Une petite redite...

Pour fêter dignement l’anniversaire de Phoenix628 alias Mat et parce qu’il supporte stoïquement tous nos délires sur Harmon Rabb Junior, Samh et moi avons eu l’idée d’écrire cette nouvelle.
Une rencontre comiquo-romanesque avec Mac, à notre « sauce » quelquefois assez piquante…
Juste un petit éclaircissement avant de laisser Mat déballer son cadeau : « Mat ne crois surtout pas que tu pourrais supplanter notre cher Harm dans nos pensées, même depuis que tu portes les fameuses ailes dorées ! Si nous avons un peu malmené son image c’est simplement parce que nous avons adopté un point de vue masculin et vu sous cet angle le capitaine Rabb ne peut pas être notre « Harminou » chéri!
Happy Birthday « Matinou » chéri!
Samh “Miss Marsup” – Althéa d’Uberville
Mat… en trois coups !
« Et de un… »
Aéroport Roissy Charles de Gaulles
1er septembre 2004 Paris.Temps gris. 25°. Humeur maussade. Moral pas loin des chaussettes. Boeing 747 American Airlines. Il songe qu’il n’aime pas les transports aériens, même pour partir en vacances à Boston. Surtout quand il est coincé près du hublot par un malabar hirsute à l’allure d’un catcheur américain qui lui jette un regard dédaigneux avant de monopoliser l’accoudoir commun. Bravo ! Il ne risque pas d’engager la conversation avec ce King Kong qui lui dissimulera à tous les coups le sourire engageant et la silhouette parfaite de la ravissante hôtesse blonde, jumelle magnifiquement réelle de Natacha. Autant essayer de dormir le plus vite possible…
Mat ferme les yeux, essaie de se détendre en attendant que l’installation de tous les passagers soit terminée. Cela lui sert de leçon, la prochaine fois il embarquera dans les derniers ! Son voisin s’agite alors que la voix posée de l’hôtesse de l’air lui parvient. Il entend parler d’erreur de place, une deuxième voix féminine, délicieusement américaine intervient, douce et déterminée à la fois. Le colosse finit par comprendre qu’il s’est trompé et se lève pour laisser passer la passagère spoliée.
Un parfum suave et fruité lui chatouille les narines, plus rien à voir avec le yéti. Mat sourit.
La voix, le parfum lui conviennent admirablement. Il a presque peur d’ouvrir les yeux à présent. D’être déçu.
Le frôlement d’une jambe contre la sienne lui indique qu’elle place son sac dans le compartiment au dessus.
Il en profite pour oser un coup d’½il, comme ça, vite fait.
Ses paupières s’ouvrent sur une jupe étroite en jean délavé, ne dissimulant qu’à moitié de longues cuisses bronzées et fuselées. Prometteur. Il risque un deuxième coup d’oeil qui glisse le long d’une hanche jusqu’au corsage rouge en soie sauvage qui souligne hardiment une poitrine aux arrondis généreux. Waouh…
Mat croise le regard dégoulinant de concupiscence du primate. Quel sale type ! Reluquer cette femme si séduisante ainsi ! Ecoeuré il se détourne.
Pas longtemps. La déesse aux senteurs de vanille s’installe. Il ne peut résister à la dévisager alors qu’elle s’assoit. Un sourire lumineux qui éclaire jusque ses prunelles d’un brun velouté, profond, un visage un peu carré adoucit par des mèches auburn, une bouche, une bouche si…
_ Hi…
« Il n’y a pas de mal ma belle ! Aucun. »
_ Bonjour ! Euh… Hi !
Il bafouille un peu puis retrouve ses marques. Lui sourit. D’un sourire canaille et heureux. Toute sa jeunesse pétille dans ce sourire. Elle lui retourne avec grâce et désinvolture. Lit dans ses yeux son admiration. Ne la rejette pas, ne l’encourage pas non plus. Elle a l’habitude.
_ Je m’appelle Mac. Vous allez devoir me supporter jusqu’à Washington.
« Jusqu’à Hawaï si elle le souhaite…et plus si affinités ! »
_ Mat. Je me ferai une raison. Je viens de perdre le Prince Charmant !
Elle rit joyeusement et sort d’un grand sac plat un épais dossier qu’elle pose sur la tablette.
_ Je ne vous dérangerai pas, j’ai du travail.
« zut ! Une intellectuelle ! Pfff… Attends voir… J.A.G… une avocate ? Dans l’armée ?
Cela expliquerait son carénage… La tête et les jambes en même temps ! Et pas que ça… le reste est cool aussi… Du genre top model, mais pas famélique, avec de quoi se mettre sous la dent. Contenter l’homme. »
_ Vous êtes dans l’armée ?
_ Les Marines…
Elle répond en marmonnant déjà absorbée par sa lecture. Mat n’en revient pas. Un Marines ? Dans les films il n’en a jamais vu ainsi ! Boueux, grimés, musclés, rampant dans la boue avec leurs rangers et leur P.M.
Bouffant leurs rations et l’ennemi avec le même courage, la même inconscience…
Bon Dieu avec un modèle comme ça en vitrine, il se serait engagé tout de suite dans l’armée ! Sans réfléchir.
Il vaut peut-être mieux la laisser travailler tranquille, on ne sait jamais quelle réaction peut avoir une telle machine de guerre ? Il referme les yeux sur la vision affriolante d’un commando féminin de Marines, vêtu de soie rouge, rampant dans la boue et se jetant sur lui par surprise. Jamais il ne pourra dormir !
Finalement Mat ne se rend pas compte ni du décollage, ni du temps passant jusqu’à l’arrivée des repas que Miss Rambo refuse poliment. Miss Natacha bis, elle, est obligée de se pencher jusqu’à son siège pour déposer son plateau sous l’½il désapprobateur de Mac qui a peur pour son dossier. Ou qui n’apprécie pas les blondes peut-être ? Qui sait pour quelle raison ?
Big Foot lui se jette sur la nourriture, si brusquement qu’il bouscule sa tablette. Son plateau glisse vers les précieuses feuilles alors qu’il rattrape au vol sa salade dont l’unique crevette est projetée diaboliquement vers le décolleté de sa voisine dans lequel elle disparaît. Mac n’a que le temps de retenir le plateau agresseur tout en grimaçant au contact froid du crustacé. Le primate au regard luisant de mauvaises intentions lui propose de l’aider à s’en débarrasser. Il ne réagit pas assez vite pour poser sa salade que Mac déclare que le petit français va le faire.
Occupé à manger sa propre crevette, Mat reste coi. Sa main libre, qui comprend parfaitement l’américain elle, fonce déjà droit vers son objectif sous l’½il vitreux du colosse frustré. Elle se faufile adroitement entre les fronces du corsage pour plonger délicatement entre les seins soutenus par des balconnets en soie rouge eux aussi. Comme dans sa vision. Il se sent devenir écarlate.
Au c½ur de tout ce rouge comment repérer la crevette sinon en tâtonnant ? Il adresse un sourire compatissant au Marines en souhaitant qu’il ne soit l’objet d’aucunes représailles musclées. Et trouve l’animal espiègle dont la tête s’est lovée sous son sein droit. Triomphateur du crustacé il brandit son trophée comme s’il tenait la Coupe du Monde de Football entre ses doigts habiles.
_ Je l’ai !
Le primate récupère enfin le plateau menaçant le dossier de la belle avocate et mâchouille une excuse. Mac réajuste son corsage l’air contrarié. Mat a maintenant une crevette dans chaque main, l’une froide et à moitié dévorée, l’autre tiède et vanillée. Il repose les deux. Se dit qu’il ne pourra plus jamais en manger sans rougir de plaisir…
_ Merci.
Son sourire séducteur lui fait oublier sa gêne. Elle n’est pas fâchée contre lui. Il survivra donc.
Mat essaie de reprendre ses esprits. Son voyage aux côtés de ce primate devait ressembler à une descente aux enfers, au final il est aux anges ! Avec cette américaine au doux parfum vanillé à sa droite, il regrette que le trajet Paris-Washington ne soit pas plus long. Il réalise soudain qu’il n’a plus échangé une seule parole avec sa voisine depuis « le sauvetage de la crevette » et brise ce silence pesant.
- Qu’est venu faire une américaine, seule, à Paris une ville aux vertus si romantiques ?
- La même chose que va faire un français, seul, à Washington je suppose ….
_ Pour tout vous dire, je vais à Boston. Et je n’aurai pas dû être seul ! Et vous, pourquoi Paris ?
_ En fait je n’y ai passé que deux jours de permission, j’étais à Bruxelles pour une réunion del’OTAN.
_ L’OTAN ? Waouh … mais à qui ai je l’honneur ?
_ Colonel Sarah Mackenzie, US Marine Corps, avocate au JAG.
Elle lui donne une poignée de main énergique, franche. Impressionné il en reste comme deux ronds de flanc. La fin du vol est beaucoup moins agitée. L’avion se pose sur la piste et le temps des adieux arrive. Mat attrape le sac de Mac dans le compartiment et le lui tend. La jeune femme lui sourit et lui plaque un baiser sur la joue.
_ Bon séjour en Amérique Mat.
Elle disparaît dans le hall de l’aéroport, happée par un escalator. Leur rencontre a été brève.
Mat sait déjà qu’il se souviendra de cette femme séduisante longtemps. Refaisant surface il fixe le tableau d’affichage des départs. Il doit se dépêcher de trouver sa correspondance. Sept lettres clignotent devant ses yeux : EN GREVE !
Plus de lignes intérieures. La poisse ! Pas un seul avion ne décolle en direction de Boston ! Il n’a plus qu’à se rendre à l’hôtel prévu pour accueillir les passagers en rade. Au moment de passer les contrôles il est hélé par un homme en uniforme.
« C’est bien ma veine ! » Une fois devant le douanier, il doit ouvrir le sac plastique qu’il trimballe à la main. Fromage à raclette, jambon de pays et une bouteille de vin de Savoie. Pas de quoi fouetter un chat ! Le contrôleur n’a pas l’air du même avis, et lui pose tout un tas de question sur le pourquoi du comment un français se balade avec autant de denrées alimentaires. Mat lui explique calmement que c’est pour faire un « bon repas franchouillard » avec ses amis de Boston, une raclette, une vraie de vraie, avec du fromage de Savoie. Pas une de ces horreurs au goût de plastique ! Le douanier bute sur le terme « raclette ». Finit par délaisser le fromage pour s’attaquer au sac de Mat, lequel est incapable de prononcer un seul mot à la vue du contenu. L’homme le fixe de plus en plus étrangement au fur et à mesure qu’il égrène les vêtements, tous plus suggestifs les uns que les autres. Mat ouvre la bouche et la referme, tel un poisson. Il n’en revient pas. … Le douanier éclate de rire, brandit un magnifique soutien gorge rouge aux bonnets avantageux.
_ C’est pour votre raclette ça aussi? Je ne savais pas que les français aimaient se balader avec leur trophée de
chasse ! Oh… oh… et ce n’est pas le seul ! A moins que vous n’aimiez porter ce genre de sous vêtements !
_ Ce soutien gorge n’est pas à moi !
Le contrôleur n’est apparemment pas du même avis.
_ Hey Marty ! Viens voir par là. Regarde un peu ce que mettent les français de nos jours.
Mat commence à s’énerver.
_ Mais puisque je vous dis que ce soutien gorge n’est pas à moi mais à une militaire américaine. Un colonel des Marines. Nos sacs étaient presque identiques ! Ils ont dû être intervertis par erreur.
_ Si les Marines portaient des soutien gorges rouges en dentelles comme celui-ci, je vous garantis que je le
saurais !
Ce colonel irréel, cette grève, ce fonctionnaire borné, ce soutien-gorge rouge agité sous son nez qui le provoque. Le jeune homme est à bout de nerf et s’emballe.
- Vu ta tête, ça m’étonnerait bien mon gars !
Heureusement pour lui, sa langue maternelle a repris le dessus, et le douanier le regarde juste bizarrement. Mat reprend plus calmement.
_ Ecoutez, je n’ai rien fait de mal. J’ai juste voulu amener de quoi faire une bonne bouffe entre amis, ce
n’est pas un crime à ce que je sache !
_ Et à moins que vous ne vouliez me dresser un procès verbal pour détention de soutien gorge !
Il arrache la précieuse lingerie de la main du douanier. Le deuxième homme, en retrait intervient.
_Benny, allez laisse-le. On a de la paperasse à finir avant que la relève arrive. Il va te retarder plus qu’autre chose. A part cette odeur nauséabonde, il n’a rien fait de mal ce gamin !
_ C’est vrai. Bon fichez le camp !
Après un voyage idyllique, Mat accumule les problèmes. Ces douaniers incapables d’apprécier la gastronomie, la vraie ! Son propre sac qui se ballade on ne sait où ! Comment retrouver dans cette ville inconnue cette « Sarah Mackenzie » pour lui rendre ses dessous affriolants ?
L’étiquette du bagage ! Comment ne pas y avoir songé plus tôt !