sachant que la vie ne serait plus jamais comme avant. Ensuite, elle prenait la décision de quitter Mic, de vivre avec le seul homme qu’elle n’avait jamais aimé, de fonder une famille…
Revenant brutalement à la réalité du voyage, elle ouvrit un œil, puis l’autre et vit Harm qui l’observait.
« _Alors on m’observe, Capitaine ?
_Non-coupable votre honneur, lui répondit Harm avec un sourire.
_Ah oui ! Je vous rappelle que vous êtes sous serment, Capitaine.
_Bon d’accord, j’avoue ! » Ils rirent tous deux de bon cœur, Harm sentait les choses revenir peu à peu dans l’ordre, ils avaient plus ou moins retrouver leur complicité, c’était un bon début. Mac n’ajouta rien, elle appréciait qu’Harm l’observe surtout avec le regard qu’il avait, avec la petit étincelle qu’elle avait remarquée incessamment sous peu. Elle n’était pas fâchée de ce voyeurisme dont faisait preuve son compagnon, bien au contraire d’ailleurs. Elle se surprenait elle-même à penser à lui, depuis quelques temps la tension était monté dans son couple, mais elle ne le montrait à personne et n’en avait jamais parlé à Harm. Mic souhaitait repartir en Australie comme elle s’y attendait un peu, il ne cessait de lui évoquer la vie paisible qu’ils pourraient y mener. Mais Mac ne voulait pas partir elle était ici chez elle, tous ses amis étaient là et par-dessus tout l’homme qu’elle aimait.
Elle se secoua la tête dans l’espoir de faire ressortir toutes ses pensées, elle ne voulait pas penser à Mic et au désordre dans sa vie conjugale. Elle voulait simplement se dire qu’elle partait pour Hawaii en compagnie de son meilleur ami, et surtout du plus séduisant des pilotes qu’elle n’ait jamais connu jusque là.
Le vol se termina finalement, Harm et Sarah n’avait échangé que quelques paroles sur l’affaire qu’ils allaient devoir traiter. Ils débarquèrent, allèrent chercher leur bagages sur le tapis roulant de l’aéroport international d’Honolulu, et se rendirent à leur hôtel dans une voiture de location qui les attendait. Il faisait nuit noire, Harm avait pris le volant et conduisait assez rapidement. En sortant de l’aéroport, ils avaient senti la chaleur les envahir, la température était nettement supérieure à celle de Washington. Un petit vent de mer soufflait et faisait voler les cheveux de Sarah, Harm l’observait depuis le début essayant de trouver un moyen de lui avouer ses sentiments sans la brusquer. Pour le moment, il avait fait chou blanc.
Sarah goûtait à toute cette chaleur avec satisfaction, elle se disait que peut être, hormis l’enquête, il se passerait quelque chose entre Harm et elle.

Oceana Hotel
Honolulu, Hawaii
1er septembre 2002
0h00 (heure locale)

Ils arrivèrent à l’hôtel assez rapidement, ils allèrent prendre les clés de leurs chambres et empruntèrent un long couloir pour finalement arriver devant deux portes côte à côte. Harm ouvrit la porte de sa chambre, se retourna vers Sarah et lui dit :
« _Nous ferions mieux de nous reposer, demain matin nous irons interroger les personnes impliquées dans l’affaire. Ça vous va ?
_Oui, bonne nuit Harm.
_Bonne nuit Sarah. »
Ça faisait la deuxième fois qu’Harm l’appellait par son prénom en quelques heures, un record ! Sarah était plus que satisfaite, comment vous dire ? Elle était heureuse, peut être que cela voulait dire qu’Harm envisageait enfin quelque chose entre eux malgré le mariage qui approchait. Elle entra dans sa chambre le cœur léger, referma la porte, prit une douche et s’allongea pour s’endormir immédiatement.
Harm de son côté fit de même se disant que ça faisait beaucoup d’effet à Mac d’être appelé par son prénom, du moins quand le nom sortait de sa bouche à lui.

Le lendemain matin, Harm se réveilla de bonne heure, s’habilla et frappa à la porte communicante avec la chambre de Mac pour voir si celle-ci était réveillée. Après quelques secondes d’attentes, elle ouvrit, les cheveux ébouriffés, habillée d’un simple tee-shirt de l’US Marine Corps, qui ne laissait révéler que ces jambes nues. Harm en resta le souffle coupé, même avec un simple tee-shirt, cette femme lui en faisait voir de toutes les couleurs. Mac voyant son compagnon décontenancé, lui demanda :
« _Harm ? Vous allez bien ?
_Euh, oui très bien… Je vous réveille ?
_Non… Euh enfin oui, mais ce n’est pas grave, quelle heure est-il ?
_10h00. Bien dormi ?
_Oui et vous ?
_Très bien malgré le décallage horaire.
_On doit y aller maintenant ?
_Oui enfin, quand vous serez prête, je vous attend en bas, OK ?
_D’accord, je me dépêche. »
Elle referma la porte et s’habilla pendant qu’Harm descendait à la réception.
Il l’attendit deux minutes à peine, que déjà elle s’avançait vers lui dans son uniforme, elle était ravissante.
« _Alors on rêve, Matelot ?
_Oui et non » lui répondit-il en ressortant de ses pensées qui l’avaient projetées un peu trop loin de la réalité.
Ils passèrent la journée à travailler sur leur affaire qui finalement aboutie sur un simple suicide du à un chagrin d’amour. Le soir, il retournèrent à l’hôtel, montèrent à leur chambre et appelèrent immédiatement l’Amiral :
« _Chegwidden à l’appareil, fit A.J une fois que Tiner lui eut passé la communication avec ses deux subordonnés.
_Bonjour Monsieur, commença Mac.
_Bonjour Colonel, comment avance l’affaire ?
_Elle est terminée Monsieur.
_Déjà ! Eh bien c’est parfait ! Vous pouvez passer le week-end à vous prélasser au soleil, je ne veux pas vous voir avant lundi.
_A vos ordres, répondit-Mac.
_Colonel, avez-vous mis le haut-parleur ?
_Oui Monsieur, pourquoi cette question ?
_Je voudrais vous parler seul à seule. »
Mac regarda Harm qui sortit de la chambre pour se rendre au bar de l’hôtel. Elle débrancha le haut-parleur et dit :
« _Vous pouvez y aller, Monsieur, Harm est descendu.
_Bien parfait… Colonel, j’ai vu Mic hier et je ne vous cache pas qu’il était furieux. Il voulait savoir où vous étiez, je lui ai répondu que vous étiez à Honolulu pour une affaire, et il m’a demandé si Harm était avec vous. Bien entendu, je ne lui ai pas menti, et là il s’est mis dans une colère noire… Je vous passerai les détails de la scène. De fil en aiguille, j’ai appelé la sécurité et l’ai jeté dehors… Ecoutez, je sais que votre vie n’est pas rose en ce moment, même si vous nous dites le contraire, j’aimerai que vous réfléchissiez attentivement durant ce week-end aux choix que vous avez à faire. Je ne veux plus aucun problème de ce genre au JAG, est-ce bien clair ?
_Oui, Monsieur, répondit-elle songeuse.
_Colonel, je veux que vous soyez absolument sûre au sujet de ce mariage avec Mic. S’il s’avérait que vous ne l’aimiez pas autant que ce que vous croyez, alors renoncez.
_Oui Monsieur.
_Bien maintenant, profitez de votre week-end et réfléchissez bien à ce que je vous ai dit.
_A vos ordres. Au revoir Monsieur.
_Au revoir Colonel. »
Ils raccrochèrent, Mac alla s’asseoir sur son lit, elle était songeuse : ce que l’Amiral lui avait dit, lui avait fait repenser aux sentiments qu’elle éprouvait toujours pour Harm, mais était-ce des sentiments réciproques ? Elle ne pouvait pas le dire. Harm avait était gentil avec elle ces derniers temps, il l’appelait Sarah de temps à autre, et ça la remplissait de bonheur. Mais il y avait Mic qui avait tout quitté pour elle… Oui, mais il ne lui laissait pas assez d’oxygène pour respirer, et était constamment en train de lui demander ce qu’elle faisait. Et il se mettait toujours en colère lorsqu’Harm et elle passait du temps ensemble, même lorsque ce n’était que pour le travail. Non décidément, Mic n’était pas fait pour elle, elle avait juste eu besoin d’affection à un moment donné et Mic avait été là, mais c’est tout, pas d’amour là-dedans.
Finalement, c’est Harm qui avait toujours été là pour elle, même s’il avait dit « pas encore » à Sydney. Peut être qu’il avait changé d’avis… Oui peut être…
Elle décida à partir de ce moment-là qu’elle tenterait de le savoir coûte-que-coûte. Il devrait lui dire si oui ou non il avait changé d’avis.
Elle se leva et sortit de sa chambre pour voir où se trouvait Harm. Elle l’aperçut bientôt, installé au bar en train de boire un verre de bière, il était plongé dans ses pensées. Elle aurait donné cher pour connaître le fond de sa rêverie. Elle s’approcha tout en l’observant, il ne bougeait pas, sauf pour boire une gorgée de son verre de temps en temps, il était si sexy, il l’avait attiré dès le premier jour dans la roseraie, Mac avait tant apprécié ce baiser sous la véranda, mais elle s’était engagée avec Mic et Harm était arrivé trop tard… Ah ! Si seulement il avait fait ou dit quelque chose à Sydney.
Elle venait de s’asseoir à côté de lui sans s’en rendre compte, maintenant c’est lui qui la regardait. Et finalement, il brisa le silence :
« _Mac ? Vous allez bien ?
_Oui… Oui, je vais bien.
_On ne dirait pas pourtant, que vous a dit l’Amiral ?
_Oh ! Rien d’important.
_Ça devait l’être quand même un peu… Si vous vous voyiez !
_Ça va je vous assure, il ne m’a rien dit de bien important, je viens seulement de me rendre compte que je n’avais pas fait les bons choix, c’est tout.
_Bien… Au fait, je pensais qu’on pourrait aller dîner en ville ce soir. Ça vous dit ? »
Elle ne répondit pas tout de suite : Harmon Rabb jr venait de l’inviter à dîner, était-ce un rêve ? Non, il l’avait bien dit.
« _Oui, c’est une excellente idée, lui répondit-elle sans s’en rendre réellement compte. Elle était à mille lieues de lui et pourtant si proche, elle était si heureuse à cet instant précis, cela était peut être un signe, un autre, peut être qu’Harm avait réellement des sentiments pour elle.
Elle ne vit pas Harm la regarder avec insistance, le regard inquiet, elle sentit juste sa main sur sa joue :
« _Sarah, vous êtes sûre que tout va bien ?
_Oui, absolument sûre, tout va pour le mieux.
_On dirait que vous êtes absente, où êtes-vous exactement ?
_Ici, avec vous, pourquoi ?
_Vous savez Sarah, si vous ne vous sentez pas bien, on peux remettre ça à plus tard.
_Non, pas plus tard, ce soir ce sera très bien ! » Elle venait de se rendre compte qu’Harm lui avait donné la chance de lui poser l’ultime question : est-ce que oui ou non il avait changé d’avis ? Et là il serait obligé d’y répondre.

Harm avait du prendre son courage à deux mains pour inviter sa partenaire à dîner. Il fallait absolument qu’il lui avoue ses sentiments, et il avait décidé de faire ça ce soir, quand elle serait un peu plus détendue.

Restaurant en bord de mer
Honolulu, Hawaii
2 septembre 2002
21h35

Ils venaient de finir leur repas, maintenant ils marchaient les pieds dans l’eau. Harm avait prêté sa veste à Sarah pour qu’elle n’ai pas froid, il marchait silencieusement à côté d’elle, lui jetant un regard de temps en temps.
Sarah avait accueilli la veste d’Harm et l’avait tout simplement déposé sur ses épaules comme sous la véranda, sauf que cette fois ils étaient seuls sur la plage. L’odeur d’Harm l’envahissait, elle sentait aussi sa chaleur, elle lui prit la main. Il n’opposa aucune résistance, se laissa faire, comme un enfant docile qui donne la main à sa mère. Il sentait Mac toute proche de lui, il ressentait de plus en plus l’envie de la prendre dans ses bras.
Il s’arrêta, il devait lui parler maintenant, pas plus tard, il devait faire ça maintenant !
« _Mac… Il faudrait qu’on parle.
_Je sais Harm, lui répondit-elle en s’arrêtant elle aussi. Sans lui lâcher la main, elle se plaça en face de lui et le regarda, attendant qu’il parle enfin.
_Je sais que je ne devrais pas faire ça, commença t-il enfin, mais je dois au moins vous dire la vérité. Je sais que Mic et vous êtes heureux et que je risque de tout gâcher, mais je ne peux pas faire autrement…
_Harm…
_Non, ne m’interrompez pas, s’il vous plaît… Il faut que vous sachiez Sarah que vous comptez plus que tout dans ma vie, je n’ai jamais tenu à une femme autant que je tiens à vous… Depuis notre rencontre dans cette roseraie, les choses n’ont pas cessé de changer dans notre vie. Nous sommes devenus amis très vite, vous êtes devenu MA meilleure amie Sarah. Nous nous sommes entre-aidés tout au long de cette amitié et ce que je vais vous dire lui donnera peut être fin, si vous ne voulez pas que je continue, dites-le moi, je ferai abstraction de mes sentiments et me tairais. Mais si vous ne dites rien alors je continuerai… »
Il se tut et attendit une éternité. Sarah était pétrifiée, tant de sentiments se mélangeaient dans son esprit… dans son cœur, elle ne savait pas quoi dire. Et puis finalement elle se lança :
« _Harm tout d’abord, j’ai pris la décision de quitter Mic, je me suis rendue compte qu’il ne comptait pas pour moi comme je le croyais. Il ne le sais pas encore, mais il le saura à mon retour… Moi aussi il faut que je vous dise quelque chose Harm… quelque chose d’important…
_Non, taisez-vous Sarah, je ne veux rien entendre, c’est à moi de parler, maintenant plus rien ne m’en empêche. Puisque vous et Mic allez rompre, je n’aurai plus qu’un remord : celui de peut être perdre notre amitié, mais mes sentiments pour vous sont trop forts et je ne puis que m’y résigner. Sarah je vous aime, je vous ai toujours aimé et je crois que je vous aimerai toujours quoi qu’il advienne… J’aurais aimé dire quelque chose à Sydney, mais je n’ai pas pu et je le regrette profondément… »
Il se tut une nouvelle fois attendant une réaction de la femme qu’il aimait. Mais rien ne vint, pas une parole, rien, rien qu’un baiser qui vint celer tout ce qu’il venait de lui dire. Sarah se jeta sur lui, incapable de contenir ses sentiments plus longtemps et ils s’embrassèrent… oui, ils s’embrassèrent comme ils ne l’avaient jamais fait avant, un baiser ardent, qui leur brûla les lèvres, un baiser si longtemps refouler qu’ils restèrent enlacés pendant au moins dix minutes, chacun goûtant la langue de l’autre. Et puis finalement, ils se détachèrent… Non c’est Sarah qui se détacha la première, et lui chuchota à l’oreille :
« _Je t’aime Harm. »
Et une nouvelle fois, ils s’embrassèrent. Ils étaient sur le point de céder à leurs sentiments et de partir un peu plus haut dans le Septième Ciel quand un cri les fit sursauter. Ils se détachèrent brutalement, revenant peu à peu à la réalité. C’est Harm qui compris le premier ce qui se passait : une femme se faisait agresser ou du moins elle souffrait beaucoup, il regarda de tout les côtés, et vit au loin, une ombre frapper une autre ombre à terre. Il courut dans leur direction après un coup d’œil à Mac. Elle le suivit effrayée.
Harm arriva bientôt, mais trop tard, la femme qu’ils avaient entendu, était étendue par terre et son agresseur était déjà loin. Il s’agenouilla près d’elle et lui prit le pouls essayant de ne pas céder à la panique. Mac le rejoignit bientôt et demanda, une main sur son épaule :
« _Alors ?
_C’est fini » lui répondit-il désignant la tâche de sang dans son abdomen.
Il se releva péniblement, sortit son téléphone de sa poche et appela les urgences ainsi que la police locale.
Ils ne mirent pas longtemps à arriver. Ils interrogèrent Harm et Mac, relevèrent les empreintes sur la jeune victime et rentrèrent au commissariat, ordonnant à nos deux avocats de rester dans les parages jusqu’à ce que l’enquête se termine.
Harm et Mac, mécontents d’avoir été dérangé, retournèrent à leur hôtel.

Oceana Hotel
Honolulu, Hawaii
2 septembre 2002
00h15

Ils se retrouvèrent là devant leur porte respective, sans savoir quoi faire. Ils ne s’étaient pas lâchés la main sauf lorsqu’Harm était au volant pour les ramener à l’hôtel. Mac ne voulait pas le quitter, mais elle ne voulait pas non plus que les choses aillent trop vite entre eux, elle lâcha la main d’Harm la première. Celui-ci tourna la tête, la regarda, et finit par dire :
« _On devrait en rester là pour ce soir, je crois.
_Oui, tu as raison, répondit-elle. Elle s’était mise à le tutoyer sans raison valable. Juste parce qu’ils partageaient désormais plus que de l’amitié, et qu’elle en était dorénavant sûre.
_Bonne nuit, Sarah, dit-il en l’embrassant délicatement sur les lèvres.
_Bonne nuit Harm, à demain. »
Ils se quittèrent sur ces mots, Mac rentra dans sa chambre, se déshabilla rapidement, prit une douche et se glissa sous les couvertures.
Harm, lui, fit de même et s’endormit rapidement.
Mac pensait. Elle pensait à ce baiser, à ces mots qu’il avait prononcés, elle se sentait heureuse, et en même temps, elle regrettait. Elle regrettait d’avoir entendu ces cris, d’être accouru si vite auprès de cette jeune femme en détresse. Mais ça, ce n’était pas de sa faute ni celle d’Harm, ils s’étaient juste trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
La chaleur des bras d’Harm la manquait. Ça lui manquait terriblement, au point qu’elle se leva, ouvrit la porte et alla se blottir contre le corps d’Harm. Celui-ci dormait à poings fermés, il se contenta de passer inconsciemment son bras sur les épaules de la jeune femme à ses côtés. Cela réconforta Mac qui finit par s’endormir dans les bras de son compagnon.
Le lendemain, elle ouvrit un œil, puis l’autre et soudain la réalité la submergea : elle était dans le lit d’Harm. Elle se rappela aussi la soirée d’hier, le baiser, les mots qu’Harm lui avait finalement dits. Et enfin elle se rappela cette femme agressée puis tuée par un inconnu, pendant qu’Harm et elle se contentaient de savourer le bonheur de s’être enfin trouver.
Elle se retourna tout doucement pour ne pas réveiller Harm. Rien, le lit était vide, hormis elle personne ne s’y trouvait. Inquiète, elle se leva et aperçut Harm derrière la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon. Il lisait le journal, assit en face de l’océan.
Mac le rejoignit :
« _Bonjour Harm, bien dormi ?
_Oui et toi ?
_Très bien… Tu m’excuseras d’être venu dans ton lit, mais je n’arrivais pas à trouver le sommeil après tout ce que tu m’as dit hier.
_Oh ! Ce n’est pas un problème, ça m’a fait du bien de dormir près de toi » lui répondit-il en se levant et en l’embrassant tendrement.
_Harm ?
_Oui ?
_J’ai faim, si on allait déjeuner.
_Oui, c’est une bonne idée… Ah, au fait j’allais oublier, le commissaire Stewart m’a appelé tout à l’heure, il a dit qu’il faudrait qu’on passe à son bureau pour faire une déposition en bonne et due forme.
_A quelle heure ?
_A l’heure du déjeuner vers 12h30.
_D’accord, on verra ça tout à l’heure, j’ai d’abord envie de déjeuner, je pourrais presque dévorer un camion rempli de steack !
_Quand même pas à l’heure du déjeuner ! fit-il en réponse à sa blague. Il dit cela avec un large sourire.
_Peut être… » Elle lui rendit son sourire, et l’embrassa avant de lui prendre la main et de l’emmener au restaurant de l’hôtel.

12h30
Ils se retrouvèrent dans le bureau du commissaire Stewart à l’heure du déjeuner comme prévu. Ils firent tous deux leur déposition séparément, cela dura près de deux heures, après quoi, ils repartirent et décidèrent d’aller se baigner dans l’océan. Ils arrivèrent enfin à une plage de sable fin entièrement déserte.
Harm aida Mac à se débarrasser de ses vêtements. Après lui avoir retirer sa chemise, il passa ses mains dans son dos, il retrouva enfin un peu de la chaleur qui lui manquait tant. Mac frissonna et dit à l’adresse de son compagnon :
« _Et si tu te rendais utile en étalant un peu de crème solaire dans mon dos.
_Vos désirs sont des ordres, Colonel. »
Il prit le tube entre ses mains, s’en versa un peu sur le bout des doigts et l’étala sur le dos de Sarah.
Elle sentit la douce chaleur des mains d’Harm caresser son dos, la réchauffer alors qu’elle n’avait même pas froid.
Harm, tout en appliquant la crème, la massait délicatement, il sentait Mac se détendre peu à peu sous ses caresses. Sans la prévenir, il défit le haut de son maillot de bain, lui enleva. Il continuait d’appliquer la crème quand soudain Mac se retourna en disant :
« _Tu en as assez mis là. »
Il ne répondit pas, il était absorbé par cette femme qui lui dévoilait de plus en plus de son corps. Sans quitter son regard de sa poitrine, il reprit un peu de crème dans ses mains, puis il recommença à la masser.
Une fois Mac complètement badigeonnée de crème solaire, elle le mit au défi d’arriver avant elle dans l’océan. Harm releva le défi et partit en courant à la poursuite de sa partenaire.
Manque de pot, Mac arriva la première. Ils nagèrent un peu tous les deux enfin ils essayèrent de nager. Ils chahutèrent plus qu’autre chose, l’un trouvant toujours un moyen de provoquer l’autre dans un jeu. Mac essoufflée, s’était accrochée à un rocher et attendait son compagnon qui la suivait à la nage.
« _Alors fatiguée ? lui demanda celui-ci.
_Pas autant que toi ! » répondit-elle en l’embrassant.
Ils se perdirent dans un nouveau baiser, tendre et en même temps si fougueux.
Mac allait se détacher de son partenaire, quand celui-ci l’entoura de ses bras et prolongea leur baiser. Elle sentait les mains d’Harm partout dans son dos, petit à petit elle se sentit se consumer.
Harm n’en pouvait plus d’attendre, il lui avait dit tout ce qu’il avait sur le cœur, maintenant il avait envie d’elle. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant, avoir envie d’une femme à ce point ne lui ressemblait pas, mais aujourd’hui c’était Mac qu’il tenait dans ses bras, c’était la femme de ses rêves, la femme de sa vie, et il ne pouvait plus se retenir. Mac n’était vraisemblablement pas mécontente de la tournure que les choses prenaient. Qu’Harm lui fasse l’amour ici où à l’hôtel dans un lit ne changeait pas grand chose pour elle, elle le voulait en entier, là, tout de suite, maintenant. Elle ne tiendrait pas plus longtemps. Malgré ses envies, elle prit la main d’Harm et le fit marcher jusqu’à la rive au grand étonnement de celui-ci. Elle le reprit dans ses bras et l’embrassa ardemment, elle descendit ses mains jusqu’à son maillot de bain qu’elle fit glisser le long de ses jambes. Harm le rattrapa avec le pied et le balança sur le sable sans lâcher Mac de son étreinte. Il caressa Mac dans le dos, puis plus bas, il atteint enfin sa cible et la lui retira. Mac jeta son maillot de bain sur le sable de la même façon qu’Harm, puis elle s’allongea nue sur le sable mouillé.
Les vagues venait la percuter tout en lui apportant une grande fraîcheur. Harm vint s’allonger par-dessus elle, lui apportant la chaleur tant attendue. Il déposa à nouveau sa bouche sur la sienne et elle lui rendit de longs baisers. Harm la sentait frissonner sous lui, il la couvrit de baisers, la mordillant doucement, des dizaines de baisers tendres, insistants et puis voraces comme si elle n’était qu’un fruit et lui l’homme venu pour la manger.
Mac caressait le dos d’Harm sentant celui-ci frémir sous ses caresses. Et soudain, elle s’exclama :
« _ Haaaaarrrmm ! »
Elle se sentit pénétrée, brusquement, massivement.
Il glissait en elle et elle avait l’impression qu’il la remplissait. Doucement, elle glissa loin de tout, loin de son travail, de ses amis, de son mariage avec Mic qui ne serait bientôt plus rien. Elle était avec lui et rien ne comptait plus que le bonheur que lui procurait ce moment. Elle avait rêvé cet instant des millions de fois, elle avait toujours espérer vivre ce moment de bonheur avec lui, que maintenant plus rien ne l’empêcherait d’aller plus loin. Il était en elle, elle le sentait, elle adorait ça et aurait pu faire ça toute sa vie. Mais le destin en allait autrement. Au moment où elle se sentait transportée encore plus haut que le Septième Ciel, elle commença à jouir, elle sentit tous ses nerfs entrer en éruption de la pointe même du plus grand de ses cheveux au bout de ses doigts. Elle sentit un gémissement monter dans sa gorge, elle l’étouffa en mordant doucement l’épaule d’Harm.
Harm croyait rêver, il venait de faire l’amour à la femme de sa vie, il avait rêvé cet instant des millions de fois, tout comme elle, et pourtant, il était loin de s’imaginer que cela puisse être aussi bon.
Pendant de longues secondes, il bougea à peine, il voulait seulement rester là où il était, savourer encore un peu plus ce moment de plaisir. Il resta encore, il l’embrassa aussi avidement que son souffle lui permit. Et puis finalement dans un effort qui lui parut surhumain, il s’allongea à côté d’elle prenant simplement sa main dans la sienne. Il sentit l’eau glisser sous lui, cela lui fit le plus grand bien, mais pas autant que lorsqu’il avait été au-dessus d’elle en train de lui faire l’amour. Il se sentait partir loin, il crut s’endormir, lorsque Sarah se hissa sur un coude et l’embrassa délicatement. Il rouvrit les yeux et lui dit simplement :
« _Je t’aime Sarah.
_Moi aussi je t’aime, Harm. »
Elle l’embrassa à nouveau et finit par ajouter :
« _On devrait se rhabiller quelqu’un va finir par nous voir.
_Je m’en fiche… Mais tu as raison. »
Elle se leva, prit son maillot de bain dans le sable, l’enfila et retourna à leur serviette où elle s’allongea. Harm la suivit tout en faisant de même. Il se retrouva allongé à ses côtés, Sarah se blottit dans ses bras, et là elle céda à la fatigue et s’endormit. Harm ne fut pas long à la rejoindre tant il était épuisé, avant de s’endormir il se demanda :  » Pourquoi n’ai-je pas fait cela avant ?  »

Mac, inconsciemment, se réveilla. Peu à peu, elle retrouva ses marques et se rappela où elle se trouvait et surtout avec qui. Elle releva tout doucement la tête et le vit, il était endormi avec un léger sourire sur les lèvres. Elle continua de l’observer pendant quelques secondes jusqu’au moment où il ouvrit les yeux.
Il tourna délicatement la tête vers elle et lui sourit, elle lui rendit son sourire et l’embrassa.
Ils prolongèrent presque involontairement leur baiser, ne voulant plus se séparer l’un de l’autre. Harm passa ses bras autour de Sarah et la serra contre lui, sentant sa poitrine encore dénudée sur son torse. Elle s’éloigna un peu et lui dit :
« _On devrait rentrer, il y a du monde maintenant.
_Oui, tu as raison. » Il se leva rassembla leurs affaires et ils se dirigèrent main dans la main vers la voiture.

Oceana Hotel
Honolulu, Hawaii
2 septembre 2002
19h00

Arrivés à l’hôtel, ils décidèrent de prendre une douche… ensemble, puis de descendre dîner… toujours ensemble.
Ils dînèrent lentement savourant chaque moment ensemble, même s’ils n’étaient pas au lit. Ils discutèrent longtemps, puis se levèrent et retournèrent dans leur chambre, enfin dans la chambre de Mac… Je n’ai pas besoin de vous décrire ce qu’ils firent pendant la nuit.
Sarah se réveilla toujours dans les bras de son amant. A peine une minute après qu’elle eut ouvert les yeux, elle entendit la sonnerie de son téléphone portable :
« _MacKenzie à l’appareil !
_Ici le commissaire Stewart de la police municipale d’Honolulu, Colonel.
_Ah bonjour commissaire !
_Je vous appelais juste pour vous informer que nous avons retrouver l’agresseur de la jeune femme que vous et votre mari avez retrouvé.
_C’est une bonne nouvelle commissaire, mais qui est-ce ?
_Un violeur en série si je puis m’exprimer ainsi, il a déjà violé plusieurs autres femmes sur l’île. Mais Laura sera sa dernière victime.
_Laura ?
_Oui, Laura Holland, la femme que vous avez retrouvée.
_Ah oui, bien sûr… Je vous remercie commissaire.
_Mais de rien Colonel, c’est toujours un plaisir de traiter avec des officiers de l’Aéronavale. Au revoir.
_Au revoir. »
Sur ce, elle raccrocha et vit Harm qui l’observait. Il s’était adossé à un oreiller après s’être réveillé en entendant la voix de Mac.
« _Alors qu’est-ce qu’il te voulait ? T’inviter à dîner ?
_Très drôle Harm ! Non il voulait juste nous dire qu’ils avaient retrouvés l’agresseur de la jeune femme d’hier.
_Et il ne t’a pas invité à dîner ?
_Non !
_Tiens ça m’étonne, vu son comportement hier j’aurais pu y croire.
_Il pensait qu’on était marié, alors je ne pense pas qu’il se serait permis cet écart.
_Oh tu sais, les hommes sont capable de bien des choses pour assouvir leur désir.
_Ah oui ! Alors prouve-le moi ! »
Harm se jeta sur elle et l’embrassa…
Ils passèrent la journée dans les bras l’un de l’autre.
Le lendemain, ils se levèrent de bonne heure et prirent la direction de l’aéroport car pour eux venait la fin de leur week-end, et Mac redoutait aussi la fin de leur aventure. Elle pensait qu’Harm se défilerait une fois au bureau, qu’il ne serait plus capable de rester avec elle. Mais malgré cela, une petite voix, lui disait qu’il l’aimait, qu’il le lui avait dit, et que plus rien ne les séparerait. Elle monta dans l’avion sur cette dernière pensée plus ou moins réconfortante.
Harm, lui, se disait qu’ils auraient encore du chemin à faire, mais que plus rien ne les empêcherait de vivre leur vie comme ils le souhaitaient. Après tout, elle allait quitter Brumby et vivre avec lui… du moins il l’espérait. Il repensait encore à la nuit qu’ils avaient passée ensemble, à ce moment-là plus rien n’avait compté pour eux, juste le fait qu’ils étaient ensemble, sans rien pour les déranger. Il s’endormit en la revoyant, nue dans ses bras.
Mac, elle, resta réveillée se demandant comment elle allait faire pour dire à Mic que tout était fini entre eux. Il le prendrait certainement très mal, mais elle ne pouvait plus continuer comme ça, Mic n’était pas fait pour elle. Elle devait être honnête avec lui.
Elle s’abandonna au sommeil quelques heures plus tard.
Arrivé à Washington, Harm raccompagna Mac chez elle, mais il ne put s’empêcher de monter avec elle. Elle sortit ses clés de sa poche et ouvrit la porte :
« _Tu rentres avec moi ?
_Il est préférable que je te laisse là, nous aurons du mal à expliquer pourquoi nous arrivons au bureau ensemble.
_Oui, tu as peut être raison.
_C’est même sûr, Sarah, j’ai raison. On se voit tout à l’heure.
_Oui, à tout à l’heure, Harm. » Elle dit ses mots en effleurant doucement ses lèvres avec les siennes, elle sentit Harm réagir sous leur contact, il prit ses lèvres entre les siennes et la prit dans ses bras. Après un long et tendre baiser, Harm repartit sans dire un mot.
Ils se retrouvèrent une demi heure plus tard dans le bureau de Chegwidden.
« _Asseyez-vous, leur dit-il une fois qu’ils l’eurent saluer, comment cela s’est-il terminé ?
_La victime s’est suicidé à la suite d’un chagrin d’amour, Monsieur, lui répondit Harm.
_Rien d’autre ?
_Non, Monsieur.
_Bien c’est parfait. Je vous laisse la fin de la journée pour vous reposer, je vous veux au bureau demain à 8h précise. Rompez !
_A vos ordres ! »
Ils sortirent du bureau de leur supérieur et sans un regard l’un pour l’autre, ils regagnèrent leur voiture respective. Une fois sur le parking du JAG, Mac daigna tourner la tête vers Harm ayant peur de ce qu’elle allait voir. Qu’allait-il faire ? La regarder ? L’ignorer ? Elle ne savait pas quoi penser. Elle le vit, il se dirigeait vers son VSU sans un regard pour elle. Elle s’arrêta devant sa voiture, sortit la clé de sa poche, toujours sans le lâcher des yeux. Et enfin, il leva la tête vers elle sans rien dire, le regard impassible. Puis, il sourit et monta dans sa voiture et fit démarrer le moteur avant de quitter le parking. Elle fit de même se demandant ce que voulait dire ce sourire, puis elle s’éloigna sans voir la silhouette de l’Amiral dans son bureau qui n’avait rien rater de la scène.  » Il s’est passé quelque chose à Hawaii qui les a fait changé, mais je ne veux surtout pas savoir quoi  » pensa t-il sans vraiment croire lui-même qu’il ne chercherait pas à comprendre, il se savait curieux de nature. Et leur comportement le troublait.

Mac arriva chez elle et décida de prendre un bain. Elle fit couler l’eau dans sa baignoire et se déshabilla tout en se disant qu’Harm pourrait être avec elle en ce moment, qu’elle pourrait prendre un bain avec lui au lieu d’être obligé de le prendre seule. Elle se glissa dans l’eau chaude et arrêta de penser, elle finit par s’endormir dans son bain. Elle ne nota même pas l’absence de Mic.

Harm rentra chez lui, se changea et alla faire un jogging dans le Potomac Park. Il courut durant environ 2h30 quasiment sans s’arrêter, il retourna à sa voiture et rentra chez lui. Le jogging lui avait fait du bien, ça lui avait au moins permis de penser à autre chose qu’à Mac. Tout à l’heure sur le parking, elle n’avait pas répondu à son sourire, elle avait presque semblé absente. Il ne savait pas ce que cela pouvait vouloir dire et il avait peur de l’apprendre, il voulait la voir, mais il se doutait bien que Mic serait avec elle et il ne voulait surtout pas voir le Capitaine brise-miche ! Il prit une douche et vers 21h après un court repas, il décida finalement d’aller la voir.
Mac à la sortie de son bain, regarda un peu la télé, puis elle dîna seule, êtant rassurée de ne pas voir Mic. Vers 20h30, Mic rentra, il se dirigea vers elle alors qu’elle faisait la vaisselle :
« _Bonjour chérie, comment vas-tu ?
_Bonjour Mic, je vais bien. » Elle faillit lui dire qu’elle n’allait pas bien du tout, qu’elle avait envie d’Harm et qu’elle était on ne peut plus furieuse après le comportement de Mic au JAG. Mais pourtant, elle s’abstint. Mic voulut l’embrasser sur la bouche, mais Mac tourna la tête ce qui fit que Brumby ne réussit à atteindre que sa joue. Mac l’entendit aller dans la salle de bain, elle ne l’avait même pas regarder, elle s’était contenté de répondre à sa question sans rien ajouter. Il sortit de la salle de bain et alla s’asseoir à côté d’elle sur le canapé. Ils regardèrent ensemble la télévision. Quelques minutes plus tard quelqu’un frappa à la porte. Mic se leva et alla ouvrir. Il vit Harm debout sur le palier, Harm eut l’air surpris de le voir :
« _Mic ? Je ne savais pas que vous étiez là.
_Eh bien si, je passe le plus clair de mon temps ici avec Sarah, lui répondit-il.
_Oui bien sûr, je voulais juste voir comment elle allait.
_Elle va bien, elle va forcément bien, fit Mic excédé.
_Bon bah je ne vous dérange pas plus longtemps, au revoir. »
Mic ferma la porte et Harm ressortit de l’immeuble. Il n’avait même pas pu la voir alors qu’il était venu pour elle… et qui est-ce qu’il avait trouvé ? Brumby évidemment ! Il était en colère après Mic, il aurait voulu lui mettre les points sur les i, lui faire comprendre qu’il n’avait pas sa place à Washington et encore moins auprès de Sarah, mais il n’avait rien dit. C’est Sarah qui devait faire ça et il ne devait surtout pas s’en mêler. Il rentra chez lui après un détour du côté du Washington Monument. Il se coucha à moitié habillé et s’endormit.

« _Qui était-ce ? demanda Sarah quand Mic retourna s’asseoir près d’elle.
_Rabb.
_Et tu ne m’as rien dit ! fit-elle énervée.
_Il voulait juste savoir comment tu allais, se défendit-il.
_Ce n’est pas une raison, Mic ! Harm est mon ami et s’il vient me voir, alors il a le droit de me voir. Ce n’est pas toi qui décide de tout dans ma vie, je suis libre, bon sang !
_Sarah ne t’énerve pas, il m’aurait dit si c’était important.
_Même lorsque ce n’est pas important, Harm a le droit de me voir… Et puis, depuis quand tu piques des crises au JAG parce que je suis partie sur une enquête.
_Je me suis juste un peu énervé.
_Ah oui et pourquoi ? Parce que j’étais avec Harm ? Ce n’est pas une raison ça ! Harm et moi travaillons ensemble depuis bientôt sept ans et ce n’est pas toi qui gâchera l’amitié qu’il y a entre nous. Je ne quitterais pas Washington pour vivre avec toi en Australie, c’est hors de question ! »
Mic était bouche bée, Sarah, elle, était soulagée, elle lui avait dit ce qu’elle avait à lui dire… enfin presque. Le silence s’imposa durant plusieurs minutes, puis Mic lui dit :
« _Sarah, ça va s’arranger tu verras, si tu ne veux pas quitter Washington alors on restera ici.
_Non, Mic ça ne s’arrangera pas, moi je reste à Washington et toi tu fais ce que tu veux… sans moi.
_Sarah… Tu ne peux pas me faire ça.
_Je suis désolé Mic… Mais il le faut, je ne peux plus continuer à te mentir, il faut qu’on arrête tout de suite, ou alors il sera trop tard.
_Alors tu me quittes ?
_Oui…
_Bien… très bien, je repasserai demain prendre mes affaires, quand tu seras au JAG. Mais tu me reverras Sarah… Ça ne se terminera pas comme ça ! » dit-il en se levant et sortant de l’appartement, laissant Sarah seule.
Sarah était soulagée, mais elle se demandait ce que voulait dire Mic par  » tu me reverras « . Elle s’inquiétait… et s’il revenait ? Non, il ne reviendrait pas, il ne devait pas revenir sinon, il souffrirait encore plus quand il verrait qu’elle aurait rejoint Harm… si Harm voulait bien d’elle. Elle s’endormit sur son canapé en pensant à Harm.

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
5 septembre 2002
8h00

Comme le leur avait demandé leur supérieur, ils arrivèrent à 8h tapante. Harm se dirigea vers son bureau en jetant un coup d’œil dans celui de Mac. Il la vit assise, le regard dans le vide. Après avoir posé ses affaires et s’être assis à son bureau, Harm vit Mac dans l’embrasure de la porte, il lui fit signe pour qu’elle rentre et ferme la porte derrière elle.
« _Bonjour Harm.
_Bonjour Mac, comment allez-vous ?
_Je vais bien.
_Ne mens pas s’il te plaît, qu’est ce qu’il se passe ?
_Je l’ai quitté. »
En entendant ses mots, Harm se retint de lui sauter au cou, elle l’avait fait, elle l’avait quitté et maintenant elle était là pour lui, rien qu’à lui. Il ne voulait pas montrer à ses collègues se qui leur arrivait alors il lui demanda simplement :
« _Tu auras le temps de déjeuner avec moi tout à l’heure ?
_Oui bien sûr… Je dois te laisser, j’ai pas mal de choses à faire.
_D’accord. »
Elle ressortit de son bureau et rejoignit le sien. Harm se mit au travail, plus ou moins soulagé par ce qu’il venait d’entendre. Il prit le premier dossier de la pile et l’ouvrit, avant de se plonger dedans.

Ils se retrouvèrent sur le parking pour leur pause déjeuner.
« _Alors où veux-tu aller ? demanda Harm.
_Je n’ai pas faim, je voudrais juste qu’on parle.
_Oui, bien sûr. On va chez toi si tu veux ?
_Non, Mic va passer prendre ses affaires… chez toi plutôt.
_D’accord. » Ils montèrent dans la voiture d’Harm et arrivèrent chez lui, plusieurs minutes après.
Mac s’assit sur le canapé et attendit qu’Harm ferme la porte et s’assoie à côté d’elle pour commencer :
« _Tu es venu me voir hier, je crois ?
_Oui, je voulais savoir comment tu allais. C’est Mic qui m’a ouvert, il m’a dit que tu allais bien. J’étais énervé alors je n’ai pas demandé mon reste.
_Oui, il me l’a dit. Ensuite, Mic et moi, on s’est disputé et j’ai finit par lui dire que je le quittait. »
Harm la regarda sans rien dire, puis il se pencha vers elle et l’embrassa. Il ressentit cette chaleur qu’il avait attendue toute une nuit durant laquelle il n’avait fait que rêver d’elle. Et enfin, elle était avec lui et il pouvait s’embrasser s’en craindre de voir arriver un de leur collègue.
Mac se laissa aller, ils se déshabillèrent et ne pensèrent plus à rien, juste à eux et à leurs envies qu’ils ne pouvaient retenir plus longtemps…

Ils retournèrent au JAG après avoir passé un peu de temps ensemble, ils reprirent tout naturellement le travail, passant du tutoiement au vouvoiement sans trop de difficulté.
Le soir, une fois leur journée finit, ils rentrèrent chez eux à quelques minutes d’intervalle. Harm, après avoir prit une douche et s’être changé, prit sa voiture et se dirigea vers l’appartement de Mac avec un petit détour chez un traiteur chinois.
Il arriva chez elle, frappa, attendit deux minutes et la vit apparaître dans l’embrasure de la porte, vêtue d’une simple serviette de bain bleue.
« _Harm ? Je ne t’attendais pas si tôt. Entre.
_J’ai apporté le repas, fit-il en lui montrant le petit sachet prit chez le traiteur.
_Ah c’est gentil ça, je n’avais rien prévu » lui répondit-elle en l’embrassant.
Mac finit par se détacher de lui pour aller s’habiller. Du moins enfiler un jean et un t-shirt de l’USMC. Ils dînèrent joyeusement tout en discutant de tout et de rien, comme ils avaient l’habitude de le faire avant.
Puis, ils débarassèrent la petite table où ils avaient dîner et se retrouvèrent tous les deux à faire la vaisselle.
« _Mic est passé prendre ses affaires ? demanda Harm.
_Oui, je ne l’ai pas revu depuis hier soir. » Harm n’ajouta rien. Une fois la vaisselle terminée, ils se laissèrent un peu plus aller et se retrouvèrent immédiatement dans le lit de Sarah.

Harm se leva de bonne heure le lendemain matin, il voulait avoir le temps de rentrer chez lui pour se préparer et être à l’heure au bureau. Il s’habilla sans réveiller Mac, mais quand il revint lui poser le petit mot qu’il avait écrit, elle était déjà debout en train de s’habiller.
« _Bonjour Harm, alors comme ça tu me quittes sans rien me dire ?
_J’avais écris un petit mot pour toi » lui répondit-il en lui tendant le bout de papier.
Elle le déplia et lu dans sa tête :  » Bonjour Sarah, je suis parti de bonne heure pour être à l’heure au bureau, je n’ai pas voulu te réveiller car tu es si jolie quand tu dors ! A plus tard, je t’aime, Harm.  »
Elle leva la tête vers lui, sourit et l’enlaça :
« _C’est gentil ça Harm !
_Non, c’est réaliste ! » Ils rirent tous les deux, puis Mac l’embrassa et le laissa partir.

Harm se mit immédiatement au travail et n’en ressortit que le soir vers 20h. Il rentra chez lui, exténué après cette journée de travail. Il avait voulu faire une pause déjeuner, mais l’Amiral voulait que son dossier soit bouclé avant la fin de la journée. Il n’avait pas vu Mac de la journée à part ce matin chez elle. Après avoir pris une douche et s’être habillé, il lui téléphona :
« _MacKenzie à l’appareil !
_Mac, c’est Harm.
_Harm ! Comment vas-tu ? On n’a pas vraiement eu l’occasion de se voir aujourd’hui.
_Oui, c’est vrai.
_Harm ?
_Oui ?
_Tu peux passer ce soir ?
_Eh bien écoute… Oui, bien sûr.
_Tu passe maintenant ?
_Oui, juste le temps du trajet et je suis chez toi.
_D’accord, dépêche-toi.
_OK. »
Il raccrocha juste après elle, descendit les escaliers, prit sa voiture et se dirigea immédiatement vers Georgetown. Il arriva chez Mac quelques minutes plus tard, elle lui ouvrit la porte et l’embrassa. Elle avait prévu un léger dîner, ils se mirent à table et mangèrent tout en discutant. Une fois le repas terminé :
« _Je n’ai pas prévu de dessert, tu ne m’en veux pas ?
_Non… Mais on va y remédier » lui répondit-il en l’embrassant. Ils se retrouvèrent au lit en deux temps, trois mouvements.

Le lendemain matin, Mac se réveilla dans les bras de son beau pilote. Elle ouvrit les yeux, elle avait la tête posé sur sa poitrine et entendait les battements de son cœur. Elle se souleva doucement et regarda l’heure : 9h10. Et merde ! (oups !) : Elle était en retard au travail et Harm aussi par la même occasion. Comment allaient-ils justifié ça ? Elle déposa un baiser sur ses lèvres et murmura son nom :
« _Harm… On est en retard.
_Quoi ? répondit celui-ci à moitié endormi.
_Il est 9h passé Harm, il faut se lever et trouver une justification valable pour l’Amiral.
_Oh non… »
Elle se leva, s’habilla pendant qu’Harm encore endormi tentait d’attacher les boutons de sa chemise. Elle lui vint en aide et lui dit :
« _Il faut se dépêcher, je pars maintenant, je te laisse fermer tu sais où sont les clés.
_OK. »
Elle l’embrassa, puis sortit en grande vitesse de son appartement. Harm finit de s’habiller, puis il rentra chez lui se changea pour mettre son uniforme et se précipita au JAG.
Une fois arrivé, il aperçut Mac dans son bureau, il se dirigea vers le sien, mais fut interrompu par Tiner qui lui annonça que l’Amiral souhaitait le voir immédiatement. Il posa ses affaires sur son bureau et se dirigea vers celui de son supérieur. En passant devant la porte ouverte de Mac, il tourna la tête et lui sourit. Mac lui redonna son sourire et retourna à son dossier.
« _Entrez ! fit A.J en entendant frapper sa porte.
_Capitaine Rabb au rapport selon vos instructions, Monsieur.
_Capitaine, pouvez-vous m’expliquer les raisons de votre retard ?
_Panne de réveil, Monsieur.
_Capitaine ne vous foutez pas de ma gueule !
_Ce n’était pas mon intention Monsieur.
_Bien, je ne veux plus que cela se reproduise et ne me dites surtout pas que le décallage horaire a affecté vos neurones.
_Ce n’est pas le cas Monsieur.
_Bien dans ce cas, je vous prierai d’arriver à l’heure à l’avenir. Est-ce assez clair pour vos neurones, Capitaine ?
_Oui, Monsieur.
_Bien alors, rompez !
_A vos ordres Monsieur. »
Harm le salua et sortit de son bureau pour regagner le sien et se mettre au travail. Au passage, il nota l’absence de Mac, mais ne s’inquiéta pas outre mesure.

Appartement d’Harm
Nord d’Union Station
7 septembre 2002
20h10

Harm se retrouva seul chez lui, après avoir passé la journée dans son bureau. Il appela Mac chez elle, mais n’eut aucune réponse, il essaya sur son portable et eut le même résultat. Il se demanda où elle pouvait être et décida qu’elle ne devait pas avoir de gros problèmes sinon elle l’aurait très certainement appelé. Il réessaya malgré tout une heure plus tard et fit de nouveau chou blanc. Il alla finalement se coucher s’inquiétant pour Mac.

Harm marchait sous la pluie, les orages tonnaient dans le lointain. Il se trouvait en face d’un grand entrepôt, il faisait sombre car la nuit était déjà tombé depuis une bonne heure. Il entra dans l’entrepôt, contourna bon nombre de caisses en acier ou en bois. Il monta sur une échelle rouillée par l’eau qui tombait du toit percé de partout. Il se retrouva au 1er étage, il s’avança un peu et entendit un cri de femme effrayée, il s’élança en courant dans la direction des hurlements. C’est là qu’il aperçut une jeune femme à moitié allongée par terre et un homme la menaçant d’une arme. Il se rapprocha encore et vit que la femme n’était autre que Mac et que l’homme n’était autre que Palmer. Pris de fureur, il sortit son arme de la poche intérieur de son blouson d’aviateur et cria :
« _Palmer ! »
L’homme se retournit et lui dit avec un petit rire :
« _Vous arrivez trop tard, Rabb. »
Il fit de nouveau face à Mac et à l’aide de son arme l’abattit en deux coups de feu. Harm vit la scène se dérouler devant ses yeux, il était furieux contre Palmer, mais il se rendait aussi compte de la gravité de la situation : Palmer venait de tuer la femme de sa vie. Il entendait encore les coup de feu raisonner dans sa tête, il ne pouvait plus bouger, il n’osait plus faire un geste, il se contentait de regarder Mac d’un air hagard. Palmer se retourna et lui dit :
« _Vous n’avez plus qu’à vivre avec ça le restant de votre vie. Vous allez souffrir, Rabb et si vous ne souffrez pas assez, je continuerais à tuer les gens que vous aimez. »

Harm se réveilla en sursaut, entendant encore les paroles de Palmer raisonner dans sa tête. Il s’était assis et regardait dans le vague. Il se leva inquiet, prit le téléphone et composa le numéro de Mac. Il entendait la sonnerie du téléphone,  » Bon sang, Mac décroche!  » La sonnerie continuait de retentir, puis le répondeur se mit en route. Harm raccrocha et essaya sur le portable de Sarah.
Il obtenu le même résultat.
Harm se posait de tas de questions : qu’avait-il pu lui arriver ? Où était-elle passée ? Est-ce que cela avait un rapport avec ce qui se passait entre eux ses derniers temps ?
Inquiet, il s’assit sur son canapé et attendit. Une longue attente. Au juste, il ne savait pas ce qu’il attendait, mais il attendait…
Peut être un coup de téléphone… mais de qui ? Mac ?… Non, elle ne téléphonera certainement pas, elle ne répond déjà pas à ces coups de fil.
Après quelques minutes d’inquiétude silencieuse, il s’endormit.

Il se réveilla le lendemain alors que le soleil était déjà haut dans le ciel de Washington : il était en retard.
Il s’habilla rapidement et se rendit directement à son bureau.
Tiner le prévint que l’Amiral désirait le voir immédiatement dans son bureau.
En passant devant le bureau de Mac, il chercha sa partenaire des yeux, mais ne la trouva nulle part. Il frappa à la porte du bureau de son supérieur hiérarchique, puis entra :
« _Bonjour Capitaine.
_Bonjour Monsieur, répondit Harm au garde à vous.
_Repos… Avez-vous une justification pour votre retard ?
_Non, Monsieur, aucune.
_Bien, vous resterez une heure de plus ce soir… Rompez.
_A vos ordres. »
Harm ressortit du bureau de son supérieur.
Il passa devant celui de Mac. Il sursauta, ce qu’il vit le surprit et le ravit en même temps : Mac était là vraisemblablement en pleine forme.
Il entra dans son bureau et elle leva la tête de son dossier :
« _Bonjour Harm, comment allez-vous ?
_Ça va, répondit-il en fermant la porte derrière lui.
_Ça n’a pas l’air d’aller pourtant.
_Où étais-tu hier ?
_Dehors… Mais je ne pense pas que ce soit l’endroit rêvé pour en parler.
_Je t’ai appelé des centaines de fois, je me suis inquiété.
_Je devais réfléchir, Harm, il ne m’est rien arrivé.
_Tu aurais quand même pu répondre au téléphone.
_J’avais éteins mon portable.
_Bon d’accord admettons… mais la prochaine fois préviens-moi, OK ?
_Oui bien sûr. »
Harm ressortit du bureau de Mac sous le regard de leur collègue. Il regagna son bureau regrettant l’endroit où il se trouvait : il aurait voulu la prendre dans ses bras, l’embrasser, mais non, il ne pouvait pas se permettre cet écart de conduite.
Il se plongea donc dans ses dossiers.
Il n’en ressortit que le soir. Il rentra chez lui, prit une douche, se rhabilla et s’assit sur son canapé.
Il se mit à réfléchir : allait-il la voir ou restait-il chez lui à ne rien faire ?
Finalement il pencha pour la première proposition et sortit de chez lui afin de prendre sa voiture et rejoindre l’appartement de Mac.
Il sonna, et la porte s’ouvrit sur elle une seconde plus tard. Sans dire un mot, elle le laissa entrer, elle le vit se retourner. Elle s’approcha de lui et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Harm se pencha sur elle et l’embrassa. Leur baiser fut long et avide, puis enfin ils se détachèrent l’un de l’autre et Mac dit :
« _J’ai préparé un peu à manger, tu viens t’asseoir.
_Tu avais prévu que je vienne ? demanda t-il.
_Non, pas vraiment, mais je l’espérai. »
Il ne répondit pas et alla s’asseoir.
Ils mangèrent de bon appétit tout en discutant, puis enfin vint l’heure du dessert…

Ils continuèrent à se voir discrètement tous les soirs et de temps en temps le midi jusqu’au jour où ils jugèrent bon d’avertir l’Amiral qui d’après eux avait tout deviné. Ils se rendèrent le matin du 15 septembre dans le bureau de leur supérieur avec la ferme intention de tout lui avoué.
Ils étaient tous deux assis en face d’A.J qui les regardait d’un œil étonné :
« _Alors qu’avez-vous à me dire vous deux ?
_Eh bien, commença Harm, nous voulions vous parler au sujet de certaines petites choses qui se passe dans la vie du Colonel ainsi que dans la mienne.
_Eh bien qu’y a-t-il ?
_Il y a Monsieur, qu’Harm et moi entretenons une relation secrète depuis quelques temps.
_Ah alors c’était donc cela que vous nous cachiez… Je m’en doutais un petit peu… C’est tout ce que vous avez à me dire ?
_Oui je crois que c’est tout, répondit Mac.
_Vous pouvez donc disposer.
_A vos ordres. »
Mac sortit la première laissant Harm dans le bureau d’A.J.
« _Monsieur, je voulais vous dire que si vous deviez muter quelqu’un j’aimerai que ce soit moi.
_J’y réfléchirai en temps voulu Capitaine, rompez !
_A vos ordres. »
Harm ressortit et se dirigea vers son bureau afin de reprendre ses activités habituelles, c’est-à-dire une cour martiale et deux interrogatoires pour la matinée.

CHAPITRE 2 : Proposition

A la suite de leur conversation avec l’Amiral, Harm et Mac avaient fini par tout dire à leurs amis qui étaient ravis pour eux.

Appartement d’Harm
Nord d’Union Station
6 octobre 2002
19h09

Harm et Mac vivait ensemble chez Harm depuis quelques temps déjà. Ce jour-là, Harm avait pris une décision importante dans leur vie et il avait l’intention d’en parler à Mac ce soir.
Ils avaient mangé de bon appétit et Harm voyait venir l’heure de leur discussion à grands pas. Ils s’étaient tous deux allongés dans le lit, et Sarah vint se blottir dans les bras d’Harm comme elle le faisait dorénavant tous les soirs.
Harm prit la parole sans savoir vraiment comment commencer :
« _Mac ?
_Oui ?
_Est-ce que tu te souviens du deal que nous avons fait tous les deux après la naissance du petit A.J. ?
_Oui, bien sûr, mais pourquoi cette question ?
_Eh bien… je pensais que peut être… tous les deux… on pourrait…
_Faire un enfant ?
_Oui… c’est ça.
_Oooohhh… Harm… Oui bien sûr, si tu savais depuis combien de temps j’attend ça.
_Vraiment ?
_Oui bien sûr, je me demandais dans combien de temps tu allais me le proposer.
_Eh bien maintenant que c’est dit on peut peut être se mettre tout de suite au travail !
_Oooohhh… Harm tu es incorrigible ! »
Sur ces mots, Harm et Mac s’envolèrent pour des cieux lointains…

Enfin revenu sur Terre, le lendemain matin, Harm se leva sans faire de bruit pour laisser Mac dormir, il enfila un jean et alla préparer le petit-déjeuner.
Soudain, il sentit un long frisson dans sa nuque, il se poursuivit jusque dans le bas de son dos. Harm, lentement, se retourna et vit Mac encore toute décoiffée de la nuit qu’ils venaient de passer ensemble. Elle était on ne peut plus séduisante munie d’un simple t-shirt emprunté à Harm. Il se pencha sur elle et l’embrassa :
« _Bonjour, lui dit-elle après un langoureux baiser.
_Bonjour, tu aurais du rester au lit je serais venu t’apporter le petit-déjeuner.
_Oh, vraiment, que d’attention pour moi ! lui répondit-elle avec un sourire, je retourne me coucher de ce pas !
_J’arrive tout de suite. » lui dit Harm alors qu’elle montait les marches jusqu’à la chambre.
Harm finit de préparer le café et apporta un plateau qu’il posa sur la table de nuit avant de se glisser sous les draps et d’offrir à Sarah le plus fervent des baisers dont il était capable. Il posa ensuite le plateau entre Sarah et lui sur les draps. Sarah pris sa tasse pleine de café et lança :
« _Ça a l’air délicieux !
_Je l’espère » répondit Harm en la dévorant des yeux.
Elle but une gorgée de café, toujours sous le regard dévastateur d’Harm.
« _Qu’est-ce que tu regardes ? lui demanda t-elle.
_Toi voyons, quelle question !
_Et en quel honneur je vous prie, maître ?
_Et bien, j’étais juste en train de me dire que j’avais vraiment beaucoup de chance d’être avec une femme aussi séduisante.
_Ah oui… Et depuis quand les officiers disent-ils autant de bêtises ?
_Ce ne sont pas des bêtises Sarah. »
Le ton convaincu qu’employa Harm ainsi que son regard dévoreur persuada Sarah qui se contenta de l’embrasser pour toute approbation.
Harm sentit glisser la main de Sarah jusqu’à son caleçon, il interrompit à contre cœur cette excursion fugitive de Mac. Il prit le plateau et le déposa de nouveau sur la table de nuit. Il prit de nouveau les lèvres de Mac entre les siennes et une fois encore, ils sombrèrent dans un océan de plaisir.

Pendant deux bon mois, ils rentrèrent ensemble du travail, dînèrent tous les soirs ensemble et se mettaient au lit afin d’avoir au plus vite la chance d’être parents. Mais cela n’arrivait pas et Mac commençait à désespérer. A chaque test de grossesse, c’était toujours la même chose : négatif ! Elle en avait marre, elle voulait en parler à Harm mais à chaque fois elle s’abstenait : « Ça le blesserait trop », pensait-elle à juste titre, car Harm, lui aussi avait bien vu que quelque chose n’allait pas : cela faisait déjà deux mois qu’ils essayaient d’avoir un enfant et toujours rien. Peut être fallait-il continuer, peut être que ça ne faisait pas assez longtemps, il ne savait plus…
Un soir, Mac ne rentra pas, ils avaient pourtant prévu de dîner ensemble. « Oh et puis elle avait peut être encore du boulot à rattraper  » se dit Harm.
Quand à minuit enfin elle rentra, Harm s’était déjà endormi dans le canapé, le téléphone sur les genoux. Il se réveilla en sursaut en entendant la porte se refermer.
« _Où étais-tu passée ? s’enquit rapidement Harm en se levant et en allant à sa rencontre.
_J’étais chez le médecin, Harm ne t’inquiète pas.
_Chez le médecin ? Mais pour quoi faire ? »
Elle ne répondit pas tout de suite, elle accrocha sa veste sur le portemanteau, puis s’assit sur le canapé. Après un silence qui parut interminable à Harm, Mac dit :
« _Viens t’asseoir s’il te plaît.
Harm obéit, puis Mac poursuivit :
_Je… Tu… Tu vas être papa, Harm !
_… »
Harm ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait, ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il réalisa :
« _Mac… C’est merveilleux ! fit-il en la prenant dans ses bras, mais je ne comprend pas, pourquoi les tests de grossesse n’ont rien dit ?
_Le médecin a dit que les tests n’étaient pas fiables à 100 %, et que nous en étions la preuve vivante » lui répondit-elle avec un sourire.
Harm n’ajouta rien il se contenta de bercer Mac qui s’était déjà blottie contre son torse. Quelques baisers plus tard, Harm et Mac se couchèrent, heureux de la tournure qu’allait prendre leur vie.

Victoria Inn
Washington DC
21 mars 2003
15h10

Harm arborait son magnifique uniforme de bal avec une telle élégance que Mac en s’avançant vers l’hôtel en eut le souffle coupé. Elle était enceinte d’un peu plus de cinq mois et portait une somptueuse robe de mariée qui valorisait son ventre rebondi. Elle avait eu un mal fou à dénicher cette robe dans l’espoir qu’Harm ne penserait plus qu’à lui enlever. En plus de son ventre, on pouvait apercevoir quelques parcelles de la douce peau qui recouvrait ses seins. A ce moment, elle se souvint de la déclaration de mariage que lui avait faite Harm un mois auparavant. C’était si romantique ! Et Harm tendre comme il était, avait pimenté sa déclaration d’une nuit d’amour torride !
Harm regarda s’avancer la femme de ses rêves, elle était décidément la plus belle femme au monde !
Après l’échange des vœux et des alliances, ils s’embrassèrent langoureusement sous le regard envieux de leurs amis. Puis ils descendirent lentement les marches de l’autel improvisé de ce magnifique hôtel cinq étoiles. La foule se pressa au buffet en compagnie des jeunes mariés. Une fois la nuit tombée, Harm emmena sa femme dans leur suite à l’hôtel Victoria… Là où comme vous pouvez le deviner, ils passèrent une nuit de noces très chaude !

Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie
23 juin 2003
14h55

Mac, dorénavant enceinte de neuf mois, se rendit dans le bureau de son mari afin de discuter un peu avec lui. Mais malheureusement, elle ne l’y trouva pas. Elle alla poser la question à Galindez qui lui dit qu’Harm était en cour martiale, très certainement en pleine plaidoirie.
A regret, Mac retourna dans le bureau vide d’Harm et s’assit sur son fauteuil.

**********
« _Comme je l’ai démontré précédemment, pousuivait Harm, mon client n’a pas pu, que ce soit délibérément ou volontairement, assassiner le Caporal Hopkins… »
Le Sergent Galindez entra en trombe dans la salle et dit :
« _Monsieur, votre femme…
_Eh bien quoi ma femme ? se précipita Harm inquiet.
_Je crois qu’elle va accoucher ! »
Harm jeta un coup d’œil au juge qui lui fit signe d’y aller tout en disant tout de même :
« _Nous reprendrons la séance lorsque la défense sera disponible, la séance est levée ! »
Harm accourut dans son bureau suivit de Galindez et de l’Amiral :
« _Chérie ! Ça va ?
_Ooohhh, Harm enfin ! »
Il s’agenouilla auprès de Sarah et lui prit la main pendant que Galindez exliquait :
« _Je l’ai trouvé là agenouillée par terre souffrante, Monsieur et j’ai immédiatement appelé l’ambulance, ils ne devraient pas tarder.
_Très bien Sergent, répondit l’Amiral, ça va faire deux accouchement dans mes bureaux, si ça continue je vais finir par me plaindre ! »

Quelques temps plus tard, Harm assit aux côtés de sa femme sur un lit d’hôpital regardait d’un œil bienveillant leur petite fille, Stéphanie. Elle était toute petite et déjà si mignonne, pensa-t-il en la voyant. Elle ne voulait pas dormir et avait déjà gratifié Harm d’un sourire dévastateur digne de celui de son père ! Elle avait à l’évidence le visage de sa mère et le sourire de son père, quant aux yeux on ne pouvait pas encore déterminer leur couleur !

Durant huit mois, Harm et Mac purent voir leur fille grandir sans arrêt. Elle faisait beaucoup de progrès en peu de temps, et ses parents étaient à chaque nouvel apprentissage un peu plus émerveillés.
Un jour, alors qu’Harm travaillait sur un cas d’harcèlement sexuel, il entendit le téléphone sonner :
« _Rabb !
_Harm ? c’est moi, fit Mac d’une voix bouleversée.
_Quoi ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? lui répondit Harm que la voix de sa femme inquiétait.
_Harm, c’est Stéphanie…
_Quoi ?? Qu’est-il arrivé ??
_Elle… elle…
_Sarah calme-toi et explique moi tout.
_Je préparais le biberon dans la cuisine quand j’ai entendu une porte claquer. Je suis allée dans le salon voir si Stéphanie allait bien, et là je trouve son tapis d’éveil vide. J’ai tout juste eu le temps de voir, par la fenêtre, une voiture démarrer sur les chapeaux de roue.
_Oh mon Dieu Sarah ! Ne bouge pas, j’arrive tout de suite. »
Harm que d’abord la terreur avait paralysé était trop stupéfait pour se rendre compte de l’importance de l’événement. Il se leva précipitamment, sortit de son bureau et faillit heurter l’Amiral qui l’arrêta d’un geste :
« _Rabb ? Où allez-vous comme ça ?
_Stéphanie a disparu, Monsieur, je vais chercher Mac, répondit Harm avec précipitation sans même saluer son supérieur comme il le devrait.
_Bien allez-y, je préviens Webb. »
Harm se dirigea vers sa voiture en courant.

Arrivé devant son appartement, il courut vers Mac qui l’attendait sur le palier et la prit dans ses bras. Mac n’en revenait pas : quelqu’un avait osé lui enlever sa fille, la fille qu’elle avait eu avec l’homme de sa vie. Ce quelqu’un lui avait retiré la prunelle de ses yeux, sa fille s’était toute sa vie, sa raison d’être et on le lui avait enlevé. Maintenant elle ne pouvait plus s’empêcher de pleurer. Harm essayait tant bien que mal de la consoler, se consolant lui en même temps. Il retenait ses larmes découvrant avec effroi l’importance de cet événement. Il jura que la personne qui avait osé faire ça le payerait… et le payerait très cher.
Après un long moment de pleurs, ils retournèrent au JAG et Mac du décrire la scène à Webb qui leur expliqua qu’il allait faire son possible pour la retrouver.

Durant une semaine ils n’eurent aucune nouvelle de leur fille, Webb faisait son possible pour la retrouver mais chaque piste faisait chou blanc. Il avait du vérifier tous les dossiers de Harm, revoir tous les antécédents de toutes les personnes susceptibles d’en vouloir, pour une raison ou pour une autre, à Harm, et à chaque fois il ne trouvait rien d’intéressant. Il avait même lancé un avis de recherche dans tout l’état, mais pour le moment cela ne menait à rien.
Harm et Mac commençaient à désespérer. Depuis la disparition de Stéphanie leur vie semblait s’être arrêter, elle s’était tout à coup vidée de tout sens et de bonheur. Pour Harm, la vie avait réellement commencer lorsqu’il avait, pour la première fois, fait l’amour à Sarah. A cet époque, il désirait déjà avoir des enfants et son rêve s’était réalisé lors de la naissance de Stéphanie. Pour lui, c’était une chance de vivre enfin heureux avec la femme qu’il aimait et la fille qu’il avait tant désirer. Et maintenant son rêve s’envolait comme lorsqu’il avait appris la disparition de son père et qu’il avait du laisser partir son modèle de jeunesse. Cela lui rappelait tous les mauvais jours passés à espérer que son père revienne. Aujourd’hui aussi il espérait… il espérait que Webb retrouverait sa fille, qu’il pourrait enfin la reprendre dans ses bras et lui dire à quel point il l’aimait.
Mac aussi espérait, chaque jour elle pleurait, Harm essayait de la consoler, de lui dire qu’ils la retrouveraient, mais avec le temps il avait lui même du mal à y croire.
Un jour, ils apprirent qu’un indic de Webb avait vu Palmer dans un supermarché au rayon « bébé » : Clark s’était donc échappé de Leavenworth.
Harm fit le rapprochement entre Palmer et la disparition soudaine de sa fille. Il expliqua sa théorie à Clayton qui fit le nécessaire pour retrouver Palmer.
Deux jours plus tard, Clark avait été repéré dans une usine désaffecté près de Baltimore. Ce soir-là, Webb appela Harm chez lui pour le prévenir. Après plusieurs minutes de réflexion, Harm décida d’y aller seul, mais Mac insista pour l’accompagner :
« _Harm, c’est ma fille aussi, je veux venir avec toi.
_Mac, c’est trop dangereux, il est hors de question que tu viennes.
_Bon très bien, mais tu me préviens si tu le retrouves.
_Oui, à plus tard, lui dit-il en sortant.
_Bonne chance ! »

Usine désaffecté
Non-loin de Baltimore
16 février 2003
17h30

L’usine était quelque peu détruite, la plupart des fenêtres étaient cassées, les seules qui restaient debout étaient grisâtres voire noirâtres. Les murs étaient fissurés de partout. Ce qui semblait être la porte principal n’était plus qu’un amas de bois. Harm entra et vit que la désolation extérieure de l’usine n’était rien comparé au désordre qui régnait à l’intérieur. On lui aurait dit que la Seconde Guerre Mondiale s’y était déroulée que ça ne l’aurait pas étonné.

**********
Pendant ce temps, Mac qui ne voulait certainement pas rester seule à attendre sagement le retour de son mari, prit sa voiture et roula droit en direction de l’usine. Bah quoi c’est vrai, elle n’allait tout de même pas restée à patienter pendant que la vie de sa fille était très certainement entre les mains d’un sociopathe comme Palmer.

**********
Harm contourna des caisses en bois et en acier et se retourna face à face avec son ennemi de toujours : Clark Palmer.
« _Rabb ! Vous voilà enfin, cela fait un moment que j’attend, vous auriez quand même pu vous dépêcher ! fit Palmer avec ironie.
_Où est ma fille ?
_Oh ! Pas de précipitation !
_Où est-elle Palmer ? s’énerva Harm qui n’avait vraisemblablement pas envie de rire.
_Elle est quelque part dans le coin, lui répondit Palmer en sortant un 9 mm de sa poche, mais d’abord on a un compte un régler tous les deux. Dois-je vous rappelez qu’à cause de vous, j’ai du vivre un enfer dans cette satané prison ? Il fallait que je me venge vous comprenez ? Je ne pouvais pas vous laissez gagner. Mais rassurez-vous, je ne voulais pas la tuer, je voulais seulement que VOUS souffriez et je crois avoir assez bien réussi mon coup !
_Vous n’êtes qu’un …… (censuré) ! s’emporta Harm.
_ Mais maintenant que j’ai bien ris, il est l’heure pour moi d’en finir avec vous et votre descendance. Oh ! et j’allais oublier ce cher Colonel MacKenzie ! Je m’occuperais d’elle une fois qu’elle aura bien souffert de votre décès.
_Laissez ma fille en vie, Palmer. » implora Harm.
Palmer n’eut pas le temps de placer un seul mot : Mac, sortie de nul part, interrompit Palmer qui tira une balle dans sa direction. Harm ne put que la voir s’effrondrer. Palmer s’apprêtant à faire feu sur Harm s’écroula une balle dans la cuisse. Il n’eut que le temps de dégoupiller sa grenade et de la lancer en direction de l’inconnu qui lui avait tiré dessus. L’explosion retentit dans toute l’usine ce qui eut pour effet de faire trembler les murs encore entiers. Harm fut secouer par la déflagration, mais pu quand même voir Palmer se relever et entamer sa fuite. Harm sortit son arme de service et tira sur l’homme qui aurait mieux fait de rester à Leavenworth. Il s’écroula, une balle dans le dos : cette fois il avait son compte !
Harm, partagé entre la peur et la haine, courut en direction de Mac qui se releva en le voyant s’approcher :
« _Tu n’as rien ? lui demanda t-il avec un soupir de soulagement.
_Non et toi ?
_Ça va… Il faut retrouver Stéphanie.
_Tu crois qu’elle… qu’elle est encore en vie ?
_Elle est en vie Sarah ! Il le faut ! »
Ils se mirent à la recherche de leur fille, enjambant les décombres, il trouvèrent l’homme qui avait tiré sur Palmer… mort, le visage ensanglanté et brûlé par la déflagration de la grenade.
A ce moment, comme un miracle venu d’on ne sait où, ils entendirent les pleurs caractéristiques de leur petite fille. Ils coururent dans leur direction et trouvèrent Stéphanie emmitouflée dans des couvertures de fortune. Mac la prit dans ses bras.
Webb, accompagné de ses hommes, sortit de l’ombre et demanda :
« _Tout va bien ? Où est Palmer ?
_Nous ça va, répondit Harm, Palmer est quelque part là-bas, mais il ne fera plus jamais de mal à personne. »
Webb voyant qu’il dérangeait ces retrouvailles plus qu’autre chose, s’en alla. Harm prit Mac et sa fille dans ses bras et les embrassa toutes les deux. Il était soulagé d’avoir retrouvé Stéphanie, il se sentait transporté d’une joie immense, tellement immense qu’il en avait du mal à retenir ses larmes. Mac, elle, ne les retenait plus, elle pleurait de joie et de bonheur. Bonheur qui resta gravé dans leur mémoire pendant encore très longtemps. Bonheur tellement immense qu’ils décidèrent deux ans plus tard d’avoir un deuxième bébé. Ce fut un garçon, ils le prénommèrent David. Et plus rien ne vint entraver le bonheur de cette si belle famille.

THE END…

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