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Auteur
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Sujet: Rendez-vous dans dix ans - Final (Lu 2516 fois)
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Midship
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 Allez-y pour le feu d'artifice  :heart:  qui mettra fin à cette aventure, commencée il y a cinq mois  :heart: :smooch:
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Journalisée
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Midship "le seul cadeau plus précieux que l'air que nous respirons c'est la main que nous tenons" A.J Chegwidden  Bannière de Parden, merci!
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angel
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21h07 Maison des Roberts Harm serrait son petit garçon de toutes ses forces, cela ne faisait même pas une heure qu’il avait appris l’existence de son fils et à peine dix minutes qu’il l’avait rencontré, mais la peur de le voir disparaître le hantait déjà. Son rêve devenait soudain réalité : il avait un enfant, non mieux : lui et Sarah avait un enfant. Cette promesse folle faite il y a plus de dix ans maintenant avait finalement était concrétisée, et elle avait donné naissance à un petit ange nommé Thomas : son petit ange. Soudain, le pilote sentit des petites mains prendre son visage, doucement il se détacha un peu de Tom et fut surpris de voir ses grands yeux bleus le détailler. Sans rien dire, il laissa faire l’enfant qui retraçait maintenant toutes les lignes de son visage avec minutie. Harm était amusé de sentir pleins de petits doigts jouer avec ses oreilles ou ses cheveux mais il ne bougeait pas, trop captivé par le regard de l’enfant. Tout à coup, l’expédition se stoppa et un sourire mêlant fierté et amusement se dessina sur le visage du petit garçon. - Alors c’est comme ça que je serais quand je serais grand ? Parce que maman dit toujours que je ressemble à mon papa ! - Et ça te plaît ? Je veux dire, de me ressembler plus tard ? - Oh oui alors, surtout si moi aussi je fais craquer toutes les filles ! - C’est ta mère qui t’a dis ça ? - Non ça c’est Chloé ! Mais maman me dit toujours que je dois écouter tata Chloé alors c’est sûrement vrai ! Harm éclata de rire à cette réplique du garçonnet, décidément, il lui réservait bien des surprises. Lentement, le JAG se pencha à l’oreille de l’enfant et, de telle sorte que personne d’autre que lui ne puisse entendre, il murmura : - Je vais te confier un secret Tom, mais tu dois me promettre de ne le répéter à personne. - Promis… - Le secret pour faire craquer les filles… je veux dire, mon secret pour faire craquer les filles c’est… - Oh oui dis-moi… - C’est le sourire mon grand. Lentement, le petit garçon s’éloigna d’Harm et le regarda avec de grands yeux écarquillés, on aurait cru qu’il venait d’apprendre le plus important des secrets du monde. Alors, à voix basse, le petit bout demanda timidement : - Dis, tu m’apprendras ? Alors, le plus sérieusement du monde et toujours dans le ton de la confidence, Harm s’approcha de nouveau du visage angélique : - Tu vois Tom, nous deux on a une chance très spéciale. - Laquelle? - Le sourire qui fait craquer les filles, on l’a naturellement… - Waouh… *********************************************************************** Mac observait la scène depuis la porte en compagnie de Chloé et d’AJ. Tous trois étaient intrigués par tant de mystère, voilà cinq bonnes minutes que père et fils se parlaient à l’oreille sans que quiconque ne puisse entendre. Tout à coup, ils virent Tom bondir du sofa et prendre la main d’Harm pour le tirer vers la baie vitrée qui donnait sur le jardin à l’arrière de la maison. D’abord surprise par cette attitude étrange, Mac fut rassurée quand elle vit Harm lui faire un clin d’œil en murmurant : « un truc de mec ». Les trois spectateurs décidèrent donc de les laisser entre eux et partirent dans la cuisine finir les préparatifs pour le dîner qui prendrait place dans quelques minutes. *********************************************************************** 21h16 Jardin des Roberts Harm suivait tant bien que mal le petit diable qui le tirait par la main. Le pilote ne comprenait pas vraiment ce que Tom voulait lui montrer dans ce jardin mais le petit garçon avait insisté pour partager son secret avec son papa. La neige avait cessé de tomber et le ciel était maintenant dégagé sur la Capitale, un temps idéal selon Tom. Après quelques mètres dans la poudre blanche qui recouvrait la pelouse, le garçonnet s’arrêta à côté de la table de pique-nique en bois qui trônait au milieu du jardin. De quelques gestes rapides avec ses petits bras il en dégagea la neige avant de se retourner vers Harm. - Maintenant, allonge-toi sur la table. Sans réellement comprendre pourquoi, le JAG s’exécuta. En temps normal, il aurait sûrement rit au nez de la personne qui lui aurait demandé de faire une telle chose, mais il était tellement fasciné par ce petit bout de personne qui se trouvait devant lui qu’il aurait fait n’importe quoi. Alors, sans un mot il s’allongea sur la table de bois et, vite rejoins par Thomas, ils se mirent à contempler les étoiles en silence. Au bout de quelques minutes d’observation, Harm sentit Tom frémir contre lui. Il faut dire que la température n’était vraiment pas très élevée en ce soir de réveillon. Alors, dans un geste à la fois naturel et paternel, Harmon Rabb souleva son fils et l’installa sur son torse avant de l’enlacer de ses bras puissants pour le réchauffer. Le petit garçon sourit à cette attention, lui qui avait espérer si longtemps que son papa l’aimerait autant que lui l’aimait, il avait la certitude à cet instant précis que son rêve devenait réalité. Son instinct, que sa mère lui avait si souvent conseillé de suivre lui soufflait qu’il pouvait avoir confiance en cet homme, alors, sans plus attendre, il décida de lui confier son secret. Doucement, Harm sentit la petite main chaude de son fils prendre la sienne en même temps que sa voix enfantine lui murmurer : - Moi aussi j’ai un secret. Et je l’ai jamais dit à personne, parce que c’est un secret très secret ! - Et tu veux bien me le dire à moi ? - Oui je veux bien… parce que j’ai confiance. Harm était ému par cette déclaration spontanée du petit garçon, mais il n’eut pas le temps de méditer plus longtemps que la petite voix reprenait : - Je l’ai jamais dit à personne, même pas à maman ! Mais depuis très longtemps, tous les soirs, je vais dans le jardin et je regarde les étoiles. - Pourquoi ? - Pour toi… - … - C’est un vieux indien de la réserve où travaille maman qui m’a dit un jour que tout le monde a son étoile quelque part dans le ciel, alors, depuis, je regarde les étoiles tous les soirs, et comme je sais que la tienne et là, et ben… je lui parle… - Et qu’est-ce que tu lui dis ? - Ben… que je t’aime… Cette fois, Harm sentit une larme rouler sur sa joue. Comment avait-il pu rester si longtemps loin de ce petit être ? Ce petit ange qui lui louait une admiration et un amour sans limite depuis maintenant cinq ans ! Le pilote se réprimanda une nouvelle fois d’avoir laissé sa vie lui échapper ainsi cette nuit-là et se jura de ne plus jamais faire endurer à son petit garçon ce que lui-même avait si durement supporté pendant des années : l’absence d’un père. Aucun doute, maintenant rien ne pourrait plus jamais séparer le père du fils ! Tendrement, Harm embrassa le front de Tom puis se releva afin de le poser sur ses genoux. Alors, d’une voix douce, il lui fit la plus importante des promesses qu’il n’ait jamais faites de sa vie : - Ecoute moi bien Tom. Je sais que je n’ai pas était là pour toi ces cinq dernières années et que ça n’a pas du être simple pour toi. Mais je te promets qu’à partir de maintenant, toi et moi, on ne sera plus jamais séparés ! - Tu es sûr, parce que maman dit toujours qu’il ne faut pas faire de promesse qu’on n’ait pas sûr de tenir ! - Je sais ce que ta maman dit des promesses Tom et elle a raison. Mais crois-moi, je ne te ferais pas cette promesse si je ne comptais pas la tenir ! Je te jure Tom, que quoiqu’il arrive, je serais toujours là pour toi ! - Qu’est-ce qui me le prouve ? Tu n’étais pas là pour maman ! Harm était touché par la véracité de l’argument de son fils. Cela lui faisait tellement mal d’admettre qu’il n’avait pas été à la hauteur avec Sarah, alors de l’entendre de la bouche de la petite tête brune innocente qui se trouvait devant lui, ne faisait que lui rappeler les lourdes conséquences qu’avait engendrées son erreur, conséquences dont Sarah et Tom avaient été les principales victimes. Mais Harm avait bien l’intention de se rattraper, il avait certes perdu cinq ans, mais il ne perdrait pas une seconde de plus ! Délicatement, il porta sa main à sa poitrine, en dégrafa la broche dorée et, devant les yeux ébahis de l’enfant, les déposa dans sa petite main. - Je te promets que je serais toujours là pour toi Tom. Et chaque fois que tu ne me verras pas, je serais quand même là, tu n’auras qu’à regarder ces ailes… - Comme toi tu regarderas mon lapin ? - Exactement pareil ! Tendrement, le petit ange passa ses bras autour du cou de son papa. Sans se faire prier, Harm le suivit dans son câlin et l’enlaça de ses deux bras en lui murmurant à l’oreille : - Je t’aime fils… *********************************************************************** 21h40 Maison des Roberts A l’intérieur de la maison, la bande d’amis rentrée à peine du Mac Murphy’s. Alors que Chloé les accueillait en les invitant à se débarrasser de leurs manteaux, Harriet ne prit même pas le temps d’enlever ses gants que déjà, elle s’approchait de Sarah. - Alors, où sont-ils ? - Dehors… Je crois que c’est une idée de Tom… La femme de Bud voyait bien sur le visage de son amie que le doute s’installait, aussitôt elle décida de lui demander ce qui n’allait pas. - Qu’est-ce qu’il y a Sarah ? - Et si ça ne se passait pas bien ? Si Tom était déçu ? Ou si Harm ne voulait pas assumer son rôle de père ? Ou si… - Stop Sarah ! Là on arrête ! Tu sais aussi bien que moi qu’Harm est fait pour être père et de ce que j’ai vu, ton fils à l’air vraiment adorable, alors je ne vois pas ce qui ne pourrait pas marcher entre eux ! - Oui tu as sans doute raison. - Bien sûr que j’ai raison ! Et le plus simple c’est de leur demander ! D’un signe de tête, Harriet encouragea Mac à regarder derrière elle. Lentement, la jeune femme se retourna pour voir la raison du silence qui avait soudainement pris place dans la maison. *********************************************************************** 21h43 Maison des Roberts Le groupe d’amis restait sans voix devant le tableau qui s’offrait à eux ; Harm s’avançait vers eux en affichant exactement le même sourire que le petit garçon qui lui tenait fermement la main. Chacun dans la pièce fut frappé par la ressemblance plus qu’évidente entre le pilote et le petit bout à ses côtés, même Sarah, qui pourtant avait décelé la ressemblance entre le père et le fils la première fois que Tom avait posé les yeux sur elle fut surprise de constater que le petit ange était en réalité la copie conforme de son papa : le même sourire, le même regard, le même charme indéniable… Soudain, les larmes montèrent aux yeux de Sarah et elle ne fit rien pour les retenir : les ailes dorées habituellement présentent sur l’uniforme impeccable de son ex-partenaire se trouvaient bien enfermées dans la petite main de son fils ! Cette fois, elle en était sûr, quoiqu’il puisse arriver à l’avenir, quoiqu’il puisse se passer entre elle et Harm, il serait toujours là pour Tom, il ne l’abandonnerait pas, et ça, c’était l’essentiel ! Harm observait ses amis. Il était amusé de voir leurs mines stupéfaites et remercia intérieurement Harriet de les avoir préalablement prévenus ce qui lui évitait d’avoir à contacter le 911 ! En effet, il pouvait voir que l’Amiral et Tiner étaient à la limite de la syncope et n’osait pas imaginer ce qui se serait passé s’ils n’avaient rien su du tout ! Décidant de mettre fin à leurs troubles, il jeta un dernier coup d’oeil vers Tom, puis vers Sarah, et déclara finalement avec une fierté évidente dans la voix : - Mes amis, je vous présente mon fils… notre fils, Thomas. Alors qu’un nouveau silence s’installait, c’est AJ qui bougea le premier. Lentement, il s’approcha de Tom et s’agenouilla devant lui avant de lui tendre la main. - Bonjour Thomas. D’abord hésitant, le petit garçon délivra doucement sa main de celle de son père pour serrer timidement celle de l’ancien JAG. - Bonjour monsieur. - Oh tu peux m’appeler AJ, j’ai eu droit à assez de Monsieur dans ma vie ! - D’accord AJ. - Dis-moi jeune homme, tu ne veux pas devenir avocat n’est-ce pas ? - Oh non ! AJ n’eut pas le temps de dire « ouf » que l’enfant complétait sa réponse. - Si j’arrive à convaincre maman je serais pilote comme papa ! Devant la tête déconfite d’AJ à l’entente de cette réponse spontanée du petit garçon toute la bande d’ami ne put retenir un fou rire collectif pendant que l’ancien JAG se murmurait pour lui même : - Le SECNAV n’a pas fini de se faire des cheveux blancs ! *********************************************************************** 23h16 Maison des Roberts La fête battait son plein dans la maison. Tout le monde avait pris place autour de la cheminée une fois le repas terminé et chacun continuait le récit de sa vie durant les dix dernières années, tout le monde sauf Sarah. Harm le remarqua et, la cherchant du regard, c’est Harriet qui lui fit signe que la jeune femme se trouvait sur le porche de la maison. A ce moment, Harm su que c’était maintenant qu’aller se jouer son avenir, leur avenir. A voix basse, il expliqua à la petite tête brune qui avait pris place sur ses genoux qu’il devait aller parler à sa maman, alors, tout en essayant de ne pas gêner Sturgis dans son discours, il s’éclipsa. *********************************************************************** 23h16 Porche de la maison des Roberts Sarah était appuyée sur la rambarde et regardait la neige qui avait refait son apparition voilà dix minutes. Elle était heureuse ce soir, heureuse comme jamais, parce que pour la première fois depuis longtemps tout semblait se dérouler comme elle l’avait souhaité : elle était revenue après cinq ans d’absence et contrairement à ses doutes du début de journée, tout c’était bien déroulé, ses amis avaient étaient géniaux une fois de plus, en particulier Harriet qu’elle ne pourrait jamais remercier suffisamment pour tout ce soutient, et puis, il y avait eu ces retrouvailles au Mur… cette libération inespérée après cinq longues années de souffrances ! Enfin elle l’avait retrouvé, enfin, elle avait pu lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur, et enfin il ne s’était pas défilé… pour la première fois il lui avait montré sa face cachée, celle d’un homme terrifié à l’idée d’aimer… Cependant, elle avais su à cet instant précis que tout n’était pas perdu, la route serait encore longue et les difficultés certainement encore nombreuses, mais elle se sentait prête à y faire face… pour lui… avec lui… Aussi, comment pouvait-elle repenser à cette journée en omettant le plus important : Tom. Car s’il y avait une chose qui la terrifiée en début de journée, c’était bien la façon dont ces amis allaient prendre la nouvelle de l’existence de Tom… et surtout, comment Harm allait le prendre ? Elle devait bien l’admettre, la principale raison de sa venue n’était pas la perspective de ces retrouvailles entre amis, mais la volonté sans faille de son petit garçon de connaître enfin son papa. Longtemps Sarah avait hésité à venir, longtemps elle avait pesé le pour et le contre, avant de finalement céder au regard bleu azur de son petit ange. En voyant ce regard implorant, elle avait revu Harm, douze ou treize ans plus tôt, dans la région de Svichevo, alors qu’il la suppliait du regard de continuer la traduction du récit de Pichta, elle s’était rappelée son magnifique visage inondé de larmes quand il avait compris qu’il ne reverrait plus jamais son père… Elle avait alors réalisé qu’elle ne pouvait pas faire endurer ça à son fils, qu’elle ne pouvait pas être la cause d’une souffrance qui le suivrait toute sa vie d’enfant et d’homme, qui le hanterait chaque fois qu’il fermerait les yeux, et surtout, qui l’empêcherait d’être heureux… Oui, Sarah était revenue pour son fils, pour lui donner cette chance d’être heureux, et grâce au ciel, la jeune femme ne pouvait que constater qu’elle avait eu raison : le sourire sur le visage de son petit garçon ne mentait pas, il était heureux… Encore une chose et la jeune maman croirait définitivement au miracle de Noël, mais cette fois, la balle n’était pas dans son camp, cette fois, c’est Harm qui devrait provoquer le miracle. *********************************************************************** 23h20 Porche de la maison des Roberts Il l’observait depuis plusieurs secondes quand il se décida enfin à bouger. Sans un bruit, il s’approcha d’elle et s’appuyant lui aussi sur la rambarde, il l’imita en fixant son regard sur la neige qui tombait drue. Ils restèrent ainsi pendant cinq bonnes minutes, chacun profitant du calme de la nuit et espérant qu’il ne précédait pas la tempête. Finalement, c’est le pilote qui prit la parole le premier. - La nuit est belle n’est-ce pas ? - Oui. Un nouveau silence avait pris place après ce brève échange, tous deux étaient mal à l’aise ne sachant par où commencer, ils avaient tellement de choses à se dire, à s’avouer, mais aussi à se pardonner… Une fois de plus, Harm se décida à parler le premier, une question le démangeait trop. - Qui est Charles ? - C’est Tom qui t’a parlé de lui ? - Oui. Le regard toujours fixé sur la neige comme celui de son voisin, Mac inspira profondément. Hier encore, elle se persuadait que sa vie était aux côtés de Charles, alors que voilà quelques heures, en revoyant Harm à la station service elle avait compris que sa relation avec le docteur n’était qu’une mascarade ! Bien sûr il était un père formidable pour Tom, bien sûr elle l’aimait, à sa façon, mais… il n’était pas Harm… La jeune femme réalisait à peine que sa discussion avec Charles tout à l’heure avait définitivement tiré un trait sur leur relation, sur trois ans de vie commune… Sarah sentit soudain des larmes lui piquer les yeux, mais elle les retint, Charles n’aurait pas voulu la voir pleurer, surtout pas à cause de lui…Elle devait aller de l’avant maintenant, chercher le bonheur coûte que coûte, et ce bonheur, elle espérait bien le trouver avec Harm. Aussi fut-elle tirée de ses pensées par sa voix. - Alors ? Qui est-ce ? - Quand je suis partie, ça n’a pas été facile au début, j’ai beaucoup douté, beaucoup pleuré… - Je suis désolé Sarah, je… - Laisse-moi finir Harm, s’il te plaît ! - Très bien… - Pendant plus d’un an je n’ai fait que me consacrer à Tom et à mon boulot. Et puis, j’ai rencontré Charles, il était le docteur de la réserve. On s’est d’abord côtoyé pour le travail, puis on est devenu ami et enfin, je l’ai laissé entrer dans mon cœur. Pendant trois ans, il a su me rendre le sourire, me redonner la joie de vivre, et surtout, il a été un père merveilleux pour Tom ! Et puis… il y a eu aujourd’hui… Ce n’était pas prévu mais il est venu à Washington, avec Chloé, il a pris l’avion et a débarqué à l’improviste craignant que… - Craignant que ? - Craignant que quand je te reverrais… il me perdrait. - Et sa peur était justifiée ? - Je crois, que… lui comme moi, nous avons réalisé qu’il ne m’avait jamais réellement eu… - … - Ecoute Harm, je veux que tu saches que quoiqu’il se passe maintenant, si c’est son souhait, Charles continuera de voir Tom aussi souvent qu’il le voudra ! - Je comprends et je suis totalement d’accord. Cette fois Sarah avait tout dit, elle n’avait plus de secret pour le pilote, et elle espérait qu’il en soit de même pour lui. Il n’y avait plus qu’eux désormais, eux et leur destin… Mac sentit les yeux d’Harm se poser sur elle alors qu’elle n’osait toujours pas bouger. Mal à l’aise par ce regard insistant, elle lança d’un ton froid : - Et maintenant ? - Maintenant ? Je ne sais pas ! Ca ne dépend pas que de moi… Lentement, Sarah se tourna vers le JAG et le regarda droit dans les yeux. Il était temps que cette petite danse cesse, qu’ils prennent chacun leurs responsabilités et que les choses soient claire une fois pour toute. - Quinze ans que ça dure Harm, quinze ans de questions sans réponse et de non-dits, quinze ans à se déchirer pour mieux se réconcilier après, quinze à pleurer sur nos erreurs et à regretter nos actes manqués ! Tu ne crois pas qu’il est temps que ça change ? Harm était touché par les mots de Sarah, tout cela était tellement vrai… Mais il n’allait pas se défiler, pas encore une fois, pas maintenant ! - Oui ça fait quinze ans Sarah… quinze ans que je repousse l’échéance par peur de l’affronter. Mais aujourd’hui je suis prêt, et pour la première fois de ma vie, je sais ce que je veux et ce que je suis prêt à sacrifier pour l’avoir. - … - C’est toi que je veux Sarah… toi et Tom ! C’est ce que j’ai toujours voulu, seulement, je n’ai trouvé le courage de te le dire que ce soir… et crois-moi, j’en suis le premier navré ! Si tu savais combien de fois j’ai rêvé ce moment ces cinq dernières années ? Combien de fois le téléphone a sonné et j’ai espéré que ce soit toi ? Combien de fois je me suis réveillé en pleine nuit priant pour que tout ceci ne soit qu’un cauchemar ? Que tu sois à mes côtés, que tu n’aies jamais disparu ! Je sais que je t’ai fait du mal, que je vous ai fais du mal… Mais c’est fini, je ne me défilerai plus, je serai là pour toi et Tom, à chaque instant ! Enfin, si c’est ce que tu veux ? Sarah restait le regarder abasourdie par ce quelle venait d’entendre, alors le miracle avait vraiment eu lieu ? Après des années à se chercher et à se repousser, enfin, ils s’étaient trouvés ? Sans plus attendre, elle s’avança vers lui et, oubliant ses doutes, elle s’éleva sur la pointe des pieds et, comme une douce caresse, elle déposa ses lèvres sur celle du pilote. La magie de Noël s’opéra autour des deux amants et, avec une tendresse infinie, Harm prit le visage de Sarah entre ses mains, rendant ce baiser d’abord doux en une passion enflammée. Finalement, c’est à bout de souffle qu’ils se séparèrent et, tout en haletant, Harm posa son front contre la tempe de Mac et lui murmura d’une voix rauque : - Je sais que j’aurais du le dire il y a bien longtemps mais… je t’aime… A l’entente de ce simple aveu, Sarah sentit des larmes couler sur son visage, mais pour la première fois depuis longtemps, c’était des larmes de joie ! Lentement, elle détacha son visage de celui du pilote et avec hésitation, elle le regarda dans les yeux avant de lui demander : - Alors maintenant on ne fuit plus ? - On ne fuit plus Sarah… plus jamais ! - Harm, je veux que tu saches que malgré le fait que je sois partie… moi aussi je… - Chut… je le sais ma belle. - Mais je veux que tu n’en doutes jamais, je t’aime Harm… Cette fois, c’est avec amour et tendresse qu’ils s’embrassèrent, comme si, ce baiser était leur tout premier, et c’était d’ailleurs, d’une certaine façon peut-être le cas… Tout à coup, ils furent interrompus par des petites mains qui tiraient sur leurs jambes et, c’est avec étonnement qu’ils découvrirent un sourire émerveillé sur le visage de leur fils. - Et les amoureux, c’est l’heure ! Alors, sans plus attendre, Harm souleva Tom dans ses bras et la petite famille rentra dans la maison, le petit garçon avait raison, il était l’heure de partir. *********************************************************************** Minuit, Eglise de l’aumônier Turner L’Eglise était comble en ce soir de réveillon et chacun écoutait avec attention les paroles du père de Sturgis, qui malgré son âge avancé continuait toujours de prêcher la bonne parole. Tous les amis s’étaient installés sur le même banc, tous sauf trois personnes, qui par manque de place s’étaient installés sur le banc juste derrière. Discrètement, Harriet jeta un coup d’œil dans son dos et ne pu retenir un sourire ; le petit Thomas se tenait endormi sur les genoux de son papa, les ailes dorées de ce dernier toujours aussi fermement encrée dans sa main, à ses côtés, Sarah, à l’image d’Harm d’ailleurs, semblait enfin heureuse. Et alors que l’aumônier Turner évoquait dans son discours l’importance de la famille, les deux âmes soeurs enfin réunis enlacèrent leurs doigts tel une promesse d’un avenir heureux et plein d’amour. FIN. Angel 
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Journalisée
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Audrey
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24 décembre 2012, 21h15, Maison des Roberts Séchant ses larmes, Mac pénétra dans la pièce et se serra contre son partenaire, passant sa main dans les cheveux de son fils, qui se retourna vers elle, radieux : -Tu avais raison maman… Mon papa, c’est le meilleur du monde ! Et maintenant, on sera ensemble tout le temps… C’est une promesse… Et il faut toujours tenir ses promesses, hein maman ? -Oui, Tom. On doit toujours tenir ses promesses… Réussit-elle à murmurer, les yeux perdus dans le regard azur de Harm. Ils n’avaient plus besoin de mots. Les explications viendraient en temps utiles. Ce soir, ils devaient profiter de chaque instant pour s’assurer que leur amour surmonterait tous les obstacles, et grâce à ce qu’elle déchiffrait dans les prunelles brillantes d’émotion, ses derniers doutes s’envolèrent. Lui, comme elle, étaient enfin prêts pour cette vie familiale qu’ils avaient tant rêvée… En Caroline du Nord ou à Washington, dans une maison ou un appartement, peu leur importait. Ces conditions matérielles n’avaient aucune importance. Seul comptait leur amour. Ils auraient pu rester là à se regarder pendant des heures… Cela faisait si longtemps qu’ils attendaient ce moment ! Mais Tom ne tenait pas en place. Il sauta sur ses pieds et prit son père par la main : -Oh ! J’ai failli oublier ! J’ai une autre surprise pour toi ! En riant de bonheur, le JAG entreprit de suivre son fils dans sa course folle vers l’entrée où il avait laissé son manteau, dont il entreprit fébrilement de fouiller les poches. Il en extirpa fièrement une feuille de papier qu’il lui tendit : -C’est pour toi… Il déplia le papier avec précaution. Le Tomcat qu’il y découvrit le fit sourire : -C’est toi qui l’as dessiné Tom ? -Oui papa ! AJ m’a prêté sa maquette pour que j’aie un modèle… -Puisque tu aimes les avions Tom, je t’emmènerai faire un tour avec Sarah… -Avec Maman ? Rien que tous les trois ? -Non mon chéri… répondit Mac en s’approchant. Sarah est le nom de l’avion de ton papa… Emerveillé, le bambin ne calculait plus son bonheur. Quelle joie que ce Noël ! Enfin, Harm se rendit compte de la présence de Chloé et de son filleul. Il prit la jeune femme dans ses bras : -Tu es toujours aussi ravissante ! Que deviens-tu ? Tu me caches aussi l’existence d’un enfant ? -Tu ne crois pas si bien dire Harm ! Je suis mariée et maman d’un petit garçon ! Il faillit en tomber à la renverse. Devant sa tête, tous éclatèrent de rire, y compris AJ qui surveillait distraitement ses petits frères qui jouaient dans leur chambre, inconscients de la scène qui avait lieu dans leur vestibule. Harm enlaça ensuite son filleul et lui ébouriffa les cheveux : -Alors tu étais au courant et tu ne m’as rien dit ? Espèce de petit cachottier ! -Eh ! Je ne le sais que depuis ce matin ! Et Tom n’avait pas besoin d’un avocat ! Sa cause se défendait d’elle-même ! -Tu seras aussi bon que ton père toi mon bonhomme ! Heureusement que je serai presque à la retraite lorsque tu commenceras à plaider ! Le jeune garçon rougit de plaisir. Comme pour Tom, Harm avait toujours été un sujet d’admiration pour lui, mais pas tant pour ses exploits de pilote que d’avocat. Combien de fois n’avait-il pas réclamé, lors des veillées passées en sa compagnie, qu’il lui raconte d’anciennes affaires gagnées par pur talent juridique, ou bien les nombreuses prises de becs au tribunal avec son ancienne partenaire, que Bud racontait toujours avec une étincelle dans les yeux. Oui, il serait avocat et rien ne pourrait le détourner de sa vocation. Tom monta un instant dans la chambre de son ami, tandis que les « grands », finissaient de préparer les plats pour le retour des autres invités. Il redescendit avec la première photo qui avait été faite de lui et de sa mère. Elle la lui avait donnée, et il ne s’en passait plus, réconforté par le regard d’amour qu’il voyait sur le papier glacé, à chaque fois qu’il avait un chagrin. Son père serait peut-être content de la voir ? Mais en redescendant, il ne le trouva plus. Le grand Amiral avait disparu. Il fit le tour de la maison deux fois de suite pour s’assurer qu’il ne s’était pas trompé. Mais non… Il n’était plus là… En pleurant, il se jeta sur sa mère, qui finissait d’allumer les bougies sur la grande table : -Maman ! Il m’aime pas mon papa ? Il est parti ? Qu’est-ce que j’ai fait, maman ? Il avait promis ! -Mais non, mon poussin, ton papa est là ! Tu n’as pas bien cherché ! Tu n’as rien fait de mal voyons ! Viens avec moi, nous allons le trouver. Avec son fils, elle l’appela, sans résultat. Il semblait réellement s’être volatilisé. Inquiète, elle tentait de rassurer le petit garçon dont les larmes ne se tarissaient pas. Avait-il pu jouer la comédie ? Reculait-il une nouvelle fois, malgré le sourire radieux de Tom ? Non… Ce n’était pas possible… Harm avait changé. Elle lui faisait confiance. Mais alors où était-il ? L’arrivée d’Harriet et de ses invités fit diversion, mais pas pour Tom, qui courut en haut pour se jeter sur le lit d’AJ, qui ne savait que faire pour le consoler. Surpris de ne pas voir le petit garçon qui était le sujet de conversation de la soirée, l’Amiral Chegwidden s’informa auprès de Mac : -Et bien, Harm est en haut avec son rejeton ? Il ne daignera même pas nous le présenter ? -Amiral… Harm n’est plus là. Il a disparu depuis une demi-heure, et Tom en est bouleversé. Je ne sais pas ce qu’il lui a pris, il avait l’air heureux… -Comment ça il a disparu ? Cette tête de mule n’a pas planté là son seul et unique fils ? Mac, je peux vous assurer que s’il n’a pas eu le cran d’affronter ses responsabilités, tout Amiral qu’il est, je lui mettrai mon poing dans la figure ! Hors de lui, il se jeta sur son téléphone et composa le numéro de son ancien subordonné. Le répondeur ne fit qu’attiser sa colère : -Rabb ! Je ne sais pas où vous êtes ni même ce que vous avez en tête, mais je vous conseille de rappliquer immédiatement ! Vous n’avez pas honte de faire ça à un enfant de 5 ans le soir de Noël ! Je vous croyais plus humain que cela ! Une étrange torpeur était tombée sur la maison. Aucun d’eux ne comprenait la réaction de l’Amiral et Mac était montée pour essayer de calmer l’enfant, qui pleurait depuis presque une heure, totalement effondré, lorsque tout à coup, la porte s’ouvrit et, claquant ses pieds sur le paillasson, Harm rentra dans la pièce. Il sourit à la vue de tous ses amis et famille réunis dans la même pièce, sans prendre garde à leurs mines défaites et stupéfaites de le voir revenir ainsi : -Vous êtes là ? Nous allons donc pouvoir continuer la veillée ! Harriet, je suis désolé d’avoir fait attendre ton repas ! Je suis allé chercher quelque chose chez moi. L’Amiral Chegwidden se leva : -Vous avez fait quoi ? -Et bien… Je ne m’étais pas changé et je devais offrir quelque chose à mon fils… C’est Noël, après tout ! Il me comble tellement qu’il fallait que je le lui rende ! bredouilla l’officier, sentant confusément la colère de son ami. -Triple idiot ! Et ça ne vous serait pas venu à l’esprit de prévenir Mac de votre escapade ? Sombre andouille ! Cela fait une heure que votre petit garçon pleure toutes les larmes de son corps parce qu’il croit que vous l’avez déjà abandonné ! Vous n’avez vraiment rien dans le crâne ! Vous êtes la honte de l’aéronavale ! -Vous voulez dire que… -Mais oui ! Que vouliez-vous qu’il croie ? Et comment le rassurer alors que nous ne savions même pas ce que vous faisiez ! Si je ne me retenais pas… Horrifié, Harm grimpa à l’étage quatre à quatre. Les sanglots qu’il entendit lui déchirèrent le cœur. Il faisait un bien mauvais père ! Cela ne faisait pas une journée qu’ils se connaissaient et il le faisait déjà pleurer ! Ca ne lui était absolument pas venu à l’idée que l’enfant aurait pu s’inquiéter de son absence. Cela faisait décidément bien trop longtemps qu’il vivait en célibataire… Il poussa la porte avec lenteur. Tom était roulé en boule sur le lit et Mac tentait vainement de le raisonner. Elle l’aperçut mais il lui fit signe de se taire. Elle sortit, soulagée qu’il soit là. Quelle qu’ait été la raison de son absence, il était là. A lui désormais de s’expliquer avec son fils. Elle passerait ensuite… Il s’assit sur le lit et posa une main sur son dos, secoué par les pleurs. Il réagit violemment, repoussant la main sans se retourner : -Laisse-moi tranquille maman ! Je suis un méchant garçon ! Papa ne m’aime pas ! C’est ma faute ! -Ne dis plus jamais ça Tom… Je ne veux pas que tu doutes de cela : Je t’aime Tom et tu es un merveilleux petit garçon… La douce voix masculine pénétra doucement dans l’esprit de l’enfant, qui se redressa, des larmes encore dans ses yeux : -Tu es revenu papa ? -Oh Tom je suis désolé ! J’étais parti me changer, tu vois, j’ai enlevé mon uniforme… Je n’ai pas pensé à te le dire… Je suis très très bête… Mais tu sais, je n’ai pas l’habitude ! Je ne recommencerai plus, c’est juré… La prochaine fois, je t’emmènerai chez moi, pour que tu voies où j’habite… -C’est vrai ? Tu m’aimes bien quand même alors ? -Mais bien sûr mon amour… Tom excuse-moi… Je t’adore mon lapin ! Il ne faut plus jamais que tu aies peur : je ne te laisserai jamais tomber. Tu peux me faire confiance… C’est une promesse ! De nouveau, son fils se blottit dans ses bras, finissant de calmer ses pleurs, respirant l’odeur rassurante de son père et la force tranquille qui se dégageait de son étreinte. Ils descendirent tous deux quelques minutes plus tard et Harm présenta l’enfant à ses amis, la gorge enrouée par l’émotion : -Mes amis, je vous présente Thomas. Notre petit garçon ! Dont je suis particulièrement fier en ce soir de Noël où il apparaît pour moi comme un cadeau du ciel, tout comme sa mère, que je n’aurai jamais dû laisser s’éloigner ainsi de moi… Le visage encore marqué par les larmes, était désormais rayonnant. Rassurée, Mac renonça à en vouloir au pilote. Si explications il devait y avoir, elles n’auraient pas lieu ce soir… Et puis Harm avait pu avoir besoin d’un moment pour réaliser ce qui lui arrivait. Cela n’avait pas dû être évident à gérer pour lui, même si désormais, brillait sur ses lèvres le sourire désarmant qui l’avait fait craquer. Elle se glissa dans les bras de son meilleur ami, sous les regards émus de leurs amis. Tom, tout comme son père, arborait un sourire éclatant et il se laissa embrasser par tous ces inconnus qui faisaient partie de la vie de ses parents. Le repas se passa dans la bonne humeur générale et l’excitation légitime des enfants. Le pied du sapin disparaissait sous les montagnes de cadeaux et les jumeaux tentaient vainement de s’en approcher. Mais Harriet restait ferme. Ils n’auraient leurs cadeaux qu’après la cérémonie de Noël. A minuit, ils se retrouvèrent tous à la chapelle. Le sermon du révérend, axé sur la magie de Noël et le bonheur d’avoir une famille à aimer et à chérir, émut l’assistance aux larmes, tout spécialement l’Amiral Rabb, qui tenait dans ses bras un petit garçon de cinq ans endormi. Confiant, l’enfant s’était laissé bercé par les battements de cœur de son père et peu après leur arrivée à la chapelle, il rêvait, exténué par les émotions de la journée. Pour Sarah et son pilote, cette messe fut presque comme un mariage… En sortant dans la neige qui avait enfin cessé de tomber, ils s’embrassèrent tendrement. Tout avait été avoué, expié, pardonné. Ils étaient désormais ensemble, aujourd’hui et à jamais… Revenus chez les Roberts, Tom fut réveillé par le bruit que faisait la joyeuse fratrie en pénétrant dans le salon pour se jeter sur les cadeaux. Mais l’Amiral Chegwidden tempéra leur enthousiasme et fit la distribution. Son expérience en tant qu’entraîneur de base-ball lui permit de les contenir le temps que tout le monde soit réuni. Tom était toujours dans les bras de son père. Le père Noël était déjà passé pour lui, et rien ne pourrait être plus beau que l’amour de son père, dont il ne doutait plus. Les papiers cadeaux étaient arrachés sans aucune considération pour le temps passé à les scotcher… Le bruit était assourdissant, mais sur tous les visages, la joie et le bonheur rayonnaient. Même Sergueï riait : grâce à Harm, sa famille serait bientôt là. Il n’en doutait pas. Son frère était le meilleur et rien ne l’arrêterait. La pile de cadeaux diminuait rapidement. Mac reçut une splendide paire de boucle d’oreilles de l’ensemble de ses amis du Jag et fut particulièrement étonnée lorsque l’Amiral lui tendit une petite boîte. -Mais, je croyais… -Ne me demandez pas d’explications, Colonel ! Je ne suis que le livreur ! C’est écrit « Sarah », alors j’obéis ! Elle enleva délicatement le beau papier de soie, n’osant imaginer ce que contenait la boîte. Avant de l’ouvrir, elle jeta un coup d’œil à Harm, qui l’encouragea d’un sourire. Elle laissa échapper un cri d’admiration : le diamant, monté sur l’anneau brillait de mille feux. Lorsqu’elle releva la tête, Harm était agenouillé devant elle. Il prit délicatement le bijou dans sa main et la dévisagea : -Sarah MacKenzie… Accepteriez-vous de m’épouser ? Elle ne savait que dire… Elle pleurait de bonheur, et la seule réponse qui lui parut digne d’une telle demande fut un baiser passionné, entrecoupé par un « oui », soupiré comme une délivrance. Ils ne se séparèrent que lorsque leurs amis commencèrent à applaudir à tout rompre. L’un après l’autre, ils félicitèrent les nouveaux fiancés. Toujours pratique, Sturgis taquina son ami : -Tu avais prévu cela avant la soirée ? Tu étais si sûr de toi pour penser qu’elle ne te rejetterait pas ? -Au lieu de parler sans savoir, tu ferais mieux de te taire. Je t’apprendrai que j’ai cette bague depuis plus de 7 ans… -Et à qui la destinais-tu donc, petit cachottier ? -Mais… A Mac bien sûr… AJ donna une bourrade à son parrain : -Et bien, tu n’es vraiment pas rapide, pour un pilote ! Vexé, il courut après lui, et après l’avoir attrapé, entreprit de le chatouiller pour le punir de son impertinence. Au cri de détresse de leur frère, Jimmy et les jumeaux accoururent et ce furent quatre garçons déchaînés qu’Harm affronta, riant malgré lui aux chatouilles des enfants Roberts. Il fut bientôt submergé sous le nombre, mais Tom se jeta dans la bataille, tentant de l’aider de son mieux, le dégageant des petites mains taquines. Après une bonne dizaine de minutes de bataille acharnée, à laquelle se mêlèrent rapidement Sergueï et Tiner, l’Amiral Chegwidden exigea le silence en argumentant que la distribution n’était pas finie. Les enfants se redressèrent, rouges de bonheur. Leurs aînés, complètement débraillés, se relevèrent en reprenant leur souffle : -Ce n’est plus de mon âge ! Soupira Harm en remettant en place sa chemise blanche sur laquelle un petit diable s’était acharné. Mac se poussa pour qu’il puisse s’asseoir près d’elle et, faussement fâchée, elle remarqua : -Tu ne changeras jamais ! Un véritable enfant ! Ils observèrent ensuite les enfants déballer leurs derniers cadeaux. Tom était sidéré que le Père Noël ait pu le retrouver ici, à Washington alors que d’habitude il était en Caroline du Nord ! Enfin, arriva le dernier paquet… Solennellement, l’Amiral le tendit à Tom. -Tiens mon bonhomme. Ca, c’est pour toi… Et si tu veux mon avis, c’est ton papa qui a passé une commande spéciale… Le petit garçon jeta un coup d’œil à son père, qui lui fit un clin d’œil. Il se trouvait déjà bien gâté, mais il restait ce paquet… Un cadeau de son papa… Sous les regards attentifs des adultes, il entreprit de l’ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant, avec la maquette d’un Tomcat, une vieille photo. Un homme et un enfant avaient été immortalisés sur ce cliché. Surpris, le petit garçon avait l’impression de se reconnaître, mais ce n’était pas lui… Il n’avait jamais été assis dans un cockpit ! Et l’homme à côté… On aurait dit son père, mais avec une moustache en plus… Il tourna un regard empreint de curiosité vers Harm : -C’est qui sur la photo papa ? -Le pilote, c’est ton grand-père, Thomas. Et le petit garçon, c’est moi. C’est pour que tu n’oublies pas d’où tu viens Tom. Je te l’ai promis, un jour tu viendras avec moi et on ira voler tous les deux. Sache qu’à ce moment-là, ton grand-père sera avec nous. Et qu’il veille sur toi, tout comme il a veillé sur moi… -Il est où ? demanda l’enfant, pressentant une réponse incompréhensible et douloureuse. -Il est parmi les étoiles, au Paradis. Du haut du ciel, il peut tout voir, tout entendre… Ainsi, il t’aidera si tu as besoin de lui… -Je peux pas le voir ? Touché par la ferveur qu’il sentait dans la voix de son fils, Harm eut du mal à répondre : -Si, mon petit lapin… Je t’emmènerai le voir, demain… Là où il est, avec tous les autres soldats qui sont partis au Paradis en même temps que lui… L’enfant, abandonnant alors la maquette, mais serrant toujours dans sa petite main la photo de son père, s’approcha de lui, et le regarda sérieusement : -Tu pleures ? Pourquoi ? C’est très joli le Paradis… Maman m’a raconté comment c’est… Elle pourra t’expliquer si tu sais pas… Et puis, je suis là moi… Je veux pas que tu sois triste… La petite voix suppliante fit sourire Harm au milieu de ses souvenirs : -Oui, tu es là mon garçon… Et je pleure de bonheur… Je ne suis pas triste… Maintenant, je te promets de ne plus être triste puisque tu seras avec moi, tout comme ta maman… Et nous allons faire plein de choses… J’ai tant à te raconter ! Peu après, Dan se mit au piano et entonna les premiers accords de Joy to the world. Ils reprirent tous le chant en chœur, et la chorale se poursuivit pendant une bonne heure, égrenant tous les classiques américains, semant dans les cœurs une véritable tempête de joie et de bonheur. Mais les enfants s’endormirent les uns après les autres et bientôt, les invités prirent congé… La nuit avait été très réussie. Cela avait été une merveilleuse idée de se retrouver. Harm et Mac prirent le chemin de son appartement, tenant entre eux le petit corps endormi, fruit de leur amour. Pendant que Mac se préparait un thé, il coucha son fils. Quelle bonne idée il avait eu d’acheter ce lit d’appoint deux ans auparavant ! Il allait leur être bien utile en attendant qu’ils trouvent une grande maison, avec un jardin, et une chambre rien que pour Tom… Mais ils avaient le temps… L’important, pour l’instant, c’était d’être ensemble. Il déposa un léger baiser sur le front de l’enfant, et écouta sa respiration tranquille. Etait-il possible qu’il ait été à l’origine d’un tel miracle de la nature ? Comme il allait l’aimer son fils ! Plus qu’aucun autre homme ne pouvait aimer ces enfants… Ils avaient 5 ans à rattraper et ils n’en perdraient plus une miette. Il retrouva ensuite Mac, qui l’attendait sur son lit. -Rien n’a changé ici, Flyboy… sourit-elle en le regardant se déshabiller. -Si Mac, une chose… Je n’ai plus peur de te dire que je t’aime… Il l’embrassa et entreprit d’enlever sa robe, savourant la saveur fruitée de sa peau, qu'il avait rêvée tant de fois. Le reste de la nuit n’appartenait qu’à eux, sous le regard bienveillant des étoiles… THE END 
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Journalisée
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La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traître. Victor Hugo 
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Midship
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21h15 Maison des Roberts« Mais je te promets que rien ne nous séparera plus jamais, ta maman, toi et moi… Nous resterons ensemble pour toujours… » Pour Mac, le moment était trop fort : en entendant ces paroles, elle avait éclaté en sanglots, trouvé refuge dans les bras de Chloé qui avait aussi du mal à résister… L’attente avait été d’une intensité rare et, c’était plutôt éprouvant. Mac s’écarta d’elle, prétexta d’aller se refaire une beauté mais finalement opta pour le jardin. Elle récupéra son manteau et sortit dans le froid de cette nuit pas comme les autres. Harm regardait Tom qui ne le quittait pas ; son fils s’était emparé de sa main et se tenait sagement à côté de lui sur le canapé, le surveillant du coin de l’œil ; oui, il avait bien le lapin dans son autre main. Ses dernières paroles résonnaient encore dans sa tête d’enfant et le petit garçon, rassuré par son pilote de père, était confiant. Harm murmurait à l’oreille de Tom : - Tom, nous ne nous connaissons pas depuis très longtemps, mais ça fait longtemps que je t’attends… - Moi, Har…papa ? mais, tout à l’heure, maman m’a dit que tu ne me connaissais pas ? - Oui, c’est vrai d’une certaine façon ; mais tu vois, j’ai toujours rêvé d’avoir un petit garçon, et te voilà, tu as remarqué comme on se ressemble ? tiens, viens voir dans le miroir, là… Son fils dans les bras, il alla se planter devant la glace et resta quelques instants à les regarder, à regarder leur reflet : c’était l’évidence même au point que Tom dit - Oui, c’est vrai, toi et moi c’est presque pareil, sauf que tu es grand comme un géant! - Attends un peu, dans quelques années, tu seras comme moi… - Je serai pilote moi aussi ? - Ou avocat, comme ta maman… - Et nous serons tous les trois dans la même maison ? - Ça c’est pour tout à l’heure, mon bonhomme - Dans ta maison ? - Oui, - Avec maman ? - Et comment ! - Tu sais, papa, maman, des fois, elle pleurait quand elle me parlait de toi ? - Oui, nous avons fait pas mal de bêtises tous les deux, et cela la faisait pleurer, parce que nous étions séparés ; mais regarde ; ce soir, tu es là, elle est là et je suis là, pour toujours, mon amour, tu seras mon trésor, c’est fini de pleurer ! - Donc, tu gardes mon lapin, comme ça je serai sûr ! - C’est promis, Tom ! - Et tout à coup, Harm n’eut plus qu’une seule préoccupation, qui aurait pu sembler dérisoire, mais revêtait soudain une importance primordiale ; il cherchait comment répondre au don de son petit garçon… il n’était pas chez lui, et cela le rendait malade … il lui fit signe d’attendre, sortit de la pièce, télescopa pratiquement AJ qui attendait derrière la porte et lui demanda quelque chose ; son filleul grimpa les marches quatre à quatre, fouilla dans ses affaires et redescendit en vitesse pour lui donner un objet dans la main. Harm retrouva son fils, assis à la même place, une lueur d’inquiétude dans le regard - Voilà, Tom, tout à l’heure, tu m’as fait un cadeau – il me semble que ce lapin me rappelle quelque chose, pas toi ? - Si, Harm, je veux dire… papa… vous avez fait connaissance ce matin ! - Moi aussi, je veux te donner quelque chose qui compte beaucoup pour moi ; ce n’est pas à moi, mais c’est en attendant, je te donnerai le mien quand tu viendras chez moi… -…. Merci, Har..Papa, mais ce n’est pas un Tomcat, remarqua le petit avec son insigne dans la main - Je pilote aussi un Stearman, que m’a donné mon grand-père et… - Un pour de vrai ? C’est grand comment ? Tu m’emmèneras ? Il est où ? Tu crois que maman me laissera le voir ?ça va vite ? Tu diras à maman que ce n’est pas dangereux, que je pourrai y monter moi aussi ? - ça, je ne sais pas si cela va être facile à négocier, Sarah ne s’entend pas avec Sarah ! -… - Ce petit avion s’appelle Sarah, comme ton arrière-grand-mère. - Et comme maman, alors ! - Il va falloir que nous soyons très forts sur ce coup-là ! dit Harm en embrassant à nouveau le petit garçon - Je vais monter dans un avion ! Avec mon papa, et maman ne dira rien !!! L’enfant lui échappa, sauta à terre et fila vers la sortie - Papa ! il faut que je voie AJ, j’ai des tas de choses à lui dire ! Harm se retrouva seul et partit à la recherche de Mac : il avait encore tant de questions à lui poser, dont une en particulier le tarabustait depuis une dizaine de minutes et combien d’autres aussi… 21h25 MC Murphy’sLa joyeuse bande se préparait à sortir ; dans l’euphorie des dernières nouvelles, ils se sentaient tous sur un petit nuage ; pour certains, prêts à embrasser la terre entière en ce soir de Noël, pour d’autres ils n’étaient pas mécontents : on allait, enfin, pouvoir clore ce chapitre, à vrai dire une des histoires les plus longues du monde, à leur connaissance, pas loin de 15 ans… de tergiversations, de disputes, de réconciliations, de tentatives, de renoncements, de chemins croisés, de complicité, d’espoirs, de compétition, de… - Il y aurait de quoi écrire un bouquin ou réaliser une série pour la télé, je verrais bien ça, plus de 200 épisodes pour expliquer à chacun ce qu’il ne faut pas faire en amour, plaisantait l’Amiral Chegwidden, tout content, on l’appellerait « le Colonel et le Jag », ou tiens, « Jag », tout simplement, je saurais quoi raconter !!! Sur le trottoir, Harriet et Bud se tenaient par la main, heureux et drôlement soulagés - On va enfin pouvoir fêter l’anniversaire d’AJ avec sa marraine et son parrain, dit en riant Harriet - Oui, ça me fait tout drôle de penser que Harm hérite d’un fils de cinq ans…va falloir qu’il plie un peu le Jag ! remarqua Bud - Pas de souci, il a de l’amour à revendre… - Et Mac va enfin trouver la sérénité… - Ah c’est ce que tu crois ? un garnement de cinq ans, qui va être pourri gâté par son pilote de père, tout fier d’avoir un héritier… une lourde tâche l’attend… - Pour moi, ajouta Sergueï, je suis encore tout étonné du temps qu’a mis Harm à en arriver là ! pour un pilote de chasse, habitué à prendre des initiatives dans l’urgence… là il a battu un record… je suggère d’écrire au Guiness Book ! Enfin, les jours qui viennent verront la famille Rabb reconstituée et quatre petits cousins feront connaissance ! - Bien, on se retrouve tous à la maison, Vous venez, bien sûr, Amiral Boone, insista Harriet, la fête ne serait pas totale sans vous… - J’accepte avec joie et je vous rejoins ! Ils s’engouffrèrent dans leur véhicule et prirent la direction de la maison des Roberts. 21h35 Voiture de l’Amiral ChegwiddenDans sa voiture l’Amiral Chegwidden songeait à ses deux « poulains » enfin, poulains… cela faisait bizarre… le Colonel et le Capitaine – non, l’Amiral- mais il pensait à Harm toujours en tant que Capitaine ; c’était, il y a dix ans ; Dieu que ce bouillant pilote et ce très, trop, brillant avocat lui en avait fait voir ! Mais quelle droiture, quelle obstination, quelle loyauté aussi, une vraie tête brûlée par moments! Il le mettait dans des états pas possibles mais quelque part, il reconnaissait en lui, son héritier ; il devait s’avouer qu’il en était fier. Il se souvenait de tant d’histoires : le moment le plus terrible avait été de se mesurer à lui quand il avait voulu partir au Paraguay, à la recherche de Mac ; les deux hommes, s’étaient affrontés et le clash avait été inévitable ; même si en son for intérieur, il aurait aimé donner suite à sa demande de partir, en tant que Jag, il avait dû mettre son veto : à ce moment-là, il avait cru, quelques instants, qu’il arriverait à faire prendre conscience à son subordonné des raisons qui le poussaient à agir, mais fidèle à sa règle de conduite concernant les personnes qui servaient sous ses ordres, il n’avait pas voulu aller plus loin, Harm avait, une fois encore, reculé devant ses sentiments mais il était parti ! Il n’avait pas davantage compris, comment à son retour, ces deux-là n’étaient pas ensemble ! Et Mac ? Dans leur aventure commune, il se rappelait aussi son courage, sa persévérance, sa probité professionnelle, son efficacité, avocate très douée, une Marine, oui, elle en avait les qualités et certains défauts, manifestement attirée par son partenaire, femme attirante aussi…quelle équipe que ces deux-là !! Il avait eu de la chance de les avoir sous ses ordres ! Quel couple ils allaient former ! Il croisa les doigts mentalement et fixa son attention sur la chaussée, plutôt miroir ce soir de Noël, pas question d’avoir un accident, il voulait voir ça ! 21h35 Jardin des RobertsMac avait trouvé refuge sous une gloriette aménagée dans un coin du jardin ; elle s’assit sur un banc et tenta de reprendre ses esprits. Les flocons avaient recouvert les parterres et la pelouse ; les sons environnants étaient comme feutrés, elle avait besoin d’un break, ça allait trop vite, c’était si doux et si violent à la fois… Le silence s’imposa peu à peu et elle se calma. Que de choses à dire à Harm, à lui confier, le bébé perdu, Charles, sa nouvelle vie, mais aussi des explications à demander… pour ce qui était de Tom et de lui, ils semblaient s’être trouvés ces deux-là… Le froid commença à la saisir, ça lui faisait du bien et lui faisait reprendre pied avec la réalité : la soirée n’était pas près de se terminer et il y avait une chose qu’elle voulait absolument faire ce soir avec Harm… 21h40 Maison des RobertsChloé avait du mal à canaliser les énergies des enfants ; elle avait hâte que les’ grands’ se manifestent. Harm la croisa dans le hall et ils se firent un clin d’œil : - Harm, quand même, reconnais-le : tu tires plus vite que ton ombre aux commandes d’un Tomcat mais là, tu repasseras, le taquina-t-elle ; il t’en faut pour te décider ! Une famille toute prête ! - J’avoue que tu n’as peut-être pas tort ! dit-il en l’embrassant sur les deux joues - Depuis que je te connais ou presque, je te l’avais dit ! qu’elle t’aimait ! Souviens-toi ! - Tu as toujours été la mouche du coche, Chloé, dit-il en riant ; on parlera tout à l’heure, c’est promis mais tu sais où est passée Mac ? - Je crois qu’elle est dehors, pilote, vas-y en douceur ! - Tu me connais ! - Justement ! - Je suis devenu sage maintenant ! - Je te crois ! 21h45 Jardin des Roberts Il alla chercher son manteau et sortit retrouver Mac, enfin Sarah… Sarah…se murmura-t-il pour lui tout seul et quand il la trouva, il l’appela doucement et lui mit la main sur l’épaule ; elle tourna vers lui un visage serein et grave, tendre aussi ; elle n’arrivait pas à intégrer cette idée, elle et lui, ensemble… cela paraissait presque irréel, elle ne parvenait pas à y croire totalement ; comme si elle craignait encore qu’un impondérable la ferait se réveiller d’un rêve. - Harm, commença-t-elle, il y a beaucoup de choses que nous devons apprendre l’un de l’autre… ce soir n’est pas le meilleur moment …c’est vrai, tu es là avec moi ? demanda-t-elle en levant un regard presque timide vers lui - Je suis là, Sarah, dit-il tendrement, moi non plus, je n’arrive pas réaliser ce que nous arrive mais une chose est sûre, je suis à tes côtés pour toujours ; cela, je peux te le promettre et je te dois un aveu, Sarah MacEnzie… A ce moment, le portable de Mac les fit sursauter : elle l’ouvrit et reconnut immédiatement la voix, sur le qui vive : -…. - Oui, Sarah -…. - Non, je ne peux pas.. .Où es-tu ? -… - A plus tard, c’est promis ! dit-elle en le refermant Elle reprit pied : - Tu disais ? - Que je te devais un aveu… c’était qui au téléphone ? - Un ami… enfin… c’était Charles.. - Ah ! justement ! parle-moi de lui ! - Mais, Harm, ce n’est pas le mo… - Tom m’a parlé de lui déjà, plusieurs fois … - On dirait que tu es jaloux ? - Tu plaisantes ? - Harm…on ne va pas recommencer… Toi et moi nous sommes doués pour le jeu du chat et de la souris et nous venons d’en battre tous les records ! - Bon j’avoue que tu as peut-être raison ! - Peut-être  - Ecoute, Marine ! - Ah, non, Harm, ça ne marche pas comme ça ! Soudain, elle était devenue une furie, elle s’était levée et le défiait du regard ; il reconnut la passion qui l’avait toujours animée dans leurs discussions ou leurs disputes, ça lui avait manqué et au moment où il allait lui dire ça, il comprit qu’il prenait un risque insensé, il se reprit, et Harmon Rabb Jr, le Jag, se jeta à genoux devant elle : - Sarah, je t’aime à en crever depuis si longtemps, pardonne-moi, je ne voulais pas, mais c’était comme si je retrouvais nos marques au Jag, comme il y a cinq ans, pardon, Sarah, aime-moi comme je t’aime !? - ….allez, Harm, cesse ces enfantillages, s’il te plaît, relève-toi ! - Mais, enfin, Sarah je t’ai dit que je t’aimais ! - Allez, pilote, du calme ! - …. - Harmon Rabb Jr, je vous aime, et je crois bien que je vous ai toujours aimé , oui, depuis ce jour, dans la roseraie...! lui dit-elle, le sourire aux yeux, lui offrant un visage lumineux. Il se releva alors lentement, la prit dans ses bras en silence : leur étreinte les remplit totalement, chacun goûtant la chaleur du corps de l’autre, si proche…Il nicha son visage dans son cou et elle sentit qu’il rendait les armes… Harm était bien là, et tout à elle. - Alors Charles ? - C’est une longue histoire mais je ne veux pas la résumer en deux minutes, il a occupé une place importante dans ma vie depuis trois quatre ans, il aime Tom comme son fils, c’est un homme bien… et j’ai une très grande estime pour lui, une très grande affection… Voilà… ce sera tout pour ce soir, dit-elle en lui souriant.. .d’autres questions, pilote ? - Oui, pourquoi Tom ? - Comment ça pourquoi Tom ? - Ho, Marine, pourquoi Tom s’appelle-t-il Tom ? - Ah, celle-là, elle n’est pas mal non plus ! - Comment ça ? - Cherche un peu, toi, un avocat si brillant, si lucide, si clairvoyant… - …Tom… Thomas… comme… Tom Boone ? C’est ça, Mac, euh Sarah? Et les larmes lui vinrent aux yeux : à cet instant, il réalisa que depuis cinq ans, la fidélité de Sarah à son amour ne s’était pas démentie, jour après jour, il avait doublement fait partie de sa vie : - Mon amour, murmura-t-il en l’approchant de lui, ça fait si longtemps…Sarah… oh, Sarah…si tu savais… Et il l’embrassa, tendrement et longuement ; tout son corps lui disait oui, ses lèvres aussi. - Harm ! Sarah ! Tout le monde vous attend, ils sont tous là, leur cria Harriet - Oui, on arrive, répond-il, tout de suite ! et apaisé, il la prit par la main - Tout à l’heure, il faudra absolument qu’on fasse quelque chose ensemble, dit Mac, sérieuse - Ah, tu crois ? - Harm ! 22h30 Maison des Roberts Ils rejoignirent la troupe de leurs amis : dans la maison, régnait une douce folie, une cacophonie inimaginable ; il y avait des allers et venues dans tous les sens, chacun s’affairant au milieu des enfants qui, l’échéance de la fin de soirée approchant, étaient particulièrement excités. Soudain, Tom voyant ses parents, s’approcha d’eux et les prit chacun par la main ; son geste lui fraya un passage dans le silence qui peu à peu comme une vague s’était imposé : il défila, ce petit bonhomme, fier et grave, ses parents à ses côtés, impressionnés eux aussi. Ils formaient un trio resplendissant et tous n’y résistèrent pas : ils applaudirent …. Quand tout fut enfin prêt, et chacun disponible pour les festivités, l’Amiral Chegwidden demanda la parole : - Je serai bref, à mon habitude, et - devant les sourires qui commençaient à poindre- je serai même très bref, je ne dirai qu’un seul mot : ENFIN !!!! et juste ceci encore, Je souhaite du fond du cœur la bienvenue à Thomas Rabb et je lève mon verre en l’honneur de ses parents… Et comme ce dernier arrivait en faisant l’avion au milieu des grandes personnes, - L’Aéronavale n’a qu’à bien se tenir… ! Le buffet fut une vraie réussite, chacun commentant à n’en plus finir les retrouvailles des enfants terribles du Jag. Harm n’arrivait pas à lâcher la main de Mac, qui n’y voyait apparemment aucun inconvénient ! Ils se sentaient légers, disponibles, il n'y avait aucune hâte en eux. Harm prit la parole à la fin du repas : - Harriet, Bud, Chloé, Sergueï, mon frère, Amiral Boone, Amiral Chegwidden, Sturgis, Bobbi, Dan, et toi aussi AJ, mon grand, il y a dix ans, en lançant mon invitation à la cantonade, j’étais très loin d’imaginer cette soirée-ci ! Et nous voici, Sarah et moi avec un petit garçon de cinq ans ! On m’a dit à plusieurs reprises que je voulais une famille toute faite et je n’y prêtais pas attention : la vie m’en donne une ce soir, qu’elle en soit remerciée ! Je tiens à remercier aussi deux absents de marque, Jen et Tiner qui sont au loin aujourd’hui en mission pour le Jag… Ils nous manquent ! Joyeux Noël à tous ! On se retrouve à l’église, si vous le voulez bien ! - Dis, papa, je peux venir aussi, demanda Tom, d’une petite voix fatiguée - Bien sûr, Tom, ce soir c’est un peu spécial… - Mais Harm, il n’a que cinq ans… on devrait le coucher ! - Sarah, c’est notre premier Noël, je veux qu’il en garde un souvenir pour la vie ! - Rien que ça ! Bon c’est d’accord, pour cette fois, concéda-t-elle - Waouh, s’écria Tom, complètement réveillé, je suis un grand ! 23h55 à la chapelleLa messe de Noël eut un éclat particulier pour tous les amis du Jag cette nuit-là : l’Amiral Chegwidden, à peine entré, alla voir le chef de choeur et lui dit quelques mots puis le chœur entonna ‘‘A child is born’ et Tom, lové dans les bras de son père, glissa dans le sommeil, en toute confiance. Ses parents écoutèrent le chant, tout attendris. Harm remercia du regard l’Amiral. L’enfant ne se réveilla que pour le ‘ Joy to the world’ final ; le JAG le tenait fermement dans ses bras, sous le regard émerveillé de Sarah : le père et le fils, ensemble, enfin, et à ses côtés… Elle regarda Harm - Il faut absolument que je fasse quelque chose avec toi ce soir, lui dit-elle Harm la regarda, lui fit mine qu’elle exagérait et que cela pouvait attendre, mais elle insista : - Nous devons prendre congé de nos amis, Harm, il faut y aller ! Allez, viens, je prends le volant ! Elle les conduisit sans un mot et au bout de quelques minutes, Harm, qui prêtait davantage attention à Tom qu’à la route, comprit où ils allaient ; il la regarda, voulut parler, mais sa voix s’étrangla dans sa gorge, il la regarda à nouveau, les yeux remplis de gratitude ; ils n’avaient pas besoin de parler, Le long de l’allée qui longeait le Mémorial, il porta le petit jusqu’au bout, accordant son pas à celui de Sarah et c’est en silence qu’ils arrivèrent devant l’inscription « Harmon Rabb Sr » : Sarah regarda Harm, puis comme elle l’avait vu faire si souvent, elle passa les doigts sur les lettres dorées, les yeux remplis de larmes : - Harmon, dit-elle, des sanglots dans la voix, me voici ce soir avec vous, avec Harm et notre fils ; depuis plus de quinze ans, vous faites partie de ma vie, oh, bien sûr, pas de la même façon que pour Harm, non, mais je vous aime pour l’amour que vous avez su faire naître en lui pour vous… je ne sais pas comment vous avez fait, mais j’espère réussir la même prouesse avec notre fils ! Veillez sur nous, maintenant ! - Sarah… Papa, je te présente Sarah, dit Harm d’une toute petite voix tremblée, … et voici Tom, notre fils de cinq ans ; je t’aime, nous t’aimons, corrigea-t-il, je vais veiller sur eux et je promets d’être aussi vigilant que tu l’as été…merci pour tout ce que tu m‘as donné, je ne sais pas si je mérite le bonheur que je vis ce soir, je n’en sais rien , mais je le prends tout simplement, il m’a fallu tellement de temps pour y arriver, je ne lâcherai pas… Joyeux Noël, papa l - Merci, Mac, ajouta Harm en se tournant vers elle - Harm, pour moi aussi il compte, il t’a tellement aimé ! Il ne reste plus qu’à appeler ta mère quand on sera chez toi ! - Chez nous, Sarah, chez nous ! FIN
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Journalisée
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Midship "le seul cadeau plus précieux que l'air que nous respirons c'est la main que nous tenons" A.J Chegwidden  Bannière de Parden, merci!
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macetharmbell
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Le froid de la nuit fit frissonner Sarah Mackenzie. Pourtant elle préférait ne pas rentrer dans la grande maison pour prendre son manteau. Elle se sentait mal, un malaise l’accablait. Tout avait si bien commencé : ils avaient été proches au Memorial, puis Harm avait bien accueilli l’annonce de sa paternité et il tenait la main de Mac en arrivant chez les Roberts. Elle avait senti la grande main trembler dans la sienne lorsque la porte s’était ouverte, livrant au regard du pilote la frimousse curieuse de leur fils. Elle les avait laissé seuls, afin qu’ils fassent connaissance. Elle les avait alors observés de loin. Elle les avait vus s’isoler sur le canapé, la menotte de Thomas blottie dans les mains de son père, elle avait imaginé les confidences que le petit garçon glissait à l’oreille du JAG. Puis l’enfant avait offert son lapin en peluche à Harm. Elle savait ce qui pouvait lui en coûter, le jouet l’accompagnait depuis sa naissance. Elle avait remarqué l’émotion de son ancien partenaire, il avait regardé autour de lui, cherchant sûrement quelque chose à offrir en retour. Le petit garçon avait caressé respectueusement les ailes dorées, alors Harm les avait ôtées de sa veste et les avait épinglées sur le sweet de son fils. Thomas en avait rosi de plaisir avant de jeter ses bras autour du cou de son papa. Elle les avait vus s’arrêter, interdits, devant la grande glace de l’entrée. Ils avaient été stupéfaits de se voir si semblables. Se regardant plusieurs fois dans le miroir puis face à face, ils avaient fini par faire « Waouh ! », tous les deux en même temps. Puis étaient tombés dans les bras l’un de l’autre en riant. Assurément le coup de foudre était réciproque et Sarah en était ravie. Pourtant elle se sentait exclue de ce bonheur. Elle se gourmandait, elle avait eu Thomas pour elle seule depuis sa naissance, elle se devait de le partager avec son père. Elle avait voulut ça, c’est pour ça qu’elle était venue. Mais si son fils lui lançait de temps à autre un regard et un sourire heureux, elle n’arrivait pas à capter le regard de Harm. Il s’évertuait manifestement à l’éviter. Sans doute il lui en voulait de son silence, il lui en voulait de lui avoir fait perdre cinq ans de la vie de son fils. Et puis leurs amis étaient revenus. Alors l’Amiral avait posé ses mains sur les épaules de Thomas. Le plaçant devant lui, il avait dit : « Je vous présente Thomas, mon fils ». Sa voix reflétait une telle fierté que le cœur de Mac avait fait un bond dans sa poitrine. Chacun avait salué l’enfant, félicité le père avant de venir vers elle la féliciter également. Même AJ, visiblement ému, avait serré dans ses bras son ancien chef d’état major : « Il est superbe, Mac ». Mais Harm n’avait pas partagé avec elle sa joie et sa fierté. Elle s’était écartée. Cloé et Harriett avaient commencé à lui jeter des regards étonnés. Sentant venir les questions, elle avait préféré sortir dans le froid de cette nuit d’hiver. Elle grelottait maintenant sans pouvoir s’arrêter, elle allait rentrer avant de se transformer en statue de glace. A ce moment, elle sentit un manteau couvrir ses épaules, deux bras forts l’enlacèrent et la voix aimée lui dit à l’oreille : « Tu vas prendre froid, Chérie ». Partagée entre l’envie de s’enfuir et celle de se blottir dans les bras du pilote, elle attendit, il voulait parler, sûrement. « Tu sais quel était mon âge lorsque mon père a disparu ? » « Cinq ans, je sais, l’âge de Thomas au moment où tu fais sa connaissance. » « La boucle est bouclée ! » « Oui. » « J’ai tellement honte Sarah.» « Honte ? »
« De t’avoir abandonné, de n’avoir pas été là pour toi, pour vous. » « C’est le passé Pilote, il est peut-être temps de regarder vers l’avenir ! » « Qui est Charles ? » « Tom avait besoin d’une présence masculine. » « Et toi ? » « Moi aussi, probablement. » « Tu l’aimes ? » Elle sourit, il avait eu exactement la même intonation que son fils, après une bêtise, quand il craignait que sa mère soit fâchée : « Tu m’aimes encore Maman ? » « Il a été bon pour nous, Harm, mais… » « Mais… » Il la tenait toujours serrée contre lui et elle se dit que définitivement elle avait besoin de lui, elle avait besoin de ses bras autour d’elle. « Mais je t’aime. » Doucement il la tourna vers lui et elle plongea son regard dans le regard si bleu de l’Amiral, le regard qu’il avait légué à leur fils. Elle crût discerner des larmes dans les yeux posés sur elle et elle se dit qu’elle était perdue. Ces deux-là feraient d’elle ce qu’ils voudraient, elle ne pourrait jamais leur résister. « Je t’aime aussi Chérie, oh ! oui, je t’aime. » Il avait l’air surpris de pouvoir l’avouer si facilement. Alors ce fut un échange délicieux, des aveux dits et redits, des baisers, donnés, reçus, échangés, et puis : « Maman, Papa, vous venez, il est… » Thomas avait jailli de la maison. Il s’interrompit : pour la première fois dans sa vie toute neuve, il avait pu les associer dans le même appel. Le bonheur le frappa de plein fouet, de plus il les trouvait dans les bras l’un de l’autre et ils s’embrassaient. Les deux adultes se tournèrent vers lui et lui sourirent. Puis sans se séparer vraiment, ils lui tendirent chacun un bras. Le petit garçon courut vers eux, en fait, il avait l’impression de voler. Harm se pencha et le prit sur son bras. Quand il fut à leur hauteur, Sarah lui caressa doucement le dos comme pour lui éviter le froid. Plus heureux qu’un roi, il entoura de son bras droit le cou de sa mère et de son bras gauche le cou de son père. Ses yeux brillants de joie allaient de l’un à l’autre de ses parents. Et ceux-ci s’avancèrent et posèrent leurs lèvres sur les joues rondes de leur fils. L’enfant éclata de rire. FIN.
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Journalisée
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 Merci Samh pour la jolie bannière shipper! "Tu l'as trouvé où ce marin Sarah?" "Dans une roseraie Oncle Matt!"
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Tomcat2510
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Maison des Roberts 21h25
Le silence s’était installé entre le père et le fils. Dans une quiétude commune, les deux hommes se contemplaient. Thomas ne pouvait se rassasier de ce visage qu’il avait tant de fois imaginé, depuis qu’il avait appris l’existence de ce père pilote. Son papa était très grand, même plus grand que Charles, avait pensé le petit homme impressionné.
Harm ne pouvait croire que tout ce qu’il vivait en ce moment n’était pas un fruit de son imagination. Tout était réel, bien réel. Il ressentait dans sa poitrine une sensation qui l’avait quitté bien des années auparavant, au moment où la femme qu’il aimait été parti sans lui laisser le temps de s’expliquer. Ce jour là, l’étincelle qui brillait dans ses yeux avait disparu. Il avait connu le bonheur pendant quelques heures, mais ses erreurs avaient payées de son âme. Le bonheur l’avait abandonné au fond d’un abîme qu’il pensait ne jamais plus quitter.
Puis un petit gars d’à peine un mètre était entré dans sa vie et l’avait aidé à se hisser de ce gouffre. Il ne se connaissait que depuis quelques minutes, mais Harm l’aimait déjà plus que sa propre vie. Il avait attendu toute sa vie cet enfant qui en ferait sa fierté. Son rêve le plus fou devenait réalité. Il réalisait peu à peu, que ce deal conclut treize ans auparavant, ce pari fou qu’ils avaient passé ensemble, était en ce moment même dans ses bras. L’enfant qu’ils s’étaient promis.
La ressemblance entre eux le surprenait à chaque fois. Il reconnaissait ses traits juvéniles qu’il revoyait que trop rarement sur les si nombreuses photos de lui et son père. Il se rendit compte que Thomas avait le même âge que lui, quand il avait perdu son père. Comme le destin était étrange !
Harm vit que les tourments qui l’assaillaient depuis sa plus tendre enfance, venaient de s’envoler. Il connaissait enfin cette sérénité qu’il avait poursuivit toutes ses années. Aujourd’hui, il avait fini de courir. Il était parvenu à son but, celui d’accepter la mort de son père.
A cet instant, l’amiral était persuadé que l’esprit de Noël, cet ange éphémère dans la vie d’un homme, était venu ce soir l’aider à boucler cette histoire vieille de plus de quarante ans. Il ferma les yeux quelques secondes et se surpris à ressentir une présence derrière lui. Un murmure se fit entendre « Joyeux Noël mon fils »
_Merci papa
Harm en était sûr, le miracle de Noël avait eu lieu.
Chloé, AJ et Mac observaient le duo assis dans le canapé. Tous restaient silencieux pour mieux cerner les réactions des retrouvailles du père et du fils. Chloé essuya furtivement une larme qui venait de se perdre sur sa joue. Elle trouvait cet instant si émouvant, elle voyait dans le regard du petit garçon, une étincelle qu’elle ne lui connaissait pas.
_Tu as fait le bon choix Mac !
Mac souriait, elle avait imaginé tant de scénarios. Mais la scène qui se jouait devant elle était au-delà de ses espérances. Elle revoyait Harm des années auparavant, au début de leur partenariat, quand il était insouciant et fougueux. Il venait de rajeunir en l’espace d’une rencontre.
Elle discernait aussi une transformation sur son fils. Elle remarquait que sa petite main jouait avec les ailes de son père. Depuis sa naissance, elle savait que son fils était de la même étoffe que Harm. Il deviendrait à son tour pilote, certainement aussi téméraire que ce grand pilote qui était surtout le père que le petit garçon avait attendu.
AJ était ému. Il se souvenait de la conversation à laquelle il avait involontairement été témoin des années auparavant. Depuis cette nuit, il rêvait de les voir réunis, comme une famille.
_Tante Mac, pourquoi ne pas lui avoir dit plus tôt ? _Je ne sais AJ ! Je… Mais sa phrase se perdit dans un murmure quand elle vit que les deux hommes de sa vie se dirigeaient vers eux.
Thomas abandonna la main de son père pour se réfugier dans les bras de sa mère.
_Merci maman
En une phrase le petit garçon réussit à faire couler les larmes sur son visage, celles qu’elle avait contenu depuis trop longtemps. Elle doutait de son choix, mais son bébé venait de lui faire comprendre qu’elle avait fait le meilleur des choix.
Elle rencontra le regard de Harm qui restait un peu en retrait, attendant un signe de leur part. Mac lui tendit une main qu’il accepta de prendre.
_Sarah, ça te dérange si Tom et moi, on s’éclipse pendant une heure ! Je te promets de revenir à l’heure !
Elle aurait aimée connaître le plan du pilote. Mais elle acquiesça d’un hochement de tête, lui faisant confiance. Il avait droit d’être seul avec son fils auquel il n’avait pas pu profiter durant cinq ans.
_Je te fais confiance pilote !
Maison des Roberts 21h40
Tous les amis qui venaient de profiter des différentes rencontres rentrèrent avec une certaine appréhension dans la demeure. Depuis que Harriet leur avait parlé de Thomas.
L’ex amiral avait été le premier surpris. Il ne se lassait de se répéter incessamment qu’ils y étaient finalement arriver. Il ne se doutait aucunement que cette histoire allait finir comme dans les contes de Noël. Un homme, une femme et un enfant qui allaient profiter pleinement de ce merveilleux cadeau fait par la vie, celle d’être une famille unie.
L’excitation d’Harriet la surprenait elle-même. Elle était si impatiente de voir enfin ses deux amis réunis, comme elle avait tant imaginé par le passé. Elle se sentait honteuse en se remémorant toutes les fois où elle avait abandonné l’idée de les voir ensemble. Mais lorsqu’elle rencontra le regard de son mari, tous ses doutes s’envolèrent. Ce soir serait la nuit de tous les miracles.
La porte s’ouvrit sur Mac qui avait observé la rue, depuis le départ des deux hommes. Elle savait que le monde qui se dirigeait vers la maison, s’impatientait de voir son petit garçon.
_Bonsoir tout le monde
Etonnamment, l’ex Seal et l’ex Marine se perdirent dans les bras l’un de l’autre. Ils ne s’étaient plus vus depuis des années. AJ s’était souvent demander qu’elle avait été le sort de son ex chef d’état major.
La petite communauté participait silencieusement à ses retrouvailles émouvantes. La surprise avait laissé place à l’attendrissement. Ils savaient tous que AJ Chegwidden avait toujours été un ami et un père avant d’être un supérieur. Il l’avait maintes fois montré au cours de sa carrière.
_C’est bon de vous revoir ! Nous n’avons pas vraiment eu le temps de discuter au Mac Murphy’s ! _Ce n’est rien ! Nous aurons tout le loisir de nous rattraper durant la soirée ! _Et même après ! Je crois que j’ai abandonné Washington depuis trop longtemps…
Washington 21h45
Harm marchait d’un pas assuré, sur ce chemin qu’il avait emprunté le jour où sa vie a basculé pour ne plus jamais être la même. Il se contentait du bruit de ses pas sur la neige qui venait de se poser avec délicatesse à même le sol, et de son fils emmitouflé dans la veste qu’il avait refermé sur lui.
_Où on est ?
Harm stoppa sa marche. Il posa le petit garçon et se mit à genou pour être à sa hauteur. Il ne lui avait pas lâché les mains, croyant que si ce lien se rompait, tout allait disparaître.
_C’est ici que ta maman et moi, nous nous sommes rencontrés ! _Ici ? _Exactement à cet endroit précis… Elle a tendu sa main droite… Harm accompagna ses paroles des gestes qu’il n’avait jamais oubliés, puis elle m’a dit ‘Mac’ _Et qu’est ce que tu as dit toi ?
Harm ria en se souvenant de sa réaction.
_Rien ! Elle ressemblait beaucoup à une amie qui était allé au ciel… Puis je lui ai serré la main… Harm serra la main de son fils, tout en continuant à raconter sa rencontre avec sa mère, et j’ai dit ‘Harm’ _Mac et Harm ? C’est joli ça ! Et après il s’est passé quoi ? _L’amiral Chegwidden a dit d’une voix solennelle ‘Vous allez travailler ensemble alors gardez vos distances !’ Mais je crois que ça n’a jamais été le cas ! Ta maman et moi avons toujours été très complices. Elle est venue avec moi en Russie quand je suis allé chercher mon père ! _En Russie ? Qu’est ce qu’il faisait là-bas ton papa ?
Harm se releva, ne lâchant pas la main de Thomas, ils s’assirent sur un banc qu’il avait balayé d’un coup de main pour enlever la neige. Il posa son fils sur ses genoux, l’enveloppant dans sa veste pour qu’il ne puisse pas attrapé froid.
_Quand j’avais ton âge, ton grand-père a disparu ! Il était aussi pilote, mais son avion s’est écrasé. Tout le monde croyait qu’il était allé au ciel, mais moi je n’étais pas d’accord… Alors je l’ai cherché pendant des années et puis un jour, on m’a dit qu’il n’était pas mort, qu’il était en Russie… _Et tu l’as revu ? _Non, quand je suis arrivée, une vieille dame m’a raconté qu’il s’était en allé au ciel… Mais quelques années plus tard, j’ai découvert qu’il était parti en m’offrant quelque chose ! _C’est quoi ? _J’ai un petit frère, il s’appelle Sergueï ! _Et maman était là tout le temps ? _Toujours ! Quand je suis allée en Russie à la recherche de mon père, puis elle était présente quand j’ai connu mon frère…
Harm serra Thomas un peu plus fort contre lui. Il s’approcha de son oreille et continua à parler sur le ton de la confidence
_C’est à ce moment là que je suis tombé amoureux de ta maman ! Et depuis ce jour, je l’aime toujours un peu plus… _Mais alors pourquoi tu n’étais pas là quand maman pleurait ?
Cette question si bénigne dans la bouche d’un enfant le blessa au plus profond de son cœur. Il reconnaissait ses erreurs, il avait réagi comme un lâche, faisant souffrir la femme qu’il aimait, puis inconsciemment, il avait également fait souffrir un petit bout de chou de cinq ans. Il caressa les cheveux du petit gars, et déposa un baiser sur son front.
_J’aurais voulu être là ! Crois-moi Thomas ! J’ai regretté chaque jour où j’étais loin de ta maman… Mais aujourd’hui, je vais sécher les larmes que j’ai fait couler. Je te fais la promesse que plus jamais ta maman ne pleurera ! _Tu promets ? _Toujours… Tu veux qu’on lui fasse une surprise ?
Les yeux du petit garçon s’émerveillèrent. Harm se pencha un peu plus, et dans le plus grand des secrets, les deux hommes complotèrent, guettant le moindre signe d’une âme qui aurait pu les entendre…
Maison des Roberts 22h00
Tout le monde attendait le retour du père et du fils. Mac leur avait expliqué qu’ils étaient partis une heure auparavant, laissant flotter sur eux, le mystère entier de leur destination. Harm n’avait rien voulu dire, prétextant qu’elle le serait très rapidement.
L’amiral et Mac discutaient dans un coin du salon. Harriet les observait depuis l’entrée, se rendant compte combien ces instants lui avaient manqué. Sa famille de cœur était enfin réunie et serait bientôt au complet avec la venue de l’amiral Rabb et de Thomas.
Elle relevait toutes les différences qu’avait fait le temps. Mac était heureuse, elle le voyait à son visage rayonnant. Elle avait enfin cette étincelle que toutes femmes qui connaissaient les joies d’être mère. L’amiral, bien qu’il avait un peu vieillis, avait toujours cette prestance qui inspirait la confiance et le respect. Il montrait souvent des gestes d’affection envers son ex avocate, en posant la main sur son épaule ou sur son avant-bras.
Quant à Chloé, elle avait bien grandi depuis qu’elle l’avait vu pour la dernière fois. Elle était devenue une femme pleine d’assurance et elle félicita silencieusement Mac, car sans aucun doute, elle y était pour beaucoup dans ce qu’était devenu cette petite fille qui avait débarqué un soir, et qui s’était cachée sous l’ascenseur.
Son regard se porta alors sur Sergueï, le frère de l’amiral. Elle n’avait jamais eu réellement l’occasion de le voir, mais en voyant le visage de cet homme blond, tous doutes sur leur lien disparaissaient. Ils dégageaient une même énergie, et certains traits du visage étaient semblables. Lui aussi avait une famille, qui malheureusement ne se trouvait pas à ses côtés à cet instant. Harriet envoya silencieusement une prière vers cette famille qu’elle ne connaissait pas encore.
Puis elle vit sa famille à elle. Bud discutait avec Sturgis, un homme qui faisait partie depuis longtemps de cette petite communauté que le JAG avait réussi à créer. Elle se remémora sa première rencontre avec Bud, sur le Seahawk, le coup de foudre avait immédiatement frappé les deux jeunes gens, puis dans cette précipitation, ils s’étaient mariés et leur premier enfant était venu comblé cette petite famille, AJ Jr. Puis un drame s’était abattu sur eux, avec la disparition de la petite Sarah. Il n’existait pas un jour sans qu’elle se souvienne de cette petite fille qu’elle avait aimée dès le premier jour. Mais un nouveau bonheur était arrivé, la naissance des jumeaux. Elle avait réussi à atteindre son but, elle avait une famille unie, et elle se levait chaque matin en remerciant le ciel de cette bénédiction. Elle était heureuse, son mari et ses fils aussi, s’était la seule chose essentielle pour être comblée.
_Chérie ! Tu vas bien ?
Elle n’avait même pas remarqué qu’une larme s’était perdue. Elle souriait à cet homme qui partageait sa vie depuis presque quinze ans. Elle l’essuya et dans un même élan et sans réserve, elle embrassa son mari, en murmurant entre ses lèvres
_Je t’aime Bud _Je t’aime aussi chérie !
A l’extérieur, Harm et Thomas venait de sortir de la voiture. Harm souriait en voyant à quel point son fils prenait soin du cadeau qu’ils avaient spécialement acheté pour Sarah. Tom lui tendit le présent que Harm posa sur le toit de la voiture. Il se mit à genou et ferma la veste d’aviateur de son fils. Il trouvait adorable de voir que son fils possédait la même que lui, à un détail près.
_Il manque quelque chose à ta veste, tu ne trouves pas ?
Tom regarda sa veste, cherchant le détail manquant. Mais il ne remarquait rien. Harm passa sa main dans sa veste, détachant les ailes dorées de son uniforme. Il les attacha à la veste de Tom et ébouriffa sa tignasse brune.
_C’est bien mieux comme ça ! Tu possèdes mes ailes _Et tu as mon lapin… Comme ça on sera toujours ensemble, pour toute la vie _Oui, mon bébé pour toute la vie !
Tom l’enlaça de ses petits bras et lui déposa un baiser sur la joue. Ce simple geste ému Harm jusqu’aux larmes. Il l’essuya rapidement pour que son fils ne l’a voit pas. Tout le bonheur qu’il avait espéré durant des années était en face de lui.
_Tu n’as pas oublié ce que tu dois dire ? _Pas du tout ! répondit le petit garçon avec un clin d’œil.
AJ Jr qui jouait avec ses frères venait d’apercevoir son parrain et Tom dans l’allée de la maison. Il ne distinguait pas l’objet que tenait soigneusement Thomas dans ses bras.
La sonnette retentit au rez-de-chaussée. AJ Jr attrapa la main de ses deux frères et ils descendirent ensemble dans le salon.
Thomas avait traversé toute la petite foule, suivi de son père, en direction de Sarah. Elle les regardait venir vers elle et vit les ailes sur le blouson d’aviateur de son fils. Il tenait entre les mains, un bouquet de roses rouges.
_Joyeux Noël maman
Il lui tendit les fleurs, affichant sur son visage un sourire qu’elle connaissait trop bien, pour l’avoir tant de fois vu sur le visage du père. Harm restait en retrait, attendant que l’échange soit fait. Il regardait parfois l’amiral Chegwidden qui ne cessait de lui sourire.
AJ était fière de lui. Il ne lui avait jamais dit auparavant, mais il considérait Harm comme son fils. Un lien invisible s’était créé entre les deux hommes, qui depuis toujours avait été présent, sans jamais se rompre une seule fois.
_Maman, on a quelque chose à te dire
La pièce plongea dans le silence. Harm se mit à genou à côté de son fils et posa ses mains sur ses épaules.
_Allez fiston, c’est à toi de jouer.
Thomas inspira profondément, se rendant compte qu’il avait tout le monde à son écoute et surtout sa maman. Il regarda une dernière fois son père, en échangeant un sourire énigmatique, et Harm lui répondit par un clin d’œil.
_Je me suis souvent demandé qui était mon papa. Et maman m’a parlé de lui. Elle disait qu’il était grand et qu’il pilotait des avions. Avant quand j’ai vu mon papa, c’est vrai qu’il est grand.
Toute l’assistance se mit à rire mais Tom continua sur sa lancée
_J’ai encore demandé pourquoi il faisait pleurer maman et il a promis de ne plus jamais le faire. Et je le crois mon papa. Il m’a emmené où ils se sont rencontrés, c’est un beau endroit où il y a des roses, c’est ce que papa a dit. Mais comme y en avait pas on est allé en acheter.
Il stoppa son discours et se retourna vers son père. Il chuchota à l’oreille, faisant attention à ce que personne ne l’entende. Harm lui répondit par un hochement de tête.
_Mais papa m’a avoué quelque chose ! Il m’a raconté que son papa était en Russie et que avec maman ils sont allés le chercher… C’est quand il était là-bas que papa est tombé amoureux de maman… c’est lui qui me l’a dit. Même que maman était habillée en tzig… en… _En tzigane l’aida Harm en souriant _Voilà et maman lui a dit ‘vous voulez que…’ _...’Je vous lise votre avenir matelot’ acheva Mac essayant tant bien que mal de retenir ses larmes.
Harm se leva et fit face à Sarah. La peur lui tenaillait l’estomac. Il n’avait plus ressentit cette sensation depuis son premier vol en Tomcat. Mais comme ce jour où pour la première fois, il avait piloté un avion de chasse, il était déterminé et prêt à tout pour parvenir à ses fins.
_C’est ce jour là, que je me suis rendue compte que la femme que j’aimais était également ma partenaire. Mais je n’ai rien fait. Beaucoup d’entre vous doivent savoir que j’ai grandi sans père, et je n’ai pas honte de le dire que c’est mon père qui est en parti responsable de mon silence. Je ne tenais pas à souffrir comme j’avais souffert auparavant. J’avais déjà perdu un père, je ne voulais pas mon fils connaisse cette même crainte ou ma femme. J’ai longtemps vu ma mère pleuré mon père… Et je voulais pas causer une même peine.
Il se tourna vers AJ Jr qui était appuyé conte le piano. Il pointa son doigt sur lui et continua
_Et puis tu es né… Et quelle naissance ! Je crois que l’amiral et les membres du staff s’en souviendront toute leur vie… Ce n’est pas tous les jours qu’on aide une de ses subordonnés à mettre au monde son enfant dans le bureau de son commandant… Mac et moi avons accompagné tes parents jusqu’à l’ambulance et c’est après votre départ que le deal le plus fou a été fait…
Il se tourna à nouveau vers Mac et s’approcha d’un pas.
_Je vais vous dire une chose… Dans cinq ans à compter d’aujourd’hui, si ni l’un, ni l’autre ne fréquentons quelqu’un, nous partagerons un enfant
Mac continua le dialogue qu’elle n’avait pas oublié. Elle le connaissait toujours mots pour mots comme si le deal avait été conclut le jour précédent.
_Vous et moi, faire un bébé ensemble ? _Oui, avec votre physique et ma matière grise, il sera parfait
Tout le monde suivait le dialogue entre les deux partenaires. Certains souriaient, d’autres semblaient être émus aux larmes. AJ Chegwidden n’en revenait pas de l’échange qui était en train de se produire entre ses deux anciens avocats.
_Et si jamais elle a votre physique et ma matière grise ? _Ce serait pas mal aussi ? Qu’est ce que vous en dîtes ? Marché conclu ? _Ne faîtes pas de promesses que vous ne tiendrez pas ! _Ca ne m’est jamais arrivé… J’ai tenu ma promesse, il a mon physique et ta matière grise notre petit homme !
Le silence se rabattu sur la maison. Harm et Sarah se regardaient dans les yeux, faisant abstraction de tout ce qui les entourait. Le calme fut interrompu par l’ex Seal.
_Je n’arrive pas à croire que vous avez conclu un tel marché ! Comment avez-vous fais pour ne pas vous rendre compte tous les deux que vous étiez bien plus que des amis ? _Papa a dit que c’est vous qui aviez dit qu’ils devaient garder leur distance, répondit Thomas
L’ambiance se relâcha et tout le monde se mit à rire. Harm ébouriffa les cheveux de son fils, comme il en avait pris l’habitude depuis qu’il l’avait rencontré quelques heures auparavant.
_Oncle Harm quand vas-tu embrasser Tante Mac ?
Tous les yeux se rivèrent sur AJ Jr qui ne cachait pas le plaisir qu’il éprouvait par le petit effet qu’il venait de produire. Mais il savait que toutes les personnes présentes dans cette maison attendait ce même dénouement, celui du baiser de Harm et Sarah. AJ sourit en repensant au film de Noël qu’il avait vu quelques jours auparavant et il pensa que c’était bien plus merveilleux que tous les films du monde, parce que ça arrivait à son parrain et sa marraine.
Harm regarda Sarah en souriant. Il hocha les épaules et souleva un sourcil. Il s’avança lentement vers elle, et d’un regard silencieux, il lui demanda son approbation. Elle acquiesça d’un hochement de tête et sous le regard de leur ancien amiral, ils s’embrassèrent.
_ Have yourself a merry little Christmas...
Bud se mit à chanter, suivi bientôt par tous ses amis.
_Let your heart be light From now on our troubles Will be out of sight.
Harm et Sarah se séparèrent, ne se quittant jamais des yeux. Ils n’avaient pas encore parlé mais ils savaient que l’un ne pourrait plus se séparer de l’autre. Ils furent bientôt rejoints par leur fils, qui ne cachait pas sa joie de voir enfin sa famille réunie. Harm le prit dans ses bras et le plaça entre lui et la femme qu’il aimait.
_Je vous aime et plus jamais je ne vous quitterai _Papa, moi aussi je t’aime
_ Have yourself a merry little Christmas, Make the Yule-tide gay, From now on our troubles Will be miles away.
Harm ne retint plus les larmes qui coulaient sans réserve sur ses joues. Il avait tant de fois rêvé avoir une famille et en une seule et unique soirée, tous ses rêves c’était réalisé. Il était à nouveau prêt de Sarah, sa partenaire pour la vie et Thomas, ce fils qu’il avait tant espéré. Sarah passa la paume de sa main sur la joue de l’amiral Rabb, essuyant au passage les larmes.
_Et je t’aime aussi.
_ Here we are as in olden days, Happy golden days of yore, Faithful friends who are dear to us Gather near to us once more.
L’essentiel avait été dit dans ces quelques mots. L’amour pouvait surmonter tous les obstacles de la vie. Harmon Rabb Jr, Sarah Mackenzie et Thomas Mackenzie Rabb n’allaient plus jamais connaître la solitude. Ils étaient unis pour toujours.
Ils se rapprochèrent tous les trois de leurs amis et c’est tous ensemble, qu’ils chantonnèrent l’air de Noël
_Through the years We all will be together If the Fates allow, Hang a shining star On the highest bough, And have yourself A merry little Christmas now
C’était certain, le miracle de Noël s’était accompli une nouvelle fois…
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Journalisée
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