Un anniversaire percutant

Cette fanfiction a été écrite « collectivement » sur le forum de jag-en-ligne entre le 15 juin 2003 et le 23 juin 2003, sur une idée de maxine. Elle se compose à  l’origine de 33 messages … réunis ici pour votre plaisir, du moins nous l’espérons. Par un miracle que je ne m’explique pas, nous avons écrit une histoire un peu chaotique pour JAG, mais qui réussit néanmoins à  rester é  peu près cohérente. Bien entendu, c’est une histoire shipper, et nous sommes restés dans les limites d’une fanfic tous publics.

Ecrite par ordre d’apparition par Brigitte – Maxine – Tigrette17 – soize – Althéa – Audrey – Cathy – Phoenix628 – MacR – Sylchris03 – Emy – droso – mac ny – sylviane –

Harm poussa la porte de son appartement et déposa rapidement les provisions qu’il venait d’acheter sur le comptoir de la cuisine.

– Sturgis, tu as besoin d’un coup de main ?
– C’est bon, Harm , répliqua la voix de Sturgis toujours dans le couloir, légèrement essoufflé, traînant un carton chargé de boissons. Tu crois qu’inviter dix personnes chez toi pour fêter l’anniversaire de Mac est une bonne idée? On aurait peut etre dû lui en parler, non ? Elle n’est peut être pas libre ?
– Mac, pas libre ? Et que voudrais tu qu’elle fasse un samedi soir ? Mais non, on installe tout, on se prépare et je l’appelle pour dire que j’ai besoin d’un coup de main pour l’affaire Stevens, et elle sera là juste dix minutes après tout le monde !
– Si tu le dis …
– Voyons Sturgis, Mac passe tous ses samedi soir devant sa télévision. !!! Ne t’inquiète pas.

Après qu’ils eurent passé plusieurs heures à décorer l’appartement et que les invités furent enfin tous arrivés Harm décrocha son téléphone. Il composa le numéro de Mac et brancha le haut-parleur pour que tous ses amis puissent entendre leur conversation.

Tuuut………Tuuut

Mac ne répondit pas…. Harm laissa longtemps sonner le téléphone jusqu’au moment où son répondeur se déclencha

– Bonjour, vous êtes bien chez Sarah Mackenzie, je suis absente pour le moment…

Sturgis regarda son ami avec une lueur de reproche dans les yeux.

– Tu vois, on aurait mieux fait de la prévenir… Je te l’avais..
– Non, écoute je connais très bien Mac elle a branché son répondeur pour ne pas être dérangée.
– Vous en êtes sûr Capitaine ?

Ces paroles prononcées d’une voix douce par Harriet le firent douter, et si… Non, non il valait mieux aller chez elle pour en avoir le cœur net. Il quitta donc ses amis et prit le chemin de l’appartement de Mac. Il se gara devant l’immeuble et monta rapidement les escaliers. Il sonna à la porte…

Drrrrinnggggggg

Après quelques minutes Sarah vint ouvrir, en tenue de soirée, longue robe, décolleté plongeant, elle était magnifique.

– Harm, mais qu’est ce que vous….

Il allait lui expliquer la raison de sa visite, lorsque derrière elle… il vit un homme en uniforme de la marine, un verre de vin rouge à la main. Son étonnement augmenta lorsqu’il vit sur sa veste les ailes dorées de pilote….

Mac se sentit d’un seul coup très mal à l’aise, elle regarda Harm et vit son étonnement:

– Harm…je …je vous présente le capitaine Steven Hauwks….nous nous sommes rencontrés sur l’USS Guadalcanal, lorsque j’ai été affectée en mer vous vous souvenez ?
– Si je me souviens , dit -il doucement en regardant Mac dans les yeux…
– …Steven voici Harm…enfin je veux dire le capitaine Rabb nous travaillons ensemble au Jag……
– Je sais Sarah, répondit Hauwks, tu m’as si souvent parlé de lui, ravi de vous rencontrer capitaine, ajouta -t -il en lui tendant une poignée de main.
Harm eut un moment d’hésitation, puis lui serra la main et ajouta, en montrant les ailes sur l’uniforme:
– Je vois que nous avons un point commun …

– Exact , répondit Mac nerveusement , vous vouliez quoi exactement Harm, car nous devions sortir, Steven a réservé une table au Toscani ? Est ce que ça ne peux pas attendre demain ?…….

Harm ne savait plus où se mettre, il était évident qu’il était arrivé à un moment inopportun et le regard insistant de sa partenaire confirmait son impression.

-Si bien sûr… ce que j’avais à vous dire n’était pas si important, répondit-il d’un ton qu’il voulait le plus neutre possible.
– Très bien.. A lundi alors.
– C’est ça, bonne soirée Mac… capitaine Hauwks.

Mac lui lança un rapide sourire puis referma la porte sur lui. Il resta là un moment, statique devant cette porte close, puis regagna lentement sa voiture. Une seule question hantait son esprit : Pourquoi ?
Pourquoi ne lui avait-elle jamais parlé de ce capitaine Hauwks ? Pourquoi lui en cacher l’existence ? Ils étaient déjà apparemment très liés, il l’avait entendu la tutoyer.

Accaparé par ses pensées, il fit le chemin inverse sans vraiment prêter attention à la route, c’est tout juste s’il avait envie de rentrer chez lui pour annoncer à tous ses amis que la fête surprise pour Mac était annulée, faute d’invitée principale.

Machinalement, Harm s’engagea sans ralentir sur le Beltway. Il ne vit la voiture à laquelle il allait couper la route qu’une fraction de seconde avant l’impact, mais immédiatement ses réflexes de pilote de chasse se mirent en branle. Il freina et contre-braqua dans le même éclair, projetant la Corvette contre la pile d’un des ponts de l’échangeur.

Assis sur le canapé, l’amiral finissait sa seconde bière tout en devisant avec Bud. Il jeta un coup d’œil à sa montre et fronça les sourcils.

– Bud, a t’on eu des nouvelles d’Harm? Il y a plus d’une heure qu’il est parti maintenant.
– Je ne sais pas, monsieur, je vais demander à Harriet.

Bud se leva et se dirigea vers son épouse à qui Harm avait confié la surveillance du dîner.

– Chérie, a t’on des nouvelles d’Harm, l’amiral s’impatiente, je crois qu’il a faim.
– Moi aussi je trouve qu’il est long, mais je n’ose pas appeler.
– Tu n’oses pas appeler ? Mais… pourquoi ?
– Et bien… euh… peut etre qu’ils sont… enfin, tu comprends…
– Non, pas du tout. Que veux tu dire?
– Et bien ils ont peut etre pensé à autre chose, et je ne veux pas risquer de les déranger…
– Tu crois que ….

Bud, interloqué, observa sa femme rougissante. Après tout, c’était envisageable, il avait bien remarqué une certaine tension entre ses deux mentors récemment. Si les suppositions d’Harriet étaient vraies, il n’allait pas risquer de les interrompre.

– D’accord, je vais demander au capitaine Turner d’appeler.

Il s’approcha de Sturgis qui discutait debout près de la fenêtre avec Bobbi, et sourit en entendant la requête du lieutenant. Néanmoins, il sortit son portable et composa le numéro d’Harm. Quand il tomba sur la messagerie, il eut l’air surpris.

– Pourquoi Harm aurait il éteint son portable? Je vais essayer le portable de Mac, j’espère qu’elle l’a avec elle.

Mais il n’eut pas plus de succès, aucun des deux collègues ne semblait joignable. Néanmoins, il décida de lui laisser un message.
– Mac, c’est Sturgis. Ecoutez, ça fait une heure que Harm est parti vous chercher, et on commence à avoir faim ici. Si vous avez décidé de fêter juste tous les deux votre anniversaire, j’en suis personnellement ravi, mais Harm aurait quand même pu nous prévenir . Dites lui que ce n’est pas sympa de faire bosser ses vieux potes à préparer une fête d’enfer pour une amie, et de nous poser ensuite un lapin pour s’évanouir dans la nature avec la reine de la soirée. Allez, amusez vous bien tous les deux, on commence sans vous.

Il raccrocha et se tourna vers le reste de l’assemblée, un grand sourire sur les lèvres.

– Je crois que nous aurons deux parts de plus pour le gâteau. Allez, on passe à table, j’ai ….

A ce moment là, son téléphone portable sonna.

– Alors mon vieux, tu te préoccupes enfin de tes invités!

Il s’éloigna des autres pour mieux entendre. Harriet s’approcha de lui, impatiente d’en savoir plus.

– Je comprends. J’arrive immédiatement!

Le ton de Sturgis alarma immédiatement Harriet qui s’accrocha à son avant-bras pour l’empêcher de partir.
Sans un mot, les traits tendus, il l’entraîna au centre de l’appartement pendant qu’elle sentait une angoisse incontrôlable monter en elle.

– J’ai peur d’avoir une mauvaise nouvelle…

L’attention de chacun se focalisa sur Sturgis qui, pour une fois, semblait chercher ses mots.

– C’est un agent de la police de l’autoroute qui vient de me contacter du portable de Rabb. Il a simplement rappelé le dernier numéro qu’Harm avait composé. Il cherche à identifier le conducteur d’une corvette qui vient de s’encastrer au niveau de l’échangeur à cinq minutes de chez Mac…

– Non, pas ça!

C’était un hurlement. Le lieutenant Sims vacillait dangereusement alors qu’un flot de paroles se bousculait sur ses lèvres:

– C’est trop injuste!… Il se décidait enfin à se rapprocher d’elle et… Noooooon!

L’Amiral eut juste le temps de la retenir avant qu’elle ne perde l’équilibre, vaincue par l’émotion. Bud l’aida à l’installer sur le canapé pendant que Sturgis reprenait rapidement:

– Harriet, ils n’ont pas retrouvé le conducteur!
– Comment? Capitaine, expliquez-vous! ordonna l’amiral dont la pâleur trahissait le malaise.
– La corvette était vide. Il n’ont vu que le portable d’ Harm sur le sol et des traces de sang sur le montant latéral gauche au niveau de la tête du conducteur. Je leur ai dit que j’arrivais tout de suite.

_ Bud, occupez-vous de ces dames! J’accompagne Sturgis. Si Mac appelle, dîtes lui simplement de me contacter immédiatement! aboya l’amiral qui retrouvait dans l’action tout son sang-froid.

Ce fut la couleur du néon qui l’incita à entrer dans la taverne, bleu comme le ciel.

Harm frissonna malgré la douceur nocturne, se demandant comment il était arrivé là. Cet endroit lui semblait familier, pourtant il ne s’en souvenait pas.

C’est en franchissant le seuil qu’il prit conscience qu’il ne savait même pas qui il était…

Il ne se rappelait même pas de son nom, son simple nom… que faire ? Un mot lui vient à l’esprit… Sarah… Sarah, qui est ce ? Sa femme, sa mère, sa sœur, sa petite amie ? Il fouilla dans les poches de sa veste, dans le but d’y trouver toute indication sur son identité, ou une information sur cette femme, rien.. La nuit était froide, et les quelques passant qui se promenaient, l’observaient d’une manière étrange, il valait mieux entrer dans cette taverne qui sait peut-être quelqu’un le reconnaîtrait-il ?

Après avoir passé la porte, il se dirigea immédiatement vers le bar, il allait demander à la serveuse si elle le connaissait, lorsque celle-ci l’interpella.

– Eh, beau brun comment aller vous ce soir ?

Un peu désemparé devant cette jeune femme blonde qui avait l’air de le connaître, il répondit

– Euhhh excusez moi……je…on se connaît…?

– Que vous arrive t-il ? Vous avez bu un verre de trop… Dites tout à Sophie… Chagrin d’amour c’est ça ? Vous avez rompu avec la jolie brune qui vous accompagnait l’autre jour ?

Ne sachant que répondre il préféra acquiescer.

– Sarah…
– Joli prénom, dommage vous formiez un joli couple.

Soudain, il eut une idée,

– Mademoiselle, auriez vous de la monnaie il faut absolument que je téléphone…

La serveuse conciliante, ne prit pas la peine de lui rappeler qu’il avait un portable, et lui tendit quelques pièces…Avec un sourire pareil, elle voulait bien lui pardonner tous les oublis…..

Il se dirigea ver le téléphone, introduisit les pièces et composa le premier numéro qui lui vint à l’esprit….
Une sonnerie puis deux……
Lorsqu’une main se posant sur son épaule, le fit sursauter.

-Pardon, dit la jeune femme timidement, je ne voulais pas vous faire peur …simplement…..

Harm la regarda avec insistance , face à lui se tenait une jeune femme rousse, plutôt maquillée , habillée d’un petit tee-shirt , au décolleté outrageux, et d’une mini jupe en cuir, qui ne laissait aucun doute quant aux activités lucratives de la demoiselle …

-On se connaît ? bafouilla t’il

Il tenait toujours à la main le combiné téléphonique, mais absorbé par ce dernier événement il n’y prêta plus guère attention, alors qu’à l’autre bout du fil on entendit la jolie voix métallique d’un répondeur :
« Vous êtes bien chez Sarah Mackenzie , je suis absente pour le moment mais n’oubliez pas….. »

Harm raccrocha le combiné, et réitéra sa question :

– On se connaît ?

– Eh non ,lança -t- elle, nerveusement , j’étais au bar à l’instant je vous ai vu parler avec la serveuse et visiblement vous avez besoin d’aide, regardez vous saignez ici, insista-t- elle tout en tapotant son mouchoir sur le front d’Harm

Il la repoussa gentiment.

– Laissez moi vous aider, vous avez l’air fatigué…je n’habite pas très loin , vous pourriez vous reposer et nous pourrons en parler ?
– Qui vous dit que je ne suis pas dangeureux?
– Vos yeux et votre sourire….et je sais de quoi je parle…

Elle avait l’air sincère, et sa voix était douce et rassurante.
Harm ne savait plus quoi faire , il avait terriblement mal à la tête, il n’arrivait pas à rassembler ses pensées ; un nom revenait sans cesse : Sarah
Il accepta la proposition, qui venait de lui être faite. Ensemble il quittèrent, le bar et disparurent dans la nuit noire.

Pendant ce temps, dans le couloir de l’immeuble de Mac.

– Ce n’est pas la sonnerie de mon téléphone ? dit- elle interrogativement, en regardant le capitaine Hauwks
– Laisse, Sarah sûrement une erreur…
– Attends j’en ai pour une minute

Elle se rua sur la porte de son appartement….mais le répondeur s’était mis en marche et bien qu ‘elle décrocha rapidement, il n’y avait plus personne

– Trop tard , lança t elle à Steven en raccrochant…

Ils sortirent à nouveau et en fermant la porte, Mac eut un pressentiment…une boule vint se nouer au milieu de son estomac…elle avait l’impression que cet appel était vraiment important…..

Lorsque l’Amiral et Sturgis arrivèrent sur le lieu de l’accident, ils frémirent en voyant la belle Corvette rouge qu’une dépanneuse emmenait : L’avant était dans un triste état. Un policier s’approcha d’eux:

-Vous pouvez certifier que cette voiture est bien celle de votre ami?
-Bien sûr. L’avez-vous retrouvé?
-Non, pas encore. Et pourtant, nous avons fouillé tous les environs. 20 hommes sont à sa recherche. Mais dites-vous que s’il n’est pas par ici, c’est qu’il va bien.
-Les traumatismes crâniens ne se déclarent parfois qu’après plusieurs heures…
-Nous le retrouverons. De plus, s’il a rejoint la ville, il va vous appeler…
-Espérons-le. Nous pouvons vous aider ?
-Vous pourriez vous diriger de ce côté et interroger les gens. Peut-être que quelqu’un l’a vu.

La jeune femme l’aida à s’allonger sur le lit puis commença à éponger son front, où le sang s’était coagulé:

-Que vous est-il arrivé ? C’est une entaille assez profonde.
-Je… J’ai eu un accident de voiture.
-Vous n’êtes pas allé à l’hôpital ? Ce n’est pas raisonnable ! Mais après une bonne nuit de sommeil, il n’y paraîtra plus et vous vous sentirez mieux. Vous verrez…

Il avait fermé les yeux et écoutait cette voix douce qui calmait son mal de tête. La main fraîche sur son front brûlant lui faisait du bien et avant de sombrer dans le sommeil, il murmura:

-Sarah…

Pendant ce temps, l’Amiral et Sturgis entrèrent en contact avec les quelques personnes qui se trouvaient sur le lieu de l’accident, espérant avoir des informations sur la direction que leur ami avait bien pu prendre. Après plusieurs interrogatoires infructueux, Sturgis contacta Bud pour savoir s’il avait reçu des nouvelles de Mac ou Harm, bien qu’il sache que si le lieutenant en avait reçu, il les lui aurait aussitôt communiqué. Il expliqua en quelques mots la situation à Bud qui décida de les rejoindre dans la recherche. Bud laissa les deux femmes à l’appartement de Harm après leur avoir expliqué les derniers événements.

Après quelques hésitations, Sturgis se décida à rappeler Mac, finalement, il se pourrait qu’elle soit avec lui, ils étaient peut-être tous les deux dans la corvette.

Restaurant Toscani.

Mac et le beau pilote appréciaient la soirée lorsque le portable de Mac se mit à sonner. Elle regarda le Capitaine Hauwks avec hésitation avant de décrocher, il lui sourit et acquiesça de la tête. Malheureusement le temps qu’elle le prenne sa boite vocale s’était déjà déclenchée.

Surgis pesta contre ce maudit téléphone et laissa un message pour Mac lui demandant de le rappeler d’urgence.

Mac arriva enfin à son portable et constata qu’elle avait deux nouveaux messages. Elle appela sa messagerie et sa tête changea d’un coup……
Mac rappela Sturgis dès qu’elle eut entendu ses messages.

-Allo Sturgis ? C’est Mac.
-Mac, je voulais savoir si vous étiez avec Harm en fait.
-Non, pourquoi qu’est-ce qui s’est passé ?
-Hum… et bien, comment vous dire, on a retrouvé sa corvette encastrée dans la pile d’un des ponts de l’échangeur.
-Oh mon Dieu !

Mac commença à paniquer et elle craignait la suite du récit de Sturgis.

-Comment… comment va Harm ?
-Bien justement il n’était pas dans la voiture quand la police l’a trouvée, il n’y avait que son portable et c’est comme ça que j’ai été prévenu. J’ai pensé qu’il était allé vous voir après l’accident. Vous ne l’avez pas vu ?
-Bien il est passé chez moi, mais il ne m’a rien dit, il avait l’air gêné mais je ne savais pas qu’il m’avait fait une surprise alors je lui ai demandé qu’on se voie lundi matin au bureau… Oh mon Dieu, ce n’est pas juste… Et la police n’a pas une idée de l’endroit où il aurait pu aller ?
-Et bien en fait, on est en train de le chercher, l’amiral et moi, Bud est venu nous rejoindre. Vous voulez nous aider ?
-Heu… oui je veux bien, mais je ne suis pas toute seule, je suis sortie accompagnée.
-Oh… ha bon. Bon faites comme vous pouvez Mac et tenez moi au courant.
-D’accord Sturgis. Pensez aux Hôpitaux, on ne sait jamais, il était peut-être blessé.
-Ok.

Mac raccrocha et se tourna vers le capitaine Steven Hauwks et lui expliqua la situation.

-Harm, … , le capitaine Rabb, m’avait fait une surprise pour mon anniversaire, c’est pour ça qu’il est passé tout à l’heure, pour m’emmener et me faire la surprise, mais en rentrant, il a eu un accident de voiture.

Hauwks observa attentivement Mac, nota les mains qui tremblaient, les larmes difficilement contenues. Il avait souvent entendu parler du capitaine Rabb, mais n’avait pas encore bien compris quelle était la relation entre Mac et l’officier. En regardant Sarah, il comprenait enfin que la partie serait encore plus difficile à gagner qu’il ne l’avait pensé. Bah, ce n’était pas la première fois qu’il était en concurrence avec un autre pilote, et elle en valait la peine.

Pour l’instant, Mac semblait avoir besoin d’aide et la soutenir lui donnerait des points supplémentaires.

Il lui prit doucement la main, la serra légèrement et lui parla d’une voix douce, mais décidée.

– Il a été transféré à quel hopital ?
– Il n’était plus dans sa voiture, il a disparu.
– Ecoute, Sarah, je crois que je vais te ramener chez toi, tu vas te changer et tu me diras où tu veux ensuite aller. Tes collègues vont probablement avoir des nouvelles, et si tu veux les rejoindre, je pense que ta tenue n’est pas la plus pratique.

Quand il la vit esquisser un sourire, il soupira d’aise.

– Tu vois, ça va aller, je suis là et je vais rester avec toi jusqu’à ce qu’on retrouve ton ami. Ne t’en fais pas trop, s’il a pu sortir de sa voiture, c’est qu’il ne va pas trop mal, il va forcément donner de ses nouvelles. Allons y.

Il appela le maitre d’hotel, qui s’empressa d’apporter la note et les manteaux de ses clients, puis Hauwks galamment passa le bras autour de la taille de Mac, complètement perdue dans ses pensées et la guida vers la voiture.

Il allait prendre le volant quand Mac lui posa la main sur le bras.

– Non, Steven, je vais conduire, on ne va pas chez moi.
– Quoi ? Où veux tu aller?
– Je ne sais pas te dire où, mais Harm a besoin de moi, je le sens, je sais qu’il m’appelle ….

Hauwks la regarda en fronçant les sourcils, il n’avait jamais vu Mac avoir ce genre d’attitude, mais elle avait l’air décidée et sûre d’elle. Tant qu’il était avec elle, rien de fâcheux ne pouvait arriver. Il lui tendit les clefs

Le ferry fendait les flots avec fluidité, les bruits alentours leur parvenaient assourdis, Sarah le fixait intensemment et il ne souhaitait au fond de lui rien d’autre que la prendre dans ses bras puis l’embrasser; mais il était paralysé englué dans des sentiments contradictoires. Soudain elle disparut, engloutie par les eaux glacées de l’Atlantique Nord, alors que lui-même essayait désespéremment de rester à la surface pour survivre. La seconde suivante elle était là, merveilleusement vivante, sensuelle, répondant passionnément à son baiser sous le porche. Il entendait les cloches de l’église, annonçant son mariage, Sarah était radieuse au bras d’un pilote. Il voulut courir vers elle mais il en était incapable, une douleur intense traversait son crâne: Harm se mit à hurler comme un dément et se réveilla à bout de souffle. Il croisa le regard bienveillant d’une femme qui n’était pas celle de son rêve.

Sans un mot, il se leva, quitta impulsivement l’appartement, se jeta dans la rue, tenaillé par l’urgence de la retrouver. Il devait la rejoindre à tout prix !
Dans son esprit embrouillé, il n’avait qu’une seule certitude: il la perdrait s’il attendait ne fût-ce que cette nuit pour lui déclarer son amour! Mais où aller?
Il marchait en titubant comme s’il était sâoul, il avait perdu toute notion du temps.
Son errance le conduisit près d’un monument noir et froid, couvert de noms en lettres dorées. Harm se laissa glisser contre le marbre, épuisé, sa blessure saignait à nouveau. Bizarrement il se sentait à l’abri ici, pour récupérer un peu.
Alors qu’il s’endormait, un rayon de lune perça les nuages et fit briller au-dessus de sa tête un seul nom: Lt Harmon Rabb Sr.

Mac conduisait lentement mais elle semblait déterminée et suivait un chemin connu d’elle seule: celui qui la conduirait à l’homme qu’elle aimait.

 » Je ne me mentirai plus jamais, se disait-elle. Hauwks n’est qu’un ersatz, j’avais besoin de me sentir femme et désirable, c’était simple. Mais Harm! Il est tout pour moi! Et ce soir encore, je l’ai mis à l’écart, vexée parce qu’il avait semblé avoir oublié mon anniversaire! Comme s’il niait le temps qui passe et repoussait l’échéance de notre accord. Il avait l’air si peiné en repartant au point de ne pas m’avouer pour la surprise-party. Cette fichue danse entre nous! Mais je jure devant Dieu que s’il est vivant, tout cela va prendre fin! Plus de détour, plus d’orgueil mais l’évidente vérité. Je veux devenir sa compagne, je porterai son enfant… il me l’a promis, il tient toujours ses promesses! »

Un gémissement de douleur lui échappa. La peine et la peur l’envahissaient. Mac essuya rageusement du revers de la main les larmes qu’elle n’avait pas senti couler jusque-là. Le « Devil Dog » reprenait du poil de la bête!
Elle allait suivre son instinct pour sauver Harm…

Du coin de l’oeil, Hauwks observait les sentiments de Sarah sur son visage.
Il s’était attaché à elle, beaucoup trop étant donné les circonstances. Après tout sa cible était Rabb, et manifestement le destin était en train de le frustrer de sa vengeance. Mais s’il était encore vivant , Hauwks aurait le plaisir, comme en début de soirée, de le voir souffrir de sa présence auprès de Sarah.
Il aurait tout loisir de le tuer plus tard!

Mac s’arrêta au Mur, elle était sure qu’il était là. Et elle avait raison, elle le vit allongé contre la paroi où étaient inscrits tous ces noms. Elle se précipita à l’extérieur de son véhicule. Le capitaine Hauwks fit de même. Soudain elle s’arrêta, gênée par la présence de Steven.

-Steven, tu peux rester dans la voiture ?
-Mais Sarah…
-S’il te plait

Il détestait se sentir exclu de cette façon mais n’avait pas vraiment le choix. Il accepta donc d’un signe de la tête.
Mac alla vers Harm, elle constata tout de suite sa blessure à la tête qui aurait besoin de points de suture.

-Harm… Harm réveillez vous.

Il ouvrit lentement les yeux et dévisagea la femme qui se tenait en face de lui. Il ne se souvenait pas de son propre nom mais pouvait en mettre un sur ce visage.

-Sarah ?
-Oui je suis là. Allez Harm on y va.
-Harm ?
-Oui c’est votre nom. C’était aussi le nom de votre père.
-Où est mon père ?

C’est alors que Mac comprit. Elle décida d’appeler l’amiral

-Chegwidden
-Monsieur je l’ai retrouvé, mais il y a un problème.
– De quoi voulez-vous parler, colonel ?
– Et, bien, Amiral, le capitaine a, semble-t-il, des problèmes de mémoire. Il ne se rappelle plus de rien. Je vais l’emmener à l’hôpital. Prévenez tout le monde. Encore assis par terre, la tête entre ses mains, Harm essayait de toutes ses forces de se rappeler quelque chose mais aucun souvenir ne revenait. Un seul mot résonnait inlassablement dans sa tête « Sarah ». Il la regarda, son esprit était troublé, le visage de Sarah était la seule image dont il se souvenait et il ne savait pas pourquoi.
Il se releva doucement et se dirigea avec Mac jusqu’à sa voiture.
Mais son esprit troublé le fut encore plus quand il aperçut Hauwks : il ne se souvenait pas de lui mais il savait d’instinct qu’il ne l’aimait pas.

Pendant tout le trajet jusqu’à l’hôpital, presque aucun mot ne fut prononcé. Hauwks avait pris le volant car Sarah voulait être près de Harm. La haine de Hauwks envers Harm grandissait de minute en minute, il ne supportait plus l’attitude de Sarah, plus rien n’existait, il n’y en avait que pour Harm.

« Harm ! tu me le paieras un jour, je te le promets ! Il te les faut vraiment toutes »

Harm sentait ce regard qui les observait dans le rétroviseur.
Mais pour l’instant, toutes les questions qui lui traversaient l’esprit pouvaient attendre, il se sentait de plus en plus mal. Un mal de tête commençait à l’envahir, de plus en plus fort, comme des roulements de tambours incessants, si bien que sa vue s’était troublée et qu’il n’entendait presque plus. Sarah s’était rendue compte que Harm n’allait pas bien.

– Ca ne va pas, Harm ?
– Non, pas très bien, j’ai l’impression d’avoir un moteur de Tomcat dans la tête.
– Steven, dépêches-toi ! il faut qu’on arrive au plus vite.
– T’inquiète, Sarah ! on arrive.

Harm fut à peine descendu de la voiture qu’il s’évanouit. Mac cria :

– Vite, un médecin, vite !

Harm avait été directement emmené en salle d’examen. Mac s’était fait refuser l’entrée.

Mac se tenait là dans la salle d’attente mais cette attente était insupportable. Et Steven était là à coté d’elle. Elle ne pouvait plus supporter la présence de cet homme certes gentil mais étranger. Il ne comprenait rien à la situation. Elle lui avait demandé de partir presque supplié de rentrer. Steven, après avoir insisté, avait obéi enfin en apparence…

Dix minutes plus tard, elle fut rejointe par les membres du JAG : l’Amiral, Bud, Harriet, Sturgis. Tous étaient là sauf exception. Chacun s’interrogeait sur les circonstances de l’accident. Mac était seule dans un coin réfléchissant. Harm lui avait préparé une fête pour son anniversaire. C’est ce que cachait son indifférence ces derniers jours, elle aurait dû le savoir. Elle connaissait Harm. Cet homme fuit et élude toujours mais pour une fois il avait agi. Elle resta sur cette dernière pensée quand un médecin s’approcha d’eux.

– Madame Rabb

Mac fit un pas en avant. Puis sentant le regard des autres membres ajouta

-Le capitaine Rabb n’est pas marié. Comment va t-il ?
– Ecoutez nous avons fait tous les examens nécessaires et aucun traumatisme crânien n’a été diagnostiqué.
– Comment expliquez vous ses troubles de mémoires ? rétorqua Mac.
– Le choc de l’accident.. tout est émotionnel.. on n’a pas vraiment d’idée sur la cause. Mais misà part ses pertes de mémoires, le capitaine Rabb est en parfaite santé. Mais nous aimerions le garder en observation cette nuit.
– Pouvons nous le voir ?
– Le capitaine Rabb ne supportera pas autant de visites. Il est désorienté. Seule madame devrait y aller. Il la connaît et il se sentira en sécurité.

Tous acquiescèrent à cette idée.

Mac s’approcha de la pièce et attendit devant quelques minutes avant de frapper. Elle respira et rentra. Elle vit Harm debout sur le côté cherchant à se rhabiller.

– Que faites vous ?
– Je veux m’en aller Sarah.
– Le médecin veut vous garder en observation cette nuit. Donc vous restez.
– Vous êtes toujours aussi autoritaire ?
– Seulement quand vous le méritez.

Et ils se mirent à rire.

Harm commença à lui expliquer ce qu’il avait subi : examen sur examen. Il s’emportait faisant des mouvements de plus en plus larges oubliant que le seul vêtement qu’il portait était une blouse d’hôpital. Mac se rendit compte que le vêtement se détachait. Elle essaya de l’interrompre mais il continua. Mac ne put s’empêcher d’y jeter un œil. Elle aperceva la silhouette parfaite de cet homme et même un morceau de chair. Elle commença à rougir et détourna le regard. Harm s’aperçut de son comportement et après quelques secondes de réflexion il comprit. « La blouse s’était détachée ».

Rougissant à son tour et en proie à un embarras certain, il replaça les pans de la blouse dans un mouvement brusque. Cette situation l’aurait amusé s’il n’avait été face à la gene évidente de Sarah. Ce qui l’amena à une nouvelle interrogation : qui est réellement cette femme qui semble etre la seule personne dont il ait gardé le souvenir et qui semble si préoccupée par son état mais que la vue d’une partie de son anatomie trouble à ce point ? Oubliant sa tenue mais tenant toujours la blouse d’une main ferme, il se décida :

– Sarah, je peux vous parler ?
– Je vous écoute Harm
– Que m’arrive-t-il, Sarah ? Je n’y comprends rien. Le médecin m’a dit que j’avais eu un accident mais que j’allais bien alors pourquoi suis-je incapable de me rappeller mon nom ?
– Je … je ne sais pas Harm… vous vous etes quand meme rappelé mon prénom

Et soudain, celà la frappa : depuis qu’elle l’avait retouvé assis au pied du Mur, il l’appelait Sarah, pas Mac.

– Harm, vous savez qui je suis ?

Au meme moment, la porte de la chambre s’ouvrit doucement et un visage hésitant apparut :

– Madame, Monsieur, je suis navré de vous interrompre mais le médecin voudrait que le Capitaine se repose maintenant. Euh, bonsoir Monsieur, comment vous sentez-vous ?
– J’ai déjà été mieux mais ça peut aller…
– Harm ? Vous vous souvenez de Bud ?
– Euh, non… je suis navré… est-ce que nous travaillons ensemble ?
– Oui Monsieur, et vous etes également le parrain de mon fils
– Le… parrain ?
– Oui Harm, mais ne vous en faites pas, reposez-vous et les choses vont se remettre en ordre d’elles-memes, j’en suis sure. Mettez-vous au lit, je viendrai vous cherchez demain matin pour la sortie.

Harm obéit à contre-coeur, encore perturbé par ce qu’il venait d’apprendre : il avait un filleul mais sa mémoire lui en refusait le souvenir. Que lui restait-il à découvrir ? Une famille, des enfants ? Qui était vraiment Sarah ? C’est avec une angoisse grandissante qu’il sombra dans un sommeil agité, peuplé de visages inconnus et hostiles.

Haukes avait légèrement déplacé sa voiture. Il pouvait observer les véhicules qui quittaient le parking sans qu’on le remarque. Au bout d’un moment qui lui sembla très long, il vit enfin passer une Ford Explorer bleue. Un homme d’un certain age, qu’il reconnut pour l’avoir vu à la télévision comme le JAG actuellement en poste, conduisait le véhicule. A ses cotés, Sarah avait l’air épuisée, il lui sembla qu’elle parlait. De quoi ? De qui? Probablement de Rabb, une nouvelle fois.

Il était encore relativement tôt, et il décida d’attendre pour tenter sa chance dès cette nuit. Il vit arriver l’équipe de nuit, regarda les heures s’écouler à sa montre.

Vers une heure du matin, il décida d’agir. Il sortit de la voiture, récupéra un sac de voyage dans son coffre et se changea rapidement, troquant sa tenue voyante d’officier de la Navy contre une tenue de combat noire. Il retourna s’asseoir derrière le volant, il passerait à l’action à deux heures, quand les réflexes de tout le monde sont au plus bas. Il sortit son portefeuille pour le glisser dans la boite à gants, mais au dernier moment, il hésita et l’ouvrit. Dans une des poches, sous d’autres papiers de moindre importance, se trouvait une photo qu’il n’avait pas regardée depuis longtemps.

Il n’avait pas besoin de la voir, les traits de son visage étaient imprimés dans sa mémoire depuis toutes ces années, depuis qu’elle lui avait gentiment expliqué, lors de leur déploiement sur le Seahawk, que le seul pilote qui compterait jamais pour elle ne volait plus, qu’il était maintenant avocat au JAG et qu’elle allait demander à rester à terre pour etre avec lui.

Diane ….

Il n’avait été qu’un ami pour elle, elle l’avait éconduit et avant qu’il puisse lui prouver qu’il était l’homme qu’elle attendait, elle était morte. Et c’est Rabb qui avait eu le droit de pleurer sur sa dépouille. Rabb, qu’il avait hai d’avoir eu l’amour de cette femme ….

Mais Rabb n’aurait pas Diane, non, cette fois ci c’est lui, Steven , qui l’aurait ….

Hauwks parvint facilement sans encombre jusque dans la chambre d’Harm. Il réveilla brutalement son rival tout en le maintenant fermement plaqué sur son lit.
Malgré son état, Harmon Rabb comprit qu’il était en grand danger, lisant la haine et le désir de tuer dans les yeux de son agresseur.

Bud ouvrit la porte du couloir avec un grognement de satisfaction. Il allait enfin pouvoir déguster une pizza et un grand soda.  » Si Harriet me voyait, pensait-il, là, combler un petit creux à deux heures du mat! »

– Diane est morte à cause de vous, parce qu’elle voulait vous rejoindre! Vous êtes nuisible pour les femmes de notre vie. Vous ne savez que faire souffrir Sarah! Mais moi je saurai l’aimer, elle vous oubliera …Flyboy! ricanna Steven tout en l’étranglant très lentement. Harm, incapable de le repousser, cherchait désespérement à respirer. Alors qu’il allait perdre connaissance, des pans entiers de sa mémoire lui revinrent brusquement. Mais il ne pût prononcer le prénom qui lui brûlait les lèvres car Hauwks s’abatit sur son abdomen tout en lachant prise, dans un déluge de verre brisé: Bud venait de l’assommer avec sa bouteille de soda!

– Buuud… je… n’ai jamais été aussi heureux de vous voir!
– Mais vous, vous avez retr…qui est cet homme?
– Un admirateur de Diane et un fou! Mais ce serait trop long. Je dois voir Mac immédiatement, répondit-il en s’habillant.

L’adrénaline coulait à flot dans ses veines.

– Mais ,Monsieur!
– Lieutenant Roberts, vous êtes un brillant avocat, vous saurez expliquer tout cela à la police. C’est un ordre! Je n’ai plus une minute à perdre! Bud, c’est à cause du ferry!

Le lieutenant Roberts interloqué, bredouilla en le regardant se sauver:  » Il n’y a jamais eu de ferry ici! …Oh! Bravo! »

Mac n’était pas encore couchée, elle venait de prendre un long bain tout en essayant de remettre ses idées en place, quand elle entendit frapper furieusement à sa porte.

– Ouvrez-moi!

Elle reconnut sa voix, dans quelle galère allait-il encore les entraîner?

– Quand je vous ai quitté vous deviez vous coucher, il n’y avait pas de jolie infirmière pour vous border? répliqua-t-elle en le faisant entrer.
– Pas aussi belle que vous, jamais il n’y en aura! Je ne passerai pas une autre nuit loin de vous… je vous aime…vous entendez? …je vous aime!

Muette, incapable de réagir, elle le fixait tandis que des larmes commençaient à envahir ses grands yeux chocolat. Un doute affreux lui traversa soudain l’esprit.

_ Dites-moi qui je suis?

Pour la première fois de la soirée un sourire, son fameux sourire de Flyboyéclaira son visage.

_ Tu es la femme que j’aime… celle que j’ai rencontrée dans une roseraie, celle qui m’a accompagné en Russie, celle qui m’a sauvé des vagues de l’Atlantique, celle qui portera notre enfant…souviens-toi, je te l’ai promis, Sarah!
_ Oh!…Je t’aime …

Mais elle ne put continuer car il l’avait prise dans ses bras et l’embrassait passionnément, s’accrochant à elle comme si sa vie en dépendait. Elle ne pouvait pas lui résister, elle ne le souhaitait pas. Elle s’écarta légèrement, lui sourit tout en laissant sa main caresser son visage, longer sa blessure, s’enfoncer dans ses cheveux, puis lentement glisser le long de sa nuque. Elle s’appropriait cet homme qu’elle désirait depuis si longtemps, de son autre main elle entrouvrit sa chemise, effleurant les muscles de son torse. Il ne bougeait pas, fasciné par la sensualité de ces simples gestes; ses yeux prenaient la couleur d’un ciel d’orage, sa bouche s’entrouvrait dans l’espoir d’un autre baiser, qui ne se fit pas attendre, profond et langoureux. Harm déposa ensuite des baisers légers sur son cou, parcourant peu à peu le décolleté de sa partenaire, il la sentait retenir son souffle. Il la regarda intensément alors qu’elle frémissait de tout son corps. Aucun d’entre eux ne pouvait ignorer le désir de l’autre: Sarah aquiesça d’un sourire lumineux à la supplique muette qu’il lui adressait.

La sonnerie de la porte d’entrée retentit, anéantissant leur complicité.

– Police, ouvrez!

Harm se plaça devant Sarah pour s’assurer de l’identité du visiteur qui montra sa plaque puis entra avec deux collègues.

– Capitaine Rabb, vous n’êtes pas facile à trouver! N’en voulez pas au Lieutenant Roberts, il n’a pas eu le choix. Vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de Jennifer Starck, une prostituée poignardée ce soir à son domicile. On a retrouvé vos empreintes sur les lieux et aussi des traces de sang, sans doute le vôtre, dit-il en montrant sa blessure. Vous avez intérêt à prendre un bon avocat, Capitaine. Lisez-lui ses droits!

Harm se retourna vers Sarah ; abasourdi par la nouvelle, il haussa les épaules en signe d’incompréhension :

– Harm qu’est ce que ça veut dire , qui est cette fille …et …et que faisiez vous chez elle ?
– je t’expliquerai…

Il se retourna vers l’inspecteur :

-Deux minutes , pourriez vous m’accorder deux minutes ?

Juste le temps pour lui de tout lui raconter…L’officier de police souffla et acquiesça, à ce moment précis son portable sonna ; il fit signe au capitaine de ne plus bouger , pendant que ses collègues farfouillaient dans l’appartement , probablement à la recherche de l’arme du crime ou d’un quelconque indice .

– quoi ?!, qu’est ce vous dites ? hurla l’inspecteur Bellissario , lancez un appel radio, et effectuez des barrages de police dans un périmètre de 10 km, je ne veux pas qu’il nous échappe, vous m’avez bien entendu, prenez le nombre d’hommes nécessaires mais je veux qu’on le retrouve je vous en tiendrai personnellement responsable s’il se passait quoique ce soit….

Puis il raccrocha , l’homme avait l’air contrarié , visiblement , il rangea le mobile dans sa poche avec une telle nervosité…et fit face à Harm

-L’homme qui a essayé de vous agresser cette nuit dans votre chambre d’hôpital, Steven Hauwks…
-Steven…. bredouilla Mac en commençant à blêmir…puis elle regarda Harm avec effroi.
-Harm… que s’est-il passé vous…tu ne m’as rien dit !!

Elle serrait nerveusement son peignoir ..mais tout s’embrouillait dans sa tête, l’accident ; Harm amnésique ; l’hôpital ; l’agression ; le meurtre de cette jeune femme , et cette arrestation….elle pensait qu’elle était en train de cauchemarder ; qu’elle allait se réveiller d’une minute à l’autre seule dans son lit que rien n’était réel…sauf peut être la déclaration de son beau capitaine ; ça elle voulait bien la garder…elle attendait ça depuis si longtemps, elle enrageait à la pensée que ces instants là venait d’être gâchés car mêlés à une suite effroyable d’évènements aussi incompréhensibles les uns que les autres , digne du plus mauvais film policier qu’elle ait jamais vu…et tout ça le soir de son anniversaire !!!
Harm lui prit les mains et l’attira vers lui, elle se blottit au creux de son épaule au moment où l’inspecteur poursuivit sa phrase :

-Steven Hauwks vient de s’échapper lors de son transfert au commissariat…vous êtes prêt…dit-il en s’adressant au capitaine Rabb.

A cet instant Harm repoussa Mac et dans un geste d’une rapidité incroyable attrapa l’officier par derrière et en lui bloquant le bras ; passant le sien sous sa gorge , il commença à serrer et de l’autre il s’empara de son revolver :

-Ne faites pas un geste ! cria-t-il aux policiers qui se trouvaient dans la pièce.
-Sarah prends leur armes, et trouve moi de quoi les attacher !!
-Harm… vous…tu es devenu fou !!
– Vous feriez mieux de l ‘écouter Rabb ; vous ne faites que vous enfoncez…lança Bellissario d’une voix étranglée…
– je vous conseille de ne pas faire les malins dit-il aux deux représentants de la loi qui apparemment voulaient tenter une action, c’est une marines !!!
-Mac… fais ce que je te dis…vous deux asseyez vous sur ces chaises, ordonna-t-il pendant que Sarah les désarmait, Harm bouscula l’inspecteur et lui ordonna de s ‘asseoir également.

Une fois les 3 officiers bien ligotés il dit à Mac d’aller s’habiller :

-Dépêche toi Sarah il faut faire vite…

Il bâillonna tout le monde, lorsqu’elle apparue en jean et en soutien – gorge, dans l’entrebâillement de la porte..
-Harm c’est une folie , je ne peux pas faire ça ..
-Mac !! Steven est dangereux , et moi en prison c’est toi qui es en danger …et ça pas question ! il s’approcha d’elle et l’attira contre lui ; il posa ses lèvres délicatement sur les siennes , un baiser si doux , juste pour la rassurer, puis la serra fort , elle sentit son souffle à nouveau dans son cou et il lui murmura à l’oreille

-on va s’en sortir Sarah, je te le promets ..rien ne nous séparera….

Quelque part sur la route
U.S.A.

Mac se retournait pour la centième fois depuis qu’ils étaient partis.Depuis combien de temps étaient-ils partis? Mon Dieu si même son horloge interne tombait en panne c’est qu’elle avait vraiment un problème.

Elle se raisonna, être en fuite dans une voiture avec une personne qui était encore amnésique il y a quelques heures, accusée du meurtre d’une prostituée et venant de vous avouer son amour; tout cela, poursuivis par un fou furieux: c’était avoir un problème.

Elle fixa les aiguilles lumineuses du tableau de bord: 2.00. 2 heures qu’ils étaient partis et qu’elle se disait de plus en plus que c’était une mauvaise idée.

Il y avait forcément un moyen, un autre moyen. D’une part Harm ne pouvait pas être coupable et elle aurait tôt fait de le prouver, d’autre part, Steven ne pouvait pas être si dangereux, non, pas cet homme qu’elle croyait vraiment connaître.

Harm détourna son regard de la route pour le poser sur elle, elle le sentit et leva les yeux.

– C’était la meilleure chose à faire, tu sais ? dit-il, tentant un sourire flyboy.
– Je ne sais pas, vraiment, on aurait pu…je ne sais pas moi…. appeler l’amiral, il nous aurait aidé.
– Sarah…Hawks est dangereux…je comprends que tu ne sois pas apte à t’en rendre compte…

Elle l’interrompit ne supportant pas ce ton mielleux qu’il prenait avec elle.

– Comment cela ? « Je ne suis pas apte à m’en rendre compte »! Je le connais bien mieux que toi !
– Bien sûr et justement c’est là le problème, tu laisses tes sentiments t’influencer…
– Et toi ? En fuyant pour « me protéger » est ce que tu ne te laisses pas influencer par tes sentiments ?
– Oh, Mac ! Tu vois ce que je veux dire, est-ce que tu ne préfères pas qu’on soit tous les deux pour régler ce problème, ensemble?
– En fuite surtout! Tu sais que nous serons séparés de toute façon ?
– Tu ne risques rien , c’est suffisant pour l’instant, arrêtons d’en parler, tu veux ?
– Je voudrais surtout m’arrêter pour prendre un café.

Elle avait parlé sèchement tandis que d’une voix douce il essayait de la raisonner, comme une enfant. Mais elle n’était pas folle, son instinct lui criait que tout se terminerait mal et elle l’aimait trop pour que ça arrive.

Quelques minutes plus tard elle pénétrait dans la station service.
Sirotant son café elle regardait distraitement à l’intérieur d’une vitrine lorsqu’elle vit un reflet effrayant, un homme se dirigeait vers les toilettes des hommes, elle le reconnut tout de suite, Steven .

Son instinct de Marines la fit se reculer entre deux rayonnages pour ne pas être repérée. Elle réfléchit rapidement: elle n’arrivait pas, malgré le récit d’Harm à imaginer Steven dans le rôle d’un fou furieux. Mac s’apprêtait à lui emboîter le pas pour l’interroger quand elle se sentit happée par des bras vigoureux.

– N’y vas pas! Je t’en prie!
– C’est à toi qu’il en veut, pas à moi! Je ne crains rien et je dois savoir exactement…
– Savoir quoi? S’il est fou? Oui! S’il a voulu me tuer? Oui! S’il essaiera encore? Oui! S’il t’aime? Oui! Laquelle de ces réponses est la plus importante pour toi Sarah? persiffla-t-il. Dis-moi?

Mac essaya de se dégager, mais ses mains lui broyaient les bras. Soudain, elle ne le reconnaissait plus: il était jaloux et il avait peur! Pas de mourir mais de la perdre.
Elle se retourna lentement, esquissa un sourire, passa sa main sur sa joue, le long de sa mâchoire si contractée et lui murmura:

– Je t’aime Capitaine Harmon Rabb Junior et aucun autre homme ne comptera pour moi. Mais là, nous avons un problème à résoudre et tout de suite, nous n’allons pas continuer à fuir ainsi… J’y pense …comment nous a-t-il retrouvés? Crois-tu qu’il nous ait suivis? Je n’ai vu personne! C’est insensé!
– A moins que… retournons à ta voiture, vite!

A peine arrivé , Harm se glissa sous le véhicule tout en lançant : » Sundance, surveille nos arrières! » ce qui eût pour effet de faire sourire sa complice. Ils étaient à nouveau sur la même longueur d’ondes, alors ils seraient les plus forts!

– Je l’ai, annonça-t-il en se redressant, un mouchard high tech à la main…
– Il est très prévoyant, répondit Mac qui commençait à douter sérieusement de son jugement. Très bien, nous allons trouver un coin tranquille plus loin sur la route et lui tendre une embuscade, après tout ce n’est qu’un pilote, il ne doit pas savoir se battre…
– Très amusant, Colonel, à vos ordres! »

Bellisario écumait sur sa chaise, dix minutes que les tourtereaux étaient partis, c’était bien suffisant. L’équipe d’intervention de l’agence n’allait pas tarder à les délivrer. Enfin, ils arrivèrent et libérèrent les trois hommes. Bellisario s’empara promptement d’un mobile.

– Allo! Bellisario. Opération  » Chèvre « .Tout est O.K.
-…
– On a eu beaucoup de chance d’intercepter le rapport de la police sur l’agression de Jennifer Starck et de connaitre ainsi la présence de Rabb sur les lieux. Oui, elle nous a tout racontés. Actuellement, elle est à l’hopîtal sous surveillance: il ne faudrait pas qu’une morte se promène dans les couloirs! Ah! Ah! Excusez-moi, Monsieur c’est le stress. En tout cas, cela a eu l’effet escompté: dès qu’il a su pour Hauwks, il s’est sauvé pour pouvoir lui-même protéger sa belle de l’affreux soupirant! Comme vous l’aviez prévu! J’espère qu’Hauwks ne trouvera pas le mouchard que l’on a placé sur lui avant de le laisser s’évader. Un drôle de type, vouloir se venger à la fois d’un homme et de son pays, un malade et un traître. Il faut souhaiter qu’il prendra contact avec ceux à qui il livre nos secrets avant de descendre Rabb…
– …
– Je vous garantis qu’il n’arrivera rien au Colonel Mackenzie, Monsieur.

Bellisario coupa la conversation en soupirant de soulagement:

– Les gars, il est vraiment pas commode ce Webb! Surtout, ne les perdez pas!

Le mouchard bien en évidence sur le tableau de bord clignotait comme pour les narguer.
Mac posa la main sur la cuisse d’Harm, mais la retira presque aussitot, comme si elle s’était brulée. Il tourna une seconde la tete vers elle, fronçant les sourcils.

– Un problème ?
– J’essaie de me concentrer, il vaut mieux que je ne te touche pas pour l’instant …. pour nous deux je crois.

Elle lui adressa un sourire complice, et ajouta d’une voix légèrement plus rauque

– Mais tu ne perds rien pour attendre, pilote. …. Oh Harm, prends cette sortie, je sais où nous sommes, ne tardons pas sinon il va nous rattraper avant qu’on soit prêt.

Une fois sortie de l’Interstate, la voiture prit la direction de St Michael et bientot un pont impressionnant franchit la Severn. Harm se tourna vers Mac avec un sourire taquin :

– Je connais une adorable auberge pas loin d’ici, ils font un crabcake délicieux, dommage qu’on n’ait pas le temps.
– Au retour, peut etre, mais seulement s’ils ont des chambres ….

Elle éclata de rire en voyant Harm ouvrir la bouche et la refermer, et ajouta malicieusement

– Tu sais, il est tard, je commence à avoir sommeil. Tu pensais à autre chose ? Oh, c’est là, prends la route à droite, ca arrive dans une marina déserte, j’y ai fait une enquete dernièrement, on doit pouvoir lui tendre une embuscade. J’ai de quoi nous défendre dans le coffre, je crois que j’ai aussi de la corde.

Elle fouilla son sac, et poussa brusquement un juron

– Oh non, je n’ai pas mon portable. J’ai dû le laisser …. je ne sais pas où, je m’y perds un peu dans cette histoire …
– Tu voulais appeler quelqu’un?
– Oui, l’amiral …. ou Webb …. il faut que quelqu’un sache où nous sommes et nous envoie des renforts
– L’amiral, pourquoi pas, mais Webb, je refuse, s’il met son nez dans cette histoire, il va encore tout compliquer. Bon, de toute façon, le problème est réglé, je n’ai pas mon téléphone et tu as perdu le tien. C’est toi et moi contre le monde entier, ninjagirl.

Mac saisit le mouchard, le jeta par la fenetre dans un buisson sur le coté, puis indiqua à Harm de faire demi tour et de cacher la voiture derrière un hangar.

Ils prirent position à couvert près du chemin, armés et sur le qui vive.
L’attente pouvait commencer …

Hauwks suivait les deux officiers, les pistant grâce au mouchard placé sous la voiture. Il était loin de se douter que son propre véhicule était lui aussi placé sous surveillance. Pour l’instant, une seule chose comptait pour lui: tuer le Capitaine Rabb. Alors, Sarah se rendrait compte que c’était lui qu’elle aimait, et non pas ce blanc-bec qui s’écrasait une fois sur deux dès qu’il montait dans un Tomcat.

Enfin, le point sur le radar s’immobilisa. Il s’arrêta un kilomètre avant, il ne voulait pas tomber dans un guet-apens en fonçant aveuglément. La haine voilait son coeur, mais pas totalement sa raison.

Anxieusement, Webb attendait que Mac réponde au téléphone : il fallait, même partiellement, la mettre au courant de son plan. Sinon, tout risquait d’échouer. Et alors… N’arriverait-il pas trop tard pour sauver ceux qu’il considérait comme ses meilleurs amis, malgré tous les coups fumants dans lesquels il les avait entraînés??
Il refusa l’éventualité que cela tourne mal, lorsqu’il se rendit compte que Mac venait de répondre:

-Mac, c’est Webb. Il faut que je vous dise deux ou trois choses à propos de votre petit ami, Steven Hauwks.

La voix qui lui parvint lui glaça le sang:

-Qu’avez-vous donc à lui apprendre, cher Webb?

Il raccrocha et se rongea les ongles:
Mais qu’avait-il fait? Il avait mis au courant son ennemi ! Alors là, cela commençait vraiment à devenir dangereux…

Washington
Sur une avenue
USA

Le lieutenant Roberts avait été largement questionné par des policiers guère sympathiques. Pendant plus d’une heure ils l’avaient interrogé, ils voulaient savoir où avait été le capitaine Rabb, pour finir il avait craqué.. il leur avait donné l’adresse de Mac.. désobéissant à un ordre de son supérieur et ami. Et les policiers était partis chez le colonel, mais ne l’avaient pas relâché…. Ensuite il y avait eu ce coup de fil, Hauwks s’était échappé, Mac et Harm étaient des fugitifs… L’interrogatoire avait recommencé, où pouvaient-il être allés ? Chez qui ? Quelles sont leurs relations ? Un des policiers l’avait même frappé, puis il l’avait libéré sans raison…. Il était troublé, ses pensées se mélangeaient…ses amis en fuite… un tueur les pourchassant….

Il n’arrivait plus à réfléchir et avait hâte d’arriver chez lui… Hariett, elle, saurait remettre de l’ordre dans ses pensées. Lorsque, tout à coup, il se souvient… Oh mon dieu !!!! Il se rappela…. Ce visage….Il mit le pied sur l’accélérateur et fonça chez l’amiral.. Il sonna à sa porte, jusqu’au moment où celui-ci, énervé pas le bruit de la sonnette, vint ouvrir… Sorti de son lit à 4 heures du matin, en robe de chambre, il n’avait pas l’air de bonne humeur. La vue de son subordonné ne le réjouit guère… Il avait quitté l’hôpital le laissant au chevet de Rabb, et le voilà devant lui, blême, prononçant des bouts de phrases…enlèvement…. Hauwks….CIA…. Il le regarda et dit :

– Calmez vous lieutenant, entrez et racontez moi toute cette histoire….
– Oui, monsieur, mais c’est que le temps presse, le capitaine et le colonel sont en danger de mort.
– Expliquez vous…et depuis le début..

Bud lui raconta toute l’affaire, tout ce qui lui était arrivé depuis que l’amiral était rentré chez lui…

– …et ce n’est pas tout Monsieur… vous souvenez vous de l’affaire Johnsson ?
– Lieutenant !!! Le JAG traite plus de mille affaires par année et..
– Oui mais c’était une affaire spéciale…elle avait été retirée au JAG par la CIA…. Un jeune lieutenant RIO sur un porte-avion avait porté plainte contre un pilote, car il accusait celui-ci de transmettre des informations à une puissance étrangère. L’affaire avait été en court martiale mais la CIA avait repris le dossier et avait acquitté le suspect. Ils avaient également accusé le RIO d’accusation mensongère. Une semaine plus tard, celui-ci eut un accident de voiture qui lui coûta la vie…

Au fur et à mesure que le lieutenant parlait, cette affaire lui revenait en mémoire… Tenus secrets, les faits étaient arrivés il y avait environ 8 ans… Depuis cette affaire il avait détesté Webb qui sous ses airs mielleux était une ordure, et avait fait échapper un meurtrier à la justice…

– Oui , je me rappelle cette affaire… j’étais l’avocat de l’accusation, mais dites moi lieutenant comment avez vous eu accès à ce dossier ?
– Eu… peu importe, Monsieur, mais vous rappelez vous du nom de l’accusé ?

Chekwiden réfléchit quelques instants. Tout à coup, la peur métamorphosa son visage…

– Hauwks… Oh merde, Rabb et Mackenzie sont en danger…. Cet homme n’a aucune morale…il n’hésitera pas à les tuer tous les deux… Il faut les localiser…
– C’est que, Monsieur, j’ai mon idée….
– Bien exposez moi, votre plan, pendant que je vais me changer….

AJ se dirigea vers sa chambre, et Bud se mit à parler.

– Monsieur vous vous rappelez de ce GPS que le colonel Mackenzie était si fière d’avoir installé sur sa voiture ? Bien, si par hasard ils l’ont prise, on pourra les localiser….

L’amiral revint, habillé en noir, il tendit une arme à son subalterne..

– Tenez lieutenant vous en aurez sûrement besoin…
– Mais, monsieur…
– C’es un ordre !!!! Cet homme est dangereux. Votre plan peut fonctionner… De quels équipements avez vous besoin ?
– Monsieur, je pense qu’il faudrait que nous allions au quartier général du JAG, là-bas j’aurai tout l’équipement informatique nécessaire…
– D’accord, alors partons…

Il quittèrent la maison pour prendre la voiture du lieutenant Roberts. Lorsque, tout à coup, celui-ci se tourna vers son supérieur et lui demanda :

– Monsieur, ce n’est qu’une suggestion mais ne devrions nous pas prévenir la CIA ?

L’amiral réfléchit quelques instants avant de répondre….

– Pas question! Réglons le problème entre nous!

Bud était en train de se demander s’il voulait réellement savoir ce que cet ex-Seals entendait par là quand ils franchirent l’enceinte du Q.G. Quelques minutes lui suffirent pour localiser la voiture du Colonnel Mackenzie et ressortir. L’amiral Chegwidden qui avait pris d’office le volant, l’interrogea sur la direction à suivre et fonça dans la nuit d’un air résolu.

Trois voitures noires, puissantes mais discrètes se suivaient sur l’Interstate. Dans la première, malgré la clim poussée à fond, Bellisario s’épongeait le front: par deux fois, ils avaient perdu le signal du mouchard d’Hauwks puis l’avaient retrouvé. Six mois avant la retraite…c’était pas de chance! Webb n’était pas du genre à pardonner la moindre erreur. Ils devaient jouer serré!

Webb se maudissait d’avoir appelé Mac. Il venait de contacter Bellisario pour obtenir leur position et maintenant il roulait à tombeaux ouverts sur l’Interstate.
Le contrôle de la situation semblait lui échapper, cela le faisait rager. D’autant plus que Bellisario ne lui paraîssait pas très finaud!
« Si jamais il arrive quoique ce soit à Sarah… »

Hauwks avançait à pas de loup quand il entendit des chuchottements et des soupirs derrière un buisson. Ces bruits ne laissait aucun doute sur l’activité des deux ombres enlacées: cela le stoppa net. La douleur qu’il ressentait le paralysait: Sarah…Sarah ne pouvait pas faire ça avec un autre! Il se décida à approcher, oubliant de sortir son arme, il se pencha au-dessus du couple …pour découvrir deux adolescents si passionnés qu’ils ne se rendirent même pas compte de sa présence. Steven se jeta en arrière, s’éloigna, se mit à couvert dans l’herbe. » Ces deux boutonneux me coupent la route, je suis coincé là! » Il vérifia que la position de la voiture de Mac n’avait pas changé, ce qui était le cas; d’une certaine façon cela le contrariait: « Qu’est-ce qu’ils pouvaient bien faire tous les deux dans ce coin tranquille? »

– Mac?
– Oui?
– J’y pense. Je sais que j’ai quelques heures de retard mais… Joyeux anniversaire!
– Merci, Harm. Et je ne t’en veux pas pour le retard, tu as été un peu débordé par les évênements, non?
– A peine! …Sarah, j’ai une surprise pour toi! lui murmura-t-il en désignant le haut de sa cuisse.
– Capitaine Rabb! Comment osez-vous! En plus ce n’est vraiment pas le moment…
– Nooon, la surprise est dans ma poche, si je ne l’ai pas perdue…c’est bon, je l’ai.

Le petit écrin était bien là. Il avait choisi un pendentif en forme de rose, ciselé à l’or fin…en souvenir d’une roseraie.

– Mais comme tu l’as si bien fait remarquer, ce n’est pas le moment! Alors je te l’offrirai quand tout cela sera fini, dit-il en lui adressant son sourire Flyboy numéro un.
– A l’auberge? sussura-t-elle, émue, tout en s’approchant de lui à le frôler.
– Oui… A l’auberge, lui répondit-il en l’embrassant brièvement.

Ils restèrent quelques minutes silencieux, couchés dans l’herbe l’un contre l’autre.

– Cette attente me rend nerveuse… Pour me détendre, raconte-moi comment tu as découvert cette auberge?
– Sarah, ce n’est pas très approprié, je n’y étais pas seul.
– Je m’en doute. Harm, nous ne sommes pas nés d’hier l’un et l’autre. Je ne suis pas jalouse de ton passé, ni toi du mien, j’espère. Sil te plait?
– C’était il y a sept ans déjà. J’avais rencontré devant le Congrès une touriste française et je lui ai fait visité les environs.
– Et l’auberge.
– …oui. Et l’auberge.
– Une française… On dit qu’elles sont extrèmement séduisantes et des maîtresses…
– Sarah!
– Ne sois pas si prude! Comment s’appelait-elle?
– Br…Peu importe! Cette conversation a assez duré, Colonel, nous devons être plus prudents! trancha Harmon qui n’avait pas envie de lui donner plus de renseignements.

Inconsciemment, il remercia l’obscurité de cacher le sourire qui lui était monté aux lèvres à la pensée de ce fameux week-end passé dans cette adorable auberge.

Avec Br… Ils n’avaient pas eu loisir de se promener sur les berges de la Severn ni dans les environs; et s’il n’y avait pas eu le room-service, ils n’auraient pas eu non plus l’occasion de goûter le crabcake tant ils s’étaient ardemment unis l’un à l’autre. La France avait tant de charmes…

– Harm?
– Oui?
– Finalement, on pourrait peut-être trouver une autre auberge que celle de tes souvenirs pour fêter mon anniversaire en toute intimité, murmura-t-elle, mûtine.
– A vos ordres, Colonel! Mais je croyais que tu n’étais pas jalou…

Le Capitaine Rabb ne put finir sa phrase: un hurlement de femme, très proche, déchira le silence nocturne.

Sans réfléchir, Harm bondit sur ses pieds, mais Mac le rattrapa par la manche et l’obligea à se remettre à couvert.

– Du calme, tu allais faire quoi ?
– Je ne sais pas, Mac, quelqu’un est en danger, il avait peut etre un otage avec lui et il essaie de nous attirer …
– Bien vu, matelot … il essaie de nous attirer, et toi tu pars en courant à sa rencontre Si je ne te connaissais pas un peu mieux, je penserais qu’il n’y a vraiment rien derrière ces superbes yeux, Superman !!! Bon, réfléchissons, le cri peut venir d’une femme que Hauwks a capturé, ou n’avoir rien à faire du tout avec nous. C’est peut etre quelqu’un dans le coin qui a vu une souris …
– Mac !!! On est au milieu de nulle part, et la nuit les souris dorment. Arrete toi aussi de dire des bêtises, ca ne peut etre que Hauwks qui a dû tomber sur des promeneurs, ou des amoureux, et qui cherche à nous faire sortir de notre cachette. Autant pour notre piège, il va falloir trouver autre chose.
– J’ai une idée. Je vais y aller, et essayer de discuter avec lui ………..attends , laisse moi finir …. et pendant que je l’occupe, tu fais le tour et tu le prends à revers. Il sait que je suis avec toi, mais je suis sure de pouvoir encore le déconcentrer.

Elle défit les boutons du haut de son chemisier, donnant par la même occasion à Harm une vue sur la naissance de ses seins qui le laissa pantois. Inconsciemment, il tendit la main vers elle, mais Mac lui donna une tape sur le bras en riant.

– Pas touche! … Tu vois, toi non plus tu ne restes pas concentré dans de telles conditions, et les fois précédentes, Steven n’a pas vraiment résisté longtemps … Alors ca devrait être un jeu d’enfant.

Elle vit le visage d’Harm se décomposer, et réalisa qu’elle avait fait une belle gaffe.
Elle se mordit les lèvres, attendant l’orage, mais Harm sembla se figer, le regard brusquement au loin, et il se détourna

D’une voix blanche, il lui demanda :

– Ca fait longtemps ?
– Harm, pas maintenant, s’il te plait.

Elle tendit la main pour la poser sur son épaule, mais il s’éloigna et ajouta

– Tu avais rasion, moi aussi je suis fatigué de cette danse, nous ne serons jamais en même temps sur la même longueur d’onde. Bon, on va suivre ton plan, va distraire ce salaud, puisque tu sembles y trouver un intéret, moi je vais lui faire sa fete. Oh, Mac, n’oublie pas, tu n’y vas pas pour prendre du bon temps, mais pour m’aider à le neutraliser, alors reste concentrée sur notre but, ce serait bien …

Il s’éloigna dans les hautes herbes. Mac le regarda partir, les larmes aux yeux. Décidément, rien ne serait jamais simple entre eux, pourquoi y en avait il toujours un pour blesser l’autre au moment où ils se croyaient enfin réunis. Elle se secoua, chassant ses pensées et se dirigea vers l’endroit où elle pensait trouver l’homme qui avait une nuit été son amant, parce qu’il portait un uniforme blanc, des ailes dorées, et qu’elle avait cru qu’un instant de plaisir pourrait combler la solitude de son coeur ….

Alors qu’elle avançait d’un pas hésitant à travers les hautes herbes en direction des cris et de leur voiture, elle se prit les pieds dans un terrier et tomba dans la boue, se blessant au coude.
-« Bien joué colonel! » pensa t-elle
Le bruit engendré par sa chute fit sursauter Hauwk et sa jeune victime.
Il se retourna vers Sarah un sourire malsain aux lèvres.

– Le beau capitaine vous a laissée partir Diane?

A l’évocation de ce prénom, Mac remit en place pas mal de choses dans sa tête.
Depuis le début, c’était Diane qu’il voyait… Il fallait jouer le jeu.

_Je m’étais trompée sur lui, Steven… Je sais maintenant que c’est toi que je veux près de moi…

– Ah !! oui…poursuivit-il, tenant toujours la jeune femme contre lui , une main sur la bouche l’autre la menaçant de son arme…n’avance pas Sarah !!!

Sarah, Diane ; Mac pensa à cet instant que Steven ne savait plus très bien à qui il avait affaire….

-Je suis Diane… Steven , je connais pas Sarah…laisse la partir , elle n’a rien à faire dans l’histoire….ajouta t elle en désignant son otage…
-Tu me prends pour qui Sarah ? tu crois vraiment que je pourrais vous confondre toi et Diane ? Allez dis moi où est Rabb ? il est caché là dans un coin ? ….

Harm pouvait tout entendre de la conversation mais intervenir à cet instant précis était trop risqué, il ne voulait pas mettre la vie de Sarah et celle de la jeune femme en danger plus qu’elles ne l’étaient déjà…et puis il était troublé par les dernières phrases de Mac ; il avait du mal à se concentrer …allez vieux ressaisis toi !!! bon sang

-Steven , je t’en prie relâche la et nous pourrons discuter, je… je prends sa place d’accord ?

Hauwks réfléchit avec Sarah comme otage , il avait plus de chance de faire sortir Harm de sa tanière, et aussi de lui faire du mal….
Il repoussa violemment sa victime et lui ordonna de courir le plus vite possible avant qu’il ne change d’avis … une fois éloignée, Mac s ‘approcha doucement elle espérait qu’Harm en profiterait pour agir , mais rien, Steven avait été rapide, avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche , il s’empara d’elle, il passa un bras autour de sa gorge et la serra fort au point qu’ elle eut du mal à respirer, il la menaça :
Harm ne put tirer….

– Je sais qu’il est là dit il , mais j’ai une idée on va s’amuser encore un peu…qu’en dis- tu Sarah…. ?

Mac ne pouvait répondre tellement la pression qu’il exerçait sur son cou était importante
Il lui ordonna d’avancer vers la voiture mais avant il prit sa main et attacha à son poignée une forme de montre clignotante.. .Harm voulut intervenir mais il ne comprenait pas ce qui se passait..

– Ne tente rien Sarah, ceci est une petite merveille de technologie c’est une mini bombe !!!!

Iil eut un rire sadique en voyant le visage de Mac blêmir. Puis il cria à l’intention d’Harm :

– Je sais que vous êtes là mais si vous tentez quoique ce soit Sarah est morte

Eet il leva fièrement le bras de Mac en guise de victoire !!!

– C’est une bombe et pour la désamorcer il faut un code !! si vous me tuez Harm ….je serai quand même vainqueur car elle viendra avec moi !!! il rit de bon cœur et ordonna à Mac de se mettre au volant, lui monta à l’arrière du véhicule :

– on y va, démarre

Harm sortit en courant de sa cachette et visa la voiture, puis les pneus, mais trop tard !!! il s’en voulait ; il avait raté son coup en voulant la protéger et il l’avait poussée dans les bras de ce psychopathe…il se précipita vers sa voiture.

– On va où Steven , put enfin dire Sarah qui tremblait, visiblement ils l’avaient tous deux sous- estimé , Steven était loin d’être si fou …pourquoi , pourquoi tout ça ? ajouta-t- elle
– ce n’est pas encore le moment des explications !! plus tard roule plus vite

Sur la petite route la voiture roulait à vive allure lorsqu’elle croisa un cortège de véhicules qui n’était d’autre que Bellisario et son petit monde ; Sarah eut du mal à garder le contrôle mais parvint à s’en sortir.
Les voitures poursuivirent leur chemin jusqu’au moment où l’une d’elle percuta la voiture d’Harm qui avait pris Hauwks en chasse ……

Dans son rétroviseur, Mac vit avec horreur la lueur d’un incendie éclairer les prémisses de l’aube. Elle se sentit comme paralysée par l’émotion. Il ne pouvait pas…pas lui…jamais. Elle était transportée quelques heures en arrière: elle s’inquiétait alors pour son accident puis sa disparition, mais avait la certitude qu’ils avaient un avenir commun. Désormais elle sentait qu’ils avaient grillé leur dernière cartouche: Harnon Rabb Junior était sans doute mort en la maudissant pour sa conduite envers Steven.
La sonnerie du portable d’Hauwks la fit sursauter. Ce qu’elle entendit la laissa tremblante de rage: en plus, c’était un traître! Il recevait des instructions pour rejoindre son contact dans une maison forestière à Eden Valley à midi.
Quelques secondes plus tôt, Mac était proche de se laisser aller au désespoir le plus total et d’envisager de lancer la voiture contre un arbre pour en finir; maintenant la rage lui envahissait le coeur. Il fallait à tout prix déjouer le plan de Hauwks et l’arrêter avec son contact! Ensuite…

Le lieutenant Roberts relevant le nez du G.P.S vit une voiture en face s’approchant à vive allure.
L’amiral eut du mal à contrôler sa trajectoire en la croisant.
– Monsieur, c’est le Colonel Mackenzie! hurla Bud. Et Hauwks à l’arrière! Où est le Capitaine?
– Il devra se débrouiller seul, répliqua l’Amiral en faisant demi-tour. Suivons ces deux-là à distance!

Webb descendit de voiture et resta d’abord muet de stupéfaction. Un regard circulaire lui permit d’évaluer rapidement la situation: la voiture de Mac encastrée dans la troisième voiture de l’équipe d’intervention en flammes, les deux autres voitures laissées plus avant sur la route ne pouvant plus faire demi-tour, des hommes qui s’affairaient autour du matériel de détection et de poursuite, Bellisario qui d’une main tenait un mouchoir pressé sur son nez cassé et sanguinolent, et de l’autre son téléphone portable grâce auquel il s’entretenait avec le spécialiste du désamorçage de l’agence, deux adolescents terrorisés et Rabb, assis à même le sol, blême, avec le regard fou d’un homme qui aurait tout perdu. « Sarah, pensa Webb, mon dieu où est Sarah?
Il se précipita vers Harm qui leva lentement sa tête meurtrie et lui dit beaucoup trop calmement:

– C’est donc vous qui êtes derrière tout ça. J’aurais dû m’en douter. Clayton, si elle meurt, ce sera de votre faute! Et je vous tuerai ensuite…

Bellisario s’approchant ressentit la tension palpable entre les deux hommes et décida de prendre la situation en main.

– Messieurs, faisons le point très vite. Nous avons deux objectifs: sauver le Colonel et trouver le contact d’Hauwks.

Le regard meurtrier du capitaine l’arrêta.

– Oubliez le contact, répondit Webb. La priorité est pour Sarah, enfin le Colonel Mackenzie. Vous recevez toujours la position d’Hauwks?
– Oui.
– Alors prenez le récepteur, un homme et allons-y! Rabb je suppose que je ne peux pas vous empêcher de venir?
– Non, à moins que l’inspecteur ne décide de m’arrêter pour l’assassinat de cette prostituée?
– A ce propos, commença Webb en avalant difficilement sa salive, je dois vous expliquer quelque chose…

Hauwks poussa Mac à l’intérieur de la maison forestière alors que les premiers rayons de soleil apparaissaient accompagnés par le chant des oiseaux .
Tout était calme ici et Hauwks se détendait, parlait gentiment à Sarah, lui souriait même par moment. Il avait plusieurs heures à perdre avant son rendez-vous et comptait les utiliser au mieux. Mac sentit qu’elle pouvait tirer avantage de la situation et l’amener à lui ôter ce bracelet monstrueux. Elle devait rentrer dans son jeu quoique que cela lui en coûtait! De toute façon, elle n’avait plus rien à perdre…

Harm remuait de sombres pensées. La douleur le traversait à chaque fois que les paroles de Sarah lui revenaient: »Steven n’a pas vraiment résisté longtemps…Alors ça devrait être un jeu d’enfant. » Sarah et Hauwks! Il repoussait de son imagination les images qui se formaient. Mais elles s’imposaient, le torturant davantage à chaque fois. L’idée d’Hauwks posant ses mains sur son corps…Et de Sarah consentante, heureuse sans doute…Mais pourquoi? Pourquoi n’avait-elle pas attendu cette fois encore? L’histoire se répétait: Brumby, Hauwks.
Alors que lui, depuis le Jagathon, cheminait vers elle: » Si on recommençait au début? » avait-elle suggéré. Et elle n’avait pas la patience d’attendre qu’il soit prêt!
La vie de Mac était jalonnée d’erreurs: Chris, Farrow, Dalton, Brumby, ce salaud d’Hauwks…Des hommes qui ne la méritaient pas… et qu’elle n’aimait pas vraiment! Où était sa place dans cette liste trop longue? Etait-il une erreur de plus, voire même la pire?
La méritait-il lui? La douleur faisait lentement place à la colère; il se rendait compte qu’il lui en voulait moins à elle qu’à lui! Attendre! Des semaines, des mois, des années que Sarah attendait…Elle si vivante et sensuelle! Forcément…
Il repensait aux derniers mots qu’il lui avait jetés au visage et frémissait: si elle devait mourir aujourd’hui persuadée que tout était définitivement compromis entre eux! Pas ça.

– Ils ont stoppé; annonça l’agent derrière lui. A dix kilomètres dans la forêt…
– O.K . Approchons-nous le plus possible puis nous ferons le dernier kilomètre à pied.

L’amiral avait garé sa voiture à l’abri des regards dans un petit chemin caillouteux, à une distance suffisante pour que personne ne puisse soupçonner leur présence. Il fallait jouer discret car la vie de Sarah était en jeu, il savait que Hauwks était capable du meilleur comme du pire. Cette histoire d’espionnage, il y a 8 ans, s’était soldée par la mort d’un homme et il ne voulait pas que cette situation se reproduise.

Approchant à pas de velours, ils se cachèrent derrière un bosquet à une dizaine de mètres du chalet. Rien ne filtrait ; le chalet n’avait pas de volet mais de simples rideaux qui ne laissait rien transparaître.

– Bud, il faut qu’on s’assure que le chalet n’a pas d’autre sortie que la porte d’entrée. Faites le tour et soyez discret.
– Bien, Amiral, rassurez-vous ! je serai le plus discret possible. Sarah est la filleule d’AJ et je veux…
– Bud, je sais que ce vous voulez alors dépêchez-vous et revenez le plus vite possible.

Bud fit le tour de la maison puis reprit sa place dans le bosquet à côté de l’Amiral.

– Amiral, je crois que la situation se complique : il y a une porte derrière.
– Ha, il manquait plus que ça ! va falloir être rusé !

De leur côté, Webb, Harm, Bellisario et un de ses hommes s’étaient engouffrés dans la forêt d’Eden Valley ; ils avaient laissé leur voiture et avançaient en direction du signal du mouchard qu’Hauwks portait sur lui.
Harm marchait à grandes enjambées si bien que seul Webb réussissait à le suivre ; distancé de quelques mètres, ce pauvre Bellisario soufflait si fort que ces poumons allaient exploser.

– Bon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter ça à quelques mois de la retraite !

Maintenant, ils n’étaient plus qu’à quelques mètres du signal et ils aperçurent le chalet. L’inspecteur Bellisario qui n’avait pas eu encore le temps de reprendre sa respiration trébucha et se trouva le nez dans l’herbe.

– Inspecteur, faites attention ! vous allez nous faire remarquer. Je vais croire que je me suis trompé en vous demandant de m’assister dans cette mission, dit Webb sur un ton ironique.

Harm n’avait rien remarqué ; pour l’instant, seul ce qui pouvait se passer à l’intérieur de ce chalet le préoccupait. Il repensait aux derniers mots qu’il avait dit à Mac et il s’en voulait.

Pendant ce temps-là, dans le chalet :
– Steven, je t’en prie, crois-moi, je me suis trompée avec Harm. C’est toi que je veux. On était si bien ensemble hier soir. Si Harm n’avait pas eu cet accident, on aurait certainement fini la soirée chez moi.

Hauwks s’approcha de Sarah, posa son index sur ses lèvres.

– Ne dis plus rien, Sarah ! tu es si belle, j’ai très envie de toi.

Hauwks passa sa main droite derrière Sarah à la hauteur de ses reins tandis que l’autre main remontait le long de son ventre jusqu’à sa poitrine. Sarah avait honte d’agir ainsi mais c’était la seule solution. Les doigts d’Hauwks étaient maintenant sur son sein gauche mais elle ne ressentait rien.

– Steven, si tu veux continuer, il va falloir que tu m’enlèves cet engin de mon poignet sinon …. Sinon, je ne pourrai pas être aussi entreprenante que je le souhaite, que nous le souhaitons, ajouta-t-elle, lui souriant en penchant légèrement la tête sur le côté

. Hauwks l’embrassa passionément, elle se força à lui rendre son baiser.
Sans un mot, il s’écarta d’elle, saisit son poignet et composa le code d’annulation sur le bracelet. Mac le fit glisser lentement et le déposa sur le rebord d’une fenêtre, en profitant pour entrebailler le rideau et jeter un oeil à l’extérieur.
Elle eut beaucoup de mal à retenir un cri de surprise en apercevant le Lieutenant Roberts, mal dissimulé derrière un chêne. Par quel miracle était-il arrivé-là? Etait-il seul? Les questions se bousculaient dans sa tête. Il fallait réagir vite: Steven n’allait pas patienter longtemps et il était armé.

Mac avança vers Hauwks, séductrice, captant son regard avide. Brusquement elle le saisit utilisant une prise d’une efficacité foudroyante: Steven se retrouva à terre.
Mais, rendu fou de rage par l’attaque, il retourna la situation et la renversa .
Le Colonel resta étourdie par le choc et impuissante à réagir.

– C’est ce jeu-là que tu préfères, très bien. Maintenant tu vas me donner ce que tu m’a promis!

– Pssst!

Le capitaine Rabb qui approchait de la maison forestière, stoppa net. Bud, l’appelait .

– Que faites-vous ici?
– Pas le temps! Le Colonel Mackenzie est dans le chalet. Je l’ai vue il y a moins de deux minutes à cette fenêtre. Elle a déposé quelque chose qui brille sur le rebord à l’intérieur.
– Génial, Bud, je sais ce que c’est. Y a -t-il une autre issue?
– Oui, mais…

Des cris de terreur se firent entendre, le sang d’Harm ne fit qu’un tour, il s’élançait quand il entendit une détonation.
Le coeur étreint par l’angoisse, il sortit son arme et d’un seul coup de pied enfonça la porte du chalet. Son regard croisa les yeux d’un homme déterminé juste en face de lui, un corps affalé à ses pieds. L’Amiral Chegwidden, entré par l’arrière, venait d’éliminer ce salaud d’Hauwks…
Un sanglot attira l’attention d’Harm sur Mac, son coeur se glaça à la vue de son chemisier déchiré, des boutons de son jean arrachés, de ses larmes coulant sans retenue sur ses joues.

– Mac, prononça -t-il doucement en se penchant vers elle.

Elle le regardait sans y croire: il était vivant et venait à son secours.
Elle tendit simplement les bras , Harm l’aida à se relever la maintenant serrée contre lui, pour l’apaiser. Il jeta un regard anxieux vers l’Amiral.

– Hauwks n’a pas eu le temps de lui faire du mal, Dieu merci. Cet épisode est clos pour nous. Lieutenant Roberts, donnez votre blouson au Colonel et allez chercher la voiture, ordonna-t-il à Bud qui était entré entre-temps. Webb, votre présence m’étonne peu. Votre client est là, débrouillez-vous avec lui.

Harm aida Sarah à enfiler le blouson, le referma lui-même et la conduisit vers la voiture. Ils croisèrent Bellisario qui peinait à arriver soutenu par son agent.

– Vous croyez que c’est le moment pour une promenade en amoureux! Colonel, heureux de vous voir vivante!
– Pas grâce à vous, répliqua le Capitaine.
– Hauwks devait rencontrer son contact à midi, dit Sarah d’une voix blanche. Vous pourrez sans doute le coincer.
– Cà devrait tout de même être dans vos cordes! ajouta Harm d’un ton cinglant.

Bellisario les regarda s’éloigner enlacés avec un soupir d’agacement.

Une belle journée dominicale s’annonçait. L’Amiral s’était installé à l’avant, laissant Bud conduire. Mac s’était endormie sur l’épaule d’Harm qui somnolait également, tout en tenant sa main fermement dans la sienne. « Cette fois, je ne la lache plus », avait-il pensé juste avant de sombrer dans le sommeil. Devant son domicile, l’Amiral descendit de la voiture de Bud réveillant le Capitaine. Le tableau qu’il avait devant ses yeux le laissa songeur.

– Lieutenant, ramenez le Capitaine chez lui et dîtes au Lieutenant Sims de bien veiller sur le Colonel aujourd’hui. Demain, tous au rapport à 8h. Et pas de trou de mémoire, je veux tout savoir!

– Lieutenant Roberts, j’ai un service à vous demander.
– Je pense savoir ce que c’est, Monsieur, mais l’Amiral…
– Bud! S’il vous plaît!
– …Je crois qu’Harriet devait emmener A.J junior chez une amie toute la journée. Elle doit être déjà partie alors qui va s’occuper du Colonel? En tant que plus haut gradé, c’est à vous de décider, Monsieur! répondit Bud joyeusement en s’arrêtant au pied du domicile d’Harm.
– Merci, Bud. Vous êtes un véritable ami.
– Harm… Harriet et moi vous aimons beaucoup tous les deux. J’espère que tout va s’arranger entre vous, enfin …vous comprenez!
– Alors, aidez-moi à ouvrir toutes ces portes, Mac est plus lourde qu’elle en a l’air!

En la déposant sur son canapé, quelque chose tomba de la poche d’Harm. Ayant fermé la porte d’entrée derrière Bud, Harmon Rabb ramassa le petit écrin qui l’avait accompagné depuis la veille. Il sortit le précieux pendentif en forme de rose et l’observa en souriant.

Mac dormait profondément, mais d’un sommeil agité.
Harm s’était assis sur la petite table basse et la regardait dormir.Il serrait entre ses doigts l’écrin et son regard passait de la petite boîte rouge au visage torturé de Sarah.
Alors qu’elle bougeait la tête dans un rythme indiquant la peur et l’angoisse, il lui caressa les joues pour ensuite lui redessiner le contour des lèvres.
Il ne résista plus et il y déposa un léger baiser .
A ce contact, Mac ouvrit les yeux et sursauta. Elle sembla paniquée et le repoussa violemment.
Elle se redressa d’un bon, le regard vide mais aussi affolé.

– Mac… Sarah…Calme-toi c’est moi, c’est Harm! N’aie pas peur, tu es ici en sécurité.

Elle le regardait mais donnait l’impression de ne pas le voir.
Tout son corps tremblait et ses mains ne savaient plus où se poser.
Harm la regardait de plus en plus inquiet…

Doucement, il la souleva dans ses bras et l’emporta vers la chambre, lui parlant tendrement pour la calmer. Il la déposa délicatement sur le lit, puis s’allongea près d’elle et la serra dans ses bras. Mac cligna des yeux, tourna le visage vers Harm et le regarda longtemps, comme si elle le découvrait. Elle laissa échapper un soupir, soulagement et bien être, murmura « Harm » et glissa dans un sommeil paisible, pelotonnée contre le corps dur de l’homme né pour l’aimer.

Harm la contempla un moment, encore émerveillé de la chance qui s’offrait à eux. Quand il fut certain que son repos était paisible, il se glissa hors du lit et alla mettre de l’ordre dans son appartement que les invités de la soirée avaient bien vite déserté. Heureusement, Harriet avait veillé au plus gros, le repas préparé avec amour et le gâteau au chocolat, le préféré de Mac, étaient à l’abri dans le réfrigérateur, mais des canettes traînaient encore ça et là. Il rangea rapidement, et prépara une superbe table de petit déjeuner, nappe blanche, bougies et les fleurs qu’il avait commandées pour égayer son appartement de célibataire. A la place de Mac, sous une serviette damassée, il posa le petit écrin, regrettant brusquement qu’il ne contienne qu’un pendentif. Il hésita un instant, puis se dirigea vers son bureau, ouvrant le tiroir dans lequel il gardait les cassettes de son père. Il sortit l’écrin qui contenait la bague que sa grand mère Sarah Rabb lui avait remise des années plus tôt, quand il lui avait parlé de Diane. Il la contempla un moment, puis sourit . Non, il n’allait pas trop vite, ils s’aimaient et à chaque instant pouvaient se perdre. C’était aujourd’hui qu’il lui demanderait d’être sa partenaire pour la vie. Il posa l’écrin de la bague sous la serviette, et l’écrin du pendentif sur la serviette.

Sa décision prise, il se sentait enfin serein, après tous ces doutes et ces années d’interrogation. Rapidement, il ôta tout ce qui rappelait la soirée annulée et jeta un coup d’œil autour de lui. Tout était parfait, dans l’appartement comme dans sa tête. Il glissa un disque de Diana Krall dans la chaîne stéréo, posant la télécommande près de son lit. Il entra dans la salle de bains, enleva avec soulagement ses vêtements et se glissa sous la douche avec un gémissement de bonheur. Les yeux fermés, il laissait l’eau chaude couler sur lui et pensait à Sarah. Une fois de plus, ils avaient failli se perdre, ils avaient failli mourir sans vivre l’amour qu’ils se portaient. Désormais, Harm admettait que sa vie ne serait jamais complète sans Mac auprès de lui, et il ne se laisserait plus arrêter par les peurs, les doutes ou les obstacles matériels. Il se savonnait, faisant disparaître la fatigue et les marques accumulées pendant ces dernières heures, quand une voix derrière lui le fit sursauter.

-Tu peux me faire une petite place, j’aurais bien besoin d’une douche, moi aussi …

Il se tourna vers elle, Mac, Sarah, la femme de sa vie, nue devant lui comme Eve au premier jour. Sans un mot, il lui tendit la main et l’attira vers lui, penchant lentement la tête pour enfin poser sa bouche contre les lèvres qui l’attendaient. Quand ils se séparèrent, hors d’haleine et ruisselants, Harm fit lentement tourner Sarah sur elle même, son regard brûlant caressant son corps. Mac tourna la tête vers lui et sur un ton espiègle lui demanda

-On mène l’enquête, conseiller ? Vous êtes sur une piste ?

La main d’Harm se fit caressante et effleura le dos de Mac jusqu’à sa fesse gauche, dessinant ce tatouage qu’enfin il découvrait : une rose sans épine …

-Une rose, Mac ? Je m’attendais à quelque chose de plus agressif, de plus … Semper Fi … lui chuchota t’il dans l’oreille, en profitant pour y déposer de légers baisers qui la firent frissonner.
-J’avais besoin de me souvenir que sous les rangers et le treillis, il y avait une femme, et que je voulais faire autre chose de ma vie, après les Marines … J’étais un peu bête, n’est ce pas ?

Il la tourna à nouveau vers lui, l’embrassa passionnément, puis lui caressant la joue, répondit

-Je trouve ça charmant, et je suis heureux de découvrir enfin ce qu’il y a sous l’uniforme de l’avocat le plus efficace que je connaisse et du plus courageux des Marines. Oh, Sarah, je t’aime et j’ai failli te perdre … comment ai je pu …
-Chut … Harm, pas de ça, pas maintenant

Et elle lui ferma la bouche d’un baiser, le poussant contre le mur en carrelage de la douche et laissant ses mains courir sur le torse d’Harm.
Il se dégagea et lui prit la main, mais elle leva sur lui un regard innocent et séducteur et chuchota

-Non, ici ….

Harm, en boxer, finissait de préparer le café quand Mac s’avança, vêtue d’une serviette qui lui couvrait à peine la naissance des cuisses.

Il alla vers elle, déposa un baiser sur ses lèvres et en souriant lui dit

-Je t’ai déjà vue faire ça , tu sais ?
-Faire quoi ?
-Sortir juste vêtue d’une serviette de ma salle de bains … Je te raconterai, viens reprendre des forces …

Il la conduisit à sa chaise, l’aida galamment à y prendre place et s’assit, regardant Mac qui fronçait les sourcils en contemplant l’écrin devant elle.

-Bon anniversaire, Mac …J’ai bien cru ne jamais pouvoir te donner ton cadeau

Avec hésitation, elle ouvrit la boite et son sourire s’éclaira en voyant le pendentif.

-Oh, que c’est joli …. Et c’est assorti à mon tatouage … ajouta t’elle en riant. Tu m’aides à le mettre ?

Harm revint derrière elle, et referma le pendentif, laissant sa main caresser l’épaule nue, sans s’éloigner.

-Tu ne veux pas manger, j’ai faim, fit Mac en soulevant sa serviette.

Elle s’interrompit en découvrant le second écrin, un peu patiné par les ans, sans marque distinctive de bijoutier dessus. Hésitante, elle se tourna vers Harm.

-C’est pour moi , ca aussi ?
-Ouvre le, murmura Harm en se penchant pour l’embrasser dans le cou.

Mac regardait la bague, sans un mot, et les larmes commencèrent à couler silencieusement sur ses joues. Harm sortit la bague de son écrin, prit la main de Mac et la regarda dans les yeux.

-Je ne suis pas sûr de te mériter, Sarah, mais si tu veux bien de moi, je serai l’homme le plus heureux au monde.

Mac le regarda en souriant et sans un mot le laissa lui glisser la bague à l’annulaire. Puis, elle se leva, le prit par la main et se dirigea vers la chambre.

-Mais … tu n’as plus faim ?
-Oh que si, Harm …. Mais c’est du corps du père de mes enfants que j’ai faim …

THE END

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