River of grass

Chapitre 31

« Il n’a pas dit grand chose depuis qu’ils l’ont ramassé, » dit l’agent Larson pendant que nous marchons dans un couloir de l’hôpital Jackson Memorial. Breen nous a dit de nous y rendre quand nous sommes arrivés au bureau. « En tout cas il ne nous a pas dit où trouver Elsworth. Peut être que vous deux, vous allez pouvoir avoir des réponses. »

« Où l’ont ils trouvé? » demande Mac pendant que nous passons une série de portes automatiques. Larson montre son badge au garde en faction près de la porte et nous fait entrer dans la pièce.

« S’agrippant à la vie dans un hamac quelque part dans les marais, c’est ce que je peux vous dire de plus précis. Il avait été sacrément passé à tabac et laissé pour mort. Ce gosse a de la chance d’être encore en vie, mais il ne veut pas nous dire qui l’a laissé là bas ni comment il y est arrivé. Il dit qu’il veut vous parler, à vous deux, » répond elle. Je peux à peine le reconnaître à travers la vitre, mais je vois bien qu’il s’agit de la personne qu’on nous a présentée comme simplement ‘Crash.’

Mac et moi entrons dans sa chambre; il tourne la tête vers nous et un éclair de reconnaissance passe sur son visage. Il essaie de sourire, mais cela doit être trop douloureux. Il a d’importants coups de soleil et il est couvert de piqures d’insectes.

« Monsieur, madame . . . je suis désolé . . » commence t’il, mais il se met à tousser. « Je ne voulais pas vous mentir comme ça. Je n’avais pas beaucoup le choix. »

« Nous avons vu votre mère aujourd’hui. Elle se fait du souci pour vous, » dit Mac et il plisse les yeux pour la regarder. Ce gamin a beaucoup souffert ces derniers jours et il donne l’impression de ne plus savoir à qui faire confiance.

« Est ce que c’est Andy qui vous a fait ca, second maitre Lowman? » je demande, mais il ne répond pas. « Parce que vous nous avez laissé nous échapper? »

« J’ai menacé de dénoncer Jacobs . . . Jacobs commençait à avoir peur de traiter avec Andy. Il commençait à penser à traiter directement avec Harlan. Andy ne voulait pas perdre l’argent, monsieur, » dit Lowman en détournant les yeux.

« Pourquoi êtes vous mêlé à tout ça? » demande Mac et il se tourne vers elle, les yeux brillants de larmes. « C’est à cause d’Angie? Ou de votre mère? »

« Harlan est tellement imprévisible. Vous voulez savoir pourquoi il a commencé cette campagne contre les producteurs de canne à sucre? Il pense que c’est comme ça que ma mère a attrapé son cancer … à cause de toutes les saloperies qu’ils déversent dans les marais. Ça fait des années qu’ils ont divorcé et il est quand même parti à fond là dedans. J’ai pensé que si je m’en mêlais, je pourrais protéger Angie. Je pourrais protéger ma mère. C’était stupide, » dit il en essuyant ses larmes avec le dos de la main.

« Savez vous où est Harlan ? » demande Mac. Il secoue la tête doucement, et les larmes finissent par couler.

« Je ne sais pas . . . Je ne sais même pas où il pourrait aller. Je vais avoir quoi comme problèmes, madame? » demande t’ il et sa voix se brise. Ses yeux passent de Mac et moi, et nous implore de lui donner une idée de ce qui va lui arriver maintenant.

« Ne vous inquiétez pas de ca pour l’instant, second maitre. Occupez juste de vous rétablir, et ensuite on verra ce qu’on fait, » je lui dis, mais ses craintes n’ont pas du tout l’air d’être dissipées.

« J’ai … j’ai besoin de voir ma mère, monsieur. Je ne peux pas … J’ai besoin de la voir, » dit il, et les larmes sont encore plus nombreuses. L’agent Larson attrape une boite de mouchoirs sur un chariot et lui donne.

« Jeremy, il y a des personnes ici qui vont rester pour vous surveiller, d’accord? » demande Larson en indiquant de la tête l’homme près de la porte. Les yeux de Lowman se tournent vers la porte, et ne reviennent pas vers nous. « Nous allons voir ce que nous pouvons arranger avec votre mère. »

« Si vous vous souvenez d’autre chose, appelez nous, » lui dit Mac pendant que l’agent Larson nous fait sortir de la chambre. Une infirmière prend notre place à son chevet pour le réinstaller et le soigner.

**********

« Et maintenant? » demande Mac à Larson pendant que nous nous dirigeons vers nos voitures dans le garage de l’hôpital.

« Maintenant, nous continuons la chasse à l’homme pour Elsworth. Il a encore pas mal d’hommes avec lui, ce n’est pas comme s’il survivait là dehors tout seul … ou ailleurs, où qu’il soit. Mais tôt ou tard il va faire une erreur. Si quelque chose se passe demain matin de bonne heure, je vous contacterai. Sinon, et bien profitez de votre dernier jour ici et rentrez bien à Washington, » dit Larson avec un sourire pendant qu’elle ouvre la porte de sa voiture. « Et bien sûr nous restons en contact avec vous au sujet de Lowman. Ou vous restez en contact avec nous. L’un ou l’autre. »

« Je vous appellerai vous ou Breen demain matin pour avoir des nouvelles … et lundi aussi, » dis je et elle fait oui en la tete, monte dans sa voiture et ferme la porte.

Mac et moi la regardons quitter le parking et s’insérer dans le flot de circulation. « Et maintenant? » « On attend. On voit s’ils ont quelque chose demain matin et ensuite j’imagine qu’on peut rentrer dans l’après midi, » dis je pendant que nous marchons lentement vers notre voiture. Avant d’y arriver, Mac saisit ma main et enroule ses doigts autour des miens.

« Harm . . . »

« Je n’essaie pas de te repousser, Mac, » dis je sans lâcher ses doigts quand nous arrivons à la voiture. Elle baisse les yeux sur le ciment du sol et frotte son pied sur la ligne jaune qui délimite les places.

« Je sens un ‘mais’ arriver, » dit elle en levant ses yeux pour trouver les miens.

« Non . . . pas de ‘mais’. Juste quelques questions, c’est tout » dis je en prenant aussi son autre main dans les miennes. Nous restons là, debout l’un en face de l’autre, sans rien dire pour l’instant. J’ai essayé de me convaincre que nous pourrions repousser cet instant jusqu’à ‘demain’ et finalement il est là. C’est le moment de faire face.

« Allons nous en parler … de nous? » demande t’ elle et ses yeux se détournent rapidement. Je me souviens comment j’avais l’habitude de couper à cette discussion si facilement, avant. J’évitais tous ces sentiments, je lui disais que nous étions seulement des coéquipiers, que nous n’étions pas mariés, et des conneries du même genre. Ca ne va plus marcher maintenant.

« Est ce que j’ai le choix? » je demande en lui souriant rapidement quand je le dis. Elle me sourit en retour.

« Plus maintenant. Tu as renoncé à ce choix il y a quelques jours, Harm. Bienvenue dans le monde merveilleux des relations adultes. Il faut qu’on parle, » dit elle en m’attirant vers elle. Serrés dans les bras l’un de l’autre, nous restons là à regarder passer les voitures, leurs pneus crissant pendant qu’elles sortent du garage.

« D’accord. Mais sortons d’abord d’ici. C’est le sud de la Floride. Il doit bien y avoir un meilleur endroit pour parler qu’un garage. Est ce que tu as faim ? » je demande en sachant que nous allons prendre un chemin glissant dès que nous serons sortis d’ici et aurons enlevé nos uniformes. Une fois que nous sommes sortis de qui nous sommes, même juste quelques instants, nous avons du mal à y revenir. Peut être que quand nous serons à Washington, ca changera. Il va bien falloir.

A suivre

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