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Un si long chemin

FEVRIER 2000
Transport militaire de la base d’Andrews vers l’Islande

Le confort de ces avions militaires laisse à désirer, surtout après notre retour la semaine dernière de Sydney en business…… Il semble que l’Aéronavale américaine n’ait pas le même train de vie que la marine australienne. Enfin, il y a un peu moins de quatre heures de vol, je devrais survivre.

Je passe en revue les dossiers que j’ai préparés à la hâte, participer au pied levé à cette conférence de l’OTAN sur la loi de la mer est un cadeau de l’amiral dont je me serais bien passé.  » C’est bon pour votre carrière, Rabb, le Secrétaire d’Etat n’entend parler de vous que quand il y a du grabuge, montrez lui que vous êtes tout aussi compétent en droit maritime international que vous êtes efficace pour lui poser des problèmes.  »

J’ai à peine eu le temps de travailler sur la cour martiale de Simpsons. Comble de malchance, c’est Bud qui m’assiste sur cette affaire, et le malheureux n’est pas vraiment en état pour le moment de mener des interrogatoires. Bon, je pense qu’il faudra juste mettre le turbo à mon retour, après demain. Pourquoi faut il que je sois opposé à Mac sur ce dossier, je suis sûr qu’elle va peaufiner ses arguments, si je ne trouve pas le temps de préparer mieux la défense du quartier maître, j’ai peur qu’elle n’envoie ce malheureux Simpsons à l’ombre un peu plus longtemps qu’il ne le mérite. Et pourtant, c’est elle qui s’est gentiment chargée de mes autres dossiers en cours comme d’habitude.

Mac.

Je m’étais pourtant juré que je lui parlerais, que j’essaierais de m’excuser pour les paroles blessantes que j’ai eues dans l’avion la semaine dernière. Je ne pensais pas vraiment ce que je lui ai dit, je ne crois pas qu’elle ait couché avec Brumby ……… non…….. non, je ne veux même pas y penser, cela ne me regarde pas après tout. Il n’y a pas de loi qui empêche une femme célibataire d’avoir la vie qu’elle désire, du moins si son partenaire n’est pas dans l’Aéronavale.

Et zut, voilà que je m’égare à nouveau, Rabb, travaille au lieu de révasser. Tu planches demain matin devant un parterre de généraux, concentre toi au lieu de penser à des bêtises.

L’autre jour, j’ai voulu lui parler de Simpsons et de mes autres dossiers et je suis entré dans son bureau, elle était tournée vers la fenêtre, et j’ai vu dans le reflet de la vitre qu’elle avait changé sa bague de main. Rien qu’à y repenser, j’en ai un haut le cœur. Quand elle a essayé de me cacher sa main, j’ai joué la carte de l’ironie, si j’agis comme si cette bague ne m’affectait pas, peut être va t’elle disparaître …….. ou peut être va t’elle finir par ne plus m’affecter. Mais ce que je lui ai dit alors est vrai, malheureusement, elle a l’air différente, comme si elle rayonnait. A priori, notre dispute ne l’a pas perturbée. Peut être n’était ce pas une dispute pour elle, peut être n’y a t’il pas de problème, ailleurs que dans mon imagination.

Pourtant, je crois que j’aurais dû avoir le courage de lui parler.

J’aurais pu retourner chez elle le lendemain de notre retour, arriver avec un repas pris chez ce traiteur chinois qu’elle aime bien, à côté de chez elle, comme avant, avant que je parte sur le Patrick Henry. Les soirées que nous avons passées à discuter me manquent, elle me parlait de son oncle Matt, de ses études de droit, du camp d’entraînement qu’elle avait vécu comme une seconde naissance, et je répondais en racontant le Laos, Annapolis, les virées avec Keeter et Pendry, les cours de droit, et le JAG avant qu’elle y arrive, l’amiral Chegwidden me comparant à Tom Cruise – moitié Top Gun, moitié Des Hommes d’Honneur – le capitaine Krennick et Meg. Je lui ai même parlé de Diane, quand le mystère de sa mort a enfin été résolu, et elle m’a parlé de Chris après notre retour d’Iran. Je ne crois pas avoir jamais eu avant quelqu’un de si proche de moi. Avec Luke et Keeter, j’ai toujours évité de montrer mes faiblesses, et ils n’ont jamais cherché à en savoir plus que ce que je disais. Avec ma mère, j’ai voulu être fort, être l’homme de la maison, même et surtout quand elle a rencontré Frank. Avec Diane, nous nous sommes cherchés longtemps, et quand j’ai cru que nous allions enfin nous rejoindre, elle m’a été enlevée.

Avec Mac, tout était différent, je pouvais être faible, elle m’avait vu pleurer mon père, elle savait pour Diane, elle a toujours été derrière moi quand j’ai eu besoin d’elle, nous nous comprenons sans nous parler ……..

Rabb, tu crois vraiment ce que tu dis ? Vous vous comprenez sans vous parler ? Laisse moi rire…. Tu ne te comprends pas toi même, comment voudrais tu qu’elle puisse le faire……. Crois tu que  » Pas encore  » soit une réponse qu’elle ait vraiment bien interprétée ? Et d’abord, sais tu seulement ce que tu voulais dire ? Sais tu ce qu’elle te demandait sur ce ferry ?

Et voilà, c’est reparti pour un tour. Je crois que je n’arriverai pas à potasser tous ces problèmes d’espace aérien tant que je n’aurai pas compris ce qui me gêne vraiment, pourquoi j’ai cette impression qu’il faut que je parle à Mac avant qu’il soit trop tard. Trop tard pour quoi ? Et lui parler pour lui dire quoi ?

Je repose le dossier que je faisais semblant de lire, et je ferme les yeux. Je vais dormir un peu, histoire de me remettre les idées en place, entraînement de pilote oblige, on apprend à dormir vite et peu pour récupérer encore plus vite.

Je me réveille en sursaut, mais les images continuent à défiler dans ma tête, une bague, Renee qui m’attend en souriant dans ce restaurant et là bas, Mac assise en face de Mic, Mac qui pleure dans mes bras parce que je quitte le JAG, le regard fiévreux de Mac près de ce ruisseau dans les Appalaches, le sourire de Mac au mariage de Bud, et bizarrement, la bande son n’est pas celle qui correspond aux images, c’est la voix de Renee qui me dit qu’elle est à Valencia, qu’elle revient bientôt et que je lui manque.

Renee………elle est tellement différente des femmes que j’ai rencontrées jusqu’alors, et je ne sais pas encore si j’aime cette différence. Quand l’amiral m’a dit que je devais la retrouver au Washington Monument, j’ai eu envie d’inventer une excuse, comme un adolescent qui cherche à sécher un cours. Mais cette publicité était importante pour l’Aéronavale, et j’ai toujours fait mon devoir, même quand il m’en coûte. Quand j’ai dû la revoir pour doubler mon texte, j’ai cru que ce serait au dessus de mes forces, mais bizarrement, elle n’était plus vraiment la même, plus aussi arrogante et méprisante, moins stressée, plus souriante, plus charmeuse. Alors, quand elle m’a invité à dîner avec elle pour  » fêter la fin de mon calvaire « , je n’ai pas eu le cœur de refuser.

Si Mac n’avait pas été à quelques mètres de moi en train de dîner avec Mic ce soir là, je crois même que j’aurais apprécié d’être avec Renee, elle est drôle, parle avec passion de son métier, mais elle sait aussi écouter et m’a posé beaucoup de questions, auxquelles j’ai essayé comme à mon habitude de ne pas répondre. J’ai bien sûr eu une nouvelle fois droit à la blague sur  » Top Gun  » et  » Officier et Gentleman « , mais avec plus d’esprit et d’humour que je m’y attendais.

 » J’ai eu l’occasion de rencontrer Tom Cruise et Richard Gere, ils ne vous arrivent pas à la cheville ………… Vous auriez dû mettre votre uniforme de gala pour le clip, je suis sûre que ça aurait eu de l’allure  » a t’elle fini par murmurer d’une voix enjôleuse en me jetant un regard gourmand, et ma foi, mon ego de mâle a bien aimé cette attention.

Je l’ai raccompagnée jusqu’à son appartement sur Independence Avenue, mais j’ai refusé le dernier verre qu’elle me proposait, je sais comment la soirée se serait terminée, et même si une part de moi en avait envie, la pensée que Mac était peut être en train d’offrir un dernier verre à Mic me perturbait trop.

Mac.

Pourquoi faut il qu’elle soit présente dans tous mes actes, toutes mes pensées. Pourquoi suis je tellement perturbé par cette bague ? Je voudrais que Mac trouve un homme bien pour elle, mais, comme Dalton, Mic n’est pas celui qu’il lui faut, elle mérite mieux que cet Australien que je n’ai jamais supporté. Je me demande à quoi ressemblerait un type que je trouverais bien pour Mac … probablement quelqu’un qui ne lui parlerait pas d’avenir, ne lui offrirait pas de bague et la laisserait libre de tout engagement dans quatre ans……

Rabb, c’est quoi ce délire ? Dans quatre ans ? Reprends toi, mon vieux, tu commences à délirer.

 » Ne faites pas de promesses que vous ne tiendrez pas.  »

La voix de Sarah résonne dans ma tête, je sursaute et regarde l’officier assis à côté de moi, il lit le dernier Tom Clancy, et non, il ne ressemble pas du tout à Mac. J’ai des hallucinations maintenant, j’entends sa voix et je revoie son regard interrogateur. Je ne sais pas pourquoi je lui ai promis cet enfant le jour de la naissance du petit AJ, mais ce n’était pas des paroles en l’air ou une simple plaisanterie, sinon je ne m’en souviendrais plus, c’est évident.

Et si c’était tout simplement la solution. Et si je tenais à elle plus qu’à une amie, suffisamment pour que je ne veuille pas la voir avec un autre, pour que je veuille cet enfant avec elle, vraiment ?

Je n’aime pas du tout le tour que prennent mes pensées, Mac est mon amie, ma collègue, nous travaillons ensemble, rien de plus.

Oui, mais Sarah est une femme merveilleuse, plus qu’une amie, tu le sais, et elle t’a dit à Sydney qu’elle voulait que vous ayiez une relation différente, souviens toi.

Elle ne m’a rien dit du tout …… ce n’est pas du tout ce qu’elle m’a dit. Mac ne ferait pas ça, elle ne savait plus ce qu’elle disait, ou elle plaisantait, ou ……

Ou elle était sérieuse, et tu l’as rejetée…..

Il faut que je lui parle, l’avion doit bientôt atterrir, je dois savoir ce qu’elle voulait dire.

Le temps ne passe jamais assez vite quand on le souhaite, je sens mon cœur battre plus fort, j’ai l’impression que des dizaines de sentiments et de pensées contradictoires se heurtent dans ma tête, et moi, le pilote de Tomcat aux réflexes acérés, aux décisions instinctives, l’avocat qui sait trouver le bon argument pour convaincre les jurés, je suis perdu.

Si je l’appelle, que vais lui dire ? Et si je ne l’appelle pas, et qu’elle l’épouse ? Mais si elle l’aime, je veux qu’elle soit heureuse. Oui, mais si elle l’aime, pourquoi m’a t’elle demandé combien de temps nous allions attendre ? Si elle ne l’aime pas, pourquoi a t’elle accepté cette bague ?

Je ferme à nouveau les yeux, je dois reprendre le contrôle de mes émotions, tant que je n’y verrai pas plus clair, il n’est pas question que j’intervienne dans la vie de Mac.

Pour l’instant, il faut attendre, j’ai rendez vous avec Renee à mon retour, et si après tout la situation était aussi simple que ça, je n’ai pas eu de femme dans ma vie depuis que Jordan m’a quitté, peut être que le désordre de mes sentiments n’est dû qu’à ma frustration sexuelle. Peut être que je devrais essayer d’avoir une vie à moi, d’avoir du bon temps avec une jeune femme ravissante, drôle, raffinée, qui ne connaît rien aux militaires et qui ne me demande rien en échange. Ma vie privée n’est pas à la hauteur de la réputation que mes amis me font, je n’ai plus vraiment testé le pouvoir de mes ailes depuis …… que Mac est au JAG …… mais non, espèce d’idiot, depuis que Diane est morte. C’est après sa mort que les aventures d’une semaine m’ont semblées dérisoires. Mais les seules relations à moyen terme que j’ai réussies à avoir ont échouées lamentablement, Annie m’a quitté, Jordie m’a quitté, et quand j’ai cru qu’avec Bobbi, peut être, je pourrais construire quelque chose, une seule nuit passée ensemble nous a montré notre erreur.

Peut être que je devrais faire attention aux femmes qui me sourient dans la rue, je ne suis peut être pas fait pour les relations durables, mais un peu de douceur le soir, quelqu’un pour réchauffer mon lit sans aucune conséquence, ce n’est pas si mal. Moins sûrement que se torturer à comprendre l’incompréhensible, ou à souhaiter ce qui ne peut être. Prends en ton parti, Rabb, tu n’es pas fait pour une vraie vie de couple, laisse tomber, et passe à autre chose.

L’avion se pose, il fait encore plus froid ici qu’à Washington, quand je pense au soleil de Manly Beach, je regrette l’Australie …… l’Australie, la plage, Mac, était elle seins nus ? Elle ne m’a jamais répondu … Ma main glisse involontairement dans la poche de mon manteau et sort mon téléphone cellulaire, j’appuie sur la touche abrégée du numéro de Mac, j’agis sans réfléchir, j’ai besoin de l’entendre me parler, tous mes beaux discours raisonnables fondent brusquement sous le soleil de mes souvenirs malgré la neige qui tombe dehors.

La sonnerie s’arrête presque tout de suite, la voix de Mac m’accueille, chaleureuse, gaie, heureuse ……

 » Allô, Mic ?  »

J’éteins brusquement mon téléphone en serrant les mâchoires, c’est décidé, si Renee a envie de s’amuser avec moi, pourquoi ferais je la fine bouche.

CHAPITRE 3

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