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Ruptures

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APPARTEMENT DE HARM – AU NORD DE UNION STATION – WASHINGTON DC

10 février 1999 – 21 heures

– La façon dont Webb a été tué est trop simpliste pour Palmer. Je sais ce qu’il a dans la tête.

Tout en parlant, Harm ouvrit un des tiroirs du comptoir de la cuisine et en sortit une arme et des balles. Méticuleusement, il commença à charger le revolver, sous le regard inquiet de Mac.

– Ne vous aventurez surtout pas dans la tête de cet homme, c’est un endroit qu’il vaut mieux éviter.

– C’est peut-être le seul moyen de le trouver.

– A moins qu’il ne vous trouve d’abord. Webb n’était pas la seule personne envers qui Palmer avait de la rancune.

– Je n’ai pas peur de Palmer, Mac.

– Moi j’ai peur pour vous.

Harm leva la tête et regarda attentivement Mac, sa voix avait tremblé.

Depuis qu’ils avaient découvert que Palmer n’était pas à Leavenworth, toute l’attitude de la jeune femme avait changé. Il retrouvait l’amie inquiète et concernée qui l’avait suivie en Russie et avait veillé sur lui.

Après leur conversation la veille de Noël, Mac avait su être à la fois distante et amicale, toujours parfaitement professionnelle quand ils devaient travailler ensemble, tout en restant chaleureuse quand elle le rencontrait au détour d’un couloir, dans la cuisine près de la machine à café. Elle était la même Mac que celle qu’il avait appris à connaître deux ans plus tôt, amicale mais réservée, ne se laissant pas totalement approcher, mais disponible s’il avait besoin d’elle.

Si ce n’était la douleur qu’il ressentait parfois quand il la voyait rire avec Brumby, ou les souvenirs que son esprit libérait la nuit dans ses rêves, Harm aurait pu croire qu’il avait rêvé leur histoire d’amour de l’année passée. Histoire d’amour, c’était un bien grand mot, Mac lui avait dit qu’il s’agissait d’une aventure, rien de plus … Et elle ne semblait pas avoir changé d’idée, elle avait continué à vivre, comme si de rien n’était, comme elle l’avait fait quand elle avait demandé à Dalton de quitter sa vie, avant qu’il soit assassiné.

Quand au début du mois de février, le capitaine Jordan Parker avait croisé leur route au cours d’une enquête commune à Bethesda, Mac avait fait remarquer à Harm que la jeune psychiatre ne semblait pas indifférente à son sourire, et il avait eu l’impression bizarre qu’elle le poussait dans les bras de la jeune femme, comme pour l’obliger à définitivement tourner la page.

Et aujourd’hui, brusquement, il lisait l’angoisse dans les yeux de Mac. C’était probablement la mort de Webb qui la rendait si vulnérable. Mais que Mac avoue si franchement qu’elle avait peur pour lui, Harm, il ne savait pas vraiment quoi en penser. Il finit par détourner le regard du visage de Mac, il ne savait même pas ce qu’il avait souhaité y voir.

Il recommença à préparer son arme, ce n’était pas le moment de s’interroger sur les sentiments de Mac, Palmer était en liberté et chercherait probablement à s’en prendre à lui.

Mac observait Harm depuis que l’Amiral leur avait annoncé la mort de Webb la veille, elle avait noté cette lueur qu’elle connaissait bien dans le regard de son ami, celle qui disait ‘C’est ma faute, j’aurais dû…’ Harm encore une fois se sentait responsable de ce qui était arrivé, et Mac devait savoir pourquoi. Il ne le dirait pas si elle ne l’y forçait pas, et c’est pour cette raison qu’elle avait refusé qu’il la dépose chez elle en revenant d’Andrews. Elle avait insisté pour venir chez lui discuter de la façon dont ils allaient procéder, mais elle ne partirait pas tant qu’elle ne saurait pas pourquoi Harm prenait toute cette histoire encore plus à cœur qu’elle l’aurait cru possible.

– Vous ne me dites pas tout, Harm, reconnaissez le …

Harm posa sur la table le chargeur qu’il avait dans les mains, et sembla hésiter un moment avant de se diriger lentement vers son bureau et son répondeur téléphonique. Il appuya sur une touche, et la voix haletante de Webb emplit l’appartement.

– Rabb, je sais que vous êtes là … Décrochez, bon dieu… Rabb….

Et au moment où la voix d’Harm répondait, la communication s’était brutalement coupée.

Le regard que Harm leva vers Mac lui brisa le cœur. Harm se sentait coupable d’avoir tardé à répondre.

– Je n’ai pas voulu répondre, Mac … J’étais avec Jordan …

Son regard se fit encore plus coupable, il osait à peine lever les yeux vers elle maintenant. Mac ne pouvait rien pour Webb, et elle était persuadée qu’Harm n’aurait rien pu faire non plus, mais elle devait empêcher son ami de se reprocher ce qui était arrivé, tout ce qui était arrivé. Il allait encore trouver un prétexte pour s’empêcher de vivre si elle n’intervenait pas.

– Harm, arrêtez ! Vous ne saviez pas, et Webb nous a tellement souvent entraînés dans des histoires insensées pour que vous ayez eu raison d’hésiter. Ce n’est pas votre faute, et même si vous aviez répondu, vous n’auriez probablement rien pu faire.

– Vous n’en savez rien, Mac. On ne sait pas à quelle heure il est mort. Il était 2300 quand il a appelé, j’aurais peut-être eu le temps d’aller jusqu’à Baltimore, j’aurais pu aller l’aider…

– Et vous auriez pu vous faire tuer aussi. Vous n’en savez rien, Harm, arrêtez de croire que vous pourriez éviter tout ce qui va de travers dans le monde.

– Pas dans le monde, Mac, mais je devrais être là quand mes amis ont besoin de moi. Webb avait besoin de moi, et moi je l’ai trahi. Et je vous ai trahie … Je n’ai plus pensé à Webb cette nuit là …

– Qu’est ce qui vous perturbe tellement, Harm ? Que vous n’ayez pas pu sauver Webb, ou que vous ayez passé la nuit avec Jordan au lieu d’essayer de le sauver ? Quand accepterez vous d’abandonner ce boulet que vous traînez avec vous ? Vous n’êtes pas responsable d’autre chose que de votre propre vie, Harm ….

Sans un mot, Harm retourna vers le comptoir de la cuisine, il ramassa l’arme et les chargeurs, les fixa dans son holster qu’il enfila sous sa veste, puis revint vers Mac qui n’avait pas bougé.

– Vous devriez rentrer, Mac, il est tard, je vous ramène.

– Non.

– Non ?

– Je ne m’en vais pas, je ne vais pas vous laisser tout seul quand vous êtes dans cet état là.

– Je n’ai pas besoin de baby-sitter, Mac.

– Alors considérez moi comme votre ange gardien, souvenez vous que les choses se passent mieux quand je suis là pour surveiller vos arrières. Je ne laisserai pas mon partenaire tout seul cette nuit. Je vais dormir sur le canapé, Harm, donnez moi juste une couverture, je ne vous dérangerai pas.

Hésitant, Harm la regardait, les sourcils un peu froncés.

– Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Mac.

– Et moi, je sais que vous n’êtes pas en état de juger objectivement de la situation, Harm, et je ne vous laisserai pas faire. Allez dormir, tout ira bien.

Harm leva les yeux au ciel et soupira d’un air frustré.

– Je suppose que je ne pourrai pas vous faire changer d’avis.

– N’y pensez même pas. Prêtez moi plutôt un de vos t-shirts et donnez moi juste un oreiller et une couverture. Oh, Harm, n’essayez pas de filer à l’anglaise comme vous l’aviez fait pour le meurtrier de Diane, je connais toutes vos ruses ……

APPARTEMENT DE HARM – AU NORD DE UNION STATION – WASHINGTON DC

11 février 1999 – 1 heure 30

Mac s’était enveloppée dans la couverture, et elle restait debout près de la fenêtre, laissant les minutes couler, attendant que cette nuit se termine, comme toutes ces autres nuits où le sommeil la fuyait.

La respiration calme qui venait de la chambre d’Harm l’avait apaisée un moment, et elle avait pu sombrer quelques instants dans un repos troublé, avant qu’un cauchemar la réveille : elle avait vu le corps d’Harm allongé dans une mare de sang, près de celui de Webb, et Palmer qui ricanait près d’eux. Mac savait qu’elle ne pouvait pas réellement protéger Harm, elle devrait à un moment ou un autre relâcher sa vigilance. Mais elle était terrorisée à l’idée que si elle le quittait des yeux, il allait mourir, lui aussi. Comme les autres étaient morts. Comme Webb maintenant.

En sentant des larmes glisser sur ses joues, elle eut un petit rire sans joie. Si elle pensait tellement qu’elle allait lui porter malheur, pourquoi restait elle près de lui ? Pourquoi ne demandait elle pas à être détachée à l’autre bout du monde, à Hawaï ou à Guam ? Pourquoi n’arrivait elle pas à se l’arracher du cœur ?

Elle frissonna, elle était transie. Elle se rappelait que le thermostat du chauffage était près de l’entrée, Harm ne dirait rien si elle montait un peu la température ambiante. Doucement, elle avança dans la pièce, mais heurta le bureau. Le bruit du choc résonna dans l’appartement silencieux, et Mac s’immobilisa, levant les yeux vers la chambre.

Harm se réveilla en sursaut, tous ses sens immédiatement en alerte.

– Mac, ça va ?

– Ce n’est rien, Harm, je voulais juste monter un peu le chauffage, il ne fait pas très chaud chez vous.

Harm repoussa les couvertures, sortit du lit, juste vêtu de son caleçon, et descendit les deux marches en s’approchant d’elle.

Mac se figea et se mordit les lèvres, puis au prix d’un énorme effort, elle se détourna de la silhouette qui avançait vers l’entrée et retourna occuper sa position précédente près de la fenêtre, silencieuse et immobile.

Comment avait elle pu le repousser, se refuser, leur refuser, quelques mois ou quelques années de bonheur ? Pourquoi croyait elle que leur relation serait vouée à l’échec sans même leur donner une vraie chance ? Elle s’était tellement battue pour qu’il renonce à elle, et elle se rendait compte qu’au fond d’elle-même elle ne serait jamais capable de renoncer à lui. Elle était pitoyable.

Les larmes coulaient à nouveau sur ses joues, elle entendait les pieds nus d’Harm sur le sol, il devait retourner se coucher. Elle sursauta en sentant sa main se poser sur son épaule et se raidit pour ne pas éclater en sanglots. Elle sentait la chaleur du corps presque nu d’Harm près d’elle, et cette chaleur irradiait tout son être. Elle ferma les yeux pour tenter de reprendre le contrôle de son corps, ou peut être pour savourer les sensations que le simple contact de la main d’Harm sur son épaule, malgré le t-shirt et la couverture, avait fait naître.

– Mac, dites moi ce qui ne va pas.

– ….

– Mac, on avait dit qu’on resterait amis, souvenez vous … Parlez moi, je sens bien que ça ne va pas, c’est à cause de Webb ?

– De Webb, et de tous les autres, et de ….

Elle stoppa net, se mordant à nouveau les lèvres, cette fois pour s’empêcher de parler.

Harm fit pivoter Mac sur elle-même, l’obligeant à lui faire face. D’un doigt sous le menton, il la força à lever les yeux vers lui, des yeux si désespérés qu’il en perdit le fil de ses pensées.

– Oh non, Sarah, ne pleure pas, parle moi … Je ne veux pas te voir comme ça …

Doucement, il effaça les larmes qui coulaient sur les joues de Mac, puis posa la paume de sa main sur sa joue, cherchant à lire dans ses yeux les raisons de sa tristesse.

Mac leva la main et la posa sur la main d’Harm, fermant les yeux pour savourer ce contact ; elle tourna légèrement le visage et déposa un baiser dans le creux de la paume d’Harm.

Incertaine, perdue, elle leva la tête pour le regarder, elle avait renoncé à retrouver son sang froid, elle ne chercherait pas à repousser Harm encore une fois… C’était au-dessus de ses forces.

Il lut dans les yeux sombres qui ne se cachaient plus un abandon total, un désir intense et désespéré qui lui coupa le souffle. Sans quitter son regard, il baissa lentement son visage vers le sien, jusqu’à ce que leurs bouches ne soient séparées que par un souffle. Elle sentait la respiration d’Harm sur ses lèvres, elle attendait cette caresse si douce qui lui avait tellement manqué.

Elle l’entendit murmurer ‘Sarah….’ , mais il ne bougeait plus. La main de Mac partit à la rencontre du visage de son ancien amant et elle l’attira contre elle, se fondant dans le baiser qui les unissait. Les lèvres d’Harm, d’abord sages et chastes, s’animèrent doucement, se firent insistantes et sa langue pénétra avidement la bouche de Mac, victime consentante et abandonnée. Il l’enlaça, la serrant contre lui, imprimant son désir dans son corps, incapable de la lâcher, même au prix de sa vie. Ses mains rejetèrent la couverture et descendirent le long du t-shirt pour se poser sur les seins de Mac, renouant avec des gestes et des sensations si familières.

Elle se laissait totalement aller dans ses bras, les yeux fermés, à l’écoute de toutes les ondes de chaleur qui parcouraient son corps, refusant obstinément de prêter attention à la petite voix qui lui hurlait de réagir, de ne pas succomber, qui lui rappelait que le retour à la réalité serait encore plus difficile. Tant pis, demain n’existait pas, seules les minutes qu’elle vivait en ce moment avec Harm importaient, des instants qui avaient plus de force qu’une éternité de solitude.

Brusquement, Mac se sentit tomber, Harm venait de la lâcher et de s’écarter d’elle, il la rattrapa rapidement par le poignet, mais resta à une distance raisonnable, les sourcils froncés, cherchant sa respiration.

– Je suis désolé, Mac, je n’aurais pas dû….

– Harm !

Doucement, Mac détacha la main d’Harm toujours fermée autour de son poignet, elle la porta à ses lèvres et déposa de légers baisers sur ses doigts, sur sa paume, les lèvres légèrement ouvertes, sa langue le taquinant doucement. Elle leva les yeux vers Harm, lui sourit presque timidement, et recula doucement vers le canapé, l’attirant avec elle. Au moment où elle allait tomber en arrière, Harm la souleva dans ses bras, la serrant contre lui. Retournant vers sa chambre, il lui sourit et chuchota dans son oreille :

-Je ne veux pas que tu aies froid ….

APPARTEMENT DE HARM – AU NORD DE UNION STATION – WASHINGTON DC

11 février 1999 – 6 heures

Mac regardait Harm dormir paisiblement près d’elle, sa poitrine se soulevant doucement à chaque respiration. Les secondes s’égrenaient dans sa tête, l’approchant du moment des explications qu’elle redoutait tant. Elle aurait voulu savoir arrêter le temps au lieu de le maîtriser si bien, et s’enfermer avec Harm dans une bulle loin du monde, loin des autres et de la réalité, seuls tous les deux pour leur vie entière. Elle avait peur de la première réaction d’Harm, elle s’était donnée à lui avec tellement d’abandon cette nuit qu’il ne pouvait que penser que les règles du jeu avaient changé.

Au plus profond d’elle-même, Mac ne savait plus où elle en était. Rien n’avait vraiment changé, à part sa certitude qu’elle ne pourrait jamais aimer plus un homme qu’elle n’aimait Harm. Mais elle ne se sentait pas encore prête à risquer de tout perdre si leur amour devait échouer.

Doucement, elle commença à bouger, essayant lentement de libérer sa main prisonnière de celle d’Harm. Au moment où il s’était endormi, il l’avait enfermée étroitement dans ses bras, sa jambe gauche en travers des siennes, la gardant prisonnière de sa chaleur et de son amour.

Il fallait qu’elle parte avant qu’il se réveille, elle ne savait pas quoi lui dire, pas tant qu’elle n’aurait pas compris ce qu’elle voulait vraiment. Et elle prétendait qu’Harm était compliqué ! Pourquoi avait elle aussi peur de se laisser aller à l’aimer comme son cœur le lui criait ? Parce qu’il te brisera et t’abandonnera et te laissera seule, comme tes parents, lui rappela une petite fille en pleurs blottie au fond de sa mémoire. Non, pas Harm, criait Mac. En es-tu sûre ? répliqua la petite fille.

Il fallait qu’elle dépasse ses angoisses si elle voulait un jour être capable de vivre un véritable amour avec un homme, avec Harm. Elle lui expliquerait, elle lui demanderait de l’aider … mais pas maintenant …

Enfin, doucement, elle se leva, s’immobilisant le cœur battant quand Harm remua, mais il ne se réveilla pas. A pas de loup, elle retourna dans le séjour, enfila son uniforme et sortit sans un regard en arrière.

HOTEL STATE PLAZA – WASHINGTON DC

13 février 1999 – 2 heures 30

Jordan s’était enfin endormie, serrée contre Harm.

Sans poser de questions le médecin attaché à l’hôtel avait pansé l’arcade sourcilière de cet officier de la marine couvert de sang, accompagné d’une ravissante blonde en déshabillé vaporeux. La carte du Département d’Etat qu’un colosse au regard d’acier lui avait montrée lui suffisait amplement.

Harm regardait Jordan, qui venait d’entrer dans sa vie sans qu’il s’en rende compte. Elle avait été là au mauvais moment, et elle aurait pu mourir à cause de lui. Mourir parce qu’il avait essayé une nuit d’oublier Mac dans ses bras, et que c’était elle que Palmer avait choisie pour le piéger.

Comment Palmer pouvait il avoir découvert l’existence de Jordan ? Ils n’étaient sortis ensemble que deux fois la semaine précédente et ce soir où Webb avait appelé, c’était la première fois qu’elle venait chez lui. Palmer avait dû le suivre, se renseigner sur lui. Dieu merci, il n’avait pas compris pour Mac, probablement parce qu’à l’époque où Mac était dans sa vie, Palmer ne cherchait pas encore comment le faire souffrir.

Harm eut honte de se sentir soulagé. Mac ne risquait rien de Palmer, elle était à l’abri et devait le rester … tant qu’il n’aurait pas retrouvé cet enfant de salaud. Il ne fallait pas que Palmer imagine que c’était elle qu’Harm voulait protéger. Mais protéger Mac revenait à mettre Jordan en danger … Comment pouvait il envisager cela ?

Il regarda à nouveau la jeune femme innocente qui avait eu le tort d’accepter ses avances. Elle était douce, très intelligente, drôle, et plus que jolie. Si les choses s’étaient déroulées autrement, il aurait probablement fini par s’attacher vraiment à elle, peut être même serait il tombé amoureux d’elle si Mac n’avait pas existé.

Si Mac n’avait pas existé …

Il se souvenait de l’impression terrible de solitude et d’incompréhension qu’il avait éprouvée quand il s’était réveillé pour découvrir que Mac s’était enfuie. Elle était partie avant qu’ils parlent, avant qu’il ne lui redise qu’il n’était pas prêt à renoncer à elle, jamais, et qu’il ne voulait même plus essayer.

Et les événements s’étaient enchaînés, impossible de parler de relations au JAG, et même s’ils l’avaient tous les deux voulus, ils n’auraient pas pu s’échapper ne serait ce que pour le déjeuner. Et puis, Mac n’avait pas l’air très pressée de discuter avec lui de cette nuit qu’ils venaient de partager. Tout dans son attitude exprimait sa réticence, elle était tellement différente de la femme sensuelle et passionnée qui lui avait fait l’amour jusqu’à ce que ce soit lui qui demande grâce en riant.

Le rire cristallin de Mac aux petites heures de l’aube, la façon dont elle s’était coulée contre lui comme si elle avait voulu se fondre en lui, il s’était endormi heureux, persuadé que la chance avait tourné, qu’une fois Palmer arrêté, ils pourraient enfin se retrouver tous les deux et reprendre leur histoire d’amour interrompue. Car c’était bien une histoire d’amour, et pas une aventure …

Jordan bougea légèrement, se collant à Harm, et ouvrit les yeux.

-Tu ne dors pas ?

– Pas encore … Repose toi …

– Harm, tu ne m’as pas tout dit, n’est ce pas ?

– Chut, Jordan, il est tard, il faut dormir.

– Je ne suis plus un bébé, capitaine, je sais prendre soin de moi … Harm, tu sais que tu peux me parler, n’oublie pas, c’est mon métier d’écouter, et je suis plutôt bonne dans ma partie.

Harm lui sourit tendrement, la prit dans ses bras et posa un baiser léger sur la joue de la jeune femme.

– Ne t’inquiète pas, tout va bien, tu es en sécurité avec moi. Tout finira par s’arranger.

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