What’s past is prologue

Chapitre 8

Les deux jours suivant furent uniformément tendus, bien qu’Harm ait du mal à comprendre pour quelle raison exacte. Mac était de mauvaise humeur ce qui semblait ne pas avoir de cause évidente, Diane avait élevé de soudaines réticences au sujet du dîner qu’elle lui devait, et Sturgis le regardait en dissimulant à peine un regard accusateur, malgré ce qu’Harm ne pouvait pas avoir dit. Cela commençait à le rendre dingue.

« Lieutenant Sims, pouvez vous venir un moment » appela t’il, voyant la tête blonde familière passer de l’autre coté de la porte ouverte de son bureau.

Harriet pencha la tête à l’intérieur. « Monsieur ? »

« Rentrez et fermez la porte. » Harm referma le dossier qu’il avait essayé de lire, détaillant l’enquête sur plusieurs collègues du Maître Principal Zonne.

Harriet fit ainsi. Elle s’installa bien sagement sur une des chaises en face de son bureau, une brassée de papiers serrée contre sa poitrine. « Est-ce que quelque chose ne va pas, Monsieur ? »

« J’espérais que vous pourriez me le dire. » Harm s’appuya sur le dossier de sa chaise. « J’ai le sentiment que Mac et Sturgis sont furieux après moi, mais je n’ai pas le plus léger indice du pourquoi. Y a-t-il quelque chose ici que j’ai manqué ? »

Les yeux bleus vifs d’Harriet s’écarquillèrent de surprise. Elle cligna des paupières plusieurs fois de suite rapidement. « N’est ce pas évident, Monsieur ? » Il y avait juste un très léger soupçon de blâme dans sa voix.

Harm réprima un grognement. « Evidemment non, Harriet. Eclairez moi. »

Elle serra les lèvres pendant un moment, puis hocha la tête. « D’accord, mais rappelez vous juste que c’est vous qui m’avez poussée. »

Harm la dévisageait.

Harriet secoua la tête avec un geste typiquement féminin de dégoût. « C’est à propos de Diane, Monsieur. Maintenant qu’elle est de retour, tout le monde sait que le Colonel Mackenzie n’est pas… » Elle coupa court, semblant reconsidérer ses paroles. « Et bien, c’est juste trop bizarre, Monsieur. Vous allez devenir fou à essayer de maintenir ….. une relation quelle qu’elle soit ….. avec toutes les deux. » Les joues rouges, Harriet regardait au loin.

Harm se mordit la lèvre comme une vague de colère montait en lui. Quand il parla, le ton de sa voix était assez dangereux. « Lieutenant, êtes vous en train de me dire que ‘tout le monde’…- parmi lesquels très peu ont la moindre raison de spéculer sur mes relations personnelles …- a arbitrairement décidé que du fait que Diane soit vivante, j’ai à choisir entre elle et Mac ? »

Harriet rencontra ses yeux sans flancher. « Oui, Monsieur, je dirais que c’est un bon résumé. »

« Est-ce aussi votre opinion, Lieutenant ? »

Harriet se dressa sur sa chaise. « Permission de parler librement, Monsieur ? »

Sur ses gardes, Harm acquiesça.

« Je pense que cette situation, c’est une vraie connerie, Monsieur. » Sa véhémence le surprit. « Je vais pas prétendre objective, parce que Mac est mon amie et la marraine de mon enfant, et je ne connais pas du tout Dianeen réalité . Mais Mac ne mérite pas d’être blessée. » Harriet le fixa avec défiance. « Elle vous a suivi sur le théâtre des opérations et dans toutes sortes de plans dingues dont je ne connais même pas les détails et … »

« Whoua, Harriet » Harm tendit la main pour stopper sa tirade. Dans le soudain silence, il la fixait se sentant complètement trahi. « Pourquoi présumez vous que je suis en train de tourner le dos au colonel Mackenzie ? »

« Parce que vous étiez amoureux de Diane depuis bien longtemps avant de nous connaître. »

Sa réponse le laissa sa voix. Harriet saisit l’opportunité pour s’excuser et se dépêcha de quitter son bureau, laissant Harm fixer d’un regard vide l’espace qu’elle avait occupé.

Harm déambulait de long en large dans son appartement, ses pas sans repos au diapason de ses pensées. Amoureux de Diane. Les mots l’avaient frappé comme un coup de tonnerre. Il se sentait encore hébété, ses pensées tournant sans fin autour de ces trois mots.

Le plus effrayant de l’histoire était qu’il ne savait pas si c’était vrai.

Il y a des années, quand Mac avait écouté sa description de sa relation avec Diane, elle l’avait cataloguée comme de l’amour, et il avait approuvé. Cela avait été plutôt un soulagement d’avoir quelqu’un pour rassembler ses espoirs et ses souvenirs éparpillés et y mettre un nom ….. Quelque chose de simple par lequel il pourrait éternellement se rappeler cette partie de sa vie, et une personne qui signifiait une énorme importance pour lui. Cette pensée l’avait conforté les jours suivant la mort d’Holbarth et l’avait aidé en fin de compte à apaiser son chagrin.

Mais était ce la réalité ?

Soudain, Harm ne résista plus. Il pivota sur ses talons, récupéra sa veste et ses clés, et quitta l’appartement. Peut être qu’il était temps de commencer à le savoir.

Il frappa à la porte de l’hôtel de Diane avec beaucoup plus de confiance qu’il n’en éprouvait. Une partie de son esprit lui hurlait de s’enfuir d’ici en courant avant que quelqu’un le voit et que la nouvelle remonte aux oreilles de Mac…….parce que la blesser était une des pires choses au monde. Une autre partie rétorquait que quelque soit la façon dont cela allait tourner, faire face à ses sentiments pour Diane……..les prendre en compte une bonne fois pour toute… était quelque chose qu’il devait faire. Et la troisième partie voulait simplement être là dans l’espoir de recréer quelque chose de merveilleux qui, comme une voix cynique dans le fond de son esprit le lui rappelait, avait principalement existé uniquement dans sa tête. Après tout, Diane avait lorgné du côté de la NSA avant qu’Holbarth n’entre en scène.

Diane ouvrit la porte vêtue d’un sweat portant un logo fané de l’Académie Navale. Elle lui adressa un regard surpris qui se transforma en un sourire comme elle le faisait entrer.

« Bienvenue dans mon humble demeure. » Elle fit un grand geste qui englobait la minuscule suite, laquelle s’enorgueillissait d’une petite kitchenette et d’un salon séparé par un demi mur de la chambre à coucher.

Harm jeta un coup d’œil autour de lui. Un livre sur la table à coté du canapé et deux assiettes dans l’évier étaient les seuls signes évidents d’une présence. Diane avait toujours eu une tendance obsessionnelle à tout bien ranger –pire même que la sienne – que son entraînement dans la Navy avait seulement intensifié. Immédiatement Harm se trouva en train de comparer la pièce avec le douillet chaos de l’appartement de Mac et se dit en lui-même d’arrêter.

Il adopta une position décontractée dans le but de démentir la tension qu’il pouvait sentir crisper ses épaules et descendre dans son dos. « J’espère que tu ne m’en veux pas de m’être arrêté. »

Diane secoua la tête. « Non bien sûr que non. » Elle marqua une pause, et il réalisa qu’elle était tout aussi mal à l’aise que lui. « Heu……puis je t’offrir quelque chose à boire ? »

« En fait, je me demandais si tu voulais sortir. »

Un moment passa. Diane lui adressa un regard totalement surpris, mais finalement son expression se transforma en un sourire éclatant. « Bien sûr que j’aimerais ça. Donne moi une minute pour me changer. » Elle se dirigea vers la chambre laquelle était en partie visible depuis le salon. Harm la regarda un moment puis se tourna.

« Ainsi, voici la fameuse décapotable ? » dit elle quand ils descendirent sur le parking où attendait la corvette rouge d’Harm.

Il rigola comme il ouvrait la portière pour elle. « C’est elle. »

« J’aurais parié que rien ne pouvait remplacer un F-14. »

L’hésitation dans son ton lui fit marquer une pause. Il se tourna vers elle pour l’étudier. Une tendre compassion remplissait ses yeux, mêlée à de la curiosité. Cela lui prit un moment pour se rappeler : mentionner les avions de chasse devant lui avait été une chose bien risquée jadis. Les blessures étaient à vifs même des années après son éjection sur le pont du navire. Maintenant les souvenirs n’étaient plus que ça – quelques cicatrices, les seuls vestiges de blessures guéries depuis longtemps.

Il eut un sourire narquois. « Ca en est très loin. »

Et à ces paroles le moment de gêne s’évanouit.

« Est ce que tu réussis souvent à voler ? » Diane se glissa sur son siège. Harm referma la portière et fit le tour pour regagner le coté conducteur.

« Pas aussi souvent que j’aimerais, mais comme je m’attire invariablement toutes sortes d’ennuis chaque fois que je le fais, je suppose que je ne peux pas me plaindre. J’ai ma dose d’adrénaline. »

« Chaque fois ? »

Il éclata de rire. « Je n’exagère pas. Pour mon dernier vol, j’ai accroché un ballon météo. La fois d’avant j’ai joué à cache-cache avec un missile nucléaire. Avant cela c’était un appontage avec un seul moteur parce que j’avais été touché lors d’un combat. »

Diane était en train de le fixer.

« Quoi ? » Il tourna la clé. La corvette démarra immédiatement, leur offrant son ronronnement merveilleusement masculin. « C’est vrai. »

Elle secoua la tête en riant. « Je sais. Tu as toujours attiré les ennuis depuis l’Académie. Tu n’as jamais trouvé bizarre qu’un gamin comme toi dont la voie était aussi bien tracée tombe sur deux farceurs comme Keeter et moi ? »

« Essayes tu de me dire que vous ne m’aimiez pas vraiment, que vous étiez juste des opportunistes ? »

Son rire remplit la voiture. «Bien sûr que nous l’étions. Mais alors nous avons découvert que sous cette apparence sérieuse à la limite du non sens, il y avait un esprit qui fonctionnait comme le nôtre » Elle appuya sa tête en arrière contre le siège, les yeux pétillants. « Et c’est alors que la vrai rigolade a commencé. »

Harm ne put s’empêcher de sourire. Sa petite aventure au Laos quand il était adolescent lui avait fait perdre une grande partie de son innocence. Diane et Keeter, avec leurs plaisanteries incessantes, leurs farces et leurs comportements perturbateurs, lui avaient appris comment trouver de l’amusement dans la vie en dépit de tout.

Pendant un moment, Harm retira sa main du levier de vitesse et la tendit pour serrer les doigts de Diane dans les siens. C’était un geste silencieux de remerciement, mais elle sembla le comprendre. Elle serra sa main en retour avec un sourire joyeux.

« Alors, où allons nous ? » demanda t’elle après un instant. Les lumières du Capitole éclairaient la nuit, les lueurs vives traversant le pare-brise.

Harm haussa les épaules. « Nulle part en particulier. Il y a une rue dans Georgetown avec tout un tas de petits clubs et de restaurants et autres. Beaucoup de musique, une assez bonne nourriture – c’est près de l’université. J’avais l’habitude d’y traîner souvent quand je préparais mes examens. Quelle sorte de musique tu écoutes en ce moment ? »

« Tu connais un endroit où je pourrais entendre de la bonne ballade Celtique ? »

Il la regarda interloqué. « Tu plaisantes, n’est ce pas ? »

Les coins de ses yeux se froncèrent. « Bien sûr je rigole. Pourquoi ne me surprends tu pas ? »

« D’accord. »

Ils finirent dans un petit bistrot qui servait de superbes penne rigate. La musique pour la soirée s’avérait être de la guitare acoustique, ce qui plaisait énormément à Harm. Ils s’installèrent à une petite table d’angle, ayant une agréable intimité mais aussi une vue décente sur la scène. Leur conversation porta sur d’innombrables sujets, rien de vraiment important. C’était seulement une façon d’être en contact, une façon pour chacun d’apprécier la compagnie de l’autre.

Pourtant, Harm finit par regarder sa montre et conclut qu’il était temps que la soirée se termine.

« Je déteste dire ça, mais il se fait tard, et moi du moins je dois me lever de bonne heure » dit il. « Mac et moi allons essayer d’interviewer plusieurs personnes qui ont travaillé avec le Maître Principal Zonne au Navy Exchange Command. Nous devons prendre la route très tôt. Virginia Beach est à trois heures de route. »

« C’est parti pour être une longue journée. »

Il acquiesça. « Oui. Mais je suis sûr que nous serons de retour à temps pour vous retrouver toi et Sturgis pendant deux heures au moins. » Ils avaient prévu de passer la soirée à examiner les diverses stratégies d’approche pour la réintégration de Diane.

Diane lui adressa un regard hésitant. « Heu….d’accord. Ecoute, Harm, à propos de ça…. »

Il marqua une pause, surpris par sa soudaine réticence. « Il y a un problème ? »

« Non, non. » Elle secoua la tête un peu trop rapidement. « C’est juste … je pense que je commence à réaliser que la Navy n’est pas ma seule option. » Ses yeux marrons diffusaient une mine d’information qu’Harm ne savait pas comment interpréter.

« Je pensais que tu voulais retourner en mer » s’aventura t’il.

« Oui. » Elle fit une pause. « Je veux dire, j’aime ce que je fais. J’aime servir mon pays. » Ses yeux regardèrent au loin. « Mais je me suis souvenue récemment qu’il y avait d’autres choses dans la vie, aussi, et peut être je ……je ne sais pas – peut être que je veux plutôt poursuivre ça. »

« Quelles sortes de choses ? »

Elle haussa les épaules, son regard pénétrant le sien avant de se fixer au loin. « N’as-tu jamais pensé à réellement t’installer ….. avoir une maison et …..une famille ? »

Avec votre physique et ma matière grise…. Harm s’éclaircit la gorge, embarrassé. « Heu, oui. Parfois. »

Diane lui adressa un sourire empreint d’ironie. « Et bien moi, pas encore. Pas vraiment. Mais maintenant je retrouve ma vie et ….. » Elle soupira, baissant les yeux. « Je veux être sûre de prendre les bonnes décisions avant tout. »

Harm tendit le bras vers son épaule pour lui donner une affectueuse pression. « Tu le feras. » Il la relâcha, joignant ses mains sur la table en face de lui. « Tu n’as pas à prendre la moindre décision maintenant. Beaucoup des choses dont nous avons discuté serviront à régler les points de détails avec la Navy quelque soit ta décision d’être réintégrée ou pas. »

Elle hocha la tête. « Merci. »

« Y a pas de quoi. »

Ils roulèrent en direction de son hôtel dans un silence complice. Harm lui offrit son bras comme ils montaient les deux étages vers sa chambre. Diane accepta, s’appuyant contre lui et laissant sa tempe contre son épaule. A sa porte, ils marquèrent un temps. Diane retira son bras, mais se tourna pour lui faire face.

« Et bien……bonne nuit » dit elle doucement.

Harm posa son regard vers son visage radieux, ses yeux pleins de chaleur, ses lèvres gonflées, sa peau soyeuse. Un tourbillon de souvenirs l’envahit, et, presque sans réfléchir, il se pencha pour l’embrasser. Diane répondit immédiatement, se fondant contre lui dans une attitude d’abandon douloureusement familière. Pendant un moment le monde n’exista plus, perdu dans le parfum de ses cheveux et la passion suscitée par son contact.

Harm se retira après un instant, effleurant d’abord ses lèvres puis chacune de ses paupières avec de légers et tendres baisers. Son nom se forma sur le bout de sa langue, comme pour être libéré.

……Sarah

Sarah…..Mac. Horrifié, il referma la bouche avant qu’il puisse prononcer un son. La tête de Diane restait appuyée légèrement contre son menton, ses cheveux pris dans sa barbe naissante. Ses mains s’étaient nouées dans sa chemise et il pouvait sentir la douceur de ses seins là où ils se pressaient contre lui. Les choses étaient si compliquées avec Mac – si profondes et si puissantes et effrayantes. Sa relation avec Diane avait toujours été simple. Il vacilla. Ce pourrait être si facile d’ignorer l’avertissement pressant qui hurlait dans le fond de son esprit et de capituler ici et maintenant.

Si facile ……. Mais faux.

Il leva une main pour prendre dans sa coupe la joue de Diane, traçant une ligne avec son pouce le long de sa mâchoire. « Ce n’est pas le bon moment pour prendre cette décision, Di. »

Un éclat de déception traversa son regard, mais elle acquiesça. « Tu as probablement raison. » Elle s’éloigna de lui, initiant une séparation nécessaire. Harm s’obligea à compléter son geste. Il la relâcha doucement et essaya de sourire.

« Je te vois demain soir ? »

Elle repoussa une mèche de cheveux de son visage. « Je serai là. »

Il fit un autre pas en arrière comme elle se tournait pour ouvrir sa porte. Elle se glissa à l’intérieur, refermant la porte derrière elle. Harm fixa la porte pendant plusieurs secondes après le déclic de fermeture. Puis, se secouant il s’éloigna.

Chapitre 9

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