Whats’ past is prologue

Chapitre 5

Harm se leva d’un bond du canapé quand Diane et Mac revinrent dans la pièce. Il s’était obligé à s’asseoir de façon à ne pas faire les cent pas dans l’appartement, mais il avait seulement réussi à contenir toute sa tension nerveuse et il était monté sur ressort.

« Alors » commença t’il avec une légèreté qui était clairement et douloureusement fausse. « Avez-vous trouvé quelques différences, ou allons nous devoir vous coller une étiquette ? »

Mac leva un sourcil. « Et bien, puisque aucun de vous ne sait où se trouve mon tatouage…. »

Sturgis s’éclaircit la gorge. « Peut être que nous pourrions vous nommer chose 1 et chose 2, comme dans les livres du Dr Seuss. »

« Je préfèrerais ne pas avoir à répondre ‘moi, c’est Sam’ » répliqua promptement Diane, suscitant un petit rire de la part des autres. Rapidement, toutefois, le silence retomba dans la pièce et Diane prit une profonde inspiration. « Ok, chercher à gagner du temps ce n’est pas cela qui rendra les choses plus faciles, aussi je vais me lancer. Vous feriez mieux de vous mettre à l’aise. »

Mac attendit de voir où Harm allait s’asseoir avant de choisir son propre siège. Une partie d’elle voulait s’asseoir le plus près possible de lui, pour marquer clairement son territoire, mais justement elle n’était pas très sûre de savoir jusqu’où s’étendait son territoire actuellement. Il prit le fauteuil, ne lui laissant comme autre choix que de partager le canapé avec Sturgis. Au lieu de prendre la chaise de bureau, Diane s’assit par terre, croisant ses jambes sous elle.

« Laissez moi commencer avec ce que vous connaissez déjà. La nuit où j’ai été abattue, j’ai débarqué pour déposer une plainte contre le Capitaine Holbarth pour refus de faire suivre mon accusation de harcèlement. Mais ce n’était pas ma seule raison pour quitter le navire. J’avais aussi rendez-vous avec un agent de la NSA, pour discuter d’une proposition qu’il m’avait récemment offerte. Ils avaient besoin de quelqu’un avec mes compétences en cryptologie pour une mission de longue durée en Asie du sud-est, et ils m’avaient contactée environ un mois avant la fin de la croisière du Seahawk. »

Elle avait à peine commencé cette confession que déjà Harm était piqué au vif. Sentant sa réaction, Diane se dépêcha de continuer. « Je n’avais pas l’intention de te le cacher, Harm. Cela aurait été le premier sujet de discussion du week-end, sans tenir compte de la sensibilité de l’information. Et honnêtement, je n’avais pas complètement décidé si j’allais prendre le job. Jusqu’à ce qu’Holbarth intervienne et prenne la décision pour moi. »

« Il t’a réellement tiré dessus » dit Sturgis pour être clair. Diane hocha la tête, les yeux froids et ses doigts touchèrent une zone juste sous sa clavicule.

« Si mon pull était un peu plus comme celui de Mac, je vous aurais montré la cicatrice. Il a dû me suivre jusqu’à ma voiture … Je ne me rappelle pas beaucoup. Je n’avais même pas su que c’était lui jusqu’à que je vois mon dossier deux ans plus tard. » Elle donna un coup d’œil en direction d’Harm, voulant le questionner à ce sujet, mais son regard dur lui dit que ce n’était pas le moment. « Mais juste après que ce soit arrivé, mon contact au NSA est arrivé sur place, et il a appelé l’équipe médicale de l’agence qui a évité que je saigne à mort. L’agent en poste a dû prendre une décision rapide, et il a décidé que l’opportunité de ficeler une sorte de fin était trop bonne pour la laisser passer. Ainsi ils m’ont stabilisée, abaissant mon rythme cardiaque suffisamment pour tromper la personne qui me trouverait….»

« Ce devait être Bud Roberts » interrompit Mac. Les yeux de Diane s’écarquillèrent, mais elle continua.

« …….. et ils changèrent leur ambulance pour un fourgon de la morgue, et ainsi de suite. Il y avait des agents tout autour de la zone, prétendant être du personnel médical ou des enquêteurs du NCIS, ainsi ils étaient aux alentours à roder pour empêcher les vrais enquêteurs de regarder de trop prés. »

« Je n’ai pas regardé de trop prés moi non plus » dit Harm la voix basse, ne regardant personne. « A peine cinq secondes après t’avoir vue, j’étais déjà au bord du quai à vomir. »

« Ils ne m’ont jamais dit que tu étais là » déclara Diane, la sympathie et les remords faisant momentanément trembler sa voix. « Ils ont juste présenté un faux rapport d’autopsie et ils m’ont fait disparaître. Je me suis réveillée dans un hôpital de l’agence deux jours plus tard, et ils m’ont donné le choix. Soit je pouvais retourner vers la vie que j’avais, où je n’étais pas sûre de mon avenir et où quelqu’un apparemment cherchait à me tuer ….. soit je pouvais accepter une mission qui permettrait un grand pas en avant dans une zone critique pour nos réseaux de renseignements. Puisque les dégâts auprès de tous ceux pour qui je comptais étaient faits, et puisque ces personnes avaient sauvé ma vie, j’ai accepté de faire la mission. »

« Alors vous avez été en Asie pendant ces dernières années ? » demanda Mac, essayant de se concentrer sur la mécanique de la situation plutôt que sur les émotions.

Diane acquiesça à nouveau. « A Taiwan, je travaillais pour une compagnie ayant pignon sur rue appelée Reliant Technologies. Nous négociions des informations technologiques et le support de systèmes en réseaux. Nombre de nos clients étaient des sous-traitants à la défense qui faisaient des affaires avec les militaires chinois. Nous pénétrions dans leurs data bases chaque fois que c’était possible en toute sécurité, avec comme résultat d’avoir une image beaucoup plus claire des capacités de la Chine en terme d’armes de développement. C’était une opération extrêmement bien menée. J’étais fière de prendre part à cela. »

« Alors pourquoi es tu revenue ? » demanda Harm de façon brutale, levant les yeux vers elle pour la première fois.

« Nous fonctionnons tous sous une fausse identité vingt quatre heures sur vingt quatre depuis des années. Tu ne peux pas faire ça aussi longtemps sans devoir parfois repousser les limites de ta couverture. » Elle soupira. « Dans mon cas, il y avait un homme. Plus exactement, c’était un homme d’affaires américain qui était assez brillant et qui n’acceptait pas qu’on lui dise non. Je ne pouvais pas avertir la police à son sujet sans attirer davantage l’attention sur moi. Aussi j’ai prévenu notre directeur de la situation, et en fait il a décidé que j’étais allée aussi loin que je pouvais sans mettre en péril l’ensemble de la mission. Je pouvais rester au NSA, mais je voulais retrouver ma vie d’avant, aussi j’ai démissionné. »

« Et tu veux rejoindre la Navy ? » demanda Sturgis.

« Et bien, pour être honnête, je ne sais pas si je vais vraiment avoir à la ‘rejoindre’. Officiellement je n’ai jamais été détachée du service. »

Harm balança rageur. « Ton père a un drapeau plié en sa possession. C’est tout ce qu’il y a de plus officiel comme départ. »

Ensemble Mac et Sturgis lui jettèrent un regard réprobateur, décontenancés par l’amertume dans la voix de leur ami. Diane le perçut aussi, quoiqu’elle répliqua sans autre commentaire. « Le Département de la Défense n’est pas très à l’aise avec les demandes de changement de statut des membres du service. Je m’en rends compte. J’ai aussi réalisé que même si je réussis, je reviendrai avec un rang d’officier subalterne, et je me retrouverai probablement sous les ordres d’officiers supérieurs qui seront plus jeunes que moi. Mais je désire encore servir. C’est la vie que j’ai choisie et où j’ai même trouvé une sorte de refuge. Je veux retourner en mer, spécialement maintenant, dans ce monde si incertain. Je ne peux pas imaginer que la Navy serait obtuse au point de refuser une cryptologue qualifiée juste parce qu’ils ont déjà joué l’hymne de la Navy à mes funérailles. »

« Ne les sous-estimez pas trop » dit Mac sèchement. « Non, je suis sûre que nous pouvons faire des recherches pour voir s’ilest possible de changer votre statut. Mais vous ne pourriez pas obtenir de l’aide auprès de vos anciens supérieurs de la NSA? »

« J’aimerais bien. Mais pour me recruter de la façon dont ils ont procédé, mon chef a aussi détourné quelques règles propres à la NSA. Officiellement, aucune personne nommée Diane Schonke n’a jamais travaillé pour l’Agence Nationale de Sécurité. Depuis le moment où j’ai quitté l’hôpital il y a six ans, je suis devenue Alison Markham. Avoir ne serait ce que deux personnes au courant de mon identité réelle au Pentagone, c’aurait été trop risqué selon leurs. Si quelqu’un sort de l’ombre our révéler qu grand jour auprès du Département de la Défense qu’une supercherie d’une telle importance a été perpétrée à l’encontre de la Navy, ce sera l’escalade et toutes les habituelles escarmouches inter agences se transformeront en guerre généralisée, et c’est la dernière chose dont nous avons besoin en ce moment. C’est pourquoi le peu d’aide que je peux avoir de l’Agence restera très discrète. Vous voyez, c’est pourquoi j’ai besoin de vous……. Tout du moins, pour ceux de vous qui le désirent. J’ai besoin me faufiler par des voies aussi détournées que possible pour éviter une confrontation publique. »

« Cela ne va pas être facile » prévint Sturgis. « Nous connaissons tous des personnes qui peuvent agir, mais elles ne pourront pas le faire sans une quelconque confirmation de ton histoire. Si tu vas voir la Navy avec aucune autre preuve que ta carte d’identité, la première chose qu’ils vont probablement faire est de t’accuser de désertion »

« C’est le pire des scénarios » ajouta Mac, plissant le front . « Vous étiez en poste sur le Seahawk à l’époque de votre … disparition, et votre unité combattante venait juste de revenir de Bosnie où elle avait soutenu l’opération Force Délibérée. Si les autorités compétentes voulaient vraiment être désagréables, elles pourraient essayer de vous coller une désertion en temps de guerre. »

Diane pâlit. « Vous ne pensez pas vraiment …… »

« Seulement si la NSA te laisse complètement tomber, et même comme ça ce n’est pas très probable » lui assura Sturgis. « Mais nous devons nous y préparer. Nous avons tous travaillé dernièrement sur le cas d’un Marine juif accusé de désertion, et ces deux là avaient argumenté qu’il n’avait pas déserté pour éviter d’être envoyé sur une mission dangereuse. Je pense que cela s’applique ici. »

« Et bien, cela n’a pas fait avancer notre cas aussi loin que nous l’aurions voulu, mais passer d’une branche du gouvernement Américain à une autre cela a meilleure apparence que de laisser tomber les Marines en faveur de l’armée Israélienne. » Mac se tourna vers son partenaire. « Et un tentative d’assassinat contre la vie du défendeur est une assez bonne raison comme argument de contrainte, qu’est ce vous en dites ? »

Harm ne répondit pas, et un coup de froid traversa la pièce. Les trois personnes présentes le connaissaient mieux que quiconque sur la planète, et son expression indiquait clairement qu’il n’était pas simplement perdu dans ses pensées. Il savait qu’on lui avait posé une question, et il avait choisi de ne pas répondre pour une bonne raison.

Toujours conciliant, Sturgis choisit de faire face à la montée de tension palpable dans la pièce avec une tentative pour la désamorcer. « Ecoute, Di, aucun de nous n’était à ta place quand c’est arrivé, aussi nous n’allons pas essayer d’émettre un jugement sur tout ce que tu as fait. D’accord mon vieux ? » Comme Harm gardait le silence, Sturgis lui donna un coup de pied pas très discret dans le tibia. « Rabb. Parle ! »

Harm continua à fixer avec un regard de pierre le coin de la table basse. « J’ai toujours appris que si je ne pouvais pas dire quelque chose d’agréable, je ferais mieux de ne rien dire du tout. »

Diane s’était attendue à ce qu’il soit blessé, même furieux. Elle n’attendait pas cette … froideur. « En fait tu t’en fous, c’est ça ? » dit elle avec une certaine incrédulité. « Je réalise combien cela semble atroce, mais je pensais que toi au moins … »

Il eut un rire bref. « Tu n’es pas dans la meilleure position pour discuter de ce que je ressens en ce moment. »

« Tu penses que je n’ai pas reconsidéré cette décision chaque jour depuis les six dernières années ? Je n’ai pas trouvé que j’avais beaucoup de choix ! Quelqu’un a essayé de me tuer, rappelle toi? Tu as vu toi-même ce qu’il m’a fait …. »

« Et maintenant tu vois ce que cela m’a fait. Ce que cela nous a fait même ? »

Elle eut un mouvement de recul à son ton furieux. « As-tu vraiment autant changé ? » murmura t’elle. « Je n’arrive même pas à te reconnaître en ce moment. »

« Naturellement j’ai changé ! J’ai cru perdre tout ce que j’avais, ce jour là, et cela m’a changé, d’accord ? Cela m’a changé en une personne capable de se venger, et crois moi ç’était un grand pas. Seulement maintenant il semblerait que peut être j’avais moins de choses à perdre que je le croyais. »

« Attends une minute ! » dit Diane en sautant sur ses pieds. « Qu’est ce que tu croyais ‘avoir’ ? »

« Je pensais que j’avais quelque chose auquel ça valait le coup de s’accrocher. Quelque chose que je n’aurais pas si facilement effacé pour aller jouer les espions. »

« Es tu en train de banaliser le concept de servir ton pays à cause d’intérêts personnels ? »

« Je ne banalise rien du tout. Je suis parfaitement conscient que 99.9% des citoyens Américains pourraient probablement approuver et louer ton sacrifice. Mais tous ces gens ne te connaissent pas, n’est ce pas ? Tout ce que je suis en train de dire est que tu as choisi ce service par-dessus tous ceux qui t’aimaient. Je sais que je n’ai pas à décider de ce qui est bien ou mal, mais bon sang, alors tu n’as pas à décider de ce que je ressens ! »

Harm se leva brusquement de sa chaise et s’éloigna du groupe.

« Que veux tu de moi ? » demanda Diane avec passion, tremblante. « Suis-je supposée m’excuser de ne pas être morte ? C’est ça ? J’ai foutu en l’air ton autoportrait du héros tragique ou quoi ? »

« Je ne veux pas d’excuse ! » Il pivota vers elle. « Ce que je veux c’est savoir pourquoi j’ai presque tué un homme pour quelque chose qui s’est révélé être un mensonge. »

Une chape de silence recouvrit la pièce. Comme ils se dévisageaient l’un l’autre, au supplice, Sturgis se leva de son siège. « Je pense que nous ferions mieux de partir. » Il secoua doucement la manche de Mac.

Réfrénant une curiosité un peu envahissante et l’inquiétude qu’elle éprouvait pour son partenaire, Mac approuva à regret et le suivit. « Nous en reparlerons » murmura t’elle en direction de Diane, puis elle posa une main sur le bras d’Harm. « Je vous vois demain ? »

« D’accord » Il ne bougea pas cependant, jusqu’à que la porte se soit refermée derrière ses amis.

« Alors, cette discussion sur l’avenir » commença t’il contrôlant davantage sa voix. « Celle que nous étions supposés avoir ce week-end là à Norfolk. Puisque tu pensais accepter ce travail à la NSA, je devine que tu n’allais pas suggérer que nous ayons une relation plus sérieuse. »

« Ton amie Maria pourrait avoir eu quelque chose à dire à ce propos » dit Diane à contre coeur, encore piquée au vif.

« Oh, pour l’amour de …… Je n’ai pas appris à faire la cuisine Thaï et à regarder le baseball pour Maria, d’accord ? Je n’ai pas passé quatre heures à l’arrière d’un C-141 à me geler et dépassé toutes les limitations de vitesse jusqu’à la base de San Diego pour épingler un galon de lieutenant à Maria ! La seule raison pour laquelle j’ai passé un peu de temps avec elle au début c’était parce que je ne pouvais pas être avec toi, et nous n’avons jamais prétendu le contraire. Qu’est que ce diable de Keeter t’a dit de toute façon ? »

« Rien que je n’ai déjà su. Tu n’étais pas prêt à te poser et à construire un avenir avec moi ou avec quelqu’un d’autre. Pourquoi aurais je repoussé la main que le NSA me tendait , quand tout ce qu’ils demandaient au début était une mission à l’essai ? »

La seconde partie du commentaire fut complètement perdue pour lui comme il luttait pour comprendre la première partie. « Qu’ai-je dit ou fait qui te laisse penser que je ne voulais pas envisager l’avenir ? Pourquoi penses tu que j’étais si déterminé à te voir ce week-end là ? »

Quand il constata qu’elle ne faisait que lever les yeux vers lui,, incrédule, une nouvelle plaie s’ouvrit parmi les cicatrices de son âme. Pendant tout ce temps, il s’était accroché à une certaine image dans son esprit, une idée étonnamment romantique que si le destin n’était pas intervenu cette nuit là, tout aurait fini par trouver sa place pour eux en fin de compte. Quelque part c’était devenu sa vérité sans qu’il l’ait même réalisé….. l’objectif à travers lequel il revoyait les chapitres de sa vie. Mais maintenant, au moment où cette construction fragile s’effondrait, il était obligé d’accepter ce que c’était réellement.

« Je vois » dit il d’un air morne, se détournant d’elle. « Je suis désolé. J’ai dû … mal interpréter. »

Commençant à comprendre, Diane sentit une douloureuse boule monter dans sa gorge. Une fois de plus elle l’avait blessé à nouveau, par le simple fait qu’elle n’avait pas eu conscience d’à quel point elle l’avait profondément blessé la première fois. « Ce n’est pas que je ne voulais pas de futur pour nous » tenta t’elle d’expliquer. « Mais tu n’aurais pas été capable de prendre la moindre décision importante à ce moment là. Tu avais juste débuté au JAG quelques mois auparavant, et Luke venait de mourir, et tout était tellement instable ……. »

« Tu as pensé que je n’aurais pas été capable de m’engager, alors tu ne t’es pas donné la peine d’essayer juste une fois ? »

« Harm nous n’étions pas des enfants, même alors » dit elle doucement. « Nous nous connaissions l’un l’autre depuis plus de dix ans, et pendant tout ce temps nous n’avons pas été capable de franchir un certain niveau. Je ne pouvais pas trouver la moindre raison de croire que les choses allaient changer. Tu le pouvais, toi ? »

Sa réponse fut faible, marquée par la défaite. « A l’époque, en fait, je le pouvais. Comme beaucoup d’autres choses dans ma vie venaient de changer au cours de ces deux années, je crois que j’ai pensé que nous le pouvions, nous aussi. »

Les larmes débordèrent de ses grands yeux marron, et elle résista à la forte envie de tendre les bras vers lui. « Je suis tellement désolée » murmura t’elle.

« Moi aussi. »

Elle essaya de rire, mais ne put émettre qu’un gloussement maladroit. «Vraiment ? Je suis désolée d’avoir menti, et de ne pas t’avoir donner la chance que tu voulais, et de t’avoir arraché le cœur pour le piétiner. Et toi, tu es désolé pourquoi ? ? »

Il garda son regard vers le sol, jetant juste un coup d’œil vers elle par en dessous. « Je suis désolé de ne pas avoir saisi les autres chances que nous avions eues et pour t’avoir lancé au visage tous ces griefs ce soir ….. mais principalement, je suis désolé d’avoir été en retard. »

« En retard ? »

Il haussa les épaules imperturbable. « Si j’étais venu à la rencontre du navire quand il est arrivé à quai, peut être que rien de cela ne serait arrivé. »
Il y eut un autre silence……pas aussi douloureux que le premier, mais pas confortable non plus. « Alors où cela nous mène t’il ? » demanda Diane timidement.

Harm haussa les épaules à nouveau, essayant de rester neutre. « Nous allons nous concentrer sur la tâche qui nous attend. Nous allons trouver un moyen de te faire réintégrer la Navy, et je pense que nous verrons où cela nous mène. »

Elle leva la main pour glisser une mèche de cheveux derrière son oreille, pas très sûre de sa prochaine question. « Est-ce que tu penses que nous serons capable d’être amis à nouveau ? »

Avant qu’elle laisse retomber sa main, il tendit son bras pour l’attraper. « Tu ne devrais pas avoir à demander cela » dit il doucement. « Je ne dis pas que ce sera facile, mais aussi longtemps que nous marcherons tous les deux sur cette terre, je serai toujours ton ami. »

Nettoyant les traces de larmes dans ses yeux, elle serra sa main et recula pour récupérer son sac. « Je pense que je te reparlerai demain, alors. »

« Tu sais où me trouver. »

Après qu’elle soit partie, Harm resta debout au centre de la pièce, perdu. En l’espace de quelques heures, presque tout dans sa vie avait été déchiré en lambeaux, et les pièces semblaient se ré-assembler en quelque chose d’indéfinissable. Etait il supposé juste se secouer et se déplacer dans la même direction qu’auparavant ? Comment pouvait il continuer dans le présent quand quelqu’un avait altéré le passé ?

Se sentant plus seul que jamais, il saisit le téléphone et appuya sur une des touches des numéros en mémoire.

« Mackenzie. »

Son calme, sa voix confiante, si différente de celle de Diane….. « Etes vous très occupée en ce moment ? » demanda t’il oubliant de s’identifier.

Naturellement, il n’avait pas à le faire. « Je serai là dans une minute. »

« Heu ? Comment allez vous….. »

« Avez-vous besoin d’une amie juste maintenant ? »

Il soupira. « J’ai besoin de vous juste maintenant. »

Bien qu’il ne puisse pas s’en rendre compte au téléphone, cette remarque la ravit et l’inquiéta à la fois. « Alors ne posez pas de question sur ma méthode. »

« D’accord » Il se laissa tomber sur le canapé, trop secoué par les évènements de la soirée pour considérer son doute. « Bon sang je suis si troublé, Mac. »

« Vous avez le droit de l’être. Ils ne donnent pas le mode d’emploi pour cela. »

« Mais je devrais être capable de mieux maîtriser cela. Je devrais être heureux, pour l’amour de Dieu. Je pensais qu’elle était partie, et maintenant j’ai une chance de la redécouvrir. Le problème est … que ce qui lui est arrivé fait tellement partie de qui je suis, et je ne sais pas comment changer ça. Je ne suis même pas sûr de le vouloir. »

« Ca va bien se passer. Ouvrez votre porte. »

Il fronça les sourcils bien qu’il se déplace pour obtempérer. « Mac, un Tomcat ne pourrait pas vous amener ici aussi vite. »

«Ouvrez juste la porte. Voulez vous ? »

Il le fit, et quelques secondes plus tard, Mac entrait et posait son téléphone portable sur son bureau. Elle jeta un regard vers lui, ses traits révélaient le plus complet désarroi, et immédiatement elle passa ses bras autour de son cou.

« J’étais dehors en face dans ma voiture » confessa t’elle comme il retournait l’étreinte, voulant recevoir la force qu’elle lui offrait. « Juste au cas où. »

« Vous êtes incroyable » marmonna t’il dans son épaule.

Elle resta une heure, et pendant ce temps là seulement quelques mots furent échangés entre eux. Elle n’avait pas besoin de faire la conversation, et il ne voulait pas parler. Et pourtant cette visite presque silencieuse serait un des points d’ancrage de sa vie pour les jours et les semaines à venir.

Chapitre 6

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