Ruptures

Sujet : les relations Harm / Mac pendant la saison 4, revisitées par mon imagination débordante …. J »ai fait subir quelques modifications à la chronologie des événements pour cadrer avec mon histoire, mais en gros je me tiens aux dates de diffusion des épisodes aux Etats Unis comme étant indicatifs de la date où l »épisode a lieu.

Cette fanfic a deux fins : le chapitre 11a qui correspond à ce que j »avais imaginé quand j »ai commencé à composer mon histoire, le chapitre 11b pour ceux qui ne supportent que les Happy End.

Références :: tout jusqu »à la fin de la saison 4

Chapitre 1/11

APPARTEMENT DE SARAH MACKENZIE – GEORGETOWN
25 Septembre 1998

La main de son amant glissa paresseusement de ses seins à son ventre, où elle resta immobile, large et chaude. Mac, blottie contre sa poitrine, écoutait les battements de son cœur. Ils ne parlaient pas, attentifs au silence.

Il commença à bouger comme pour se lever et le cœur de Mac marqua un temps d’arrêt. Quand allait il accepter de rester jusqu’au matin ? De rester toute la nuit près d’elle, de l’aider à vaincre ses peurs comme elle l’avait aidé à retrouver son père.

Depuis leur retour de Russie fin mai, ils étaient entrés dans une routine sécurisante pour chacun d’eux, même si on pouvait difficilement qualifier la relation physique passionnée qu’ils partageaient de ‘routine’. Preuve en étaient les vêtements qui jonchaient le sol de la porte de l’appartement, refermée à la hâte, jusqu’à la chambre de Mac. Son spencer blanc, ses sandales noires à hauts talons, la robe du soir prêtée par la CIA et qui n’avait pas résisté à leur soirée mouvementée à l’ambassade du Soudan … L’appartement n’était pas grand, et ils avaient pu gagner la chambre avant d’être nus.

Chez Harm, ils avaient plus de mal.

Elle s’agrippa à sa main pour tenter de le retenir.

-Tu peux rester, tu sais. Ca ne me dérangerait pas …

Elle avait envie de lui crier de ne pas partir, de ne pas la laisser seule, mais encore une fois elle avait peur de dévoiler ses sentiments, et de ne pouvoir ensuite faire face aux conséquences.

Ne pas parler de choses personnelles, ne pas se laisser entraîner dans une relation sans être sûre de ce qu’Harm souhaitait.

Depuis leur première nuit à Moscou, quand elle était revenue à l’hôtel après avoir dîné avec Sokol, ils avaient respecté un accord tacite : faire comme si de rien n’était, ne partager qu’une relation physique et ne surtout pas poser de questions. Pas encore.

Elle savait qu’elle n’oublierait jamais cette nuit là.

Sokol l’avait ramenée jusqu’à l’hôtel, et l’avait accompagnée dans le hall. Il l’avait embrassé sur les deux joues, lui promettant de l’appeler dès qu’il aurait trouvé les renseignements sur le matricule qu’Harm lui avait communiqué, puis avait tourné les talons. Elle s’était dirigée lentement vers l’ascenseur, songeuse, et au moment de l’atteindre avait senti une main sur son épaule. Sokol était probablement revenu sur ses pas, pourvu qu’il ne veuille pas …

– N’insistez pas, je voudrais qu’on reste amis …

Elle avait alors entendu la voix d’Harm et s’était retournée d’un geste.

– Je croyais qu’on était déjà amis, Mac. Mais je pense que ce n’est pas à moi que vous parliez, n’est ce pas ?
– Que faites vous là ? Vous m’attendiez ?
– Pas vraiment. Disons que j’ai tenu compagnie à une bouteille de bière qui se sentait seule au bar … et je vous ai vue revenir … Je me suis dit que si vous étiez accompagnée, vous auriez peut-être du mal à expliquer ma présence dans la chambre.
– Vous êtes un mufle, Harm. C’est pour vous que j’ai dîné avec lui, pour vous aider à retrouver votre père.

L’ascenseur venait de s’ouvrir, ils y montèrent et restèrent muets jusqu’à leur chambre.

Harm n’avait pas envie d’abandonner la partie, il sentait que Mac aimait bien Sokol, comme elle avait bien aimé Mark Falcon quand ils avaient enquêté sur le Hornet, et sans qu’il sache vraiment pourquoi, leur amitié naissante l’irritait profondément.

A peine la porte refermée, il reprit la discussion que Mac pensait oubliée.

– Vous aviez vraiment besoin d’essayer de le séduire si vous vouliez seulement m’aider à retrouver mon père ?
– Je n’ai pas essayé de le séduire, j’ai juste fait preuve de politesse envers un homme qui m’invitait à dîner, quelqu’en soit la raison.
– Vous ne vous habillez jamais comme ça quand je vous invite à dîner.
– Vous ne m’invitez pas à dîner, vous m’emmenez manger des nouilles dans le restaurant chinois du coin, ou vous partagez une pizza avec moi en me faisant travailler toute la soirée sur un dossier. Je n’appelle pas ça être invitée à dîner, Harm. Si on se couchait maintenant, il est tard…

Avec un sourire ironique, il avait indiqué du menton le fauteuil inconfortable dans lequel il avait passé les nuits précédentes.

– Bonne idée, Mac, j’ai encore des courbatures de la nuit dernière, je meurs d’envie de retourner m’y ‘coucher’.
– Ecoutez, Harm, le lit est assez large pour nous deux, j’ai des scrupules à vous laisser dormir là, il faut que vous vous reposiez. Allez, ne vous faites pas prier, souvenez-vous, les Appalaches, ce n’est pas la première fois que je passerai la nuit dans vos bras …

La plaisanterie avait suffisamment détendu l’atmosphère pour qu’ils se couchent dans une ambiance sereine, comme deux vieux copains. Mac s’était surprise à s’endormir très rapidement, rassurée par la présence à quelques centimètres d’elle du corps d’Harm dans ce lit étranger.

Elle s’était à demi réveillée dans la nuit, blottie contre un corps dur et chaud, prisonnière de bras vigoureux. Comme dotée d’une volonté propre, sa main avait tracé des dessins sur le t-shirt de l’homme allongé près d’elle, soulignant les muscles de son torse, remontant lentement vers son visage, glissant le long d’une joue maintenant râpeuse pour finir par effleurer ses lèvres. Harm ne bougeait pas, sa respiration était calme. Complètement réveillée maintenant, elle s’était décidée à lever les yeux vers son visage, pensant, ou plutôt espérant le trouver toujours endormi. Dans la lumière qui filtrait à travers les rideaux, elle avait vu les yeux clairs d’Harm, grand ouverts, qui la fixaient intensément. Pendant de longues minutes, ils avaient continué à s’observer, les doigts de Mac toujours posés sur la bouche maintenant entrouverte d’Harm. Elle sentait son sang cogner plus fort contre ses tempes, les battements de son cœur s’accéléraient, sa bouche était sèche, mais comme hypnotisée, elle ne pouvait détacher ses yeux du regard bleu d’Harm.

Il ne bougeait pas, il la laissait conduire le jeu si elle le souhaitait.

Il était encore temps, elle n’avait même pas à s’excuser, juste à retourner tout au bord du lit, serrer très fort les yeux et les mâchoires, et immobile, attendre le matin.

C’était le seul choix possible.

Ecoutant les conseils que lui donnait sa raison, elle s’était soulevée légèrement pour s’éloigner d’Harm

… et avait posé les lèvres sur la bouche chaude qui l’attendait.

A l’aube, ils s’étaient réveillés nus dans les bras l’un de l’autre ; sans un mot Harm avait posé un baiser léger sur les lèvres de Mac, enfilé son caleçon et disparu dans la salle de bains.

A aucun moment dans la journée ils n’avaient parlé de cette nuit, mais leurs yeux se cherchaient constamment, et une ombre de sourire flottait sur leurs visages quand ils se regardaient.

Quand Harm avait appris la vérité sur le sort du lieutenant Harmon Rabb, une fois revenus dans l’unique hôtel de la région où ils devaient passer la nuit avant leur retour vers Moscou, Mac avait voulu laisser Harm pleurer la mort de ce père qu’il avait passé sa vie à chercher, mais il l’avait attirée dans ses bras et lui avait fait l’amour avec désespoir, se perdant en elle comme s’il cherchait à vérifier qu’il était toujours vivant. Au moment où il avait atteint le plaisir, il avait murmuré :

– J’ai besoin de toi, Sarah, ne me laisse pas.

Ces paroles étaient gravées dans l’âme de Mac, elles étaient les seules paroles un peu personnelles qu’ils avaient échangées depuis le début de leur liaison.

De retour à Washington, sans se concerter, ils avaient continué à se voir toutes les nuits, gardant leur relation secrète aux yeux de tous sans même que cela représente un effort. Leur comportement au JAG était resté le même, ils plaisantaient, se disputaient, travaillaient ensemble, ils allaient même déjeuner ensemble à l’occasion, mais jamais aucun des deux n’avait eu le moindre geste, la moindre parole équivoque envers l’autre ailleurs que dans l’intimité de leurs appartements.

Et tous les soirs quand ils étaient à Washington, Harm passait chez Mac, ils dînaient ensemble comme ils l’avaient fait si souvent avant, discutaient des affaires en cours, plaisantaient un peu, rangeaient la cuisine ensemble, et brusquement, l’atmosphère se chargeait d’électricité et les amis de longue date se muaient en amants passionnés.

Immuablement, au milieu de la nuit, Harm se levait, se rhabillait, sans un mot, il embrassait légèrement Mac et disparaissait, la laissant seule.

Un soir, elle avait décidé de changer leur routine et s’était invitée chez lui. La soirée et la nuit s’étaient déroulées selon le même rituel qu’habituellement, mais dans la nuit une impression de solitude avait réveillé Mac. Elle avait tendu le bras, le lit était vide et le drap froid près d’elle. Elle avait enfilé un t-shirt et s’était avancée dans l’appartement pour trouver Harm assis près de son bureau, dans le noir, une photo de son père devant lui. Elle avait posé une main qu’elle voulait réconfortante sur l’épaule de son amant, et avait doucement demandé :
– Tu veux que je parte ?
– Non, tu peux rester.

Puis le silence à nouveau, ce silence qu’elle ne savait pas, qu’elle ne voulait pas interrompre.

Elle n’était jamais retournée le soir chez lui, mais arrivait le dimanche matin. Ils allaient courir ensemble, et restaient ensuite enfermés dans l’appartement, ne parlant que pour échanger des informations ou des propos impersonnels, et faisant l’amour jusqu’à ce que le soleil se couche.

Ils savaient tous deux que leur relation ne pouvait pas, ne devait pas continuer ainsi, mais ce qu’ils vivaient ensemble était d’une telle intensité qu’ils ne voulaient pas y renoncer.

Et parler aurait probablement des conséquences désastreuses, à commencer par signifier la fin de cette passion qui leur donnait l’impression si fugitive d’exister.

Mais aujourd’hui, Mac se sentait prête à tenter sa chance.

-Tu peux rester … ça me ferait plaisir … de me réveiller près de toi demain …

Le visage d’Harm restait impassible, il la regardait sans qu’elle puisse lire aucune émotion dans ses yeux, juste un soupçon d’interrogation.

Il se souleva sur un coude, posa un léger baiser sur le bout de son nez, puis ouvrit la bouche pour parler d’une voix hésitante.

– A moi aussi … mais … pas encore …
– Pourquoi ?

Sans un mot, il caressa son visage puis se leva et ramassa ses vêtements.

Il n’était pas prêt, tout allait trop vite pour lui, il savait que s’il restait avec elle toute une nuit maintenant qu’ils étaient revenus à Washington, il ne pourrait plus avoir avec elle cette relation de travail complice et amicale à laquelle il tenait.

Une question tournait sans cesse dans sa tête dès qu’il était seul la nuit, de retour dans son univers de célibataire, dans cet abri qu’il s’était construit. Pourquoi avait il aussi peur de rester toute une nuit avec cette femme dont il ne pouvait se rassasier ? Il sentait confusément que s’il se réveillait près d’elle dans son univers familier, il accepterait que la nature de leur relation change, il ne pourrait plus travailler de façon sereine avec Mac.

Il savait que cette façon de compartimenter leur vie et leur relation était malsaine à moyen terme, mais pour l’instant il ne voulait pas que les choses changent. Il voulait passer ses nuits avec sa maîtresse, et le matin arriver au bureau pour y retrouver sa complice professionnelle, Mac. Il avait déjà suffisamment de mal à savoir comment se comporter quand il arrivait chez elle le soir, leurs dîners et leurs conversations le mettaient mal à l’aise, mais il la respectait trop pour ne la rejoindre que pour coucher avec elle.

Il n’était pas sûr d’être prêt pour autre chose. Pas encore.
Chapitre 2/11

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