Ruptures

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DESERT DE KANDAHAR – IRAN
7 décembre 1998

-Dommage que tu ne fumes plus, j’aurais bien fumé un bon cigare… Tu pourrais me regarder quand je te parle, Rabb, même si je reconnais qu’elle est plus mignonne que moi …

Harm se tourna vers Keeter avec un demi sourire.

– On peut reprendre ? Je n’ai pas beaucoup de temps pour absorber toutes tes connaissances, Keeter, on peut rester concentré ?
– Je n’avais pas l’impression que c’était moi qui pensais à autre chose.
– Je ne pensais pas à autre chose, je regardais dans le vide et je rassemblais mes idées…
– Ta notion du  » vide  » n’est pas la même que la mienne, mon vieux … Hé, du calme, on a toute la nuit et je t’ai déjà tout expliqué trois fois. Si on parlait un peu de toi et de ta superbe partenaire maintenant. Comment as tu fait pour me la cacher si longtemps ? Tu aurais pu me dire à quoi ressemblait ce major Mackenzie quand tu me parlais de ses  » qualités « .
– Ferme la…
– Pourquoi ? Serais-je en train d’aborder un sujet sensible ? Harm, ça fait combien de temps déjà que tu as rompu avec Annie ?
– Je n’ai pas rompu avec Annie, c’est elle qui m’a quitté
– Ouais, tu parles, parce que tu faisais tout ton possible pour que Josh ne pense qu’à suivre les traces de son père, elle m’a expliqué…
– Elle t’a expliqué ?

Harm regarda son ami, incrédule. Il n’avait jamais vraiment parlé avec lui de son histoire avec Annie, il avait juste mentionné que ça n’avait pas marché …

– Reviens sur terre, Rabb, tu n’étais pas le seul ami de Luke, et rappelle toi, c’est moi le parrain de Josh, je le vois beaucoup plus souvent que tu ne l’as jamais vu, et moi je respecte ce que me demande Annie.
-Tu as fini la leçon de morale ?
– Non, je commence …. Ferme la un peu, tu veux…. Tout ce que je savais de vraiment pertinent sur Mac avant cette semaine, c’est Annie qui me l’a dit. Elle m’a raconté à quel point Mac ressemblait à Diane, elle m’a dit la façon dont tu la regardais sans même t’en rendre compte. Toi tu n’as jamais parlé d’autres choses que de ses compétences … Tu veux me faire croire que tu n’avais pas remarqué ? ou tu préférais ne pas en parler pour ne pas te rappeler ta petite amie morte ?
– Diane n’était pas ma petite amie.
– Parce que tu es un abruti…. Luke et moi, on avait parié contre Sturgis que vous alliez vous marier en sortant de l’Académie, et je t’en veux encore de m’avoir fait perdre.

Harm fronça les sourcils, et interrompit Keeter.

– Maintenant ça suffit. Je n’ai pas l’intention de te parler de ma vie sentimentale, passée, présente ou à venir, je ne l’ai jamais fait et je ne vais pas commencer. Alors tu me fous la paix et on reparle de l’appareil.
– Doucement, Rabb …. Je ne veux pas te mettre en colère, j’ai juste l’impression que tu me caches quelque chose d’important, depuis pas mal de temps, et je me demande si tu n’as pas besoin d’un ami à qui parler. Tu m’as sorti de pas mal de galères, à commencer par celle là, et si je peux faire quelque chose…
– Il n’y a rien à faire, je n’ai aucun problème…
– Même pas avec ta partenaire ?

Le regard noir d’Harm, ses mâchoires crispées, montrèrent clairement à Keeter qu’il avait touché un point sensible mais il n’était pas du genre à laisser tomber quand il était confronté à Rabb. Il le connaissait trop, savait à quelle vitesse Harm était capable de fuir une situation qu’il ne maîtrisait pas émotionnellement. Bon sang, ce type était probablement un des meilleurs pilotes de l’Aéronavale, après lui bien sûr, sa réputation d’avocat et d’enquêteur le précédait partout où il arrivait sur une base ou un porte avions, mais dès qu’il devait faire face à ses sentiments, il était aussi démuni et frileux qu’un adolescent.

Et puis Keeter n’avait pas peur d’une bonne engueulade avec Rabb, en trois ans dans la même chambre à l’Académie, ils en avaient eu de façon régulière, et elles avaient finalement scellé leur amitié.

– Annie est sûre que tu es amoureux de Mac, c’est une des raisons pour lesquelles elle est partie. Ca et Josh, et Luke…
– Luke ?
– Elle avait l’impression d’avoir remplacé l’homme qu’elle aimait par son double, ce n’est pas toi qu’elle voyait, c’était Luke, et quand elle s’est rendu compte que pour Josh aussi tu étais un substitut, elle a su qu’elle avait tout faux … Et je crois avoir compris que tu n’as pas vraiment cherché à la rattraper.
– C’est elle qui m’a dit de ne plus jamais l’appeler !
– Et toi, ça t’a arrêté !!! … Tu es vraiment le type le plus stupide que je connaisse dès qu’on parle de femmes, Rabb. Qu’est ce que tu risquais ? Qu’elle te raccroche au nez, un petit bleu pour ton ego, rien d’autre. Bon sang, si tu l’avais aimée, tu n’aurais pas laissé tomber comme ça, tu te serais battu pour la récupérer, tu aurais accepté ses conditions, toutes ses conditions.
– Je tenais à elle, Keeter, énormément.
– Tu étais amoureux ?
– ….

Keeter vit le regard de son ami se diriger instinctivement vers la silhouette assise près du feu. Il commençait à comprendre que la situation était bien plus complexe qu’il ne l’avait imaginé.

Quand Annie lui avait parlé du major Mackenzie, il avait pensé que ses commentaires étaient nés de sa déception. Harm était souvent associé à des femmes dans son travail, et rarement des laiderons, le veinard. Il se souvenait du lieutenant Austin, qu’il avait cherché à revoir après Cuba, et qui l ‘avait si gentiment envoyé sur les roses…. Il avait pensé que Mac n’était qu’une autre de ces partenaires compétentes, mais terriblement séduisantes sur qui Harm avait la chance de tomber, et qu’Annie s’était fait des idées, une fois de plus.

Mais en regardant Harm cette nuit, il sentait qu’il y avait autre chose entre eux que ce qu’on pouvait voir. Et que son ami souffrait.
Mac commençait à s’installer près de la jeep, les hommes s’étaient rassemblés près du feu, mais elle préférait avoir un peu plus d’espace.

Elle leva les yeux en sentant une présence à ses côtés.

– Je peux m’asseoir près de vous ?
– Bien sûr Harm, répondit elle avec un sourire instinctivement chaleureux, mais elle se reprit tout de suite et détourna le regard.

– Keeter vous a tout expliqué ? Vous êtes sûr que ça va aller ?
– Sans problème, Mac, vous me connaissez, je suis né pour piloter….

La chaleur et l’humour qu’elle entendait dans sa voix la dégelèrent un peu et elle se tourna vers lui, souriant à demi.

– Vous ne devriez pas passer autant de temps avec Keeter, je ne sais pas lequel de vous deux est le plus arrogant, Harm … C’est un concours entre vous ?
– Vieilles habitudes avec un vieil ami, Mac. Nous plaisantons, c’est tout, ça aide à vaincre le stress. Vous devriez entendre ce que disent les pilotes au retour d’une mission….
– Je sais, Harm, je vous ai déjà vu revenir……

Elle lui sourit plus chaleureusement.

– Harm, je ne vous l’ai pas encore dit, mais …. Merci de ne pas m’avoir laissé tomber, merci d’avoir cru en moi …

Il resta silencieux, son regard caressant son visage, sa bouche, pour enfin remonter vers les yeux de Mac.

Keeter avait raison, il devait se battre pour la femme qu’il aimait, pour garder Mac.

Ils n’avaient pas pu se parler à l’issue du procès, cette affaire d’avion espion leur était tombée dessus à peine sortis de la salle d’audience. S’il attendait de rentrer à Washington, tout pouvait arriver. Il n’était même pas sûr de la façon dont cette mission allait se terminer, il n’allait pas risquer de perdre Mac comme ça. S’il ne devait pas revenir sur le Seahawk, il ne voulait pas qu’elle croie qu’il avait eu peur de son passé. Elle devait oublier Chris, repartir de l’avant, ne pas se laisser envahir par un sentiment de culpabilité, par l’impression qu’elle ne valait rien. Si elle devait rentrer seule à Washington, il voulait qu’elle sache qu’il l’avait aimé et l’aimerait toujours, malgré son passé, malgré ses mensonges, pour qu’elle puisse se reconstruire, même sans lui. Il voulait qu’elle soit heureuse.

– Sarah, je ne pourrai jamais vous laisser tomber, je croirai toujours en vous…
– Non, Harm, s’il vous plait …
– Sarah, j’ai dit que je voulais qu’on parle quand vous seriez tirée d’affaire, et je pense que maintenant est un aussi bon moment qu’un autre ….
– Harm, écoutez…
– Non, toi, écoute moi. Ton passé, Sarah, a fait de toi celle que tu es, la femme merveilleuse dont je suis amoureux, et je t’admire d’avoir su faire face seule à tout ça, et d’être devenue celle que tu es. Je ne crois pas que j’en aurais été capable, tu es forte, Sarah, et j’ai besoin de ta force. Si tu m’avais parlé de ton mari, j’aurais juste un peu changé l’ordre des événements, je t’aurais aidé à le retrouver et à régler paisiblement la situation avant de te demander de m’épouser, mais je l’aurais fait malgré tout. Je ne veux même pas envisager l’avenir sans toi à mes côtés aujourd’hui. Pendant ces trois semaines sans toi, Sarah, j’ai tourné en rond, j’ai essayé de t’oublier avec d’autres pour ne pas devenir fou. Si tu savais comme je m’en méprise. Ne te punis pas en me repoussant, je suis prêt à te donner tout le temps que tu voudras, mais je ne veux pas te perdre.

Mac restait silencieuse, le dévisageant sans laisser paraître la moindre émotion.

Il ne lisait rien sur son visage, rien dans ses yeux. Il jeta un coup d’œil vers le feu de camp.

Keeter et l’Iranien se préparaient à dormir et ne semblaient pas faire attention à eux. Ils étaient à moitié dissimulés par la jeep, et de toute façon, Harm savait que Keeter ne dirait rien. Quant à l’Iranien … tant pis… même si Webb devait apprendre quelque chose, le risque était infime en comparaison de ce qu’il pouvait perdre.

Il tendit une main hésitante vers Mac et lui caressa la joue du bout des doigts.

– Sarah ?
-…
– Sarah, je ne renoncerai pas, je te demande seulement de me faire confiance et de revenir vers moi quand tu t’en sentiras prête. Je suis prêt à t’attendre, le temps qu’il te faudra.
– Harm ?…
– Oui…
– Pourquoi crois tu que je pourrais revenir vers toi ? As tu pensé que moi je pouvais ne pas en avoir envie ?
– Sarah, ne dis rien pour l’instant, tu veux bien ? On en parlera quand on sera rentré, ne dis rien de définitif maintenant, prends le temps d’y penser …

Il allait se lever pour retourner près du feu de camp, mais s’arrêta net, indécis. Il se pencha vers Mac, toujours assise et d’une voix hésitante ajouta :

– Il va faire froid cette nuit, tu ne devrais pas dormir ici toute seule.

Elle leva les yeux vers lui, attendant la suite, toujours aussi impassible.

– Mac, je peux dormir près de toi, histoire de partager un peu de chaleur humaine, comme dans les Appalaches ?

Elle lui sourit enfin timidement

– Un peu de chaleur humaine, Harm ? Pourquoi pas ?

Il s’allongea près d’elle, essayant de trouver une position confortable, et l’attira contre lui, dans sa chaleur, refermant les bras sur elle dans un geste de protection. La tête contre sa poitrine, Mac écoutait les battements réguliers de son cœur, respirait son odeur et doucement les larmes commencèrent à couler, regrets des jours perdus et de cet avenir qui n’était pas pour elle.

Si elle l’écoutait, elle savait qu’ils se feraient souffrir, l’amour ne pourrait pas tout régler dans leur cas, ils s’étaient déjà fait trop de mal, encore un échec et ce serait également la fin de leur amitié. Elle avait eu tort de se laisser aller à Moscou, même si elle n’avait pas été mariée, cela aurait été une erreur. Elle devait trouver le moyen de convaincre Harm de l’oublier. Il ne renoncerait pas si facilement, elle le connaissait, il était capable d’être obstiné jusqu’à l’obsession.

Elle ne serait pas son obsession, il méritait mieux qu’elle.
TRANSPORT A DESTINATION DE LA BASE D’ANDREWS
AU DESSUS DE L’ATLANTIQUE
10 décembre 1998

Mac, assise à côté de Mic près du hublot, riait à chacune des plaisanteries de son voisin. Ses yeux brillaient, de temps en temps, elle se mordillait la lèvre inférieure, ce geste si intime qu’Harm avait appris à connaître et même à provoquer, quand ses mains …

Non, ça ne servait à rien de penser à leurs nuits, de la regarder, à rien d’autre qu’à le faire douter. Assis près de Keeter, qui inconscient de la nervosité de son ami ronflait doucement, Harm se sentait impuissant.

Avant qu’il la laisse partir sans lui à travers le désert pour rejoindre la côte de la Turquie, c’était pourtant elle qui lui avait ouvert les bras pour une étreinte presque désespérée.

Après son appontage, il avait attendu pendant deux jours avec Bud et Mic le retour de Mac et Keeter, deux jours à tromper son inquiétude en débriefing avec Webb, puis en tests de pilotages sur cet avion furtif. Il avait dû supporter les vantardises de Mic, qui racontait à qui voulait l’entendre son passé de boxeur, sa double nationalité et les plages de son pays. La patience d’Harm avait été mise à rude épreuve quand Mic avait expliqué à Bud qu’il avait invité Mac à aller faire du ski avec lui pour les fêtes de fin d’année. Il ne manquait pas de culot, après avoir essayé de lui imputer la mort de Raggle, il l’avait invitée à dîner, et maintenant semblait se vanter auprès de toutes les oreilles complaisantes de sa future bonne fortune.

– Vous êtes hors de propos, Capitaine, vous parlez d’un autre officier et je vous prie de mesurer vos paroles.
– Doucement, l’ami, ne vous fâchez pas, je croyais qu’il n’y avait rien entre vous. Vous êtes jaloux ?
– Ce n’est pas de la jalousie, seulement le respect des règles de l’Aéronavale. Si je vous entends à nouveau colporter ce genre de paroles au sujet d’un autre officier, je vous promets que l’amiral lui-même vous remettra dans l’avion pour Sydney avec un rapport circonstancié.
– D’accord, Rabb, j’ai compris, mais ça ne change pas vraiment la situation. Mais c’est bon, je vais être discret.

Harm l’avait fusillé du regard, se promettant de tout faire pour l’empêcher de s’approcher de Sarah. Oh oui, il était jaloux, mais il savait aussi que la réputation du Major Mackenzie était vacillante, et Mac n’avait surtout pas besoin de ce genre de publicité pour l’instant.

Et elle était enfin revenue, elle était entrée dans la salle de simulation, Keeter sur ses talons, et c’était vers Harm qu’elle s’était dirigée immédiatement. Il lui avait ouvert les bras, soulagé, et l’avait étreinte avec chaleur, cherchant à lui témoigner dans ce geste banal d’amitié tout l’amour qu’il éprouvait. Elle sentait le vent, le soleil, le désert, il aurait voulu être seul avec elle, poser ses lèvres sur ses cheveux un peu emmêlés et lui murmurer dans l’oreille son inquiétude et son bonheur de l’avoir enfin retrouvée.

Mais ils étaient là autour d’eux, Bud, Keeter et Mic, Mic qui les examinait d’un air un peu trop curieux.

Alors il avait relâché son étreinte et l’avait vue s’avancer vers Mic, lui sourire largement et accepter que lui aussi la serre dans ses bras. Comment pouvait elle ? … Elle le connaissait depuis à peine deux semaines …

Il ferma les yeux pour échapper au spectacle de Sarah avec un autre homme et commença à attendre que l’avion atterrisse.

APPARTEMENT DE MAC – GEORGETOWN
10 décembre 1998 – 20 heures 30 heure locale

La musique filtrait au travers de la porte, une musique semblable à celle que Sarah aimait écouter quand ils étaient ensemble, avant, il y avait tellement longtemps lui semblait il. Au moment où Harm frappa doucement, il entendit un rire masculin, une voix qu’il reconnut tout de suite et qui le glaça.

Qu’est ce que Mic faisait chez elle ce soir ?

Il faillit tourner les talons, mais avant qu’il en ait le temps, la porte s’ouvrit sur un Mic rayonnant, revêtu d’un tablier de cuisine, une cuiller en bois à la main.

– Rabb ! Quelle surprise ! … Sarah, vous ne m’aviez pas dit que vous attendiez de la visite … à part moi …

Et en plus, il l’appelait Sarah …

Mac sortit nonchalamment de la cuisine et s’approcha de la porte en souriant. Elle s’arrêta devant Harm et fronça les sourcils.

– Harm, ne me dites pas que vous deviez venir travailler et que j’ai oublié. C’est pour quelle affaire ? Je suis vraiment désolée …
– Je ne… Non… Enfin… Je passais juste pour voir comment vous alliez, Mac, et vous emmener dîner, mais je crois que vous n’êtes pas …
– … libre ? Non Harm, je ne suis pas libre, vous auriez dû appeler, ça vous aurait évité de traverser Washington pour rien. Et en plus, je ne peux pas vous proposer de partager notre dîner, nous n’avons rien de végétarien à vous offrir. Mais si vous voulez un bon steack bien saignant …
– Sarah, je croyais qu’on allait passer la soirée tous les deux, intervint Mic un peu trop chaleureusement.

Harm se raidit, serrant les poings pour garder son sang froid.

– Ne vous inquiétez pas, Brumby, je m’en vais … je sais quand je suis de trop, ajouta t’il en jetant un regard lourd de sous-entendus à Mac.

Comment avait elle pu faire cela, il avait dit qu’ils devaient parler à leur retour à Washington, ils avaient atterri ce matin, elle savait qu’il allait passer, à quoi jouait-elle ?

– Comme vous voulez, Harm, lui lança Mac avec insouciance, on se voit demain au JAG. Bonne soirée…

Et avant même qu’il ait tourné les talons, elle lui ferma la porte au nez et se tourna vers Mic, lui disant juste un peu trop fort

– Alors ce steak, Mic ? J’ai hâte de voir ce que vous savez faire ….

APPARTEMENT DE MAC – GEORGETOWN
10 décembre 1998 – 22 heures 30 heure locale
– Vous êtes sûre que je ne peux pas rester encore un peu, Sarah ? insista Mic une nouvelle fois.
– Ecoutez, Mic, je suis fatiguée et nous commençons tôt demain. L’amiral n’est pas du genre à accepter des retards à cause des décalages horaires, vous feriez mieux vous aussi d’aller dormir.
– Je vous revois demain, alors ?
– Oui, au bureau.
– Non, je voulais dire, je peux vous emmener dîner…
– Pas demain, Mic, on verra … la semaine prochaine, d’accord ? …. Maintenant, allez y, je tombe de sommeil…

Mic se pencha pour l’embrasser, elle tourna la tête juste à temps pour que sa bouche ne trouve que sa joue et elle le poussa dehors gentiment.

-A demain, Mic…

Mac verrouilla la porte, puis partit les épaules basses dans sa chambre. Elle n’avait même pas envie de pleurer, elle devait agir ainsi, et assez longtemps pour qu’Harm décide enfin de renoncer. Elle savait qu’il lui faudrait du temps.

Du temps et beaucoup de volonté.

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