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Sujet: Rendez-vous dans dix ans (Lu 9347 fois)
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mariecevia
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Réserve de Pembroke - 13 h 20
Chloé observait Charles, il était assis à sa table de séjour, comme prostré, tenant le combiné du téléphone entre ses mains, il tournait et retournait l’appareil sans cesse. Il avait énormément changé ces derniers mois, lui si loquace était devenu laconique…il venait de fêter ses soixante ans, c’est une date qui compte dans une vie. Il paraissait amaigri, tendu et moins ouvert aux autres, comme retiré en lui-même, cheminant dans une réflexion intérieure profonde. Les patients du dispensaire commençaient a parler sur son compte et à s’interroger sur ce qu’il lui arrivait : le docteur Charles Drinkwater pratiquait, certes, une médecine de blanc mais il avait toujours su porter son attention autant sur la maladie du corps que celle de l’âme. Distinction d’importance, chez les Indiens, car ceux-ci sont convaincus que certaines maladies sont causées, avant tout, par le désir insatisfait de l’âme. Et Spocky, surnom donné par la tribu à Charles, avait toujours su les écouter, et prendre le temps de parler avec eux, en quelque sorte les analyser et délier avec eux, les nœuds de leurs âmes. Ses qualités de cœur et d’empathie faisaient qu’il comprenait très bien Sarah. Elle était touchée et émue par sa capacité a l’écouter et a l’amener à parler en toute confiance. Il l’avait séduite par son naturel et ses manières douces et prévenantes fort éloignées de l’esprit guerrier des Marin’s où elle avait évolué pendant presque vingt ans. Cette nécessité de devoir s’affirmer et se faire respecter sans cesse, ajouté à son passé mouvementé avaient rendu Sarah/Mac si dure, si incapable d’ouverture, de temporisation, où un simple contretemps, un malentendu apparaissait alors comme irrémédiable, irréparable comme le fait que Harm l’ait quittée cette nuit là sans un mot d’explication…Une brèche s’était ouverte et le pont avait cédé… Avec lui Sarah avait rendu les armes et laissé enfin sa douceur et sa gentillesse s’exprimer, et peut-être la maternité l’avait aidée a redécouvrir sa féminité.
Pour son anniversaire Spoky avait fait une « retraite » dans un tipi de « la danse du soleil », celui dans lequel on recrée symboliquement l’ordonnancement du monde. Il avait jeûné pour entrer en communication avec les esprits. Non pas qu’il ait besoin d’eux pour faire le bilan de sa vie, mais il recherchait un soutien spirituel pour accompagner les bouleversements qu’il prévoyait dans son existence. L’aigle, symbole d’autorité et de pouvoir mais aussi de grande sagesse lui était apparu. Enfin, plus exactement, il s’était vu en aigle tournoyant au-dessus du Capitole puis s’éloignant… Evidemment il savait que son inconscient avait orienté son rêve. Le rendez-vous de Sarah avec Harm était son principal sujet de préoccupation, et une conséquence de leurs retrouvailles serait, il n’en doutait même plus, la rupture avec Sarah… Mais quelle place lui laisserait-elle alors occuper dans sa vie ? Serait-il totalement rejeté ? Oublié ? Abandonné ? Et Thomas, pourrait-il le revoir ? Que deviendrait-il pour lui ? Et toujours il butait sur ces questions. Il avait assez de bon sens pour comprendre que Sarah lui échappait, mais accepter de la voir partir, c’était vivre sans elle, accepter de voir s’éteindre son amour pour elle, accepter de vivre seul… Alors oui, anxieux il l’était, mais sage, non ! Il ne pouvait si résoudre…renoncer sans essayer…ce serait accepter la vieillesse comme un fardeau…Lui ne se sentait pas vieux, pas assez pour renoncer à l’amour de Sarah, il l’avait séduite une première fois…il le pourrait encore s’il s’en donnait la peine…il devait se battre pour la garder près de lui. Le sang de ces ancêtres semblait lui ordonner d’être plus combatif et moins conciliant surtout si l’on veut préserver ce qui fait le sel de sa vie…
Charles se redressa, regarda Chloé et lui cria presque « Chloé, je dois la rejoindre immédiatement… » Elle ne fût pas réellement surprise, les yeux de Spoky étaient brillants, la pupille dilatée. Sa décision fit sur son attitude comme un coup de baguette magique. De taciturne, limite ombrageux, il devint rayonnant arborant maintenant un sourire magnifique révélant une dentition parfaite, ses yeux sombres, sans cils, fixait Chloé dans l’attente d’une réaction. Spoky ne faisait pas son âge, il était svelte, de grande taille, les cheveux d’un noir de jais qu’il portait mi-longs et dégradés, il n’y avait que lorsqu’il les attachait qu’apparaissaient autour des oreilles des filets d’argent. Le teint mat des indiens, un visage peu marqué, hormis par les rides d’expression. Avenant et séduisant, Chloé comprenait le charme qui opérait sur Mac, elle-même n’y était pas insensible. Tout en lui inspirait la confiance, une attitude prévenante et chaleureuse, limite machiste quelque fois, comme les doux possessifs…
« Que pouvait-elle répondre ? Non ! Spoky n’y va pas ! Pff !! inutile, tant il paraissait déterminé et au fond elle pensait que les choses devaient se passer ainsi…
Elle aimait tellement Sarah, non seulement parce qu’elle avait retrouvé son père et ainsi permis qu’elle grandisse parmi les siens. Mais surtout l’attitude de Mac envers elle n’avait jamais dérogé, ni dans les rires, ni dans les larmes. Elle avait toujours su lui dire non et n’avait pas cédé à ses caprices d’adolescente perturbée, elle avait vu loin pour elle, l’ambition d’une mère pour son enfant. Toujours présente quelles que soient les circonstances, des petits aléas de la vie au bonheur des examens réussis jusqu’aux peines de cœur … A la mort tragique de ses grands-parents. Mac avait été son plus grand soutien (son père étant en mer), elle s’était chargée de tout et l’avait même forcée à venir passer un mois dans la réserve afin qu’elle ne reste pas seule, isolée dans la ferme de ses grands-parents… Elle avait trouvé l’amour, épousé Henry et donné naissance à Jimmy, avec le foyer de Mac et Spoky, elle se trouvait entourée d’un clan affectueusement soudé…
Chloé n’était pas sûre; qui de Harm ou de Spoky était, fût ou serait le compagnon idéal pour Mac, mais elle savait qu’elle ne laisserait ni l’un ni l’autre blesser celle qu’elle considérait comme son ange protecteur. Peut-être ne pourrait-elle rien empêcher, mais elle devait aller là-bas, pour elle, pour la soutenir. Elle voulait déjà l’accompagner auparavant, car elle savait que la situation de Mac était difficile, elle se rendait là-bas, finalement pour avouer qu’elle avait menti à chacun durant ces cinq dernières années…Une tempête se levait…Son fils l’avait retenue, elle n’avait pas osé le quitter, même pour quelques jours, mais maintenant, réflexion faite, impossible de laisser Mac affronter seul les évènements à venir…
Il fallait qu’elle prenne une décision rapidement « Attends-moi Spoky, je confie Jimmy à Henry et je t’accompagne », « Profites-en pour prendre quelques affaires et vérifier les différents niveaux de ma voiture » ordonna-t-elle « pas question de rouler avec ta vieille guimbarde » en lui lançant ses clefs de voiture. Chloé sortit de chez Spoky, elle n’avait que la rue à traverser pour être chez elle. Elle expliqua rapidement la situation à Henry, celui-ci profiterait de son absence pour se rendre chez sa mère… Chloé prit un annuaire et rechercha le numéro de téléphone des Roberts, elle devait joindre à tout prix Harriet…
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Journalisée
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Mack
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Domicile des Roberts
Sarah se tenait sur le pas de la porte et elle ne bougeait pas. AJ l’observait.
-Ne bouge pas, dit-il finalement. Je vais aller chercher maman.
Il revint quelques instants plus tard, accompagné d’Harriet. La maman d’AJ observait son amie et le petit garçon.
-Bonjour Harriet, dit doucement Sarah. Voici mon fils, Tom.
Sarah se pencha pour aider Thomas à enlever son manteau, puis elle se débarrassa du sien. Harriet ne pouvait pas lever les yeux du petit garçon. Son regard était trop semblable à celui de son meilleur ami, cet homme qu’elle considérait comme son frère. Les yeux bleus de Harm. Tom ne pouvait être que son…
Sarah voyait comment son amie regardait son fils. Il lui sembla que la boule qui était dans sa gorge depuis sa « rencontre » avec Harm cet après-midi grossissait encore…
-Harriet, j’aurais tant aimé le lui dire! Mais je ne pouvais pas! J’en étais incapable!
Sarah éclata en sanglots. Toute la peine, toutes les frustrations et la colère qu’elle refoulait depuis cinq ans coulaient de ses yeux. Elle était désespérée. Elle semblait si fragile, si petite qu’ Harriet s'approcha et Mac lui tomba presque dans les bras. Elle pleurait, encore et encore. -Chut… murmurait Harriet. Tout va s’arranger, Sarah.
Thomas ne comprenait pas. Pourquoi sa maman pleurait-elle alors qu’elle devrait être heureuse de retrouver une amie?
Harriet regarda son fils.
-AJ, tu voudrais bien emmener Tom avec toi à la salle de jeux?
AJ saisit le petit garçon par la main et Tom lui demanda : -Est-ce que tu as des avions?
Sarah regarda Harriet et sourit à travers ses larmes. Elles se comprenaient.
-C’est bien le fils de son père…
********************** 15h55 Bureau de Bud
Le téléphone sonna. Il décida de répondre, même s’il avait déjà mis la clé dans la serrure.
-Maître Roberts, que puis-je pour vous? -Bud, c’est Harriet. Je crois que nous avons un problème.
Bud entendait comme des sanglots étouffés venant d’une personne se trouvant avec Harriet. Mais qui cela pouvait-il bien être?
-Bud, tu pourrais aller acheter un avion-jouet au magasin à côté de ton bureau? -Harriet, dit-il en riant, je croyais qu’on avait acheté assez de jouets pour les enfants cette année? -Ce n’est pas pour eux mais pour notre invité surprise. Tu veux bien? -Bien sûr, Harriet. On se voit tout à l’heure. Je t’aime. -Je t’aime moi aussi. À tout à l’heure.
***************** 16h00 Quelque part dans les airs, entre la Caroline du Nord et Washington D.C.
Finalement, Chloé et Charles avaient décidé de prendre l’avion. Jamais ils ne réussiraient à franchir les 600 kilomètres entre Pembroke et Washington avant 19h00, l’heure à laquelle tout le monde devait se rencontrer au MacMurphy’s! Mais malgré tout, Chloé était songeuse. Elle regardait Charles, qui lui semblait passionné par les nuages. Mais elle savait qu’il était torturé par une pensée. Ou deux. Cette soirée bouleverserait toute la vie du chirurgien. Il allait peut-être perdre Sarah. Ou pire encore : Tom. Thomas était son fils. Il l’appelait papa. Le petit garçon savait que Charles n’était pas son vrai père, Sarah lui avait dit dès qu’il avait été en âge de comprendre. Mais Thomas était fier d’avoir deux papas : un pilote et un médecin. Et il racontait à tout le monde que plus tard, il voulait devenir un médecin qui se déplacerait en avion et non pas en ambulance.
Chloé ne pouvait rien dire pour rassurer Charles et c’est ce qui lui faisait le plus de peine…
***************** 16h00 Maison de AJ Chegwidden
Il rentra chez lui, fourbu. Son équipe avait gagné, mais de justesse. Il faisait si froid! Mais qu’est-ce qui lui avait pris d’accepter de jouer au baseball en hiver? Puis il se rappela… C’était Mike. Le petit garçon n’avait qu’une seule chose dans sa vie : ce sport. Son père était alcoolique et sa mère… AJ ne s’en savait pas trop quoi en penser. Et Mike lui rappelait tellement Sarah. Il espérait pouvoir aider le petit garçon, presque pour pouvoir se racheter de ne pas avoir assez aidé son amie… L’ex-amiral savait que le fait que le père de Mac soit alcoolique et violent avait influencé ses relations avec tout le monde…les hommes en particulier…et Harm. Et il ne voulait pas que cette chose se reproduise.
***************** 16h00 Magasin à grande surface
Sergeï avait choisi trois jolies poupées pour ses trois amours de petites filles. Il aurait tout donné pour être avec elles et Helena! Mais il savait que ce qu’il faisait présentement leur permettrait d’avoir une vie meilleure.
Il pénétra dans une autre rangée : celles des figurines de guerre. Puis, il vit un visage vaguement familier.
-Bud! -Sergeï!
Les deux hommes s’approchèrent et s’étreignirent.
-Bud, je sais que ce n’est ni le temps ni le moment, mais j’aimerais te parler de mon cas… -Sergei, vas-y, je t’écoute.
Et Sergei lui expliqua ce pourquoi il voulait émigrer. Lui et sa petite famille habitaient une banlieue non loin de St-Petersbourg. Ils vivaient dans un calme relatif. Sa femme, Helena, était Tchétchène. Mais cela ne causait pas trop de problèmes car leur quartier était en majorité Tchétchène. Mais, lorsque la guerre en Tchétchénie s’était terminée il y avait un peu plus d’un an, tous leurs voisins étaient retournés dans leur pays d’origine. Et, d’un coup, Helena et ses filles se retrouvaient seules Tchétchènes dans un quartier de Russes. Les voisins avaient commencé à menacer Helena et ses filles, Natacha, Karina et Nadia, à vandaliser sa voiture…
-Et ça Bud, je ne peux pas le supporter…
Bud tendit la main à Sergei.
-Je t’aiderai à ramener ta famille ici, Sergei, c’est promis.
********************** 16h00 Appartement de Harmon Rabb Jr.
Il tournait en rond dans sa cuisine. Il allait revoir Sarah! Ce SOIR! Il ne pouvait pas le croire. Il avait espéré ce jour depuis qu’elle était partie… et maintenant il ne pouvait plus attendre. Tout à coup, son téléphone sonna…
Mack
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Journalisée
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Merci à Coraly pour sa bannière!
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Midship
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16h00 Appartement de Harmon Rabb Jr
- Amiral, Capitaine Tiner, navré de vous déranger à cette heure, mais je viens de recevoir un appel de la Maison Blanche et Madame la Secrétaire d’État souhaite vous retrouver au Jag d’ici une demi-heure… - Merci, Capitaine, je pars immédiatement.
En réalité, rester ici ne lui valait rien; il préférait l’action, tout plutôt que cette attente remplie de doutes, de questions et d’impatience; du moment qu’on ne lui volait pas cette soirée…Il jeta un regard autour de lui, il faudrait bien qu’il repasse chercher les cadeaux pour les enfants et se changer, puis sortit, direction le Jag.
16h 10 Domicile des Roberts
Quand Harriet était revenue après son coup de fil à Bud, elle avait retrouvé Sarah assoupie sur le canapé : l’émotion avait eu raison d’elle; elle s’approcha, réussit à la faire s’allonger, lui glissa un coussin sous la tête et, doucement, s’éclipsa.
Une seule pensée occupait tout son esprit : comment aider ces deux-là? Comment, à la fin des fins, réunir Sarah Mackenzie et Harmon Rabb Jr, ces deux êtres qui pour tous ceux qui les avaient connus et vus ensemble étaient faits l’un pour l’autre. Dès le début, elle avait compris qu’ils y avaient entre eux quelque chose de spécial, au-delà de leur complicité professionnelle si grande, de leur attachement réciproque si évident, un lien particulier, un fil ténu mais si fort, - mais qu’apparemment eux ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir -, et cependant, à chaque fois que tout semblait réuni pour qu’ils franchissent le pas, une force irrésistible les éloignait, force, attraction, rejet…un cercle infernal….et ce n’était pas faute de les connaître, elle les avait vu faire si souvent…et c’étaient ses amis mais ils étaient si … compliqués!
Mais elle sentait bien qu’aujourd’hui, ce serait le jour de la dernière chance : presque vingt ans que cela durait ainsi, cela paraissait incroyable, et maintenant ce petit garçon, qui était là, et bien là, - mon Dieu, sa ressemblance avec Harm serrait le cœur! - allait changer forcément la donne et peut-être pas pour de bonnes raisons! Si Harm découvrait Tom, il ferait tout pour reconnaître son fils. C’était l’évidence même, mais Sarah et lui dans cette histoire? Comment, dans ces conditions, trouveraient-ils « leur vérité »? C’était cela qui importait avant tout! Même pour le bonheur et l’avenir de Tom! Elle en était là de ses réflexions quand la sonnerie du téléphone la fit tressauter.
- Harriet, Chloe, je t’appelle de l’avion; j’arrive dans une petite heure mais… il faut que je te dise…je ne suis pas seule; en fait, Charles Drinkwater, le compagnon de Sarah est là aussi… - Comm…Comment?? Mais comment allons-nous faire? Cela va être impossible à gérer, des retrouvailles à quatre!! Tu imagines? - Oui, je sais, cela fait vingt minutes que j’y réfléchis en voyant Charles si préoccupé, si tendu… j’ai pensé que nous pourrions nous installer chez mon amie Tina, le temps de mettre au point une stratégie plausible ; il ne faut pas que Charles et Harm se rencontrent maintenant, ce serait un désastre total, Sarah prendrait la fuite à nouveau, la pression, elle l’a déjà… mais Charles a le droit de la voir également… on y pense chacune de son côté et je te rappelle d’ici une petite demi-heure? - On peut dire qu’ils nous feront mourir d’angoisse ces deux-là, jusqu’au bout, rien ne nous sera épargné…Attends, j’ai peut-être une idée : j’espère que rien de nouveau ne se produira maintenant… je crois, non, je suis certaine qu’ Harm et Sarah devraient se rencontrer hors de la présence des autres, avant la soirée au Mac Murphy ‘s, sinon nous courons à la catastrophe! Qu’en penses-tu? - Oui, c’est une bonne idée, tu as raison, une chose après l’autre! Mais comment s’y prendre? - Tout à l’heure, Harm a appelé, il doit se rendre au Mur vers 18 heures, où il retrouvera l’Amiral Boone… - Génial, il ne te reste plus qu’à en parler à Mac, moi, de mon côté, j’appelle Tina et je vais avoir une longue conversation avec Charles…A tout à l’heure, Harriet. Ah, si un petit coup de baguette magique pouvait nous faire vieillir d’une bonne dizaine d’heures… - Oui, tu as raison! bah, qu’est-ce que quelques heures après toutes ces années d’attente! croisons les doigts!
16h19 Quelque part au-dessus des nuages, entre la Caroline du Nord et Washington DC
Chloé revint lentement vers Charles, il regardait obstinément par le hublot; elle savait qu’une bataille terrible se livrait en lui. Charles était l’honnêteté même, sincère, droit et fier; des qualités qui avaient eu raison des appréhensions de Mac et qu’elle, elle admirait tant en lui. Pour elle, il était un modèle, l’expression vivante de tout ce qu’elle aimait chez un homme, et si fidèle à ses origines indiennes! La décision d’aller voir Sarah, presque sur un coup de tête, ne lui ressemblait pas vraiment, mais elle comprenait… - Charles…il faut qu’on… - Oui, je sais, Chloé, c’est de la folie… comment vais-je m’en sortir? Et Sarah? Et Tom? Je ne me reconnais plus… c’est pas moi, ça… mais comme ça fait mal, ma petite Chloe!
16h28 Quartier Général du Jag, bureau de l ‘Amiral Rabb
- Capitaine Tiner? - L’Amiral AJ Chegwidden au téléphone! - Amiral! AJ! Alors prêt pour ce soir? - Plutôt deux fois qu’une! Avez-vous la confirmation de la venue de tous? - Oui, plus ou moins… - C’est bien! Vous ne pouvez imaginer la joie que je me fais de vous retrouver tous réunis! - Merci, AJ, à tout à l’heure!… - Amiral! - Oui, Tiner? Harm leva la tête, écarquilla les yeux et son visage exprima une joie intense, un large sourire l’éclaira, et il se leva précipitamment vers son interlocuteur : - Sturgis!
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Journalisée
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Midship "le seul cadeau plus précieux que l'air que nous respirons c'est la main que nous tenons" A.J Chegwidden  Bannière de Parden, merci!
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revedefer
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16 h 20 Domicile des Roberts
Harriet venait juste de raccrocher que la sonnette carillonna, elle se rendit à l’entrée, c’était le traiteur qui venait livrer le buffet pour le réveillon de ce soir.
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16 h 05 Magasin de jouets
- Merci de ton aide, Bud. - Viens à la maison avec moi, Sergeï et nous irons ensemble chez Mac Murphy’s, Harriet sera contente de te voir et Sarah est déjà chez nous, vous pourrez parler de ton frère ensemble. - Ok, Bud, je te suis.
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16 h 28 Quartier Général du JAG
- Salut, Harm !
Les deux hommes échangèrent une vigoureuse poignée de mains, cela faisait deux mois qu’ils ne s’étaient pas revus, depuis la prise de fonction de Harm au JAG. Sturgis et Harm étaient plus que des collègues de bureau, ils avaient travaillé ensemble au JAG, mais, bien avant cela, ils étaient déjà amis. Leur amitié remontait à l’époque de l’Académie Navale et jamais, même quand leur différentes affectations au sein de la Navy les avaient séparés, leur amitié n’avait faibli, bien au contraire, les deux hommes étaient complémentaires et s’entendaient à merveille.
- Que viens-tu faire au JAG et en civil de plus ? - C’est le réveillon de Noël ce soir, Harm et j’étais de repos avec les enfants à la maison, tranquille mais c’était sans compter avec les femmes, Harm ! fit-il un petit sourire aux lèvres. - Explique-toi ? demanda Harm, curieux de savoir de quelles femmes il pouvait bien s‘agir. - Déjà la mienne ! pensais-tu que Bobbi allait se contenter de ton refus de participer à sa commission d’enquête ? - Bobbi t’a demandé d’intervenir ? - Oui et je lui ai dit que notre amitié ne justifiait pas que j’intervienne dans tes décisions ; mais je ne pouvais dire non à la deuxième femme. - Qui est donc cette mystérieuse deuxième femme Sturgis ? - C’est moi, Amiral !!
Tellement pris par leur conservation, les deux amis n’avaient pas entendu la porte du bureau s’ouvrir.
- Madame le Secrétaire d’Etat, fit Harm surpris de cette intrusion dans son bureau. - Et oui Amiral ! Croyez-vous que j’allais laisser tomber juste pour un peu de neige, c’est mal me connaître !!! Nous allons approfondir cette disparition mystérieuse à bord de l’USS Bill Clinton avec l’Amiral Turner et après nous discuterons de votre participation active à la commission d’enquête dirigée par Bobbi Latham ; des objections Amiral ?!!!
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16 h 00 Washington DC – Domicile de Mickey Roberts
Mickey essayait de joindre son frère au téléphone et celui-ci sonnait occupé. Il raccrocha et en attendant le rappel automatique, son regard survola les photos qui ornaient son bureau. Il regarda d’abord celle de son mariage avec Paula, les photos de ses enfants, Mégane et Bud Junior et puis la photo où il se trouvait avec son frère et son père ; cette dernière avait été prise au centre de rééducation pendant la convalescence de Bud.
Mickey se mit à penser qu’il ne serait pas là aujourd’hui, si son frère n’avait pas sauté sur une mine en Afghanistan, à quelque chose malheur est bon. C’était grâce ou à cause de cette mine qu’il avait connu Paula Grant, fille du Général quatre étoiles de l’US Army Théodore Grant ; elle travaillait pour le Ministère de la Défense, chargée de communication, elle réalisait un article sur l’intégration des handicapés dans les Forces Armées Américaines. Paula était venue chez Harriet et Bud pour interviewer ce dernier et justement Mickey était là pour quelques jours de repos bien mérité pendant sa formation d’officier à l’Académie Navale d’Annapolis. Paula avait souhaité s’entretenir aussi avec Mickey pour son article. Puis Paula était venue à Annapolis, faire un article sur l’Académie Navale et dans ce but : elle avait à nouveau rencontré Mickey, car ce dernier était sorti Major de sa promotion.
Suite à cette dernière rencontre, les deux jeunes gens étaient restés en contact et leur relation était devenue plus sérieuse au fil du temps. Mickey et Paula s’étaient mariés en août 2005, Mégane était née en août 2007 et le petit Bud Junior avait suivi en juin 2009.
Après les fêtes, le Capitaine de Corvette Mickey Roberts allait rejoindre sa nouvelle affectation au sein de l’Etat Major de la flotte de l’Atlantique, sous les ordres de l’Amiral Sturgis Turner, ce dernier ayant souhaité que Mickey intègre son Etat-Major.
La sonnerie du téléphone sortit Mickey de ses pensées.
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Journalisée
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Comtois rends toi nenni ma foi.   Merci Parden pour tes superbes bannières.
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Lotte
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16h00 Mickey décrocha. - Roberts - Bonjour, c’est l’amiral Turner. Je pense que vous allez commencer votre mission plus tôt que prévu Capitaine Roberts. J’ai besoin de vous au Jag. - Je pars tout de suite, Amiral. Mickey laissa un mot à sa femme lui demandant de ne pas l’attendre et de le retrouver chez son frère pour le repas.
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16h28 Harriet s’occupa de réceptionner tout ce que le traiteur amenait et qui avait été commandé plusieurs semaines auparavant. Elle songea que pour une fois sa manie de toujours prévoir large allait leur être utile. En effet, un enfant et deux adultes supplémentaires venaient de s’ajouter sur la liste des invités du soir. Et elle ignorait encore que Bud allait amener Sergeï.
La sonnette de l’entrée n’avait pas réveillé Mac, et Harriet prit le temps de tout mettre en place pour le réveillon avant de se préparer une bonne tasse de thé. Son amie avait l’air d’avoir besoin de dormir et de prendre des forces pour la longue soirée qui l’attendait. Elle finit de préparer le thé et songea au moyen d’envoyer Mac au Mur sans Tom pour qu’elle puisse revoir Harm tranquillement avant la foule du Mac Murphy’s où Mac allait être sollicitée de toute part par les amis qui ne l’avaient pas revue depuis toutes ces années.
AJ avait emmené Tom dans la salle de jeux et ses frères les avaient rejoint. Le petit Tom narrait sa vie à la réserve, et le quotidien en compagnie de sa maman et de Charles. Il parla également de son papa pilote et absorbé dans la contemplation des quelques avions qu’AJ tenait de son parrain, il voulut tout savoir sur ces avions et la vie de ce parrain qui était pilote comme le père qu’il ne connaissait pas. Il était également intrigué par l’existence de cet oncle Harm qu’AJ avait mentionné à son arrivée. Il posa la question aux enfants Roberts. AJ un moment démangé par l’envie de montrer des photos de Harm, seul ou en compagnie de Mac, à Tom préférait attendre. Il était partagé entre l’envie de raconter ce qu’il savait et son sens des responsabilités qui lui dictait de patienter encore et de consulter sa mère et sa marraine avant d’informer le petit Tom du « secret » de sa naissance ; surtout depuis qu’il avait appris l’existence de Charles. Devant l’insistance du petit, AJ se décida cependant à lui dire que son parrain était pilote dans l’aéronavale et qu’oncle Harm était un ami de la famille, militaire, qui avait travaillé avec ses parents avant sa naissance. C’est à ce moment qu’ils entendirent Bud rentrer et des exclamations de surprise et de joie retentir, AJ prit Tom par la main et tous descendirent pour embrasser leur père et voir ce qui provoquait une telle effervescence.
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16h20 Voiture de Bud
Après avoir payé leurs achats, Bud et Sergeï s’étaient dirigés vers le parking. Bud avait proposé à Sergeï de le conduire chez eux. Le temps du trajet, Bud en profita pour détromper Sergeï, persuadé que son frère et Mac avaient fini par s’installer ensemble. Le Russe fut très déçu d’apprendre que, une fois de plus son frère n’avait pas eu le courage d’affronter ses sentiments pour Mac. Lui connaissait la tristesse d’être séparé de sa famille mais sa femme et ses trois filles représentaient toute sa vie et il avait de la peine pour son frère qui était resté célibataire alors qu’il avait tout pour être heureux avec Mac. Bud finissait de lui donner le peu de nouvelles qu’il avait de Mac lorsqu’il se gara devant sa maison.
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Sarah émergeait doucement d’un sommeil profond au moment où Harriet s’était approchée avec deux tasses de thé. Elles s’étaient assises confortablement et après une profonde inspiration, Mac avait commencé pour son amie le récit de tout ce qu’elle ne lui avait pas dit lors de leurs trop rares conversations des dernières années. C’est ainsi qu’elle confirma à Harriet que Tom était bien le fils de Harm et qu’elle lui parla de Charles, dont Harriet connaissait déjà l’existence par Chloé mais qu’elle se garda bien d’avouer à son amie; deux faits qui expliquaient que Mac ait refusé le poste que le FBI lui avait proposé à Washington.
- Il faut me comprendre Harriet. Les premiers temps j’avais besoin de mettre de la distance avec tout ce qui avait fait ma vie ici et tout ce qui se rapportait à Harm. Et puis au fil des années, j’ai trouvé un équilibre pour Tom et moi et je pensais de moins en moins douloureusement au passé. Et puis comment vous l’annoncez sans le dire à Harm ? Et ça c’est au dessus de mes forces….. - Et pourtant, il va bien falloir…..lui dit doucement Harriet. - Oui il le faut, Tom me pose beaucoup de questions. Et même si je lui en veux encore, je ne peux pas laisser Harm dans l’ignorance. Je dois lui dire qu’il a un fils, mais pas tout de suite ; j’ai peur que son sens des responsabilités ne perturbe ses sentiments et j’ai besoin de savoir exactement ce qu’il ressent pour moi. Je ne sais pas comment je vais pouvoir retrouver Harm et en même temps gérer ces retrouvailles collectives. Et il faudra ensuite que je parle de Tom………. - Justement, répondit Harriet, il se trouve que je sais que Harm doit se rendre au Mur vers 18h, cela pourrait être l’occasion de vous retrouver calmement tous les deux avant de nous rejoindre au Mac Murphy’s. Et ensuite nous aurons le temps de lui faire rencontrer Tom.
Elles finissaient leur conversation lorsque Bud ouvrit la porte et pénétra dans le hall, immédiatement suivi de Sergeï. Les exclamations de surprise fusèrent et les deux femmes se levèrent pour les accueillir.
C’est au milieu des embrassades que les enfants entrèrent dans le salon. Tom, un peu effrayé par tout ce monde, cette agitation et ces nouvelles têtes, se réfugia près de Mac et émit un petit « maman ». Aussitôt, Sergeï et Bud levèrent les yeux vers le petit garçon dans les bras de Mac et dévisagèrent le petit bonhomme auquel ils trouvèrent aussitôt un air familier. Mac allait devoir s’expliquer, mais devant l’embarras de son amie, Harriet prit les choses en main. Elle proposa aux grands et aux petits de prendre un goûter et de savourer la joie des retrouvailles avant de penser à quoi que ce soit de sérieux. Tous se dirigèrent donc vers la cuisine.
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16h30 Au JAG
La secrétaire d’Etat, Turner, Harm, Mickey, Coates, Galindez, Milton et Cartano composaient la « cellule de crise de la disparition de l’USS Clinton» et tentaient de découvrir où avaient bien pu passer le commandant du sous-marin et son second. Tous étaient concernés d’une façon ou d’une autre : Mickey avait été appelé en tant que membre de l’état major de l’Amiral Turner, lui-même concerné parce que le sous-marin Clinton devait faire partie de sa flotte. En outre, Mickey Roberts avait eu le second comme instructeur lorsqu’il était à l’Académie, et cela représentait toujours une chance supplémentaire pour comprendre ce qui s’était passé.
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Journalisée
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angel
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16h45 Quelque part au-dessus des nuages, entre la Caroline du Nord et Washington DC
Il était clair pour Chloé que c’était le désespoir qui habitait Charles depuis qu’ils avaient décollé. Elle souffrait de le voir ainsi, l’air hagard et perdu, mais, enfin il se tourna vers elle et lui posa une question qui résumait tout :
- Parle-moi de lui Chloé… - Te parler de qui Spoky ? - De l’homme contre qui je vais devoir me battre pour garder ta sœur ! - Tu n’as à te battre avec personne Charles ! - Personnellement je n’en suis pas si sûr que ça ma petite Chloé ! Je sais pertinemment que Sarah n’est pas partie pour Washington dans l’idée d’instaurer une rivalité entre cet homme et moi, elle l’a fait pour Tom et uniquement pour lui, parce qu’il a le droit de connaître son père ! Mais que nous le voulions ou non, en venant ici, elle a aussi décidé inconsciemment de sceller nos destins, crois-tu réellement que tout le monde sortira indemne de cette histoire ? Moi pas ! A un moment ou à un autre, elle devra faire un choix Chloé… Elle devra choisir entre lui et moi…
La jeune femme ne savait quoi répondre, elle devait se rendre à l’évidence et admettre qu’en venant ici sa sœur avait mis en jeu la vie de plusieurs personnes, mais c’était le prix à payer pour se sortir de cette situation qui la rongeait de l’intérieur depuis trop longtemps maintenant ! Chloé fut tirée de ses pensées par la voix à peine audible et presque suppliante de son ami.
- Parle-moi de lui s’il te plaît ? Parle-moi de ce Harm dont Sarah rêve la nuit et dont elle ne me parle jamais, parle-moi de l’homme qui a fait d’elle la plus heureuse des mamans et la plus triste des femmes… - Très bien, si c’est ce que tu souhaites, je veux bien tenter de le cerner, mais tu vas vite te rendre compte que vous êtes très différents…
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16h45 Domicile des Roberts
Après des retrouvailles très émouvantes, Sarah avait préféré s’isoler un peu. Voilà dix bonnes minutes maintenant qu’elle était sur cette terrasse à méditer sur sa future confrontation avec Harm, cette même terrasse qui avait bouleversée leurs destins il y a cinq ans. Soudain, elle fut tirée de ses pensées par une voix à l’accent russe prononcé assez familière.
- Ils ont le même sourire… - Oui… On peut dire qu’Harm n’aura pas donné à son fils que son mauvais caractère !
Un petit sourire s‘afficha sur le visage de Sarah ; Sergeï avait raison, Tom avait hérité du physique d’Harm et en particulier de ce sourire franc et naturel qui était si beau à regarder sur le visage du petit garçon. De nouveau, le silence fut rompu par le jeune russe.
- Tu es tendue à l’idée de cette rencontre n’est-ce pas ? - Tu sais Sergeï, à une époque, ton frère et moi, on était la meilleur paire d’avocats du JAG, quand nous nous retrouvions opposés au tribunal on se serait cru dans un vrai champs de bataille ! Nos joutes verbales faisaient notre réputation, mais dès que nous nous retrouvions dans une confrontation un peu trop personnelle, crois-moi, cela ressemblait plus au naufrage du Titanic qu’à un Western ! - Et tu as peur de sombrer avec le Titanic ce soir ? - J’ai juste peur qu’Harm ne soit de nouveau qu’un iceberg infranchissable…
Le ton de Sarah était las et trahissait son inquiétude, Sergeï espérait de tout cœur que son frère serait à la hauteur, en tout cas il était prêt à les aider et pour ça Harriet lui avait donné une idée. - Harriet m’a dit qu’il devait se rendre au Mur avant d’aller au Mac Murphy’s, tu devrais peut-être l’y rencontrer ? - Oui, elle m’en a parlé. Je pense que c’est ce que je vais faire, nous avons plein de choses à nous dire et cela risque d’être difficile si tout le monde autour nous me bombarde de questions pour savoir ce que je suis devenue. Mais assez parlé de moi, dis-moi ce que toi tu es devenu, Sergeï, je suis curieuse de savoir si un Rabb a enfin réussi à trouver le bonheur…
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16h45 Salle de conférences, QG du JAG Washington DC
Cela faisait déjà près de vingt minutes que les membres de la cellule de crise qui avaient pris place dans la salle de conférences du QG du JAG partageaient leurs opinions sur cette affaire plutôt étrange. Les suggestions fusaient, on n’arrivait plus à y voir clair et le JAG commença sérieusement à s’impatienter.
- Bon, écoutez-moi tous. Il faut trancher maintenant sur ce qui c’est réellement passé ! Alors Capitaine Roberts, vous qui connaissez bien le Second O’Connell, vous allez partir pour Norfolk avec l’agent spécial Cartano et le Commandant Milton dès que la météo vous sera favorable. En attendant, le Capitaines Coates fera les recherches nécessaires pour vous renseigner sur les raisons possibles de ces enlèvements ! - Enlèvements, Amiral ? On oublie donc toutes les autres hypothèses ? - Je crois en effet, Madame la secrétaire qu’on peut les éliminer, la thèse de l’enlèvement me semble la plus plausible, de plus, la présence de l’agent Galindez me conforte dans mon analyse !
Toutes les personnes présentes dans l’assemblée tournèrent un regard inquisiteur vers Victor Galindez resté silencieux au fond de la salle jusqu’à maintenant. Harm était content de son effet, il savait depuis le début que sa présence n’était pas innocente, aussi quand il avait vu la réaction de ce dernier à l’évocation du mot « enlèvement », ses doutes s’étaient envolés. Galindez restait cependant calme et répondit tout aussi sereinement.
- Je ne sais rien de plus que vous, Amiral, je suis là parce que le Pentagone fait pression sur l’Agence pour savoir ce qui se passe. - Vous êtes réellement là pour ça ou pour vous assurer que nous ne trouvons rien qui ne puisse déranger la CIA ?
Galindez était dos au mur, son patron lui avait dit que Rabb risquait de poser des questions mais il avait espéré qu’il n’aurait pas à en arriver là. Sans rien dire il sortit son téléphone portable de sa poche et composa un numéro avant de passer le cellulaire à son ancien supérieur. D’abord surpris de son geste, Harm prit le portable et quelle ne fut pas sa stupéfaction quand il reconnut la voix de son interlocuteur.
- Webb, j’écoute ? - …
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Journalisée
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16h45 Salle de conférences, Quartier Général du JAG, Washington DC.
- … - Webb, vous avez perdu votre langue ? - Harm, j’aurais dû savoir que je devrais finir par vous expliquer la situation. - Dès que la CIA est impliquée dans une affaire, vous y êtes forcement mêlé… - Harm, je comprends très bien ce que vous voulez dire… Je vous dois des explications. - Ah, vous croyez vraiment ? - Je vous propose de passer au QG du JAG je suis justement à côté de vos bureaux. Je serai là tout au plus dans 10 minutes. - Très bien, Clayton, vos explications ont intérêt à être claires et convaincantes.
Harm raccrocha avant même d’avoir écouté si Webb avait autre chose à ajouter. Il tendit le téléphone à Galindez et annonça à toute l’équipe présente la venue de Clayton Webb. Il était curieux de savoir de quelle façon la CIA était impliquée dans cette affaire. D’ici quelques minutes tout allait peut être prendre un sens.
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16h50 Domicile des Roberts.
Sarah était toujours sur cette terrasse, Sergueï lui avait parlé de sa vie en Russie et surtout de ses petites filles et de sa femme… Elle s’imaginait ce que devait être la vie de ses fillettes dans un pays comme la Russie, mais leur père était en train de tout mettre en œuvre pour les rapatrier aux Etats-Unis.
- Sarah vous allez bien ? dit Harriet en s’approchant de Sarah et lui posant la main sur le bras. - Excusez moi, je crois que j’étais perdue dans mes pensées… - C’est le moins que l’on puisse dire… dit Harriet en souriant. Vous pensiez à quoi si cela n’est pas indiscret ? - Je pensais juste à ce qu’aurait pu être la vie si les choses avaient été différentes. Sarah ne savait que trop que son amie avait raison.
- Je comprends pourquoi vous êtes partie, sans rien dire, mais pourquoi n’avoir rien dit pour Tom, au moins à Harm ? - Parce que je l’avais perdu déjà une fois…
Harriet ne comprenait pas où son amie voulait en venir.
- J’ai fait une fausse couche, juste après mon arrivée en Caroline du Nord, je venais de perdre l’homme que j’aimais et en même temps je perdais la seule chose qui me permettait encore de me raccrocher à la vie. Je tenais Harm pour responsable de mon malheur, s’il n’avait pas agi ainsi je ne me serais pas enfuie comme ça et je n’aurais pas fait cette fausse couche… Pendant un peu plus d’un mois j’ai vécu dans le néant, il ne me restait plus rien. Les nausées ne passaient pas et j’avais fréquemment des malaises, alors je suis allé voir un médecin. Il m’a annoncé que j’étais toujours enceinte…
Cette révélation laissa Harriet sans voix.
- Mais comment cela est-il possible ? - Cela arrive parfois quand on attend des faux jumeaux… Si ma grossesse n’avait pas était perturbée, Tom aurait eu une sœur ou un frère jumeau. - Je suis vraiment désolée, Sarah. - Ne le soyez pas Harriet, Tom est la plus belle chose dont je pouvais rêver, c’est lui qui m’a redonné goût à la vie… Sans lui je me serais laissée entraîner dans les méandres de ma vie. - C’est pour cela que vous n’avez rien dit pour Tom. Je suis sûre que vous avez eu tort, Sarah.
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16h50 Quelque part au-dessus des nuages, entre la Caroline du Nord et Washington DC.
Chloé se décida à parler de Harm à Charles ; elle raviva pour lui tous ses souvenirs.
- La première fois que j’ai rencontré Harm c’était dans les bureaux du JAG, j’avais tout juste 8 ans. J’étais une petite fille plutôt dynamique et je n’avais pas ma langue dans ma poche… - Cela n’a pas beaucoup changé ! dit Charles avec un sourire au coin des lèvres. - Tu veux que je te raconte ou tu vas m’interrompre tout le temps ?
Charles lui fit signe de la tête pour qu’elle continue.
- Quand je l’ai vu, je crois que je suis tombée immédiatement amoureuse de lui. Comment t’expliquer ? Harmon Rabb est un homme qui n’a rien à envier à James Bond… Chloé sourit à sa remarque. - Je vois ce que tu veux dire, j’ai trouvé une photo de lui et Sarah une fois. Il est le genre d’homme dont la Marine se sert pour le recrutement… - Oui, mais il n’a pas seulement un physique, il a le cœur sur la main. Il a risquait sa vie et a abandonné ce pour quoi il s’était battu pour elle. - Il est l’homme idéal en quelque sorte… Répondit Charles avec une pointe de tristesse dans la voix. - Non, il ne l’est pas. Si c’était le cas, Sarah ne serait pas partie… Elle l’a aimé plus que tout, elle l’aime sans doute encore… Mais il l’a fait souffrir et elle n’a jamais guéri de ses blessures-là… Harmon Rabb a un passé rempli de fantômes et il n’a jamais pu s’en débarrasser… - Mais Sarah aussi a beaucoup de fantômes ! - Oui mais ma grande sœur a trouvé la force de se battre contre ses peurs et ses démons… Harm ne s’est jamais remis de la mort de son père. Il n’avait que 5 ans quand celui-ci a été porté disparu durant la guerre du Vietnam. J’ai toujours voulu que Sarah et lui forme un couple, j’étais persuadée qu’ils étaient faits l’un pour l’autre… J’ai vu ma sœur anéantie par les actes de cet homme, mais je l’ai aussi vue avec cette étincelle dans les yeux en pensant à Harm. Il avait un certain pouvoir sur Sarah… Avec son fameux « flyboy grin » il aurait pu lui faire faire n’importe quoi ! Chloé sourit en se remémorant le sourire d’Harm. - Si je te suis bien cet homme a toutes les qualités d’un excellent officier et en plus c’est un gentleman. - Oui, c’est presque ça ! Il ne faut pas oublier non plus son ego démesuré de pilote, cela rendait Sarah folle. Chloé eut un petit rire à cette remarque. - Je vais me battre pour elle, Chloé : Sarah et Tom sont la plus belle chose que j’ai au monde et je n’abandonnerai pas… Sauf si c’est pour son bonheur et celui de Tom. S’exclama Charles avec un ton grave.
Chloé connaissait Charles depuis quelques temps maintenant. Elle savait qu’il rendait heureux Tom et Sarah. Même si elle avait répété à Charles qu’il n’y avait pas lieu d’avoir un combat entre lui et Harm, elle n’était pourtant pas sûre de l’issue de cette journée…
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17h50 Salle de conférences, Quartier Général du JAG Washington DC.
Clayton Webb pénétra en trombe dans la salle de conférences. Tous les regards se tournèrent vers lui
- Bon à nous deux Webb, comme au bon vieux temps !
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Journalisée
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" Le baiser est la plus sure façon de se taire en disant tout" Guy de Maupassant... " Seul celui qui aime existe " Ludwig Feuerbach
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mariecevia
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16h50 Salle de conférences, Quartier Général du JAG Washington DC. Webb fît son entrée, rapide et très « Washingtonnienne », portable et duffle coat à la main. Il salua galamment les dames en présence en s’inclinant légèrement sur leurs mains, leur donnant du « Madame la secrétaire d’Etat », « Capitaine Coates », avec petit vibrato dans la voix . C’est bien ce que chacune était mais avec lui cela devenait des titres de noblesse aux airs de vielle Angleterre, qui les touchaient et les ravissaient intérieurement.On sous-estime toujours le charme de la galanterie apparemment désuète! Cela amena un sourire quelque peu ironique sur le visage d’Harm. A chacun son charme, et sa nature, leurs styles étaient fort différents, peut-être même opposés… Webb serrait maintenant les mains des autres « invités » : « Amiral Sturgis », « Capitaine Roberts », « Galindez »… Il salua ce dernier en serrant sa main droite en même temps qu’il lui tapa sur l’épaule. Tout le monde comprit que les deux hommes étaient maintenant liés. Leur métier souvent périlleux avait forgé sinon une solide amitié en tout cas un respect mutuel sincère. Harm songea que lui aussi avait souvent été frères d’armes avec Webb, qu’ils avaient ensemble dénoué bien des situations délicates…Bien sûr Webb avait été très souvent à l’origine de ces situations difficiles, mais il fallait reconnaître que maintes fois il avait su aussi, à titre personnel, être responsable de fuites de renseignements forts utiles au JAG et à ses membres… Le souvenir de son père revint comme un boomerang dans la mémoire d’Harm, et l’aide précieuse, même si parcimonieuse, que lui avait apporté Webb pour retrouver la trace de son père, le fît réfléchir au fait qu’ils portaient tous deux l’empreinte de leur père, chacun ayant suivit la même carrière que leur aîné, Harm l’Aéronavale, Webb le Renseignement… Puis il eût comme un flash, se revoyant en Russie à la recherche de son père avec Mac…Mac qu’il retrouverait tout à l’heure… Il lui fallait immédiatement chasser cette pensée, il se leva assez brusquement, l’air plus ombrageux qu’il ne l’aurait voulu, allant au devant de Webb. Il lui serra la main d’un mouvement sec et ferma vivement, derrière eux, la porte de la salle de conférence. - Webb, merci d’en venir au fait rapidement Webb sourit, quelque peu étonné par le style d’Harm, d’habitude plus patient bien que toujours « trop »pressant. Son poste et surtout l’Agence ne lui laissait que peu de latitude pour la communication des informations. Il faudrait jouer fin, Galindez avait calfeutré, il lui faudrait écoper et tout ça au milieu des marins ! Néanmoins circonspect, il commença : -Bien Amiral ! Personne ici n’est sans ignorer l’importance stratégique de l’USS Bill Clinton, sous-marin doté d’une technologie dite « sensible » et d’avant garde, seul spécimen du genre Webb appuya son regard sur Rabb, Sturgis, puis Roberts… - Vous n’ignorez pas non plus que l’ensemble du personnel affecté à bord a été trié sur le volet et a suivi une formation hautement qualifiée, tout particulièrement élaborée pour le maniement de ce sous-marin… De nouveau son regard se porta sur Mickey, juste comme ça, il voulait lui faire passer le rite du passage « au sérail », lui faire comprendre qu’il jouait maintenant dans la cour des grands…ce dernier d’ailleurs ne put masquer le mouvement nerveux de ses jambes… Chacun et chacune acquiesçaient à sa manière d’un hochement de tête, d’un pincement de lèvres, d’un clignement des yeux .Harm leva légèrement la main gauche à plat, enjoignant silencieusement Webb à continuer… « Bien entendu des enquêtes de moralités très poussées ont dû être menées… » Ludmilla Bzinkévitch qui se tenait adossée, se redressa pour intervenir, Webb anticipa : - Bien entendu, madame la secrétaire d’Etat, les libertés individuelles seront respectées, le résultat de chacune de ces enquêtes lorsqu’elles eurent pour conséquence le déboutement du candidat ne figureront dans aucun dossier (« militaires » songea-t-il « mais au fond qui ici pouvait encore en être dupe… ») Il se retint néanmoins de regarder quiconque dans les yeux à ce moment précis… - Nous pensions avoir clos nos enquêtes mais des renseignements avec de hauts degrés d’incidences nous sont parvenus de Lyon, siège d’Interpol, en France. Ce qui nous a obligés à prendre des mesures qui peuvent sembler assez coercitives et qui aboutissent à la situation présente. Les yeux de beaucoup s’écarquillèrent, tous se regardaient interloqués, se demandant de quoi il retournait… - L’Agence ne me permet pas, pour l’heure, de vous délivrer de plus amples informations… Webb sentit au silence mat qui suivit sa phrase, le vent non pas d’une légère houle se lever mais bien celui d’une belle tempête… « Allez matelot c’est maintenant que tu écopes ! » pensa-t-il, il ne put retenir une œillade vers Galindez, le besoin d’être compris, sans doute. Webb ancra ses pieds au sol, mit les mains dans les poches, et stoïque, attendit la déferlante…
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Journalisée
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Phoenix628
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Un taxi arriva près de la maison des Roberts. Un couple en sortit, l’homme beaucoup plus âgé paya la note.
- Voilà Chloé, on est arrivé. - Oui, prêt à affronter le passé de Mac ? - Je ne sais pas, mais je compte bien me battre jusqu’au bout.
Charles sonna à la porte, Harriet ouvrit.
- Bonjour Chloé, - Bonjour Harriet, je te présente Charles, l’ami de Mac. - Enchanté. - Moi de même. - Entrez.
Harriet sentit tout de suite une certaine tension chez ses visiteurs. Elle les débarrassa de leurs affaires et leur proposa un rafraîchissement. Charles demanda alors à voir Mac. Harriet embêtée ne sut quoi répondre.
- Je suis ici Charles, annonça Mac en descendant doucement les escaliers en compagnie de son fils. - Bonjour Sarah. Bonjour Thomas. - Bonjour Charles, répondit le petit garçon. - Je dois te parler Charles.
Charles acquiesça de la tête. Harriet leur laissa le séjour pour discuter tranquillement.
- Tu n’as pas l’air surprise de me voir. - Je suis contente finalement que tu sois là en personne ainsi je peux éclaircir la situation tout de suite. J’ai beaucoup réfléchi pendant le trajet et depuis mon arrivée. Je sais à présent avec certitude ce que je veux. Mais Charles, pourquoi t’être déplacé ? - Pour ne pas te perdre. Je voulais que tu saches que je suis prêt à me battre face à Harm. - C’est perdu d’avance… Assieds-toi. Harm et moi sommes liés depuis longtemps. On a eu des hauts et des bas, quand enfin on s’est trouvé il est parti au milieu de la nuit… Je lui en ai tellement voulu que j’aie fui, sans le savoir avec ses enfants. Quand j’ai fait ma fausse couche je n’ai pas arrêté de penser à lui mais c’était encore trop tôt pour le voir. Et maintenant quand je vois grandir Thomas et qu’il me pose toutes ces questions sur son vrai père, je me dis que je n’ai pas le droit de les laisser, ni lui ni Harm plus longtemps dans l’ignorance. Il doit savoir pour ses enfants, et je dois lui demander pourquoi il est parti… Cette question me hante depuis cette fameuse nuit. Je ne lui ai même pas laisser la chance de s’expliquer, et…
Mac s’était mise à pleurer, ça lui faisait mal, mais elle espérait une réconciliation avec Harm. Elle était aussi consciente de la peine qu’elle faisait à Charles.
- Il a été toujours le premier Charles… je suis sincèrement désolée, mais… - Mais tu veux encore y croire et tu as besoin de lui. Je suis triste Sarah mais je suis encore plus triste pour toi car vous ne vous n’êtes pas laissé de chances même si ce n’est pas les occasions qui vous ont manqué. Sarah, il ne doit pas être trop tard au moins pour que vous discutiez tout les deux, entre autres de Thomas. C’est vrai il a le droit de savoir, je pense aussi qu’il a des choses à te dire. Ecoute même si ça ne se passe pas comme tu veux, Sarah tu pourras toujours compter sur moi. Je reste ton ami, et je sais que tu peux aussi compter sur Chloé. »
Ils s’étreignirent longuement, le temps pour Charles de calmer Mac.
- J’ai si peur de sa réaction après toutes ces années. - C’est normal. Tout va bien se passer. Tu devrais parler à Thomas maintenant sinon il risque de ne pas comprendre. - Oui tu as raison.
Ils quittèrent le séjour, et ils rejoignirent les autres.
- Thomas mon chéri, viens avec moi, il faut que je te parles. - De quoi maman ? - De ton vrai papa.
Chloé regarda Charles qui lui sourit, d’un sourire triste mais sincère.
- Tu vas bien ? Lui demanda la jeune femme. - Pas autant que je l’espérai, ça a été plus rapide que prévu mais c’est dans l’intérêt de Mac et du petit. - Tu es quelqu’un de bon et de gentil Charles, on te l’a déjà dit ? dit-elle en l’embrassant sur la joue.
Chloé prit sur elle pour cacher son anxiété. Elle connaissait par cœur Mac et Harm, même en dégageant la route devant eux rien n’était gagné ! Elle prit son téléphone et composa le numéro de Harm, bien décidée à aplanir la situation.
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Journalisée
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 Merci LN, ça fait plaisir la bannière  ----------------------------
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Audrey
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17 h 15 Salle de conférences, Quartier Général du Jag, Washington DC
Webb n'en revenait pas: il avait pu observer à maintes reprises la colère de son ami, d'ailleurs souvent tournée contre lui, mais l'Amiral Rabb semblait réellement hors de lui, prêt à fondre sur lui afin de lui arracher la vérité. Un coup d'oeil au reste de l'assistance confirma ses doutes: aucune autre personne présente dans cette pièce, sauf peut-être Galindez, ne le soutiendrait dans ce duel... -Webb, je vous saurai gré d'arrêter vos cachotteries de suite... Avant que je m'énerve vraiment... Intima Harm en se rapprochant bien trop près au goût de l'espion. -Rabb, c'est la règle ! Je n'ai pas le droit d'en dire plus... En prononçant ces paroles, il recula, s'arrageant pour placer un siège entre lui et l'ancien pilote. Il n'était pas un couard, mais pas suicidaire non plus ! -Ecoutez Webb... C'est la veille de Noël, il neige, j'ai encore plein de travail et j'ai un rendez-vous très important ce soir... Je ne suis pas d'humeur à négocier gentiment avec vous. Toutes les personnes ici sont dignes de confiance alors dites-nous ce qui ne va pas ! -Vous me décevez Amiral... Je pensais que vous comprendriez que je ne peux vous divulguer les soupçons de l'Agence à propos de cette affaire. -Mais dans ce cas, pourquoi entraîner mon équipe si vous ne leur permettez pas de travailler efficacement ? Notre métier n'est pas de punir ceux que vous jugez coupables. Nous recherchons la vérité, et cela n'a pas changé depuis toutes ces années ! Comme son ami ne rétorquait rien, Harm continua : -Je vais vous dire ce que je pense... Votre agence s'est aperçue qu'elle avait fait une erreur dans le choix d'un membre d'équipage... Mais lorsque vous avez voulu réparer cette erreur, il était trop tard, l'homme, ou la femme, était déjà passé à l'action ! Maintenant, vous êtes bien embêtés, si jamais on découvre que par votre faute, un sous-marin nucléaire de la toute dernière génération est tombé entre des mains très peu recommendables, vous passerez tous un sale quart d'heure à Langley ! Alors maintenant, vous sollicitez notre aide pour vous sauver le coup ! -Rabb, c'est la sécurité du pays entier qui est en jeu ! -Je le sais bien ! Et c'est ce qui m'inquiète ! Nous n'avons aucune piste, ni de qui a pu faire cela, puisque vous refusez de nous le dire, ni de où ils peuvent détenir le commandant et son second. De plus, tant que la neige tombe, nous ne pourrons quitter la ville. La question est donc réglée pour l'instant. Coates et Tiner vous assisteront et je superviserai leur travail de près, mais je leur fais confiance. S'il est possible de trouver, ils trouveront ! Il se tourna ensuite vers la Secrétaire d'Etat, tournant le dos à un Clayton Webb médusé : -Madame, je me suis déjà clairement exprimé quant à ma participation à cette commission d'enquête. Ce n'est pas de mon ressort. La politicienne retrouva rapidement son aplomb : -Mais Amiral Rabb, vous êtes le meilleur ! Et vos subordonnés sont occupés avec cette affaire d'enlèvements... Vous devez leur donner un coup de main ! Et puis... Cela pourrait m'inciter à augmenter considérablement le budget prévu cette année... -Madame, cette proposition ressemble fort à du chantage ! -Oui Amiral, mais c'est à prendre ou à laisser ! Il réfléchit rapidement, jeta un coup d'oeil au Capitaine Coates, qui l'encouragea silencieusement. Oh et puis un peu d'action ne me fera pas de mal ! Après tout, mon ancien poste me manquait, je vais avoir l'occasion de retrouver le terrain ! Il acquiesça donc en soupirant : -C'est d'accord, je m'occuperai personnellement de cette affaire. Mme Latham peut compter sur moi... Mais maintenant, je vous prie de m'excuser, mais j'ai un rendez-vous important avec un vieil ami... Sans ajouter un mot, il sortit, prévint Singer de son départ et se dirigea vers sa voiture. Son père l'attendait, ainsi que l'Amiral Boone... Et Sarah... Dans moins de deux heures et demie maintenant, il allait la revoir ! Comme il avait hâte de la serrer à nouveau dans ses bras, de l'embrasser... Pourvu qu'elle ne lui en veuille plus ! Coupant court à ses pensées galopantes, il mit le contact et démarra en douceur vers son destin, qui l'attendait au pied d'un Mur, empreint de souvenirs...
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Journalisée
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La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître. Victor Hugo 
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Audrey
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24 décembre 2012, 21h00 Maison des Roberts Sur le portail des Roberts, l'Amiral Rabb n'en menait pas large, bien que son plus cher désir soit de rencontrer ce petit être qui s'avérait être son fils. Malgré les dires de Sarah, il avait peine à contenir son agitation. Ils avaient déjà sonné deux fois et pourtant, la porte ne s'ouvrait pas... -Crois-tu qu'il ait pu se passer quelque chose  On devrait peut-être passer par derrière ? -Harm ! Laisse leur le temps d'ouvrir, et ne t'inquiète pas, Chloé est là pour les surveiller... -Chloé  J'ai dû rater ce morceau de l'histoire aussi moi !!! Depuis quand est-elle à Washington ?? Pendant qu'ils devisaient ainsi, la porte s'ouvrit très lentement, sans même qu'ils s'en aperçoivent. Le petit visage anxieux de Tom se glissa dans le petit interstice. Sans un mot, il contemplait ce père qu'il n'avait jamais vu... Lorsque tout à coup... 20h45 Mac Murphy's Harriet finissait d'expliquer à tous ses invités le secret du colonel MacKenzie, qui d'une façon ou d'une autre, les concernait tous. L'Amiral Chegwidden fut le premier à retrouver ses esprits, alors que tous les autres tentaient d'imaginer la scène qui allait bientôt avoir lieu chez les Roberts : -Et bien... Je vois qu'ils continuent de me faire des surprises ces deux-là ! L'âge ne les a pas assagis ! Quand je pense au ramdam que ça va faire dans les hautes sphères ! Le JAG qui se découvre un héritier de 5 ans ! Le secrétaire d'Etat va en faire une maladie !!! Ils décidèrent alors de donner une heure à leurs amis pour reformer leur famille... Tom devait avoir ce moment seul avec ses parents... 21h02 Maison des Roberts Sentant un regard posé sur lui, Harm se retourna, pour poser ses yeux sur un regard qui lui sembla plus que familier. Il comprit ce que Mac avait voulu dire en lui expliquant qu'il ne l'avait jamais quittée pendant ces 5 ans. Comme le petit garçon ne bougeait pas, Harm s'agenouilla dans la neige éparpillée sur le perron : -Bonjour Tom... Je m'appelle Harm... N'aie pas peur, laisse moi entrer que je te voie mieux... Le petit garçon ouvrit alors la porte en grand, toujours sans prononcer une parole. Il n'arrivait pas à en croire ses yeux. Son père était encore plus grand et plus fort que tout ce qu'il avait pu rêver... Et en plus... Harm pénétra chez ses amis en tenant Mac par la main, mais il ne pouvait se détourner du petit corps frêle... Une pression sur sa main l'encouragea. C'était à lui de faire le premier pas. Il examina alors son garçon des pieds à la tête : ce qu'il était beau ! Mais tout à coup, le souvenir d'un événement de la matinée lui revint en mémoire... Non... Ce n'était pas possible ! Avait-il réellement rencontré son fils dans cette station service  Il prit l'enfant par la main et le conduisit au salon. Mac, bien qu'impatiente, décida de les laisser seuls. Cela n'en serait que mieux... Avant de s'engouffrer dans la grande pièce derrière son père, Tom se retourna, indécis. Elle le rassura d'un sourire. Ce soir, elle en était persuadée, il ne serait pas déçu... Ils s'assirent côte à côte, et c'est alors que Harm remarqua la peluche que l'enfant tenait toujours dans ses bras. C'était bien lui ! Comment avait-il pu passer si près de la vérité sans même s'en douter ? Ce petit garçon qu'il avait admiré dans la matinée et qui avait trotté dans son esprit toute la journée était son fils ! Ses yeux ne le trompaient pas... Il rompit alors le silence, conscient que pour Tom, ce devait être un véritable supplice : -Mon grand... Je ne sais pas quoi te dire... On va avoir besoin d'un peu de temps tous les deux pour apprendre à se connaître... Mais on va bien s'amuser, hein ? -Oui Amiral... La petite voix enroba son coeur, glissant en lui comme un cadeau. Il sourit : -Non, Tom... Pour toi, je suis Harm... Ou bien... Mais tu n'es pas obligé, c'est comme tu veux, tu sais moi non plus je n'ai pas l'habitude, on ne m'a jamais appelé comme ça mais tu peux dire... Il ne le laissa pas finir, entrevoyant le bonheur dans les explications confuses de l'officier, il s'exclama : -Papa ? Tu es vraiment mon papa ? -Oui Tom... Pour de vrai... Les larmes aux yeux, il accueillit dans ses bras tremblants le petit garçon qui lui serra le cou à l'étouffer, n'arrivant à réaliser ce qui se passait. Il avait rêvé de cet instant toute sa vie ! Mais quelques secondes après, il se dégagea : -Et maman, tu l'aimes ? Surpris, Harm se contenta de hocher la tête. -Alors, tu vas rentrer à la maison avec nous ? Parce que maman, elle t'aime beaucoup beaucoup, elle me l'a dit. On sera tous ensemble, avec Chloé, son bébé et Charles ? -Charles ? -Oui, c'est mon deuxième papa... Mais ce n'est pas le vrai, c'est maman qui m'a expliqué. Elle m'a dit que mon vrai papa était pilote. Moi aussi j'adore les avions... Tu m'apprendras, dis ? Tu me montreras comment piloter ? Ne recevant aucune réponse, il leva de nouveau les yeux sur le visage de son père. Ce qu'il y vit le fit trembler. Avait-il dit une bêtise ? Des larmes perlaient dans les yeux de son père. L'avait-il rendu triste ? Affolé, il chercha un moyen de se faire pardonner... Il ne supporterait pas que son papa lui en veuille ! Il lui prit alors la main : -Papa... J'ai une surprise pour toi... Je veux rester pour toujours avec toi maintenant... Tiens ! Il lui fourra alors dans les bras le petit lapin avant de déposer une dernière caresse sur sa tête : -Il a toujours été avec moi. Maintenant, même si je ne te vois pas, tu penseras à moi... Cette fois-ci, les larmes coulaient vraiment sur les joues du pilote. Il prit Tom dans ses bras, le serrant contre lui avec force, oubliant les paroles à double sens de l'enfant à propos de ce "Charles" : -Oh Tom, je te promet que tu seras toujours avec moi maintenant... Je ne te quitterai pas, jamais... C'est un très beau cadeau Thomas... Ce lapin est le plus beau cadeau que l'on m'ait jamais fait... Je te remercie... Mais je te promet que rien ne nous séparera plus jamais, ta maman, toi et moi... Nous resterons ensemble pour toujours... Derrière la porte entrebaillée, MAc pleurait dans les bras de Chloé et AJ ne perdait pas une miette de la réaction de son parrain. C'était bien mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer ! Et comme il était heureux pour Tom et ses parents ! Finalement, il ne regrettait pas du tout d'avoir dû rester à la maison... C'était un Noël comme on en vivait pas tous les ans !!! Et ce n'était pas fini !
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Journalisée
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La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître. Victor Hugo 
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