On this Christmas day

 

En ce jour de Noël

Traduction par StephJag

Spoilers : « Answers Prayers / Joyeux noël » et « Critical Condition / Etat Critique »

Résumé : Deux personnes se retrouvent seules pendant la période de Noël, pour découvrir rnqu »en fait ils n »ont jamais été seuls. Une histoire de Noël qui se déroule pendant la saison huit, rnmais sans vrai rapport avec « All Ye Faithful »

23 décembre 2002
13:37 EST
Quartier Général du JAG
Falls Church, Virginie

« Alors quand partez-vous ? »

Mac sourit en montrant le bureau vide « Devinez. »

« Je vois » Harm observait son bureau de la place avantageuse qu’il occupait dans
l’encadrement de la porte. « Cela pourrait rester propre comme cela ne l’a jamais été ici. »

« Oh c’est très gentil. Joyeux Noël à vous aussi. » Elle roula des yeux et se leva, elle prit sa
mallette. « Dernière chance. Vous êtes certain de ne pas vouloir m’accompagner ? Ce ne sera
rien de très compliqué, et je suis sûre que Martha sera heureuse que vous soyez là. »

« Vous n’avez pas vu Chloé depuis une éternité. Vous avez besoin de temps entre sœur » Il
sourit à son air d’enfant impatient débordant d’enthousiasme scintillant dans ses yeux
noisette. « Faites-lui un câlin pour moi »

Mac le regarda essayant de connaître ses vrais sentiments. Comme toujours ce n’était pas une
tâche facile, mais elle suspectait qu’il n’était pas aussi heureux qu’il prétendait l’être. « Vous
vous sentez vraiment bien avec le fait de rester ici tout seul ? »

« Je serai difficilement seul. Je serai avec Bud, Harriet et tous les autres le soir de Noël. »

« Et le jour de Noël lorsque tout le monde fera des choses en famille ? Je vous en prie Matelot
vous n’avez pas à être celui qui est de service cette semaine chaque année, vous savez. »

« Mac, les seules personnes à qui je rends visite sont hors du pays. Maman et Franck rendent
visite à quelques-uns uns des leurs proches chez eux en Espagne… »

« Ce doit être chouette » commenta-t-elle.

« … et Sergei avait besoin d’être avec sa mère cette année, honnêtement cela ne me dérange
pas tant que ça. Je les verrai tous à un autre moment. Pourquoi quelqu’un d’autre devrait-il
être coincé ici alors que je suis disponible ? »

Elle secoua la tête « La logique n’est pas tout, elle est fragile vous savez. »

« Oui » Il recula pour lui permettre de passer, ensuite il la prit rapidement dans ses bras. « Je
vous verrai pour la nouvelle année n’est-ce pas ? »

« Absolument. Nous allons faire en sorte que la TV qui est la vôtre soit bien utilisée: nous
regarderons le football. »

« Et bien voilà quelque chose qu’il me tarde de faire. Joyeux Noël Mac »

« Joyeux Noël à vous Harm. »

Il la regarda disparaître à travers les portes vitrées, puis se retourna, pour s’apercevoir que les
bureaux étaient pratiquement vides. Il lui avait dit la vérité, se raisonna-t-il : cela ne le
dérangeait pas d’être de service à une période si proche des vacances. Au moins il avait
d’autres choses avec lesquelles il pouvait s’occuper l’esprit pendant qu’il était ici. Il ne devait
pas sans cesse penser à des choses telles que la soudaine disparition de Sergei, ou discutailler
de ses cravates un peu froissées avec sa mère depuis la guerre pour la citoyenneté, ou des
questions continuelles qu’il avait dans la tête se demandant ce qu’il faisait de sa vie ces
derniers temps.

Ensuite comme presque tous les bureaux de la région, le QG du JAG serait fermé le 25
décembre. Pour ce jour-là, du moins, il devait trouver une autre méthode de dénégation.

A 18h00, il fit les vérifications de sécurité de fin de journée, rendit son salut à la sentinelle
postée à la grille, et monta dans sa Lexus pour rentrer chez lui. Lorsqu’il tourna la clé de
contact pourtant, l’idée de rentrer chez lui dans son appartement eu soudainement l’air bien
moins séduisante, et il décida de marcher jusqu’au mémorial pour réfléchir.

Il faisait relativement chaud pour un mois de décembre à Washington, mais il faisait tout de
même assez froid pour qu’il ferme les boutons du manteau qu’il portait en plus de son
uniforme. Il marcha le long de l’interminable mur noir pendant un moment, levant à peine la
tête. Il reviendrait bien assez vite de son pèlerinage annuel la veille de Noël. Cela ferait trente-
trois ans cette année que le nom de son père avait été ajouté au terrible rôle que constitue ce
mur. Trente-trois ans. Il se sentait vieux rien que d’y penser.

Il fit une pause arrivé pratiquement au coin de monument, où le mur arrivait bien au-dessus de
sa tête et en observa sa longueur. C’était une vue impressionnante, et déprimante à la fois.
Chaque nom faisant à peu près 2,5 centimètres de hauteur, et pourtant il fallait bien ça pour
les rendre tous.

« Excusez-moi, monsieur ? »

Harm se retourna, surpris par la voix. Il releva vaguement la présence d’une personne en
chaise roulante qu’il avait dépassée plutôt, il avait présumé que c’était un vétéran venant
montrer du respect à un camarade tombé au feu. Maintenant, pourtant, il pouvait voir que la
chaise était en fait occupée par une jeune femme, qui avait les joues rougies par le vent. « Je
suis désolé de vous ennuyer. Si vous préférez ne pas être dérangé, je comprends. »

« Non, tout va bien. » Il fit un sourire et s’approcha. « Puis-je vous aider en quoi que ce
soit ? »

« J’avais espéré que vous pourriez me faire une faveur. » Elle lui tendit une feuille de papier
et un crayon, s’excusant du regard. « Le nom que je voudrais ce trouve juste là sur ce
panneau, et je ne peux pas l’atteindre. Cela vous dérangerait-il ? »

« Pas du tout. » Il lui prit le papier et le crayon et s’approcha du mur. « Dirigez-moi juste dans
la bonne direction. »

« Trois rangées au-dessus. Anthony Garrett. » Lorsqu’il tint le papier au-dessus du bon
emplacement et crayonna dessus, il le mémorisa avec soulagement, la fille pressa ses mains
gantées l’une contre l’autre pour les chauffer. « J’imagine ne pas avoir choisi le meilleur
moment pour venir ici. Je suis en ville depuis septembre, et j’avais l’intention de faire ceci
avant, mais je n’ai pas pu jusqu’à maintenant. »

« Je ne voudrais pas me montrer indiscret, mais vous ne pouvez pas être assez âgée pour qu’il
soit votre père. »

« Mon oncle pour être exacte. Spécialiste de première classe Garrett pour être précise. Il
manque encore toujours à ma mère. Je ne l’ai jamais connu évidemment, mais… » Elle haussa
légèrement les épaules puis sourit quand il lui rendit le papier crayonné. « Merci beaucoup
Capitaine »

Il fut surpris une fois de plus. « Vous connaissez les grades ? »

« Mon frère est chef technicien, stationné à Pensacola. Elle lui tendit la main. « Leigh
Winslow, à propos. »

Il prit sa main. « Harmon Rabb »

Leigh regarda à nouveau son épaule. « Je crains que je ne connaisse pas tous les insignes. Ce
n’est pas médical n’est-ce pas ? »

« Désolé – légal. Je suis au quartier général à Falls Church. »

« Vraiment ? Je pense faire l’école de droit. Enfin quand j’aurai terminé mes études, j’y
penserai. Je viens de commencer à Georgetown cet automne. J’ai terminé ma première session
d’examens finaux la semaine dernière. Je peux vous dire que c’est une merveilleuse
sensation. »

Elle fit un autre sourire rapide, un sourire qui lui dit que ça marchait. C’était une jeune femme
qui était juste au commencement du voyage de sa vie, et elle ne cachait pas son excitation à ce
sujet. C’était en quelque sorte rafraîchissant de voir cet optimisme en elle.

Il regarda la rue et prit une décision. « Ecoutez, il fait horriblement froid ici. Si cela ne vous
paraît pas trop étrange, cela vous dirait d’aller prendre un café ? »

Fronçant les sourcils, elle inclina la tête et dit clairement « Bonne idée. »

« Très bien. Avez-vous besoin de um — » Il s’arrêta lorsqu’elle défit adroitement les freins
de sa chaise et roula pour monter sur le trottoir.

« Je n’ai pas besoin de grand-chose. » Répondit-elle, toujours souriante. « Allez-y. »

Il y avait un petit café restaurant de l’autre côté de la rue qui faisait une excellente recette,
même par ce temps glacial. Leigh manoeuvra sa chaise jusqu’à une table en coin pendant que
Harm passait commande.

« Vous n’êtes pas d’ici » commença-t-il afin d’engager la conversation. « Personne ayant
grandi dans une ville comme celle-ci ne laisserait un étranger deux fois plus âgé qu’elle lui
payer un café. »

« Et bien j’aime à penser que chaque Capitaine de la Navy n’est probablement pas un
criminel » fit-elle remarquer, enlevant son bonnet de laine et secouant une de ses boucles
blond foncé. « Mais non je n’ai pas exactement grandi dans une métropole en plein essor. Je
suis venue ici à l’école afin de voir ce que donne la vie citadine, et jusqu’à présent j’aime
ça. »

« Vous n’avez aucun problème pour vous déplacer ? »

« J’ai mémorisé l’horaire du bus. »

« Ce n’est pas exactement ce que je voulais dire. Etre ici toute seule — c’est
impressionnant. »

« Lorsqu’il enleva son manteau, son regard s’arrêta immédiatement sur ses ailes. « Whoa,
temps mort, vous êtes également pilote ? D’une manière ou d’une autre cela n’était pas
encore dans la conversation avant. »

« Je volais sur des Tomcat dans la première partie de ma carrière. Je ne le fais plus beaucoup,
mais ce n’est pas vraiment quelque chose qui s’efface »

« Je peux me l’imaginer. Bien … peut-être pas. » Elle but une gorgée de café d’un air demi
chagriné. « Vous pouvez comprendre pourquoi une carrière est impossible pour moi. »

Harm mesura ses pensées et choisit de continuer « Dites-moi de me mêler de mes affaires si
vous voulez, mais — »

« Accident de voiture, » répondit-elle aisément, avant qu’il ait pu finir sa phrase. « J’avais
onze ans. Il y eut des dommages limités à la colonne vertébrale — je peux sentir mes jambes,
mais elles ne sont plus là que pour faire joli. »

« Ça a dû être difficile de s’y habituer. »

« Je me débrouille bien à présent. Comme je l’ai dit les bus m’aident vraiment. » Leigh haussa
les épaules dédaigneusement et croisa les bras. « Mais peu importe. Vous étiez surpris que j’ai
dit oui pour le café, mais je dois dire que j’ai été surprise qu’on me le demande. La plupart de
gens courent dans tous les sens, paniqués deux jours avant Noël. N’avez-vous pas des choses
plus urgentes à faire ? »

Il y avait une certaine réserve dans cette question, si petite qu’il ne la perçut presque pas.
Presque pas. « Hey si vous êtes inquiète que je puisse faire cela par charité — »

« Je ne le suis pas. Du mois pas beaucoup. » Son expression de confiance disparut pendant
une seconde. « C’est juste que… vous savez, lorsque vous passez votre vie dans une de ces
chaises, une certaine dose de pitié accompagne ce fait. Ce que je veux dire, c’est que si vous
me voyez comme cela vous ne seriez pas le premier. »

« Et bien ce n’est pas le cas » répondit-il en toute honnêteté. « En fait vous me faites une
faveur. Je voulais rentrer chez moi et au fond contempler le mur toute la soirée. Ceci et une
bien meilleure manière d’utiliser mon temps. »

Son sourire très caractéristique fit une sorte d’effet sur elle, mais au lieu d’en être éblouie, elle
sembla pressentir qu’il cachait quelque chose. « Pas de cadeau de dernière minute à acheter ?
Pas de parents qui viennent vous rendre visite pour vous taper sur les nerfs ? »

« Ni l’un ni l’autre. Mon frère est absent, ma mère et moi semblons aller mieux lorsque nous
ne nous parlons pas trop, et mon père… et bien, il est la raison première pour laquelle je vais
au mémorial. » Il prit son café, en la regardant « Et vous ? »

« Mes cadeaux sont achetés, emballés et postés. Mon frère est de service et il n’a pas assez de
temps libre. J’avais pensé essayer de rentrer chez moi pour Noël, mais avec l’école et tout, je
n’ai pas vraiment les moyens financiers. Ce n’est pas grave. Tous mes cousins m’ont promis
de m’appeler par téléphone du grand rassemblement. »

« Quand même, vous serez toute seule pour la première fois pour les vacances, » précisa-t-il.

« Je ne serai pas seule. » Innocemment ces mots faisaient écho à ceux qu’il avait dit à Mac
pour la rassurer, quelques heures plutôt. « De plus, je ne vois pas pourquoi cela devrait être
plus simple pour vous, simplement parce que vous l’avez déjà fait avant. »

Elle marquait un point, il devait l’admettre à contrecœur. « Noël n’a jamais été la meilleure
période de l’année pour moi, c’est lorsque mon père a disparu donc… » Il leva les bras au ciel
dans un geste d’impuissance. « Je ne sais pas. Les seules fois où j’ai un peu apprécié Noël
c’était lorsque ma meilleure amie était présente, et cette année elle ne l’est pas. »

« Je vois ce que vous voulez dire. ? Mon frère a utilisé tout son argent pour acheter ce grand
traîneau avec un vrai siège dessus. Il a mis ses patins de hockey et m’a promenée sur le lac
pendant au moins une heure. Nous l’avons fait chaque année depuis lors, aussi, c’est donc un
peu difficile de s’imaginer Noël sans. »

« La seule tradition que Mac et moi avons c’est d’aller dans des directions opposées et de
malgré tout nous retrouver au même endroit à Noël. Elle fait aussi partie du JAG alors ce
n’est pas facile, comme d’habitude nous regardons « La Vie est Belle » ou essayons de faire
des cookies, ou jouons aux cartes jusqu’à ce que l’un de nous s’endorme. Mais quoi que l’on
fasse nous sommes toujours ensemble, d’une manière ou d’une autre. »

« Et cette année ? »

« Dégueulasse, » répondit-il spontanément, ce qui la fit rire et grimacer en même temps. Elle
est avec la famille de sa petite sœur. Chloé a eu dur pendant longtemps, et Mac a en quelque
sorte été son mentor et l’a vraiment aidée. Non ça va aller. C’est juste, vous savez,
ordinaire. »

Leigh le regarda un instant, un petit sourire lent éclairait ses yeux. « J’ai une idée, » proposa-
t-elle. « Est-ce que vous devez travailler demain ? »

« Nous n’avons pas congé la veille de Noël, mais il n’y a pas grand-chose à faire, alors la
plupart du temps nous pouvons partir plutôt. Pourquoi ? »

Elle était déjà en train d’écrire une adresse sur sa serviette de table. « Si vous avez le temps,
venez à cet endroit demain après-midi. Cela pourrait vous aider à être un peu plus dans
l’esprit des choses. A défaut de mieux, vous aurez quelque chose à faire. »

Il ne la connaissait même pas, vraiment, mais il la crut. « Je serai là, » dit-il doucement.
« Dites-moi, puis-je vous raccompagner quelque part ? Ce serait bien plus chaud que
d’attendre le bus. »

« Pour autant que vous ne conduisiez pas une Miata ou un truc du genre. » Le regard moqueur
qu’elle jeta sur sa chaise roulante combiné à de grands gestes le fit rire.

« Pas d’inquiétude. C’est un monospace. »

« Dans ce cas, un tour en voiture serait très agréable. Merci. »

Il gara la Lexus devant la porte et la regarda, silencieusement, demandant la permission.
Quand elle acquiesça, il se baissa, la prit et la souleva sur le siège passager. Pliant la chaise et
la plaçant dans le véhicule, il s’installa à la place du conducteur.

« Je ne laisse pas n’importe qui me soulever de terre, vous savez remarqua-t-elle alors qu’ils
attachaient leur ceinture de sécurité. « J’ai l’impression que ce doit être extrêmement facile
d’avoir le béguin pour vous, Capitaine. »

Le ton taquin de sa voix le fit sourire. « Appelez-moi Harm. Où allons-nous ? »

« En fait, il est encore tôt. Quelle heure est-il, huit heures ou dans ces eaux-là ? »

« Dans ces eaux-là. »

« Dans ce cas, vous pourriez aussi bien m’emmener à l’adresse que je vous ai donnée. Prenez
à droite au second feu. »

Dix minutes plus tard, il l’aidait à sortir de la voiture en face d’un immeuble en brique
quelconque. « Merci pour la promenade, pour le café et spécialement pour la compagnie.
Lorsqu’ils vous relâcheront demain vous saurez où me trouver. Prenez soin de vous, Harm. »

« Vous aussi, Leigh. » Il la regarda roulez en direction de la porte, qui s’ouvrit lorsqu’elle
appuya sur le bouton d’accès. Lorsqu’il disparut dans l’immeuble, il perçut finalement un
petit panneau dans la vitre : Horizon House.

Arrivé chez lui, il fit une recherche sur le Web. Horizon House était apparemment un centre
pour enfant défavorisé et handicapé dont les parents avaient perdu la garde ou étaient
simplement incapables de prendre soin d’eux de la manière dont ils avaient besoin. Le centre
avait une petite équipe qui travaillait à temps plein mais dépendait essentiellement d’un
nombre de volontaires, desquels il suspectait que Leigh faisait partie. L’idée l’impressionnait
immensément. Voila qu’elle était ici, commençant à l’école dans une nouvelle ville, faisant
face à bon nombre de défis personnels — et elle accordait son précieux temps libre à d’autres.

Fasciné par cette jeune femme exceptionnelle et sa bonne humeur, il s’aperçut qu’il avait hâte
d’être au lendemain, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

A suivre

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