Un jour comme un autre

Un jour comme un autre

Samedi 14 Février 1981

Elles étaient dans la voiture de retour du centre commercial où elles étaient allées
faire les courses de la semaine. C’était un jour comme un autre pour elle, elle savait
seulement que ce soir sa mère lui avait demandé de rester dormir chez la vieille voisine d’en
face comme quand elle était petite.
_Mais pourquoi ?
_Ecoutes tu es encore un peu jeune, tu comprendras bien assez vite crois moi ma chérie.
_Mais maman, j’ai 14 ans. Je suis assez grande.
_Non !
Elle avait haussé le ton, instinctivement l’ado avait reculé et esquissé un geste du bras. Sa
mère ouvrit tendit une des ses mains pour attraper sa fille. Elle savait que la vie n’était pas
facile pour sa fille et que celle-ci s’était construite une carapace pour se protéger du monde
extérieur hostile qui l’entourait et elle ne pouvait l’en blâmer, elle-même aurait voulu avoir
cette force de caractère, si semblable à celle de son frère.
_Et chez une copine ?
_Quoi une copine ?
_Tu sais très bien que ce soir, il y a le bal au lycée, et…
« En fait je n’ai pas vraiment d’amies, juste des camarades de classes plus proches que les
autres. Mais ça, je ne te l’ai jamais dit, tu connais les autres aussi mais uniquement de nom.
Comment cela pourrait-il en être autrement ? Personne ne veut se lier avec la fille du saoulard,
c’est sûr, çà entacherait leur réputation. »
Après une minute de réflexion, l’adulte dit :
_Bon on verra en rentrant.
_Merci m’man.
Deanna Mackenzie fut heureuse de voir un sourire sur le visage de sa fille, il y en avait
malheureusement trop peu dessus pour une jeune de son âge.
_Alors, tu ne m’as toujours pas dit avec qui tu y allais ?
_Christopher Raggle, mon voisin de table en biologie et…
_Et ???
_Rien, il est plutôt sympa.
_Oh, je comprends. On a donc un tas de choses à faire en rentrant.
_Il passe me chercher vers 18h.

Le reste de la journée passa rapidement pour Deanna et sa fille. En rentrant, l’ado avait
bondi sur son répertoire mais aucuns parents n’avaient accepté de l’accueillir pour la nuit,
chacun avait sa soirée d’organiser. Elle et sa mère avaient ensuite trouvé dans une armoire,
une robe pour Sarah pour le bal du soir. Elle était un peu dénudée sur les bras, et sur le
devant. Elle était vert olive et sa mère lui avait prêté son châle noire. Sa couleur
s’accordait très bien avec la peau naturellement halée de la jeune fille. Puis après cet
épisode, elle avait finis ses devoirs et avait aidé sa mère a rangé la maison. Petite, elle
n’avait jamais compris pourquoi elle n’avait pas de frère ou de sœur mais maintenant, elle
était contente que personne d’autre ne subissent sa vie quotidienne. Elle aurait été l’aînée,
et donc celle qui aurait du protéger les plus jeunes. Elle avait déjà assez de poids sur les
épaules pour ne pas en rajouter. Elle se prépara vers 18h et environ une demi-heure plus tard,
elle sortait de la salle de bain avec sa robe de chambre sur le dos afin de ne pas abîmer sa
robe lorsqu’elle se préparait. La sonnette de l’entrée retentit alors qu’elle avait tout juste
finis d’enfiler sa robe.
_J’y vais. Cria t’elle à l’attention de sa mère.
Elle traversa le salon et ouvrit la porte sur un Christopher Raggle en costume 3 pièces.
_….Wouah !! Mackenzie tu es…
_Tu crois ???
_Bien sûr, les autres vont être…
Elle esquissa un sourire mais on sentait bien que le cœur n’y était pas.
_Je vais chercher mes affaires et j’arrive.
_Je t’attends « Oh bravo ! Tu as rendez-vous avec Sarah Mackenzie et tu t’arranges pour lui
rappeler son statut de quasi-pestiférée officielle. Tu es un vrai génie. »
Elle arriva environ 2 minutes plus tard non sans avoir dit au revoir à sa mère. Et laissé un
mot à l’attention de son père. Finalement, même sa vieille voisine avait un imprévue de
dernière minute et donc elle devait rentrer à la maison.
_A plus m’man. Allez on y va.
_Tu as de la chance de ne pas habiter très loin du lycée.
_Ouais, mais j’ai moins d’excuse pour arriver en retard, vu la proximité du domicile.
Ils discutèrent pendant le trajet de tout et de rien. Sarah appris que c’était le père de
Christopher qui le poussait à faire du sport, lui il aimait çà mais sans plus. Puis ils
arrivèrent au gymnase, là où devait se dérouler le bal. Christopher la tint par la main,
Sarah avait tressaillit à se contact mais elle s’était reprise, après tout, ce n’est pas
tout les jours qu’elle sortait avec un garçon, et surtout Christopher Raggle, qui était en
passe de devenir la nouvelle coqueluche des groupies des sportifs. Le bal commençait bien,
elle ne pensait pas à ses parents. Pourtant elle aurait du se douter de se qui allait se passer.

Au même moment
Domicile des Mackenzie
14 Février 1981

Deanna avait préparé la table avec l’aide de sa fille, juste avant qu’elle ne parte pour le bal.
Elles avaient mis des fleurs et deux bougies et une nouvelle nappe. Elle voulait que ce soit
parfait, elle ne savait que trop comment cela était quand son mari ne trouvait pas cela à son
goût. Elle appréhendait un peu le retour du père de sa fille, mais après tout c’était le jour
des amoureux et peut-être que ce serait différent. Elle était cependant soulagée que Sarah fût
au bal, Dieu seul pouvait savoir ce qui se passerait si elle était restée. Joseph Mackenzie,
membre du corps des Marines, rentra à la fin de son service vers 19h30.
_ Deanna, c’est moi, où es –tu ?
_ Dans la cuisine, je finis de préparer le dessert.
_ Viens ici !
Sa femme se depêcha, le ton employé par son mari était légèrement monté d’un cran et elle ne
voulait que cela dégénère, surtout pas aujourd’hui.
_ Tiens c’est pour toi.
Il lui tendit un bouquet de roses rouges. Deanna Mackenzie ne savait plus quoi dire, son mari
n’était pas le genre d’homme à laisser paraître ses sentiments, même le jour de la Saint-Valentin.
_ Oh, tu n’aurais pas dû.
_ Je suis rentré avec Jack, il a voulu s’arrêter chez le fleuriste pour sa femme. J’en ai juste
profité. Ta fille n’est pas là ?
_ Elle est au bal de son lycée, elle t’a laissé un mot.
_ Au bal, hein ?? Et avec qui ??
_ Son voisin de table en biologie. Christopher Raggle.
_ Raggle ? Je connais un Raggle, Jonathan Raggle, c’est un vrai crétin ! Tiens apportes moi une
bière, je vais regarder les infos. Et ne traînes pas, j’ai eu une journée difficile.
_ Tout de suite.
Il se laissa tomber sur le canapé devant la télé. Il posa ses pieds sur la table basse en ayant
retirer ses chaussures qu’il avait jeté juste avant en direction de l’entrée. Sa femme revint
avec sa bière et un verre.
_ Pourquoi tu m’apportes un verre ? lui dit il d’un ton hargneux. Et qui payes la facture d’eau
que tu tires pour la vaisselle ? Ce que tu peux être bête ma pauvre.
Elle ne répondit pas et retourna à la cuisine.
_ C ça ! Retournes à la cuisine, c’est tout ce que tu sais faire.
Elle n’en entendit pas plus, Joseph continuait à lui faire des reproches mais elle ne les
entendit pas. Elle s’évertuait à finir la salade de fruit tout en retenant les larmes qui
menaçaient de couler le long de ses joues. C’était une sala de fruit avec des pommes, des
poires, des ananas, et alors qu’elle attrapait un régime de bananes, son mari l’appela du salon.
_Deanna, Deanna !! Bon alors tu viens quand je t’appelle.
_ Je suis là.
_J’ai faim, apportes le repas.
_Tout de suite, tu passes à table.
_ Non, on mange devant la télé.
_Mais Sarah…
Il la coupa.
_Elle n’est pas là alors à moins que tu ne lui dises, elle n’en saura rien. Vrai ?
_Vrai. Je te l’apporte tout de suite.
Elle avait espéré en se couchant la veille que Joseph aurait un comportement différent de
celui qu’il avait d’habitude, ne serait-ce que pour lui témoigner son amour.
« Pourquoi ai-je penser çà ? A oui, je sais parce qu’on dit Demain est un autre jour.
Quel est l’idiot qui a sortit cette phrase ? » Elle revint avec un plateau où le repas était
servit dessus pour son mari. Puis fit la même chose pour elle.
_Rapportes moi une autre bière, la mienne est finit. Oh et puis non, ramènes le pack.
Le repas fut ponctué des reproches du chef de famille à propos de la cuisson, du manque de sel…
Arrivé au dessert, Joseph laissa éclater sa colère.
_Et tu trouves çà mangeable ? Ça manque de tout. Y’a pas de sucre, y’a rien !! Quand je rentre
le soir j’aimerais ne rien avoir à redire. Et ça devrait être comme çà tout le temps. Tu n’as
que çà à faire de la journée !!
Et sans un autre regard pour celle qui lui a donner un enfant, il se reconcentra sur la télé.
Environ dix minutes plus tard, il se tourna vers Deanna pour l’embrasser. Surprise par ce
retournement de situation, elle répondit au père de sa fille. Mais peu à peu les baisers se
firent plus insistants et Deanna fut un peu plus réticente. Après tout Sarah pouvait rentrer
à tout moment. Elle lui avait fixer une heure de retour, mais si le bal ne se passait pas bien
,elle pouvait rentrer plus tôt, aussi elle s’écarta.
_Joseph et si Sarah…?
_T’occupes pas d’elle.
_Mais…
Apparemment, il n’en avait pas grand-chose à faire. Et il recommença à l’embrasser, mais une
fois de plus elle le repoussa.
_Quoi ? Tu ne veux pas de moi ?
_Non ! Bien sûr que non mais si Sarah rentrait ?
_Et ben quoi ? Il ne lui apprenne pas ça à l’école ?
_Elle n’a que 14 ans.
_Elle l’apprendra bien assez vite. Bon c’est bon t’es rassuré ?
Elle ne lui répondit pas. Cela l’énerva un peu surtout qu’entre sa colère de tout à l’heure et
les baisers, il avait descendu une autre bière. Il recommença à l’embrasser malgré qu’elle
résistait, comme ils devenaient de plus en plus insistants et l’attitude de son mari de plus
en plus entreprenante, elle lui dit :
_Non, arrêtes ! Non !
Mais il n’écoutait pas alors elle se dégagea et le gifla. En rencontrant les yeux de son amant,
elle comprit qu’elle venait de faire une grave erreur. Il porta sa main sur sa joue.
_Tu viens de me frapper ? Qu’est ce qui t’en donnes le droit espèce de traînée ??
Elle ne vit pas la première baffe arrivée, pas plus que les autres coups. Après avoir décider
que la punition suffisait, il ramassa son pack de bière et se dirigea vers leur chambre, non
sans ajouter.
_Tu rangeras tout ça. Et j’espère que tu as compris qu’il ne faudra pas recommencer.
Et il ferma la porte en laissant sa femme pleurer dans le salon

Samedi 14 Février 2004
Appartement de Sarah Mackenzie
Georgetown, Washington D.C

Sarah était sur son canapé, elle réfléchissait sur sa vie. Elle n’avait personne pour fêter
la Saint Valentin, cette année. Elle repensait à cette soirée du 14 février 1981. Elle avait
retrouvé sa mère en pleurs dans le salon, le visage marqué de coups, et les bras marqués eux
aussi. Son père lui cuvait sur le lit, un pack de bière vide ainsi qu’une bouteille de whisky.
Elle avait été soulagée que les gants de boxe ne traînent pas, les dégâts auraient été pires.
Sa mère était partie peu de temps après du domicile familiale. Curieusement quand elle y
repensa, ses Saint-Valentin n’ont plus n’avaient pas été réussit. Avec Christopher,
ils étaient bourrés du soir au matin comme n’importe quelle journée, avec Farrow, ils
devaient se cacher et avec Mic elle n’était pas heureuse. « Je suis maudite, jamais je ne
vivrai le rêve américain parfait. Je me demande ce que j’ai fait pour mériter cela. Bud
aurait certainement la réponse dans ses séries de sciences-fiction. »
La sonnerie du téléphone la tira de ses pensées. Tout en dirigeant vers le combiné,
elle essaya de se souvenir de la phrase qu’il avait dit au capitaine Rabb la veille.
_Ah oui dit elle tout haut. La vérité est ailleurs.
Elle décrocha
_Colonel Mackenzie ?
_Mac c’est Harm…
Finalement peut-être que la malédiction allait être levée ce soir.

Fin

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