Souvenirs, souvenirs

8/8

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23 Mai 2000
2130 Lima
Restaurant Texas King – Georgetown

Mac était perdue dans ses pensées, le regard fixé sur son verre de soda, ignorante de la foule animée qui l’entourait. Il fallait pourtant qu’elle bouge, qu’elle aille retrouver Tanguy et Laverdure et reprenne le cours de sa vie, telle qu’elle l’avait choisie. Mais bizarrement, le départ de Mic lui laissait un goût amer dans la bouche, surtout ses derniers mots.

« Je t’aurais rendue heureuse, Sarah, plus heureuse que Rabb ne le fera jamais. Ne le laisse plus te manipuler, tu mérites mieux que ça, tu mérites tellement mieux que lui. »

Elle avait eu raison de rompre tout de suite avec Mic, le problème n’était pas là. Non, le problème c’était Harm, bien sûr, Mic avait raison. Elle savait qu’il allait continuer à la faire attendre, sans rien dire, sans rien faire, et elle se haïssait de ne pas être capable de passer à autre chose. Si une amie lui avait raconté une telle histoire, elle l’aurait secouée, aurait tout fait pour l’empêcher de gâcher ainsi une partie de sa vie. Mais elle n’avait pas de vraie amie, et elle savait qu’elle n’aurait pas écouté. Enfin si, elle aurait peut être écouté, mais elle aurait été incapable d’agir en conséquence. Elle, un lieutenant colonel des marines, un avocat compétent, une partie de sa volonté s’évaporait quand Harm apparaissait.

C’était pathétique.

Non, c’est ridicule, tu es ridicule, se houspilla t’elle. Si tu n ‘es pas capable de te reprendre, alors demande à être réaffectée … loin, très loin, à Guam !!! Oui, si Harm ne se décidait pas d’ici l’automne … Oh non, Sarah, arrête de lui donner encore du temps, arrête de te trouver des excuses pour rester dans son ombre. Ca t’amuse tellement de le voir se pavaner avec sa poupée Barbie, Renee ou une autre ?

– Mac … Sarah … je suis désolé.

Mac sursauta au son de la voix d’Harm et faillit renverser son verre. Depuis combien de temps était il là ? Elle leva les yeux vers lui, et brusquement la colère l’envahit.

– Vous êtes désolé, Harm ? Et de quoi, grands dieux ?
– Je viens de voir Mic partir, et je me demandais comment …
– Quelle grande âme ! Superman arrive pour réconforter la pauvre Lois Lane abandonnée par cet ignoble Luthor, c’est ça ? Vous ne pouvez pas vous empêcher de vous mêler de mes affaires, n’est ce pas, Harm !
– Mac, je peux m’asseoir, ou vous allez me tuer si j’essaie ?
– Je ne vais peut-être pas vous tuer tout de suite, je vais attendre un peu. Qu’est ce que vous voulez, Harm ?
– Sarah … S’il vous plait, calmez vous… je crois vraiment qu’il faut qu’on parle tous les deux.

Mac s’adossa à sa chaise, le visage totalement impassible, et le dévisagea. Elle avait du mal à se contrôler, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle ressentait en cet instant. De la colère, assurément, envers cet homme qui savait si bien lui pourrir la vie, mais en même temps tellement de tendresse et d’amour qu’elle se sentait prête à tout accepter. Et sa propre faiblesse la rendait furieuse. Heureusement, elle réussit à se maîtriser et continua à observer Harm. Il voulait parler ? Très bien, qu’il se décide, elle ne l’aiderait pas. Ici, on n’était pas à Sydney, le cadre n’était pas terriblement romantique, et elle n’allait pas se rendre ridicule une fois de plus. Allez, beau gosse, jette toi à l’eau, ou oublie moi.

Harm avait posé les coudes sur la table, les mains réunies devant la bouche, il regardait Mac. Comme c’était difficile de savoir comment l’aborder. Elle avait l’air furieuse et vulnérable, et il craignait que ses paroles, quelles qu’elles soient, ne servent qu’à jeter de l’huile sur le feu. Il n’avait rien préparé, contrairement à ces brillantes plaidoiries qui lui permettaient de se gagner un jury quand l’affaire était délicate. Aujourd’hui, alors que la partie s’annonçait particulièrement ardue, il allait devoir improviser. Et il ne se sentait pas vraiment de taille …

Pendant un instant, il envisagea de se lever et de quitter la salle tout de suite, avant de s’enferrer encore plus. Pour l’instant, leur amitié n’avait pas encore souffert, mais s’il faisait le moindre faux pas, rien ne pourrait plus les réunir, et il n’aurait d’autre échappatoire que de quitter Washington … se faire muter à Guam, peut être serait ce assez loin des Etats Unis pour qu’il puisse enfin oublier … et se pardonner !

Déjà quatre minutes de silence, constata Mac avec une pointe d’affolement. Elle sentait son cœur battre plus fort à chaque seconde, l’angoisse lui nouait l’estomac, et cet idiot ne semblait pas vouloir se décider. Peut être devrait elle l’aider ? Non, surtout pas, lui hurla le fantôme de sa dignité. Ne te mets pas en situation de souffrir, de te faire manipuler. Ne donne pas raison à Mic !

– Sarah … pourquoi Mic est il parti ?
– Pardon ? … Je ne crois pas que ça vous regarde, Harm.
– Je pense que si, Sarah. Il est venu me parler, enfin me menacer et m’insulter, avant de sortir, et il a l’air de croire que vous et moi …

Mac serra les mâchoires, décidément l’attente était la meilleure des approches. Harm avait l’air déstabilisé par son silence, il avait l’habitude qu’elle soit celle qui le poussait à parler, celle qui se mettait en danger … Maintenant, c’était son tour, et cela semblait plutôt intéressant. Jusqu’où allait il enfin baisser ses défenses ?

– Vous ne voulez pas me répondre, Sarah ? Je préfèrerais avoir une conversation avec vous, vous savez, quand deux personnes se parlent et se répondent, et pas un monologue … Tant pis, si c’est ce que vous souhaitez … Mic semble croire que si ça n’a pas marché entre lui et vous, c’est à cause de moi. Et je sais qu’à Sydney, vous avez dû mal interpréter mon silence. Vous voir vous jeter dans ses bras juste quelques jours après que je vous ai demandé un peu de temps m’a fait mal, Sarah , et …
– Ca vous a fait mal ? Mais bon sang, vous vous prenez pour qui ? Je me suis pratiquement jetée dans vos bras et vous m’avez repoussée, vous avez piétiné mes sentiments, et c’est moi qui vous ai fait du mal ? Si vous croyez que ce genre de conversation va améliorer notre relation, vous faites une grave erreur.

Elle repoussa sa chaise et se leva, quittant rapidement le restaurant.

Harm se leva pour la suivre, mais son regard tomba sur le verre à demi vide qu’elle n’avait pas payé, et il prit le temps de sortir quelques dollars de la poche intérieure de son blouson avant de se précipiter à sa poursuite.

Elle n’était plus en vue quand il franchit le seuil du restaurant, mais, pensant qu’elle était retournée chez elle, il partit en courant en direction de l’appartement de Mac.

Il finit par la rejoindre alors qu’elle allait pénétrer dans l’immeuble, elle aussi avait dû courir … comme pour chercher à se mettre à l’abri. Voilà où ils en étaient, elle le fuyait maintenant, la situation n’avait jamais été aussi désespérée entre eux.

– Sarah, je vous demande pardon … je vous en prie, ne me fuyez pas, je me suis conduit comme un idiot, laissez moi une chance …

Mac s’arrêta net, la main sur la poignée et se tourna vers Harm. Il vit les larmes qui brillaient dans ses yeux et se maudit de la faire souffrir une nouvelle fois.

– Une chance de quoi, Harm ? De me faire croire que mes espoirs peuvent se réaliser pour ensuite fuir et me laisser seule, pour m’abandonner encore ? Je ne veux plus que vous me traitiez comme ça, Harm. Si vous voulez qu’il y ait quelque chose entre nous, alors décidez vous, mais arrêtez de me manipuler. Si je ne suis qu’une amie pour vous, alors traitez moi comme une amie, comme Harriet, mais ne jouez plus avec moi.
– Sarah, je ne joue pas, je n’ai jamais joué, je suis juste … je ne sais pas, je crois que je n’ai jamais osé aller aussi loin avec une femme qu’avec vous et …
– Aller aussi loin ? Mais vous n’êtes allé nulle part, c’est bien ça le problème. Depuis quatre ans, vous tournez autour du pot, vous flirtez avec moi et quand je crois que … que … enfin, vous savez, c’est une autre que vous ramenez chez vous, une de ces poupées Barbie que vous semblez tellement apprécier.

Harm se tut et inspira profondément.

– Retournons au restaurant, ou au bar en face, pour continuer de parler, nous n’allons pas passer la nuit devant la porte de votre immeuble.
– Non, montons chez moi, c’est plus simple. Et puis, pour ça au moins j’ai confiance en vous, Harm, c’est quand il s’agit de sentiments que je ne sais plus à quoi m’attendre.

Elle tourna les talons et il lui emboîta le pas en silence.

Arrivés dans l’appartement, elle partit sans un mot dans la cuisine et prépara du thé, elle avait besoin de retrouver son calme.

Quand elle revint, Harm était assis dans le fauteuil en face du canapé, l’air songeur. Elle posa le plateau sur la table basse entre eux et se pelotonna sur le divan, sans un mot.

– Je ne sais pas pourquoi tout est si compliqué entre nous, Sarah.

Elle leva les yeux vers lui, aussi mal à l’aise qu’il l’était. Elle voulait qu’enfin les choses soient simples, mais pour cela il fallait qu’il soit prêt lui aussi à faire le nécessaire. Et la première étape, c’était d’être capable de parler. Elle détourna les yeux pour qu’il ne voie pas ses larmes.

Harm soupira et continua d’une voix mal assurée.

– Alors, où est ce que ça nous mène ?

Voilà, il n’était pas capable d’aller plus loin, il attendait qu’elle prenne la situation en charge, mais c’était trop dangereux. Il était temps d’arrêter et de décider qu’il n’y aurait rien qu’une amitié entre eux.

– Je n’en sais rien, Harm, au point final, sans doute.

Non, il n’allait pas abandonner, pas maintenant. Il fallait qu’il essaie encore.

– Et au point de départ, ça vous dirait, Sarah ?

Elle se mordit les lèvres avant de lever les yeux vers lui. Qu’est ce qu’il voulait dire ? Pourquoi parlait il toujours en utilisant des énigmes ? Cette fois ci, elle n’allait pas laisser un malentendu s’installer à nouveau entre eux.

– Au point de départ ? Que voulez vous dire, Harm ? S’il vous plait, essayez d’être clair pour une fois dans votre vie, je ne suis pas très bonne pour jouer aux devinettes.
– Je … je veux dire … oh, et puis zut. Je tiens à vous Sarah, plus que je le croyais possible, et je veux être plus que votre ami. Je veux que vous fassiez partie de ma vie, vraiment partie et je crois que je n’ai pas encore su vous le faire comprendre. A Sydney, je n’ai pas su vous répondre, j’ai eu peur que vous ne vouliez pas la même chose que moi, que vous ne vouliez qu’une aventure. Ce n’est pas ça que je veux avec vous, Sarah. Vous aviez raison, je ne suis comme ça qu’avec vous, avec les autres femmes qui m’ont plu, je ne me suis jamais posé de questions, je savais que ce n’était pas sérieux, que je ne m’engageais pas. Avec vous, c’est … différent. Mais je veux courir le risque de cette relation … différente. Je crois qu’il faut qu’on essaie d’oublier tous nos différents, nos malentendus. Faisons comme si nous venions de nous rencontrer, comme si nous n’avions pas quatre ans de non dit et de frustrations entre nous et laissons nous porter par ce que nous ressentons.

Mac le regardait, bouche bée. Est ce qu’il venait vraiment de lui dire ce qu’elle croyait avoir entendu ? Elle secoua la tête, incrédule.

– Je ne comprends pas, Harm. Et Renee dans tout ça ?
– C’est fini avec Renee, ça n’a jamais été sérieux, vous avez raison, elle fait partie de ces poupées Barbie avec lesquelles j’ai passé un peu de temps, mais je le faisais parce que j’avais peur de m’avouer ce que je veux vraiment.
– Et qu’est ce que vous voulez vraiment, Harm ?
– Je veux ne jamais vous perdre, Sarah. … Sarah, je ne suis pas très doué pour exprimer mes sentiments, vous le savez, je me suis enfermé trop longtemps dans le silence par crainte de souffrir à nouveau. Je croyais que si j’admettais ce que je ressens pour vous, j’allais vous perdre, comme j’ai perdu mon père ou Diane. Mais j’ai enfin compris. Si je n’admets pas que je vous aime, si je ne vais pas vers vous, si je ne prends pas de risque, je vous perdrai aussi. Alors, je crois que je n’ai pas le choix …

Il eut un petit sourire timide, comme pour s’excuser.

Mac était incapable de bouger. Harm venait de lui dire enfin ce qu’elle attendait, et elle n’était plus capable de réagir. Tous les rouages de son cerveau semblaient être tombés en panne au même moment.

Harm se leva et vint s’asseoir près d’elle, il la prit doucement dans ses bras.

– Pardonne moi, Sarah, j’ai eu tort, je le sais, mais si tu veux me donner une chance, j’attendrai … aussi longtemps qu’il le faudra . Tu as devant toi un homme qui t’aime, Sarah.

Elle posa la tête sur sa large poitrine et enfin les larmes se mirent à couler, pendant qu’il lui caressait les cheveux.

Quand enfin Mac reprit un semblant de contrôle, elle regarda Harm avec un sourire timide.

– Je suis d’accord, Harm, retournons au point de départ, regardons si nous pouvons faire autre chose de notre vie, ensemble. Mais prenons notre temps, tu veux bien.
– Sans problème … princesse !

Ils se regardèrent et se mirent à rire ensemble, heureux d’avoir enfin trouvé une voie sur laquelle s’engager … ensemble.
24 Mai 2000
2010 Lima
Mess des officiers de la base aéronavale de Pax River

Tanguy était adossé au bar, une bière à la main, il discutait avec Elliott. Maintenant que l’enquête était finie, la tension s’était dissipée entre la Patrouille de France et les Blue Angels, et les deux chefs d’escadrille échangeaient des anecdotes et des souvenirs. Au fond de la salle, Tanguy aperçut Laverdure en grande conversation avec le lieutenant Chiaparelli, la très jolie secrétaire du capitaine Seymour, une brune aux yeux clairs. Il sourit avec soulagement. Si Ernest se remettait à draguer des filles auprès desquelles il avait peu de chances, c’est que son accident était oublié. Toute cette affaire allait finalement bien se terminer, heureusement.

Quoique …

Tanguy se tourna vers la porte du mess tout en parlant, il n’avait toujours pas vu Harm et Mac, et commençait à se demander où ils étaient passés. Il savait qu’ils étaient toujours vivants, les ayant aperçus dans le bureau de Seymour le matin même, recueillant différents témoignages sur leur suspect. Au moins, ils ne s’étaient pas entretués. Mais ils étaient vraiment en retard.

Peut-être était ce finalement une bonne chose, peut-être préféraient ils passer du temps seuls ensemble, plutôt que …

La porte du mess s’ouvrit sur Harm et Mac. Tanguy remarqua tout de suite que la main d’Harm était posée dans le creux des reins de Mac, un geste à la fois tendre et possessif, et qui semblait très naturel. Les yeux de Mac souriaient, et Harm avait l’air serein. Leur attitude ne laissait aucun doute planer. La conversation de la veille avait eu des conséquences positives, dieu merci.

Tanguy se réjouit pour Sarah, il y avait eu une époque où il avait souhaité qu’elle reste dans sa vie, mais elle avait choisi une autre direction, il avait – peut-être – trouvé lui aussi son équilibre et la tendresse qu’il éprouvait toujours pour Sarah le conduisait à se réjouir de la voir heureuse, ou du moins sur la bonne voie, espérait il.

Harm lâcha Mac et ils se dirigèrent vers leur ami.

– Content de vous voir. Vous avez l’air d’aller bien tous les deux …

Harm et Mac se regardèrent en souriant, puis Mac se tourna vers Michel.

– Il y a longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien. Et je vais enfin passer une soirée tranquille, avec de très bons amis, sans aucune surprise. Pour l’instant, je n’ai besoin de rien d’autre.
– Moi non plus, répondit Harm en écho en jetant un regard complice à Mac.
15 Avril 2001
1900 Lima
Salon de Provence – Appartement de Michel Tanguy

Le coupé Mercedes CL bleu nuit s’arrêta dans un crissement de pneus, et Laverdure en sortit précipitamment. Il se dirigea à grands pas vers l’appartement de son ami, une enveloppe à la main. Sans prendre le temps de sonner, comme à son habitude, il ouvrit la porte et appela :

– Michel, c’est moi. Tu as reçu le faire part ?

Tanguy, en jean et chemise bleu ciel, les manches relevées, sortit de la cuisine.

– Ernest, je t’ai déjà dit de frapper maintenant. Bon sang, perds cette habitude, et arrête de crier, tu vas réveiller Marion. Je ne suis plus tout seul ici, souviens toi.
– Je sais, mais … tu as reçu l’invitation ?
– On se calme. Je n’ai pas eu le temps de regarder le courrier, Lise travaille de nuit cette semaine et j’ai dû m’occuper du bébé.

Ernest ne se remettait pas de voir son ami père de famille, c’était arrivé un peu trop vite à son goût, même si cette Lise avait été présente en pointillé dans la vie de Michel depuis plus de trois ans. Quand Ernest avait appris d’un Michel radieux que Lise attendait un bébé, il avait cru avoir une attaque.

– Un bébé ? Mais tu .. tu es fou ? Tu vas te marier ?
– On verra. Et non, je ne suis pas fou, je vais avoir quarante ans, et toi aussi, et je crois qu’il est temps que je me pose. Et avec Lise, j’ai envie de me poser. Tu devrais y penser …

Non seulement Ernest avait refusé d’y penser, mais il avait refusé d’admettre que son ami pourrait changer de vie. Et puis quoi encore ? Arrêter de voler, peut être ?

– Regarde ton courrier, tu dois avoir une invitation.
– Bien, chef !

Michel saisit le tas d’enveloppes, les parcourut et trouva une enveloppe qui ressemblait à celle que brandissait Ernest. Le timbre était américain, l’écriture féminine, et il sut immédiatement ce qu’elle contenait.

Il ne s’était pas trompé.

Le faire part, plutôt classique, le conviait à assister au mariage du capitaine de frégate Harmon Rabb jr et du lieutenant colonel Sarah MacKenzie le 21 Mai 2001 à la Chapelle de l’Académie Navale d’Annapolis.

Un petit mot manuscrit était joint au faire part.

Tu avais raison. Elle le mérite.
Harm

FIN

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