River of grass

Chapitre 24

J’ai quelques idées sur les raisons pour lesquelles cet endroit s’appelle le Club Deluge, mais ca tient encore de la devinette. C’est soit parce qu’il est construit au-dessus de plusieurs grands aquariums et qu’il y en a d’autres construits dans les murs, soit parce qu’il fait tellement chaud ici que tout le monde est en nage.

Ca sent comme dans les vestiaires d’un lycée avec une odeur d’alcool en plus, et j’imagine que pour totalement apprécier ce genre d’atmosphère, il faut être plus jeune et faire le genre de trucs que les gamins dans le coin sont en train de faire. Une fille s’approche de moi et me pose une question, mais je n’arrive pas à la comprendre dans tout ce vacarme. De toute façon, je pense que je préfère ne pas savoir. Elle était vraiment trop jeune.

« Vous pourriez être son père, » dit l’agent Larson en se penchant vers moi et en parlant plus fort que la musique.

« Merci. Vous avez trouvé quelque chose?» je demande en étudiant la foule à la recherche de Mac. L’agent Larson tient une très vieille photo d’Angie extraite d’un annuaire de lycée, que quelqu’un a trouvé tard dans l’après midi. La femme de la photo est beaucoup plus jeune que celle que nous avons vue, mais Larson nous a dit qu’elle était douée pour reconnaître les gens.

Si elle ressemble toujours à la photo que Mac et moi avons vue, elle doit se fondre parfaitement dans la foule ici. Trop jeune pour vivre comme ça, mais rien de mieux à faire. Je n’arrive pas à l’imaginer vivre cette vie, et vivre aussi dans cette caravane pourrie là bas dans les Everglades, à prendre sa douche quand il pleut et à utiliser un générateur.

« Pas encore. Je vais aller regarder dans les pièces de derrière. C’est là qu’il y a de l’action … à moins que vous ne préfériez vous en charger, matelot? » demande t’elle, en m’encourageant un peu. Il me faudrait un petit moment pour m’habituer à son attitude, mais je pense que ca serait possible. J’ai déjà eu des équipiers pire que ca.

« Non. Je ne voudrais pas vous priver de ce plaisir» dis je au moment où j’aperçois enfin Mac de l’autre coté de la pièce. Elle se faufile dans les toilettes avant même que j’ai réussi à rencontrer son regard.

« Honnêtement, Capitaine, ce n’est pas le genre de population que j’apprécie» dit elle. Nous sommes tous les deux debout près du mur, examinant la foule avec une attention équivalente.

« Comment ça? Ils sont trop jeunes? Vous préférez les hommes d’age mur?» je demande en regardant un bande de types se lisser les plumes avant d’approcher un groupe de filles hors de leur portée. Ils se font jeter en beauté avant même d’avoir ouvert la bouche. Les filles tournent les talons et s’éloignent.

« Non, ils sont trop sages, » dit elle calmement, d’une voix qui est à peine plus forte que la musique latine qui emplit la pièce.

« Ahh… ok, » dis je en baissant les yeux vers elle. Elle me rend mon regard et me sourit.

« Je ferais mieux d’aller vérifier les autres pièces. Votre petite amie arrive» dit elle en s’éloignant de moi et en disparaissant dans la foule.

« Je ne la trouve pas, » dit Mac en prenant la place de l’agent Larson à mes côtés.

« Nikki va vérifier dans certaines pièces où je pense que nous ne préférons pas mettre les pieds, » dis je en essayant de couvrir le bruit de la musique qui vient encore de changer, pour quelque chose d’encore plus fort. Ma main frôle la sienne, et j’ai envie de la prendre.

« Tiens, c’est Nikki maintenant? » dit Mac avec une sorte de moue boudeuse que je n’ai encore jamais vue avant, ou peut-etre simplement jamais remarquée.

« Mac, tu n’as vraiment pas à t’inquiéter pour l’agent Larson … ou pour n’importe quelle autre femme … pour tout un tas de raisons, mais surtout parce que c’est avec toi que je veux être, tu comprends?» je demande en prenant le bout de ses doigts dans les miens.

Avant qu’elle ait l’occasion de répondre, on entend un vacarme qui vient de l’endroit où s’est rendu l’agent Larson. Mac et moi nous y précipitons et nous trouvons Larson qui tire deux personnes à moitié nues par le peu de vêtements qui leur restent. L’une est une femme blonde qui essaie de se couvrir, l’autre un homme jeune avec des cheveux courts et une plaque d’identité autour du cou.

« Regardez qui j’ai trouvé jouant à la dolce vita dans le fond là bas. Où sont les caméras de télévision quand on en a besoin? » demande Larson avec un grand sourire, et le second maitre David Jacobs lève le visage vers moi et me regarde.
A suivre

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