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Broken Hallelujahs

2/7
0056 EDT
Rosslyn Virginie

Harriet était toujours assise sur le nouveau canapé dans le nouveau living room. Leur nouveau living room soit disant, mais elle ne le ressentait pas comme le leur en ce moment. Bud n’avait pas encore vu la maison qui était désormais son chez lui : et de ce fait maintenant, quant elle avait si désespérément besoin de sentir d’une façon ou d’une autre en relation avec lui, il n’y avait rien. Seulement les murs nus et quelques jouets éparpillés et ce canapé.

Elle avait su au moment où retentissait la sonnette de la porte d’entrée que quelque chose n’allait pas. Peut être que son subconscient le savait depuis une bonne partie de la journée. Quant elle avait ouvert la porte cet après-midi pour trouver un amiral Chegwidden très sombre, alors l’impression vague et persistante de malaise s’était transformée en réelle terreur, et elle avait à peine été capable de le saluer. Mais elle s’ était forcée à se reprendre, puisant dans les dernières ressources d’attitude militaire qu’elle avait, jusqu’à que les explications soient données. Alors quelque chose d’inattendu arriva. Son commandant, un amiral deux étoiles, un SEAL bardé de décorations avait laissé tomber son apparence rigide, et pour un moment il avait ressemblait à son père voulant la protéger du monde extérieur. Quand cela s’était produit, instantanément ses défenses avaient lâché et elle avait éclaté en sanglots.

Il était resté avec elle depuis cet instant, la réconfortant de la seule façon qu’il connaissait. Il avait tranquillement fait manger le petit A.J et lu à son homonyme une histoire avant de le coucher, il avait fait le nécessaire pour appeler le père de Bud et son frère, quand elle avait réalisé qu’elle n’aurait pas été capable d’y arriver. Surtout, il était simplement resté là, réalisant qu’elle ne voulait pas être seule. Elle n’arrivait pas encore à penser en terme de futur. Honnêtement, elle ne pouvait pas penser du tout. Elle se tenait juste là assise sur le canapé, tenant une grande tasse de café refroidie, et elle fixait les murs nus.

L’amiral retourna dans le living room, remettant son téléphone portable dans la poche. « C’était le Colonel Mackenzie, » rapporta t’il, en prenant un siège en face d’elle. « Ils viennent juste d’arriver à Landstuhl, et ils vont l’emmener en salle d’opération très bientôt. Ils lui ont fait une transfusion sanguine, aussi il va bien. Ils ont juste besoin de travailler sur sa jambe. »

Harriet hocha la tête, semblant engourdie. « Je pense que je devrais commencer à envisager comment partir d’ici. » dit elle avec hésitation. « Je sais que je n’aurai pas de vol avant la matinée, mais que faire avec A.J ? Je ne veux pas le quitter, mais je ne sais pas si je peux supporter neuf heures de vol avec lui… »

« Y a-t-il une possibilité que Mikey puisse venir avec vous ? »

« Il est sur le point de partir pour la Plebe Summer (NdT : 1ere année dans une école navale) – je ne peux pas lui demander. Bud serait terriblement désappointé si je lui laissais faire quelque chose qui compromette ses chances à l’Académie. »

« C’est vous qui voyez, Harriet » dit l’amiral Chegwidden gentiment. « Il y a bon nombre de personnes quantité parmi nous qui accepteraient de prendre A.J pendant que vous êtes partie, si vous voulez. Ou bien vous pouvez attendre et décider plus tard. »

« Combien de temps plus tard, Monsieur ? » Elle tourna ses grands yeux implorant vers lui. « Je ne sais pas ce que je dois faire, mais je sais que je ne veux pas que Bud soit seul. »

« Il ne sera pas seul », promit ‘il. « Harm et Mac sont avec lui, rappelez vous. »

« En fait Monsieur, c’est à moitié vrai. »

Tous les deux firent un bond, ils n’avaient pas entendu la porte d’entrée s’ouvrir. Harm était debout sur le seuil de la porte, portant sa tenue de vol et une casquette de l’escadre du Seahawk. Il était probablement la dernière personne que les deux officiers s’attendaient à voir, et c’était loin d’être ainsi qu’ils avaient l’habitude de le voir, mais Harriet bientôt récupéra de sa surprise et se leva.

« Commandant ! Monsieur – comment êtes vous arrivé ici si vite ? »

« A pleine puissance des réacteurs la plupart du temps, et un très bon équipage de ravitailleur du côté de Keflavik », répondit Harm sans rencontrer le regard de son commandant par crainte de sa désapprobation. Si l’amiral était furieux contre lui, alors il le cachait bien.

« L’équipage du Seahawk vous a laissé prendre un Tomcat ? »

« J’ai réussi à les persuader » . Harm retira sa casquette, regardant Harriet avec une douloureuse impuissance.

« Trésor je suis désolé », dit il doucement.

A ces mots elle tomba dans ses bras, pleurant amèrement. Après les premières heures, elle avait pensé que toutes les larmes qu’on pouvait verser dans une vie l’avaient été, mais apparemment elle s’était sous estimée. Harm la ramena vers le canapé, jetant ses clefs et sa casquette sur la table.
Harriet se reprit rapidement, essuyant ses larmes et se tourna vers lui, qui était le meilleur lien disponible avec son mari. « Vous avez vu Bud alors ? Comment est il ? »

« Il a demandé après A.J », offrit le commandant dans un demi sourire. « Ils l’ont gardé sous sédatif, il a perdu beaucoup de sang, mais il va bien. C’est la vérité Harriet. »

Elle hocha la tête, mordant sa lèvre. « Monsieur, que c’est il vraiment passé ? » murmura t’elle.

Il la regardait. « Lui et le Quartier Maître Coates, étaient allé à terre observer les fondations d’une nouvelle école, dont ils avaient aidé la construction en récoltant des fonds. Il a vu un jeune garçon en train de jouer dans un champ de mines et …… Vous connaissez Bud, il fallait qu’il essaie. »

Le JAG avait écouté calmement à quelque distance de là, mais maintenant il parlait. « Commandant, je sais que votre présence est appréciée, mais pourquoi avez-vous fait toute cette route ce soir ? »

Harm se redressa. « Pour emmener Harriet et le petit A.J en Allemagne, Monsieur ». En y repensant, il se tourna vers Harriet . « Enfin, si vous voulez partir ».

Elle cligna des yeux, confuse. « Maintenant ? mais comment ? »

« Il y a un C-38 en attente à Andrews. Ce sera plus confortable qu’un vol commercial et nous pouvons directement nous poser à Landstuhl. A partir du moment où vous acceptez que je sois le co-pilote. Peu de temps pour mettre ça en place, et tout. »

« Merci Monsieur » souffla t’elle les yeux brillants de gratitude. « Je vais prendre quelques affaires et préparer A.J à partir. »
Comme elle montait à l’étage rapidement, l’amiral Chegwidden se tourna vers son avocat et croisa les bras.

« Alors, combien de faveurs avez-vous appelé pour obtenir tout cela ? »

Harm n’était pas encore complètement sûr qu’il n’allait pas se faire engueuler pour son action pas très conventionnelle, mais il n’osait pas masquer la vérité. « Toutes jusqu’à la dernière, je pense. J’ai aussi lâché votre nom plusieurs fois, Monsieur, et j’en suis désolé. »

« Ne le soyez pas. J’aimerais seulement pouvoir aller avec vous. Mais quelqu’un doit rester ici pour faire un rapport sur tout ce qui est arrivé ces derniers, et il est hors de question que je confie ça à Singer. » Il sourit, un sourire sans humour et étudia le pilote à mi-temps en face de lui. « Est-ce que vous connaissez quelque chose au pilotage des C-38 ? Je sais que vous avez prouvé vos talents sur les Tomcat, le COD, le Steal fighter et même un 747…. »

Harm comprit que le trait tentait d’alléger l’atmosphère et fut soulagé. « Aussi un Learjet une fois Monsieur. Il y a longtemps, au moment de votre arrivée au JAG, et c’est assez proche du C-38. »

« Exact … Ne vous êtes vous pas évadé de l’espace aérien cubain avec cet engin ? »

Sa réponse fut complètement pince-sans-rire. « Il fait des loopings beaucoup mieux qu’on pourrait s’y attendre, Monsieur. »

L’amiral leva les yeux au ciel. « Pas étonnant que mon prédécesseur n’ait pas survécu à vos cabrioles ! »

« Ce n’était pas un SEAL, Monsieur »

« Sacrement vrai », l’amiral Chegwidden jeta un coup d’œil comme Harriet apparaissait dans le couloir portant un bambin endormi sur sa hanche. Il baissa sa voix, l’humour instantanément parti. « Prenez soin d’elle, Harm. »

« J’en ai l’intention, Amiral. »
0614 Zulu local
32000 pieds au dessus de l’atlantique.

Harriet errait sans but à travers la petite cabine vide de l’avion, surveillant son fils pour la vingtième fois. A.J était parfaitement ignorant des raisons de ce voyage, il s’était endormi en travers de deux sièges immédiatement après le décollage, la laissant s’interroger à propos des prochaines semaines, des prochains mois, des prochaines années. Son mari était maintenant un amputé. Il s’éveillerait chaque matin pour le reste de sa vie avec une partie de son corps manquante. Qu’est que cela voudrait dire pour eux ? Bien qu’elle espérait qu’il n’en aurait pas besoin, Bud se verrait très probablement proposer de quitter la marine pour raisons médicales.. Et sans même aller si loin … elle commençait à réaliser combien elle dépendait du fait que tout se passe comme ils l’ avaient planifiées. Une part de sa confiance quand elle avait acheté la maison reposait sur le fait que Bud serait probablement bientôt nommé capitaine de corvette , et que l’argent supplémentaire dû à sa promotion s’ajouterait à ses primes de risque.

Brusquement elle se maudit de sa folie. Il avait touché ces « primes de risques » bien nommées depuis des semaines, et elle ne s’était jamais laissé aller à penser pour quelles raisons. Son temps en mer à elle avait semblé toutes sortes de choses, mais jamais risqué, et bien que la guerre ait progressé, elle n’avait jamais vraiment cru que Bud serait en réel danger. Comme elle avait eu la vue courte.

Elle se jeta dans un siège comme Harm émergeait du cockpit en se passant la main dans les cheveux.

« Puis je me joindre à vous ? » demanda t’il.

« Je vous en prie ». Elle fit un vague signe de la main et il prit le siège de l’autre côté du couloir, en face d’elle. « Vous n’êtes pas nerveux de laisser l’Air Force s’occuper de l’avion ? »

Il eut un petit sourire et haussa les épaules. « C’est aussi bien de les laisser faire ce qu’ils font le mieux – le vol en ligne droite. De plus, le Capitaine Weiss est probablement un brin plus vif que moi en ce moment. »

« Vous semblez fatigué, Monsieur. »

« S’il vous plait, oublier le ‘Monsieur’ serait une bonne chose maintenant, Harriet. Si vous pouvez convaincre votre cerveau d’aller contre son instinct, bien sûr. Mais oui, j’ai traversé plus de fuseaux horaires que le soleil aujourd’hui. En fait je ne sais même pas quel jour nous sommes. » Il étira ses longues jambes devant lui. « J’espère que Mac s’est rappelé de prendre mon sac avant de quitter le porte-avions. Je porte cette saleté de tenue de vol depuis deux longs jours. »

Elle ne répondit pas de suite. « Ce que vous avez fait est proprement incroyable, » dit elle finalement. Il lui jeta un coup d’œil surpris. « Ce n’est pas encore arrivé dans les infos – je ne sais pas ce qu’ils veulent que le public sache exactement – mais l’amiral m’a raconté toute l’histoire. Et Bud m’a écrit tout ça en fait. C’est le dernier message qu’il a envoyé avant……. » Elle marqua une pause, mais continua d’une voix plus assuréé. « Sauver 5000 vies en trois minutes – cela a dû être surréaliste. »

« C’est le bon mot pour cela. » Harm la fixa du regard. « D’une manière ou d’une autre, tout cela semble si incroyable maintenant. » dit il doucement.

Harriet jeta un regard vers A.J avant de continuer à parler. « Monsieur – Harm – puis je vous demander quelque chose. »

« Tout ce que vous voulez, » répondit il solennellement.

« Après votre éjection sur le pont, de quelles gravités étaient vos blessures ? »

Il hésita juste une seconde, choisissant la meilleure façon de répondre. Les circonstances de son changement d’affectation étaient un sujet dont il ne parlait pas souvent, bien qu’il connaissait un certain nombre de rumeurs qui circulaient occasionnellement autour du JAG. « Assez mauvaise, je crois. Je n’étais pas aux portes de la mort ou quelque chose de ce genre… »

« Non, ça c’était l’année dernière ? » elle commenta dans un souffle, le surprenant à nouveau.

« ….mais ils n’étaient pas sûr de savoir si je pourrais être capable de marcher quand tout serait fini. J’ai été opéré pour souder deux de mes vertèbres et stabiliser ma colonne vertébrale. »

« Mais vous êtes revenu » remarqua t’elle, donnant libre cours à la note d’espoir se glissant dans sa voix. « Je veux dire, vous avez tout récupéré. Vous êtes même remonté dans un cockpit. »

« Oui, je l’ai fait » Il décida de ne pas mentionner que cela lui avait pris cinq ans pour arriver là, et plus de quatre autres années pour retrouver le service actif en vol. Il avait aussi laissé de coté les mois de profond désespoir et de désillusion qu’il avait traversés, de même qu’il s’était obligé à se reprendre. « J’étais déterminé. Bud le sera aussi. Et je n’avais pas quelqu’un d’aussi étonnant que vous pour m’épauler. Tout va bien se passer, Harriet. »

« Je sais. » Elle le regarda dans les yeux, repoussant une mèche blonde rebelle derrière son oreille. « J’ai juste peur que cela l’amène à changer quelque part. »

« Je pense que c’est l’une des nombreuses choses où vous pouvez l’aider. Si vous essayez de ne pas le voir de façon différente maintenant, peut être qu’il sera capable de rester le même. »

« J’espère que je serai capable de réussir cela, » dit elle incertaine, tournant la tête vers la fenêtre, comme ils volaient vers le soleil levant. Il interpréta la remarque comme le signal qu’elle ne voulait pas parler davantage, et s’appuya le dos dans le siège, fermant les yeux un moment avant l’atterrissage. Après plusieurs minutes, elle parla à nouveau. « Harm ? »

« Oui Harriet »

« Vous savez ce qui est arrivé au petit garçon ? Celui que Bud a essayé d’aider ».

Le commandant éprouva un vague sentiment de culpabilité comme il réalisait que cette pensée ne lui avait jamais traversé l’esprit.

« Non, je ne sais pas. Je suis désolé. »

« Ca ne fait rien. Je ne l’espérais pas vraiment ». Le regard perdu dans la douceur des nuages, elle secoua la tête. « Les petits garçons jouant dans les champs de mine……… Le monde est complètement détraqué maintenant, n’est ce pas ? »

« Je pense que le monde est toujours détraqué d’une façon ou d’une autre. Maintenant, nous pouvons voyager pour découvrir ses errements. Ces mines ont été mises là pour des décades, et elles seront probablement là pendant de plus longues décades encore, et il n’y a rien que nous puissions faire ou ne pas faire avec cela. »
Comme les mots quittaient sa bouche, il entendit le timbre de pessimisme en eux, et regretta de parler ainsi. De toutes les personnes, elle ne méritait pas de supporter ses frustrations. Mais comme elle tournait son regard vers lui, il y avait une légère tristesse dans ses yeux.

« Peut être. Mais qui a dit ‘Tout ce qu’il y a besoin de faire pour que les forces du mal triomphent dans le monde, c’est que les hommes de bonne volonté ne fassent rien ?’ »

Non que ce soit la première fois, il était impressionné par sa force tranquille. « Les femmes de bonne volonté sont plutôt bonnes aussi », Harm rencontra son regard et offrit un léger sourire. « Je ne me rappelle pas qui a dit cela en premier, mais je suis heureux que vous l’ayez dit à nouveau. »
0827 EDT
Quartier général du JAG
Falls Church, Virginie

« Tiner, où est le lieutenant Sims ? »

Le quartier maître Tiner regarda la silhouette menue et pourtant tellement intimidante plantée en face de son bureau et avala avec difficulté. « Heu, madame, je ne sais pas. Peut être a t’elle pris un jour de congé aujourd’hui. »

« Alors cela devrait être inscrit quelque part ? » Le lieutenant Singer croisa les bras, sa patience déjà à bout. Elle avait à peu près un million de formulaires à classer : depuis que les Trois Mousquetaires du JAG étaient encore en mission respectivement sur le Seahawk et le Watertown, tous les comptes rendus étaient tombés sur elle, et elle n’en était pas particulièrement heureuse. Et de plus, les officiers administratifs semblaient avoir disparu juste quand elle avait besoin d’eux.

« Madame, l’amiral est en route – peut être qu’il sait quelque chose. »

« Vous feriez mieux d’espérer qu’il le sache, » informa t’elle d’un ton glacial le jeune homme, le suivant partout à travers son bureau. Cependant juste comme elle se dirigeait vers la porte, une voix appela « Garde à vous ! » et l’amiral traversa à grandes enjambées le bureau.

« Repos » dit il brusquement, ne ralentissant pas son allure. « Je veux le staff entier dans le bureau dans dix minutes, et cela veut dire toute personne qui n’est pas au tribunal, en mission ou hors du service d’une façon ou d’une autre. Si quelques uns sont à la bibliothèque ou dehors en train de fumer, dites leur de revenir ici. Ce sera tout. » La dernière phrase fut ponctuée par la fermeture de la porte de son bureau.

Singer souleva un sourcil, sa curiosité piquée. Peut être que quelque chose était arrivé. Elle n’espérait pas de fait un autre complot terroriste, naturellement, mais quelque chose qui serait mieux que tous les rapports auxquels elle avait actuellement à faire face. Elle avait été dans son élément durant la crise des jours passés, et une autre opportunité de prouver ses talents pourrait seulement la faire progresser.

Précisément dix minutes plus tard, l’équipe complète des officiers du JAG et le personnel étaient présents dans le bureau, se demandant quelle sorte de nouvelles leur commandant avait pour eux. L’amiral sortit de son bureau, et ils virent pour la première fois combien il semblait fatigué. Plus que juste fatigué, en réalité, il semblait plus vieux quelque part. Singer se rappela immédiatement le dîner de répétition du mariage du Colonel une année plus tôt, quand l’amiral avait été forcé de casser l’ambiance festive et de leur annoncer le crash du Capitaine. Cette attitude était sinistrement similaire, et elle se demandait si quelque chose était arrivé sur le Seahawk.

«Il y a approximativement vingt quatre heures » le JAG commença, « le Lieutenant Roberts a été blessé grièvement en Afghanistan. Il a marché sur une mine pendant qu’il essayait d’aider un enfant, et a été évacué à Landstuhl pour un traitement médical. Selon le Colonel Mackenzie, l’état du lieutenant est stable, mais il souffre de blessures à une jambe qui nécessitera plusieurs opérations, et l’usage d’une prothèse. Le Lieutenant Sims est en route pour l’Allemagne au moment où nous parlons. »

Il y eut un silence stupéfait dans la pièce, et Singer éprouva le besoin de s’appuyer contre la porte de son bureau pour retrouver son équilibre. Bud Roberts ? Ca ne pouvait pas être vrai……. n’est ce pas ? Comme elle fixait le regard d’acier de l’amiral Chegwidden, alors il fut clair que ce n’était pas une erreur.

« Je sais que ceci provoque un choc à tout le monde, parce que nous ne pensons pas de nous que nous soyons des officiers en position de risque, mais la chose positive importante maintenant est de faire connaître à Bud que nous sommes là pour lui. A cette fin, le Quartier Maître Tiner collectera toutes sortes de cartes ou cadeaux que vous souhaitez envoyer à la famille Roberts. Si quelqu’un veut organiser un cadeau plus important, vous avez ma bénédiction. » Il fixa son regard et redressa ses épaules. « Nous devons retourner au travail maintenant, aussi ce sera tout. Lieutenant Singer ? »

Elle sursauta légèrement. « Monsieur ? »

« Dans mon bureau dans cinq minutes. Nous avons besoin de discuter de la possibilité de vous envoyer sur le Seahawk, pour remplacer le Lieutenant Roberts pour le reste de la mission. »

« Oui Monsieur », répondit elle embarrassée, son esprit encore bouillonnant. Il y avait quelques minutes encore, elle aurait chéri l’idée de prendre cette affectation. Elle avait convoité cela depuis le début, et le fait que Bud l’avait battue l’avait toujours irrité. Il y avait quelques minutes tout aurait été différent. Maintenant, au lieu de triompher elle se sentait vaguement malade.

Bud Roberts, un homme pour lequel elle avait rarement éprouvé autre chose que du mépris, était allé en zone de guerre, et il avait bravé un champ de mines pour aider un enfant. Et cela lui avait presque coûté la vie. Lauren Singer s’était toujours entêtée à croire que toutes les choses étaient possibles, si vous le souhaitiez par-dessus tout : mais quelque part ce principe semblait vain, et elle était surprise de découvrir juste combien elle éprouvait de peine pour cette famille en difficulté. Cela n’avait pas de sens, et ne cadrait pas avec l’image qu’elle avait d’elle-même, et tout cela faisait qu’elle se sentait encore plus mal.

Fermant la porte de son bureau, elle s’assit à la table et vida les tiroirs à la recherche de Kleenex. Le tiroir du bas accrocha quelque chose, et elle rechercha à extraire ce qui gênait le roulement. Quand elle retira l’obstacle et vit ce que c’était, elle le lâcha immédiatement sur le bureau comme choquée. C’était une photographie froissée de Bud et du petit A.J, jouant dans le bac à sable et apparemment très heureux. La photo devait être tombée derrière quand elle avait nettoyé et sorti les affaires personnelles de Bud du bureau…

Soudain elle mit la main devant sa bouche pour étouffer un involontaire hoquet qui remontait dans sa gorge, et elle se remit avec ardeur à la recherche des Kleenex. Ceci est stupide, se punit t’elle comme les larmes montaient. Je ne l’ai jamais aimé et sa femme me rend dingue. Je n’ai pas besoin de pleurer pour eux. Je suis plus forte que ça.

Mais pour la première fois, elle commençait à comprendre qu’elle n’était pas aussi forte qu’elle le pensait et c’était l’effondrement de l’ensemble de son monde. Capitulant, elle baissa la tête et pleura pendant quelques minutes. Puis avec soin, elle refit son maquillage, releva le menton, et se dirigea vers le bureau de l’amiral.

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