What’s past is prologue

Chapitre 13

Sturgis Tuner fut surpris d’entendre frapper à sa porte juste après 21h. Il n’avait pas souvent de visiteur nocturne – pas pendant que Bobbi était en campagne, tout du moins. Il se leva de son canapé, laissant de coté le dossier qu’il était en train de lire, et se dirigea vers la porte pour répondre.

Mac se tenait sur le pas de porte, semblant anéantie comme si le monde entier s’était écroulé. L’estomac de Sturgis se serra avec appréhension.

« J’ai besoin de boire » dit elle la voix morne avant qu’il puisse réagir. La respiration tremblante elle émit d’un seul jet. « Je ne savais pas où et chez qui d’autre aller. » Ses yeux suppliaient les siens.

Sturgis se recula immédiatement, l’invitant à entrer d’un geste. Il avait été élevé avec l’idée de ne jamais tourner le dos à quelqu’un qui avait besoin d’aide, et si Mac avait un réel souci à résister à la boisson, elle était définitivement tombée dans cette catégorie.

« Où est Harm ? » demanda t’il une fois qu’elle fut suffisamment à l’intérieur pour pouvoir claquer la porte derrière elle.

Mac serrait ses bras autour d’elle-même, nouant ses doigts dans les manches de sa veste. « Avec Diane » Elle ne regarda pas vers lui.

Sturgis n’avait pas besoin d’autre explication. Bien qu’il se soit trouvé à l’autre bout du plateau, il avait vu le trio s’éclipser après être sorti du bureau de l’amiral, et plus tard la tendre étreinte qu’Harm avait donné à Diane avant qu’elle parte. Pour Sturgis la situation était spécialement difficile, parce qu’il considérait les deux femmes comme ses amies et qu’il ne pouvait se risquer à juger laquelle était la ‘bonne’.

Il garda ses pensées pour lui-même. Maintenant, Mac avait besoin d’une épaule compatissante. « J’étais en train de prendre des notes sur la court martiale de Vuarez » dit il. « Mais je devais faire une pause. Voudriez vous manger quelque chose ? »

Elle secoua la tête.

« Vous voulez boire quelque chose, alors ? » Quand elle leva les yeux vers lui, il ajouta « Dans la gamme de boisson non alcoolisée, naturellement. »

Elle répondit avec un sourire qui était blême mais sincère. « D’accord. »

Il alla chercher deux verres de thé glacé dans la cuisine, et quand il revint il trouva Mac assise sur le bord du canapé, les coudes sur les genoux avec les mains ballantes entre eux. Sa tête était inclinée, ses cheveux tombant vers l’avant cachaient son visage. Sturgis ressentait pour elle une profonde tristesse qui menaçait de le faire craquer. Il lutta contre ça. La dernière chose que Sarah Mackenzie accepterait serait la pitié.

« Qu’est il arrivé ? » Il posa un verre sur la table basse devant Mac, puis s’installa de l’autre coté.

Mac tendit le bras pour toucher son verre. « Rien n’est arrivé, Sturgis. Il a toujours été amoureux d’elle. » Sa respiration avait un petit problème, ressemblant à des soupçons de sanglots. « Et vous savez ce qui est le pire ? » Elle regarda Sturgis à travers ses cheveux, les yeux brillants et affolés.

Il secoua doucement la tête.

« Je ne peux même pas être heureuse pour lui. » Mac tendit les mains, puis resserra les poings. « J’ai souhaité que Diane soit demeurée morte ! Quelle sorte d’horrible personne suis-je devenue ? »

Le cœur brisé pour elle, Sturgis se déplaça pour s’asseoir à coté de Mac sur le canapé. Elle se pencha vers ses bras sans même une protestation, étouffant ses légers sanglots contre sa chemise. Il soupira.

« Vous n’êtes pas une horrible personne Sarah. » Il caressa ses cheveux dans un geste de réconfort. « Vous êtes juste humaine. »

Le lendemain matin le bureau du JAG bourdonnait avec ses activités habituelles, mais quelque chose était distinctement différent, pensa Harm. Pour la deuxième fois dans la semaine, il avait le sentiment que les gens étaient mécontents envers lui, mais cette fois l’ensemble du bureau semblait impliqué. Le peu de salutations qu’il avait reçues en traversant le plateau étaient guindées et inutilement formelles et les amicales ‘mises en boite’ qu’il s’attendait à recevoir lors de son retour au travail après ses aventuresétaient totalement absentes.

Il ne consacra pas beaucoup de temps à s’inquiéter de cela. Il était trop absorbé par la façon de parler à Mac. Malheureusement – ou peut être heureusement – elle était déjà au tribunal. Cela devrait attendre un peu plus longtemps.

Harm jeta sa mallette sur son bureau, posa sa casquette dessus et se laissa tomber dans son fauteuil. Il avait passé la soirée complète à essayer d’imaginer quoi dire à Mac.

Crache Simplement le morceau, Rabb, s’engueula t’il lui-même. Ca ne doit quand même pas être si difficile de dire ‘je vous aime’ ?
Il grogna. Ouais, d’accord.

Le téléphone sonna alors, lui épargnant davantage d’introspections. Il ne fut pas trop surpris d’entendre la voix de Diane à l’autre bout du fil. Et, autant il considérait de parler avec Mac comme une priorité, autant il n’hésita pas à appeler Tiner pour dégager quelques heures d’absence. C’était trop important, trop délicat, pour mettre de coté ses propres raisons.

Tout juste une heure plus tard, il se tenait sur le porche d’une maison de banlieue de Baltimore, attendant que la porte s’ouvre.

Michael Schonke était un homme menu approchant de la soixantaine. Ses traits étaient délicats, et il parlait très aimablement, mais la solitude qui gouvernait sa vie devenait bien trop apparente après seulement quelques minutes de conversation. Le cancer de sa femme avait été foudroyant, ce qui avait été une chance par certains cotés et terriblement cruelpar d’autres. Il avait toujours été capable de partager la douleur persistante qu’était la perte de sa fille avec Ellen, mais depuis plus d’un an, c’était un fardeau qu’il était obligé de supporter seul.

Ce matin, son attitude montrait seulement la surprise de voir quelvisiteur était à sa porte. « Et bien, c’est inattendu » dit il de façon charmante, serrant franchement la main d’Harm.

« Bonjour, Mike. » Harm le salua avec un chaud sourire. « Désolé de débarquer chez vous si tôt. »

« Et bien, j’apprécie les visites, mais je sais que ce n’est pas votre trajet quotidien. » Les yeux de Mike affichaient une lueur de prudence comme il jaugeait le jeune homme, réalisant qu’il y avait une affaire grave derrière ce genre de comportement. « Entrez, Harm. »

La maison n’avait pas bougé depuis la dernière fois qu’Harm y était venu, depuis bien trop longtemps pour se souvenir de quand. Les deux hommes n’avaient jamais été particulièrement proches, mais ils partageaient un genre de blessure unique qui les avait liés. Mike lui versa une tasse de café sans un mot, et ils s’assirent dans le salon.

« Je présume que vous n’avez pas fait tout ce chemin jusqu’ici pour vérifier que j’étais là. »

« Vous avez raison. Malgré ça, c’est bon de voir que vous allez bien. » Harm prit une gorgée de café, essayant de se relaxer.

« ‘Bien’ est un terme relatif, mais merci. » Mike se pencha en avant dans son fauteuil. « Vous n’avez pas été aussi tendu depuis que Diane vous avez amené ici la première fois, il y a presque une éternité. Qu’est ce qui se passe ? »

Harm soupira. « J’ai eu des nouvelles récemment, et je ne sais pas comment vous les apprendre. »

« A propos de Diane ? » Quand il hocha la tête, Mike ne broncha pas. « Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose dans ce que vous avez à dire qui pourrait être meilleur ou pire. Vous n’avez pas à craindre un arrêt cardiaque pour moi, si c’est ce qui vous inquiète. J’ai le cœur solide depuis toujours. »

« Je vois ça. » Harm adressa un petit sourire. « Mais je peux garantir que cela va vous faire un choc. Cela m’a diablement choqué, et je pensais que rien ne pouvait plus me faire cet effet. Cela va prendre un peu de temps pour tout expliquer, mais il n’y a pas moyen d’y échapper. »

Mike lui lança un regard prudent avant de hocher la tête doucement. « Je pense que vous feriez mieux de me le dire alors. »

Harm prit une profonde inspiration. « Votre fille est vivante. »

Cette fois, toute couleur disparut du visage du vieil homme. Il reposa rapidement sa tasse à café avant que le tremblement de ses mains ne la renverse. Harm poursuivit, espérant répondre aux inévitables questions avant qu’elles soient posées. « Rien à part ça n’a été un mensonge. Elle a réellement été abattue par l’officier de son navire parce qu’elle essayait de faire un rapport sur lui. Mais l’Agence Nationale de Sécurité a eu besoin de ses talents pour une difficile et très importante mission, et ils ont mis en place cette ruse pour la déplacer avant qu’elle ait eu la chance de faire quoi que ce soit. Maintenant elle a fini sa mission avec le NSA, et elle est revenue à la maison pour retrouver sa vie. »

Mike le dévisageait, clairement incrédule. « Elle n’aurait pas pu faire ça » commenta t’il en contrôlant sa voix. « Cela ne lui correspond pas. Elle ne nous aurait pas laissés dans la peine comme ça…. »

« Mike, je l’ai vue. » dit Harm doucement, en tenant son regard. « C’est vrai. Elle est venue me demander de l’aide pour remettre sa vie en ordre. Et elle m’a demandé de venir vous parler parce qu’elle ne peut pas se faire à l’idée de vous blesser davantage. »

Le père de Diane se leva brusquement de son siège, se tournant au loin. « Comment cela peut il être ? » murmura t’il. « Six ans sans un mot à ses propres parents ? A vous ? Elle ne pouvait pas revenir pour dire au revoir à sa mère ? Ellen est morte en croyant un mensonge ? »

« Elle n’a pas su à propos d’Ellen jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Je pense que c’est en partie la raison qui l’a décidée à revenir à la maison maintenant. » Cela peinait Harm de sentir l’homme dissimuler sa colère. Il se rappelait trop bien combien il avait été froid avec elle quand elle avait mendié son pardon, et la trahison d’une fille était bien plus profonde que celle d’une amitié. « Vous avez parfaitement le droit d’être en colère. Je l’étais, et je pense que d’une certaine façon je le suis encore. Mais j’essaye d’être furieux de la situation, pas après elle. Elle a fait passer le devoir envers son pays en premier, c’est une chose que l’on nous enseigne, et à cause de son travail, beaucoup des fils et des filles qui défendent les intérêts américains en Asie seront en sécurité. Vous ne pourrez jamais récupérer ces années perdues, et elle a détesté cela autant que vous. Mais vous avez aujourd’hui, et demain, et tout ce temps que vous ne pensiez plus avoir….. et cela débutera à l’instant où vous la laisserez entrer. Je ne suis pas en train de vous pousser, mais elle est prête aussitôt que vous l’êtes. »

Mike se retourna, un léger rayon d’espoir évident sur son expression. « Où est elle maintenant ? »

« Dehors dans la voiture » répondit Harm avec un gentil sourire. « Elle voulait que je gagne sa cause, et elle avait peur que vous puissiez ne pas vouloir la voir tout de suite. »

« Ne pas vouloir la voir ? Après tout ce temps, comment pourrais-je dire non….Diane ! » Il commença par se diriger vers la porte, puis s’arrêta, ayant un aperçu de lui-même dans le miroir de l’entrée. « Elle va penser que je me suis laissé aller. Je parais si vieux. »

« Non vous ne l’êtes pas, et je ne pense pas qu’elle pourrait y prêter attention. » Harm se leva et posa une main sur le bras du vieil homme. « Détendez vous. Cela va bien se passer. »

« Que vais-je pouvoir lui dire ? » dit Mike, presque inaudible.

« Cà n’a pas d’importance. Mais il s’est écoulé six ans depuis qu’elle a entendu ‘je t’aime’, alors cela pourrait être un bon début. Attendez ici. » Harm sortit et se dirigea vers sa voiture, ouvrant la portière côté passager. Diane descendit le regardant avec anxiété. Il lui serra la main pour la rassurer.

Quand elle se tourna vers la porte, et que son père vit de ses propres yeux que sa petite fille était vivante et saine et sauve, cela détruisit toutes les réserves de self-contrôle qu’il avait maintenues. Michael Schonke s’effondra en sanglots sur son porche, complètement bouleversé par la soudaine et totale restauration de son âme.

« Papa » souffla Diane, en courant pour tomber dans ses bras. « Papa, je suis désolée….je suis tellement désolée pour tout ceci… »

« C’est vraiment toi » réussit il à dire, la tenant serrée. « Mon bébé…Di, je t’aime – je t’aime tellement ! »

Ses larmes débordaient partout, et elle enfouit son visage sur sa poitrine. « Je t’aime tellement, moi aussi » renifla t’elle, s’accrochant à lui et se rappelant instantanément comment la présence de son père avait toujours été capable de lui rendre le monde meilleur.

« Nous allons nous en sortir, tu m’entends ? Je ne m’inquiète pas de ce que j’ai à faire, mais à partir de maintenant nous sommes une famille à nouveau. »

« C’est tout ce dont j’ai besoin, trésor. » Il l’embrassa sur le front et leva les yeux vers Harm avec une immense gratitude. « Merci. »

« Je vous en prie » répondit il doucement, prenant soin de retenir ses propres émotions. Assister à une telle réunion ferait fondre même le cœur le plus endurci, mais pour lui c’était une expérience encore plus personnelle. Deux personnes qui avaient été absolument seules, qui avaient fait des choix difficiles et souffert de ceux-ci, qui étaient maintenant sur le point de mettre tout cela de coté et de rétablir leur lien.

D’une façon inexplicable, c’était une chose claire pour lui. Il savait maintenant ce qu’il avait besoin de faire et de dire. « Il est probablement temps pour moi de reprendre la route » remarqua t’il, récupérant ses clefs. « Il y a quelque chose que je dois encore faire aujourd’hui. »

Diane leva ses yeux brillants vers lui. « Je te passerai un coup de fil quand j’aurais arrangé mes affaires avec la Navy » promit elle.

Il sourit. « J’y tiens beaucoup. Si tu as besoin d’autre chose, tu sais où me trouver, d’accord ? »

Elle lui souffla un baiser comme il remontait dans sa voiture, et regarda la corvette disparaître à sa vue. Puis le père et la fille pénétrèrent dans la maison main dans la main, prêts à renaître à la vie.

Chapitre 14

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