What’s past is prologue

Chapitre 3

Mac n’était pas sûre de ce qu’elle allait trouver dans le bureau de sa tête de mule de partenaire , mais honnêtement une autre femme n’était pas en haut de sa liste. Ils avaient dépassé cela – ou du moins elle l’avait pensé. Mais la façon dont la femme se tenait juste à l’intérieur des limites qui définissaient l’espace personnel d’Harm la frappa comme étant le signe de quelque chose d’autre qu’un contact professionnel. La façon dont Harm lui aussi se tenait lui cria que c’était une femme avec laquelle il était intime. ..même s’il n’était pas entièrement à l’aise.

Mac serra la poignée de la porte jusqu’à que ses articulations deviennent blanches. C’était cela que Sturgis ne voulait pas qu’elle interrompe ?

La tête d’Harm sursauta à son entrée, son visage trahissant la surprise, la culpabilité et une sorte de vide qui l’alarma malgré sa colère.

– Mac Tout ce qui suivit son nom s’évanouit dans un indiscernable murmure lorsque la femme qui était avec Harm se tourna. Mac eut l’impression de fixer sa propre image dans un miroir. Une femme de chair et de sang avec son visage, laquelle pâlit sous le choc pendant que la mâchoire de Mac s’affaissait béante. Elles se dévisagèrent dans un silence stupéfait.

Harm finalement réagit pour sortir de l’impasse. Il s’éclaircit la gorge, semblant extrêmement mal à l’aise. « Diane Schonke je te présente Sarah Mackenzie. » Il fit un geste vers chacune d’elle. « Mac, voici Diane. »

Diane. Le nom fit frissonner Mac du haut de son crâne jusqu’à la pointe des orteils.

« Vous êtes censée être morte, » laissa t’elle échapper avant que la courtoisie et le bon sens puissent s’imposer à nouveau.

Diane retourna un regard suppliant vers Harm. « Je ne comprends pas… » dit elle.
Harm haussa les épaules en désespoir de cause.

Finalement, Mac lutta pour récupérer une sorte de contrôle d’elle-même. Elle referma la bouche, s’humidifiant les lèvres en traversant le bureau, et tendit la main vers l’autre femme.

« Bonjour, Diane. Harm m’a beaucoup parlé de vous. »

Diane fixait sa main comme si elle pouvait soudain se transformer en serpent. Le moment s’éternisa jusqu’à que Diane avec hésitation tende la main. Mac eut une pensée étrange – se demandant si elle et Diane n’allaient pas spontanément se consumer quand elles se toucheraient, comme si toutes les deux ne pouvaient exister dans le même univers. Elle secoua la main nerveusement, résistant à l’envie de la retirer aussitôt. Alors la main de Diane se referma sur la sienne, une peau douce et un toucher moite. Sa poignée de main était légère et féminine.

Elles se séparèrent rapidement, se dévisageant encore, bien que Mac ait senti distinctement que Diane était encore plus complètement ébranlée qu’elle. Mais après tout Diane n’avait pas été prévenue.

Alors seulement Mac se rappela du troisième membre de leur trio bizarre. Sa tête se centra d’un mouvement brusque sur le visage de son partenaire.

« Harm ? » Elle n’avait pas besoin de dire plus que son nom pour se rendre compte de l’intensité de son désarroi. Après toutes ces années, et après toute la douleur que la mort de Diane lui a causé…

Ses yeux toujours changeants, au bureau habituellement d’un bleu reflétant l’uniforme de la Navy, s’étaient assombris pour virer vers le gris. Il resta une minute à secouer la tête, son regard l’implorant de laisser tomber, tout du moins pour le moment.

Incapable de décrocher son regard de lui, elle fit un geste vers la porte fermée dans son dos. « Je devrais – je ferais probablement mieux de partir maintenant. Harm, n’oubliez pas que nous avons rendez-vous avec le Chef Principal Zone pour examiner son appel à 16h. » C’était dans 2h environ, mais elle avait besoin de quelque chose ………d’officiel à dire.

Il hocha de nouveau la tête et esquissa un rapide et léger sourire qui ne remonta pas jusqu’à ses yeux. « J’y serai. »

« C’est parfait, alors. » Elle afficha une attitude plaisante envers Diane, ne sachant quoi dire d’autre, et elle sortit.

La porte se referma, et Diane releva les yeux vers Harm, son visage reflétant la même impression de choc que celle qu’elle avait vue sur les traits d’Harm quelques minutes auparavant. « Est-ce que j’ai rêvé, ou est ce réellement arrivé ? » demanda t’elle finalement.

« Imagine ce que j’ai ressenti la première fois que je l’ai rencontrée. Tu étais morte depuis peut être six mois, et pendant des semaines j’ai dû y regarder à deux fois chaque fois qu’elle rentrait dans la pièce. »

Apparemment, tu as pris le dessus faillit elle dire, notant la familiarité que les deux officiers avaient partagée même pendant ce bref et pénible échange. Mais rapidement le sens commun prévalut, et à la place elle demanda « Vous êtes collègues depuis ce moment là ? »

Il acquiesça, le visage neutre. « Et proches amis. »

« Puis-je me permettre de demander proches à quel point ? »

Son ton devint coupant. « Je ne sais pas si nous sommes pour l’instant dans un lieu où j’ai envie de parler de ça. »

Une lueur de douleur traversa son regard, mais à son crédit elle ne se vexa pas. « Je comprends. Je demandais seulement parce que la raison première qui m’a amenée ici c’est que je vais avoir besoin d’une assistance légale pour remettre ma vie en ordre et j’avais espéré que tu m’aiderais. Cela va prendre un moment pour expliquer toute l’histoire, aussi si tu as l’intention de changer d’avis et de lui passer le relais, je pensais que cela pourrait être aussi bien de vous raconter ça à tous les deux en une seule fois. Peut être qu’elle sera d’accord pour m’aider elle aussi. »

« Je ne peux pas parler pour elle, Di. » Le surnom était sorti presque inconsciemment, et cela amena une pointe de mélancolie sur ses lèvres. « Je demanderai, mais aucun de nous d’eux ne pourra y consacrer vraiment beaucoup d’heures pendant le service. A moins que d’une certaine manière tu fasses encore partie de la Navy. »

« Non et c’est pourquoi j’ai besoin d’aide. »

« Alors cela devra attendre jusqu’à ce soir. As-tu, heu, as-tu trouvé un endroit pour habiter ? » Cela ne lui semblait pas une bonne formule, mais qu’est on censé dire précisément à une personne qui est revenue récemment d’outre-tombe ?

« J’ai de l’argent. J’ai réservé une chambre d’hôtel et loué une voiture pour le temps qu’il faudra. »

« Alors viens chez moi ce soir à 19h. »

« Tu es toujours sur Colombus Avenue ? »

Il secoua la tête. « J’ai déménagé il y a quelques années déjà. Un joli appartement, mais le quartier n’est pas terrible. » Il écrivit son adresse sur le dos d’une carte de visite. « Je vais demander à Mac de venir aussi, et nous pourrons commencer à y voir plus clair. »

« Merci » le soulagement était évident dans sa voix. Elle tendit la main pour récupérer sa carte, et il s’obligea à ne pas réagir quand leurs doigts se frôlèrent.

Soudain une pensée traversa son esprit. « As-tu déjà été chez toi ? »

Elle hésita, voyant ce qu’il voulait dire. « Non pas encore. Je pense que j’espérais que peut être tu pourrais appeler mon père – tu vois, pour le préparer un petit peu. »

Les mots qu’elle avait employés n’avaient pas échappé à son attention. « Alors tu sais ? »

Elle soupira. « Ils ne me l’ont dit qu’une ou deux semaines après que ce soit arrivé, mais oui, je suis au courant. Ils m’ont envoyé la rubrique nécrologique qui disait qu’elle était enterrée à coté de sa fille. » Elle secoua sa tête tristement. « La vie est si bizarre parfois. »

Harm voulait lui dire qu’il avait parlé à Michael Schonke aux funérailles d’Ellen, et qu’il avait vu un homme complètement dévasté par la perte subie, d’abord de sa fille, puis de sa femme. Il voulait lui dire qu’elle était responsable de toute la douleur que son père éprouvait, toute la douleur que lui-même éprouvait. Mais cela ne résoudrait rien, et il suspectait qu’elle le savait déjà bien assez. Aussi il ne dit rien.

Récupérant sa carte avec reconnaissance, Diane se dirigea vers la porte. Impulsivement, il la rappela. « Diane, c’est qui ‘ils’ ? Et pendant que j’y suis, comment es tu entrée ici exactement? »

En réponse, elle chercha dans son sac et lui tendit deux cartes d’identités. « Tiens, regarde toi même. Je crois que je n’en aurai plus besoin à présent. »

Elle disparut à travers l’embrasure de la porte, et il regarda les cartes. L’une venait d’une société nommée Reliant Technologies. La seconde portait le logo de l’Agence Nationale de Sécurité. Les deux étaient au nom de Alison Marie Markham, et les deux portaient une photo de Diane.

Secouant la tête, il la suivit sur le plateau. Pour contrôler les dégâts, se dit il à lui-même. L’équipe avait été témoin de suffisamment de choses pour mettre sur les rails un wagon de commérages. Ce serait probablement mieux de présenter Diane à quelques personnes avant qu’elle parte. Et de cette façon, une petite voix au fond de son esprit lui disait qu’il aurait ainsi de multiples témoignages de sa réelle présence ici.

Bud était debout à l’angle du bureau de sa femme, semblant remarquablement occupé avec le dossier qu’il tenait à la sa main. Harm rattrapa Diane et gentiment lui saisit le coude pour l’amener dans cette direction.

« Viens que je te présente à quelque uns de mes amis, Di. »

Ensemble Bud et Harriet levèrent les yeux à leur approche. Harriet étudia Diane avec une franche curiosité, puis doucement secoua sa tête.

« Trésor, je suis désolée de ne pas t’avoir cru » dit elle à son mari.

Bud haussa les épaules. « C’est bon, Harriet. C’est une de ces choses trop incroyables pour être vraies qui arrivent parfois. »

Diane jeta un coup d’œil vers Harm, de nombreuses pensées se bousculant derrière ses yeux. Elle semblait prendre la mesure de l’étrangeté de la situation maintenant qu’elle avait rencontré Mac. L’image de Diane et Mac se serrant la main l’une l’autre avec la même expression de choc – ce n’était pas quelque chose qu’il pourrait facilement oublier. Pendant des années il avait essayé de se dire que la troublante ressemblance était plus dans son esprit qu’autre chose, mais les voir ensemble avait ruiné cette espoir.

Il repoussa ses réflexions au fond de son esprit. « Diane tu connais le Lieutenant Roberts. Il est venu travailler pour nous après avoir terminé sa période sur le Seahawk. » Tous deux échangèrent signes de tête et sourires.

« Et voici sa femme, le Lieutenant Harriet Sims. »

Harriet tendit la main avec un sourire éclatant. « Ravie de vous rencontrez, Madame » dit elle.

« Moi de même » Diane lui retourna un sourire à la hauteur du sien. C’était de loin une expression plus ouverte que celle de Mac rencontrant quelqu’un de nouveau.

« Colonel Mackenzie, je ne me souviens pas vous avoir donné un jour de congé. »

Les quatre personnes étaient si engagées dans leur conversation qu’aucune d’entre elles n’avait remarqué l’arrivée de l’amiral. Il se tenait à quelques pas derrière Diane, les mains croisés dans son dos, son attitude incertaine.

Tous les quatre se tournèrent pour faire face à Chegwidden.

« Heu, Monsieur… » commença Harm.

« Monsieur, ce n’est pas… » dit Bud en même temps.

Diane avança vers lui, sa douce voix interrompant les deux leurs. « Monsieur, je ne suis pas le colonel Mackenzie » dit elle à l’amiral.

Chegwidden cligna des yeux à ces mots. Puis il tourna la tête vers le bureau de Mac. Harm sut le moment exact où il aperçut le colonel à travers les stores. Il se retourna, fixant Diane d’un regard sévère.

« Alors qui êtes vous donc Madame… ? »

« Schonke, Monsieur. Diane Schonke. J’ai été lieutenant dans la Navy, mais……..plus maintenant. »

Il était difficile de lire sur le visage de Chegwidden. « Qu’est il arrivé ? »

« Je suis morte, Monsieur. »

Il l’observa pendant un long moment. « Vous n’avez manifestement pas fait un bon boulot à ce que je vois. »

Un pas derrière elle, Harm faillit s’étrangler.

« Heu, non, Monsieur.. » Diane commençait à se sentir extrêmement gênée. « C’est une longue histoire, Monsieur. »

Harm décida qu’il ferait mieux d’intervenir avant que la situation n’empire. « Diane était à l’Académie avec Sturgis et moi, Amiral. »

La tête de Diane pivota avec surprise. « Sturgis est ici ? Je pensais…. »

Il haussa légèrement les épaules. « Le temps a passé. Les choses ont changé. »

Pendant ce temps, Chegwidden s’était tourné avec une expression pas vraiment contente vers son avocat principal. Harm réussit à ne pas pâlir.

« Maintenant que j’y repense, il me semble me rappeler que vous enquêtiez sur le meurtre du Lieutenant Schonke, Capitaine. »

Harm acquiesça la gorge sèche. « Oui, Monsieur. » Bien qu’Holbart ait rencontré son destin en tombant du quai, l’amiral était un homme suffisamment perspicace pour immédiatement réaliser la vérité ; qu’Harm avait vraiment eu l’intention de tuer cet homme lui-même. C’était quelque chose qu’Harm était honteux d’admettre, et il suspectait que l’amiral avait considéré cela comme un mauvais point de son caractère, si ce n’est dans son dossier.

L’amiral se mordilla les lèvres pendant un moment puis s’éloigna. Presque immédiatement il revint sur ses pas, comme si une pensée venait juste de le traverser.

« La CIA n’a rien à voir avec ça, n’est ce pas ? » demanda t’il à Diane.

Elle lui adressa un regard étrange, mais personne ne pouvait interroger un amiral. « Non, Monsieur. »

« Apparemment, c’était la NSA » ajouta Harm.

Chegwidden hocha la tête, semblant juste à peine désappointé. « Bien, je suppose qu’il faut bien qu’il y ait des choses dont l’agent Webb n’est pas responsable. »

Sur ce commentaire sibyllin il pivota sur ses talons et regagna son bureau. Diane adressa à Harm un regard interrogateur. Il secoua juste la tête.

« Ne pose pas de questions. »

Chapitre 4

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