River of grass

Chapitre 29

Mac et moi frappons à la porte de la dernière adresse connue de Jeremy Lowman. Ce n’est certainement pas l’adresse qu’Angie nous a donnée. Je ne sais pas bien qui elle essaie le plus de protéger. Son père, Jeremy ou David Jacobs.

C’est une maison d’apparence correcte dans un quartier tranquille. Elle n’est pas très récente, mais elle dégage un charme typique à la Floride, jusqu’au flamand rose en métal planté dans la pelouse de devant.

« Que puis je faire pour vous » nous demande une femme qui ouvre la porte. Elle est afro américaine et porte une blouse d’infirmière de couleur pêche avec un badge dessus qui indique qu’elle s’appelle Leticia et appartient à l’association des Visiteuses infirmières. Elle a un stéthoscope autour du cou et tient à la main un tensiomètre.
« Je suis le capitaine de corvette Harmon Rabb et voici le colonel MacKenzie, nous sommes à la recherche du Second maitre Jeremy Lowman. Serait il ici, par hasard? « , je demande pendant que nous lui présentons tous deux nos plaques d’identification. L’agent Larson a indiqué que certaines personnes dans le coin peuvent se montrer méfiantes à la vue d’uniformes, et a conseillé de montrer nos plaques. Elle a ensuite dit que même ainsi, ils pourraient continuer à se montrer méfiants.

La femme secoue la tête.

« Nous n’avons pas vu Jeremy dans le coin depuis presque une semaine » dit elle avec un léger accent créole et Mac et moi échangeons un regard. Bon sang. Ce que je crains le plus, c’est qu’ils lui aient fait quelque chose parce qu’ils nous a laissé nous échapper.

« Et sa mère ? Est elle ici? » demande Mac en essayant de regarder par dessus l’épaule de l’infirmière.

« Mme Lowman est ici, mais elle ne se sent pas très bien, » dit Leticia sans bouger pour nous laisser entrer. « J’ai peur qu’il vous soit impossible de la voir en ce moment. »

« Nous avons vraiment besoin de lui parler. C’est une urgence, en fait. Pouvez vous s’il vous plait dire à Mme Lowman que nous sommes là » dis je, et Mac et moi ne bougeons pas d’un pouce. Je ne suis pas venu jusqu’ici pour me faire envoyer sur les roses par une infirmière.

« Oh . . . Je reviens, » dit elle en nous claquant la porte au nez.

« Tu ne crois pas . . . » demande Mac dès que la femme est trop loin pour nous entendre.

« J’espère que non. L’agent Larson a dit qu’elle appellerait s’ils trouvaient quoi que ce soit . . . ou s’ils laissaient tomber pour la nuit, » dis je en levant les yeux vers le ciel qui commence à prendre les couleurs du coucher de soleil. Nous n’avons pas avancé beaucoup aujourd’hui, en tout cas c’est l’impression que ca me donne. Pas si on le compare à tout le travail abattu autour de nous. J’avais l’impression d’être en sur-régime, jusqu’à ce que la nouvelle nous tombe dessus.

La porte s’ouvre à nouveau et l’infirmière, à regret, nous invite à entrer. « Mme Lowman dit que vous pouvez entrer. »

Letitia nous conduit dans la chambre à coucher, où une femme est alitée dans un lit médical, elle regarde le journal de la soirée à la télévision. Elle est pâle et maigre, la tête entourée d’une sorte de turban. Tout ce que nous savons, c’est qu’elle est atteinte d’un cancer des ovaires, et Jeremy a demandé un congé en urgence peu de temps après le diagnostic. Il est …. ou était … son seul parent survivant.

Elle bouge à peine et nous regarde. Ses yeux sont fatigués, elle semble avoir livré une longue bataille. « Savez vous quelque chose au sujet de mon fils? »

« Je suis désolé, madame. Nous espérions que vous pourriez nous aider. Nous ne l’avons pas vu non plus depuis quelques jours, » dit Mac en s’approchant de Mme Lowman. « Je suis le colonel MacKenzie. Voici mon équipier, le capitaine Rabb . . . nous étions avec votre fils il y a quelques jours, Mme Lowman. Avez vous la moindre idée de l’endroit où il pourrait être? »

« Vous voulez dire à part dans ce stupide marécage ? Non. S’il n’est pas là-bas ou avec Angie, alors je n’en sais rien, » dit elle en soupirant d’un air déçu.

« A t’il beaucoup vu Angie, madame? Depuis qu’il est revenu à la maison? » je demande. Elle se retourne à nouveau et regarde par la fenêtre vers le canal au fond de sa cour. Un bateau à voile y est amarré, mais aucun signe d’aéroglisseur.

« Il a parlé d’elle, mais elle n’est jamais venue ici. Elle est encore en colère, au sujet de son père et de tout le reste. Son autre ami non plus … »

« David? » demande Mac.

« Oui, celui là. Je l’ai entendu faire des projets avec eux, mais ils ne sont jamais passés. Ou alors il serait devenu ami avec ce … cet Andy. Je n’aimais pas du tout cette idée. Il était trop bizarre, ce type. Trop vieux pour trainer avec ces gamins, » dit elle en soupirant. Je me rends compte qu’elle est déjà fatiguée.

Je jette un coup d’œil dans la pièce pendant que Mac continue de parler avec elle. Sur sa commode, il y a une rangée de photos, surtout de Jeremy. Il a l’air d’avoir été un bon garçon et j’aimerais savoir comment il s’est retrouvé embarqué dans ce bazar. Il y a plusieurs photos de lui en uniforme et en permission un peu partout autour du globe. Et il y a la même photo que celle que nous avons vue dans la caravane, avec Angie et David.

« Savez vous où nous pourrions trouver Andy? » demande Mac pendant que je me rapproche d’elle.

« Oui. Là où vous pouvez toujours trouver Andy quand il n’est pas en train de faire quelque chose d’illégal. Au Crazy Flamingo Lounge sur Seagrape Avenue avec tous les autres ivrognes, » dit Mme Lowman avec un grognement de mépris. Elle commence à être bien trop fatiguée pour répondre à d’autres questions. « Pouvez vous partir maintenant et voir s’il sait quelque chose sur mon fils. Je veux vraiment voir Jeremy avant … »

« Nous allons essayer, Mme Lowman, » dis je.

« Mme Lowman, avez vous une idée de l’endroit où votre ex-mari Harlan pourrait être? » demande Mac et les yeux fermés de la femme s’agitent.

« Les gens n’arrêtent pas de me demander ça. Il y a des années que je ne sais pas où est Harlan … Jeremy le sait peut être … Angie, » dit-elle d’une voix à peine audible.

« Je crois vraiment que vous devriez partir, » dit l’infirmière, les mains sur les hanches.

Mac et moi sortons de la chambre. Letitia nous suit pour nous accompagner à la porte et la ferme brutalement derrière nous.

« Mac, crois tu que nous soyons habillés de façon correcte pour le Crazy Flamingo Lounge? » je demande en lui ouvrant la porte de la voiture. Le vent se lève et les ailes des moulins à vent qui décorent la cour commencent à tourner de l’autre coté de la chaussée.

« Je suis sûre qu’il n’y a pas de tenue de rigueur dans les endroits que Andy a l’habitude de fréquenter. »

Chapitre 30

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