Pages: 1 [2] 3
|
 |
|
Auteur
|
Sujet: Rendez-vous dans dix ans (Lu 9343 fois)
|
|
Mack
|
9h00
Bureau de Leonard
Léonard n'aimait pas trop la mine soucieuse de son ami Bud. Ça faisait déjà quelques années qu'il le connaissait et les seules fois où il avait vu son ami aussi étrange était quand le petit AJ avait été très malade et qu'on avait découvert après deux jours qu'il avait une crise d'appendicite. La deuxième fois, c'était quand Mac, son amie, s'était enfuie. Mais qu'est-ce qui pouvait donc tracasser Bud à ce point?
******************** Voiture de l'Amiral Rabb Direction Norfolk
Il était de très mauvaise humeur. Le major Coates, qui était arrivée au même moment où lui et la député Latham quittaient le Jag, était assise à côté de lui. Elle se doutait que cette enquête surprise n'était pas la seule cause de sa mauvaise humeur.
-Amiral, j'aimerais savoir... -Major, vous savez bien que je déteste parler de ma vie personnelle. -Oui, mais maintenant, elle est en train de perturber votre vie professionnelle et les gens qui travaillent sous vos ordres. Parlez-en à quelqu'un qui connaît votre vie... dit-elle avec un sourire en coin.
"Malgré toutes ces années, pensait Harm, elle n'a pas changé d'une miette! Chère Jen, vous êtes une vrai peste!"
-Vous avez peut-être raison, admit l'Amiral. Mais je n'ai pas plus l'envie d'en parler.
Il décida de changer de sujet.
-Avez-vous la moindre idée de ce que nous allons faire à Norfolk? -Monsieur, c'est vous le chef, c'est vous qui devriez le savoir.
Harm se maudit d'avoir poser cette question. Mais qui pouvais clore le bec au Major Coates?
******************* Voiture de Sarah Mackenzie 13h00
-Au clair de la Lune, mon ami Pierrot… chantonnait Tom.
Sarah n’en pouvait plus! Mais quelle idée avait eu Charles d’apprendre cette chanson à Tom? Le petit garçon apprenait toutes les chansons par magie; ensuite, il les récitait à tous, mais si ces derniers ne voulaient les pas les entendre.
Le cellulaire de Mac sonna.
-Allô? -Chérie, je te dérange? -Non Charles, tu me déranges jamais. Mais Tom, lui, ne cesse de chanter! Et quand il ne chante pas, il me demande « Quand est-ce qu’on arrive? »! -Sarah, je t’avais dit que ce voyage était bien trop long pour un petit garçon. Il est exactement comme toi : c’est toujours trop long. -S’il te plaît, mon amour, arrête de me faire la morale. Tu travailles bien le soir de Noël! -Mais je t’ai promis que je serai là pour la soirée du 25! -Je sais, je sais. Ne travaille pas trop fort! -Promis! Et embrasse notre petit bonhomme pour moi! -Seulement s’il arrête de chanter! Dit Sarah en riant.
Mack
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Merci à Coraly pour sa bannière!
|
|
|
|
sarah85
|
13h17 Voiture de Sarah Mackensie
Tom avait arrêté de chanter et maintenant, il n’arrêtait pas de gigoter sur son siège.
-Maman, j’ai envie de faire pipi. -Encore ! mais tu y es allé tout à l’heure. -Oui, mais j’ai encore envie.
Elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur, et vit le visage suppliant de son fils. « Décidément je ne peux pas lui résister quant il me regarde avec ces yeux… ces beaux yeux bleu, si pétillants… exactement ceux de son … » La voix de son enfant la tira de ses pensées.
-Maman, on peut s’arrêter ? -Oui, mon chéri, je cherche juste un parking.
13h20 Station service
Elle descendit de son véhicule et accompagna Tom aux toilettes. Puis, ils regagnèrent la voiture. Sarah était maintenant en train de mettre de l’essence tout en regardant avec amour son fils manger une barre chocolatée. Quelques minutes plus tard, elle alla payer le pompiste. Elle remarqua à peine un couple qui sortait d’une voiture. De retour à son véhicule, elle s’apprêta à aider son fils à s’installer. Elle sourit en entendant le ton du couple s’élever derrière elle. L’homme qui ne parlait pas trop fort jusqu’alors élèva brusquement la voix. Son sourire disparut alors. « Non…. ce n’est pas possible… pas lui…pas maintenant » Elle se retourna doucement et aperçut clairement le visage de cet homme. Le visage de Sarah devint d’une pâleur mortelle, sa respiration s'accélèra brutalement, elle ne put détacher les yeux du couple, qui ne l’avait pas remarquée et continuait de se disputer. Elle chancella mais parvint à se retenir à sa voiture.
-Maman !…. on y va ? Elle avala difficilement sa salive et se tourna vers son fils. - Oui, mon chéri, nous partons. Elle finit de l’attacher, se mit au volant et démarra précipitamment, se maudissant de sa propre lâcheté.
Au même moment Station essence
-(essayant de l’amadouer) Bobbi, ça fait des années qu’on se connaît, vous pourriez m’en dire un peu plus. -Je ne peux pas Harm, pas maintenant. -Mais, j’aimerais au moins savoir combien de temps nous allons passer là-bas. -Je ne sais pas, au moins quelques jours. Et n’insistez pas, je ne vous dirai rien tant que nous ne serons pas arrivés. C’est confidentiel. Vous vous doutez bien que je n’aurais pas fait appel à vous si ce n’était pas une affaire de la plus haute importance. -Très bien… je vais prévenir Harriet. -Nous n’avons pas le temps, vous le ferez ce soir en arrivant. Il haussa le ton. - Il n’en est pas question, je ne peux pas leur faire ça, il sera 21h00 passées, ils vont se demander pourquoi je n’arrive pas. -Harm ! Il en va de la sécurité nationale. -Ce n’est pas un petit coup de fil qui va changer grand-chose, je reviens.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
Audrey
|
Station essence 13h25
Tout à coup, Tom poussa un cri : -Maman ! Mon lapin ! ! ! J'ai oublié mon lapin ! ! Elle s'arrêta instantanément : Il ne pouvait se passer de ce lapin, qu'il possédait depuis sa naissance, 5 ans auparavant, et qu'il n'avait jamais quitté. -Où l'as-tu laissé chéri ? -A l'intérieur... Sur une table... Elle vit alors la longue silhouette s'enfoncer à l'intérieur du bâtiment. Elle ne pouvait pas... Non, leurs retrouvailles devaient avoir lieu le soir même, pas ici, sur un parking, face à Tom ! Elle descendit de la voiture et le détacha. Elle détestait ce qu'elle faisait mais elle n'avait pas le courage d'agir autrement et de se retrouver sous son regard bleu : -Tu veux bien y aller tout seul mon coeur ? Je dois vérifier quelque chose dans le coffre. -Bien sûr, maman ! Je suis grand maintenant ! Elle regarda avec fierté le petit bonhomme qui s'éloignait et qui pénétra dans la station service comme en terrain conquis. De loin, elle avait reconnu Jen Coates dans la voiture, accompagnant Harm et Bobbi, ainsi qu'une femme assise à l'arrière et qu'elle ne connaissait pas. Il était toujours aussi bien entouré qu'avant ! Mais elle se rassit bien vite, de peur que son amie ne la reconnaisse.
A l'intérieur Au même moment
Le petit garçon aperçut tout de suite son nounours, là où il l'avait laissé et il se précipita pour le récupérer. C'est alors qu'il percuta ce qui lui sembla être une montagne, qui attendait patiemment que l'unique téléphone de la pièce se libère, ayant constaté avec rage que son propre portable était déchargé. L'Amiral Rabb se pencha alors sur le petit garçon, tombé par terre, retenant ses larmes de son mieux. -Et bien mon grand, tu ne t'es pas fait mal ? Ravalant ses pleurs, par fierté, Tom répondit: -Non Amiral. Merci, ça va aller. Surpris, par le visage du bambin qui lui rappelait vaguement son propre portrait mais aussi par l'usage de son grade chez un si petit enfant, il demanda : -Comment t'appelles-tu ? Comment sais-tu que je suis Amiral ? -Ma maman était dans les Marin's ! Alors je connais tout sur l'armée ! Je m'appelle Thomas ! -Où courais-tu si vite ? -Je veux mon lapin ! Maman m'attend. Au revoir Monsieur ! Il regarda s'éloigner l'enfant qui serrait fort contre lui sa peluche.
Bureaux du Jag 13h00
Tiner désespérait : l'Amiral était parti pour dieu seul savait combien de temps et, comble du comble, il avait emmené le Capitaine Coates ! Et cette commission d'enquête qui approchait ! Le travail s'amoncelait, et même s'il savait que la députée Latham l'avait accompagné à Norfolk, il s'inquiétait. Ce soir c'était Noël et il avait du travail pour au moins 10 jours ! Comment s'amuser dans ces conditions ? Mais pourquoi Jen était-elle partie avec leur supérieur ? Il devait en plus s'occuper de tous les appels du Congrès qui cherchait à joindre l'Amiral, dont le portable était fermé, puisque le Quartier-Maître Stinger était partie en permission à 12h30 précises, comme le lui avait promis l'Amiral, de longues semaines auparavant... Enfin, elle avait deux enfants et il comprenait qu'elle ait eu envie de passer cette journée avec eux. Que n'aurait-il pas donné pour être loin d'ici ?
|
|
|
|
|
Journalisée
|
La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître. Victor Hugo 
|
|
|
|
mariecevia
|
13 H 41 Voiture de Sarah Mackenzie
Mac soupira d’aise à la vue de son fils revenant si vite avec sa peluche dans ses bras. Elle ne put s’empêcher de l’embrasser puis elle l’attacha à nouveau. « mam’ il y avait un amiral de la Marine ! » « ha ...heu…bon…bien il faut que nous y allions » Elle remonta précipitament dans son véhicule et redémarra… Plus loin sur la route, Mac observait son fils dans le rétroviseur. Comment ne pouvait-elle pas le revoir en lui, même yeux, même drôle de fossette, même implantation de cheveux bruns, jusqu’au sourire auquel elle ne savait résister... Il n’avait rien pris d’elle, ni ses yeux couleur chocolat, ni sa peau couleur cannelle : « c’était donc sa plastique à lui et son intelligence à elle, pas si mal ! » Cette réflexion la ramena si loin en arrière que cela lui noua le ventre, elle cru gémir… « mam’ » « oui Tom » « Ca va » « oui, tout va bien, petit prince » Oui tout va bien…pour l’instant …mais que va-t-il se passer ? Comment parviendra-t-elle à dire ce qu’elle doit révéler ? Que de choses à dévoiler… Elle était sur cette route, en chemin, pour aboutir à la vérité… Elle trouvait cela étrange et paradoxal, tout comme son mode de fonctionnement : elle, si aboutie dans sa vie professionnelle, si Semper Fi, méthodique, efficace, résolue, était dans sa vie intime indécise, hésitante, parfois illogique, souvent désorientée … Elle avait décidé de venir à ce rendez-vous parce qu’elle avait pensé qu’il s’agissait du meilleur moyen pour elle de faire la paix avec son passé et sans doute sa conscience, mais voilà qu'à nouveau le doute et la peur s’emparait d’elle… Elle l’avait pourtant à peine aperçue mais son trouble était si profond… « J’ai fui si loin » « Quoi mam’ ? » « heu…tu n’as besoin de rien » « non, c’est quand qu’on arrive » Mac sourit, inclina légèrement la tête et souffla « bientôt, mon amour… » Elle appréhendait de les revoir tous, eux qui furent si longtemps comme sa famille. Lui témoignant cette fraternité et cette confiance qui lui avaient cruellement manqué durant son enfance, elle se rappela cette phrase lue quelque part « Pour le survivant adulte de mauvais traitement subis pendant l’enfance, le passé n’est pas un long fleuve tranquille » le futur également avait-elle envie d’ajouter. Sa propension à la fuite était évidente, la théorie de la répétition des faits : celui qui fût abandonné abandonnera à son tour, sa mère l’avait abandonné, elle avait abandonné son père, Harm l’avait abandonné, elle avait fui ne pouvant surmonter une situation aussi tendue entre eux… « L’imbécile de clocharde de fille » de Joseph Mackenzie avait obtenu une mutation à la base aérienne des Marin’s de Yuma en Arizona, promue Colonel, commandant en chef de l’Etat Major du secteur Sud-Ouest et cela grâce à l’appui de l’Amiral Chegwidden. Puis enceinte, elle s’était mise en réserve de l’armée, elle ironisa, pour une descendante de Cherokee c’était bien là son sentier des larmes* qu’elle avait suivi toutes proportions gardées bien sûr… Finalement en mettant son enfant au monde, elle avait retrouvé ses racines. Maintenant avocat conseil au Bureau des Affaires indiennes, elle essayait de dénouer les litiges avant procès, enquêtait et plaidait dans un esprit de conciliation entre les deux communautés. Il y a deux ans, le FBI avait souhaité l’embaucher à la direction du service indien situé au siège du FBI à… Washington. Elle avait fait le voyage, le poste était des plus intéressant, mais cette ville…
*Le sentier des larmes est le nom que donne les Indiens Cherokees à leur exil forcé de l’hiver 1838-1839 où 16000 d’entre eux périrent.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
Lotte
|
13h30 Station-service
Tout en attendant son tour de téléphone, Harm réfléchissait au moyen d’être parmi ses amis ce soir. Il s’était beaucoup investi dans la préparation de cette soirée ; pas seulement parce qu’il était désormais amiral et donc moralement assez impliqué dans ce projet. Il avait surtout minutieusement organisé la soirée parce qu’il savait qu’elle allait venir. Il ne s’était pas passé une journée toutes ces années sans qu’il ne pense à Mac et se demande ce qu’elle devenait, et il voulait lui réserver un accueil à la hauteur de ce qu’elle lui avait manqué depuis leur dernière (et première) nuit ensemble. Il voulait tellement se rattraper… Quand il s’était réveillé cette nuit-là, il l’avait regardé dormir et s’était remémoré toutes les aventures qui les avaient rapprochés depuis qu’il l’avait rencontrée. Puis il avait repensé à ce deal qu’il lui avait promis, à ce bébé qu’il pourrait faire tous les deux, au fait d’être père……..et il avait alors complètement paniqué. Comment élever un enfant alors qu’il avait si peu connu son père, comment ne pas paniquer à l’idée qu’il pourrait ne pas voir grandir son fils ? Alors, presque sans réfléchir, et sans la réveiller, il s’était levé, habillé et était sorti dans la nuit. Il avait roulé pendant un grand moment, jusqu’à l’aube ; puis il avait pris la décision de dompter ses démons, de faire confiance à la vie et de plonger avec Mac, « Sarah ». Il avait vécu beaucoup d’aventures avec elle, et ensemble ils s’en étaient toujours sortis. Pour une fois, ils allaient se lancer dans une aventure où ils ne risquaient rien sauf de récolter du bonheur….Et puis en arrivant au jag ce matin là, il ne l’avait pas vu, et ensuite une audience l’avait retenu jusque tard dans l’après midi et il n’avait revu Mac que chez les Roberts. Il s’était préparé à sa colère mais il pensait à la déclaration qu’il allait (enfin) lui faire et il comptait sur son charme pour qu’elle écoute ses excuses jusqu’au bout ; mais tout ne s’était pas déroulé comme prévu. Et quand il avait cherché à la revoir….
Boum ! Harm fut interrompu dans ses pensées par un bambin qui l’avait heurté dans sa précipitation à récupérer un lapin en peluche qui paraissait bien seul à quelques mètres de là.
Après avoir regardé s’éloigner le petit bonhomme, Harm s’approcha du téléphone et composa d’abord le numéro de Bud et Harriet. - « Bonjour Harriet, c’est Harm. Je crains de ne pouvoir venir ce soir. En fait, une affaire urgente me retient à Norfolk. J’espérais être rentré au moins pour le dîner mais rien n’est sûr. Je vous tiens au courant, je vous rappellerais. » Le deuxième appel fut pour Tom Boone. C’est le répondeur qui se déclencha.: - « Amiral, je suis désolé mais je ne serais pas au bureau ce soir. J’espère vous retrouver au mur, mais il se pourrait que cette affaire soit plus longue que prévu. Ne m’attendez pas, je vous retrouverai dès que possible. »
Dans la voiture, les trois femmes l’attendaient plus ou moins patiemment et la voiture repartit. Personne n’avait remarqué la voiture de Mac qui s’était éloignée quelques minutes plus tôt.
13h35 Chez les Roberts
AJ avait fini de raconter à sa mère ce qu’il avait entendu sur le balcon de ses parents des années auparavant et dans la voiture de sa marraine beaucoup plus récemment. Harriet prit un air soucieux. Puis elle décida que si son fils était assez responsable pour garder ses frères, il l’était aussi pour comprendre ce qui se passait. Et puis il paraissait très tracassé. Alors elle lui raconta ce qu’elle n’avait jamais dit, même pas à Bud. - « Lorsque ta marraine est partie il y a cinq ans, elle est venue me voir juste avant. Elle voulait nous dire au revoir, et également se confier avant de tourner la page de sa vie au Jag. Ton parrain et ta marraine ont toujours été très amis et très complices ; et tout le monde au travail pensait qu’un jour ils seraient ensembles. Mais cela ne s’est jamais fait, sauf une fois. La conversation que tu as surprise est la dernière qu’ils ont eu ; Sarah est partie peu de temps après pour l’Arizona. Mais avant de partir, elle est venue me raconter ce qui s’était passé entre eux, par besoin de se confier sans doute mais aussi sans doute pour des conseils. Mais je ne sais pas comment j’aurais pu l’aider, ces deux-là n’ont jamais su se parler sérieusement ; ils ont toujours eu peur de l’abandon l’un et l’autre et je ne savais pas comment la rassurer. Elle s’est installée dans l’ouest et même si nous avons des nouvelles régulièrement nous n’avons plus jamais reparlé de ceci. Je ne savais pas qu’elle avait un enfant et je me demande pourquoi elle n’en n’a jamais parlé. Cela expliquerait peut-être pourquoi elle n’a finalement pas accepté ce poste ici il y a deux ans. Nous en saurons certainement plus ce soir.» Le téléphone sonna à ce moment-là. Après avoir raccroché, Harriet se tourna vers son fils et lui expliqua ce que venait de lui dire Harm. AJ promit que si Harm arrivait à la maison alors qu’ils étaient encore tous au Mac Murphy’s, il tiendrait sa langue. Finalement, il se pourrait qu’il ne rate rien des retrouvailles Harm/Mac.
14h00 A l’approche de Norfolk. - Dans la voiture de la députée, tout le monde était perdu dans ses pensées alors qu’ils approchaient de Norfolk. Bobbie se demandait encore comment elle avait pu s’embarquer dans une affaire du Jag en présence de la Secrétaire d’état, surtout avec cette commission d’enquête sur le dos. Au moins, Harm et Coates étaient avec elle, peut-être pourraient-ils en profiter pour en discuter, mais les autres n’avaient pas l’air de vouloir être très loquaces. La secrétaire d’état réfléchissait au meilleur moyen de boucler rapidement cette histoire. Elle n’avait théoriquement pas d’horaires mais cette année était le premier Noël de son petit-fils et elle voulait profiter de cet évènement. Quant à Jen, elle se demandait quelle pouvait être cette affaire urgente qui les emmenaient loin du bureau en cette veille de Noël et elle espérait être rentrée pour la soirée au Mac Murphy’s. Elle se disait qu’elle pourrait abuser de son état de grossesse pour obtenir de retourner à Washington dès le début de soirée, au plus tard. Mais l’intérêt serait que l’amiral puisse la suivre. Après tout, c’est lui qui avait lancé l’idée et organisé cette soirée. Il serait injuste qu’il la manque, surtout alors que le colonel revenait après toutes ces années. Harm justement était très loin des préoccupations de ces dames. Il était complètement absorbé par le visage de cet enfant qu’il avait vu à la station service. Il était tombé sous le charme de cet adorable bambin. S’il ne s’était pas enfui lâchement cinq ans auparavant, s’il avait su comment la retenir, il aurait peut-être une famille avec Mac à l’heure qu’il est ; et s’il avait tenu sa promesse il aurait un enfant avec elle, à peu près du même âge que ce bambin. Une fille qui ressemblerait à Mac ou un garçon qui lui ressemblerait. Une idée traversa alors l’esprit d’Harm.......... : ce bambin dont la mère était Marine’s et qui avait cinq ans environ l’avait touché plus qu’il ne le pensait.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
Midship
|
14h en route pour Norfolk
Ses pensées allaient plus vite que la réalité, des élucubrations, oui ! En fait, Harm se sentait désarmé : l’incertitude dans laquelle le tenait l’affaire en cours mettait à bas tous ses espoirs ; il aurait même dû se sentir soulagé, mais non, cela ne résolvait rien ; en sortant de la cabine, il n’avait retrouvé un semblant de sourire qu’en repensant au petit bonhomme qui l’avait télescopé tout à l’heure ; les enfants d’aujourd’hui sont drôlement débrouillards….et de là, il avait échafaudé n’importe quoi…
Trois sonneries de téléphone presque simultanées avaient percé le silence….L’une pour le chauffeur, l’autre pour Bobbi, la dernière pour la Secrétaire d’Etat. Le chauffeur ouvrit l’interphone et communiqua la nouvelle ; la route était bloquée par des accidents en chaîne et il était impossible de poursuivre dans les délais prévus, de plus la tempête de neige semblait redoubler. On leur demandait de se rendre à Norfolk en hélicoptère. Demi-tour, donc, vers l’héliport le plus proche ! - Eh bien, Mesdames, constata-t-il, nous voici revenus au bon vieux temps, contretemps et imprévus au programme, on dirait… - Bon, je préfère ça, dit Bobbi Latham, la voiture c’est une perte de temps ; on va donc vous dire de quoi il retourne et, si Madame la Secrétaire en est d’accord, je vais en profiter pour reprendre le chemin du Congrès, il y a des vagues à la Commission, je viens de l’apprendre… - Vu la tournure des évènements, Amiral, ajouta la Secrétaire d’Etat à la Marine, Ludmilla Bzinkévitch , je vais vous faire le point sur le peu que nous savons; il s’agit d’un sous-marin nucléaire de la classe SeaWolf, de la troisième génération, l’USS ‘Bill Clinton’ - Mais, il vient tout juste de recevoir son Baptême de lancement à la base… s’exclama Harm - Oui, c’est bien ça ! Son Commandant, Steve Mason, a disparu depuis 24 heures avec son Second ! et la Sécurité de la base et le NCIS ne s’en sortent pas….Nous sommes très inquiets, vous connaissez l’importance des installations stratégiques et techniques de ces bâtiments, ces sous-marins sont de véritables vitrines flottantes des réalisations de la technique actuelle, leurs équipements sont à la pointe de la sophistication électronique et bien sûr, le Commandant en est la mémoire vivante. Madame Latham va rejoindre Washington, en effet, moi je vous accompagne sur place, le temps de prendre la mesure des choses et voir si nous pouvons vous aider pour mettre à votre disposition tous les moyens nécessaires, puis je vous quitterai, je dois rentrer faire un rapport de vive voix au Président ; vous nous tiendrez régulièrement au courant des développements.
Par un curieux détour du destin, Harm s’était retrouvé plongé cinq ans en arrière ; reprendre une investigation à partir de presque rien, et… même si Jen Coates était à ses côtés, il se sentait bien seul.
14h10 en route vers l’héliport - Capitaine, dès que nous serons à bord du ‘Bill Clinton’, vous pourrez vous occuper de demander une ligne sécurisée avec l’Amiral Turner ? - Oui, Amiral, à vos ordres.
14h35 transfert vers Norfolk La suite du trajet n’avait guère permi les échanges.
Chacun était resté songeur, l’esprit tendu vers la tâche à venir, contrarié aussi de devoir s’investir ce jour-là dans une mission imprévue, alors que tout le monde pensait à la fête. A l’exception peut-être de Bobbi Latham que la vie de famille ne semblait pas trop préoccuper.
Harm s’était laissé reprendre par ses souvenirs et mentalement, de fil en aiguille, ses réflexions l’avaient amené à « écrire » à Mac une lettre d’excuse: Mac, j’ose à peine vous appeler Sarah et pourtant depuis cinq ans, votre prénom a été pour moi un compagnon de presque tous les instants, comme un lien secret entre vous et moi, qui me permettait de poursuivre ma route, de garder espoir… je réalise que je ne vous ai appelée ainsi que deux ou trois fois ; oui, j’ai eu le temps de refaire le chemin, notre chemin ; vous souvenez- vous ? Quand vous alliez me quitter « pour « prendre votre envol » et quitter le Jag alors que je vous serrais contre moi, puis sur le ferry, à Sidney, je fuyais déjà, paniqué, alors que vous étiez si proche, si vivante, si exigeante, ce fut la seconde et enfin, il y a cinq ans…Sarah, incroyable rêve devenu réalité, « pendant ces quelques heures… si vous saviez comme ces moments me hantent ! pour moi, vous êtes Sarah, Sarah, unique pour toujours ; je sais, je vous ai perdue, Sarah, cette nuit-là mais il faut que je vous explique, enfin, que je vous dise…
- Amiral, l’interpella Jen Coates, avec sollicitude, nous sommes arrivés. C’est curieux, songea Harm, comme dans votre tête les choses s’emboîtent sans difficulté, c’est une autre paire de manches quand la personne est là devant vous, surtout quand il s’agit de Mac !… - A nous de jouer, dit Harm se ressaisissant. Tiens, voici le comité d’accueil !
Sur le tarmac de la base, deux civils et un militaire les attendaient : - Amiral, Mesdames, Commandant Brad Milton, voici l’Agent spécial Tony Cartano du NCIS et l’agent… - Vic…tor… Victor Galindez ! - De la CIA, Amiral !
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Midship "le seul cadeau plus précieux que l'air que nous respirons c'est la main que nous tenons" A.J Chegwidden  Bannière de Parden, merci!
|
|
|
|
sarah85
|
14H54 BASE AERIENNE
Le vent s’était levé et soufflait de plus en plus fort.
- Quel plaisir de vous revoir, Sergent. - Moi de même, Amiral, mais vous pouvez m’appeler Victor, je ne fais plus partie de l’armée à présent. - (le regard soupçonneux) C’est Webb qui vous a entraîné là dedans ? - (retenant un petit rire) Non, Amiral, il n’y est pour rien, l’idée venait de moi. Il m’a juste aidé à intégrer la C.I.A. - Hum… Et vous vous y plaisez ? - Oui, je voyage beaucoup et je rencontre plein de jolies femmes. - Je vois… je suis ravi de l’apprendre, dit Harm en souriant.
Le Capitaine Coates s’approcha d’eux.
-Excusez-moi de vous interrompre, Amiral, mais tout le monde vous attend, l’hélicoptère est prêt à décoller. -Bien, Capitaine, nous arrivons.
Tout en marchant vers l’hélicoptère, Victor discutait avec le Capitaine Coates. Ils prirent enfin place dans l’appareil quant un homme arriva en courant vers eux et tendit un papier au pilote. Celui-ci l’examina pensif, puis conversa quelques instants avec son interlocuteur. Il se tourna finalement vers les passagers.
Criant pour se faire entendre à cause du sifflement du vent. - Je suis désolé mais le vol est annulé, la tempête de neige est plus forte que prévu.
L’Amiral haussa un sourcil, cette nouvelle n’aurait pas dû le réjouir normalement, mais il ne pouvait s’empêcher de remercier intérieurement les éléments de se déchaîner aujourd’hui. Il pourrait la revoir et lui expliquer, lui expliquer que c'était un simple malententu qui les avait séparés ... enfin, après tant d'années, il allait la revoir, il allait revoir le visage qui hantait ses nuits.
La Secrétaire d’Etat à la Marine se mit à hausser la voix également.
- Ce n’est pas possible, nous devons être à Norfolk le plus vite possible, c’est primordial. - Ca va malheureusement être impossible, Madame, tous les vols sont annulés. Et de toute manière même si nous décollions, nous ne pourrions pas atteindre Norfolk, une interdiction de survol vient d’être mise en place dans ce secteur.
Cette réponse ne semblait pas convenir à la Secrétaire d’Etat à la Marine pourtant elle ne broncha pas. Le pilote continua :
- Si la météo est clémente, nous pourrons peut être décoller demain matin.
- (hochant la tête en signe d’approbation) Merci, monsieur. Bien, je crois que vous allez tous pouvoir passer Noël en famille. Nous rentrons. Ma secrétaire vous contactera demain matin si l’hélicoptère peut décoller.
Le Capitaine Coates cachait difficilement sa joie quant à l’Amiral il faisait son possible pour avoir l’air désolé de ce contretemps, mais personne n’était dupe. Tout le monde regagna la voiture et ils firent route vers Washington.
15H18 DOMICILE DES ROBERTS
La voiture de Sarah Mackensi était garée devant la maison de ses amis. Elle l’examina pensive, rien ne semblait avoir réellement changé. Tous ses souvenirs et ses craintes ressurgirent alors. « Je ne pourrai pas affronter leurs regards, je ne pourrai pas leur expliquer….. (elle souffla un bon coup) Allez, ma vieille un peu de courage, tu devras bien leur annoncer un jour ou l’autre, il est tant que tout le monde sache la vérité »
- On est arrivé ? - Oui, mon chéri, on est arrivé chez les amis dont je t’ai parlé… tu te souviens ? Harriet et Bud. - Oui, ceux qui ont des enfants ? - Oui, c’est ça, allez on descend.
Elle sortit de sa voiture, détacha son fils, lui prit la main et tous deux se dirigèrent vers la porte d’entrée. Elle respira très fort, prit son courage à deux mains et sonna. Un enfant ouvrit la porte et ses yeux s’illuminèrent. Il sauta au cou de la jeune femme.
- Tante Sarah ! ! ! tu es enfin arrivée, si tu savais comme je suis content de te revoir. - Moi aussi AJ… (le prenant par les épaules pour le regarder) mais c’est que tu as grandi dis donc ! - T’as vu, et je suis le plus grand de ma classe ! - (souriant et prenant un air admiratif) Oh ! ! !
Elle le lâcha et posa sa main sur l’épaule de son fils.
- Je te présente Thomas, mon fils. AJ examina le bambin qui se tenait au côté de sa tante - Salut. Tom était étonné du comportement de cet enfant avec sa mère - Bonjour. Mac regarda son filleul : - Tu ne me poses pas de questions ? AJ haussa les épaules - C’est le fils de Oncle Harm. - Je… je… comment tu sais ça ? Tom se tourna vers sa mère : - C’est qui Oncle Harm ? - Tu le verras tout à l’heure, mon chéri dit-elle en posant la main sur sa tête AJ s’effaça pour laisser entrer les invités : - Entrez, maman est dans la cuisine.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
revedefer
|
Quelques instants après le coup de téléphone de Charles Drinkwater à Mac Réserve indienne de Pembroke, Tribu Lumbee, Comté de Robeson, Caroline du Nord
Charles était soucieux, il appréhendait les retrouvailles de ce soir, entre Sarah et l’Amiral Rabb. Non pas qu’il ait peur de perdre Sarah au profit de l’Amiral Rabb. Il y avait longtemps qu’il avait perdu ce combat, mais est-ce que Sarah allait enfin voir la vérité et taire ses rancunes et accepter l’inévitable, elle et Harm étaient faits l’un pour l’autre. Charles n’était pas dupe, il n’avait jamais réussi à conquérir le cœur de Sarah, elle était toujours amoureuse de son aviateur. Souvent dans son sommeil, elle murmurait son prénom « Harm » ; Charles n’était pas jaloux, Sarah et le petit Thomas étaient une bénédiction pour lui qui n’avait jamais eu de famille. Trop occupé qu’il était à réussir une brillante carrière pour avoir le temps et l’envie de s‘encombrer avec femme et enfants. Brillante carrière il avait eue, jusqu’à ce qu’il revienne à Pembroke pour l’enterrement de son père et que là, il ne prenne conscience que tout ce qu’il avait réalisé jusque là n’était rien et que sa place était auprès de ses frères de sang. Six mois après le décès de son père, Charles vendait sa superbe villa, quittait son poste de chirurgien en chef de l’hôpital de Détroit et venait s’installer dans la maison de ses parents. Il y avait maintenant dix ans de cela. Charles ne regrettait pas sa décision, il était heureux de soigner ses frères dans le dispensaire qu’il avait ouvert, depuis deux autres médecins, eux aussi d’origine Lumbee officiaient avec lui.
Puis, il y avait maintenant trois ans et demi que Sarah était entrée dans sa vie ; un beau matin, elle était arrivée poussée par une vision, elle avait vu un enfant blessé seul dans les marais. Cette vision s’était avérée juste, le petit Trevor était tombé de cheval lors d’une balade en solitaire et sans l’intervention de Sarah, il serait mort. Puis Sarah était revenue à la réserve pour son travail d’avocat conseil au Bureau des Affaires indiennes. Leur relation d’abord amicale avait petit à petit évolué vers une relation amoureuse et finalement Sarah & Thomas avaient emménagé avec lui. Thomas qu’il aimait comme un père, mais voilà Charles savait très bien que Thomas n’était pas son fils. D’ailleurs ce dernier s’appelait, Thomas Harmon Mackenzie et il était le portrait craché de son père. Combien de fois avait-il surpris Sarah qui regardait cette vieille photo en noir et blanc ou l’on voyait Harm enfant dans le cockpit d’un avion au côté de son père ? Charles espérait seulement que Thomas n’aurait pas à souffrir de la rencontre de ce soir entre ses parents. Non pas qu’il n’aimait pas Sarah ; mais Charles était conscient qu’un jour Sarah finirait par partir ; leur différence d’âge lui bientôt 60 ans et elle 45 ans, mais surtout l’amour de Sarah pour Harm était toujours là couvant telles les braises sous la cendre.
Puis Chloé Madison ; la « Little Sister » de Sarah était venu passer l’été 2009 avec eux, elle était tombée amoureuse des gens d’ici et plus particulièrement de Henry Lowry avec qui elle avait fondé une famille. Chloé était comme une fille pour Charles, une grande complicité les unissaient et tous les deux voulaient le bonheur de Sarah et du petit Tom. Jamais Charles n’aurait pensé rencontrer quelqu’un comme Chloé dans sa vie, cette jeune fille était devenue le joyau de sa vie, l’enfant qu’il n’avait jamais eue, une relation père fille s’était établie entre eux. Ils adoraient se balader à cheval, discuter des heures de choses et d’autres en buvant un verre de vin, jouer aux échecs, regarder Tom et Jimmy le fils de Chloé grandir. Chloé avait un esprit vif, un goût prononcé de la liberté, un petit côté garçon manqué, dès leur premier rencontre le courant était passé entre eux. Et que dire de la passion, plutôt de l’amour que Chloé avait ressenti au contact des Lumbee, jamais Chloé n’aurait pensé un jour trouver une deuxième famille, il y avait bien son père et ses grands-parents, mais là tout était différent ; ici à Pembroke au milieu de ces indiens, elle s’était sentie chez elle, enfin elle avait trouvé ce foyer qui lui manquait tant. Avec Henry, une osmose s’était produite dès le premier regard, le coup de foudre et contrairement à Sarah, Chloé s’était jetée dans cette aventure humaine et amoureuse et au grand jamais elle ne l’avait regretté ; tout n’était pas idyllique mais ainsi va la vie. Jimmy était né voici un an ; maintenant Chloé partageait sa vie entre son poste d’institutrice à la réserve et sa famille.
Charles et Chloé avaient, à de nombreuses reprises, parlé de la relation Sarah Harm et tous les deux étaient d’accord ; Sarah devait parler à Harm et surtout lui présenter son fils. Il ne fallait pas que cet enfant grandisse sans connaître son père biologique, Charles aimait le petit Tom et il savait par Chloé que ce dernier commençait à poser des questions sur son père. C’est pour cela que Chloé et lui avaient encouragé Sarah à se rendre aux retrouvailles de ce soir et que Charles n’avait pas voulu les accompagner, il avait prétexté une garde au dispensaire et le fait que ses collègues avaient des enfants, pour laisser Sarah et Tom se rendre à Washington DC.
Le bruit de la porte qui s’ouvrait tira Charles de ses pensées.
- Bonjour Charles, des nouvelles de Sarah ? - Bonjour Chloé. Je viens de l’avoir au téléphone, elle était bientôt arrivée chez ses amis. - Pas trop inquiet Charles ? - Un peu anxieux, ma petite Chloé.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Comtois rends toi nenni ma foi.   Merci Parden pour tes superbes bannières.
|
|
|
|
Audrey
|
10h15 Devant la maison de Mike
Aussitôt, ses pensées moroses abandonnèrent l'Amiral qui se plongea avec délices dans la bataille. Il se mit à l'abri et, rapidement, façonna quelques boules de neige tout en observant les alentours. Il repéra facilement 4 garçons, faisant tous partie de son équipe, pouffant de leur blague.
C'est ainsi que l'on m'accueille... Vous allez voir les enfants, de quoi est capable un ancien Seal que l'on provoque...
Il attendit quelques secondes et l'un des gamins s'approcha de quelques pas, prudemment. Mais rapide comme l'éclair, AJ avait frappé. La boule percuta le garçon en pleine poitrine et les autres vinrent à sa rescousse, bombardant leur entraîneur. Mais dans la panique et l'excitation, leurs tirs n'avaient plus aucune précision, contrairement à ceux de l'Amiral, qui faisait mouche à chaque fois. Finalement, les 4 enfants se retrouvèrent couverts de neige, mais rouge de bonheur. AJ s'approcha d'eux et sourit : -On implore sa reddition, matelots ? -Jamais ! Répondit Mike. Un pirate des mers ne se rend jamais ! -Très bien, puisque c'est comme ça... Il tomba alors à genoux près du petit, qui n'eut pas le temps de s'écarter et qui bientôt, se tortilla sous les chatouilles de l'Amiral, qui connaissait son point faible. Finalement, hors d'haleine, Mike lâcha: -Vous avez gagné... Je me rends Amiral...
Ils se relevèrent tous et époussetèrent leurs vêtements. AJ rayonnait. Ces enfants étaient ceux qu'il n'avait jamais eu. Il les aidait à grandir comme il aurait aimé le faire avec Francesca... Et ils lui rendaient l'amour qu'il leur portait au centuple... Il se sentait fier d'eux, surtout lorsqu'ils rentraient au vestiaire, gagnants ou perdants, peu importait, seules comptaient leurs mines réjouies d'avoir joué et le fait qu'ils se défoncent sur le terrain, comme il le leur avait appris.
-Tiens Mike, je te ramène ton gant. -Merci Amiral ! -Bon, maintenant, rentrez chez vous pour vous changer et vous reposer un peu. On se retrouve tous à la pizzeria à 12h00 précises !
Ce rendez-vous était devenu un rituel. Avant chaque match, toute l'équipe se retrouvait chez Tony et c'était un moment de partage et d'invention de tactiques de dernière minutes que les enfants n'auraient raté pour rien au monde...
------------------------------------ Washington 10h00
Sergueï se préparait. Depuis combien de temps n'avait-il pas revu Harm ? C'était si loin qu'il n'arrivait pas à fixer une date précise. il ne l'avait même pas rappelé en revenant aux Etats-Unis pour s'y fixer définitivement. A quoi bon ? Pourtant, il aimait son frère, et il savait que c'était réciproque. Comme la distance pouvait changer les choses ! ! Enfin, cette situation prendrait certainement fin lorsqu'ils se reverraient... Bud l'aiderait à être naturalisé et il pourrait ainsi faire venir sa femme et leurs 3 petites filles dans le pays de son père, où ils trouveraient enfin le bonheur, au milieu d'une nouvelle famille, le Jag. Car Sergueï n'avait pas oublié la gentillesse de toute l'équipe et il savait, il sentait qu'il avait été accepté immédiatement par le groupe et que ces quelques années n'avaient rien changé. Ils seraient tous là : l'Amiral, Harm, Bud, Harriet, Tiner, et la jolie coéquipière de son frère, Sarah Mackenzie. Il sourit en se rappelant l'attirance flagrante qu'elle exerçait sur l'ex Capitaine de corvette. Ils étaient peut-être mariés aujourd'hui ? Il décida alors d'aller aider Harriet, après avoir acheté quelques cadeaux pour les enfants des Roberts... en tant qu'invité surprise, la moindre des choses était d'apporter son aide à la maîtresse de maison, surtout qu'il n'avait rien à faire ! Il se mit donc en route, direction le centre commercial...
|
|
|
|
|
Journalisée
|
La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître. Victor Hugo 
|
|
|
|
mariecevia
|
Réserve de Pembroke - 13 h 20
Chloé observait Charles, il était assis à sa table de séjour, comme prostré, tenant le combiné du téléphone entre ses mains, il tournait et retournait l’appareil sans cesse. Il avait énormément changé ces derniers mois, lui si loquace était devenu laconique…il venait de fêter ses soixante ans, c’est une date qui compte dans une vie. Il paraissait amaigri, tendu et moins ouvert aux autres, comme retiré en lui-même, cheminant dans une réflexion intérieure profonde. Les patients du dispensaire commençaient a parler sur son compte et à s’interroger sur ce qu’il lui arrivait : le docteur Charles Drinkwater pratiquait, certes, une médecine de blanc mais il avait toujours su porter son attention autant sur la maladie du corps que celle de l’âme. Distinction d’importance, chez les Indiens, car ceux-ci sont convaincus que certaines maladies sont causées, avant tout, par le désir insatisfait de l’âme. Et Spocky, surnom donné par la tribu à Charles, avait toujours su les écouter, et prendre le temps de parler avec eux, en quelque sorte les analyser et délier avec eux, les nœuds de leurs âmes. Ses qualités de cœur et d’empathie faisaient qu’il comprenait très bien Sarah. Elle était touchée et émue par sa capacité a l’écouter et a l’amener à parler en toute confiance. Il l’avait séduite par son naturel et ses manières douces et prévenantes fort éloignées de l’esprit guerrier des Marin’s où elle avait évolué pendant presque vingt ans. Cette nécessité de devoir s’affirmer et se faire respecter sans cesse, ajouté à son passé mouvementé avaient rendu Sarah/Mac si dure, si incapable d’ouverture, de temporisation, où un simple contretemps, un malentendu apparaissait alors comme irrémédiable, irréparable comme le fait que Harm l’ait quittée cette nuit là sans un mot d’explication…Une brèche s’était ouverte et le pont avait cédé… Avec lui Sarah avait rendu les armes et laissé enfin sa douceur et sa gentillesse s’exprimer, et peut-être la maternité l’avait aidée a redécouvrir sa féminité.
Pour son anniversaire Spoky avait fait une « retraite » dans un tipi de « la danse du soleil », celui dans lequel on recrée symboliquement l’ordonnancement du monde. Il avait jeûné pour entrer en communication avec les esprits. Non pas qu’il ait besoin d’eux pour faire le bilan de sa vie, mais il recherchait un soutien spirituel pour accompagner les bouleversements qu’il prévoyait dans son existence. L’aigle, symbole d’autorité et de pouvoir mais aussi de grande sagesse lui était apparu. Enfin, plus exactement, il s’était vu en aigle tournoyant au-dessus du Capitole puis s’éloignant… Evidemment il savait que son inconscient avait orienté son rêve. Le rendez-vous de Sarah avec Harm était son principal sujet de préoccupation, et une conséquence de leurs retrouvailles serait, il n’en doutait même plus, la rupture avec Sarah… Mais quelle place lui laisserait-elle alors occuper dans sa vie ? Serait-il totalement rejeté ? Oublié ? Abandonné ? Et Thomas, pourrait-il le revoir ? Que deviendrait-il pour lui ? Et toujours il butait sur ces questions. Il avait assez de bon sens pour comprendre que Sarah lui échappait, mais accepter de la voir partir, c’était vivre sans elle, accepter de voir s’éteindre son amour pour elle, accepter de vivre seul… Alors oui, anxieux il l’était, mais sage, non ! Il ne pouvait si résoudre…renoncer sans essayer…ce serait accepter la vieillesse comme un fardeau…Lui ne se sentait pas vieux, pas assez pour renoncer à l’amour de Sarah, il l’avait séduite une première fois…il le pourrait encore s’il s’en donnait la peine…il devait se battre pour la garder près de lui. Le sang de ces ancêtres semblait lui ordonner d’être plus combatif et moins conciliant surtout si l’on veut préserver ce qui fait le sel de sa vie…
Charles se redressa, regarda Chloé et lui cria presque « Chloé, je dois la rejoindre immédiatement… » Elle ne fût pas réellement surprise, les yeux de Spoky étaient brillants, la pupille dilatée. Sa décision fit sur son attitude comme un coup de baguette magique. De taciturne, limite ombrageux, il devint rayonnant arborant maintenant un sourire magnifique révélant une dentition parfaite, ses yeux sombres, sans cils, fixait Chloé dans l’attente d’une réaction. Spoky ne faisait pas son âge, il était svelte, de grande taille, les cheveux d’un noir de jais qu’il portait mi-longs et dégradés, il n’y avait que lorsqu’il les attachait qu’apparaissaient autour des oreilles des filets d’argent. Le teint mat des indiens, un visage peu marqué, hormis par les rides d’expression. Avenant et séduisant, Chloé comprenait le charme qui opérait sur Mac, elle-même n’y était pas insensible. Tout en lui inspirait la confiance, une attitude prévenante et chaleureuse, limite machiste quelque fois, comme les doux possessifs…
« Que pouvait-elle répondre ? Non ! Spoky n’y va pas ! Pff !! inutile, tant il paraissait déterminé et au fond elle pensait que les choses devaient se passer ainsi…
Elle aimait tellement Sarah, non seulement parce qu’elle avait retrouvé son père et ainsi permis qu’elle grandisse parmi les siens. Mais surtout l’attitude de Mac envers elle n’avait jamais dérogé, ni dans les rires, ni dans les larmes. Elle avait toujours su lui dire non et n’avait pas cédé à ses caprices d’adolescente perturbée, elle avait vu loin pour elle, l’ambition d’une mère pour son enfant. Toujours présente quelles que soient les circonstances, des petits aléas de la vie au bonheur des examens réussis jusqu’aux peines de cœur … A la mort tragique de ses grands-parents. Mac avait été son plus grand soutien (son père étant en mer), elle s’était chargée de tout et l’avait même forcée à venir passer un mois dans la réserve afin qu’elle ne reste pas seule, isolée dans la ferme de ses grands-parents… Elle avait trouvé l’amour, épousé Henry et donné naissance à Jimmy, avec le foyer de Mac et Spoky, elle se trouvait entourée d’un clan affectueusement soudé…
Chloé n’était pas sûre; qui de Harm ou de Spoky était, fût ou serait le compagnon idéal pour Mac, mais elle savait qu’elle ne laisserait ni l’un ni l’autre blesser celle qu’elle considérait comme son ange protecteur. Peut-être ne pourrait-elle rien empêcher, mais elle devait aller là-bas, pour elle, pour la soutenir. Elle voulait déjà l’accompagner auparavant, car elle savait que la situation de Mac était difficile, elle se rendait là-bas, finalement pour avouer qu’elle avait menti à chacun durant ces cinq dernières années…Une tempête se levait…Son fils l’avait retenue, elle n’avait pas osé le quitter, même pour quelques jours, mais maintenant, réflexion faite, impossible de laisser Mac affronter seul les évènements à venir…
Il fallait qu’elle prenne une décision rapidement « Attends-moi Spoky, je confie Jimmy à Henry et je t’accompagne », « Profites-en pour prendre quelques affaires et vérifier les différents niveaux de ma voiture » ordonna-t-elle « pas question de rouler avec ta vieille guimbarde » en lui lançant ses clefs de voiture. Chloé sortit de chez Spoky, elle n’avait que la rue à traverser pour être chez elle. Elle expliqua rapidement la situation à Henry, celui-ci profiterait de son absence pour se rendre chez sa mère… Chloé prit un annuaire et rechercha le numéro de téléphone des Roberts, elle devait joindre à tout prix Harriet…
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
Mack
|
Domicile des Roberts
Sarah se tenait sur le pas de la porte et elle ne bougeait pas. AJ l’observait.
-Ne bouge pas, dit-il finalement. Je vais aller chercher maman.
Il revint quelques instants plus tard, accompagné d’Harriet. La maman d’AJ observait son amie et le petit garçon.
-Bonjour Harriet, dit doucement Sarah. Voici mon fils, Tom.
Sarah se pencha pour aider Thomas à enlever son manteau, puis elle se débarrassa du sien. Harriet ne pouvait pas lever les yeux du petit garçon. Son regard était trop semblable à celui de son meilleur ami, cet homme qu’elle considérait comme son frère. Les yeux bleus de Harm. Tom ne pouvait être que son…
Sarah voyait comment son amie regardait son fils. Il lui sembla que la boule qui était dans sa gorge depuis sa « rencontre » avec Harm cet après-midi grossissait encore…
-Harriet, j’aurais tant aimé le lui dire! Mais je ne pouvais pas! J’en étais incapable!
Sarah éclata en sanglots. Toute la peine, toutes les frustrations et la colère qu’elle refoulait depuis cinq ans coulaient de ses yeux. Elle était désespérée. Elle semblait si fragile, si petite qu’ Harriet s'approcha et Mac lui tomba presque dans les bras. Elle pleurait, encore et encore. -Chut… murmurait Harriet. Tout va s’arranger, Sarah.
Thomas ne comprenait pas. Pourquoi sa maman pleurait-elle alors qu’elle devrait être heureuse de retrouver une amie?
Harriet regarda son fils.
-AJ, tu voudrais bien emmener Tom avec toi à la salle de jeux?
AJ saisit le petit garçon par la main et Tom lui demanda : -Est-ce que tu as des avions?
Sarah regarda Harriet et sourit à travers ses larmes. Elles se comprenaient.
-C’est bien le fils de son père…
********************** 15h55 Bureau de Bud
Le téléphone sonna. Il décida de répondre, même s’il avait déjà mis la clé dans la serrure.
-Maître Roberts, que puis-je pour vous? -Bud, c’est Harriet. Je crois que nous avons un problème.
Bud entendait comme des sanglots étouffés venant d’une personne se trouvant avec Harriet. Mais qui cela pouvait-il bien être?
-Bud, tu pourrais aller acheter un avion-jouet au magasin à côté de ton bureau? -Harriet, dit-il en riant, je croyais qu’on avait acheté assez de jouets pour les enfants cette année? -Ce n’est pas pour eux mais pour notre invité surprise. Tu veux bien? -Bien sûr, Harriet. On se voit tout à l’heure. Je t’aime. -Je t’aime moi aussi. À tout à l’heure.
***************** 16h00 Quelque part dans les airs, entre la Caroline du Nord et Washington D.C.
Finalement, Chloé et Charles avaient décidé de prendre l’avion. Jamais ils ne réussiraient à franchir les 600 kilomètres entre Pembroke et Washington avant 19h00, l’heure à laquelle tout le monde devait se rencontrer au MacMurphy’s! Mais malgré tout, Chloé était songeuse. Elle regardait Charles, qui lui semblait passionné par les nuages. Mais elle savait qu’il était torturé par une pensée. Ou deux. Cette soirée bouleverserait toute la vie du chirurgien. Il allait peut-être perdre Sarah. Ou pire encore : Tom. Thomas était son fils. Il l’appelait papa. Le petit garçon savait que Charles n’était pas son vrai père, Sarah lui avait dit dès qu’il avait été en âge de comprendre. Mais Thomas était fier d’avoir deux papas : un pilote et un médecin. Et il racontait à tout le monde que plus tard, il voulait devenir un médecin qui se déplacerait en avion et non pas en ambulance.
Chloé ne pouvait rien dire pour rassurer Charles et c’est ce qui lui faisait le plus de peine…
***************** 16h00 Maison de AJ Chegwidden
Il rentra chez lui, fourbu. Son équipe avait gagné, mais de justesse. Il faisait si froid! Mais qu’est-ce qui lui avait pris d’accepter de jouer au baseball en hiver? Puis il se rappela… C’était Mike. Le petit garçon n’avait qu’une seule chose dans sa vie : ce sport. Son père était alcoolique et sa mère… AJ ne s’en savait pas trop quoi en penser. Et Mike lui rappelait tellement Sarah. Il espérait pouvoir aider le petit garçon, presque pour pouvoir se racheter de ne pas avoir assez aidé son amie… L’ex-amiral savait que le fait que le père de Mac soit alcoolique et violent avait influencé ses relations avec tout le monde…les hommes en particulier…et Harm. Et il ne voulait pas que cette chose se reproduise.
***************** 16h00 Magasin à grande surface
Sergeï avait choisi trois jolies poupées pour ses trois amours de petites filles. Il aurait tout donné pour être avec elles et Helena! Mais il savait que ce qu’il faisait présentement leur permettrait d’avoir une vie meilleure.
Il pénétra dans une autre rangée : celles des figurines de guerre. Puis, il vit un visage vaguement familier.
-Bud! -Sergeï!
Les deux hommes s’approchèrent et s’étreignirent.
-Bud, je sais que ce n’est ni le temps ni le moment, mais j’aimerais te parler de mon cas… -Sergei, vas-y, je t’écoute.
Et Sergei lui expliqua ce pourquoi il voulait émigrer. Lui et sa petite famille habitaient une banlieue non loin de St-Petersbourg. Ils vivaient dans un calme relatif. Sa femme, Helena, était Tchétchène. Mais cela ne causait pas trop de problèmes car leur quartier était en majorité Tchétchène. Mais, lorsque la guerre en Tchétchénie s’était terminée il y avait un peu plus d’un an, tous leurs voisins étaient retournés dans leur pays d’origine. Et, d’un coup, Helena et ses filles se retrouvaient seules Tchétchènes dans un quartier de Russes. Les voisins avaient commencé à menacer Helena et ses filles, Natacha, Karina et Nadia, à vandaliser sa voiture…
-Et ça Bud, je ne peux pas le supporter…
Bud tendit la main à Sergei.
-Je t’aiderai à ramener ta famille ici, Sergei, c’est promis.
********************** 16h00 Appartement de Harmon Rabb Jr.
Il tournait en rond dans sa cuisine. Il allait revoir Sarah! Ce SOIR! Il ne pouvait pas le croire. Il avait espéré ce jour depuis qu’elle était partie… et maintenant il ne pouvait plus attendre. Tout à coup, son téléphone sonna…
Mack
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Merci à Coraly pour sa bannière!
|
|
|
|
Midship
|
16h00 Appartement de Harmon Rabb Jr
- Amiral, Capitaine Tiner, navré de vous déranger à cette heure, mais je viens de recevoir un appel de la Maison Blanche et Madame la Secrétaire d’État souhaite vous retrouver au Jag d’ici une demi-heure… - Merci, Capitaine, je pars immédiatement.
En réalité, rester ici ne lui valait rien; il préférait l’action, tout plutôt que cette attente remplie de doutes, de questions et d’impatience; du moment qu’on ne lui volait pas cette soirée…Il jeta un regard autour de lui, il faudrait bien qu’il repasse chercher les cadeaux pour les enfants et se changer, puis sortit, direction le Jag.
16h 10 Domicile des Roberts
Quand Harriet était revenue après son coup de fil à Bud, elle avait retrouvé Sarah assoupie sur le canapé : l’émotion avait eu raison d’elle; elle s’approcha, réussit à la faire s’allonger, lui glissa un coussin sous la tête et, doucement, s’éclipsa.
Une seule pensée occupait tout son esprit : comment aider ces deux-là? Comment, à la fin des fins, réunir Sarah Mackenzie et Harmon Rabb Jr, ces deux êtres qui pour tous ceux qui les avaient connus et vus ensemble étaient faits l’un pour l’autre. Dès le début, elle avait compris qu’ils y avaient entre eux quelque chose de spécial, au-delà de leur complicité professionnelle si grande, de leur attachement réciproque si évident, un lien particulier, un fil ténu mais si fort, - mais qu’apparemment eux ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir -, et cependant, à chaque fois que tout semblait réuni pour qu’ils franchissent le pas, une force irrésistible les éloignait, force, attraction, rejet…un cercle infernal….et ce n’était pas faute de les connaître, elle les avait vu faire si souvent…et c’étaient ses amis mais ils étaient si … compliqués!
Mais elle sentait bien qu’aujourd’hui, ce serait le jour de la dernière chance : presque vingt ans que cela durait ainsi, cela paraissait incroyable, et maintenant ce petit garçon, qui était là, et bien là, - mon Dieu, sa ressemblance avec Harm serrait le cœur! - allait changer forcément la donne et peut-être pas pour de bonnes raisons! Si Harm découvrait Tom, il ferait tout pour reconnaître son fils. C’était l’évidence même, mais Sarah et lui dans cette histoire? Comment, dans ces conditions, trouveraient-ils « leur vérité »? C’était cela qui importait avant tout! Même pour le bonheur et l’avenir de Tom! Elle en était là de ses réflexions quand la sonnerie du téléphone la fit tressauter.
- Harriet, Chloe, je t’appelle de l’avion; j’arrive dans une petite heure mais… il faut que je te dise…je ne suis pas seule; en fait, Charles Drinkwater, le compagnon de Sarah est là aussi… - Comm…Comment?? Mais comment allons-nous faire? Cela va être impossible à gérer, des retrouvailles à quatre!! Tu imagines? - Oui, je sais, cela fait vingt minutes que j’y réfléchis en voyant Charles si préoccupé, si tendu… j’ai pensé que nous pourrions nous installer chez mon amie Tina, le temps de mettre au point une stratégie plausible ; il ne faut pas que Charles et Harm se rencontrent maintenant, ce serait un désastre total, Sarah prendrait la fuite à nouveau, la pression, elle l’a déjà… mais Charles a le droit de la voir également… on y pense chacune de son côté et je te rappelle d’ici une petite demi-heure? - On peut dire qu’ils nous feront mourir d’angoisse ces deux-là, jusqu’au bout, rien ne nous sera épargné…Attends, j’ai peut-être une idée : j’espère que rien de nouveau ne se produira maintenant… je crois, non, je suis certaine qu’ Harm et Sarah devraient se rencontrer hors de la présence des autres, avant la soirée au Mac Murphy ‘s, sinon nous courons à la catastrophe! Qu’en penses-tu? - Oui, c’est une bonne idée, tu as raison, une chose après l’autre! Mais comment s’y prendre? - Tout à l’heure, Harm a appelé, il doit se rendre au Mur vers 18 heures, où il retrouvera l’Amiral Boone… - Génial, il ne te reste plus qu’à en parler à Mac, moi, de mon côté, j’appelle Tina et je vais avoir une longue conversation avec Charles…A tout à l’heure, Harriet. Ah, si un petit coup de baguette magique pouvait nous faire vieillir d’une bonne dizaine d’heures… - Oui, tu as raison! bah, qu’est-ce que quelques heures après toutes ces années d’attente! croisons les doigts!
16h19 Quelque part au-dessus des nuages, entre la Caroline du Nord et Washington DC
Chloé revint lentement vers Charles, il regardait obstinément par le hublot; elle savait qu’une bataille terrible se livrait en lui. Charles était l’honnêteté même, sincère, droit et fier; des qualités qui avaient eu raison des appréhensions de Mac et qu’elle, elle admirait tant en lui. Pour elle, il était un modèle, l’expression vivante de tout ce qu’elle aimait chez un homme, et si fidèle à ses origines indiennes! La décision d’aller voir Sarah, presque sur un coup de tête, ne lui ressemblait pas vraiment, mais elle comprenait… - Charles…il faut qu’on… - Oui, je sais, Chloé, c’est de la folie… comment vais-je m’en sortir? Et Sarah? Et Tom? Je ne me reconnais plus… c’est pas moi, ça… mais comme ça fait mal, ma petite Chloe!
16h28 Quartier Général du Jag, bureau de l ‘Amiral Rabb
- Capitaine Tiner? - L’Amiral AJ Chegwidden au téléphone! - Amiral! AJ! Alors prêt pour ce soir? - Plutôt deux fois qu’une! Avez-vous la confirmation de la venue de tous? - Oui, plus ou moins… - C’est bien! Vous ne pouvez imaginer la joie que je me fais de vous retrouver tous réunis! - Merci, AJ, à tout à l’heure!… - Amiral! - Oui, Tiner? Harm leva la tête, écarquilla les yeux et son visage exprima une joie intense, un large sourire l’éclaira, et il se leva précipitamment vers son interlocuteur : - Sturgis!
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Midship "le seul cadeau plus précieux que l'air que nous respirons c'est la main que nous tenons" A.J Chegwidden  Bannière de Parden, merci!
|
|
|
|
revedefer
|
16 h 20 Domicile des Roberts
Harriet venait juste de raccrocher que la sonnette carillonna, elle se rendit à l’entrée, c’était le traiteur qui venait livrer le buffet pour le réveillon de ce soir.
******************************************
16 h 05 Magasin de jouets
- Merci de ton aide, Bud. - Viens à la maison avec moi, Sergeï et nous irons ensemble chez Mac Murphy’s, Harriet sera contente de te voir et Sarah est déjà chez nous, vous pourrez parler de ton frère ensemble. - Ok, Bud, je te suis.
*************************************
16 h 28 Quartier Général du JAG
- Salut, Harm !
Les deux hommes échangèrent une vigoureuse poignée de mains, cela faisait deux mois qu’ils ne s’étaient pas revus, depuis la prise de fonction de Harm au JAG. Sturgis et Harm étaient plus que des collègues de bureau, ils avaient travaillé ensemble au JAG, mais, bien avant cela, ils étaient déjà amis. Leur amitié remontait à l’époque de l’Académie Navale et jamais, même quand leur différentes affectations au sein de la Navy les avaient séparés, leur amitié n’avait faibli, bien au contraire, les deux hommes étaient complémentaires et s’entendaient à merveille.
- Que viens-tu faire au JAG et en civil de plus ? - C’est le réveillon de Noël ce soir, Harm et j’étais de repos avec les enfants à la maison, tranquille mais c’était sans compter avec les femmes, Harm ! fit-il un petit sourire aux lèvres. - Explique-toi ? demanda Harm, curieux de savoir de quelles femmes il pouvait bien s‘agir. - Déjà la mienne ! pensais-tu que Bobbi allait se contenter de ton refus de participer à sa commission d’enquête ? - Bobbi t’a demandé d’intervenir ? - Oui et je lui ai dit que notre amitié ne justifiait pas que j’intervienne dans tes décisions ; mais je ne pouvais dire non à la deuxième femme. - Qui est donc cette mystérieuse deuxième femme Sturgis ? - C’est moi, Amiral !!
Tellement pris par leur conservation, les deux amis n’avaient pas entendu la porte du bureau s’ouvrir.
- Madame le Secrétaire d’Etat, fit Harm surpris de cette intrusion dans son bureau. - Et oui Amiral ! Croyez-vous que j’allais laisser tomber juste pour un peu de neige, c’est mal me connaître !!! Nous allons approfondir cette disparition mystérieuse à bord de l’USS Bill Clinton avec l’Amiral Turner et après nous discuterons de votre participation active à la commission d’enquête dirigée par Bobbi Latham ; des objections Amiral ?!!!
********************************************
16 h 00 Washington DC – Domicile de Mickey Roberts
Mickey essayait de joindre son frère au téléphone et celui-ci sonnait occupé. Il raccrocha et en attendant le rappel automatique, son regard survola les photos qui ornaient son bureau. Il regarda d’abord celle de son mariage avec Paula, les photos de ses enfants, Mégane et Bud Junior et puis la photo où il se trouvait avec son frère et son père ; cette dernière avait été prise au centre de rééducation pendant la convalescence de Bud.
Mickey se mit à penser qu’il ne serait pas là aujourd’hui, si son frère n’avait pas sauté sur une mine en Afghanistan, à quelque chose malheur est bon. C’était grâce ou à cause de cette mine qu’il avait connu Paula Grant, fille du Général quatre étoiles de l’US Army Théodore Grant ; elle travaillait pour le Ministère de la Défense, chargée de communication, elle réalisait un article sur l’intégration des handicapés dans les Forces Armées Américaines. Paula était venue chez Harriet et Bud pour interviewer ce dernier et justement Mickey était là pour quelques jours de repos bien mérité pendant sa formation d’officier à l’Académie Navale d’Annapolis. Paula avait souhaité s’entretenir aussi avec Mickey pour son article. Puis Paula était venue à Annapolis, faire un article sur l’Académie Navale et dans ce but : elle avait à nouveau rencontré Mickey, car ce dernier était sorti Major de sa promotion.
Suite à cette dernière rencontre, les deux jeunes gens étaient restés en contact et leur relation était devenue plus sérieuse au fil du temps. Mickey et Paula s’étaient mariés en août 2005, Mégane était née en août 2007 et le petit Bud Junior avait suivi en juin 2009.
Après les fêtes, le Capitaine de Corvette Mickey Roberts allait rejoindre sa nouvelle affectation au sein de l’Etat Major de la flotte de l’Atlantique, sous les ordres de l’Amiral Sturgis Turner, ce dernier ayant souhaité que Mickey intègre son Etat-Major.
La sonnerie du téléphone sortit Mickey de ses pensées.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
Comtois rends toi nenni ma foi.   Merci Parden pour tes superbes bannières.
|
|
|
|
Lotte
|
16h00 Mickey décrocha. - Roberts - Bonjour, c’est l’amiral Turner. Je pense que vous allez commencer votre mission plus tôt que prévu Capitaine Roberts. J’ai besoin de vous au Jag. - Je pars tout de suite, Amiral. Mickey laissa un mot à sa femme lui demandant de ne pas l’attendre et de le retrouver chez son frère pour le repas.
******
16h28 Harriet s’occupa de réceptionner tout ce que le traiteur amenait et qui avait été commandé plusieurs semaines auparavant. Elle songea que pour une fois sa manie de toujours prévoir large allait leur être utile. En effet, un enfant et deux adultes supplémentaires venaient de s’ajouter sur la liste des invités du soir. Et elle ignorait encore que Bud allait amener Sergeï.
La sonnette de l’entrée n’avait pas réveillé Mac, et Harriet prit le temps de tout mettre en place pour le réveillon avant de se préparer une bonne tasse de thé. Son amie avait l’air d’avoir besoin de dormir et de prendre des forces pour la longue soirée qui l’attendait. Elle finit de préparer le thé et songea au moyen d’envoyer Mac au Mur sans Tom pour qu’elle puisse revoir Harm tranquillement avant la foule du Mac Murphy’s où Mac allait être sollicitée de toute part par les amis qui ne l’avaient pas revue depuis toutes ces années.
AJ avait emmené Tom dans la salle de jeux et ses frères les avaient rejoint. Le petit Tom narrait sa vie à la réserve, et le quotidien en compagnie de sa maman et de Charles. Il parla également de son papa pilote et absorbé dans la contemplation des quelques avions qu’AJ tenait de son parrain, il voulut tout savoir sur ces avions et la vie de ce parrain qui était pilote comme le père qu’il ne connaissait pas. Il était également intrigué par l’existence de cet oncle Harm qu’AJ avait mentionné à son arrivée. Il posa la question aux enfants Roberts. AJ un moment démangé par l’envie de montrer des photos de Harm, seul ou en compagnie de Mac, à Tom préférait attendre. Il était partagé entre l’envie de raconter ce qu’il savait et son sens des responsabilités qui lui dictait de patienter encore et de consulter sa mère et sa marraine avant d’informer le petit Tom du « secret » de sa naissance ; surtout depuis qu’il avait appris l’existence de Charles. Devant l’insistance du petit, AJ se décida cependant à lui dire que son parrain était pilote dans l’aéronavale et qu’oncle Harm était un ami de la famille, militaire, qui avait travaillé avec ses parents avant sa naissance. C’est à ce moment qu’ils entendirent Bud rentrer et des exclamations de surprise et de joie retentir, AJ prit Tom par la main et tous descendirent pour embrasser leur père et voir ce qui provoquait une telle effervescence.
*********************************
16h20 Voiture de Bud
Après avoir payé leurs achats, Bud et Sergeï s’étaient dirigés vers le parking. Bud avait proposé à Sergeï de le conduire chez eux. Le temps du trajet, Bud en profita pour détromper Sergeï, persuadé que son frère et Mac avaient fini par s’installer ensemble. Le Russe fut très déçu d’apprendre que, une fois de plus son frère n’avait pas eu le courage d’affronter ses sentiments pour Mac. Lui connaissait la tristesse d’être séparé de sa famille mais sa femme et ses trois filles représentaient toute sa vie et il avait de la peine pour son frère qui était resté célibataire alors qu’il avait tout pour être heureux avec Mac. Bud finissait de lui donner le peu de nouvelles qu’il avait de Mac lorsqu’il se gara devant sa maison.
*************************************************
Sarah émergeait doucement d’un sommeil profond au moment où Harriet s’était approchée avec deux tasses de thé. Elles s’étaient assises confortablement et après une profonde inspiration, Mac avait commencé pour son amie le récit de tout ce qu’elle ne lui avait pas dit lors de leurs trop rares conversations des dernières années. C’est ainsi qu’elle confirma à Harriet que Tom était bien le fils de Harm et qu’elle lui parla de Charles, dont Harriet connaissait déjà l’existence par Chloé mais qu’elle se garda bien d’avouer à son amie; deux faits qui expliquaient que Mac ait refusé le poste que le FBI lui avait proposé à Washington.
- Il faut me comprendre Harriet. Les premiers temps j’avais besoin de mettre de la distance avec tout ce qui avait fait ma vie ici et tout ce qui se rapportait à Harm. Et puis au fil des années, j’ai trouvé un équilibre pour Tom et moi et je pensais de moins en moins douloureusement au passé. Et puis comment vous l’annoncez sans le dire à Harm ? Et ça c’est au dessus de mes forces….. - Et pourtant, il va bien falloir…..lui dit doucement Harriet. - Oui il le faut, Tom me pose beaucoup de questions. Et même si je lui en veux encore, je ne peux pas laisser Harm dans l’ignorance. Je dois lui dire qu’il a un fils, mais pas tout de suite ; j’ai peur que son sens des responsabilités ne perturbe ses sentiments et j’ai besoin de savoir exactement ce qu’il ressent pour moi. Je ne sais pas comment je vais pouvoir retrouver Harm et en même temps gérer ces retrouvailles collectives. Et il faudra ensuite que je parle de Tom………. - Justement, répondit Harriet, il se trouve que je sais que Harm doit se rendre au Mur vers 18h, cela pourrait être l’occasion de vous retrouver calmement tous les deux avant de nous rejoindre au Mac Murphy’s. Et ensuite nous aurons le temps de lui faire rencontrer Tom.
Elles finissaient leur conversation lorsque Bud ouvrit la porte et pénétra dans le hall, immédiatement suivi de Sergeï. Les exclamations de surprise fusèrent et les deux femmes se levèrent pour les accueillir.
C’est au milieu des embrassades que les enfants entrèrent dans le salon. Tom, un peu effrayé par tout ce monde, cette agitation et ces nouvelles têtes, se réfugia près de Mac et émit un petit « maman ». Aussitôt, Sergeï et Bud levèrent les yeux vers le petit garçon dans les bras de Mac et dévisagèrent le petit bonhomme auquel ils trouvèrent aussitôt un air familier. Mac allait devoir s’expliquer, mais devant l’embarras de son amie, Harriet prit les choses en main. Elle proposa aux grands et aux petits de prendre un goûter et de savourer la joie des retrouvailles avant de penser à quoi que ce soit de sérieux. Tous se dirigèrent donc vers la cuisine.
***************************************************
16h30 Au JAG
La secrétaire d’Etat, Turner, Harm, Mickey, Coates, Galindez, Milton et Cartano composaient la « cellule de crise de la disparition de l’USS Clinton» et tentaient de découvrir où avaient bien pu passer le commandant du sous-marin et son second. Tous étaient concernés d’une façon ou d’une autre : Mickey avait été appelé en tant que membre de l’état major de l’Amiral Turner, lui-même concerné parce que le sous-marin Clinton devait faire partie de sa flotte. En outre, Mickey Roberts avait eu le second comme instructeur lorsqu’il était à l’Académie, et cela représentait toujours une chance supplémentaire pour comprendre ce qui s’était passé.
|
|
|
|
|
Journalisée
|
|
|
|
|
| |
|