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Souvenirs, souvenirs

7/8

24 Mai 2000
2030 Lima
Appartement de Sarah MacKenzie – Georgetown
Mac allait introduire la clef dans la serrure quand son portable se mit à sonner. De la main gauche, elle essaya de l’extraire de son sac en fourrageant de la droite dans la serrure, qui eut le bon goût de s’ouvrir. Elle poussa la porte, entra dans son appartement en extirpant enfin ce maudit téléphone, laissa glisser au sol l’attaché case qu’elle avait coincé sous son bras et se dirigea vers le canapé en répondant à l’appel.

– Major MacKenzie à l’appareil.

Avant que son correspondant ait eu le temps de parler, le téléphone posé sur la table basse à côté du divan se mit à son tour à sonner. Intérieurement, Mac maudit tous ces instruments du monde moderne qui n’avaient d’autre but que de la réduire en esclavage et laissa le répondeur se charger de l’appel.

Elle se concentra sur le portable et entendit la voix de Mic. Ce n’était pas vraiment une surprise, en fait elle s’était même attendue à le trouver devant sa porte !

– Mic, bonsoir, j’allais t’appeler, je viens juste de rentrer.
– Bonsoir mon amour. Je suis juste à côté de chez toi, j’ai appelé au Jag il y a une demie heure et Tiner m’a dit que tu venais de partir, alors je suis venu. Je peux monter ?

Non !!! hurla t’elle intérieurement, un lieu public, vite une excuse …

– Euh, écoute Mic, j’allais me changer et sortir dîner, je te rejoins dans quelques minutes, dis moi où tu es. Je n’ai rien à la maison et je suis morte de faim.
– Si tu veux, chérie, mais dépêche toi, tu me manques. Ecoute, je suis en face d’un restaurant qui m’a l’air sympathique, le Texas King, ils ont l’air de servir le genre de nourriture qui nous convient. Je t’attends devant.
– Euh … le Texas King ? Je ne sais pas, Mic …
– Ecoute chérie, change toi et viens, la soirée avance et je veux passer du temps avec toi.

Mic mit fin à l’appel sans lui laisser l’opportunité de répondre. Mac soupira et se dirigea vers sa chambre, négligeant de vérifier le message laissé sur le répondeur. Elle n’avait même pas entendu la voix de son correspondant, mais ce n’était pas bien grave, le JAG la contactait toujours sur son portable, et donc l’appel ne concernait pas le travail. Ca pouvait attendre.

Huit minutes plus tard, elle rejoignait Mic devant le Texas King. Il la prit immédiatement dans ses bras, la serrant contre lui comme s’il ne l’avait pas vue depuis des mois, puis chercha à l’embrasser, mais elle détourna légèrement la tête, laissant les lèvres de son amant effleurer sa joue. Mic la regarda avec surprise.

– Je n’aime pas beaucoup les effusions dans les lieux publics, Mic, excuse moi.
– Ce n’est pas grave, chérie, je me rattraperai tout à l’heure.

Il passa son bras autour de sa taille, l’enlaçant étroitement, et la conduisit vers l’entrée du restaurant. Un des serveurs s’approcha d’eux et sourit en reconnaissant Mac. Oh non, pensa t’elle. Courageusement, elle fit un grand sourire, s’attendant au pire.

Et le pire se produisit.

– Bonsoir Madame, Monsieur. Vos amis sont arrivés, la même table qu’hier soir, je vous y conduits ? déclara le serveur d’une voix affable.

S’il avait espéré que son attention serait récompensée par un bon pourboire, il allait être très déçu. Quels amis ? Tanguy et Laverdure n’étaient quand même pas revenus ici ? Mais dans quelle histoire délirante s’était elle fourrée depuis le début de la semaine ? On aurait dit un mauvais feuilleton télé.

Elle adressa un petit sourire à Mic qui la dévisageait en cherchant à comprendre, puis s’adressa bravement au serveur.

– Mes amis ? Et bien, ce n’était pas prévu, mais conduisez nous.

En avançant vers le fond de la salle, elle sentit le bras de Mic enserrer encore plus étroitement sa taille, elle avait l’impression d’être une captive. Le brave garçon était en train de marquer son territoire, et cela lui tapait carrément sur les nerfs. Quand pourrait elle enfin passer une vraie soirée tranquille ?

Elle aperçut Tanguy et Laverdure attablés devant une bière, et apparemment en pleine discussion.

Le serveur s’arrêta devant leur table et ils levèrent les yeux pour découvrir une Sarah Mackenzie étroitement enlacée par un homme brun de taille moyenne dont l’expression n’était pas vraiment amicale. Probablement le petit ami !

Tanguy se leva pour les accueillir.

– Sarah ! Je ne pensais pas que tu serais là si vite, je viens à peine de te laisser un message sur ton répondeur.
– En fait, Michel, c’est du hasard. Mais d’abord, laissez moi faire les présentations : Michel Tanguy, Ernest Laverdure, deux amis de longue date, Mic, nous étions ensemble au Kosovo il y a quelques années. Ils appartiennent à la Patrouille de France. Michel, Ernest, je vous présente Mic Brumby, un ami australien, avocat lui aussi dans la Royal Australian Navy.

Au mot « ami », Mic sursauta et resserra encore son étreinte. Mac mourait d’envie de lui donner un coup de coude dans les côtes pour qu’il la lâche, mais ce n’était certainement ni le lieu ni le moment.

Elle reprit la parole.

– Ecoutez, nous sommes venus ici par hasard, et Mic et moi avons à parler. Vous ne m’en voudrez pas si nous ne restons pas avec vous, n’est ce pas ? On pourra peut être aller boire un verre ensemble après le dîner ?
– Bonne idée, princesse, rétorqua Laverdure. Nous attendons Harm et ce serait sympa de fêter tous les cinq la fin de cette enquête, avant qu’on reparte pour la France et qu’on ne te revoie plus pendant les cinq prochaines années !
– On verra. Mic, on trouve une autre table ?

Mic ne se le fit pas dire deux fois et la conduisit à l’autre bout de la salle, le plus loin possible de ces deux individus qui allaient bientôt etre rejoints par Rabb. Quelle chance il avait, il sortait avec la femme de sa vie, qu’il n’avait pas vue depuis deux jours, et devait tomber sur un troupeau de mâles qui semblaient n’avoir qu’une idée : la lui voler !

Mic s’assit à côté de Mac et lui prit la main.

– Je ne comprends pas, Sarah. Tu étais avec eux hier ? Pourquoi ne m’en as tu pas parlé ? Tu les connais bien ? Pourquoi leur as tu dit que j’étais un ami, et pas ton ami ?

Mac réprima un soupir, l’attaque était lancée et même si elle voulait vraiment stopper dans l’œuf toute cette histoire, elle était désolée de faire du mal à Mic. Après tout, elle n’avait pas dit non à la bague, même à la main droite, et elle n’avait pas refusé qu’il l’entraîne dans son lit. Maintenant, il fallait assumer les conséquences de ses actes quelque peu frivoles.

– Une question à la fois, tu veux bien, Mic. J’étais au Kosovo avec Tanguy et Laverdure, et je suis tombée sur eux par hasard pendant notre enquête, c’est Laverdure le pilote qui a crashé son avion dimanche dernier. Ce sont deux vieux amis, c’est tout. Et je n’ai pas à te faire le compte rendu des gens que je vois, Mic.
– Pourquoi ne m’as tu pas présenté en disant au moins que j’étais « ton ami » ? Moi, quand je parle de toi, je dis que tu es la femme de ma vie, Sarah.
– Mic, je crois qu’il faut qu’on parle. Non, attends … Laisse moi parler. Tout va beaucoup trop vite, tu sais, je crois que tu as pris notre aventure beaucoup trop au sérieux.
– De quelle aventure parles tu, Sarah ? Je t’ai offert une bague de fiançailles, je t’ai demandé de m’épouser, et tu m’as demandé du temps pour me donner ta réponse. Je ne vois pas où serait le malentendu !
– Je sais, Mic, mais quand j’ai pris la bague, je me sentais un peu seule et perdue et ton amour m’a rassuré. Ce n’est pas une excuse, je le reconnais, mais ça me faisait du bien, et j’ai pensé qu’avec le temps tu te rendrais compte que je n’étais pas celle qu’il te fallait.
– Mais tu es venue me voir quand tu as eu des ennuis au printemps. Et tu n’as pas vraiment agi comme si je n’étais qu’un ami, Sarah.
– Je sais, Mic, je t’aime beaucoup, tu sais, et … bon, disons que c’était agréable de se sentir aimée, ca ne m’est pas arrivé si souvent depuis que je suis à Washington, et je devais être en manque. Oh, excuse moi, ce n’est pas ce que je …

Mic avait lâché sa main, et il avait pâli. Mac avait l’impression de voir les rouages tourner dans sa tête et elle attendait vaillamment la tempête.

Mais rien ne venait, et le silence se faisait toujours plus pesant. Mac avait un peu perdu pied, elle voyait des larmes briller dans les yeux de Mic, et pourtant son visage était dur et fermé. Elle sentait qu’elle l’avait blessé et avait maintenant peur d’ajouter quoique ce soit. Pourtant, elle devait continuer par honnêteté pour lui.

– Mic, je suis désolée de te faire souffrir, je t’aime beaucoup, vraiment, mais pas comme il le faudrait. Tu as débarqué la semaine dernière sans me prévenir, et j’ai eu du mal à savoir où j’en étais. Tu sais, c’est plutôt valorisant pour une fille de voir qu’un homme peut tout quitter pour elle, mais une fois passée la surprise, je me suis rendue compte que je ne peux pas te rendre ce que tu veux me donner. Mic, tu attends trop de moi, et je ne suis pas prête pour ça.

Mic pinça les lèvres et sembla faire un effort considérable sur lui-même pour enfin répondre. Sa voix était basse, presque cassée, mais pas menaçante, et Mac se sentit soulagée, à sa grande honte. Elle lui faisait du mal, mais apparemment il ne pensait pas à se venger. Finalement, elle était aussi égoïste que n’importe qui d’autre !

– Tu n’y es pas prête parce que c’est moi, c’est ça ? Avec un autre, tu serais partante ?
– Mic, ce n’est pas le problème, je t’assure. C’est pour toi que je m’inquiète, ce serait malhonnête de ma part de te faire croire qu’un jour je changerai cette bague de main. Qu’un jour je serai Madame Mic Brumby. D’ailleurs, je n’aurais jamais dû accepter cette bague.

Elle retira la bague de sa main droite et la tendit gentiment à Mic.

– Tu me l’as donnée en y mettant ton cœur, mais je ne suis pas celle qu’il te fallait. Mic, il n’y aura jamais rien de plus entre nous que ça, et je suis sûre que tu le savais sans vouloir l’admettre. Si tu ne m’avais demandé qu’une amitié, une aventure amoureuse de temps en temps, pendant que nous sommes seuls tous les deux, cela n’aurait pas été un problème. Mais je ne suis pas prête pour un engagement semblable à celui que tu espères de ton épouse.
– Alors c’est fini ?
– Oui, Mic, mais je souhaite vraiment que nous restions amis. Tu crois que c’est possible ?
– Je ne suis pas sûr, Sarah, ou du moins pas tout de suite. Je vais te laisser, je ne tiens plus à passer la soirée avec toi, et puis j’ai des dispositions à prendre pour retourner chez moi. Adieu, Sarah.

Il se leva, se pencha vers elle et l’embrassa sur la joue.

Il allait partir, mais se ravisa et lui dit :

– Je t’aurais rendue heureuse, Sarah, plus heureuse que Rabb ne le fera jamais. Ne le laisse plus te manipuler, tu mérites mieux que ça, tu mérites tellement mieux que lui.

Et il s’éloigna, laissant Mac légèrement interloquée, étonnée de la facilité avec laquelle la situation s’était réglée. Elle avait bien fait de lui parler avant que toute cette histoire n’aille trop loin.

Il allait se diriger vers la porte quand il se ravisa. Là bas, au fond de la salle, il fallait encore qu’il parle à quelqu’un.

Rabb était là, assis avec les deux français.

Mic ne lui laissa pas le temps de parler.
– Vous avez gagné Rabb, je m’en vais. Je vous laisse la place, mais je vous préviens. Si vous continuez à la traiter avec autant d’insouciance, si vous continuez à piétiner ses sentiments, si vous lui faites le moindre mal, je saurai vous retrouver. Et la petite altercation que nous avons eue à Sydney vous semblera bien peu de choses à côté de la raclée que je me ferai un plaisir de vous administrer. Bon sang, vous ne la méritez pas, Rabb.

Il tourna les talons et s’éloigna rapidement.

Tanguy jeta un coup d’œil à l’autre bout de la salle et vit Mac, perdue dans ses pensées, seule.

Il sourit à Harm.

– Tu devrais aller la voir maintenant, Harm, je crois que vous avez des choses à vous dire. Nous n’avons plus rien à faire ici pour ce soir, Ernest. On ferait mieux de rentrer à Pax, peut etre que la soirée de demain sera un peu moins agitée et un peu plus souriante. Allez, salut, vieux, et fais ce qu’il faut, elle le mérite, crois moi.

Les deux pilotes français se levèrent, laissèrent l’argent de leur consommation sur la table, adressèrent un petit signe de la main à Mac qui ne s’en rendit pas compte et laissèrent Harm seul à sa table.

Il savait qu’il fallait qu’il bouge, qu’il aille la voir et parle avec elle. Mais il avait tellement peur de n’être à nouveau pas capable d’aligner plus de deux syllabes à peine cohérentes. Il l’avait blessée sur le ferry à Sydney, et il n’était pas sûr de ne pas recommencer. Et même si ses intentions étaient claires maintenant, il allait marcher sur une corde raide et cela ne l’enthousiasmait pas.

Un peu de courage, se sermonna t’il, tu es considéré comme un des meilleurs avocats militaires, tu peux mettre un jury dans ta poche quand tu le veux, et tu as peur de parler à une femme ?

Il inspira profondément, se leva et se dirigea vers Mac.
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