River of grass

Chapitre 25

« C’était stupide, Jacobs, » crie Breen au jeune quartier maitre, mais ce dernier ne bouge pas. « Son fichu père veut ta mort. La marine des Etats Unis est à ta recherche. *Et* le FBI *et* l’ATF et Dieu seul sait qui encore, et tu n’arrives même pas à garder ta queue dans ton pantalon assez longtemps pour éviter les ennuis. »

Nous sommes de retour au bureau du FBI et nous avons écouté Jacobs nous déballer les mêmes conneries pendant des heures. Ce n’est pas vraiment mieux avec Angie. Sauf qu’elle pleure toutes les dix minutes. Je suis assis dans un coin, je regarde Jacobs, je sais qu’il va devenir bien assez tôt mon problème à moi. Pour l’instant, nous voulons juste savoir où se cache Elsworth avant qu’il puisse faire davantage de tort aux planteurs de canne à sucre.

« Je ne sais pas de quoi vous parlez, monsieur, » dit Jacobs, assis aussi droit que possible sur sa chaise pliante en métal.

« Arrêtez vos conneries, Jacobs. Ce n’est pas comme si on ne s’était encore jamais rencontré, tous les deux, » dis je, mais il ne bouge pas.

« Je connais mes droits, monsieur, » dit il en me jetant un regard rapide avant de détourner les yeux. « J’ai le droit d’avoir un avocat. »

« La Marine va s’en occuper, Jacobs. Le juge avocat général va commettre quelqu’un pour poursuivre cette affaire et vous feriez bien d’espérer que ce ne soit pas moi, » dis je en me levant et en le regardant de haut. Je suis fatigué de son attitude. Je sui fatigué de ce qu’il dit. Je suis fatigué de ce type.

« Est ce que vous assigner à me defendre ou à me poursuivre ne serait pas un conflit d’intérêt, monsieur? » dit Jacobs, incapable de se taire quand il le devrait.

« Garde à vous! » dis je quand la porte s’ouvre à la volée. Jacobs se lève et sa chaise tombe en arrière quand lui et moi nous mettons au garde à vous. Breen nous regarde avec curiosité et se réfugie dans le coin le plus éloigné de la pièce pour le moment. Il sait qu’à la fin, c’est la marine qui aura juridiction dans cette affaire de toute façon.

« Repos, » dit l’amiral Chegwidden en entrant dans la salle d’interrogatoire. Sans même me dire un mot, il s’avance à quelques centimètres du visage de Jacobs, le faisant presque tressaillir. « Alors, c’est à vous que nous devons tout ce bazar de ces derniers jours. C’est à cause de vous que deux personnes de mon équipe ont été enlevées et retenues dans les Everglades… »

« Ca n’a pas eu l’air de les déranger tant que ca. Ils m’ont semblé plutot à l’aise… »

« Vous ai-je demandé votre opinion sur leur voyage, quartier maitre Jacobs? Je ne m’en souviens pas, et vous? » demande Chegwidden, en s’approchant encore un peu. Jacobs pourrait dire beaucoup de choses qui provoqueraient un sacré niveau de problèmes à l’extérieur de cette pièce. Ses yeux me cherchent rapidement du regard, mais je ne laisse rien paraitre.

« Monsieur. Non, monsieur, » dit Jacobs. Je me rends compte que son cerveau continue à tourner. Il veut tout déballer. Il pense que c’est l’atout qu’il a contre moi, mais je préfererais foutre en l’air ma carrière que regarder cette petite fouine retourner ramper dans son marais.

« Alors, quartier maitre Jacobs. vous étiez la taupe de m. Elsworth. Où irait il? » demande Chegwidden en faisant l’impasse sur tout le fatras qui n’est pas essentiel, sur lequel nous reviendrons très probablement plus tard.

« Je ne sais pas, monsieur. Il m’a dit d’aller me faire foutre. C’est ce que j’ai fait, » dit Jacobs en continuant à me regarder du coin de l’oeil. Je sais qu’il ment. Il sait tout sur cette opération, mais il ne sera pas celui qui vend la mèche.

« Ca sera tout pour l’instant. Nous nous occuperons des autres accusations auxquelles vous allez devoir répondre plus tard, quartier maitre Jacobs. Agent Breen, puis je rester seul quelques minutes avec le capitaine Rabb? » demande l’amiral sans regarder aucun de nous.

« Oui. Je vais aller voir comment l’agent Larson et le colonel Mackenzie s’en sortent avec Angie Elsworth. Faites moi savoir si vous avez besoin de quelque chose, » dit Breen en conduisant Jacobs à l’extérieur de la petite pièce.

« Et bien, capitaine . . . y a t’il quelque chose dont vous voulez me parler? »

A suivre

1434 vues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*