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Shadow dance

Traduction par Brigitte

Références : Ice Queen / Meltdown ? Lawyers, guns and Money ? Pas de Deux ? A Tangled Webb

Résumé : une conclusion au dernier épisode de la saison 8 « A Tangled Webb ». Echapper à  la jungle et retourner vers sa vie était ce que Mac souhaitait. Mais la sauver pouvait avoir plus couter à  Harm qu’elle ne l’aurait jamais imaginé.

La danse de l’ombre

19h36 heure locale
Position inconnue
Sue Est du Paraguay

Elle pouvait entendre un faible gémissement quelque part au loin, longtemps avant que quoique ce soit d’autre ne pénètre son esprit embrumé. Elle se demanda pendant un moment d’où venait ce bruit, jusqu’à ce que quelque chose se mette en place dans son esprit et l’informe que c’était sa voix à elle.

Mac ouvrit lentement les yeux, soupçonnant qu’elle n’aimerait pas ce qu’elle allait voir. Une obscurité encore plus profonde l’accueillit, et elle se rendit compte que son front était froid. Du métal. Elle était penchée vers l’avant, la tête reposant sur quelque chose – le bord du cockpit. Quel cockpit ? Cet espèce d’avion branlant. Seul Harm pouvait être assez stupide pour avoir le courage de piloter un tel …

Harm.

Elle reprit brutalement totalement conscience et leva la tête plus vite que la prudence ne l’aurait recommandé. Sa vision resta floue pendant un instant et quand elle redevint normale, elle s’examina à la recherche de blessures. Son bras gauche la lançait douloureusement, la main pendant au bout du bras en formant un angle bizarre. Ca et la blessure à la tête qui lui avait fait perdre connaissance semblaient être les seuls problèmes sérieux, et elle estima qu’elle avait de la chance. Peut être après tout que ce rembourrage avait servi à quelque chose.

Mac s’éclaircit la gorge et fit un essai de voix. « Harm ? » Son nom sortit de sa bouche avec moins de force qu’elle ne l’avait voulu, et elle recommença. « Hé, Harm … Au rapport. »

Toujours pas de réponse. Avec prudence, elle se retourna sur son siège, espérant ne pas déséquilibrer ce qui restait de l’avion. Le fuselage délabré était penché sur le côté, et elle n’avait aucune envie de se casser la figure ou de faire tomber son partenaire au sol. Mais elle trouva le siège arrière vide, ce qui envoya des frissons d’angoisse à travers tout le corps pendant qu’elle se tortillait pour se libérer de son harnais.

L’instant d’après, elle l’aperçut allongé à quelques mètres, sa silhouette immobile jeté sur un arbre tombé à terre, comme une poupée de chiffon. Haletant de peur, Mac courut vers lui, trébuchant deux fois en chemin.

« Je ne trouve pas ça très drôle, marsouin » grommela t’elle en tombant à genoux près de lui et en cherchant son pouls. Elle le trouva relativement fort et soupira, murmurant une prière de soulagement, puis elle essaya de l’examiner à le recherche de signes de blessures à la colonne vertébrale. Elle n’était pas totalement sûre de ce qu’elle était supposée chercher, mais il avait l’air d’aller bien. Alors elle serra les mâchoires en prévision de la douleur inévitable et le tira de sa souche d’arbre pour le déposer sur le sol. Son poignet outragé hurla de douleur, mais elle baissa la tête d’Harm avec une infinie douceur et ravala une bouffée de culpabilité en voyant les traces de sang sur son visage.

Tout comme Clay.

« Non », dit elle à haute voix, repoussant l’idée de son esprit avec vigueur. « Allez, Harm, arrêtez de faire l’idiot et réveillez vous. »

Pendant qu’elle commençait à l’examiner, à la recherche de fractures, Harm bougea doucement et au bout d’un moment il leva les yeux vers elle à travers des paupières lourdes.

« Salut. »

Mac vit immédiatement qu’il n’était pas entièrement là. Espérant avec ferveur que ce n’était qu’un problème passager, elle lui sourit largement, un sourire de façade. « Salut. Vous devez rester avec moi, d’accord ? Je vais avoir besoin d’aide pour mettre au point un plan pour nous sortir d’ici. »

Il ne fit aucun signe indiquant qu’il l’avait entendue ou comprise. « Qu’est ce qui se passe ? »

« Vous avez été éjecté de l’avion quand nous avons heurté le sol » expliqua t’elle, essayant de garder un ton léger. « Je crois que l’avion s’est peut être vexé que vous l’ayez crashé ».

La piètre plaisanterie tomba dans l’oreille d’un sourd. Elle vit que ses yeux commençaient à se refermer, et elle tendit le bras pour lui secouer l’épaule. « Oh non, pas ça, Harmon. On ne recommence pas à dormir. Personne ne va nous sortir d’ici, à part nous. Vous aimeriez bien rentrer à la maison un de ces jours, n’est ce pas ? »

Harm la regarda intensément pendant un bref instant, assez longtemps pour qu’elle se rende compte que quelque chose n’allait pas.

« Pour quoi faire ? »

Avant que Mac ne récupère du choc provoqué par cette réponse, il avait à nouveau sombré dans l’inconscience. « Quoi ? Harm, bon sang, de quoi parlez vous ? Harm ! » Elle le secoua à nouveau, sans résultat. Un frisson la parcourut, mais elle n’avait pas beaucoup d’options viables devant elle et décida de reprendre l’examen de son état physique.

Des bleus couvraient sa poitrine, formant un réseau tellement dense qu’il était impossible de distinguer le début d’un bleu de la fin d’un autre A part cela et quelques coupures sur ses bras, il avait l’air d’aller bien. Malgré tout, la blessure à la tête l’inquiétait. Elle retourna vers les débris de l’avion et fouilla dans le cockpit, jusqu’à ce qu’elle trouve une gourde et quelques biscuits dans leur emballage. Que ce fermier soit béni pour sa prévoyance.

Il était temps de se débarrasser une fois pour toute de son apparence de femme enceinte. Elle se déshabilla et s’extirpa du costume irritant, ressentant un sentiment nouveau de liberté. Elle avait l’impression de se débarrasser de l’horreur de cette mission, du moins autant que cela était possible, en même temps qu’elle enlevait le rembourrage en mousse. « Vous ne savez pas ce que vous ratez, pilote » dit elle à mi-voix en gardant un œil attentif sur Harm pendant qu’elle se rhabillait. Malgré tout, le pantalon de grossesse allait poser un problème. Sans y réfléchir longtemps, elle défit la ceinture d’Harm, sans prendre le temps de penser à ce qu’il dirait s’il se trouvait à reprendre ses esprits juste à cet instant, et elle la récupéra pour son propre usage.

Un problème de réglé. Elle défit le rembourrage du costume et le plaça sous la tête d’Harm, puis sortit son canif et découpa un morceau du tissu. Quand elle eut fini cette tache toute simple, son poignet était enflé et irradiait une douleur agonisante. Mais la blessure qu’Harm avait à la tête devait avoir la priorité sur son poignet à elle. Elle mouilla le tissu avec un peu de l’eau de la gourde et le passa doucement sur son visage, lavant le sang pour mieux voir la coupure. Elle faisait presque 3 centimètres, commençant près de sa tempe pour aller jusque sous ses cheveux. Heureusement, le saignement semblait en train de s’arrêter. Ce n’était pas ce qu’elle avait vu de pire. ; bon sang, ce n’était probablement pas la pire blessure qu’il ait jamais eue. Peut etre allaient il quand même être capable de quitter cette jungle maudite, malgré tout. Finalement.

Mac enroula un autre morceau de tissu autour de son poignet du mieux qu’elle put et s’installa à côté de lui, pressant le linge contre le côté de sa tête. « Mon héros » murmura t’elle en s’adossant à la souche d’arbre et en regardant sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. Il était venu pour elle. Elle ne savait pas comment, mais il l’avait fait. Peu de moments dans sa vie avaient été aussi bouleversants au niveau émotionnel que cet instant où la porte avait été ouverte avec violence et où il était entré au pas de charge. Pendant un instant, l’enfer qu’elle avait enduré et le voyage qui les attendait avait tout simplement disparu de son existence, tout ça parce qu’il était venu.

Bien trop vite, bien sûr, la dure réalité s’était à nouveau imposée, les faisant finalement atterrir ici. Quelque soit le ici. Elle ne voulait pas penser à Clay : avoir dû le voir s’accrocher si faiblement à la vie avait réveillé des émotions sur lesquelles elle n’arrivait pas à mettre de nom. Il avait voulu se sacrifier pour elle … Peut etre même qu’il voulait l’aimer, à sa manière à lui, quelqu’elle soit. Mais malgré tout ce qu’ils avaient partagé pendant ces derniers jours, elle continuait à avoir l’impression de ne pas pouvoir être tranquille quand il était près d’elle. Il était sombre et bourré de conflits, et les hommes sombres et bourrés de conflits ne lui avaient jamais apporté autre chose que de la douleur.

Aussi difficile que ce soit parfois à comprendre, elle savait que son chevalier vêtu d’une armure blanche devrait être justement ça … et pas le genre de personne qui n’avait pas confiance dans le monde et dans les êtres qui le peuplaient. Certainement pas le genre de personne qui pouvait tirer une balle dans la tête de quelqu’un qu’il soupçonnait d’être un traître sans même ciller. Malgré toute la force de caractère qu’il avait, Clayton Webb n’était pas un homme dont les principes moraux étaient indiscutables.

Harmon Rabb, au contraire.

Elle s’autorisa un long soupir. Ces principes inaliénables étaient la raison pour laquelle il était allongé là, au milieu de nulle part, au lieu d’être en sécurité chez lui à Washington. Son chez elle lui semblait tellement loin en cet instant … il était presque impossible d’envisager être de retour au JAG et de ne plus avoir à être constamment sur ses gardes. Jamais son bureau étroit et encombré ne lui avait paru aussi attirant.

Une fois qu’ils seraient rentrés, elle demanderait à son partenaire de lui raconter toute l’histoire, comment tout cela était arrivé. Et peut être qu’ils pourraient mettre à plat certaines autres petites choses. Mais une chose après l’autre. Ils devaient commencer par trouver le moyen de retourner à Ciudad del Este.

Quand la conscience lui revint, des souvenirs de l’accident se succédèrent dans son esprit. Harm sursauta, subitement réveillé, le corps immédiatement tendu, et il ouvrit les yeux pour trouver Mac penchée au dessus de lui.

« Hé, restez avec moi cette fois ci, d’accord ? »

Son visage était éraflé et plus sale qu’avant, et ses cheveux étaient emmêlés. Seule un marine pouvait faire en sorte que cela soit agréable à regarder. « Combien de temps suis je resté inconscient ? » grommela t’il en grimaçant.

Mac eut l’air soulagé. « En tout, à peu près deux heures dix sept minutes. Je crois. »

« Vous croyez ? »

« Hé, lâchez moi un peu. Moi aussi, je me suis évanouie. »

A ces mots, il leva la tête. « Vous allez bien ? »

« Mieux que vous, apparemment. Mais au moins vous êtes lucide maintenant. » Elle retira sa main de l’endroit qui le lançait à la tempe. « Et le sang a complètement arrêté de couler, alors je suis plutôt contente. Vous croyez que vous pouvez essayer de vous asseoir ? »

« Le plus tôt sera le mieux, je crois. »

Quand il se souleva du sol, aidé par la main de Mac qui le soutenait, une douleur inhabituelle le traversa. Instinctivement, il croisa les bras sur son abdomen en s’écartant d’elle. « Oh merde. »

Surprise et immédiatement inquiète, Mac ne bougea pas pendant une minute. « Vous allez bien ? »

Après quelques secondes, la sensation qu’il allait s’enflammer de l’intérieur diminua pour atteindre un niveau supportable et il fit oui de la tête, sans parler. Elle tendit le bras pour saisir la gourde posée à ses pieds, toujours inquiète. « C’est une première. Je n’étais même pas sûre que vous connaissiez ce mot. »

Harm lui lança un regard incrédule, impatient de se concentrer sur autre chose que sur le fait qu’il ne se sentait vraiment pas bien. « Je suis un pilote. Vous croyez que je ne connais pas de jurons ? »

Elle avala une gorgée d’eau rapidement avant de répondre. « Ce n’est pas comme si nous n’avions jamais été dans une situation propice aux gros mots jusqu’à aujourd’hui. Mais d’habitude, vous avez une attitude de Boy Scout dans ce genre de situation. »

Le commentaire fit naître un sourire de regret sur ses lèvres. D’une certaine façon, cette description lui semblait plus loin de la vérité que jamais auparavant. Combien d’hommes avait il abattu aujourd’hui ? Trois ? Quatre ? Et celui qui subsistait dans son esprit, celui qui était imprimé le plus fortement dans son esprit, c’était l’homme qu’il n’avait pas abattu. S’il arrêtait de se concentrer, il était persuadé qu’il pourrait à nouveau entendre ce craquement sinistre …

Le rictus disparut abruptement. « Mac, certaines des choses que j’ai faites pour vous retrouver enverraient un Boy scout en thérapie pour la vie. »

Elle attendit pour voir s’il avait l’intention de préciser. Il ne le fit pas, alors elle lui passa tout simplement la gourde. « Est ce que je vais devoir vous envoyer en thérapie ? »

Il lui jeta un regard d’avertissement, but un peu et ne répondit rien. Rien de bien ne pouvait sortir du fait de lui raconter la moindre des pensées qui avaient tournées dans sa tête ces deux derniers jours. Elle avait ses propres démons à combattre : elle n’avait pas besoin des siens à lui en plus.

Mac souleva son poignet en grimaçant et il prit conscience pour la première fois du fait qu’elle était blessée. « Je devrais vous faire un bandage » proposa t’il en s’approchant d’elle. La douleur bizarre qu’il ressentait était toujours là, mais il décida de ne pas en faire un problème. Etre dans un avion qui s’écrase était un moyen certain d’infliger quelques chocs sérieux à une personne. Il devrait se sentire reconnaissant de ne s’être rien cassé. Au moins de cette façon ils avaient une chance de retourner vers la civilisation.

Elle tendit le bras et il remit en place le bandage improvisé en le serrant autant qu’il le pouvait. Les yeux sombres de Mac étaient fixés sur lui pendant qu’il travaillait. « Il faut que je vous remercie. » dit elle tranquillement. « Ce que vous avez fait était incroyable. Je ne sais pas comment vous avez réussi votre coup. »

« Probablement de la chance. Mais je vous en prie, c’était de bon cœur. » Ce n’était pas la réponse la plus intelligente qu’il aurait pu faire, mais il ne voulait pas pour le moment faire face aux conséquences que tout ce qu’il avait fait. « Vous pensez qu’il y a des gens qui nous recherchent ? »

Mac haussa les épaules, se concentrant sans difficulté à nouveau sur la situation présente. « Je ne sais pas. Si Sadiq ou certains de ses complices s’en sont sortis, ils peuvent essayer de se regrouper quelque part entre ici et le Pakistan. Ou ils pourraient être très en colère et vouloir nous pourchasser. »

« Quoiqu’il en soit, nous devrions bouger. Il va faire nuit d’ici peu de temps. » Harm se mit sur pieds en prenant beaucoup de précautions. Satisfait de constater qu’il n’allait pas immédiatement s’effondrer, il parcourut les alentours du regard pour chercher à s’orienter. « Il y avait une route par-là, à quelques kilomètres vers l’ouest. Allons dans cette direction. »

Mac se leva à son tour, rassemblant avec sa main valide la gourde et les paquets de nourriture. « Ce n’est pas que je doute de votre sens de l’orientation, mais vous avez pris un sacré coup sur la tête. »

Il n’arriva pas à trouver suffisamment d’énergie pour se sentir ennuyé qu’elle doute de lui. « Nous allions vers l’ouest sud ouest quand nous avons fait notre petit CFIT ». Il prononça « see-fit » en dessinant avec la main un trajet qui illustrait leur descente, ce qui semblait corroboré par les branches cassées et l’angle du fuselage.

Elle fit signe de la tête qu’elle comprenait. « CFIT ? »

« Un des plus belles litotes de tous les temps. Controlled Flight Into Terrain . Vol Controlé avec contact sur la terre ferme. » Normalement, une telle remarque aurait été accompagnée de sa part d’une sorte de geste d’auto dérision, mais cette fois ci ce n’était que de la frustration silencieuse. « Bordel de merde. »

« Vous avez fait du mieux que vous pouviez. »

« Et voilà où ça nous a mené. » En rencontrant son regard, il vit à quel point le commentaire qu’elle avait fait été sincère. Il lui fit un petit sourire pour lui montrer qu’il avait compris et laissa tomber avant qu’elle voit que son sourire manquait de sincérité. « Bon, néanmoins marchons dans cette direction. Nous sommes obligés de tomber sur la route à un moment ou un autre. »

Ils se mirent en route, et les traces de leur campement disparurent rapidement derrière eux, cachés par l’épais feuillage. Mac lui proposa un des biscuits, mais Harm secoua la tête. « Prenez les. Contrairement à vous, je suppose, moi j’ai mangé quelque chose tôt dans la journée. »

Avec reconnaissance, elle s’attaqua à la nourriture pendant qu’ils marchaient. Il était presque content d’avoir cette excuse pour lui éviter de faire la conversation. Malgré tout, après quelques minutes, le silence devint pesant et il décida d’apaiser sa curiosité. « Ces gens que Sadiq a abattu, est ce que c’étaient les missionnaires qui avaient disparu ? »

Elle tourna vivement la tête vers lui. « Vous avez vu ça ? »

« Oui. Nous étions en train de mettre au point notre plan pour nous débarrasser des gardes. »

Mac détourna les yeux et son expression se voilà. « Oui, c’était eux. Ne me demandez pas ce que je ressens à propos de ce qui leur est arrivé, non plus, parce que je ne le sais pas encore. »

Instinctivement, il tendit la main et lui toucha le bras, ralentissant le pas jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent. « Hé. Je sais ce que c’est que la torture psychologique. Vous ne devez aucune explication ni à moi, ni à personne. »

Elle chercha dans son regard la signification de sa remarque. Lentement, elle demanda « Comment exactement le savez vous ? »

En entendant cela, il réalisa ce qu’il avait dit. Laissant tomber sa main, il recommença à marcher. « C’est une vieille histoire. Je vous la raconterai un jour. Pour l’instant, j’essaie juste de m’assurer que vous allez bien. »

« Ca ira » dit elle, et il la crut.

Ils avancèrent en silence pendant un peu plus longtemps, gardant toujours une oreille attentive pour détecter des signes d’activité. De temps à autre, Mac jetait un regard en coin à Harm et il eut l’impression qu’elle essayait de lire en lui. Le silence s’éternisait, jusqu’à ce qu’il ne voit plus d’autre possibilité que de le rompre. « Votre sixième sens vous est utile en ce moment ? »

Elle ne sourit pas, le regardant avec gêne. « C’est étrange » lui dit elle. « La dernière fois que nous nous sommes trouvés dans une situation semblable, nous étions Butch et Sundance. »
Il comprenait ce qu’elle voulait dire mais ce n’était ni le lieu ni l’heure pour lui dire tout ce qu’il avait en tête. Leur dernière conversation avant qu’elle parte pour cette mission, la façon dont elle avait si facilement mis l’accent sur leur relation avant de refermer la porte sur toute autre discussion l’avait profondément ébranlé. Probablement beaucoup plus qu’elle n’en avait eu l’intention, mais cela ne rendait pas la situation plus facile à accepter. Il savait dans son esprit que cette nuit là n’était pas le souvenir le plus frais que Mac avait en tête après l’horreur qu’elle venait de vivre là-bas, mais pour lui cela mettait en lumière le gouffre qui existait entre eux.

Conscient du fait qu’elle attendait une réponse, il dit seulement « Nous n’étions pas l’équipe prévue, cette fois ci, n’est ce pas ? »

« Non. Mais nous sommes ensemble maintenant, ce qui veut apparemment dire que vous avez corrigé cette erreur plutôt rapidement. » Elle soupira. « Il faut que Clay s’en sorte pour que je puisse lui botter les fesses pour la façon dont il a géré cette mission. »

Harm contourna une branche tombée au sol à quelques pas devant elle, et parla d’une voix qu’elle put à peine entendre. « Je suis désolé de ne pas être arrivé plus tôt. »

« Quoi ? »

« Peut etre que quelques minutes auraient fait une grande différence pour Webb. Bien que je sois sûr que Gunny a trouvé un moyen de l’emmener à l’hôpital. »

Mac le regarda attentivement tout en suivant son chemin. « Je pensais que vous seriez plus en colère contre lui. »

« Je suis extrêmement en colère contre lui. Cela ne veut pas dire que je lui souhaite le genre de torture qu’il a subie. Et je sais qu’il signifie quelque chose pour vous, alors … »

« Attendez une minute. Que croyez vous exactement qu’il signifie pour moi ? »

Encore un sujet dont il ne voulait pas discuter. Elle avait embrassé Webb. Il l’avait vue. Elle savait qu’il l’avait vue. Tout ce qu’il dirait, et tout ce qu’elle entendrait, serait sans aucun doute teinté par cette connaissance. « Ecoutez, Mac, tous les deux vous avez vécu un enfer. »

« Exactement. Il avait besoin de réconfort, et j’ai voulu l’aider à s’accrocher à ce que je trouvais. Et c’est tout. »

« D’accord. »

Apparamment, son ton n’était pas suffisamment convaincant, parce que les yeux de Mac s’assombrirent. « Vous ne me croyez pas ? »

« Non … je veux dire si. Je vous crois, d’accord ? »

« Alors pourquoi avons nous tellement de mal à juste parler en ce moment ? » demanda t’elle en l’arrêtant avec la main. Sa voix implorait sa compréhension, mais il n’avait que peu de choses à lui offrir. Quoiqu’elle en pense, Webb n’était pas la raison – ou du moins pas la seule raison – de la tempête que traversait son esprit. Mais lui expliquer ça, à elle, exigerait qu’il comprenne lui même ce qu’il en était, et il n’était pas sûr du tout qu’il serait capable d’en accepter la conclusion probable.

Il répondit à sa question par une autre question. « Est ce que nous n’avons pas des choses plus importantes à penser pour l’instant ? »

« Pas vraiment, non. Harm, dites moi que vous n’êtes pas parti sans autorisation pour venir ici. »

Décontenancé par le changement soudain de sujet, il arrondit les yeux. « D’où vous vient cette idée ? »

« Tout à l’heure, quand vous vous êtes réveillé la première fois, j’ai parlé de rentrer à la maison, et vous avez demandé ‘ Pour quoi faire ?’ Et ça m’a fichu une trouille de tous les diables. »

Harm secoua la tête. « Mac, je ne me souviens même pas avoir dit ça », lui dit il en sachant pertinemment que ce n’était pas totalement vrai. « Et je ne suis pas déserté. Alors détendez vous. »

« Mais alors comment … »

« Mac, peut on s’il vous plait concentrer nos efforts uniquement sur le fait de nous sortir de là, et avoir cette conversation plus tard ? Je n’arrive pas à penser suffisamment pour … » Il serra fortement les mâchoires en priant d’être capable de cacher le désespoir aveuglant qui menaçait de le faire sombrer. « Je ne peux pas pour l’instant. S’il vous plait. »

Après un long moment, elle lui lâcha le bras. « D’accord. Plus tard. »

Pendant qu’ils marchaient, la totalité des choses qu’il avait faites pour la trouver lui tournait dans la tête, semblant lui ôter l’air qu’il respirait. Sa carrière était la chose qui avait défini son existence plus que tout le reste, et il l’avait abandonné en une fraction de seconde. Il n’avait que mépris pour l’organisation qui avait généré ce chaos, et il avait passé un pacte diabolique avec elle. Il avait fait le premier pas sur un chemin dont l’issue se perdait dans les ténèbres. Et malgré tout ça, il n’avait toujours aucune idée de là où en était sa relation avec elle, ou de la façon dont il pourrait sortir de cette impasse dans laquelle ils se trouvaient.

Que Dieu me vienne en aide quand elle va découvrir ce que j’ai fait.

A voix haute, il dit “ Je crois que je vois la route.”

Chapitre 2

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