Souvenirs, souvenirs

Résumé : Harm et Mac sont chargés d’enquêter sur l »accident d’un avion de la Patrouille de France et se retrouvent face à leur passé.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Chevaliers du Ciel, c’est une BD qui a fait son apparition en 1959 – et qui raconte les aventures de deux pilotes de chasse de l’armée de l’air française, Michel Tanguy et Ernest Laverdure. Tanguy, c’est le héros, grand, brun, beau, un as dans tous les domaines … Ca vous rappelle quelqu’un? Laverdure, c’est son ami, un excellent pilote, coeur d’artichaut – il tombe amoureux plus vite que je peux l’écrire – un brin gaffeur, il a le chic pour se trouver dans des tonnes de problèmes. Tanguy et Laverdure, les héros de mon enfance. Pour que mon histoire colle, j’ai imaginé que Tanguy et Laverdure ont en gros le même age qu’Harm et ont donc vécu le même genre de choses que lui .

Au niveau des références, mon histoire commence le lendemain de Surface Warfare – saison 5 – et ne dure pas plus d »une semaine. Pour les autres références, je vais jouer avec le passé d »Harm – qui a participé à Tempête du Désert, voir Cowboys and Cossaks, mais on n »en sait pas plus, donc je fais ce que je veux, et avec le passé de Mac, qui était au Kossovo – voir Force Recon, mais on n »en sait pas plus non plus ……. Et pour Les Chevaliers du Ciel, je ne prends que les personnages, tout le reste est le fruit de mon cerveau délirant.

Je ne fais qu »emprunter ces personnages pour jouer avec, si Harm ou Michel Tanguy m »avaient appartenu, je ne vous les aurais pas prêté ….

1/8

21 Mai 2000
1540 Lima
5 000 pieds au dessus de la Severn – Maryland

– Alpha Bravo de Alpha Charlie … Michel, j’ai perdu mon réacteur gauche ! Faut que je dégage vite fait.
– Bon sang Ernest, à quoi tu joues ? Encore deux figures et on rentre à la maison. Tu veux nous faire passer pour des amateurs ?
– Alpha Bravo de Alpha Foxtrot … le colonel Laverdure ne plaisante pas, je n’arrive plus à maintenir la distance avec lui, je dois dégager ou il doit dégager …
– De Leader, on éclate tout de suite et on se reforme sans Alpha Charlie en grande flèche. Ernest, tu rentres à Pax River tout de suite, on te rejoint dans dix minutes, et ne fais pas l’idiot pour une fois.
– Merci du vote de confiance, Michel. A tout de suite …

Le colonel Laverdure dégagea son Alpha Jet et se dirigea au cap deux-sept-zéro en prenant contact avec Pax River. Il obtint une priorité d’atterrissage et commençait son approche quand un voyant rouge clignota sur son tableau de bord.

– Pax River, ici Patrouille de France Alpha Charlie. Je suis en train de perdre mon réacteur droit, je ne sais pas si je vais pouvoir atterrir.
– Ejectez vous, Alpha Charlie, vous perdez de la puissance …
– Non, trop de monde en dessous, je passe au cap un-zéro-zéro … je vais essayer d’amener l’appareil au-dessus de l’Atlantique.
– Ne jouez pas au héros, Alpha Charlie, vous n’allez pas y arriver …
22 mai 2000
0700 Lima
Kitchenette du Quartier général du JAG

Mac finissait de préparer le café en repensant au week-end plutôt surprenant qu’elle avait passé. L’équipe du Jag avait vécu une semaine folle mais somme toute amusante, débarquant tous les uns après les autres sur le Wake Island pour déterminer si oui ou non Mickey Roberts était à l’origine de l’accident qui avait failli entraîner la mort de marines, et pour ensuite décider de la reprise des manœuvres. Au retour à Washington, elle avait pensé passer une soirée ennuyeuse au bal de la lutte anti-surface, à regarder ses collègues s’amuser, tous en couple, même l’amiral, même et surtout Harm. Et brusquement, Mic, comme par magie, était apparu. Elle avait eu besoin d’une partie de la soirée pour comprendre ce qu’il lui avait dit à son arrivée. Il avait quitté l’Australie pour la rejoindre. C’était une déclaration, faite devant ses amis, et Mac ne savait pas comment elle devait réagir. Leur relation, lui à Sydney, elle à Washington, lui convenait, elle n’avait pas envie de réfléchir à ce que pouvait signifier cette bague qu’elle portait à la main droite. Elle ne voulait pas se demander pourquoi elle ne l’avait pas changée de main, alors même qu’elle la gardait. Après tout, une femme a le droit de ne pas être totalement transparente, n’est ce pas ? Et soudain, Mic était là et lui déclarait un amour peut être un peu trop grand pour elle …

Le café avait fini de passer, Mac se versa une tasse et contempla un moment le liquide noir, perdue dans ses pensées. Vers deux heures du matin, elle avait dit à Mic qu’elle allait rentrer et lui avait gentiment proposé de le ramener à son hôtel. Elle revoyait le sourire amusé, un brin complice, de Renée et de l’amiral, et les sourcils froncés d’Harm quand Mic lui avait dit en la serrant un peu plus étroitement contre lui :

– Je pense qu’après le chemin que j’ai fait pour te rejoindre, je pourrais passer le week-end chez toi, mon amour.

Passer le week-end chez elle !! … L’appeler mon amour devant tous les autres … devant l’autre, dont le regard soudain sombre lançait des éclairs … Comment osait il la regarder ainsi ? Est ce qu’elle lui demandait à lui où Renee allait passer la nuit ? Il avait perdu tout droit sur elle en ne réagissant pas à cette bague qu’elle portait. Il avait été très clair à Sydney, il ne voulait pas d’elle, alors pourquoi réagissait il ainsi ? Rapidement, elle vérifia que personne ne s’était rendu compte de la réaction d’Harm, et prit instantanément une décision. Après tout, ce ne serait pas la première fois, et Mic était plutôt agréable. Il serait temps de voir après le week-end comment lui dire que finalement elle ne voulait pas de sa bague.

Elle s’était tournée vers lui avec un sourire chaleureux, et lui avait répondu d’une voix chaude :

– Et bien, allons y, j’ai hâte de retrouver mon lit.

Puis elle avait tourné les talons sans oser regarder ses collègues, rougissant légèrement de s’être laissée aller à cette provocation. Bien sûr, ce n’était pas très élégant de réagir ainsi, mais elle avait eu l’impression de se venger d’Harm. De se venger de lui comme le jour du départ de Sydney, où elle avait embrassé Mic parce qu’il les regardait, pour le défier de réagir. Maintenant, elle savait qu’il ne réagirait jamais, mais que la vengeance était douce …

– Vous lisez votre avenir dans le café, Mac ?

Elle sursauta et faillit renverser sa tasse.

– Vous m’avez fait peur, Harm, vous auriez pu prévenir que vous étiez là.
– Mac, je suis là depuis plus d’une minute, mais vous étiez perdue dans vos pensées … en train de revivre un week-end de passion ?

Le ton narquois et provocateur d’Harm la mit hors d’elle, s’il se permettait une autre réflexion du même genre, elle allait le tuer … mais en attendant, rien ne lui interdisait de riposter après tout. Leur amitié sombrait plus vite que le Titanic heurtant son iceberg, elle ne risquait plus grand chose, malheureusement.

– Harm, est ce que je vous demande si c’était bien avec Renée ? Vous voulez me raconter, c’est ça ? Vous n’avez pas de copain auprès de qui déballer vos exploits, alors vous vous êtes dit que votre partenaire pouvait faire l’affaire ? Désolée, capitaine, mais je me fous de votre vie privée et vous feriez mieux d’oublier la mienne.
– Mac, attendez, je suis désolé … je ne voulais pas …

Mais Mac avait tourné les talons et sortait de la pièce d’un pas vif. Elle heurta presque Tiner et réussit de justesse à ne pas lui renverser sa tasse de café sur l’uniforme blanc immaculé. Décidément, cette journée commençait très très mal !

– Colonel, je vous cherchais, vous et le capitaine Rabb. L’amiral veut vous voir immédiatement.
– Le capitaine est en train de prendre son café, Tiner. Je vais chez l’amiral tout de suite.

Elle mit sa tasse toujours pleine dans la main de Tiner et s’éloigna aussi vite que sa dignité le lui permettait. Elle n’avait sûrement pas besoin de caféine ce matin, et elle serait à l’abri dans le bureau de Chegwidden, du moins, elle serait à l’abri des allusions déplacées d’Harm.
Harm secoua la tête d’un air résigné en la voyant ainsi le fuir, après tout il l’avait cherché, mais il ne savait plus comment aborder Mac. Tout cela devenait un peu trop difficile à gérer, il fallait qu’ils aient une franche discussion au plus tôt. Mais l’idée d’une telle conversation avec Mac l’effrayait plus que l’éventualité de se retrouver aux commandes d’un F14 en perdition !

Il remit son café à Tiner et suivit sa partenaire dans le bureau de l’amiral.

– Colonel, capitaine, asseyez vous. Je viens de recevoir un appel du SecNav, qui soit dit en passant ne se remet pas de l’affaire du Wake Island ! Nous avons un problème diplomatique important, et je vais devoir vous faire confiance pour le régler. Vous savez peut être qu’hier avait lieu à Annapolis la remise des diplômes de l’Académie Navale.
– Oui, monsieur, intervint Harm, j’y assistais ainsi que je l’avais prévu.

Il jeta à Mac un regard chargé de reproche, et brusquement elle se souvint. Mon Dieu, comment avait elle pu oublier ? A cause de l’arrivée impromptue de Mic, sans doute, qui avait complètement perturbé tout son univers en un seul week-end. Harm lui avait proposé de l’accompagner, elle n’avait jamais assisté à cette cérémonie, et au nom de leur ancienne amitié, il avait fait ce geste pour se rapprocher d’elle. Elle avait attendu ce moment avec plaisir toute la semaine précédente, se répétant encore et encore que même si c’était avec Renee qu’Harm allait au bal, c’est à elle qu’il demandait d’aller à Annapolis. Bien sûr, Harm n’avait pas appelé pour demander si leur rendez vous tenait encore, mais honnêtement, elle l’avait oublié. Et il avait dû imaginer qu’elle avait mieux à faire !

– Désolée, souffla t’elle.

AJ reprenait son briefing.

– Bien. Vous avez sans doute assisté au meeting aérien, qui cette année était un peu spécial. Les Blue Angels n’étaient pas les seuls à survoler l’Académie, l’amiral Jones avait obtenu que la Patrouille de France fasse également une démonstration.
– Oui, Amiral, du très beau travail, objectivement je ne sais pas quelle formation a été la meilleure. Les Français ont d’ailleurs fini bizarrement, pour leurs deux dernières figures ils n’étaient plus que sept au lieu de huit, c’est assez inhabituel dans ce genre d’exhibition, mais c’était plutôt réussi.
– Justement, capitaine, c’est là qu’est le problème. Ils étaient sept parce qu’un des appareils a eu des ennuis mécaniques et a dû quitter la formation. Et l’appareil n’a pas pu revenir à Pax, il s’est écrasé dans l’Atlantique. Le pilote a pu s’éjecter au dernier moment, et les garde-côtes l’ont retrouvé rapidement. Il est à Bethesda, ses jours ne sont pas en danger, mais le Département d’Etat a un gros problème sur les bras, et nous aussi par ricochet. Les Français disent que l’appareil a été saboté. Une espèce de guéguerre entre escadrilles d’élite, si vous voyez le genre. Bien sûr, je ne peux pas imaginer que ce soit vrai, mais ils sont les hôtes des Etats Unis, et nous devons savoir ce qui s’est passé. Je vous confie cette enquête à tous les deux, capitaine, vous connaissez les avions et les pilotes, vous devriez pouvoir démêler qui nous raconte des histoires. Quant à vous, colonel, je compte sur vous pour empêcher le capitaine de prendre part directement à ce conflit, assurez vous qu’il reste totalement objectif, et chargez vous de la partie diplomatique de cette affaire. Les Français restent nos alliés, ne me transformez pas cette histoire en guerre franco-américaine. Rompez !

Harm et Mac se levèrent et se dirigeaient vers la porte quand AJ les interpella.

– Vous trouverez le colonel Laverdure à Bethesda, commencez par lui. Le reste de l’escadrille est à Pax River, ainsi que les Blue Angels, mais tout ce petit monde doit être reparti avant la fin de la semaine.

Comme un seul homme, Harm et Mac se retournèrent et demandèrent d’une même voix :

– Le colonel Laverdure, amiral ? Ernest Laverdure ?
– Oui, Ernest, c’est ça… Très drôle, ce prénom, je n’aimerais pas m’appeler comme ça. Vous le connaissez ?

Harm jeta un regard interrogateur à Mac, dont les joues avaient légèrement rosi. Mais elle ne disait rien, alors il expliqua :

– J’ai travaillé avec l’armée de l’air française au moment de Tempête du Désert, et j’avais rencontré certains excellents pilotes là-bas, dont le lieutenant Laverdure. Je pense qu’il doit être colonel maintenant, c’est normal. C’est un as, amiral, si son avion s’est crashé, personne n’aurait pu faire mieux. A part peut être moi, ajouta t’il avec un sourire narquois, ou un autre Français assez étonnant, le lieutenant Tanguy.
– Tanguy, c’est justement le leader de la Patrouille de France, le colonel Michel Tanguy. Je pense que vous le verrez à Bethesda. Colonel, vous allez bien ?

Les pommettes de Mac étaient maintenant cramoisies, elle luttait pour retrouver son calme. Après le débarquement de Michael l’Australien, c’était maintenant Michel le Français qui ressurgissait dans sa vie sans prévenir … Elle sentait que cette enquête allait s’avérer bien plus compliquée diplomatiquement que le Département d’Etat ou l’amiral ne l’imaginaient. Et elle était probablement la dernière personne à pouvoir rester objective dans cette affaire, mais c’était son problème, elle allait régler ça.

– Tout va bien, amiral.

Elle se tourna vers Harm qui la regardait d’un air pensif.

– Nous y allons, capitaine ?

Harm lui emboîta le pas, se demandant ce que l’attitude de Mac pouvait bien signifier. Décidément, Mac resterait toujours une énigme pour lui. Mais la journée s’annonçait intéressante !

Chapitre 2

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