Whats’ past is prologue

Chapitre 4

Dans le sanctuaire de son bureau, Mac était effondrée sur sa chaise, secouée jusqu’au fond de son âme. Elle se rappelait bien le frisson qui l’avait parcourue quand elle était tombée sur cette photo cinq ans plus tôt, une image copie conforme d’elle-même dans un uniforme de l’Académie Navale. En fait voir cette femme en chair et en os, croiser un regard inconnu qui venait de son propre visage ……le mot ‘perturbant’ semblait terriblement inadéquat, mais c’était tout ce qu’elle avait.

Tu exagères, nota la partie quelque peu rationnelle de son cerveau. Vous n’êtes pas identiques. C’est juste une similitude extrêmement sinistre…….et qui l’est encore plus du fait qu’elle est supposée être sacrément morte !

Elle pouvait encore sentir le coup de poignard d’angoisse qui la meurtrissait chaque fois que son partenaire lui donnait un regard destiné à quelqu’un d’autre. Cela s’était estompé avec le temps, mais maintenant il lui semblait que ce supplice allait bientôt devenir un état permanent.

Et si elle n’arrivait pas à démêler tout ça efficacement, qu’est ce que cela devait être pour Harm ?

Il y eut un léger coup à sa porte, et l’objet de ses tourments passa la tête à travers le chambranle, le regard perdu. « Puis-je entrer, ou vous voulez… »

« Non, entrez s’il vous plait. »

Harm referma la porte derrière lui et resta debout devant son bureau. « Vous allez bien ? »

Dans le cas présent, la bonne réponse n’était pas la vérité. « Bien sûr » dit elle, retrouvant une attitude calme. « Et pour vous, comment ça se passe ? »

La détresse qui traversa son visage l’inquiéta davantage. « Je ne sais pas. »

Mac se leva et contourna son bureau pour s’asseoir sur un coin afin d’être plus près de lui. « Harm, vous avez vu son corps. N’est ce pas ? Je veux dire, et si j’avais encore une autre jumelle quelque part…. »

« C’était elle. » La ton calme mais véhément de sa réponse parvint à la convaincre de ne pas poser d’autre question. « Je pense que je suis furieux, et j’essaye de ne pas l’être, mais…. En fait je ne sais pas. » Il lui tendit le badge de Diane de la NSA pour qu’elle l’examine. « Elle dit qu’elle a besoin d’une aide légale, et c’est ce qu’elle va nous expliquer à tous. Je lui ai dit de venir chez moi à 19h. »

Mac essaya sans succès de lire son expression. « Nous ? »

« Si vous êtes d’accord. Je sais que cela sera extrêmement bizarre pour vous. Je devrais probablement informer Sturgis, je vais aussi lui demander de venir, si ça peut aider. »

Cela ne l’aidait pas vraiment, parce qu’elle savait que les trois camarades d’université pourraient facilement cultiver leur nostalgie et qu’elle serait tenue à l’écart. Mais ce n’était pas le problème. « Je suis d’accord si vous voulez de moi » dit elle avec prudence.

En entendant cela, Harm sourit presque. « Je veux que vous soyez là » dit il doucement. « Vous avez toujours été bonne pour remettre en place ma santé mentale quand je l’égare. »

En dépit du surréel de la situation, Mac fut réconfortée par ce commentaire, et lui adressa un sourire amusé. « Vous réalisez à quel point j’étais proche de vous étrangler un petit peu plus tôt, n’est ce pas ? »

Il grimaça. « Je sais. Nous avons une conversation à finir. »

« Cela peut attendre. Au moins jusqu’à que vous récupériez du choc de toute cette histoire. »

« Cela pourrait prendre du temps » marmonna t’il à moitié pour lui-même. Et brusquement il mit de l’ordre dans sa tenue, comme pour s’armer de confiance. « Quoiqu’il en soit, nous avons une réunion, n’est ce pas ? »

« Oui. Je vous retrouve dans la salle de conférence. »

« Nous allons nous sortir de tout cela, Mac. Je ne sais pas trop comment, mais quand tout sera dit et fait, tout ceci prendra un sens, et les choses iront bien. »

Elle sourit bravement. « Je sais. »

Ce n’était pas la vérité là non plus.

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Harm faisait les cent pas dans son appartement, s’essuyant de temps en temps les paumes des mains sur le tissu rêche de son jeans, quand le premier coup de sonnette retentit. Il tournoya, crispant ses poings et il dut faire un effort pour ouvrir les mains pendant qu’il s’avançait vers la porte. Il prit la poignée, puis marqua une pause.

Il est temps de mettre ton masque de joueur, Hammer, se dit il à lui-même. Tournant la poignée il ouvrit la porte. Sturgis était dans l’entrée, sa veste mise en boule maladroitement entre ses mains.

Harm ne put retenir un soupir de soulagement.

Sturgis décocha un sourire. « J’ai pensé que tu ne voudrais pas être seul pour l’instant avec aucune de ces dames. »

Harm se demanda comment il était supposé prendre ce commentaire, puis il décida de laisser tomber. La dernière chose dont il avait besoin en ce moment était d’essayer d’anticiper tout ce qui était dans la tête d’un brave camarade comme Sturgis.

« Merci. » Il se recula pour permettre à Sturgis d’entrer, puis retourna vers la cuisine. « Veux tu boire quelque chose ? »

« Ca va, merci. » Sturgis déambulait dans la pièce pendant qu’Harm s’installait derrière le plan de travail de sa cuisine. Il avait une grande marmite sur le gaz.

« Qu’est ce que tu cuisines ? » demanda Sturgis.

Harm jeta un coup d’œil vers le faitout fermé. « Une soupe de légumes. »

« Je n’avais pas réalisé que c’était un dîner. »

« Ca ne l’est pas. La soupe ne sera prête que dans plusieurs heures. J’avais juste …..besoin de couper quelque chose. » Harm haussa les épaules gêné d’admettre ça.

Sturgis rigola et appuya ses coudes sur le comptoir. « Une thérapie par le massacre de légumes ? »

Harm fut pris d’un bref fou rire. « Quelque chose comme ça. »

Ils laissèrent le silence s’installer. Sturgis regardait avec un intérêt réel ou feint, Harm qui soulevait le couvercle de la marmite pour un rapide coup d’œil, puis faisait tranquillement le nettoyage avec un torchon.

« Est-ce que Diane et toi avez fini par sortir ensemble ? » demanda soudain Sturgis.

Harm se tourna, l’estomac en boule à ces souvenirs.

Son vieux copain le regardait avec sympathie. « Je sais que tous les deux vous étiez seulement amis à l’Académie, mais j’ai entendu des rumeurs après ça.. » Il haussa les épaules. « Nos routes à tous les deux ne se sont plus croisées pendant un moment et puis ….. et bien, les funérailles de Diane ne me semblaient pas le meilleur endroit pour satisfaire ma curiosité. »

Harm s’arc-bouta contre le comptoir comme la blessure remontait à la surface.

« Diane a pris une permission……après mon crash. » Il fixait le dessus du comptoir, le regard voilé par ses souvenirs. « Elle est juste ….. apparue un jour, avec une valise à la main et une bouteille de champagne dans l’autre, et elle a dit qu’elle venait pour me dérider. »

« Du champagne ? » Il pouvait entendre la note de curiosité dans la voix de Sturgis.

Harm hocha la tête. « Pour célébrer mon triomphant retour dans les airs, elle a dit. » Sa voix marqua une seconde d’arrêt sur la dernière syllabe. Il agrippa le bord du comptoir de façon à occuper ses doigts. « Jusque là, il ne m’était même pas venu à l’esprit que je pourrais remonter dans un avion – n’importe quel avion. Diane considérait que cela ne faisait aucun doute. » Il se redressa brusquement. « Elle était juste comme ça. En moins de cinq secondes, elle a chamboulé tout mon univers, Sturgis. »

« Il me semble que tout ce qu’elle a fait, c’était le remettre dans la bonne direction. »

Harm se passa la main dans les cheveux, sentant les poils rasés court à l’arrière de sa nuque. Mac avait un faible pour de ses cheveux fraîchement coupés. Chaque fois qu’elle le pouvait, elle passait le bout des doigts à travers ses cheveux courts et lui adressait un sourire malicieux. C’était une de ses expressions favorites.

Secouant la tête, Harm se força à réorienter ses pensées. Il était terrifié à l’idée qu’il pourrait parfois confondre Mac et Diane. « Elle l’a fait. Je ne suis pas sûr que j’aurais réussi mon passage à la commission d’évaluation ou ma rééducation sans elle. » Il fit une pause comme les souvenirs le submergeaient. « A ce moment là, nous avons cessés d’être juste amis…..mais ce ne fut jamais officiel. »

Sturgis le regarda pendant un moment. « Officiel comme …. ? »

Harm eut le regard lointain. « Exclusif » Il fit un geste vague de la main. « J’étais ici à Washington, elle était à San Diego ou en déploiement. Nous ne nous retrouvions jamais autant qu’on le voulait, mais quand nous le faisions… » Il détourna les yeux. « Je pense que nous étions trop jeunes et trop stupides pour réaliser ce que nous avions au moment où nous l’avions. Et puis un jour…. » Il fit claquer ses doigts. « Elle est partie juste comme ça. »

Pendant un moment, l’océan d’angoisses qui vivait perpétuellement dans un coin du cerveau de Harm menaça de se réveiller et de l’étouffer, mais il lutta pour le repousser. Il n’était pas sûr du temps que cela lui avait pris, mais quand finalement il redevint lui-même il découvrit Sturgis le dévisageant, l’air profondément triste.

Il n’eut pourtant pas le temps de lui poser de questions, car à cet instnatun autre coup de sonnette retentit à la porte. Le visage de Sturgis s’éclaira immédiatement comme il se tournait vers le bruit. « Tu veux que j’y aille ? » demanda t’il.

« Ouais, si tu veux. » Harm adressa à son ami un regard de gratitude.

« Tu veux deviner qui ça peut être ? » dit Sturgis avec légèreté comme il se dirigeait vers la porte.

Harm regarda sa montre, laquelle affichait 19h précise. « C’est Mac. »

Sturgis ouvrit la porte. Mac leva une main qu’elle agita en guise de salut, un sourire forcé apparaissant et disparaissant en un clin d’œil. « Salut, Sturgis. » Elle était habillée d’un pantalon couleur chocolat et d’un tricot rouge foncé avec un large décolleté. Une fine chaîne en or ornait sa gorge. Depuis la cuisine, Harm la regardait, remué comme toujours par son inconsciente beauté.

Sturgis s’écarta pour faire entrer Mac, sa chaude voix basse remplissant le silence gênant. Ils se dirigèrent vers les tabourets de bar le long du comptoir. Mac jeta sa veste sur le dossier de sa chaise habituelle et laissa tomber son sac dessus. Harm posa une bouteille d’eau en face d’elle. Leurs yeux se croisèrent au dessus du comptoir, et quelque chose se dénoua au plus profond d’Harm sans qu’il l’ait voulu.

« Hé, Mac. » Il lui sourit d’un vrai sourire, heureux de la voir quelques soient les circonstances.

Elle saisit la bouteille d’eau, l’ouvrit et but. « Salut vous-même. » Son bref sourire était à la fois timide et chaleureux.

Un coup à la porte interrompit leur complicité.

« J’y vais » dit Sturgis rapidement. Il trotta consciencieusement vers la porte. Harm l’entendit accueillir Diane, ainsi que sa réponse manquant d’entrain. De l’autre coté du comptoir, Mac se tourna pour regarder, les coudes appuyés contre le bord.

Sturgis recula, permettant à Diane d’entrer. Harm cligna des yeux de surprise. Diane portait un jeans, mais son pull-over à col roulé était du même rouge foncé que celui de Mac.

Mac se redressa brusquement comme Diane pénétrait dans la pièce. Les deux femmes se fixaient l’une l’autre. Puis Diane leva une main pour agiter un doigt en direction de Mac.

« Vous savez, je ne devrais pas être surprise. Le rouge est ma couleur préférée. »

Mac la dévisageait, sa bouche s’ouvrant sans émettre le moindre son.

Diane se pinça les lèvres, le rouge montant à ses joues. « Heu ….ouais. Ecoutez, Colonel… »

« Vous pouvez m’appeler Mac. » Derrière elle, Harm ne pouvait pas lire l’expression de Mac, mais il pouvait voir la tension sur ses épaules.

Diane acquiesça. « D’accord. Mac. Ca va vous sembler étrange, mais est ce que voulez bien qu’on trouve un miroir quelque part ? Je pense que j’ai besoin de nous voir cote à cote avant que cela me rende dingue. »

A la surprise d’Harm, Mac hocha la tête. « Moi aussi. » Elle fit un geste à Diane. « Suivez moi, il y en a unpar ici. » Les deux hommes les regardèrent amusés pendant que Mac montrait le chemin vers la chambre d’Harm.

Quand elles furent parties, Sturgis tourna son regard vers Harm avec une expression feignant l’horreur.

« Quoi ? » demanda Harm.

« J’espère que tu n’as pas de fantasmes secrets à propos de jumelles. »

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Cote à cote, les deux femmes se regardaient dans le miroir de la salle de bain.

« Mes cheveux sont un peu plus foncés » dit Diane après un moment. Mac se demanda si le soulagement qu’elle entendait dans sa voix était réel ou si c’était juste sa propre projection. Elle avait aussi choisi de ne pas mentionner qu’elle avait fait un rinçage à ses cheveux.

« Je suis un peu plus grande » ajouta Mac.

Diane regarda vers le sol. « Non, je pense que c’est juste les chaussures. »

Mac suivit son regard et approuva. Diane portait des baskets alors qu’elle au contraire avait des bottes. « Vous mesurez 1m75 ? »

« Oui. »

« Moi aussi. »

Elles regardèrent fixement leurs images dans le miroir. Diane cligna la première.

« Je n’arrête pas de me dire que l’étrangeté de la situation finira par s’estomper, vous savez ? » Elle adressa à Mac un regard contrit.

Mac soupira. « Je pense que nous devrons juste en prendre l’habitude. » Elle marqua une pause, puis se força à poursuivre. « Avant, je me coiffais comme ça. » Elle indiqua les cheveux mi longs coupés au carré qui frôlaient les épaules de Diane.

Diane tourna les yeux vers elle. « Pourquoi est ce que vous avez changé ? »

« A cause d’Harm » laissa t’elle échapper, puis elle secoua la tête. « Non. Il ne m’a pas demandé de changer. » Elle ne pouvait pas rencontrer les yeux de l’autre femme. « Il était juste …. Je ne savais jamais qui il voyait quand il me regardait. Et puis j’ai vu une photo de vous, j’ai compris pourquoi. »

Diane la regarda pendant de longues minutes, mordillant inconsciemment sa lèvre inférieure. « Puis-je…… Puis-je vous demander quelque chose avant que nous retournions là-bas ? C’est à propos d’Harm . » ajouta t’elle rapidement.

L’estomac de Mac se noua. « D’accord. »

« Est il ….heureux d’être au JAG ? Je n’ai jamais été sûre. » Elle haussa les épaules mal à l’aise. « Il a toujours dit qu’il aimait les procès, la loi, mais à côté de voler….. » Elle se redressa. « J’ai vu qu’il portait à nouveau ses ailes. Il avait juré qu’il ne le ferait pas, mais j’ai toujours cru… que peut être… »

Mac la regarda, réalisant en cet instant pour la première fois tout ce que Diane avait manqué. Et pour la première fois depuis leur rencontre bizarre, elle sentit un rayon d’espoir.

Elle se rendit compte qu’elle souriait. « Oui, je crois qu’il est là où il veut être. » Après tout, il était bien revenu au JAG.

Comme si sa réponse avait soulevé un poids des épaules de Diane, l’autre femme hocha la tête et la retourna vers le miroir. Le regard de Mac la suivit et une fois de plus elles étudièrent leurs … trop…similaires apparences.

« Vous n’avez pas été adoptée par hasard, n’est ce pas ? » balança Diane la tête de coté, d’un air interrogatif.

« Non, et vous ? » dit Mac avec un petit grognement.

« Non » Diane lâcha un soupir. « Ca valait le coup d’essayer, je pense. »

Chapitre 5

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